Polyamour.info



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Liens entre polyamour et genre

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LuLutine

le mardi 03 janvier 2017 à 17h15

gdf
je n'irai pas jusqu'à dire que quiconque se soit approprié le polyamour.

Ce serait en effet très exagéré, et il me semble en effet que le concept a plutôt tendance à se répandre, à être à la portée de plus en plus de personnes (y compris de minorités qui ont besoin d'un cadre sécurisant - on utilise souvent le mot "safe" - et quand on met dans la balance d'un côté le très léger inconfort des personnes dominantes lié à ce cadre safe et de l'autre l'oppression subie par les minorités en l'absence de ce cadre, y a pas photo).

Chacun-e peut s'approprier le concept (tant qu'il s'agit de relations non-exclusives consensuelles et éthiques bien sûr) et c'est une bonne chose !

Je n'ai pas la possibilité de répondre plus longuement à cette discussion pour le moment (je n'ai pas encore tout lu d'ailleurs, je suis quasi sûre que la réponse de Dieu est géniale) mais je le ferai peut-être plus tard.

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lstelie

le mardi 03 janvier 2017 à 18h14

gdf
Dès qu'on parle de genre, on risque de virer au troll...

Bonjour @gdf Je me méfie du mot magique de troll parce que comme en son temps le point Godwin c’est un moyen facile de couper court à une discussion en pré-disqualifiant tout ce qui pourrait être dit ensuite.

Ma démarche ne se veut pas ni critique ni agressive, c’était même la phrase introductive de mon message initial, j’ai un besoin (maladif on peut le dire) de comprendre (ou disons d’en avoir la sensation, parce que comprendre..) le monde qui m’entoure et particulièrement ce qui m’intéresse et que je découvre.

On ne s’en rend peut être pas compte lorsqu’on gravite dans ce milieu depuis longtemps, mais lorsqu’on déboule dedans, l’association entre questions de genre et polyamour est évidente et je ne connais pas d’autre milieu, politique, social etc. ou ce soit le cas (je peux me tromper et je serai intéressé d’avoir des infos sur d’autres domaines complètement distincts des questions de genre ou cette question de genre est néanmoins omniprésente).

La réponse de @Dieu (que je salue au passage, dans mon pseudonyme le «  l » c’est l’initiale de mon prénom, Luc et le St suivant est la première partie de mon nom de famille «  Saint »… que mon chef suprême me réponde, c’est cool :-) ) la réponse de @Dieu donc, est la meilleure illustration possible de mon questionnement initial.
Personne, pas moi en tout cas, ne remet en cause, les tourments que peuvent connaître les gens qui ont des problèmes de genre. En revanche il est intéressant de voir surgir cette plaidoirie en réponse à une question sur les rapports entre genre et polyamour.

Mon questionnement était simple :

1) pourquoi : j’ai eu une réponse partielle
2) depuis quand : a priori depuis 2014 (voir le message de @je-suis-une-princesse )
3) est-ce local ou global ? A priori ce serait plutôt hexagonal (d’après votre message)

gdf
On est pas obligé de lire les fils qu'on aime pas. On est pas obligé d'aller aux cafés poly, et si on trouve que ceux qui sont organisés ont trop de règles on peut toujours en organiser soi même.

Là en revanche nous sommes en désaccord profond.
Les gens qui sont de mon avis m’intéressent peu, ils ont plutôt tendance à m’ennuyer, ce sont les autres qui m’intéressent, ceux qui ne pensent pas comme moi.
Renoncer à lire quelque chose parce que je ne l’aime pas.. jamais. Lire quelque chose que je n’aime pas (en l’espèce d’ailleurs, c’est plus quelque chose que je ne comprends pas que quelque chose que je n’aime pas) est fondamental pour moi.
L’entre soi c’est cool, ça flatte le narcissisme ok ok.. mais on y apprend pas grand-chose (si ce n’est qu’on est bien entre soi).
Se confronter aux idées/actions/paroles de ceux avec lesquels on est pas en phase, c’est ce qui rend les choses intéressantes, c’est là qu’on apprend des trucs, à minima c’est là qu’on gigote un peu ses certitudes.
Ce qui me fait assister aux cafés poly (outre le fait que parfois certaines prises de paroles sont vraiment intéressantes) c’est que je ne comprends pas ce qui s’y passe, ce qui me fait lire certains fils qui me semblent loin de moi c’est précisément qu’ils me semblent loin de moi et du coup me font regarder parfois différemment ce qui me paraissait évident.

Luc

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Anarchamory

le mardi 03 janvier 2017 à 19h10

Rebonjour Luc,

lstelie
Bonjour et merci de cette longue réponse sur un sujet qui m’interpelle beaucoup

Sur quelles données est basée la première partie de cette affirmation (une légère surreprésentation de personnes transgenres parmi les polyamoureux-ses). Je veux dire, parlons-nous là d’une surreprésentation des personnes transgenre sur la population globale estimée des polyamoureux ou bien une surreprésentation chez les gens qui pratiquent les forums internet (ou les cercles physiques comme les cafés poly) ?

La différence n’est pas anodine.
Dans le premier cas cela voudrait dire comme je l’avais évoqué dans un message précédent que contrairement aux « amours pluriels » qui ont été un phénomène largement générationnel transcendant les genres, les classes sociales, etc.. le polyamour ne serait pas une déconstuction des schémas relationnels traditionnels, mais un sous-produit original de dispositions psychologiques particulières (ou de positionnements de genre spécifiques) ..

Je base mon estimation sur les personnes que je côtoie virtuellement ou réellement parmi les polyamoureux-ses.

A vrai dire, je pense que l'étiquette « polyamour » c'est un peu tout ça. Il y a un aspect déconstruction des schémas relationnels traditionnels ; et il y a un aspect sous-produit original de dispositions psychologiques particulières. Ces deux aspects étant relativement indépendants l'un de l'autre (pour les « positionnements de genre spécifiques », je ne vois pas trop ce que vous voulez dire et le lien avec le polyamour en tant que tel). J'ai d'ailleurs écrit un article à ce sujet si ça vous intéresse.

lstelie
La science et le droit (la mécanique et la physique aussi etc...) mais là précisément on ne parle pas de science ou de technologie sous un angle scientifique mais d’humain (de relation amoureuse en l’espèce).

Non la terminologie que vous contestez n'est pas relative aux relations amoureuses mais à la transidentité. Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas aborder scientifiquement l'être humain. Je vous ai mis quelques articles scientifiques qui confirment l'existence d'un spectre d'identités de genre assez complexe ainsi que l'importance de s'abstenir de cisnormativité en présence de personnes transgenres.

lstelie Je ne partage pas (mais ça c’est mon problème, un point de vue très personnel lié au fait que si je ne suis pas transgenre, je suis à moitié noir et dans des conditions familiales compliquées et que les questions de « discrimination par le nommage » me sont chères) la vision de l’utilité d’une segmentation à l’extrême réécrivant les systèmes de nommages existants quitte à les figer dans le marbre.

