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Le "polyamour" n'est-il pas en fin de compte une escroquerie intellectuelle?

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Toinou

le mardi 16 octobre 2018 à 16h24

Je tiens à remercier chaleureusement @Laancelot qui vient de m'ouvrir les yeux sur ce que je pensais être l'amour que je porte à ma femme.
Grâce à lui je sais maintenant que ce qui nous unis depuis 20 ans n'est pas de l'amour et que ce que nous vivons depuis 2 ans est du "bullshit".
Je vais donc dès ce soir, lui présenter les papier du divorce et mettre fin à à cette escroquerie intellectuelle.

Merci à toi.

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Toinou

le mardi 16 octobre 2018 à 16h31

bonheur
Il y a une information sur ce site et en particulier une définition (succincte) mais parfaitement compréhensible du polyamour. Un chien de garde a son utilité. Et il ne fait que garder. Ici personne n'impose, juste le respect.

Si je rentre admiré un musée, alors que finalement l'exposition n'est pas à mon goût, je ressors et voilà. Si je fais des remarques désagréables à haute voix en limite insultant les artistes, je me ferai mettre dehors par un gardien, qui est aussi là pour ça. On peut venir lire, voir exprimer une opinion nuancée, mais pas semer le bordel à grand renfort de "je hausse le ton".

Si tu ne veux pas respecter un lieu d'accueil, n'y entre pas !

Oui sauf que parfois ici il faut admettre que les "nouveaux" ne sont pas toujours bien accueillis.
Pour reprendre ton analogie, disons ici qu'on est dans une galerie de Kandinsky et parfois arrive des gens qui demande si ce n'est pas la même chose que Miró, ou bien ne sachant pas s'il préfère l'un ou l'autre. Et au lieu de gentiment leur expliquer les différences, et peut être les orientés dans la galerie adéquat, on leur tombe sur le râble en mode "ici c'est Kandinsky, ça n'a rien à voir veuillez sortir s'il vous plait. Et ça c'est la version polie, car il y a certain ayatollah qui sont bien trop véhément à mon gout aussi. Et ça en a fait fuir plus d'un et plus d'une.

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artichaut

le jeudi 25 avril 2019 à 16h44

Je me permet de reposter ici une réponse de @bidibidibidi provenant d'un autre fil, car elle me semble très éclairante et pertinente quant au sujet de départ :

bidibidibidi

Laancelot
Mais sérieusement, qui peut prétendre en conscience que lorsqu'on aime et désire profondément une personne on est capable d'accepter dans son coeur et dans ses tripes que l'être aimé s'en aille en we avec un ou une autre, se fasse embrasser, lécher, caresser, pénétrer, et éprouve des émotions et des sentiments d'amour pour un ou une autre en toute sérénité?
Foutaise intégrale, mensonge personnel et habillage intellectuel.
Quand on aime et désire profondément, on est naturellement exclusif.
All the rest is total bullshit. :-)

J'adore cette citation. Tout est vrai jusqu'à l'avant dernière phrase, où il dit : On est naturellement exclusif, alors qu'il pense : On est naturellement possessif.

(c'est moi, artichaut, qui souligne)

— J'aurais juste volontiers changé le "alors qu'il pense" en "alors qu'il pourrait dire" (pour ne pas parler à la place de @Laancelot, de ce qu'il pense).

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bidibidibidi

le jeudi 25 avril 2019 à 17h52

artichaut
— J'aurais juste volontiers changé le "alors qu'il pense" en "alors qu'il pourrait dire" (pour ne pas parler à la place de @Laancelot, de ce qu'il pense).

Tout ce qu'il décrit avant cette phrase, c'est de la possessivité, pas de l'exclusivité. Donc, je pense qu'il confond les deux concepts, mais il parle clairement de possessivité et pas d'exclusivité (l'exclusivité serait centrée sur lui et pas sur les agissements de la personne aimée).

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artichaut

le jeudi 25 avril 2019 à 18h25

bidibidibidi
l'exclusivité serait centrée sur lui et pas sur les agissements de la personne aimée

Tu veux dire (?) :
On ne peut être qu'exclusif soi-même ? Et dès qu'on parle de l'autre on parle de possessivité ?

Et dans ce cas en négatif ça s'inverse.
On ne peut que accepter la non-exclusivité de l'autre, et parler de sa non-possessivité.

Auquel cas dire "je suis non-exclusif" serait un non-sens.

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bidibidibidi

le jeudi 25 avril 2019 à 19h11

Être exclusif, c'est dire : Je ne peux aimer qu'une personne en même temps.
Être possessif c'est dire : Je ne peux supporter qu'une personne que j'aime en aime une autre que moi.

