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Mono-Culpabilité

Poly/Mono
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hazel

le dimanche 06 novembre 2022 à 20h22

Bonsoir,

je reviens pour ouvrir une discussion un peu complexe. La sensation de culpabilité dans un couple mixte. Si souvent ce sujet est traité et conversé du point de vu d'un polyamoureux, je pense qu'il est naturellement négligé du point de vu exclusif de la relation. Tout d'abord, permettez-moi d'expliquer de quoi il en retourne et mon expérience sur le vécu.

J'ai donc été dans une relation mixte pendant un peu plus d'une année avec beaucoup de hauts et de bas. Et en effet, d'avoir appris que tardivement la pluralité affective de mon partenaire, je n'ai pu que éprouver que du rejet quand à la situation, du moins de prime abord. Les premières débâcles ont été houleuses, mais non sans accords sur les étapes qui suivraient notre relation. Aussi, parce que les sentiments prévalaient sur les normes relationnelles et les jalousies diverses, je me suis faite une raison, et je suis passé à l'étape où oui, il était question que l'on reste ensemble et que je continue à vivre mon schéma relationnel et lui le sien.

Si bien, pourquoi je parle de culpabilité mono-relationnelle?

Pour beaucoup de raisons, la première fait peser sur nous une responsabilité d'acceptant, d'ouverture, de compréhension, au delà de toute la nature de notre relation et de nos propres sentiments. Que fait-on de la jalousie, que fait-on de la solitude, que fait-on de la sensation d'être la béquille émotionnelle d'un homme poly dépendant (parce que certains poly s'avèrent parfois dépendants affectifs)?

La deuxième c'est l'impuissance, il m'arrive de savoir que mon partenaire passe par des épreuves difficiles, je le ressens dans un manque d'énergie, de l'ennuie, de la tristesse et il m'est très difficile de savoir que faire si ce n'est l'encourager à aller de l'avant pour autant qu'il me le permette et cela parfois en allant à contre courant de mes propres sentiments. Ici ça se traduit chez moi comme une sentiment de culpabilité à ne pas être en mesure d'apporter les outils relationnels à ma moitié de façon à l'aider à aller mieux.

Il y a aussi des problèmes liés à des difficultés de communication, parler d'obstacles dans notre relation sans retomber dans des schémas classiques mono/poly. Pour illustrer à l'aire d'un exemple;
Parler d'un manque de partage des tâches ménagères et entendre son partenaire râler de ne pas être compris dans sa relation plurielle. Très exagéré, mais elle me permet d'illustrer à quel point à certains moments la communication coince, et j'ai du mal à savoir si c'est parce que la personne veut le beurre et le cul de la crémière, ou si vraiment au moindre conflit la personne se sent attaquée dans sa façon de concevoir la relation. Aussi bien, comment protéger son partenaire sans s'oublier dans le processus. Je trouve personnellement la tâche excessivement complexe.

Quand à la dernière partie, privilégier son partenaire et anticiper. C'est ici que j'ai le plus dépensé d'énergie, il s'agit moins de culpabilité que de tâche rigoureuse et travail strictement de l'autre. Je philtre mes émotions, je philtre les conversations, je prends grand soin de le rassurer sur tout les points qui l'angoissent sur sa culpabilité, et en définitive, il ne perçoit même pas que j'ai les miennes en lames de fond. Pourquoi je suis jalouse? Pourquoi j'angoisse? Est-ce qu'il finira par décider que ne faisant pas assez d'efforts pour lui montrer au quotidien que je suis digne de notre relation, il finira par me quitter.

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bidibidibidi

le lundi 07 novembre 2022 à 09h20

Bonjour Hazel,

Désolé d'être hors sujet, mais à te lire je sens que tu te mets en quatre pour ton compagnon, et je me demande si dans le processus tu ne t'oublies pas au passage. Ce sont des choses que je sens derrière tes mots, pas directement des choses que tu dis donc il est possible que je sois totalement à l'ouest. Mais quand par exemple tu dis avoir du mal à aborder le sujet du partage des tâches ménagères, qui est quand même un sujet basique dans un couple (même si c'en est un qui a tendance facilement à revenir notamment si vous avez des enfants), je me demande ce que ça doit être pour les sujets plus complexes.

Et puis, ta culpabilité, j'ai l'impression qu'elle vient d'une tentative pour te conformer à une image assez idéale de toi. Au final, tu t'oublies (et le dis même directement quand tu parles de filtrer tout ce que tu éprouves de négatif). Ca ne me paraît pas bon du tout. Tu as l'air d'être aux petits soins pour lui mais je me demande s'il y a une réciprocité.

Désolé si je suis complètement à côté de la plaque, mais c'est ce qui m'a fait réagir en te lisant.

