L'amour-amoureux, cette pathologie miroir
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artichaut
le samedi 27 décembre 2025 à 14h44
[avertissement : ce qui va suivre est une proposition théorique sans récit personnel. je sais que certain·es aime ça, et d'autres non (ou moins).
j'envisage d'en écrire le pendant : le récit personnel de mon rapport à l'amour-amoureux (qui sans doute viendrais expliciter comment j'en arrive là). pour l'instant il n'est pas écrit, mais je le mentionnerais ici, si ça advient et chacun·e pourra alors lire ce qu'iel préfère.]
ça fait un moment que je tente —nottament sur ce forum— de modéliser quelque chose autour de l'amour-amoureux ("romantisme" comme disent certain·es à partir d'un dispensable et anachronique angliscisme). quelque chose que je ressens et que je ne parviens pas toujours à exprimer avec les mots justes. quelque chose en tout cas qui me fait m'en méfier depuis longtemps (même si les raisons et ma défiance ont beaucoup évoluées au cours du temps).
en réalité je ne suis pas certain si je vais parler de l'amour-amoureux dans toute sa palette, ou simplement de la NRE, cette intensité particulière lié aux débuts des rencontres amoureuses. mais même si ce n'est que cette dernière, ça me semble faire sens, car j'ai l'impression qu'en tant que génèse de la suite, elle est cause de beaucoup de malentendus, d'invisibilisations des enjeux réels, et des emballement/déconvenues à venir… et qu'elle structure de fait l'amour-amoureux, elle en est son essence, son carburant, et son modèle idéalisé.
qu'est-ce qui différencie l'amour (que l'on trouve notamment en amitié et en parentalité) de l'amour-amoureux ? chacun·e à ses réponses : le fait qu'il y ai du sexe, une intensité particulière, un désir de fusion, une envie irrépréssible de tout le temps être avec l'autre, les papillons dans le ventre…
beaucoup —même parmis les+ critiques de la monogamie— disent aimer ça. aimer les jeux de séduction qui y mène. aimer le shoot d'ocytocine, le regain de confiance en soi, le bienfait au moral, le boost d'ego, etc.
"tomber amoureux/amoureuse" est comme accomplir une mue, renaître à soi-même, retrouver de la joie de vivre, de l'envie d'entreprendre, de l'ouverture au monde.
Mon hypothèse, — que l'on trouve certes de ci, de là, dans des livres de psychologie, ou des réflexions de personnes concernées… mais à mon sens jamais assez approfondis — est que l'amour-amoureux ne serait rien d'autre qu'une pathologie miroir (ou une pathologie du miroir, un genre de pathologie narcissique).
Qu'est-ce que j'entends par là ?
Que ce qu'on nomme amour-amoureux est un amour que l'on croit dirigé vers l'autre mais qui est en réalité un amour dirigé vers soi (et qui à en définitive bien peu à voir avec l'autre). est une tentative inconsciente voire desepérée de s'aimer soi à travers l'autre. tentative innassumée et innasummable car non comprise comme telle.
Certain·es diront peut-être que je réinvente l'eau chaude, que j'énonce des évidences, des banalités. Mais c'est peut-être car on s'arrête là et qu'on ne prend pas la peine d'en tirer les conclusions qui à mon sens s'imposent.
Pouquoi faire ce constat ? à quoi ça sert ? qu'est-ce que ça apporte ?