Si on lit le texte de Laancelot, il est centré sur le fait qu'il ne supporte pas que sa partenaire ait quelqu'un d'autre dans sa vie. A aucun moment il ne signale que ça lui serait impossible à lui d'aimer quelqu'un d'autre.

Si je devais réécrire son texte pour le centrer sur l'exclusivité, ça donnerait :
"Mais sérieusement, qui peut prétendre en conscience que lorsqu'on aime et désire profondément une personne on est capable d'accepter dans son coeur et dans ses tripes une autre personne avec qui on aille en we, qu'on embrasse, lèche, caresse, pénètre, et pour qui on éprouve des émotions et des sentiments d'amour en toute sérénité?
Foutaise intégrale, mensonge personnel et habillage intellectuel.
Quand on aime et désire profondément, on est naturellement exclusif.
All the rest is total bullshit. :-)"

Donc une personne possessive mais non exclusive suivrait la règle du one-penis, par exemple. Une personne polyacceptante, quant à elle, est exclusive mais non possessive.

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

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artichaut

le jeudi 25 avril 2019 à 19h31

C'est quoi la « règle du one-penis » ?

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pkd

le jeudi 25 avril 2019 à 20h52

C'est que l'homme peut avoir plusieurs amoureuse, la femme peut avoir plusieurs amoureuses, mais pas d'autres hommes.
1 seul pénis !

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artichaut

le vendredi 26 avril 2019 à 00h05

pkd
C'est que l'homme peut avoir plusieurs amoureuse, la femme peut avoir plusieurs amoureuses, mais pas d'autres hommes.
1 seul pénis !

Whouaaa. Je ne connaissais pas ça. Genre, une vulve c'est pas un vrai sexe, donc ça compte pas. Par contre un pénis, il ne peut y en avoir qu'un. ?? Viriarcat bonjour.

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oO0

le vendredi 26 avril 2019 à 00h19

bidibidibidi
Être exclusif, c'est dire : Je ne peux aimer qu'une personne en même temps.
Être possessif c'est dire : Je ne peux supporter qu'une personne que j'aime en aime une autre que moi.

Si on lit le texte de Laancelot, il est centré sur le fait qu'il ne supporte pas que sa partenaire ait quelqu'un d'autre dans sa vie. A aucun moment il ne signale que ça lui serait impossible à lui d'aimer quelqu'un d'autre.

Si je devais réécrire son texte pour le centrer sur l'exclusivité, ça donnerait :
"Mais sérieusement, qui peut prétendre en conscience que lorsqu'on aime et désire profondément une personne on est capable d'accepter dans son coeur et dans ses tripes une autre personne avec qui on aille en we, qu'on embrasse, lèche, caresse, pénètre, et pour qui on éprouve des émotions et des sentiments d'amour en toute sérénité?"

Donc une personne possessive mais non exclusive suivrait la règle du one-penis, par exemple. Une personne polyacceptante, quant à elle, est exclusive mais non possessive.

C'est bon ça !?! Superbe retournement logique ! C'est logique ...

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

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oO0

le vendredi 26 avril 2019 à 11h32

C'est marrant, mais je viens de me rendre compte que je peux être plus exclusif que je ne le pense.

À quoi pourrait ressembler un sentiment d'exclusivité non-possessif

D'un côté, cela ne m'étonne pas, la plupart de mes relations étaient semi-exclusive. J'ai accepté une exclusivité que je n'attendais pas. Et il m'est souvent arrivé de ne pas avoir envie de faire de place à des sentiments pour d'autres personnes, d'avoir envie de vivre avec les sensations physiques d'une autre personne que celle avec qui j'étais en relation. Cela m'est aussi arrivé après des ruptures ou encore, de ne pas vouloir mettre dans une telle situation une personne dans une relation exclusive, d'autant plus si je tenais à elle. Il m'est arrivé une fois de tromper une personne et j'ai vu ce que cela peut faire de sentir la confiance d'une relation trahie. C'est un séisme émotionnel qui fait craindre que la personne trahie ne retrouve plus jamais la confiance nécessaire à une relation, bref, le douloureux sentiment de culpabilité d'avoir détruit la vie affective d'une personne aimée, d'imaginer qu'elle n'osera plus aimer et se laisser aimée.

D'un autre côté, il y a des phases de la vie où il n'y a même pas l'envie de la sensation d'un corps étranger au sien. Ce qui manque, c'est encore la confiance. Soit que je n'avais plus envie de croire aux joies d'une relation ou que j'avais simplement envie de croire à d'autres choses simplement parce qu'il y a d'autres choses plus importantes ou qui ont de la valeur en soi en dehors d'une relation. De nombreuses parties de notre vie ne dépendent pas de la présence ou non d'une relation dans notre vie.

