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artichaut

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Rennes (France)

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Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir

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artichaut

le vendredi 13 février 2026 à 20h19

Alabama
Contrairement à toi je ne suis pas anti-sentiment amoureux, je ne crois pas qu'il soit mauvais en soi,

je ne dirais pas que je suis "anti-sentiment amoureux"… ou alors pour moi (je n'en veux plu) pas pour les autres.
d'ailleurs ce fil n'est pas tant une critique (au sens péjoratif, négatif) du sentiment amoureux, qu'une tentative de mieux le comprendre, pour en tirer des conclusions, des enseignements, pouvoir remettre de la compréhension et du choix, là où généralement ça nous échappe (et où ce ça nous échappe est béatifiée par la norme : on tombe amoureux, c'est magique, ça ne s'explique pas, c'est +fort que notre volonté, etc)

en revanche, le sentiment amoureux, je le trouve pathologique. au même titre que la jalousie. et je ne suis pas anti-jalousie, bien au contraire.
disons que l'une comme l'autre me semble être des symptômes, des révélateurs de troubles affectifs profonds que l'on peut choisir de regarder ou non.

Alabama
mais je le décorrèle de l'anxiété amoureuse ou de l'excitation amoureuse ou même de l'euphorie.

whoua mais qu'est-ce que c'est alors ?? (oui tu y répond ensuite)

Alabama
Pour moi c'est une vague de bienêtre qui parcourt le corps, souvent dans des moments où je me sens entendue, comprise et/ou que pendant un moment je me connecte à la beauté de la personne que j'ai en face de moi (son énergie, son intelligence, ou tout autre chose). Et ce sentiment amoureux ne me semble pas être réservé aux "relations amoureuses". J'ai un ami qui m'a déjà décrit ce même sentiment qu'il ressentait pour un autre ami.

alors ça pour moi ce que tu décris, c'est juste l'amour.
et oui ça fonctionne potentiellement avec tout le monde.
du coup oui, peut-être que ce dont je parle dans ce fil, c'est peut-être juste la NRE…
enfin je pense qu'il faudrait creuser encore un peu +loin.
entre ce que tu décris et ce que je ressens avec tous mes proches les +proches, il y a sans doute des nuances.
genre est-ce que ce que tu décrit tu peux le ressentir pour tes enfants ?
(comme avec le sexe, c'est un bon marquer je trouve : on n'est pas amoureux de ses enfants)
car moi ce que tu décrit j'ai le sentiment de le ressentir pour mes enfants. pas tout le temps, certes. mais pas +/-tout le temps qu'avec mes ami·es non plu.

peut-être la diff, c'est que je n'ai pas besoin d'exister dans le lien pour ressentir cet amour. alors qu'il me semble que dans le sentiment amoureux, on ne peut pas ne pas exister dans le lien. ça en fait intrinséquement partie, et c'est peut-être même ça qui en partie le définit (d'où le miroir).
donc le sentiment amoureux génère beaucoup +de jalousie que le 'simple' sentiment d'amour.

en y réfléchissant je me dis que dans ce fil, je parle sans doute de la NRE, mais aussi de son prolongement dans le lien +durable.
il me semble que la NRE fabrique une sorte de mythologie propre à la relation qui me semble pouvoir nourrir presque nostalgiquement ensuite le sentiment amoureux.

peut-être que dans ce que tu décrit,
- quand tu dis "je me sens entendue" avec ma lecture ce serait du sentiment amoureux ?
- alors que quand tu dis "je me connecte à la beauté de la personne", toujours avec ma lecture, ce serait de l'amour ?
enfin je trouve ça un peu caricatural dis comme ça.
mais c'est quelque chose de cet ordre que j'essaie de saisir.

Alabama
Pour ma part, je refuse de relationner avec des personnes qui pensent qu'elles n'ont pas de besoin particulier et que donc les autres ne devraient pas en avoir. Ça dénote une grand immaturité affective, une connaissance de soi inexistante et donc une incapacité à prendre en compte qui est l'autre.

…après y'a avoir conscience d'avoir des besoins… et demander à l'autre de les remplir… qui peut être un glissement facile, et qui est peut-être un autre genre sinon d'immaturité affective (c'est quand même très jugeant comme expression) de difficulté affective.
entre croire qu'on a pas de besoins (et bénéficier de tout l'amour invisible qu'on nous donne) et demander à l'autre de remplir nos besoins (et être dans le déni de soi permanent) je ne sais pas s'il y a un pire.
il y a surtout des gens qui ne se comprennent pas (elles-eux-même et entre elles-eux).