J'ai le sentiment que ça apporte de la compréhension des enjeux, des mécansimes et de la clarté sur nos difficultés ou nos échecs.
les papillons dans le ventre…
ça se passe dans notre bide, dans notre corps
ça devrait être un énorme indice que ça nous concerne nous, et que ça n'a rien à voir avec l'autre !
la jalousie
si l'on est dans la croyance que l'autre (et pas seulement l'image qu'on se fait de l'autre) fabrique cet amour-amoureux en nous, et tout ce qu'on peut constater comme "effet positifs" sur nous-même (notre corps, notre mental), alors tout d'un coup l'idée que l'autre puisse disparaître, même momentanément (soupçon réel ou fantasmé d'infidélité conjugale, peur d'être remplacé·e) devient absolument inentendable, et on peut effectivement avoir l'impression que le sol s'effondre sous nos pieds.
c'est comme si on te donne un talisman en te disant "tiens ta joie de vivre est contenue là-dedans" et qu'à un moment on te l'enlève. tu ne peux que t'effondrer.
la sexualité…
partager du bon sexe, nous fait du bien au corps et à l'âme. alors oui, vu comment on nous présente l'amour-amoureux, quand ça nous arrive de partager du bon sexe, on se croit facilement amoureux-amoureuse. et on peut facilement croire avoir besoin de l'autre pour maintenir cet état de félicité.
le manque, la dépendance
l'amour-amoureux fonctionne comme une drogue, normal qu'on devienne rapidement accroc et qu'on ai du mal à faire sans. mais on n'est pas accroc à l'autre, de même qu'on n'est pas accroc à son dealer, on est juste accroc à un produit (au sens de ce qui est produit par)
les exigences, les attentes
puisqu'il nous semble que l'autre peut produire de tels effets sur nous, on en veut toujours plus, comme avec notre dealer.
de surcroît on a le sentiment de donner (par exemple en disant "je t'aime") ou d'être (amoureux/amoureuse) et pas tant d'avoir, de recevoir.
c'est pourtant bien dans l'avoir, dans le recevoir (voir dans le donnant-donnant, pas toujours explicite, ni explicité) que se jouent les attentes.
regarder mieux la valeur de ce qu'on reçoit déjà (de soi à soi) dans ce lien fantasmé à l'image de l'autre, nous permettrait peut-être de nuancer nos exigences. ou du moins à mieux les expliciter. par exemple : c'est pas parce que je suis amoureux/amoureuse que j'ai des attentes, mais car je te donne que je veux recevoir.
l'aveuglement
on ne se rend pas compte qu'on s'aime d'abord soi à travers l'autre. on croit aimer l'autre.
- on croit vivre de l'amour, voire passer des contrats d'amour, alors que les dés sont faussés dès le départ
- on ne voit pas tout ce qu'on reçoit déjà, on pense que c'est juste "la magie de l'amour"
- on se croit légitime à exiger des choses sans voir le contre-sens que pourtant ça fabrique (si j'aime réellement l'autre, je ne veux rien d'autre de lui/elle que son bonheur)
- on est tellement ancré·e dans nos idées ou ressentis sur l'amour qu'il est très difficile d'envisager les choses autrement, on se fourvoie et on finit presque toujours dans le mur
Tout prend tout de même tout d'un coup beaucoup de clarté quand on regarde les choses sous cet angle. Y compris dans les remèdes.
remède à la Jalousie : prendre soin de soi, par soi-même. se donner de l'attention, etc.
J'y vois aussi un truc d'honnêteté, vis à vis de l'autre et vis à vis de soi-même.
Voir les endoits où réellement je suis en train d'aimer l'autre, de vouloir son bien, etc.
Et voir les endroits où sans m'en rendre compte, je suis juste en train de (chercher à) m'aimer moi-même.
Aparté : On pourrait être tenté ici de faire un parallèle entre l'amour-sentiment et aimer-verbe_d'action, et de hiérachiser en amour, l'action sur le sentiment, mais je ne m'y risquerais pas, car
- de même que dans le sentiment il peut y avoir amour sincère de l'autre (disons de type amour-amitié), ou amour de soi déguisé en amour de l'autre (l'amour-amoureux) ;
- de même dans l'action, dans le don-d'amour, le prendre_soin etc, il peut y avoir un don sincère et désintéressé (altruisme) ou un don utilitariste (d'auto-valorisation, ou de logique non explicite de donnant-donnant avec attente de retour sur investissement) pas forcément conscientisé.