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Ayna

le mardi 08 novembre 2022 à 09h32

Hazel
Je philtre mes émotions, je philtre les conversations, je prends grand soin de le rassurer sur tout les points qui l'angoissent sur sa culpabilité, et en définitive, il ne perçoit même pas que j'ai les miennes en lames de fond.

Je bug sur cette phrase. Si tu filtres tes émotions - j’entends que tu ne les exprimes pas pleinement - n’est-ce pas un peu logique qu’il ne les perçoive pas?

Dans quel but ménager sa «  culpabilité »? Je pense qu’il y a une mesure à trouver entre «  culpabiliser » l’autre et tout faire pour qu’il ne «  culpabilise » pas. En fait selon moi il est responsable de ses choix mais pas coupable, déjà, donc je me demande si cette notion de culpabilité n’est pas à interroger dans votre relation et votre ressenti respectif face à ses relations plurielles. Et ensuite pourquoi ressens-tu ce besoin de tout «  filtrer »? Qu’est-ce que tu protèges ? Ou qui est-ce que tu protèges? Quelle part de toi ne se sent pas suffisamment à l’aise pour s’exprimer pleinement ?

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Siestacorta

le mardi 08 novembre 2022 à 11h46

Bonjour @hazel,

c'est étrange parce qu'en te lisant, n'importe qui peut se dire "eh, culpabilise pas, visiblement tu fais déjà de ton mieux et tu n'es coupable de rien".
Mais on est pas toi, donc si tu parles de culpabilité c'est que tu as ton regard là-dessus.

Pourtant, quand tu parles de
- pas pouvoir t'empêcher de ressentir la jalousie
- impuissance à le soutenir parce que tu peux pas être "à fond" dans son sens
- difficulté à protéger ton partenaire, ressentie dans l'effort d'échapper à des schémas classiques (donc il serait pas bien dans votre cadre)
- ta pensée, "Est-ce qu'il finira par décider que ne faisant pas assez d'efforts pour lui montrer au quotidien que je suis digne de notre relation, il finira par me quitter."

derrière la culpabilité, je ressens plutôt ta peur d'être quittée, ou que cette relation se crashe. Tu t'en fais porter la responsabilité, parce que tu as choisi de continuer. Mais ce choix doit aussi se baser, quand tu le renouvelles en maintenant la relation, sur sa capacité à lui t'accompagner - à se montrer ton compagnon comme tu te montres sa compagne.
La culpabilité, c'est pas te dire "c'est moi qu'ait signé, c'est à moi d'assurer", alors qu'en fait, s'il trouvait avec toi le moyen de te rassurer sur la pérennité de votre lien, tu ne culpabiliserais moins de ta part compréhensible de vulnérabilité ?

Ce que tu dis dans ton post, c'est que tu fais beaucoup d'efforts, et qu'ils te semblent encore potentiellement insuffisants.

Hypothèse : tu te juges toi en prenant des repères persos très (trop) exigeants, et tu remplaces ton espoir d'être reconnue dans l'effort par une recherche de performance concrète. C'est peut-être plus faisable pour toi de te mesurer "en solo" que de lui dire carrément "je fais mon possible et quand je fais pas risette j'aimerais que tu me remarques, autant dans mes efforts que dans mes attentes à moi". Tu mettrais dans ce cas un regard critiqiue sur toi-même à laplace dwun regard aimant d'e ton partenaire (quitte à ce qu'il ne soit pas mono mais au moins compréhensif).
Tu n'as pas pu faire que votre relation corresponde à tes attentes originelles. Mais celles-ci reviendraient peut-être, un peu par la porte de derrière, en réclament, via ton sentiment de culpabilité, d'être reconnues ? La culpabilité a le mérite de donner une échelle d'efforts, même difficile à atteindre, face à un partenaire qui ne précise pas le cadre commun où il pourrait être bien.

Bon, sinon, je sais que tu prends un exemple pas tout à fait précis quand tu dis

hazel

Parler d'un manque de partage des tâches ménagères et entendre son partenaire râler de ne pas être compris dans sa relation plurielle. Très exagéré, mais elle me permet d'illustrer à quel point à certains moments la communication coince, et j'ai du mal à savoir si c'est parce que la personne veut le beurre et le cul de la crémière, ou si vraiment au moindre conflit la personne se sent attaquée dans sa façon de concevoir la relation.

et que tu parles des épreuves que ton compagnon traverse, j'ai du mal à pas lui imaginer une relative immaturité affective.
Ton témoignage me donne l'impression d'une partenaire maternante avec un partenaire gamin.
Je ne sais pas quelles sont les raisons qui font que vous avez actuellement ces postures - encore une fois, si je vois quelque chose : j'utilise mon imagination donc elle peut me tromper - mais elles ne vous mettent pas, dans le soin que demande une relation aimante, dans la même prise de responsabilité.

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

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