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L'attente toujours l'attente du Mono-poly

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Juliejonquille

le vendredi 21 août 2015 à 08h21

Toujours au même point... et même on repart en arrière...

Il fait beaucoup d'efforts pour me pardonner et moi, je ne fais que piétiner à chaque fois ses efforts. C'est donc ma faute si nous n'avançons pas. Je devrais lui être reconnaissante de sa froideur, son mutisme et son immobilisme. Il a beaucoup de mérite de me supporter, de me tolérer. "Je n'ai pas épousé une poly !"

Le glissement est très subtil et finalement, à nouveau, non, nous n'avions pas d'accord, il n'y a jamais eu d'accord. Je doute de ce qu'on a pu dire, je savais que j'aurais dû mettre par écrit car il arrive très bien à me faire douter de ce que j'ai pu dire plusieurs mois auparavant.

Il peut me balancer des phrases d'une violence psychologique inouïe et quelques minutes après me demander de lui passer le pain en souriant.

"Pour moi, tu n'es même pas la mère de notre enfant. Tu n'es même pas une mère."
Je remarque qu'il nie toujours ma personne, comme la fameuse phrase "Tu n'as aucun talent dans aucun domaine, tu n'es rien !" (juste avant un concert où je chantais)

Sur les conseils de ma psy, je les note par écrit pour garder une trace car sinon, je me mets à douter de ma perception et de ma mémoire. Je l'excuse et j'enfouis tout dans ma mémoire car c'est dérangeant.

Je voudrais édulcorer, prendre du recul, ne pas être la conjointe qui charge son conjoint pour passer pour la victime.

Je voulais laisser passer du temps, j'ai l'impression que la situation empire.
Ca ne fait même pas un an pourtant, je voulais au moins tenir une année mais c'est très difficile. Je vis dans la peur sous mon propre toit, peur d'un regard méprisant ou d'un silence lourd. Même la présence de ma belle-mère était délicieuse, enfin quelqu'un qui m'écoutait un peu et me parlait avec un peu de bienveillance.

Pardon pour toute cette catharsis, je ne vais pas bien et je crois que j'atteins les limites de ma résistance. Il m'arrive de souhaiter en finir avec tout ça. Heureusement je vois ma psy la semaine prochaine.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 21 août 2015 à 10h16

Le sacrifice est une voie sans issue. la catharsis aussi.
Ton mari ne te laisse pas le choix (malheureusement):
plus d'intimité physique et psychique +plus de confiance +plus de tendresse violence psychologique +++ = couple mort et malheureux.

Tu ne peux absolument pas le sauver lui, c'est au delà de tes possibilités.
Mais tu peux te sauver toi.
Photocopies du livret de famille, prends tes dispositions pour un point de chute, fais virer ton salaire sur un compte qui t'appartient en propre, récupère tes économies si tu en as si ce n'est déjà le cas ET SAUVE TA PEAU!

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Strega

le vendredi 21 août 2015 à 10h39

Je te sens au bout du rouleau et la phrase "je vis dans la peur" me semble très forte... Je suis triste pour toi et je ne sais pas trop quoi dire, on en a déjà parlé en off, et tu connais un peu mes positions sur ce sujet.
Il me semble que là, un peu d'éloignement serait (plus que) salutaire. Pas pour rentrer dans le rapport de force mais pour reprendre des forces. Je pense qu'il est très difficile de changer la dynamique de votre relation sans marquer le changement par un acte au moins symbolique.
Ton mari résiste, c'est normal, il était mieux dans le schéma précédent. Tant que tu restes perméable à son discours, il en jouera.

Tu n'es pas la femme qui charge son mari. Tu es dans une dynamique de couple qui est mortifère pour toi. Ca ne t'enlève aucune qualité, ni à toi, ni à ton mari. Le coup de noter dans un cahier pour ne pas oublier, je l'ai fait aussi. Mais tu restes dans l'argumentation/contre-argumentation, bref dans le rapport de force et dans la dynamique délétère. Fais les choses pour toi, rien que pour toi, dans le respect de ton mari et de ta famille. Et laisse-le gérer tout seul ce qui lui convient pas, c'est pas ton problème.