Donc l'un comme l'autre —sentiment ou action— peuvent être ce qu'ils prétendent être, mais peuvent tout aussi bien être des leurres à soi-même et à l'autre, si l'on ne prend pas émminemment conscience de ce qu'ils sont (et si on ne les explicitent pas pour ce qu'ils sont).
J'ai le sentiment, par cette tentative de modélisation, de ne faire qu'entr'ouvrir une porte qui récèle vraiment beaucoup, mais que pour la plupart —même chez les +déconstruits— on ne veut pas voir, ou en tout cas on ne veut pas fouiller trop loin.
J'ai le sentiment que pour embrasser la vastitude de l'étendue que ça ouvre, et les potentiels à plein de niveaux, ça demande d'accepter de prendre de la distance avec des certitudes ancrées en nous par quelques siècles (même si ce n'est que 3 ou 4) d'apologie amoureuse systèmique monogame. mais aussi de prendre de la distance avec ce que l'on pense être des réactions corporelles/émotionnelles nous appartenant, alors qu'elles sont tout autant socialement construites.
admettre que tomber amoureux/amoureuse est un fake… que l'on se ment à soi-même et à l'autre… et que l'on cherche en réalité à s'aimer soi, presqu'en utilisant l'autre… est un pas qui n'est pas facile à faire.
mais quel pas ! et quels horizons s'ouvrent alors !
ça donne presque un peu le vertige.
mais un vertige, putain d'enthousiasmant, je trouve.
et dont on a sans doute pas fini d'en mesurer les imbrications, les ramifications et les conséquences.
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artichaut
le mercredi 31 décembre 2025 à 07h04
Petite réflexion du matin sur les injonctions genrées. Et qui vient nourrir/prolonger le texte ci-dessus.
En tant qu'homme (personne construite socialement comme homme) on vit une injonction au sexe, à la sexualité. faire le 1er pas. multiplier les conquètes. Pécho. surtout : pénétrer. et on est validé à l'aune de ce qu'on réussira ou pas sur ce plan. marqueur de la virilité si l'en est.
…et une des grosses conséquences, c'est qu'on pense les interactions/relations comme des conquêtes et l'autre comme un territoire (sexuel) à conquérir.
une autre grosse conséquence c'est qu'on galère beaucoup avec le consentement (le sien, celui de l'autre).
J'ai le sentiment qu'en tant que femme (personne construite socialement comme femme), on vit une injonction a l'amour-amoureux.
et si l'on considère que l'amour-amoureux est une pathologie miroir, que penser d'une telle injonction quand on sait par ailleurs que vivre dans ce monde en tant que femme, c'est subir dès le +jeune âge des assauts répétées de dévalorisation. être moquée, diminuée et sans cesse rabaissée à son genre, considéré comme faible, inférieur, etc. (même si culturellement ça bouge un peu, avec le féminisme mainstream).
D'un côté tout est fait pour que je n'ai pas confiance en moi (si le manque de confiance en soi n'est pas une caractéristique féminine en soi, il est clairement sur-représenté dans le genre féminin). De l'autre je subis une injonction m'incitant à rechercher un amour que je croit dirigé vers l'autre mais qui est en réalité un amour dirigé vers moi, comme une infinie et perpétuelle aliénation de moi-même.
En quelque sorte l'injonction "féminine" à l'amour-amoureux (hétéro mais pas que) est le pendant le l'injonction "masculine" à la sexualité (hétéro mais pas que).
ces deux injonctions nous incitent à se mettre la pression à soi-même et à mettre la pression à l'autre.
et ont des conséquences désastreuses dans nos interactions et nos liens affectifs. notamment en matière de consentement sexuel et de consentement relationnel.
Et je me dis que la recherche de la sexualité est aussi un genre de pathologie miroir.
Dans les deux cas (sexualité ou amour-amoureux) il s'agit de rechercher quelque chose qui flatte notre ego, qui nous valide. notamment dans nos construction genrées, mais pas que.