Alabama

artichaut
En soi, tu ne peux pas te plaindre que ton amoureux (ou ton collège, ton ami·e) ne te propose pas te voir, alors que tu es déjà venu le/la voir plusieurs fois, si tu n'explicite pas que tu veux fonctionner avec une certaine dose de réciprocité (pour pas dire redevabilité).

Je ne sais pas si je mettrais le mot "redevabilité" moi.

en fait je faisais justement ici l'effort de ne pas utiliser le mot redevabilité (!)
mais j'entends que l'expression "pour ne pas dire" est ambiguë (et parfois on l'utilise pour dire justement, dans un mode un peu passif-agressif).
là c'était sincérement une volonté d'utiliser le mot de @Tiao88.
mais certes aussi, j'utilise ce concept (de redevabilité) +loin, puisqu'il me parle.

Alabama
Je mettrais plutôt le mot "partage des tâches relationnelles". De la même manière que si on habite ensemble, je ne m'attends pas à ce qu'une seule personne fasse à manger + la vaisselle + le ménage. Oui, nous sommes dans une culture où c'est implicitement admis que c'est aux femmes de faire ça. Mais je ne considère pas que c'est être "redevable" de faire ma part des tâches quotidiennes. C'est la même chose pour moi dans le fait de nourrir une relation. Si à chaque relation je dois expliquer que je vais pas tout faire (demander des nouvelles + me déplacer + avoir des petites attentions), bonjour la fatigue. Pour ma part, si je vois que l'autre personne n'est pas en mesure de prendre sa part dans ces éléments-là, je passe mon tour. Etrangement, je n'ai eu ce problème qu'avec des hommes. Mes relations amicales avec des femmes ne se sont jamais terminées pour ces raisons-là.

oui je suis plutôt d'accord avec tout ça.
peut-être la nuance que je mettrais, c'est :
- est-ce que je fais les choses car je dois les faire (par injonction)
ou
- est-ce que je fais les choses car je veux les faire (par choix)

ton amie qui fait des gateaux, clairement elle choisis, elle veut.
par contre la fidélité sexuelle en monogamie-de-fait, c'est une injonction générant redevabilité (je le fais donc tu dois le faire)

cette nuance m'intéresse beaucoup car je trouve qu'on a trop tendance à penser les choses en terme de devoirs, et à faire les choses non par choix ou par amour, mais par devoir.

quand tu dis (à plusieurs reprises) "A toi d'en tirer tes conclusions."
j'entends que tu dis justement : choisis.
au lieu de dire : insiste, car ton mec doit faire ça.

je ne sais pas si je suis clair.

*
moi, je ne veux plu être en relation avec quelqu'un qui n'est pas capable de poser des choix, mais avec quelqu'un qui est capable de dire "je me lève, et j'me casse" quand ça ne lui convient plu.
et du coup je fait attention à interagir/relationner avec des personnes qui sont en capacité de se lever et se casser, car c'est clairement pas tout le monde, et en soi, c'est un privilège, ou le signe de privilèges (acquis ou conquis, mais privilège quand même).

Alabama

artichaut Alors je fais comme je trouve ça bien, et tant pis si c'est désiquilibré en ma défaveur.

Quand je te lis ça me donne le sentiment qu'il n'y a pas eu de possibilité de trouver quelque chose d'équitable effectivement. Tant mieux si tu y trouves ton compte, je me demande à quel point c'est de la résignation ou un choix joyeux ?

je dirais plutôt un choix joyeux.

à l'époque où ça m'a pas mal travaillé, j'étais dans la résignation, ou plutôt dans la colère refusant la résignation (mais la vivant quand même de fait).
comme ton amie qui fait des gateaux, j'ai choisis d'en faire un choix joyeux. car de fait aussi aujourd'hui ça me fait du bien de le faire. même s'il n'y a pas de retour sur investissement (compliments, remerciements, rétribution affective…). je crois que j'aime donner et voir les gens heureux/heureuse (même sans qu'iels l'expriment).
et puis quelque part je suis convaincu que donner de l'amour, nous fera en recevoir (je n'attends juste pas que ça vienne des même personnes). je donne au monde et le monde me redonnera (ni forcément au même moment, ni forcément la même quantité, mais qu'importe).
et aussi je fais désormais +attention de ne pas donner à des gens qui ne veulent pas recevoir (les gateaux ça ne fait pas plaisir à tout le monde !).