Ce n'est pas figé dans le marbre, mais j'y reviendrai. Réécrire les systèmes de nommage existants fait partie d'une stratégie politique dont j'ai appris récemment qu'elle portait un nom : l'essentialisme stratégique. En gros, l'idée c'est qu'assumer provisoirement une essence pour les opprimé-e-s peut être un moyen politique de lutter contre l'essentialisme.

lstelie
À la limite que je ne la partage pas est anecdotique, ce qui m’intéresse, c’est que je ne la comprends pas. En ce qui me concerne, le qualificatif « d’homme » ne présume pas de mes préférences sexuelles, lesquelles sont susceptibles de changer, de ma position vis a vis de mon genre, je ne suis pas à l’abri d’une prise de conscience tardive etc. tandis que si j’ai bien suivi « cisgenre » m’étiquette une bonne fois pour toute.

Vous avez mal compris. Le genre est une construction sociale (principalement) à laquelle l'individu peut adhérer ou opposer plus ou moins de résistance. Mais c'est une dynamique, et le fait d'être plutôt situé vers le pôle « adhésion » à un moment de votre vie ne veut pas dire que vous ne rejetterez pas cette construction sociale à un autre moment de votre vie, en fonction de votre développement individuel, de vos expériences de vie, etc.

lstelie Là nous sommes au coeur de mon questionnement.
Pourquoi « forcément » ?

Outre le fait que je réfute avec vigueur la sur-étiquette « cisgenre » (pour les raisons que j’ai expliquées juste au dessus), cette affirmation introductive « forcément vu que tu es une personne cisgenre » implique qu’on ne peut reconnaître/ comprendre/éprouver de l’empathie pour /respecter etc. que ses identiques, je n’ai pas une confiance immense en l’humain, mais quand même même suffisante pour espérer que ça n’est pas le cas.

Non, ce n'est pas ça que j'ai voulu dire. On peut fort bien éprouver de l'empathie pour quelqu'un-e, mais c'est encore différent que d'expérimenter soi-même ce qu'iel vit. Mon point est le suivant : la perspective en première personne donne accès à des informations, des émotions, des ressentis, des expériences, etc. dont une perspective en troisième personne nous prive. Un homme cisgenre, par exemple, peut fort bien être empathique —et j'espère qu'il y sera— vis-à-vis de la grossesse de sa compagne ou d'une de ses compagnes, mais il n'aura pas accès à l'expérience intime du fait d'être une personne enceinte. Sur un plan sociologique, il y a également ce genre d'incommunicabilité car le fait d'être perçu-e comme autre chose d'un homme cisgenre hétéro blanc va modifier le rapport que va entretenir la société avec nous, et c'est une expérience que ne connaitra pas en première personne un homme cisgenre hétéro blanc. Lui devra se contenter d'écouter, de réfléchir, d'être empathique, etc.

lstelie Je ne conteste pas le moins du monde (bien que putativement « cisgenre ») ce déroulé du ressenti des personnes transgenres. Il est intéressant, pertinent et éminemment respectable, mais justement (et c’était le titre de mon message initial) quel rapport avec le polyamour ?

Il n'y a pas de rapport avec le polyamour, hormis peut-être au niveau du respect et de la bienveillance qui forment un socle de ce mode relationnel.

lstelie Ce paragraphe pourrait avoir exactement la même pertinence si nous parlions d’une réunion syndicale d’apiculteurs.

Tout à fait. Je pense qu'il serait bon de demander les pronoms de chacun-e dans toutes les occasions de la vie, et pas seulement en café poly...

lstelie Par ailleurs, encore une fois la question du « monsieur » ou « madame » récurrent et inapproprié dans un café poly...j’ai vraiment dû assister à des éditions très exceptionnelles..parce que vraiment je ne vois pas.

Dans le même esprit et pour continuer sur ce qui me caractérise moi (je ne sais pas si je serai « cisgenre » toute ma vie, en revanche , je serai a moitié noir toute ma vie) je n’ai jamais entendu personne évoquer, dans un cercle polyamoureux (physique ou électronique) comment est-ce que je préfère que l‘on fasse allusion à ma couleur (*) si d’aventure la question se posait (laquelle évocation soit dit en passant, n’est pas infiniment moins probable, dans un café poly, qu’une interpellation délibérée par un pronom inadapté en lieu et place du prénom que l'interpelé est prié de donner lors de sa prise de parole).

Le pronom à utiliser pour s'adresser à quelqu'un-e ne se devine pas selon son apparence (c'est d'ailleurs le principe de la transidentité), or il est utile pour communiquer (si on veut faire référence, dans un débat, à ce qu'a dit un-e autre intervenant-e, on risque de faire des phrases du type : « Untel a dit qu'il préférait blablabla... ».
La couleur ça se voit, et je n'arrive pas à imaginer une situation communicationnelle où il serait utile de la connaître. Mais je ne demande pas mieux que d'apprendre.

lstelie Pour ce qui est de mon étonnement devant un appel à la haine et au mépris, comme vous l’indiquiez, les mots un un sens, j’ai repris la définition du Larousse « Qui éprouve du mépris, voire de la haine, pour les femmes ; qui témoigne de ce mépris. » qui s’applique bien entendu également à son pendant misandrie.

Faut les prendre avec circonspection les définitions du dico. Elles sont le reflet de la pensée dominante... Par exemple, d'après le dico, l'anarchie c'est juste l'absence d’État, alors qu'en vrai et historiquement, ça va plus loin que ça...

lstelie La charte du groupe FB que ce citais est suffisamment longue et détaillée sur l’extrême importance de la terminologie pour évacuer toute possibilité d’interprétation basée sur l’humour....

Euh, comment dire ? Je vous ai dit que c'était moi le créateur du groupe ! Je répète : c'est moi le créateur du groupe. Aller, encore une fois : je suis le créateur de ce groupe :) Donc merci mais je pense être mieux placé que vous pour donner l'interprétation correcte de cette mention... Par ailleurs, ce n'est pas incompatible avec l'extrême importance de la terminologie, car ça n'a juste rien à voir : d'un côté on a une terminologie qui qualifie des identités opprimées (genderqueer, non-binaire, etc.), et c'est important de les respecter pour ne pas faire de l'invalidation ; de l'autre on a une terminologie qui qualifie des attitudes (potentiellement défensives) à l'encontre des classes oppresseuses. Après, je ne dis pas que c'est bien ou mal dans l'absolu. Dans un monde idéal, les blagues cismisandres seraient inutiles et les blagues misogynes seraient indolores. Mais on ne vit pas dans un monde idéal, justement.

lsteliesauf.. et on reboucle là sur mon interrogation initiale concernant l’omniprésence des questions de genre dans les cercles traitant du polyamour, si ces groupes FB sont prioritairement des groupes concaténant des personnes concernées par des questions de genre et par ailleurs, mais de façon secondaire, polyamoureuses. Dans ce cas là effectivement, la remarque serait drôle voire pleine de sens.