Je sais que tu as déjà mis en place pas mal de choses sur le plan de l'autonomie. Continue. Et surtout protège toi. C'est important pour ta fille aussi que tu sois bien. Si te protéger revient à prendre le large, prends-le, les détails logistiques se règleront d'eux-mêmes. Fais confiance à la vie et prends la décision qui est juste pour toi, aujourd'hui.

Courage ma belle !

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Junon

le vendredi 21 août 2015 à 12h05

Je crois que Tigreminou a raison, là, c'est ta santé mentale qui est en jeu...tout mon soutien ma belle!

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Siestacorta

le vendredi 21 août 2015 à 14h21

J'avoue être très allergique aux désaccords trop affirmés et aux conflits, donc être souvent incapable, dans l'action, de faire mieux que toi la distinction entre ce qui s'expliquerait, se contextualiserait ou constituerait une transition, et ce qui est de toute façon inacceptable et appartient plus à la personne qu'au moment du conflit.

Je pense que la prise de note aide-mémoire conseillée par la psy t'aidera à moyen terme à voir une cohérence du comportement s'il y en a une, et au moins, te sentir toi cohérente dans le refus d'être régulièrement attaquée.

Sinon, plus globalement, ça semble pas trop se concentrer sur le PA, tu parles de mal-être dans la relation, de tes besoins d'indépendance...
En fait, c'est pas "j'ai pas épousé une poly", c'est "j'ai pas épousé cette juliejonquille". Il est en relation avec la personne que tu as été (enfin, celle qu'il a perçue), pas avec celle que tu deviens. Et on devient tous autre chose dans le temps, hein, c'est pas forcément toi qui a pris "le" mauvais tournant, la plupart des crises de couple et des ruptures sont basées sur l'impossibilité de concilier "être ensemble comme avant" et "continuer ensemble quand les personnes évoluent".

Je veux dire que ce n'est pas une faute de vouloir autre chose que ton compagnon, et de tenter d'aller vers ce que tu veux. Maintenant, comment ça s'équilibre entre ton sentiment d'isolement dans la situation, la pression que tu ressent de la part de ton compagnon, et l'inconnu qui consisterait à créer un changement, soit temporaire, soit définitif, dans ton indépendance par rapport à lui (fin du chapitre "couple" tel qu'il était écrit), c'est à dire, qu'est-ce qui est désagréable ou qu'est ce qui est insupportable.

Ca doit être difficile de prendre sur soi à la fois le changement qu'on éprouve et un jugement aussi prononcé dessus. Je veux dire que changer, travailler sur soi, explorer, ça demande déjà en soi de l'énergie, on peut déjà avoir des doutes avant que les autres ne viennent exprimer les leurs. Donc tu ressens les deux difficultés... et ça peut te cacher en quoi l'impulsion de changer t'es personnelle, ce qui te correspond. Ecoute bien ce qui fait ton besoin, ta motivation là, ce qui serait là de toute façon quelle que soit l'adversité, pour t'orienter et faire tes choix. Je pense que si ça peut passer par "je veux être poly", c'est composé d'autres ressorts à la fois plus basiques et plus personnels.

Pour le "et maintenant quoi", je suis incapable de dire, là, si "c'est pas si grave, faut tenir le coup, un jour la relation ira mieux" ou si "c'est intenable et si je reste ça empirera"... J'avoue qu'avec ton témoignage on a plutôt une impression d'urgence, mais tu écris ça dans un temps long, pas forcément après un évènement particulier ?
Ou alors, il y a un moment précis qui t'accable, te donne le sentiment de "repartir en arrière" ? Pas forcément un mot ou un geste nouveau, juste un moment où tu as toi, éprouvé un changement qui t'a mis dans l'état d'esprit où tu as écrit ton post ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le vendredi 21 août 2015 à 15h35

Siestacorta
En fait, c'est pas "j'ai pas épousé une poly", c'est "j'ai pas épousé cette juliejonquille". Il est en relation avec la personne que tu as été (enfin, celle qu'il a perçue), pas avec celle que tu deviens.

J'ai vécu exactement ça avec un mono.

Il a toujours été en relation avec la personne qu'il croyait (voulait croire ?) que j'étais, et pas avec moi.

Lorsqu'il a pris la décision d'être en relation avec moi sachant que j'étais poly, quelques mois plus tard il m'a dit en faisant la tête : "Moi, je ne suis pas en relation poly !"