à d'autre endroits ça a pu être un choix politique (ni pure résignation, ni pure joyeuseté). quand par exemple je me suis retouvé dans des relations hétéros 'inversées' (où je portait beaucoup + de charge relationnelle que l'autre). et là je me disais "ok, sur ça, c'est en ma défaveur, mais j'aime cette relation, et si pour une fois, c'est le mec qui en fait+, c'est pas très grave, au regard du monde dans lequel on vit". non pour me valoriser ou en tirer une médaille (je n'en ai d'ailleurs jamais parlé), mais juste : ok, je peux vivre ça, et je n'en meurt pas. je n'ai pas besoin d'une égalité parfaite tout le temps. disons que l'équité était ici concue comme +sociale (au regard de la société) que relationnelle (au regard de notre seule relation).
après ça s'arrête là, je ne suis pas non plu un masochiste de la cause féministe.

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Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir

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artichaut

le jeudi 12 février 2026 à 19h14

Tiao88
Faire un déplacement en train/voiture/avion etc, tout le monde sait que ça coûte de l'argent et que ça prend du temps, quand même.

C'est pas toujours facile de faire la part de ce qui est de la mauvaise foi, de la réelle naïveté, de scripts acquis et non modifiables, chez les gens…

Par exemple quand je fais un long déplacement (donc temps et argent comme tu dis) pour aller voir une personne, je pourrais trouver normal d'être totalement invité (coût et fabrication du repas) et ne rien apporter (pas même la traditionnelle bouteille), mais en fait chacun·e à sa façon de penser les choses, et on m'a déjà reprocher de venir les mains vides dans pareil cas.
Que dans l'autre sens je trouve normal d'inviter chez moi et que l'autre n'amène rien (iel à déjà fait le déplacement), ne change pas grand'chose. C'est ma modalité, pas celle de l'autre.

Sans discuter je trouve ça très compliqué de se comprendre sur ces choses-là. Et souvent j'ai la flemme de discuter (de ça).
En fait j'ai été pas mal travaillé par ça à une époque (je ressentais, comme toi,une fome d'injustice), et puis à un moment donné je me suis dit que j'aimais acceuillir chez moi, que ça m'apportais beaucoup, et que tant pis si les autres ne m'invitaient pas, ou pas autant, ou réclamaient des choses quand iels m'invitent (partager les frais du repas, etc).
Alors je fais comme je trouve ça bien, et tant pis si c'est désiquilibré en ma défaveur. Je n'ai pas envie de modifier ma générosité quand j'acceuille chez moi.
Et quand je vais chez les autres souvent je ramène des choses, et même souvent c'est moi qui fait le repas chez l'autre.

Perso j'ai arrêté de chercher l'égalité, ni même l'équité à cet endroit-là.

Mais d'une part je ne parle là que d'un exemple lié à la bouffe et pas des relations affectivo-amoureuses en général, et d'autre part j'entends que c'est +facile pour moi en tant que mec. Car c'est pas toutes mes relations qui sont archi-déséquilibrées.

Par contre se prendre en+ des reproches, comme tu le racontes, quand tu as le sentiment d'en faire +que l'autre c'est sûr, c'est pas agréable.
Mais de même que l'on fait du taf "invisible" (comme les déplacements, puisqu'ils ne sont pas en présence de l'autre donc pas sous ses yeux), il m'arrive aussi de ne pas voir le taf que fait l'autre à un autre endroit.

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Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir

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artichaut

le mercredi 11 février 2026 à 13h22

Tiao88
Et en même temps, j'ai du mal à comprendre ce qui est malsain ou égocentré dans le fait d'attendre une réciproque de certaines actions

Ce n'est pas malsain ou égocentré, c'est un fonctionnement spécifique.
Le pb c'est quand ce fonctionnement n'est ni partagé, ni compris/ressentis par l'autre, ni explicité clairement.
Surtout, comme tu dis, si on le considère comme plus ou moins "naturel".
Du coup ça créé des fossés d'incompréhensions, d'attentes non remplies, de frustration, de colère, etc.

Et en soi un autre fonctionnement qui serait de vouloir fonctionner sans (ou avec peu de) redevabilité, n'est pas non plu malsain ou égocentré en soi.
Mais pareil si l'on considère que ça va de soi, et qu'on n'a pas à l'expliciter, on s'expose à nombre d'incompréhensions.