Ben justement, j'ai créé ce groupe safe parce que je voyais bien que dans d'autres groupes polyamoureux orientés rencontres, les attitudes et propos des personnes n'étaient pas toujours compatibles avec une sécurité émotionnelle minimale des personnes concernées par diverses oppressions (dont celles liées au genre). Visiblement j'ai répondu à un besoin pressant car en l'espace de même pas un mois d'existence, le nombre de membres est passé d'une dizaine à environ 200... Après, je n'oblige personne à venir sur ce groupe. S'il ne vous convient pas, il y a d'autres groupes dont la politique, plus laxiste, laisse passer pas mal d'oppressions, quand elle ne les cautionne pas carrément...

Pourquoi seulement de façon secondaire polyamoureuse ? Ces groupes ne peuvent-ils pas être à la fois et tout autant polyamoureux et préoccupés par les oppressions systémiques (notamment celles liées au genre) ?

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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bonheur

le mardi 03 janvier 2017 à 19h37

Je rejoins je-suis-une-princesse (pour qui je garde un amour pérenne et de merveilleux souvenirs, merci pour ce que tu m'as offert), en 2014, il y a eu un tournant que je n'ai également pas compris. Je m'en moque, je suis restée moi, c'est tout ce qui compte et au fond, pas si compliquée que cela

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lstelie

le mardi 03 janvier 2017 à 22h07

Bonsoir @Dieu, je ne vais pas répondre à tout, parce que pour part je n’ai pas tout compris, ce discours est tellement éloigné de moi que franchement, je n’ai pas d’avis dessus,,et surtout d’autre part l’objet de fil de messages (il y a plein d’autres fils sur le site, mais c’est l’objet de celui-ci) était «  qu’est ce que ça vient faire dans des contextes supposés traiter de relations amoureuses (poly amoureuses en l’occurrence) ? »

Pour dire les choses de façon un peu crue, ma vision des choses était qu'un parfait connard (et je ne suis pas certain d'échapper de beaucoup à cette qualification) peut être amoureux, sincèrement, et incidemment qu'on peut être amoureux d'un parfait connard..

J’ai cependant retenu le paragraphe suivant…. Qui a frappé mon côté vieux-gauchiste-repenti-hétéro-pas-tout-a-fait-blanc :

Dieu
Non, ce n'est pas ça que j'ai voulu dire. On peut fort bien éprouver de l'empathie pour quelqu'un-e, mais c'est encore différent que d'expérimenter soi-même ce qu'iel vit. Mon point est le suivant : la perspective en première personne donne accès à des informations, des émotions, des ressentis, des expériences, etc. dont une perspective en troisième personne nous prive. Un homme cisgenre, par exemple, peut fort bien être empathique —et j'espère qu'il y sera— vis-à-vis de la grossesse de sa compagne ou d'une de ses compagnes, mais il n'aura pas accès à l'expérience intime du fait d'être une personne enceinte. Sur un plan sociologique, il y a également ce genre d'incommunicabilité car le fait d'être perçu-e comme autre chose d'un homme cisgenre hétéro blanc va modifier le rapport que va entretenir la société avec nous, et c'est une expérience que ne connaitra pas en première personne un homme cisgenre hétéro blanc. Lui devra se contenter d'écouter, de réfléchir, d'être empathique, etc.

Ce paragraphe si on l’expurge du sabir spécialisé il dit quoi ? Il dit qu’on est différents, et moi je trouve ça super et planquer ça derrière un verbiage hermétique.. et bien je trouve ça (euphémisme) dommage.. Le problème de fond (avis très très perso) c'est la manque de savoir vivre ensemble, et c'est un mal peu soluble dans un bain de mots étranges.
Bien sur, je ne peux pas comprendre ce que ressent intérieurement un transgenre, qui lui même ne pourra jamais savoir ce que je ressens et c’est super, c’est pour ça qu’on communique, on communique quand on est différent, c’est la base (faute de quoi l’échange n’a pas de sens) c’est qui fait qu’on est humains, c’est ce qui nous différencie du rhododendron.
Pour l’exemple de la femme enceinte (j’ai deux fils de deux mères différentes) bien sûr je n’ai pas pu ressentir ce qu’elles ont ressenti et vice versa, chacune d’ailleurs probablement si on met de côté l’écart temporel (mes fils ont 10 ans d’écart) et qu’on imagine qu’elles aient été enceintes en même temps n’aurait non seulement pas pu ressentir ce que je ressens (et vice versa donc) mais n’auraient sans doute pas plus pu ressentir ce que l’autre ressentait..parce qu’elles sont différentes.
Et ça c’est formidable.

Luc

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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kill-your-idols

le mardi 03 janvier 2017 à 22h19

bonheur
pour qui je garde un amour pérenne et de merveilleux souvenirs, merci pour ce que tu m'as offert

Merci! <3 <3 <3

bonheur
en 2014, il y a eu un tournant que je n'ai également pas compris. Je m'en moque, je suis restée moi, c'est tout ce qui compte et au fond, pas si compliquée que cela

C'est vrai que ce changement je me le suis pris plein dans la gueule! (mais, au milieu de la tourmente, j'y ai aussi rencontré celle qui est devenue mon amoureuse principale et qui, trois ans plus tard, est toujours à mon côté)

Dans le changement qu'il y a eu en 2014, a joué un gros rôle a joué le changement du profil des polyamoureux.

Avant 2014, les polyamoureux étaient surtout des personnes en couple, âgés entre 40 et 50 ans, souvent mariés et avec des enfants (en tant que jeune trentenaire, j'étais une des rares exceptions). Le parcours qui menait ces personnes au polyamour était avant tout un parcours personnel: elles avaient essayé le mariage traditionnel, puis les infidélités, le libertinage, et arrivaient au polyamour avec l'espoir de trouver une forme amoureuse qui correspondait à leur besoins.

Et les rencontres étaient à l'image de ce profil: des soirées auto-organisées chez l'un ou chez l'autre, où on faisait à manger, on campait, on faisait du couch-surfing, on cuisinait tous ensemble, on tondait le gazon, on faisait des chantiers participatifs, on inventait des chansons, on mettait en scène des histoires improbables, parfois on vivait ensemble pendant des semaines entières... le tout dans un esprit de légèreté, d'entraide et de bienveillance, et avec beaucoup d'amour.

En 2014, beaucoup de jeunes de 20-30 ans sont arrivés au polyamour, mais par le biais d'un parcours complétement différent. Chez eux, le polyamour était l'aboutissement d'un parcours anti-système, qui passait par l'anarchisme, le féminisme et le militantisme LGBT. Et comme leur parcours n'était pas un parcours personnel, mais plutôt intellectuel, le mouvement s'est modifié dans ce sens:

- moins d'importance aux histoires personnelles et au vécu de chacun, et davantage d'importance aux discours abstraits;
- mise en place d'une "étiquette poly" (on ne demande pas ceci ou cela, on ne fait pas du cis-hétéro-sexisme, on fait attention à que l'espace soit "safe"...)
- règlementation croissante des rencontres (espace de parole règlementé, pas de drague...), séparation des rencontres par catégorie (les cis-het par ici, les TERF par là, les LGBT et les TPG dans l'autre côté), déplacement des rencontres dans des structures institutionnelles (notamment associations LGBT)....