À quoi pourrait ressembler un sentiment de non-exclusivité non-possessif

Pour ce qui est de la sensation douloureuse dont Laancelot parle, cette sensation physique d'une personne étrangère à soi dans la vie érotique d'une personne aimée, oui, elle existe. Oui, tout le monde peut la connaître, mais de la à définir pour tout le monde ce qu'est l'amour ...

Personnellement, lorsque cette sensation peut me saisir, tout de suite j'ai un sentiment de promiscuité, la sensation de m'immiscer dans la vie intime d'une personne, non, deux personnes. Ce n'est même pas la sensation de "tenir la chandelle", mais de regarder par la serrure d'une chambre où je n'ai pas ma place, la sensation de violer une intimité qui n'est pas la mienne. La seule manière dont cette sensation me semble encore respecter la vie privée et intime de l'autre, des autres, c'est lorsque je reconnais qu'elle est simplement l'expression de la sensation de manque de tels gestes intimes, de la confiance propre à l'érotisme. Et la sensation douloureuse de ce manque s'apaise assez vite avec la conscience d'avoir eu la chance de connaître cette confiance. Me reconnecter à cette chance réveille chez moi la peur et le désir de ne pas trahir cette confiance, bref, en respectant une intimité qui n'est pas la mienne.

Ici, cela n'a rien de proprement non-exclusif, c'est plus la question du respect de la vie privée et intime d'une personne. Mais quelque part, c'est ce que vivent toutes personnes qui connaissent une rupture. Elle doivent passer par une phase non-exclusive, faire le deuil de l'exclusivité qu'elles ont connues.

Là, où cela le devient moins, c'est lorsque cette sensation physique d'un étranger à soi dans la vie érotique d'une personne aimée, la jalousie, se retrouve contrebalancée par la peur, voire la douleur que la personne aimée puisse un jour ne plus oser aimer et être aimée. Ici, les sensations physiques du sentiment de jalousie ne pèse pas lourd face à la peur de voir l'autre perdre le goût de vivre, voire de vouloir en finir avec la vie faute de retrouver ce goût. La sensation de la perte érotique de l'autre pèse, ici, beaucoup moins lourd que la disparition physique de l'autre ou simplement la disparition psychique de son goût de vivre. C'est même un soulagement de voir l'autre connaître la joie d'une autre relation. C'est ce qui m'est arrivé avec la personne que j'ai trompée le jour où elle m'a appelée pour me raconter l'aventure qu'elle avait connue après notre rupture, la joie et le goût de vivre que cette aventure avait réveillée en elle. À ma grande surprise, cette aventure lui avait donné l'envie de "s'ouvrir aux possibles", ce qui signifiait pour elle la possibilité d'une relation non-exclusive entre nous. Le fait que ses mots ainsi que d'autres mots étaient les siens me confirmait que ce désir était authentique.

Le sentiment de non-exclusivité se teinte alors d'un sentiment d'amitié, de fraternité ou de sororité, d'adelphité comme il s'agit du sentiment qu'il peut y avoir entre des frères et des soeurs. Il est possible de se réjouir ensemble des rencontres, des relations que chacun.e peut avoir dans sa vie comme c'est le cas avec un.e ami.e, un frère ou une soeur. Et même sans être arrivé à ce point, j'avais déjà pour elle une autre peur bien plus grande que celle d'un étranger à moi-même dans sa vie érotique, c'était celle de mauvaises rencontres, de mauvaises relations. La non-exclusivité que je lui offrais n'avait aucun sens pour elle avant. Quelques fois, il lui était arrivé de me dire qu'elle allait coucher avec quelqu'un d'autre juste pour voir ce que cela me ferait et tout ce que j'avais à lui répondre, c'est qu'elle prenait le risque de se mettre en danger. Après qu'elle a souhaité cette non-exclusivité, j'ai été pris par le sentiment de la mettre en danger, ce qui a assombri la joie que j'avais qu'elle puisse la souhaiter. Cela a commencé avec la manière dont mon entourage amical parlait d'elle sachant que nous n'étions pas exclusifs, une manière pas toujours très saine qui m'inquiétait pour elle. Ils s'inquiétaient plus que cela puisse me déranger qu'il se passe quelque chose entre elle et eux que ce qu'elle pouvait bien vouloir, comme si tout d'un coup il allait de soi qu'elle voulait de tout le monde un peu comme si c'était un jouet qui appartenait à tout le monde et à personne. J'ai eu le sentiment indicible de l'exposer à du harcèlement sexuel. Il y avait une naïveté sincère dans leurs questions, mais aussi une inconscience dangereuse pour elle et pour eux dans cette naïveté par omission des bases du consentement sans que cela ne signifie que dans les faits il l'aurait omis. D'ailleurs, pour ce que j'ai vu de leur comportement avec elle, ils se sont montré respectueux.