Le cas typique que tu cite ("nan mais je suis pas en couple pour me prendre la tête") en est l'exemple flagrant. Du reste j'ai été cet homme-là jadis.
C'est ne pas prendre en compte que accepter d'être en couple, c'est accepter de "se prendre la tête". C'est accepter de s'intéresser à l'autre, à ses émotions, à comment iel vit la relation, etc.
C'est aussi ne pas voir le travail invisible (charge mentale et charge relationnelle) de l'autre. Car oui on s'habitue vite, et depuis le +jeune âge à recevoir gratuitement de la part de certaines personnes (typiquement les femmes).

D'un côté comme de l'autre, il y a à rendre visible des choses, à expliciter.

En soi, tu ne peux pas te plaindre que ton amoureux (ou ton collège, ton ami·e) ne te propose pas te voir, alors que tu es déjà venu le/la voir plusieurs fois, si tu n'explicite pas que tu veux fonctionner avec une certaine dose de réciprocité (pour pas dire redevabilité).
Particulièrement si l'autre est un mec cis (il n'a tout simplement pas reçu cette éducation-là, donc il ne possède pas ton implicite) ou si l'autre à des (neuro-)spécificités qui font qu'iel a du mal à comprendre l'implicite.
Si l'autre ne veux même pas t'écouter, parce qu'il ne veut pas se prendre la tête, oui tu as raison, "sort le lance flamme" (métaphoriquement quand même), ou "oublie-le" (ce que justement tu nommes ne pas être facile).
Si tu lui a déjà expliqué 10 fois, et qu'iel ne veut pas le prendre en compte idem.

Ça peut poser plusieurs problèmes :
- comment on fait pour être en couple hétéro, sachant qu'il y a trèèès peu de mecs conscients et capable de (et volontaires pour) nourrir un lien respectant des attentes de réciprocité même basique ?
- cette charge mentale et relationnelle de devoir expliquer, éduquer les mecs sur ça (et d'avoir le mauvais rôle de la râleuse) revient forcément aux femmes dans les couples hétéros
- comment on gère nos manques/besoins affectifs si on doit renoncer à chaque relation non parfaite (ou juste non nourissante) sur ce plan-là ?
- on n'est pas égaux/égales dans ce qu'on est prêt·e à subir, à endurer pour (tenter de) faire encore exister une relation, coûte que coûte
- faut-il redevenir monogame si jamais on a la chance de trouver la perle rare, c'est à dire LE mec qui sera potable sur ce terrain-là ? ou au contraire grapiller de l'affectif via le polyamour, en tentant de composer du mieux possible un semblant de confort affectif ?
- et pourquoi ça ne fonctionne pas entre femmes ? (argh) diificle de sortir de l'hégémonie de l'hétéro(sexualité)relationnalité


Pour autant, malgré tout ça, et la connaissance de tout ça, perso je ne suis plu volontaire pour fonctionner dans de la réciprocité non clairement explicitée, voire dans de la réciprocité tout court, quand je sens qu'elle devient de la redevabilité.
Je ne veux plus devoir faire ci ou ça en relation. Et donc de fait, par soucis de cohérence, je ne suis quasi plu en relation.

Je sais que cette réciprocité/redevabilité va de soi pour beaucoup. Que c'est la base du soin, du lien.
Moi je trouve qu'au contraire c'est le début des quiproquos et du désamour (au sens du sentiment).

*
et pour revenir au sujet du fil, je dirais que tout ça est décuplé dès qu'on parle de relation amoureuse (c'est pourquoi aussi, je n'en veux plu non plu)

si l'autre est un miroir de nous même, on s'attend à ce que l'autre fonctionne comme nous. on n'a rien besoin d'expliciter.
et la chute est d'autant +rude.

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Discussion : Dis...c'est quoi l'amour ?

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artichaut

le vendredi 06 février 2026 à 02h12

Siestacorta
Ce qui vient plutôt appuyer le propos ordinaire d'@artichaut selon lequel le polyamour est plus une poursuite de la monogamie

ben tiens, j'en ai remis une couche

on est loin en effet du fissionnel selon Chaumier

j'ai du mal à voir les fissures du Temple Monogame dans le fait de mutiplier les relations…

si l'on parlait de diviser l'amour, au lieu de le multiplier, ce serait peut-être déjà +cohérent, (et moins prétentieux accessoirement) ?