Et tout cela a fait que beaucoup d'anciens ne se retrouvent pas dans cette nouvelle version du polyamour, trop règlementé et institutionnalisée et pas assez spontanée.

De mon côté, après avoir quitté le milieu polyamoureux en 2014, j'ai retrouvé les mêmes valeurs d'entraide, bienveillance et amour (et les mêmes types d'événements, ainsi que les mêmes quantités de nourriture et d'alcool) dans le milieu naturiste. Et parfois je me surprends à faire les mêmes discours, et à vivre les mêmes situations, dans ce nouveau milieu.

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lstelie

le mardi 03 janvier 2017 à 22h26

je-suis-une-princesse
Avant 2014, les polyamoureux étaient surtout des personnes en couple, âgés entre 40 et 50 ans, souvent mariés et avec des enfants (en tant que jeune trentenaire, j'étais une des rares exceptions). Le parcours qui menait ces personnes au polyamour était avant tout un parcours personnel: elles avaient essayé le mariage traditionnel, puis les infidélités, le libertinage, et arrivaient au polyamour avec l'espoir de trouver une forme amoureuse qui correspondait à leur besoins.

Bingo.. ça c'est moi (mis à part que je ne suis plus en couple)
D'ou cette incompréhension et ce sentiment étrange... merci pour cette explication assez éclairante et qui reflète plutôt bien mon ressenti.

Luc

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Junon

le mercredi 04 janvier 2017 à 02h13

Amusant comme la critique de la "ghettoïsation" , de l'"entre soi" vient toujours très majoritairement de non concerné-e-s, privilégié-e-s sur ces questions là...
Oui notre genre joue dans nos relations et il est plus facile d'être cisgenre (ce n'est pas une insulte mais un état de fait!) que trans ou non binaire, comme il est plus simple d'être hétéro que non hétéro. Le nier est un confort de dominants.
Je suis certaine que bon nombre de sites/forums/groupes FB partagent votre vision du monde. Elle est de toute façon majoritaire, je vous rassure. Et cette peur de "l’intellectualisation" qui empêcherait de vivre (qui? vous? Visiblement pas...et moi non plus qui suis travaille, monte des festivals, suis militante ET polyamoureuse) est tellement vue et revue, ici ou ailleurs.
Pour ma part, cette vision monolithique qui ne cherche à s'interroger sur rien et à ne surtout pas déconstruire une autre facette de sa vie est la raison exacte pour laquelle je délaisse un forum que j'ai connu il y a plus de 10 ans (eh oui, je ne suis pas une jeunette qui découvre le polyamour...). J'ai changé, lui pas.
Le polyamour va de pair à mon sens avec une interrogation globale sur la vison que nous avons du monde, de ses représentations, de nos certitudes, des luttes que nous menons, consciemment ou pas. S'y cramponner de mon point de vu est contre productif. Sur ce je vous laisse entre vous et vous souhaite une belle année de découvertes.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Junon

le mercredi 04 janvier 2017 à 02h19

Une dernière petite remarque: saviez que l'argument du "sabir" est celui qu'on a employé très fréquemment pour invalider un discours qui ne nous est pas destiné voire qui nous fait peur? La Grèce antique qualifiait les non Grecs de "barbares" car ils parlaient, selon eux, le langage des bêtes , ce qui justifiait qu'on chercher à les dominer. Ce fût le cas de bien des minorités, des sourds aux Juifs, en passant par les esclaves de tous pays. Donc vous me pardonnerez de ne pas donner de crédit à ce type d'arguments, qui résonne bien vilainement à mon oreille.

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lstelie

le mercredi 04 janvier 2017 à 05h05

Junon
Une dernière petite remarque: saviez que l'argument du "sabir" est celui qu'on a employé très fréquemment pour invalider un discours qui ne nous est pas destiné voire qui nous fait peur? La Grèce antique qualifiait les non Grecs de "barbares" car ils parlaient, selon eux, le langage des bêtes , ce qui justifiait qu'on chercher à les dominer. Ce fût le cas de bien des minorités, des sourds aux Juifs, en passant par les esclaves de tous pays. Donc vous me pardonnerez de ne pas donner de crédit à ce type d'arguments, qui résonne bien vilainement à mon oreille.

Bonsoir

Je ne vais pas argumenter sur le reste, parce que précisément d'une part mon propos n'était pas polémique mais relevait d'une interrogation personnelle (à laquelle il a été répondu, ce qui est bien), et d'autre part cela montre que nous sommes différents (ce qui est bien aussi), juste un point lexical : le terme sabir est celui qui m'est venu à l'esprit en rédigeant ma réponse hier soir, et précisément pour éviter tout malentendu blessant (parfois les termes du langage courant ont un sens réel assez différent qui peut même être contradictoire), j'en ai cherché la signification avant de l'utiliser ce qui donne :

« Un sabir désigne une langue utilisée née du contact entre des locuteurs parlant des langues maternelles différentes mais placés devant la nécessité de communiquer, ayant abouti à la création d'une langue mixte, en général assez pauvre. À ce titre, un sabir est aussi une langue véhiculaire mais ne peut en aucun cas être une langue maternelle. Historiquement, le terme sabir désigne la langue utilisée en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, mélange de plusieurs langues méditerranéennes, utilisé dans certains milieux pour communiquer. Ce langage des ports de la Méditerranée résulte d'un mélange de français et d'espagnol, de grec, d'italien et d'arabe1. Le mot sabir utilisé dans ce sens apparaît au moins en 1852 ; c'est une altération du mot portugais, castillan, catalan et occitan saber (« savoir ») emprunté au latin sapere2,3. Les sabirs ont un lexique sommaire, limité aux besoins immédiats des locuteurs, et une syntaxe simplifiée par rapport aux langues d'emprunt. Les sabirs ne sont jamais des langues maternelles puisqu'ils naissent de la nécessité de communiquer. On emploie le terme de pidgin plutôt pour les sabirs d'origine anglaise, même si cette appellation est restrictive (le pidgin-english du Cameroun, le bêche-de-mer du Pacifique).De plus, le pidgin est considéré comme une langue composite plus riche que le sabir[réf. souhaitée]. Pour les sociolinguistes, un pidgin désigne une langue résultant de l'imitation de la langue dominante de la part d'un groupe linguistique dominé (par la colonisation par exemple) et se distingue du sabir par le fait que celui-ci est d'un emploi plus spécialisé.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sabir

Je ne partage pas la même langue maternelle que Volkmar Sigusch (allemand) ni Dana Leland Defosse (anglais), et il m'a semblé qu'effectivement la terminologie qui était à l'origine de ma surprise initiale relevait d'un lexique sommaire, limité aux besoins immédiats des locuteurs .
Je peux certes me tromper.