Se sentir trahi dans une relation non-exclusive

Dans la non-exclusivité, le sentiment de confiance de la relation peut être trahi tout autrement. Une autre personne avec qui j'ai été en relation non-exclusive cette fois s'est retrouvée dans une relation exclusive qui lui convenait mieux avec un ami. Elle était disposée à la non-exclusivité, mais ce n'était pas sa disposition préférée. Nous avions tous les trois une amie commune dont cet ami était beaucoup plus proche que nous qui, elle, n'entretenait que des relations non-exclusives. Elle l'appréciait beaucoup et aurait souhaité faire sa connaissance, mais notre ami la tenait à l'écart d'elle et commençait à la revoir en secret, puis refusait de lui parler de ce qui pouvait se passer entre elle malgré le fait qu'elle lui rappelle qu'elle était disposée aussi à la non-exclusivité et que, même, étant bisexuelle, elle pouvait parfaitement comprendre son attirance pour la partager. Le fait d'avoir été traitée comme une personne jalouse l'a extrêmement blessée et a été comme une trahison de la confiance qu'il y avait entre eux. Elle lui en voulait beaucoup de lui refuser cette confiance au point que j'ai dû lui faire observer que ce n'était plus de l'amour, mais de la haine. Cela n'a pas été facile pour elle d'accepter que cela faisait partie de sa personnalité que d'être aussi secret, qu'il avait le droit à son jardin secret, une vie intime bien à lui. Cela l'a apaisée, mais cela n'a rien enlevé au fait qu'elle se sente blessée qu'il ne lui face pas confiance, d'être traité pour une autre personne que celle qu'elle était, une personne jalouse. Elle ne s'était pas sentie respectée pour la personne qu'elle était, ouverte et capable de s'épanouir dans la non-exclusivité. Il l'avait privé de la possibilité de cet épanouissement en ne la traitant pas telle qu'elle. Cela n'avait rien avoir avec le fait d'une autre relation possible, mais d'être prise pour une personne qu'elle n'était pas.

En fait, c'est la même chose qu'elle qui déclenche chez moi les sensations physiques du sentiment de jalousie : ne pas être pris et donc respecté pour qui je suis. Une fois que j'accepte, que ce genre d'erreur est humaine, ça me passe. Puis entre ce que je crois être, ce que je suis, ce que je crois que les autres croient que je suis et ce qu'ils croient que je suis, ... C'est un jeu de miroir narcissique où il est facile de se perdre dans la question de l'être alors qu'il s'agit de faire quelque chose de sa vie.

Exclusivité et non-exclusivité, une question d'attachement ?

J'ai moi-même eu beaucoup de mal à pardonner à cet ami ce genre de comportement qui était régulier chez lui. Alors qu'il aspirait à une relation non-exclusive avec l'une des personnes avec qui il avait été, il n'avait finalement pas pu lorsque cela s'est avéré possible. Elle l'avait trompé et le lui avait dit, elle a appris par d'autres amis qu'il la trompait depuis longtemps avec d'autres personnes. Se rendant compte de cet état de fait, elle lui avait proposé de poursuivre leur relation, mais cette fois sur le mode plus honnête d'une relation non-exclusive. Il n'a jamais réussi à ne pas lui en vouloir et elle ne voulait pas reprendre leur relation sur un mode exclusif. C'est devenu pour lui une période très cynique où il s'est enfermé dans une façade exclusive pour séduire sans aucune intention de changer d'attitude derrière cette façade. Je ne sais pas combien de temps cette période a duré ou ce qu'il en est aujourd'hui pour lui parce que j'ai commencé à prendre mes distances avec lui. Je ne supportais plus les manières d'homme basique qu'il avait choisi explicitement d'adopter et surtout, la manière dont il pouvait parler de certains amis ou amies qui étaient ensemble, comme si ces amis étaient des erreurs de choix en n'étant pas capable de choisir une personne comme lui. Avec le recul, je me rends compte que je n'ai pas été fidèle en amitié, que je n'ai pas été capable de lui dire assez clairement que la personne qu'il devenait me faisait peur, que je ne le reconnaissais plus et que j'avais l'impression qu'il se perdait. Aux dernières nouvelles, je sais qu'il a changé. Comment, je ne sais pas, mais il semble plus lui-même.