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Discussion : [Lexique] Polymonogamie ou Poly-Monogamie

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artichaut

le vendredi 06 février 2026 à 01h58

la question pourrait être : que peut-on faire de ça aujourd'hui ?

comment faire de ce pluriel un aspect d'abord qualitatif et non pas quantitatif ?
ou comment pluraliser non pas l'amour(sous-entendu amoureux), mais les formats relationnels, les types d'interactions ?
autrement dit comment élargir le spectre ?

dépasser non pas l'unicité d'une relation amoureuse (en avoir plusieurs plutôt qu'une), mais dépasser l'unicité de cette forme d'amour qu'est l'amour-amoureux, comme seul ayant le droit de cité, ou a minima toujours en haut du podium

tant qu'on ne fera pas tomber l'amour-amoureux de son piédastal (son socle, même, pourrais-je dire), j'ai l'impression qu'on pourra vainement se débatrre contre le capitalisme et sa récupération outrancière du polyamour, ça ne donnera rien de + que ce qui est déjà là.

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Discussion : [Lexique] Polymonogamie ou Poly-Monogamie

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artichaut

le vendredi 06 février 2026 à 01h43

en reparcourant le site, je me rends comptre que j'avais aussi, il y a 3 ans, questionné le terme multiamour

dans tous les cas c'est toujours ce pluriel (censé s'opposer à l'unicité de la monogamie) qui à mon sens brouille les pistes et cause tant de plantages dans nos histoires.

évidemment que le capitalisme absorbant le polyamour, comme il a absorbé le féminisme (avec des bons et des mauvais côtés), à mis l'accent sur cet aspect quantitatif, qui lui correspond tellement

on est autres que des Dom Juan de l'amour (et des hystériques) qui prétendent mettre de l'éthique dans la mutiplication des petits pains, euh pardon, de l'amour

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Discussion : [Lexique] Polymonogamie ou Poly-Monogamie

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artichaut

le vendredi 06 février 2026 à 01h37

aujourd'hui en roulant en voiture, je me demandais si le terme pluri-monogamie ne serait pas +clair.

combiner plusieurs histoires (de type) monogames, non pas les unes après les autres (monogamie sérielle), mais simultanément.

de même que le concept de monogamie sérielle est venu à une époque pointer les contradictions de la monogamie, de même le concept de pluri-monogamie vient pointer peut-être aujourd'hui certains travers ou angles mort du polyamour…

mes propositions n'ont pas vocation à condamner le polyamour, mais à questionner de quoi on parle réellement ?

et clairement l'ambiguïté lexicale du terme (qui met clairement l'accent sur l'aspect pluriel et moins sur le reste) me semble, avec la mainstreamisation du polyamour il y a 5 ans environ, avoir favorisé les quiproquos entre ce qui est pensé et ce qui est réellement tenté ou mis en jeu

*

ou même monogamie sérielle, et monogamie parallèle

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Discussion : Dis...c'est quoi l'amour ?

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artichaut

le jeudi 05 février 2026 à 00h46

Aki
Certes, il y a eu le romantisme en Europe de l'ouest au XIXème ; mais quid du reste du monde ? Comment la monogamie a-t-elle évolué en Chine, au Congo, au Pérou, etc ? Bref, qui est ce "on" ?

oui la question vaut la peine d'être posée.
le romantisme a-t-il eu l'influence que vu d'occident on peut avoir l'impression qu'il a eu sur le monde ?
quels sont les liens entre les concepts issus du romantisme et le capitalisme ?
etc.

j'ai trouvé cet article Le romantisme , la première mondialisation culturelle qui évoque vite fait le sujet.