Le ciel vous tienne en joie (emprunt à Philippe Meyer)

Luc (pas juif.. quoique... et incidemment descendant d'esclave, qui n'a pas l'opportunité, pardon le privilège de pouvoir travailler)

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Anarchamory

le mercredi 04 janvier 2017 à 15h12

lstelie
et d'autre part cela montre que nous sommes différents (ce qui est bien aussi),

Je trouve que l'usage de cette rhétorique du « nous sommes tous différents et c'est bien » (qui fait écho inversement à la rhétorique « nous sommes tous semblables et c'est bien », mais revient finalement un peu au même ; à l'instar du panthéisme qui revient un peu au même qu'à l'athéisme) est utilisé ici d'une manière qui conduit à un dangereux relativisme. Il me semble qu'une « diversité » qui inclut des éléments conservateurs, autoritaires voire fascistes n'est en aucun cas souhaitable. Ces « opinions » n'ont pas à avoir de place au sein de la société et ne peuvent se prévaloir d'un respect de la diversité pour se maintenir, sachant en outre qu'en bonne partie elles s'opposent peu ou prou à la dite diversité. Tout ne se vaut pas et ne s'équivaut pas. La diversité qui est acceptable voire souhaitable, c'est celle qui a trait aux caractéristiques physiques, psychologiques, sociales et culturelles des personnes dans la mesure où elles ne causent pas d'oppressions à l'encontre d'autres personnes. Donc, dans le cas plus précis qui nous occupe, on ne peut pas simplement dire : « je suis privilégié-e et je m'en fiche, merci de respecter ma différence ». LOL. Car dans un monde fini, l'existence du privilège implique logiquement l'existence de l'oppression.

je-suis-une-princesseEn 2014, beaucoup de jeunes de 20-30 ans sont arrivés au polyamour, mais par le biais d'un parcours complétement différent. Chez eux, le polyamour était l'aboutissement d'un parcours anti-système, qui passait par l'anarchisme, le féminisme et le militantisme LGBT. Et comme leur parcours n'était pas un parcours personnel, mais plutôt intellectuel, le mouvement s'est modifié dans ce sens:

- moins d'importance aux histoires personnelles et au vécu de chacun, et davantage d'importance aux discours abstraits;

Je trouve ça particulièrement gonflé, alors qu'on assiste à un tel je m'en-foutisme des prétendu-e-s « ancien-ne-s » polys vis-à-vis du vécu des personnes opprimées... et à un universalisme abstrait déployé à partir du seul vécu des personnes les plus privilégiées... (le seul qui semble les intéresser, donc, parce que « c'est mon choix de m'en foutre, respecte ma différence »).

Les soi-disant « jeunes » polys ne nient pas le vécu des personnes privilégiées, iels en délimitent seulement rigoureusement le domaine de validité.

D'ailleurs les soi-disant « jeunes » polys ne sont pas forcément arrivé-e-s là où iels en sont (contrairement à ce que tu penses) par le biais d'une seule démarche intellectuelle (même si je reconnais qu'elle est souvent présente également). D'ailleurs être opprimé-e, si c'est pas un vécu personnel, je me demande bien ce que c'est, et ça peut hâter certaines déconstructions (même si je ne généraliserai pas).

@Junon : (+) et <3 par rapport à tes interventions :)

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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gdf

le mercredi 04 janvier 2017 à 15h48

La question initiale était "liens entre polyamour et genre", et on se retrouve avec 11 variation du mot opprimer sur cette page.
Je crois que l'étonnement de Luc, c'est l'importance de discussions pouvant être perçues comme revendicatives sur des sujets qui ne sont pas forcément liés directement au polyamour.
Il ne s'agit pas de nier l'existence d'oppression liée au genre, mais il ne faut pas non plus tomber dans l'excès inverse et ne parler que de ça. Je ne dis pas que c'est le cas. Entre ne pas en parler du tout et ne parler que de ça, il y a une infinité de variations possibles. La variation qu'on trouve sur ce forum est juste plus élevée que celle que la plupart d'entre nous rencontre au quotidien.
On pourrait débattre sur le fait qu'on ne parle pas assez de ces sujets là au quotidien, mais si on va par là, il faudrait aussi parler du handicap, du racisme, etc. Autant de sujets importants, mais pas forcément liés au polyamour.

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lstelie

le mercredi 04 janvier 2017 à 17h38

Dieu
Je trouve que l'usage de cette rhétorique du «  nous sommes tous différents et c'est bien » (qui fait écho inversement à la rhétorique «  nous sommes tous semblables et c'est bien », mais revient finalement un peu au même ; à l'instar du panthéisme qui revient un peu au même qu'à l'athéisme) est utilisé ici d'une manière qui conduit à un dangereux relativisme. Il me semble qu'une « diversité » qui inclut des éléments conservateurs, autoritaires voire fascistes n'est en aucun cas souhaitable

Bonsoir,

Précision introductive : J’aimerais qu’il soit noté que je me retrouve à répondre à quelque chose qui n’a rien à voir avec mon interrogation initiale, laquelle précisait de façon assez claire que je n’avais pas d’intention polémique, critique ou quoi que ce soit du genre, et que par ailleurs @je-suis-une-princesse que je remercie, a répondu à mon interrogation.
Je me retrouve néanmoins à avoir à me re-re-re-justifier.. allons-y.
Par ailleurs du coup je me retrouve à me positionner face à un ensemble idéologique dont j’ignorais l’existence et que je découvre avec une certaine surprise (explication plus bas), mais qui encore une fois n’a rien à voir avec mon message initial.
Si un administrateur du forum trouve ça trop hors sujet ou inconvenant et souhaite effacer ce message, je ne lui en tiendrai vraiment pas rigueur.

Allons-y

Lorsque je lis «   Je trouve que l'usage de cette rhétorique du «  nous sommes tous différents et c'est bien » (qui fait écho inversement à la rhétorique «  nous sommes tous semblables et c'est bien », mais revient finalement un peu au même ; à l'instar du panthéisme qui revient un peu au même qu'à l'athéisme) est utilisé ici d'une manière qui conduit à un dangereux relativisme. Il me semble qu'une «  diversité » qui inclut des éléments conservateurs, autoritaires voire fascistes n'est en aucun cas souhaitable.» .. je me questionne.

.. je me questionne (et je confesse que peut-être ce questionnement risque insidieusement de me faire dériver vers un ultra dangereux relativisme, d’ailleurs, je me demande parfois si je ne suis pas un radicalisé du questionnement)
.. je me questionne donc sur la disponibilité de polypinces mégenrées, parce que là j’aimerais qu’on me pince pour être sûr que je ne suis pas en train de rêver, voire pour me punir parce que effectivement lorsque j’ai écrit (privilégié oppresseur que je suis) «  la diversité c’est bien » j’ai complètement oublié d’indiquer que le fascisme c’est mal.

Je ne pensais pas voir atteint le point Godwin en demandant bêtement pourquoi on parle beaucoup de genre dans les forums sur le polyamour, puisque précisément la FAQ du site précise (elle a du être rédigé par un oppresseur fasciste à n’en point douter) que le polyamour «  s'applique de manière de manière égalitaire à toutes et tous. Dans une relation polyamoureuse, les même opportunités sont offertes à tout le monde, peu importe leur genre. ».