Ainsi la RAS (relation sexuelle et amoureuse) serait une double pathologie miroir. s'activant +particulièrement dans le registre amoureux ou sexuel selon notre genre, mais s'activant aussi dans l'autre.
Ce qui produit un sacré package explosif, qui à la fois nous sur-valide socialement (la valeur 'en couple' en rajoutant encore une couche), à la fois nous aliène totalement et nous empêche de comprendre les mécanismes en jeu, à la fois est une fabrique à quiproquo et malentendus générant d'infinis conflits à venir.
On croit chercher le bonheur (amoureux et/ou sexuel) quant en réalité on cherche juste à flatter notre ego et à se faire valider.
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artichaut
le mercredi 31 décembre 2025 à 07h23
Comment on se désaliène de tout ça ?
Je ne sais pas. Mais dans un 1er temps je dirais :
- quitter l'amour-amoureux pour l'amitié
- quiter la sexualité pour la tendresse
défocaliser de la RAS
refocaliser sur des interactions moins egocentrées, moins pathologiques
ça ne veut pas dire ne plu jamais vivre d'émotion ou de coprs intense.
mais ça veut dire déplacer le curseur. et l'ordre des priorités.
redescendre d'un cran.
ralentir.
arrêter de sauter dans le vide, à la moindre occasion d'amour et de sexe.
arrêter de penser notre vie à l'aune de ces validations.
arrêter de chercher sans cesse à créer de telles occasions et arrêter d'activer le mode frustration quand ça ne fonctionne pas ou plu.
prendre du temps pour soi.
réinventer d'autres façon d'interagir à+que1.
que se passe t-il quand on ne cherche pas en permamence à se faire valider ?
que se passe t-il quand on arrête de mettre la pression : à l'autre, aux autres, à soi-même ?
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Aki
le samedi 03 janvier 2026 à 14h24
En fait, tu proposes de ne plus "tomber" amoureux mais de décider d'être amoureux, c'est bien ça ?
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Allyah148 (invité)
le mardi 06 janvier 2026 à 19h50
Merci pour cette intervention que je trouve très intéressante.
En me documentant sur le couple : libre/polyamour, le très classique couple monogame (notamment en cas d'infidélité) je pense avoir tiré des conclusions dans le même esprit.
Je suis en couple depuis 20 ans maintenant et même si j'ai fait de belles rencontres amicales ou professionnelles depuis que je suis avec mon mari, je n'ai jamais eu le besoin ou l'envie d'une nouvelle relation amoureuse. Je me suis dit mince peut être que je passe à côté de quelque chose, peut être que je suis bizarre, pourquoi ça ne m'intéresse pas les nouvelles rencontres dans le cadre amoureux ? J'ai donc demandé à des personnes concernées de m'expliquer leurs ressentis, ce qui pouvait les attirer, ce qu'elles retirent des nouvelles relations. Et effectivement beaucoup de motivations en lien avec le fait d'être validé, vu, apprécié... ce qui flatte l'égo quoi. Pas que bien sûr, mais on retrouve un fil conducteur.
Un shoot de confiance en soi, ça ne fait pas de mal c'est certain et on peut comprendre pourquoi certains adorent ça, se précipitent même, mais comment faire évoluer positivement une relation commencée dans ce contexte ? Pour du long terme ça me semble compromis, après on peut prendre ce qu'il y a à prendre à l'instant T et advienne que pourra.
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Tiao88
le vendredi 09 janvier 2026 à 16h19
Cela me paraît difficile, d'un point de vue personnel, de transiger sur mes exigences car elles sont reliées à mes limites. Exemple : je ne supporte ni le mot ni le concept qui se cache derrière l'expression "plan cul". Il est donc hors de question d'avoir une relation avec quelqu'un étiquetée ou qui me considère comme ça. J'ai besoin donc j'exige "plus" au sein d'une relation quelle qu'elle soit (ou autrement car le "cul" n'est pas pour moi l'unique raison d'une relation même si il peut en faire partie).