Non seulement le romantisme n’est pas mort – c’est évident pour le sentimentalisme chic et glamour qu’il sert à désigner dans le langage international du marketing –, mais il n’est pas exagéré de considérer que ce très vaste phénomène de civilisation, qui, à partir de la fin du XVIIIe siècle, se propage progressivement depuis la Grande-Bretagne et l’Allemagne à travers toute l’Europe et au-delà, est le premier avatar de notre actuelle mondialisation.
(…)
Encore faut-il s’entendre sur le mot. Le romantisme ne représente pas seulement le rêve utopique d’harmonieuse synthèse entre la raison et la sensibilité, entre soi et le monde, entre le spirituel et le matériel – ou encore, pour revenir au cliché actuel, entre l’esprit et le corps, dans le domaine amoureux. Il implique aussi que cette volonté d’harmonie, qui gouverne en effet à notre insu la plupart de nos représentations les plus banales, se matérialise aussi dans les destinées des peuples, en sorte que les individus qui composent les sociétés accèdent à une forme de bonheur commun.
(…)
Et puis il y a le romantisme du cœur, une certaine conception du sentiment et de l’amour, qui grâce au cinéma et à la télévision s’étend au monde entier, et dont on aurait tort de se moquer trop vite, parce que cette considération de l’intime est peut-être l’un des faits les plus significatifs de nos cultures modernes.
(…)
Le romantisme, vu de la façon la plus générale et détachée de ses diverses réalisations historiques, du XVIIIe siècle à nos jours, n’est finalement rien d’autre qu’un mode de vie global, qui concerne tous les aspects de l’existence : la manière de croire, de s’engager, d’aimer, de se distraire, d’imaginer, d’agir… Il n’a pas touché de façon égale tous les peuples ni toutes les classes, mais il n’empêche qu’il est devenu une sorte de norme, si partagée et intériorisée qu’on a fini par la naturaliser, et surtout un langage universel dont on fait dépendre le dialogue entre les cultures : d’où les malentendus et les incompréhensions à l’égard de tous ceux qui sont restés, par choix ou du fait des circonstances historiques, à l’extérieur de ce romantisme globalisé.

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Discussion : Dis...c'est quoi l'amour ?

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artichaut

le jeudi 05 février 2026 à 00h28

Siestacorta
Chaumier ( /!\ PDF)

le lien ne semble pas être le bon…

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Discussion : [Film] [Livre] Les Sentiers de l'Utopie, Isabelle Fremeaux et John Jordan, 2011

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artichaut

le mardi 03 février 2026 à 05h01

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Discussion : [Film] [Livre] Les Sentiers de l'Utopie, Isabelle Fremeaux et John Jordan, 2011

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artichaut

le mardi 03 février 2026 à 04h53

Il s'agit d'un livre-film d'Isabelle Fremeaux et John Jordan
ISBN 9782355220340
Parution 10/02/2011
Nb de pages 318
Dimensions 135 x 198 mm

Le nouveau lien des éditions Zones :
https://www.editions-zones.fr/livres/les-sentiers-...

Le livre a été réédité aux éditions La Découverte :
https://www.editionsladecouverte.fr/les_sentiers_d...

Isabelle Fremeaux mène sa recherche-action en explorant l'éducation populaire et les formes créatives de résistance. Avec John Jordan, elle a fondé le collectif The Laboratory of Insurrectionary Imagination et décidé de changer de vie à la suite de leur périple pour lancer une expérience utopiste en Bretagne.

John Jordan est un artiste-activiste, cofondateur de " Reclaim the Street " et de " l'Armée des clowns". Avec Isabelle Fremaux, il a fondé le collectif The Laboratory of Insurrectionary Imagination et décidé de changer de vie à la suite de leur périple pour lancer une expérience utopiste en Bretagne.


Dans le livre-film Les Sentiers de l’utopie, une chercheuse et un artiste racontent leur périple européen à la recherche de sociétés parallèles, où se réinventent des manières de vivre, à rebours du système productiviste et individualiste.
Jean-Marie Durand - Les Inrocks - 23/02/2011


Table des matières
Note aux lecteurs et aux spectateurs
Camp Climat
Landmatters
Paideia
Marinaleda
Can Masdeu
La Vieille Valette
Cravirola
Longo maï
Zrenjanin
ZEGG
Christiania
Abeilles et archipels
Post-scriptum
Remerciements
Notes

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Discussion : [Film] La grande amoureuse, Martine Asselin, Québec, 2007

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artichaut

le mardi 03 février 2026 à 04h44

Un reportage TV (1') de 2009 sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=-juIpISPMLc

*
52 minutes, documentaire, 2007, Québec
Réalisation: Martine Asselin
Production: Vidéo Femmes en collab' avec Sens Crupule

« Pourquoi serait-il mieux d'aimer une seule personne que plusieurs ? C'est la question que pose Françoise Simpère. Elle nous mène au fil de ses réflexions sur l'amour, la vie, et la beauté des rencontres. Résolument hors normes, « mais tout à fait normale », Françoise partage des bouts de vie et fait réfléchir. Mariée depuis plus de 30 ans, mère de deux enfants, elle a décidé qu'il était possible d'aimer au pluriel. C'est une femme authentique et attachante, dont la manière de vivre en choque certains, en rassure d'autres, mais intéresse à coup sûr, puisque l'amour, après tout, ça intéresse tout le monde. La grande amoureuse, c'est mon voyage vers cette femme dont les idées rejoignent mes questionnements.»
Martine Asselin, scénariste-réalisatrice

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Discussion : [Docu] Les ruses du désir, docu de Gérard Miller, 2011

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artichaut

le mardi 03 février 2026 à 04h37

J'imagine qu'il s'agit de celui-là : https://www.youtube.com/watch?v=s_8N13J6JE8

Chaque couple qui vient de se former repose sur la surestimation des qualités de l'autre : Frédéric Beigbeder, Elie Semoun et Roland Giraud témoignent.

