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Le "Game", les "mâles Alpha" et autres "pick-up artist"

Communauté
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artichaut

le jeudi 03 septembre 2020 à 15h34

Je voudrais ouvrir ce fil pour parler de ce que l'on peut regrouper sous le « Game », les « mâles Alpha » et autres « pick-up artist »… à savoir

Je sais qu'il est risqué d'ouvrir un tel fil sur ce forum qui a déjà connu de nombreux dérapages sur ce sujet (voir ci-dessous). Merci donc, par avance, de m'éviter un énième dérapage, si vous voulez masculiniser le forum, faites-le sur d'autres fils.

Néanmoins il me semble que la communauté poly aurait à prendre position sur ce sujet, car finalement si on y regarde de pas trop près, on pourrait faire du lien entre ces attitudes et certains de nos comportements poly (ou du mois ça peut donner cette impression de l'extérieur).

Je dirais même pour aller +loin, que cette "philosophie" du « Game », ultra-capitaliste, peut se retrouver dans le milieu poly, et viens à mon sens pourrir celui-ci (parmi plein d'autres choses, bien sûr : je le vois +comme un symptôme que comme une cause).

J'ai lu jadis The Game, les secrets d'un virtuose de la drague de Neil Strauss (l'un des fer de lance de ce mouvement). Et ce qui rend la chose complexe, c'est qu'au milieu d'un amoncellement de masculinisme et de culture du viol, on peut trouver quelques minuscules choses intéressantes.
Je ne sais si j'aurais le courage un jour d'en faire un retour un peu structuré.

En attendant ça m'intéresse de creuser en quoi cette "philosophie" participe à entretenir une vision néo-libérale du "polyamour" qui va a l'encontre de ce qui me semble être possiblement les « valeurs du polyamour », …si tant est que le polyamour puisse avoir des valeurs.

(Je développerais peut-être un jour. Pour l'instant je dépose juste ça.)


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Quelques fils sur des sujets proches, sur le forum (à lire avec précaution, puisque plusieurs ont dérapés, et ont du être fermés par la modération du site) :
- Arguments de la manosphère contre le polyamour, nov 2015.
- [Anglais] Sites américains de conseils sur séduction et relations hétérosexuelles orienté non-monogamie Blackdragon & Girls with game, juin 2016.
- Balancetonporc#, oct 2017.
- La question d'aborder, déc 2017.
- Peut on encore draguer à notre époque ?, oct 2019.

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artichaut

le jeudi 03 septembre 2020 à 15h35

Allez si, je dépose encore ça (en guise de premier résumé, et de tentatives de définitions) :
- Alpha 1.0 c'est la caricature du macho (L'objectif opérationnel de l'Alpha 1.0 est de contrôler et d'être entendu.)
- Alpha 2.0 c'est le mec qui a compris qu'être macho est contre-productif, mais ne veut en aucun cas renoncer à ses privilèges
- The Game, c’est le nom que les américains donnent à ce que les français appellent "le jeu de la séduction". Dès les années 90, les américains ont créé des forums sur Internet pour discuter de séduction entre "passionnés". Le but était de partager leurs techniques pour faire plus facilement des rencontres.
- un article de Slate sur le sujet

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Siestacorta

le jeudi 03 septembre 2020 à 19h06

J'ai dû le noter quelque part par ici, mais un rappel : le "mâle alpha" chez les animaux est un artefact c'est à dire, en sciences, un phénomène qu'on croit observer parce qu'on l'a imaginé soi-même.
En l’occurrence, le découvreur de cette fonction sociale de mâle alpha a renié la validité de sa propre théorie.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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artichaut

le vendredi 04 septembre 2020 à 11h16

Merci @Siestacorta

je relève une chose intéressante dans l'article :


la culture générale, qui l’adopte avec enthousiasme, oubliant au passage que Schenkel parlait d’un couple dominant, et pas seulement d’un mâle…

(c'est moi, artichaut, qui souligne)

tiens, tiens…

(ça me fait penser à un de tes post)

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artichaut

le vendredi 04 septembre 2020 à 11h19

et plus loin :


«la plupart des études sur la dynamique sociale des meutes de loups ont été conduites sur des regroupements artificiels d’animaux en captivité»

…peut-être sommes nous, nous-même, en captivité ?

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JM0057

le vendredi 23 octobre 2020 à 22h04

Le "game" ! C'est vrai qu'il existe peu d'avis de filles sur ce sujet ... (étonnant ?)
La bonne question subsidiaire qui va faire hérisser des poils : Est-ce que ça agasse parce que c'est moche ou bien parce que ça marche ?