J’avoue que je ne sais pas trop quoi répondre, mon objectif n’était pas de pourrir le forum mais d’essayer de comprendre, ce qui semble mal.. ok, ce qui semble un travers de «  privilégié ».. ok, qu’on me flagelle, qu’on me roule dans le goudron et les plumes (des plumes de volatile non-faciste s’entend, soyons précis) pour ça.. ok, ça me va. Pour moi, comprendre c’est important. Peut-être une question de génération, je n’en sais rien, je n’en sais vraiment rien, mais c’est comme ça.

Je suis donc un privilégié oppresseur parce que je suis un cisgenre (vraiment ça n’existe pas les polypinces ? Sûr ?.. c’est dommage)

Alors pour en revenir à cette étiquette de cisgenre qui me vaut ce déluge terminologique oppressant (si si, vraiment oppressant à la longue) : Je refuse l’étiquette de cisgenre (nous sommes encore jusqu’en mai prochain en république, c’est à priori mon droit), parce que vu ce qui lui est accolé, elle n’a pas de sens, elle n’a aucun sens.. pour moi... pas pour les autres, pour moi.

C’est çà l’intérêt d’un débat c’est d’échanger entre gens ayant des opinions différentes (et merde, j’ai oublié de le préciser.. sauf les fascistes) . Si on était tous d’accord ça n’a pas d’intérêt on peut retourner se coucher.

Pour moi, le fait d’être en accord avec mon genre, je suis né homme (et ma foi.. c’est comme ça, je ne m’y sens pas mal...ni bien d‘ailleurs), ça ne présume pas que je ne prends pas en compte (ou quoi que ce soit, je ne vais pas recommencer l’énumération, vous utilisez là l’enrobage terminologique qui vous arrange) les gens qui ne sont pas dans mon cas, et par ailleurs, en aucun cas… en aucun cas.. je le répète une troisième fois parce que s’il y a un point sur lequel on est en désaccord profond, c’est bien celui-là.. en aucun cas, ça ne donne une quelconque information sur moi.

C’est pour ça que je citais l’exemple de ma couleur, dans un message précédent, parce que j’ai passé ma vie (je dépasse allègrement le demi-siècle) à me battre contre ça, à me battre comme un chien contre le fait qu’on me qualifie pour un élément, un seul, qui au fond .. on est tous des humains .. ne ma caractérise pas plus que çà. Anecdotiquement, le cas de la couleur était intéressant à citer pour moi parce que celui-là est immuable, tandis que le fait que je n’éprouve ni malaise ni béatitude vis à vis de mon genre, lui, en théorie, peut changer.

Déduire que parce que quelqu’un serait en accord avec son genre, il est par ce simple fait un privilégié affublable de tous les maux de la planète est quelque chose que je trouve ha-llu-ci-nant. C’est piétiner des siècles de luttes politiques, sociales, raciales (et j’en saute).

Pour faire de l’humour noir (quoique) des cisgenre il en flotte plein la Méditerranéenne, il y en a probablement un de cisgenre entrain de crever de faim ou de froid en bas de chez vous, je ne vois pas très bien en quoi le fait de ne pas être en position de remise en cause de son genre d’origine, serait de fait, à lui seul, (bien lire «  à lui seul ») une garantie de privilège de quoi que ce soit, en tout les cas ça ne tient pas automatiquement chaud, et ça ne file pas à bouffer.

C’est quelque chose que je ne comprends pas. C’est un concept que je trouve même assez stupéfiant. Nous sommes des humains, pas des porte-étiquettes.

Pire, dériver que du fait qu’une personne a UNE caractéristique (et qui d’ailleurs incidemment est une caractéristique qui ne relève pas de son choix) pour en déduire qu’elle est coupable de tout, c’est quelque chose qui me choque profondément, je dirais même, et c’est un sujet qui m’est cher, donc je suis un peu épidermique là-dessus, que c’est l’essence même du racisme, du sexisme et sans doute pas pas mal d’autres «  isme »..

C’est l’essence même du racisme et par ailleurs c’est la négation d’une autre chose qui m’est très importante, la diversité. La diversité c’est pas votre truc, c’est le mien.

Oui il est exact qu’un homme.. excusez-moi.. un cisgenre-masculin.. un cishomme (enfin je vous laisse le choix du terme), ne peut pas comprendre, ce que vit une cisfemmme ( même remarque) qui ne peut pas comprendre ce que vit une personne transgenre, et probablement d’ailleurs, laquelle personne transgenre dans le sens homme→femme ne peut pas comprendre ce que vit son homologue dans le sens femme→homme etc etc.. et on doit pouvoir en rajouter en mixant le tout avec les préférences sexuelles… . Il ne peuvent pas ressentir ce que ressent l’autre, mais ils peuvent se parler, tout ce bordel fat que nous sommes divers, différents, pas pareils et c’est une bonne chose .

Ce qui est une moins bonne chose, c’est ce que (me) soit reproché quoi que ce soit par quelqu’un qui ne me connaît pas (*), qui a comme seule et UNIQUE information sur moi que je ne remets pas en cause mon genre d’origine, sur la base de cette seule caractéristique, sans rigoureusement ne savoir rien de qui je suis.

[*](ou alors je ne vous ai pas reconnu(e), faites moi coucou, passez moi un coup de fil pour me raconter qui me fait une blague et le malentendu se dissipe ).

Je ne suis pas entrain de nier quoi que ce soit, je ne suis pas en train de ne pas reconnaître quoi que ce soit, ni qui que ce soit, je dis simplement que cet étiquetage, (et là on en revient un peu à la terminologie, c’est pour ça que cette terminologie me révulse) , est le principe de base du racisme (et de pas mal d’autres formes d’oppression).

Le fait de me coller une étiquette sans me connaître, sans rien savoir de moi et ensuite de dérouler une sorte de laïus préformaté sur ce que présuppose cette étiquette, c’est quelque chose, que je refuse, quelque chose que j’ai passé ma vie à refuser, et je pense que je mourrais en le refusant.

Il y a là vraiment un problème de lune et de doigt. Il me semble, que le fait que quelqu’un de transgenre se trouve opprimé (et il l’est), ce n’est pas de la faute des cisgenre (au sens ou le fait d’être cisgenre serait une tare ..ou un privilège.. ce qui revient au même en l’espèce, dans les deux cas c’est une caractéristique générique différenciante , lié à l’unique fait d’être en accord avec son genre d’origine) que l’accord avec leur genre obligerait automatiquement à opprimer leur prochain (...ou leur prochaine , ou entre les deux). En raisonnant comme ça on ne fait qu’inverser le problème on ne le résout pas, on le fait juste pivoter.

Cela vient me semble t il, plutôt du fait qu’on est dans une société qui est extrêmement normative, sur plein de points d’ailleurs, pas seulement, loin de là, sur la question du genre, et qui se retrouve à oppresser, voire pire à institutionnaliser cette situation, par une infinité de biais tous plus insidieux les uns que les autres, c’est très con, c’est même dégueulasse, et il est normal de lutter contre, mais on ne lutte pas en inversant les rôles.