"Les ruses du désir : La tentation"
Réalisé par Gérard Miller
© Morgane x Deux Cafés L'addition - 2011

*
Il n'est pas inutile de savoir que :
Début 2024, plus de quatre-vingt-dix femmes accusent Gérard Miller de comportements déplacés, d'agressions sexuelles et de viols, notamment sous hypnose. En octobre 2025, il est mis en examen pour des viols et agressions sexuelles sur six femmes, dont plusieurs mineures.
(source Wikipédia)

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Discussion : [Docu] Amours plurielles : le nouvel art d'aimer ?, Jessica Decap 2010

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artichaut

le mardi 03 février 2026 à 04h32

Dispo sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=PrG4kqVPtoY

Une coproduction Televista - Pallas Télévision
Un film de Jessica Decap (réalisation, image, son)
Chef monteur : Michaël Vieuille
Mixage : Romain Colonna d'Istria
Production : Sandrine Lefranc et Fiona Barotto
Moyens techniques : Planipress et Télévista
Télévista : Diane Imbault-Huart et Jean-Michel Garnier
Avec la participation du Centre National de la Cinématographie.
© Pallas TV - Télévista 2010

Meta, Marie, Françoise et leurs amours.

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Discussion : [Presse] Polyamour vu dans la presse (fil général)

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artichaut

le mardi 03 février 2026 à 04h10

Siestacorta
(Pas trouvé de fil générique pour ça)

Bon le fil que tu a créé pour "ça", c'est à dire la presse, est très vite devenu un fil un peu fourre-tout.
Le renommer en Media serait +logique que Presse, vu ce qui y est posté.
Il y a déjà un fil Médias (destiné aux journalistes), mais après-tout Médias est un tag, qui au même titre que le tag [Vidéo] peut acceuillir plusieurs fils.

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Discussion : [Presse] Polyamour vu dans la presse (fil général)

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artichaut

le mardi 03 février 2026 à 04h08

Paul-Eaglott
Un documentaire sur Arte.tv qui interroge les raisons de la monogoamie

Merci.
Ça se contente de survoler le sujet, je trouve, mais c'est intéressant quand même, et ça tire les grandes lignes.
Ça permet de prendre un peu de recul (ou de la hauteur).

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Discussion : Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle

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artichaut

le vendredi 30 janvier 2026 à 15h05

il ne me semble pas indispensable d'avoir un mot en commun pour qualifier une relation.
s'il y a une exigence à cet endroit, pour moi c'est révélateur d'autres exigences à clarifier. comme faire exister la relation aux yeux des autres, ou exiger un cadre spécifique que le mot serait censer désigner.
perso, les personnes que j'appelle mes ami·es m'appellent bien comme ielles veulent. j'ai arrêté d'en tenir compte.

mettre un mot sur la relation en elle-même, fait partie des choses qui ne m'intéresse plu. et qui me font déserter cette notion même de relation.

en contexte hétéro, quand c'est le mec qui préfère utiliser un terme censé être moins "engageant", je comprends que ça puisse mettre mal à l'aise (surtout quand il y a de la sexualité partagée) vu que socialement les mecs sont souvent aux abonnés absent en matière de charge mentale.
pour autant, perso, je préfère pas de relation, qu'une relation où je sens qu'on voudrait m'imposer des choses que je ne souhaite pas vivre.

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Discussion : [Podcast] Pourquoi la tendresse devrait-elle rester enfermée dans le cadre de nos relations romantiques ?