Dans la comparaison régulière des relations humaines/amoureuses aux théories économiques (parce que c'est pas faux, une bonne partie de l'économie ne faisant que décortiquer le plaisir humain pour le monétiser. Si le but est de le consommer, la stratégie est similaire) ont peu voir la drague ou le "game" comme le marketing.
Ce mode là pousse clairement à jouer sur les points d'attirance généraux du sexe opposé en vue d'en déclencher rapidement et (plus ou moins) durant un temps, la chimie cérébrale nécessaire à une partie de jambe en l'air. (Alors oui, je vais entendre "même pas vrai, je [...], ça marche pas avec moi" à quoi je réponds d'avance : "probablement, que toi personnellement ça ne marche pas sur toi en particulier, mais sur un groupe non négligeable de plus de 50% des autres personnes du même genre que toi, si ... et puis ça marche pas sûr toi peut être aussi parce qu'on te l'a peut être pas correctement fait ;-)")

Est-ce que c'est moche ? Ben ça se discute. Dans le fond, le principe n'est pas malsain en fait. La plupart des experts en drague, coach en séduction qui "enseignent" le game, vont pousser leurs élèves à adopter des comportements plutôt gentlemen soucieux des désirs de leurs partenaires. On peut apprendre tout un tas de choses de ces "artistes" sur les relations. La plupart font de l'expérimentation sociale et démontrent des choses.
Après il y a la dérive bien sûr, c'est ceux qui en abusent. Ou qui joue un rôle en permanence. Ou qui joue à chercher juste du plan cul en faisant miroiter à un amoureux le grand amour.
Le problème du coup n'est pas tant la méthode que le souhait de celui qui l'emploie. Si on veut, le poseur de bombe et le démineur bossent sur le même manuel à la base.

En revanche là où je ne suis pas d'accord, c'est cette tendance à mettre de la masculinisation dans "la drague".
Les filles jouent dans le game également. Mais pas de la même manière.
Si on reste dans la comparaison économique, je dirais que les mecs ont tendance à vendre en mode "démarcheurs en porte à porte" tandis que les filles sont plus dans la vente "en boutique" (parce que le produit n'est pas le même, la clientèle non plus, finalement les deux business plans sont adaptés à ces trucs : produit/clientèle).
SI la drague, ça consiste à se montrer mieux que ce que l'on est au quotidien pour charmer l'autre. Les montagnes d'artifices disponibles pour que les filles puissent se transformer de leur aspect quotidien à plus (plus ou moins prononcé) et qui joue sur les déclencheurs d'envie sexuée du sexe opposé sont tellement partout (du soutif push-up à la palette à maquillage). Oui, les filles se font belles pour se sentir bien, c'est sûr. Tout comme un mec qui accoste une fille et lui propose un verre le fait parce qu'il a soif (je veux dire, il a probablement vraiment envie de boire un coup. Si on dit de lui "c'est pas que d'un verre dont il a envie" ok ... il n'en reste que dire qu'il a envie d'un verre n'est pas un mensonge, c'est juste une partie de la vérité, c'est pas pareil).

Avis à part : Après, je comprends pas les gens qui sont blessés d'être dragué. Cette histoire du mec qui drague sa gendarme de voisine, j'aime bien. Je n'y vois rien de mal.
En revanche, peut-on encore draguer de nos jours ? L'évolution des mœurs et de l'ouverture d'esprit, de l'intelligence des gens et de leur capacité de réflexions, les progrès sur la communication et les nouvelles possibilités pour les filles de pouvoir parler librement, dire non etc ... pousse à penser que oui, plus que jamais !
Tu peux draguer (lourdement ou pas, ça c'est question de point de vue) une dame/demoiselle qui, si elle n'est pas open/pas le temps/pas d'humeur peut sans nul problème te répondre gentillement (plus ou moins selon) "non, merci c'est gentil". Et tu continue ton chemin ...

Maintenant, dans les faits, ce n'est pas ce qui se passe. Je me souviens d'une vidéo que Camille Cerf (Miss France 2015) avait posté sur Instagram pour dénoncer la drague et le harcèlement de rue. C'était un enregistrement audio qu'elle avait fait quand elle s'est faite accoster à la terrasse d'un café. On entend le mec ... Alors oui, le mec est un peu lourd, on n'entend pas vraiment l’intelligence social, bref ... Mais, on l'entend elle aussi, qui durant tout l'audio, ne fait que de rire bêtement et à aucun moment, on n'entend de "non, ça ne m'intéresse pas" (enfin si, à la fin et du coup le gars laisse tomber tout de suite, miracle ?).
Pour autant, c'est posté sur instagram le lendemain avec le #harcèlementderue ...