Par contre mes attentes ou mes envies, ça, ça peut peut-être se travailler un peu. Même si au départ j'avais pas l'impression d'avoir des attentes/envies/besoins démesurés mais quand je vois comment les gens se comportent et les états dans lesquels ça me met, par moment j'ai l'impression que je suis/demande/(donne ou voudrais donner?) "trop". D'où des tentatives d'explication/expression à certaines personnes de mes besoins et de mes limites.
Mais j'aurais forcément des attentes dans une relation, sinon, ça n'est pas une relation et que je me fous totalement de la personne en face.
Quant à l'altruisme pur, j'ai l'impression que c'est un leurre. Au fond, quand on fait une action altruiste, c'est parce que ça correspond à nos valeurs, que ça nous permet de nous regarder dans le miroir avec approbation. Sinon, on ne le ferait pas, si ça ne parlait à aucune facette de nous mêmes...
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Astogue
le mardi 13 janvier 2026 à 10h23
J'ai l'impression que tu mets en avant surtout le "premier" amour que l'on ressent pour l'autre, la découverte de l'autre. Le moment où on est dans l'idéalisation de l'autre et la projection de cet effet "miroir".
Oui, le début est chimique d'où la NRE qui peut amener à faire n'importe quoi. L'aveuglement, le besoin constant de voir l'autre parce qu'on est en manque du shoot chimique que cela nous procure. Cela dure un certain temps... Mais une fois ce temps passé, on passe dans une autre forme d'amour selon moi.
Un amour plus posé, tendre, qui n'a que peu de concessions à faire parce que la connaissance de l'autre dans ses qualités et ses défauts commence à être entière et donc il n'est plus question de cacher ses ressentis, d'idéaliser. C'est un temps où l'amour tendre prime. Sans bousculades, sans précipitation.
Je ne suis pas une adepte de la précipitation dans mes relations y compris les nouvelles, je me suis rendue compte que c'était très anxiogène pour moi. Alors, oui, il y a un peu de NRE et c'est normal mais, foncer à toute allure, se voir tous les jours, découvrir l'autre à 100 à l'heure... Très peu pour moi. Si t'as pas le temps de prendre le temps, je considère ne pas être compatible avec la personne. Je n'aime pas être forcée ou que cela aille trop vite (ce qui revient au même pour moi).
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artichaut
le mardi 13 janvier 2026 à 12h41
Astogue
J'ai l'impression que tu mets en avant surtout le "premier" amour que l'on ressent pour l'autre, la découverte de l'autre. Le moment où on est dans l'idéalisation de l'autre et la projection de cet effet "miroir".
Oui c'est possible. Je me suis d'ailleurs posé la question (au début du texte).
Astogue
Mais une fois ce temps passé, on passe dans une autre forme d'amour selon moi.
est-ce encore de l'amour-amoureux ? quelle différence avec une amitié intense ? perso je n'en vois pas (autre que fantasmée, construite par la NRE justement, construite avec des projections des attentes des exigences moins présentes en "amité classique" etc).
quelle est la place de l'ego dans l'amour-amoureux non-amitié ?
il y a t-il quelque chose, un espace d'amour, entre l'amour-amoureux et l'amitié ?
qui fait dire à des couple "mon amoureux/amoureuse est mon/ma meilleur·e ami·e" (on se passerait du terme "meilleur·e" de nature très monogame, mais qu'importe ici)
qui fait dire (ou surtout penser) "je t'aime" a des ami·es.
etc
et si cet espace existe, comment le vit-on ? qu'y met-on ?