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artichaut

le vendredi 30 janvier 2026 à 14h20

Aki
Peut-on écouter ce podcast ailleurs que sur Instagram ?

j'avais oublié le lien, déso
c'est réparé

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Discussion : [Outil] Le spectre de l'amour

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artichaut

le vendredi 30 janvier 2026 à 00h24

Lili-Lutine
Il y a des amours qui m’ouvrent et d’autres qui me contractent
Des amours qui m’augmentent et d’autres qui me font rapetisser

Alors si je devais parler de spectre, ce ne serait pas un spectre des "formes d’amour" mais un spectre des effets du lien sur le vivant

Par exemple :

Il y a des liens qui me donnent plus de souffle où mon système nerveux se détend où je me sens autorisée à être lente, fragile , mouvante

Et il y a des liens qui m’activent en permanence où je suis en vigilance où mon corps se raidit où je dois m’adapter, me contenir , me sur-réguler

Oui.
Et ça prend du temps de faire la part des choses, de se rendre compte de ce qui réellement nous fait du bien (et pas juste nous donne le sentiment temporaire d'être bien) et ce qui ne nous convient pas ou dont le rapport bénéfice/emmerdements est bien trop inégal pour que ça en vaille la peine.

Les injonctions nous incintent à rechercher/accepter des choses dont on n'a pas forcément besoin, voire même qui nous font du mal.
Et aussi nous brouillent le paysage et ne nous font rechercher certaines choses (dont par contre nous avons réellement besoin) que par des voies toutes tracées, mais qui en réalité ne nous conviennent pas, sans imaginer qu'on puisse faire autrement.

Ces voies, ont été élaborées et prônées au fil du temps pour convenir au +grand nombre, mais aussi pour maintenir les privilèges de certaines classes, la morale de telle autre classe, pour maintenir une "paix" sociale (en réalité une hiérarchie sociale, et une gouvernance sinon acceptable, du moins acceptée).

Ce monde est hiérarchique et nos amours le sont toutes pareilles.
Ce monde est régie par la propriété et nos amours sont possessives.
Ce monde est basé sur l'asservissement de certains humains au profit d'autres humains et nos sexualités peinent à être autre chose.

Alors oui il y a un sens politique à faire que chacun·e individuellement on puisse savoir et choisir ce qui nous convient, au delà des normes, au delà des injonctions ou de la morale.
Et sans doute qu'il y a aussi une dimension politique +vaste, +collective, à une échelle +grande qu'individuelle, pour rendre ce monde un peu moins injuste et violent.

Dessiner un spectre, c'est faire l'éloge de la diversité et de la pluralité des possibles.
Refuser certains modèles sociétaux qui fabriquent de l'exclusion, également. Ou qui maintiennent des privilèges.

On est loin du compte, très loin du compte.
Et on se démerde tant bien que mal au milieu de ce palais des glaces.
Le +souvent avec des outils qui ne sont pas les nôtres et qu'on nous a imposés.

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Discussion : Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle

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artichaut

le jeudi 29 janvier 2026 à 23h02

Allyah148
Comment vois-tu ou imagines-tu la non séparation amour/amitié ?

Arrêter de hiérarchiser/différencier/séparer les différentes sortes d'amours.
(ce qui peut paraître contradictoire avec chercher à élaborer le spectre de l'amour, mais en réalité non)

Aujourd'hui, toutes les personnes importantes de ma vie, je les nomme des ami·es (quelque soit ce qu'on vit/partage), et franchement ça fonctionne plutôt bien.
Il faut juste accepter que les gens du coup méprisent un peu ce que tu vis (« ah vous êtes juste ami·es ! »).
Mais d'un autre côté c'est beaucoup +simple et +libre.
Avoir plusieurs ami·es c'est ok. Avoir des ami·es de différents sexe/genre, c'est ok. Être heureux (compersif) pour les joies de ses ami·es (même sans moi, et même si c'est du sexe et/ou de l'amour-"amoureux" qu'iels partagent) c'est ok.
Franchement même pour moi c'est +simple. plu besoin de hiérarchiser quoique ce soit, plu besoin de se promettre la lune, une compersion qui devient +instinctive, des nouveaux possibles qui s'ouvrent qu'on n'avait même pas imaginé…

Et je pourrais les appeler mes "amoureux/amoureuses" (ou n'importe quel autre nom) en milieu poly, ça fonctionnerait aussi.
Mais je préfére "amie·es", c'est +passe-partout, moins de presion, moins prétentieux, moins sujet à quiproquos, +simple, etc.
Le +dur c'est peut-être soi-même d'arrêter d'attacher une quelconque importance à certains de ces termes, et à cette différentiation stigmatisante.
Reléguer aussi certains mots/concepts/injonctions (amour-amoureux, sexualité et autres scripts giga-normés) à de simples contingences ou options facultatives, pour redonner de la valeur à ce qui à mes yeux compte vraiment : l'amour (au sens large du spectre), la tendresse, la solidarité.

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