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Casanova (invité)

le dimanche 26 juin 2022 à 21h30

Le Game n'est pas fondamentalement capitaliste de la même manière que le polyamour n'est pas fondamentalement libéral.
Les Pick-up artists utilisent simplement des techniques qui fonctionnent dans un monde qui n'est pas totalement déconstruit - le jour où les filles aborderont autant que les mecs, il n'y aura plus de raison de "gamer" pour les mecs hétéros...

Les plaintes des filles à ce sujet paraissent toujours un peu à côté, puisque si elle ont sans conteste le rôle d'opprimérs structurellement dans l'espace social, elles sont en position de force dans le jeu de la séduction, et ne comprennent pas vraiment la situation des hommes hétéros qui sont rarement dans une situation d'abondance.

Voire les choses en terme de marché n'est qu'une manière de voire la réalité mais il faut avouer que ces outils d'analyse marchent très bien. C'est bien malheureux que la communauté de la séduction soit autant masculiniste et de droite, mais il y a surtout des gens assez différents en réalité et souvent assez ouvert d'esprit.

Le plaisir de la séduction ne se réduit pas à une logique de capitalisation du plaisir, il y a le jeu, il y a la maîtrise des règles, il y a l'aléa de la rencontre et la profondeur de la connexion. D'ailleurs on peut aussi être dans le game par addiction au sexe -c'est souvent le cas- et il ne faut pas y voir une position idéologique, c'est simplement la solution la plus saine pour vivre sereinement avec ce genre de problème. La dépendance affective et le besoin de validation peuvent être une autre motivation et personne n'est légitime à juger cela, nous n'en sommes pas totalement exempt non plus ici.

Bref tout ça pour dire qu'on peut être poly, pick-up artist, marxiste et heureux 😊

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artichaut

le mardi 28 juin 2022 à 02h15

Casanova
Les plaintes des filles à ce sujet paraissent toujours un peu à côté, puisque si elle ont sans conteste le rôle d'opprimérs structurellement dans l'espace social, elles sont en position de force dans le jeu de la séduction, et ne comprennent pas vraiment la situation des hommes hétéros qui sont rarement dans une situation d'abondance.

On entend souvent cette plainte masculiniste. Or c'est mathématiquement faux. En contexte strictement hétéro, si une femme trouve une relation c'est qu'un homme trouve une relation. L'abondance utile est donc strictement identique.

Déjà il ne faut pas confondre abondance apparente et abondance utile. Être sollicité par une immense majorité de prédateurs ne dit rien de la supposée "abondance" de relations potentiellement intéressantes.

Ensuite le seul terme d'abondance, me semble déjà problématique, car révélatrice d'une logique d'objectification et de prédation, ou à minima de consommation. On est donc bien dans le +pur fonctionnement fondamentalement libéral (CQFD).

Enfin puisque mathématiquement cette plainte masculiniste est irrecevable, c'est donc qu'il convient d'interroger autre chose pour comprendre le hiatus apparent, comme par exemple les critères déterminant la supposée "non-abondance". Par exemple si des hommes toutes classe d'âge confondus ne veulent relationner qu'avec des femmes de 25/35 ans, forcément "l'offre" est moindre. Idem pour tous les autres critères. Et de fil en aiguille, l'on se rend compte que certaines femmes seulement sont concernées par cette supposée abondance en face, et d'autres pas du tout. Idem pour les hommes d'ailleurs dans l'autre sens. On ne peut comparer que ce qui est comparable.

Les stratégies de pick-up artist, outre qu'elles ont pour conséquence le harcéllement de la gente féminine, n'ont pour autre objectif que de tenter de se hisser dans le haut du panier, pour atteindre le supposé graal féminin, pour lesquels tous ces prédateurs se battent. Bref, rien d'autre qu'une lutte de pouvoir fondamentalement libérale.

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bidibidibidi

le mardi 28 juin 2022 à 10h30

Je suis pas sûr que mettre de la politique dans la séduction ait une quelconque utilité. Que les logiques politiques influencent le monde dans lequel nous vivons ne veut pas dire que nous devons à chaque fois avoir une lecture politique de nos comportements.

Le principal souci associé aux pick-up artists est qu'au milieu de conseils simples et bons (travaille ton apparence, développe tes centres d'intérêts), on trouve des "techniques" qui s'approchent plus de la manipulation qu'autre chose, doublées d'un encouragement à voir la gente féminine comme trophées ou ennemis et non comme partenaires. Le résultat est donc assez malsain vu du côté féminin.
Et je parle pas de la compétition interne (mâle alpha...) comme si on pouvait pas tous relationner peinards comme on en a envie.

Enfin, comme souvent, y a du bon et du moins bon, il faut savoir trier le bon grain de l'ivraie.

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