Le fait de dire «  l’ennemi c’est l’autre » , simplement parce qu’il n’est pas comme moi «  il est donc par essence entrain de m’oppresser » c’est quelque chose que je trouve détestable au plus haut point.
Incidemment je ne connais pas d’exemple de lutte ou reprendre la dialectique de l’oppresseur ait fonctionné (je suis preneur d’exemples inverses). D’un point de vue tactique, la disproportion des nombres ne change pas grand-chose à l’affaire (c’est le principe des dictatures qu’une tout petit nombre puisse asservir un grand nombre).

On parle d’humains, pas de boites de petits pois, cet «  autre » je ne le connais pas, et l’étiquette dont je l’affuble , aussi chic et socio-branchouille puisse-t-elle être ne me donne aucune information sur lui. Il doit exister des cisgenre très bien et des transgenre oppresseurs, c’est comme ça, c’est la vie, le fait d’être transgenre, noir, gros, juif, femme, boiteux bref toutes les différentes catégories qui sont plutôt oppressées par cette société normative, ne font pas d’eux des chics types (pardon pour l’utilisation d’un genre oppressant) et vice versa.

Si vous me connaissiez en temps qu’humain, si vous aviez été en contact avec moi, si vous saviez qui je suis, alors que vous disiez «  Luc c’est un parfait connard, c’est un salopard de gros privilégié et un oppresseur  voire un fasciste».. ça c’est quelque chose que je peux parfaitement entendre, pas de problème là-dessus.
On ne serait pas d’accord, forcément je me débattrais un peu, j’aurais tendance a trouver quand quand même vous exagérez, mais au moins je ne pourrais pas vous dénier le fait d’exprimer un avis sur des éléments qui me concernent vraiment, moi, pas sur la base d’une étiquette générique déroulant un discours standard.

Ça n’est pas du tout ce que vous me dites. Vous dites que parce que j’ai UNE caractéristique, pas un choix que j’ai fait, pas une pensée que je promeus ou défend, pas une décision que j’ai prise, pas la conséquence d’une action de ma part, non, une caractéristique, alors automatiquement, sans me connaître, tout le reste en découle.
Je suis désolé, encore une fois je me suis battu une grande partie de ma vie contre cette idée et je pense que je mourrais en me battant contre cette idée.

L’ironie de l’histoire c’est que cette pratique qui consiste à prendre UNE caractéristique d’une personne, à faire abstraction de qui elle est, pour en déduire un certain nombre de choses automatiques, c’est précisément , précisément la méthode utilisée pour oppresser les personnes transgenre (entre autre). Et comme je l’ai écrit plus haut, si d’un point de vue tactique ça fonctionnait, ma foi la fin justifiant parfois les moyens, ce serait défendable, mais je ne connais pas d’exemple.

Je ne suis pas transgenre donc on pourra aisément m’objecter, comme cela a été fait, que je ne peux pas ressentir ce qu’elles ressentent, et donc que le paragraphe qui suit je l’improvise, je l’imagine.. c’est exact.

Bien qu’oppresseur hyper privilégié dominant (pardon si j’en oublie) putativement faciste je subodore qu’une personne transgenre elle, est plein d’autres choses que transgenre, elle peut être heureuse, pas heureuse, créative, pas créative, intelligente, pas intelligente, amoureuse, pas amoureuse, sportive pas sportive, elle a des envies, des rêves, des colères etc.. j’en sais rien.. bref une foule de choses qui font qu’un humain est un humain. J’imagine qu’elle n’est pas spécialement heureuse de se retrouver à articuler sa vie, ses rapports sociaux, amoureux, professionnels etc.. autour du fait qu’elle est transgenre et que si cela pouvait être une caractéristique aussi anodine au quotidien que cela peut l’être pour quelqu’un de cisgenre elle n’en serait pas forcément mécontente.

Ce qui fait que sa vie, j’imagine, va être assez conditionnée par le fait qu’elle est transgenre, c’est pas consubstantiel au fait qu’elle est transgenre, c’est consubstantiel au fait que le point qu’on va retenir d’elle c’est  UNE caractéristique: «  elle est transgenre».

Ce n’est pas du tout la même chose.

Elle est oppressée par quoi (et pour quoi) cette personne transgenre.. elle est oppressée par cette espèce d’idéologie qui veut qu’UNE caractéristique d’une personne en faisant abstraction du reste, de tout le reste, y compris de qui elle est, défini cette personne.

C’est exactement ce que vous êtes en train de faire et je l’ai déjà écrit plein de fois, mais je me répète, je me battrais jusqu’à mon dernier souffle contre ça.

Il y a au moins un point sur lequel on peut être d’accord : la vie est parfois rigolote.
J’avais commencé en disant «  excellente année 2017 pleine d’amour à tout le monde » là j’en suis à évoquer mon dernier souffle :-)

Luc

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Maxence_Lascombe

le mercredi 04 janvier 2017 à 18h08

LuLutine
il me semble en effet que le concept a plutôt tendance à se répandre, à être à la portée de plus en plus de personnes (y compris de minorités qui ont besoin d'un cadre sécurisant - on utilise souvent le mot "safe" - et quand on met dans la balance d'un côté le très léger inconfort des personnes dominantes lié à ce cadre safe et de l'autre l'oppression subie par les minorités en l'absence de ce cadre, y a pas photo).

Chère @LuLutine,

je suis très étonné que vous ne puissiez avoir remarqué que toute la polysphère est prise en otage depuis de nombreux mois par une sorte de secte (pas trouvé d'autre mot :( ) aux techniques agissantes rodées dans le domaine du virtuel. Ces gens (dont le pseudonyme @Dieu est un des fer-de-lance) s'adonnent méthodiquement à une prise de parole qui fini systéatiquement par exclure toutes les personnes qui n'adoptent pas leurs théories et leurs rhétoriques. Et, croyez-moi, c'est grave.

Grave et dangereux.

Grave, parce que cela ne met en lumière qu'une infime partie de la parole "poly", et lrosque je dis infime, je suis certain de pouvoir parler de moins de 5% des personnes qui s'intéressent au polyamour (le poly de base est hétéro cis genre).
Dangereux, parce que ces gens ont pour seule activité dans la vie, leurs activismes virtuels. Ils ne pratiquent pas, ils ne vivent pas. A tel point que dans certains groupes, j'ai été en mesure de pouvoir être témoin de personnalités étranges pouvant témoigner du polyamour tout en affirmant être asexuel, célibataire et ... polyamoureux. De quoi faire sourire à tout le moins.

Je loue ici le temps passé àr Luc pour arriver à garder un tant soit peu son fil dans la direction qu'il désire et non dans le vrac perfide distiller par @Dieu et ses adeptes.

Il est temps, en 2017, que les esprits se réveillent, que les consciences puissent avoir le droit de parler librement sans se faire capturer la parole par une petite bande d'une dizaine de personnes sans liens directs avec les relations polyamoureuses. Lorsque l'ont lit les délires et les intimidations produites par ce groupe de personnes, se taire deviens une forme de complicité qu'il ne me semble pas nécessaire de conserver.