Je n'ai aucune envie de juger, ici, un ami qui a été très proche d'autant plus que je ne sais pas ce qui se passait réellement pour lui. J'aurais plutôt, ici, l'envie de parler d'attachement. Une de mes frangines s'intéresse aux différents types d'attachement observé en psychologie. Cette question de l'attachement est aussi revenue dans ma dernière relation, elle a été la première à observer que nous n'avions pas le même mode d'attachement et que ce serait une difficulté constante dans notre relation. Je pense qu'ici le mode ou le modèle d'attachement d'une personne joue beaucoup dans les dispositions d'une personne à être exclusive ou non-exclusive. Il n'y a pas de modèle d'attachement parfait, chacun a ses failles, ses troubles et ses disfonctionnements et cela n'a rien d'évident pour qui que ce soit de s'y retrouver. Après, je ne connais pas grand chose de ces modes d'attachement sinon qu'il y en a qui sont plus sécures que d'autres, où le sentiment de sécurité affective varie de l'un à l'autre. Juger ne peut ici qu'insécuriser encore plus et ce genre de jugement appartient à la psychologie, à une relation thérapeutique, au consentement entre un thérapeute et son patient.

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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artichaut

le mercredi 01 mai 2019 à 01h50

artichaut
C'est quoi la « règle du one-penis » ?

Trouvé, par hasard, aussi, la réponse là :

La vie en queer
La règle du pénis unique (one penis only) : lorsqu’un homme cis hétéro (en général) accepte que sa partenaire ait d’autres partenaires uniquement si iels n’ont pas de pénis. Cette règle est sexiste et lesbophobe puisqu’elle considère que les relations entre femmes sont moins importantes. [Certaines femmes ont un pénis mais les gens qui appliquent la règle du pénis unique sont souvent cissexistes].
(source)

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alinea7

le vendredi 03 mai 2019 à 22h15

oO0
Pour ce qui est de la sensation douloureuse dont Laancelot parle, cette sensation physique d'une personne étrangère à soi dans la vie érotique d'une personne aimée, oui, elle existe. Oui, tout le monde peut la connaître, mais de la à définir pour tout le monde ce qu'est l'amour ...

Personnellement, lorsque cette sensation peut me saisir, tout de suite j'ai le sentiment de promiscuité de m'immiscer dans la vie intime d'une personne, non, deux personnes. Ce n'est même pas la sensation de "tenir la chandelle", mais de regarder par la serrure d'une chambre où je n'ai pas ma place, la sensation de violer une intimité qui n'est pas la mienne. La seule manière dont cette sensation me semble encore respecter la vie privée et intime de l'autre, des autres, c'est lorsque je reconnais qu'elle est simplement l'expression de la sensation de manque de tels gestes intimes, de la confiance propre à l'érotisme. Et la sensation douloureuse de ce manque s'apaise assez vite avec la chance d'avoir eu la chance de connaître cette confiance et me reconnecter à cette chance réveille chez moi la peur et le désir de ne pas trahir cette confiance.
Message modifié par son auteur il y a 7 jours.

Merci pour cette qualité d'introspection, ça m'aide à comprendre comment cette douleur peut être dépassée par certains (et d'autres feront autrement et ça m'intéresse aussi).
Là où je bloque, c'est dans le fait que c'est en train de se produire, que j'y pense ou non, et c'est plus cette idée que j'ai du mal à dépasser. Encore plus qu'une perte de contrôle, c'est une perte du lien. Je n'arrive pas à penser un lien en pointillés temporels et je n'arrive pas non plus à penser un lien inaltéré qui coexiste.
Je sais, je me sens intrinsèquement limitée de ce côté. Je penche pour des troubles du spectre autistique... ^^

Blague à part, j'ai toujours eu l'impression de passer après tout le monde dans mon enfance, il y avait toujours une bonne raison de répondre aux besoins de quelqu'un d'autre plutôt qu'aux miens. Dire que je suis insécurisée par la compétition est en dessous de la réalité, j'ai automatiquement l'impression que je disparais de l'équation s'il y a quelqu'un d'autre au même niveau d'intimité.
J'en viens à considérer que finalement à l'âge adulte, c'est toujours chacun pour soi avec tout le monde, même en couple. Je trouve ça triste j'espérais avoir une dimension de vie et au moins une personne avec qui il n'y aurait pas de conflit et uniquement la recherche bienveillante d'un mieux commun (dans le sens, pas au détriment l'un de l'autre).
Mais à l'usage, assumer le conflit c'est pas si mal. A l'inverse de ce que je pensais, ça ne tourne pas au pugilat. A partir du moment où je reconnais que le conflit est inévitable j'assume mieux ma position, la discussion est plus claire. Ça ne m'empêche pas d'éprouver de l'empathie et c'est plutôt mieux que plonger dans le ressenti de l'autre en totale sympathie jusqu'à perdre mon propre point de vue, mon propre intérêt, jusqu'à mes arguments. Reste à me débarrasser de cette tristesse...deuil de la fusion ? Déni de solitude ? Recherche d'un espace rassurant sans conflit ? Encore la faiblesse de responsabiliser quelqu'un de comment je me sens en ayant l'attente qu'on évite le conflit ?