Sauf qu'on ne peut pas être avec quelqu'un qui est poly et s'attendre à ce que la relation ressemble à 100% à une relation mono ! (Ce qui, le connaissant, était a priori le sous-entendu dans cette phrase.)

Par ailleurs, je pense un peu comme Strega : tant que tu seras perméable au discours de ton mari, il continuera.
Mais si tu n'y es plus perméable, il risque....de jeter l'éponge et de s'en aller. C'est ce qu'a fait le "mono" dont je parlais plus haut : il est parti en m'insultant.

Sur le long terme, et avec les éléments que tu nous donnes, la séparation me semble toutefois la meilleure option. (Je dis bien : avec les éléments que j'ai.)

Bien sûr c'est mieux quand on peut discuter posément et sans rapport de forces (certains sont très doués pour introduire des rapports de force et des attaques sans en avoir l'air, et dire ensuite que c'est toi qui débordes / t'énerves alors que tu es à bout), même si c'est pour conclure qu'on ne va pas continuer la route ensemble.

Mais pour dialoguer, il faut être deux. Quand l'un n'est pas prêt à un dialogue authentique, voire le refuse tout bonnement, ça ne fonctionne pas...

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Juliejonquille

le vendredi 21 août 2015 à 17h52

Merci pour vos éclairages, j'ai écrit ce post sous le coup d'une profonde douleur. Heureusement, ce n'est pas comme ça tous les jours.

Siestacorta a raison, j'ai beaucoup changé pendant toutes ces années et surtout depuis la naissance de mon enfant, je me suis affirmée. Et la fille timide a bien dû grandir un peu au nom de son enfant, prendre des initiatives, mûrir enfin. Mon mari ne me reconnaît sans doute plus.

Il y a aussi la dimension culturelle, un mariage franco-japonais est très périlleux car nous n'avons pas la même culture de l'amour et de la famille, les mêmes attentes.

Après la naissance d'un enfant, je touche du doigt que nos projets de vie sont différents.

Source : Article les charmes et les risques d'un mariage Franco-japonais
En France, dans la très grande majorité des cas aujourd’hui, les futurs époux se choisissent librement et par inclination réciproque. Ils choisissent d’unir leurs existences dans le but principal (et peut-être idéal) de se rendre heureux mutuellement. Le couple reste le cœur de la famille et sa bonne santé affective et sexuelle est garante de l’unité de celle-ci. Pouvoir passer du temps avec son ou sa partenaire, et avec ses enfants, fait partie des priorités de la vie des Français.

Article
Il en est tout autrement au Japon. Le nombre de mariages arrangés (omiai) reste très élevé. Encore peu de femmes mariées travaillent et le choix d’un mari passe par l’examen du montant de son salaire annuel. Selon le magazine économique Aera, 80 % des femmes japonaises posent comme condition que l’homme gagne plus de 6 millions de yens par an (49 000 €) (1) . Et 70 % des divorces au Japon ont une cause économique — généralement, la perte d’emploi du mari. Celui-ci attend avant tout d’une bonne épouse qu’elle s’occupe bien des enfants et de la maison. Le mariage est ainsi conçu plus comme une association, voire une entreprise, que comme la réunion de deux êtres mués par l’amour et par le désir de vivre ensemble pour se rendre mutuellement heureux — d’où un désenchantement probable pour nombre d’étrangers, une fois passée la lune de miel. En effet, le mariage japonais semble se baser sur des attentes encore, disons-le, assez « préhistoriques » : l’homme chasseur ramène la nourriture tandis que la femme prépare le feu, fait cuire les aliments et s’occupe des enfants au campement. Les rôles y sont donc bien définis et le conformisme est de règle. Les épouses mères sont vouées à leur progéniture, et les pères, surchargés de travail à l’extérieur, sont absents et n’entretiennent que des relations lointaines avec leur épouse et leurs enfants. Il n’est pas rare que le père travaille et habite à plusieurs centaines de kilomètres de sa famille, et ne rentre que rarement la visiter, ou pas du tout. L’affectivité entre les époux s’étiole et la vie sexuelle devient épisodique, voire inexistante, après la naissance du premier enfant — parfois même avant — , et encore plus si le père vit loin de la famille. Sa relation avec les enfants est, dans tous les cas, improbable. En cas de séparation ou de divorce, il semblera alors normal, au Japon, que ce type de relation se perpétue et que les ponts soient coupés entre le père et ses enfants, comme il le sera entre les époux : le divorcé devient, en effet, un étranger (tanin) pour son ex-conjoint et pour son ex-belle-famille.