Ce qui, aujourd'hui, est "visible" sur le ouèb' francophone autour du thème du polyamour fait fuir de nombreuses personnes du fait même de ce noyautage qui fait le procès à celles et ceux qui utilisent un langage ordinaire.

Sans compte l'humilité que l'ont retrouveras dans l'usage d'un pseudonyme comme "Dieu",, qui par ailleurs se présente comme un homme marié, fidèle, végane radical et monogame. Recevoir des leçons de maintien ou des critiques quant à mes connaissances, mes expériences concrètes de vie de tels individus me semble, encore une fois, dangereux et suspect.

Savoir que ce repère jusque là libre de cette main-mise est aujourd'hui touché par cette secte aux dérives excluantes me fait froid dans le dos.

Maxence Lascombe.

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kill-your-idols

le mercredi 04 janvier 2017 à 18h12

@lstelie

1) Il ne faut pas s'inquiéter du fait qu'on s'est fait traiter de fasciste par des personnes comme Dieu ou Junon. Plus ou moins on y est tous passés et on y a fait l'habitude: Il faut prendre cela comme un rituel d'initiation.

2) Le discours "oppresseur/oppressé" et la théorie du genre qu'en suit sont des discours non-falsifiables, qui ont le seul but d'arrêter la communication. Il faut surtout ne pas nourrir le débat, et les ignorer.

3) Une fois qu'on a mis de côté les faux débats idéologiques, on peut se concentrer sur le vécu de chacun. Et là s'ouvre un monde d'histoires: certaines très belles, certaines plus sombres, mais toutes intéressantes. Dans ce débat, un aspect qui m'intéresse particulièrement est celui sur la recherche du bonheur: finalement, si on suit son coeur et on se donne les moyens, on peut être heureux même dans un monde décadent.

4) Un discours sur le polyamour indépendant du discours de genre existe bel et bien. Je dirais que les polyamoureux qui évoluent dans un cadre hétérosexuel classique (avec une petite partie de bisexualité féminine) sont la grande majorité (90-95%). Ils sont juste moins intéressés au débat: ils prennent ce dont ils ont besoin et ils repartent faire leur vie.

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Maxence_Lascombe

le mercredi 04 janvier 2017 à 18h39

@je-suis-une-princesse,

Merci pour ces paroles :) Je nuancerais cela au fait d'avoir été témoin, ces dernières années, de la fuites (pas d'autre mot) des polyamoureux-ordinaire, devant les propos staliniens et les violences, l'oppression qu'exerce un groupuscule à la radicalité qui confine parfois à la haine du bonheur des autres.

Les échecs patents de ces personnes pouvant, peut-être, expliquer cela ?

Il n'en demeure pas moins que dans les cafés-poly, certains rituels se déconnectent eux aussi de la réalité des échanges naturel et ordinaire, a croire que les espaces souhaités comme "safe" deviennent des isolats sectaires.

La question qui préside, pour ce qui me concerne,c 'est comment retrouver une certaine sérénité et un partage basé sur le témoignage des expériences.

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Acajou

le mercredi 04 janvier 2017 à 18h59

Junon
Amusant comme la critique de la "ghettoïsation" , de l'"entre soi" vient toujours très majoritairement de non concerné-e-s, privilégié-e-s sur ces questions là...

Oui notre genre joue dans nos relations et il est plus facile d'être cisgenre (ce n'est pas une insulte mais un état de fait!) que trans ou non binaire, comme il est plus simple d'être hétéro que non hétéro. Le nier est un confort de dominants.

Peut-être que le rêve intérieur de ces personnes est justement de faire partie d'un nouvel "entre-soi". Sinon ils ne se poseraient même pas de questions sur le sujet. Pas sûr que tous les dominants recherchent la simplicité ou le confort. Si pour beaucoup de ceux qui y pensent, changer les stéréotypes de genre est un rêve impossible, c'est bien parce qu'ils partagent le même combat que toi, et le même vécu de rejet par la société ou la famille. D'où la difficulté à s'exprimer quand on prend conscience de tout ça.

C'est ce que je comprends en tout cas quand je lis Istelie écrire "ce sont les autres qui m’intéressent, ceux qui ne pensent pas comme moi".

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Anarchamory

le mercredi 04 janvier 2017 à 19h12

Wow ! o.O Je suis tellement atterré par les dernières interventions que j'ai peine à m'enlever de l'esprit l'idée que c'est du troll de compétition...

Difficile (et vain ?) de répondre à tout ce déluge (de mauvaise foi ?), mais cette phrase est vraiment savoureuse :

Maxence Lascombe

Dangereux, parce que ces gens ont pour seule activité dans la vie, leurs activismes virtuels. Ils ne pratiquent pas, ils ne vivent pas.

J'adore les gens qui prétendent mieux savoir que moi comment je vis ma vie, et si je pratique ou non le polyamour. Je pense que mes chéries seraient d'accord avec moi ^^ (ah non, c'est vrai, elles n'existent pas, Monsieur Maxence Lascombe l'a affirmé clairement !).

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Anarchamory

le mercredi 04 janvier 2017 à 19h40

C'est fortiche ça, et très illustratif de ce que je critique :

D'un côté on prêche ceci pour lequel je pourrais applaudir des deux mains :

Maxence_Lascombe
La question qui préside, pour ce qui me concerne,c 'est comment retrouver une certaine sérénité et un partage basé sur le témoignage des expériences.

Sauf qu'un peu avant, le même individu a écrit cela :

Maxence_Lascombe
A tel point que dans certains groupes, j'ai été en mesure de pouvoir être témoin de personnalités étranges pouvant témoigner du polyamour tout en affirmant être asexuel, célibataire et ... polyamoureux. De quoi faire sourire à tout le moins.

... qui est donc un déni et une délégitimisation d'un témoignage d'expériences, parce qu'il ne rentre pas dans les schèmes cis-hétéro-centrés...

Bon, sinon :

Maxence_LascombeSans compte l'humilité que l'ont retrouveras dans l'usage d'un pseudonyme comme "Dieu"

Si tu avais pris la peine de demander au lieu de supposer hâtivement, je t'aurais expliqué que le choix de ce pseudo s'explique par une joke et par une volonté (à l'époque) de parfaire mon anonymat.

Maxence_Lascombe
,, qui par ailleurs se présente comme un homme marié, fidèle, végane radical et monogame.

Fidèle, oui (à tou-te-s mes chéri-e-s).
Marié, c'était le cas pendant un bon moment mais je suis enfin divorcé...
Végane radical je le prends comme un compliment mais j'en suis loin hélas.
Par contre, monogame, faudra m'expliquer où t'as vu ça ???? (j'ai même eu une phase où j'étais extrêmement remonté contre la monogamie et où je ne considérais pas que ce puisse être un choix de vie légitime...).

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Anarchamory

le mercredi 04 janvier 2017 à 20h04

Ah et sinon je n'ai traité personne ici présent de fasciste. Mais bon, quand on veut noyer son chien... ;)

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