Et aussi, en fait, au final, si c'est pour vivre du chacun pour soi en couple, je ne vois plus trop l'intérêt ?
Mais là c'est moi qui me re-perds à confondre une quête de sens et une quête de confort...ou de sécurité ?
Bleh, je me suis perdue en route. Du coup si vous avez des pistes je suis preneuse. Et puis ça a plus trop de rapport avec le sujet du fil, du coup je peux peut-être rapatrier ça sur mon fil de discussion ? Pas trop sûre de rien ce soir... :-/

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artichaut

le vendredi 03 mai 2019 à 22h57

alinea7
Je trouve ça triste j'espérais avoir une dimension de vie et au moins une personne avec qui il n'y aurait pas de conflit et uniquement la recherche bienveillante d'un mieux commun (dans le sens, pas au détriment l'un de l'autre).

Moi je pense que ça existe. Et que oui, c'est à activer (plus qu'à rechercher d'ailleurs, histoire de tout de suite couper court à la possible plainte du "mais moi je n'ai pas de chance").
L'erreur est peut-être de chercher ça dans les relations sexo-affectives, où il y a déjà bien trop de choses en jeu. Ou du moins avant de pouvoir l'activer dans des relations sexo-affectives il me semble qu'il faut déjà chercher à l'activer dans d'autres types de relations (celle que l'on nomme "amicales" par exemple)… et peut-être un jour brouiller les cases des relations (amicales, amoureuses & co).
La recherche bienveillante d'un mieux commun, nommée comme telle, ou encore une fois, l'activation bienveillante d'un mieux commun, me semble un but en soi, qui mérite qu'on s'y adonne.
On a que trop négligé la solidarité en ce monde. Il est temps de la réactiver.
Et c'est je pense la seule manière d'activer la compersion.

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artichaut

le vendredi 03 mai 2019 à 23h08

…et quand je suis dans la situation décrite par @oO0, une manière pour moi de vivre cette "sensation de manque de tels gestes intimes, de la confiance propre à l'érotisme" c'est de faire du jardin, c'est à dire je pense, une activité où mes sens sont sollicités (en l'occurence par le contact à la terre, aux plantes, et à la nature, le frisson du froid ou la chaleur du soleil, etc). Ça donne de la consistance à ce manque qui devient rapidement plus doux et léger (accessoirement ça active mon cerveau sur autre chose, à savoir une activité que j'aime, et à laquelle je vois du sens).
Autrement, me rappeller les bons moments passés ensemble et les joies de ma vie et activer la confiance que ces bons moments reviendrons bientôt, ça peut fonctionner aussi.
Et puis faire des choses qui nous font plaisir à soi, et notamment en lien avec le corps.
En tout cas, chercher à nier cette sensation ne fonctionne pas pour moi.
Et voir du monde pas trop non plus (c'est juste une façon de mettre sous le tapis, et ça reviens +fort ensuite). Mais à ce sujet, je suppose que chacun·e est différent·e. Je sais que d'autres au contraire ne supportent pas la solitude dans de tels cas, et que voir du monde leur fait du bien (même dans la durée).

Donc moi je dirais ça : faire une activité, calme — aurais-je tendance à dire (pour aller vers l'apaisement) —, que l'on peut faire immédiatement, que l'on aime, à laquelle on voit du sens, en lien avec notre corps et que l'on sera content·e d'avoir fait.

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bidibidibidi

le samedi 04 mai 2019 à 09h06

alinea7
Je trouve ça triste j'espérais avoir une dimension de vie et au moins une personne avec qui il n'y aurait pas de conflit et uniquement la recherche bienveillante d'un mieux commun (dans le sens, pas au détriment l'un de l'autre).