(j'imagine que c'est variable et propre à chacun·e)
en terme d'ego, en terme d'altruisme, en terme de script amoureux ou amicaux, en terme de compersion, etc ?
il y a t-il du sens à venir creuser dans cet espace ce qui relève de l'amour-amoureux et de l'amitié ? etc
j'ai l'impression qu'on manque de modèle et aussi de compréhension de comment ça fonctionne, donc de capacité à faire des choix au sein de ce no man's land, de ce purgatoire(?), de ce vaste espace si peu défriché, même par nous autres, les "poly", les "déconstruits", les "hors-du-cadre"…
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Astogue
le mardi 13 janvier 2026 à 13h32
est-ce encore de l'amour-amoureux ? quelle différence avec une amitié intense ? perso je n'en vois pas (autre que fantasmée, construite par la NRE justement, construite avec des projections des attentes des exigences moins présentes en "amité classique" etc).
quelle est la place de l'ego dans l'amour-amoureux non-amitié ?
Pour moi, cela reste de l'amour-amoureux. La différence est placée à l'endroit que tu le souhaites dans le sens, où tu ne fais pas la même chose avec ton amour-amoureux et ton amitié intense, il va y avoir des nuances. Que ce soit dans tes actes, ton intimité, tes ressentis, tes comportements.
L'ego prend toujours une place plus ou moins importante, c'est inévitable, à nous de naviguer de manière la plus juste et en phase avec nos valeurs, tout en composant avec notre ego.
il y a t-il quelque chose, un espace d'amour, entre l'amour-amoureux et l'amitié ?
qui fait dire à des couple "mon amoureux/amoureuse est mon/ma meilleur·e ami·e" (on se passerait du terme "meilleur·e" de nature très monogame, mais qu'importe ici)
qui fait dire (ou surtout penser) "je t'aime" a des ami·es.
etc
et si cet espace existe, comment le vit-on ? qu'y met-on ?
(j'imagine que c'est variable et propre à chacun·e)
en terme d'ego, en terme d'altruisme, en terme de script amoureux ou amicaux, en terme de compersion, etc ?
Il y a ici beaucoup de concepts à détailler. Je vais essayer de lancer un peu des pistes de réflexions sans trop m'avancer. Je participe régulièrement à des cafés poly et nous sommes plutôt nombreux à voir l'amitié et l'amour sur un spectre, ce qui nous permet d'être moins sur l'idée d'une case, une étiquette. Donc, oui, certaines personnes peuvent se retrouver sur le spectre entre amour et amitié, mais ça ce sont, comme tu le dis, des choses propres à chacun.
Il n'y a pour moi, besoin de nommer une forme de relation que si c'est une demande par des personnes extérieures ou les personnes qui forment la relation. Quand je parle d'une de mes relations, je fais en sorte de savoir en amont, comment je peux la présenter sans qu'elle ne soit mal à l'aise avec le mot utilisé. Si la personne extérieur ne le comprend pas, le cas échéant j'explique ou non.
Le problème principal n'est pas tellement les scripts, la compersion, les ressentis, mais le fait que la société nous pousse à mettre des étiquettes sur les relations qu'on vit et à nous dire ce qui entre dans la case "Cette personne est mon amie", "Cette personne est amoureux-se", "Cette personne est mon sex-friend", etc. En fait, cette personne (peu importe la relation que j'ai avec) est là, avec moi, parce que je l'apprécie. Et oui, la société peut conditionner cette relation comme étant XY parce que je fais X choses avec elle, et que de fait, les autres comprennent que pour moi, elle représente X.
j'ai l'impression qu'on manque de modèle et aussi de compréhension de comment ça fonctionne, donc de capacité à faire des choix au sein de ce no man's land, de ce purgatoire(?), de ce vaste espace si peu défriché, même par nous autres, les "poly", les "déconstruits", les "hors-du-cadre"…
Il est à nous de créer ce que bon nous semble en termes de relations, étant donné que nous sommes déjà hors-cadre, je ne vois pas ce qui nous empêcherait de dire "je te présente Truc, c'est mon amireux", "qu'est-ce qu'un amireux ?", "hé bien pour nous, c'est une amitié où nous avons des sentiments amoureux mais cela n'implique pas de sexualité". (j'ai inventé, c'était juste pour avoir un exemple plus concret)