Article complet : sos-parents-japan.org/2009/02/03/les-charmes-et-le...

Je crois que notre couple tombe en plein dans le cliché du couple franco-japonais qui bascule aux 3 ans de son enfant.

Heureusement pour moi, nous habitons en France et il existe la garde alternée.
Au Japon, l'enfant rompt les ponts avec son père et retourne dans la famille de sa mère, souvent sans droit de visites.

Désolée, on ne parle plus trop de poly...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le vendredi 21 août 2015 à 18h21

Juliejonquille
Merci pour vos éclairages, j'ai écrit ce post sous le coup d'une profonde douleur. Heureusement, ce n'est pas comme ça tous les jours.


Tu n'es pas obligée de le dévoiler ici si ça ne t'aide pas, mais je crois que ça vaudrait le coup de remonter jusqu'à l'instant qui a fait monter la douleur récemment. "Ce n'est pas comme ça tous les jours", mais quand c'est plus sensible, autant en profiter pour mieux se prendre en main...

Je pense qu'il y a toujours des situations précises qui nous mettent dans des états intenses (une douleur forte, donc, ou une colère....). Si on ne se penche que sur les choses déjà connues (notre couple a toujours été.... la valeur qui en général me tient à coeur... ce qui se passe à chaque fois...) On peut se souvenir d'instant plus sensibles. Ces situations par elles-mêmes, nous semblent anodines, pas spectaculaires, cohérentes avec ce qui les précède, elles ne ressortent pas si on ne se penche pas dessus. Mais ce qui leur donne leur charge émotionnelle est important, donc il faut détailler pour pas rater la nature du sentiment...

Je pense que remonter à cette source spécifique en toi qui fait qu'hier tu n'a pas pu faire autrement que poster est aussi important que la connaissance plus englobante des difficultés inter-culturelles.
Même si c'est pertinent et sans doute rassurant de savoir qu'il y a des dynamiques culturelles à l’œuvre dans votre situation, c'est vous comme individus, avec vos valeurs personnelles, votre histoire à vous, qui allez décider des suites.
Comprendre que tu réagis en française, ça te donne certains mots, mais en tant que Julie, quels sont tes ressentis et quelles sont tes perspectives ?

(encore une fois, tu peux répondre à ce questionnement pour toi, si ce que ça fait sortir n'est pas fait pour être publié, l'important ici c'est de poser ce genre de questions perso, pas de répondre "au forum" : à toi de voir ce qui dynamise le mieux ta réflexion).

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le vendredi 21 août 2015 à 18h33

Pas de quoi être désolée de pas parler vraiment poly, sinon.
Le poly ça ne parle pas que de choisir autre chose que la monogamie, mais bien toutes les raisons, souvent très enracinées, moins souvent conscientes, de l'attente d'exclusivité. Ce qui était conçu comme une évidence devient, de fait, juste une attente, une demande...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Juliejonquille

le vendredi 21 août 2015 à 21h51

Mon chat est mort la semaine dernière, dans mes bras, exactement à la place où j'écrivais mon message hier dans la nuit. Je n'avais pas fait le lien, mis les choses en contexte, maintenant c'est évident.

Inconsciemment, cela réveille une peur du temps qui passe, la conscience de ma mortalité, de grosses angoisses et de la colère de ne pas pouvoir profiter au maximum de la vie, de notre vie de famille et de couple alors que nous pourrions être heureux d'être ensemble, en vie et en bonne santé.
Oui, c'est sûrement cela qui a déclenché cette impatience et cette panique non-constructive.

Je crois que cette angoisse est le déclencheur, la conscience que le temps n'est pas illimité. D'ailleurs, c'est à mon 35e anniversaire que tout avait commencé. Je crois que je fais une bonne petite Midlife crisis, crise de milieu de vie avec toute l'instabilité qui va avec.

Merci, Siestacorta, quand on prend le temps de chercher, on trouve parfois plus que ce que l'on cherche. Merci de me tendre un miroir.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le vendredi 21 août 2015 à 23h44

Juliejonquille
nous pourrions être heureux d'être ensemble, en vie et en bonne santé.

Ca pourrait être si simple en effet....

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