Pour moi, ça, c'est un peu le fantasme de la mère et l'enfant. Le problème, c'est que l'un est inféodé à l'autre (la mère à l'enfant). Sans relation de domination, ça n'est pas vraiment possible. Tu ne rencontreras jamais personne qui, à tout moment, est exactement dans le même état d'esprit que toi et souhaite les mêmes choses que toi.
La recherche bienveillante d'un mieux commun passe par l'acceptation de l'altérité. Si tu n'admets pas que l'autre est différent de toi, tu rentres dans une relation de contrôle. C'est certainement ça le plus dur, accepter les différences de l'autre, toutes ses différences.

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oO0

le dimanche 05 mai 2019 à 23h30

alinea7
... comprendre comment cette douleur peut être dépassée par certains (et d'autres feront autrement et ça m'intéresse aussi).
Là où je bloque, c'est dans le fait que c'est en train de se produire, que j'y pense ou non, et c'est plus cette idée que j'ai du mal à dépasser. Encore plus qu'une perte de contrôle, c'est une perte du lien. Je n'arrive pas à penser un lien en pointillés temporels et je n'arrive pas non plus à penser un lien inaltéré qui coexiste.

La vie privée, le droit à l'intimité est une réalité. Si tu veux rendre cela plus réel, imagine-toi t'immiscer dans leurs moments d'intimité ... Est-ce que tu as envie d'être cette personne ? C'est là que je fuis en courant !?! Ou plutôt que je suis bien content de ne pas savoir. Quand je te lies, j'ai l'impression que tu as déjà fuit tout ça !

C'est juste que ce n'est pas une perte de contrôle, c'est juste le droit de chacun.e de disposer de son corps. Ce droit est pour ainsi dire naturel, tu disposes naturellement de ton corps. Il/elle dispose naturellement du sien. C'est juste que c'est un lien en pointillé : c'est impossible d'être ensemble tout le temps. Une relation est naturellement discontinue. Je ne vais généralement pas plus loin et ça me suffit. J'apprécie ces limites naturelles de la vie comme des signes de liberté et je m'émerveille d'autant plus facilement de tout ce qu'il y a de possible à l'intérieur de ces limites naturelle de la liberté.

Par contre, la perte du lien est une peur sensée, tout comme son altération, mais cette peur existe aussi dans une relation mono.
=> Qu'est-ce qui dépend de toi pour entretenir ce lien ?

alinea7
..., j'ai toujours eu l'impression de passer après tout le monde dans mon enfance, il y avait toujours une bonne raison de répondre aux besoins de quelqu'un d'autre plutôt qu'aux miens. Dire que je suis insécurisée par la compétition est en dessous de la réalité, j'ai automatiquement l'impression que je disparais de l'équation s'il y a quelqu'un d'autre au même niveau d'intimité.

Là, c'est le même sentiment qui domine mon enfance, c'est le sentiment qui étouffe mon désir d'être parent : si je n'ai pas de place dans ce monde comment puis-je y faire une place pour un enfant ? Par contre, je ne me suis jamais senti en compétition et je ne me sens pas insécurisé, ce qui n'empêche une facilité - limite perverse dirait une amie - à disparaître de l'équation pour la simplifier. Note que, il y a un peu plus de deux ans, j'en ai eu marre de continuer à passer après tout le monde alors qu'il s'agissait de se marrer pour une fois ! "Enfin !", je me disais, même si nous deux, cela ne va nulle part, je suis tombé sur la personne idéale, elle aussi, pour se marrer ensemble dans une situation de désamour plutôt que de pleurer seul chacun.e de son côté !" Le moment est enfin arrivé et là, ... l'idée qu'elle ne venait jamais pour se marrerparce qu'elle avait rencontré quelqu'un d'autre, ... l'idée qu'elle passe à côté d'un moment unique dont nous nous étions réjouis de pouvoir le vivre ensemble plutôt que seul comme d'habitude juste pour ça, ... j'ai passé trois jours de m... !

"Mais qu'est-ce qu'il a de plus que moi Bugs Bunny ! Tu peux jouir avec qui tu veux autant que tu veux, mais viens rire avec moi !?! Qu'est-ce qu'il a de plus que moi Bugs Bunny qui t'empêche de rire avec moi !"

Puis, en fait, je ne savais pas pourquoi elle ne voulait soudain plus rire avec moi alors que le moment était venu. C'était sa vie privée, son corps - point barre. La jalousie, bye, bye ! Le moment de libération, cela a surtout été le moment bien terre à terre où je me suis rendu compte qu'avec toutes les difficultés qu'elle avait traversé, traversait et pouvait encore traversé, ce n'était probablement pas le moment de rire. Là je me suis si senti ridicule !?! Tellement ridicule que c'était libérateur ! Et tant mieux, vu ces difficultés, si elle avait la chance d'être avec quelqu'un. Par contre, l'envie de rire j'ai pas su l'abandonner ... à temps. Et tant mieux pour ma gueule, tout ce que j'ai pris à ce moment là dans ma gueule !?! C'est pathétique de vouloir rire à deux dans son coin là où personne ne rit juste pour ... pour quoi, d'ailleurs ? C'est ridicule !?! C'est pathétique !

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... la recherche bienveillante d'un mieux commun (dans le sens, pas au détriment l'un de l'autre).
... à l'usage, assumer le conflit c'est pas si mal. A l'inverse de ce que je pensais, ça ne tourne pas au pugilat. A partir du moment où je reconnais que le conflit est inévitable j'assume mieux ma position, la discussion est plus claire. Ça ne m'empêche pas d'éprouver de l'empathie et c'est plutôt mieux que plonger dans le ressenti de l'autre en totale sympathie jusqu'à perdre mon propre point de vue, mon propre intérêt, jusqu'à mes arguments.

Là, çà, ça ne dépend que de toi de l'apporter : souris à la vie, elle te sourira ! (Du moins, il y aura plus de chance qu'elle te sourie que si tu tires la gueule !?! Sois ce que tu attends de ce monde !) Pour ma part, j'essaie de ne pas attendre que l'autre apporte ce que je veux dans une relation. Je l'apporte et j'essaie autant que faire se peut de continuer à l'apporter même si l'autre n'est pas au "rendez-vous" ou pas toujours. J'en manque aussi des "rendez-vous". Au moins, j'ai la satisfaction de me sentir moi-même ... jusque dans les "rendez-vous" que je manque. Les meilleurs souvent ! (Parce que je n'ai pas osé les imaginer.) Je ne sais pas combien de fois je suis passé à côté du meilleur simplement parce que je n'étais pas capable de l'imaginer sur le moment pour pouvoir le reconnaître ! Je ne le sais vraiment pas, je le suspecte ...

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Reste à me débarrasser de cette tristesse...deuil de la fusion ? Déni de solitude ? Recherche d'un espace rassurant sans conflit ? Encore la faiblesse de responsabiliser quelqu'un de comment je me sens en ayant l'attente qu'on évite le conflit ?

Pourquoi faire le deuil de la fusion ? Il y a des moments fusionnels dans une relation, c'est juste qu'il n'y a pas que des moments fusionnels. Note que, parfois, faire le deuil de ses attentes permet d'accueillir plus librement les réponses à ses attentes. En faire le deuil, c'est comme passé du besoin au désir. Le besoin est nécessité. Le désir est liberté. Est-ce que tu as remarqué comment les attentes prennent la forme d'une loi qui fait nécessité avec le besoin et deviennent ainsi conflictuelles ? S'agit-il encore d'une invitation qui laisse libre ou d'une injonction qui contraint ?

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Encore la faiblesse de responsabiliser quelqu'un de comment je me sens en ayant l'attente qu'on évite le conflit ?

Là, pour moi, c'est brillant de lucidité ! Il ne s'agit pas d'abandonner tes attentes, mais de changer de rapport avec tes attentes : ne pas responsabiliser l'autre, prendre tes responsabilités ; accepter que le conflit n'est pas synonymes d'absence de bienveillance. Tu sais que les enfants font leur crise avec les personnes avec lesquelles ils se sentent en conf(lit)...iance ?!? Est-ce que ce n'est pas cette confiance qui rend les relations si conflictuelles ? Le fait de se sentir suffisamment en confiance que pour entrer en conflit ... Est-ce que la vie elle-même est là où nous l'attendons, finalement ?

Après, la lucidité, ce n'est pas tout ! Je me connais des impasses qui ressemblent juste à des impasses. J'ai beau savoir que je fais fausse route, je n'ai aucune idée de la bonne route à prendre.
__________

P.-S.: C'est quoi ton fil ? Celui où tu dois retourner ?

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... ça a plus trop de rapport avec le sujet du fil, du coup je peux peut-être rapatrier ça sur mon fil de discussion ? Pas trop sûre de rien ce soir... :-/

Pour moi, cela avait un rapport ! Tu as offert avec ta lucidité sur toi-même des pistes de déconstruction de cette impression qu'il est impossible de sortir de cette sensation physique de jalousie de sorte que cela devrait être ça qui définit l'amour, le vrai.

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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Profil

artichaut

le dimanche 05 mai 2019 à 23h54

oO0
Pourquoi faire le deuil de la fusion ? Il y a des moments fusionnels dans une relation, c'est juste qu'il n'y a pas que des moments fusionnels.

J'aime beaucoup.

Mettons un peu de complexité dans ces schémas trop simplistes dont on nous abreuve.

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