Polyamour.info

artichaut

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Rennes (France)

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Discussion : Egalité entre demande mono et demande poly ?

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artichaut

le vendredi 26 septembre 2025 à 13h45

Un des problèmes majeur que je vois aujourd'hui à l'éthique polyamoureuse, c'est quelque chose du genre on se doit d'accorder à l'autre ce que l'on exige pour soi.
Je veux plusieurs relations (amoureuse et sexuelle bla bla bla) donc j'accepte que l'autre, je concède à l'autre, d'en avoir aussi. Et souvent je me ment à moi-même sur ma capacité réelle à encaisser ça de l'autre.

C'est un peu comme le consentement. Ce terme si mal choisis. On n'est pas dans un enthousiame compersif mais dans quelque que chose que l'on concède que l'on octroie (comme si c'était à nous d'octroyer !) à l'autre. Tout est biaisé dès le départ.
Et l'on veut tellement, que c'est facile de se croire capable de la réciproque et de faire du bon gros déni là-dessus.
C'est pas du polyamour, c'est juste du libéralisme et du marchandage relationnel (vouloir plus, donc éventuellement accepter quelques contreparties).

*
Désolé @quest si tu as l'impression que je dévie le sujet de ton fil. Mais poser les questions que tu poses me semble difficile, en faisant l'impasse de telles considérations.

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Discussion : Egalité entre demande mono et demande poly ?

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artichaut

le vendredi 26 septembre 2025 à 13h14

quest
Alors pour répondre à Artichaut sur ma situation perso, non ce n'est pas moi qui veut changer les règles du jeu, on a commencé en mode poly (parce qu'elle voyait quelqu'un d'autre), et elle a voulu changer les règles quand moi j'ai eu une autre histoire. J'ai accepté alors de m'engager pendant 6 mois en mode mono, mais pas après. On s'est déjà séparé une fois au bout des 6 mois et elle est revenue vers moi en connaissance de cause.

Il y a quelques années j'aurais (presque) pu penser/dire/écrire : « Vous n'avez pas vécu de polyamour, ce n'est pas du polyamour que vous viviez. Tant qu'il n'y a pas compersion réciproque, et vécue dans les faits, il n'y a pas polyamour. »
Car dans ma logique le/la poly c'est pas celui/celle qui a plusieurs relations, mais celui/celle dont le/la partenaire à d'autres relations, et qui est heureux de ça. C'est ça l'amour, être heureux pour l'autre, vouloir le bonheur de l'autre, non ?
Mais qui suis-je pour dire ça ?

Du coup, je me suis plutôt rendu à l'évidence inverse, le polyamour, c'est avoir soi plusieurs relations (sous entendu d'amour et/ou de sexe) [avec évidemment le consentement bla bla bla]. Et ça a peu à voir avec la compersion. C'est ce qu'on fait soi, pas ce que fait l'autre.
On ne peut pas lutter contre la force sémantique du mot, et de ce qu'assez logiquement en ont fait les médias, le cinéma, etc (depuis en gros le début des années 2020).

Du coup chercher l'égalité, l'équité, ou qui a la plus grande légitimité entre mono et poly aujourd'hui ça se complexifie.
Car d'un côté le poly reste encore minoritaire et hors norme, d'un autre côté il valide et démultiplie la norme.
Tantôt il subit, tantôt il impose. Tantôt il est oppressé, tantôt il oppresse encore plus.

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Discussion : Egalité entre demande mono et demande poly ?

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artichaut

le vendredi 26 septembre 2025 à 12h40

Si j'ai bien compris le propos d' @Alinea7 il ne s'agissait pas de combiner ces deux incompatibilités, mais de comparer ces deux désaccords (de projet de vie).

Mais ce que tu soulève @quest, c'est que sur le papier c'est toujours la monogamie qui empêche. Ce qui est assez logique vu que l'autre, le poly, se place théoriquement du côté de la liberté, de l'ouverture des possibles.

Avec le poly, tout devient possible, pourrait-on dire sous forme de slogan politique ou marketing.

Et on touche là pour moi à une contradiction du polyamour, tel que je le vois souvent pratiqué.
- d'un côté il donne un sentiment magique de liberté, d'ouverture ou réouverture totale du champ des possibles, voire de simplicité apparente, comme une évidence oubliée
- de l'autre je le vois enraciné, englué dans une monogamie persistante, inconsciente ou inassumée la plupart du temps, qui le fait réclamer des choses contradictoires avec ce qu'il prône ou semble prôner, qui ne prend pas en compte la complexité des problèmes, qui recherche ou exige bien souvent une polymonogamie (avec donc des enjeux contradictoires qui se téléscopent), qui se croit toujours plus fort qu'il n'est, etc /ce que je voulais dire notamment quand je disais : ça ne me semble pas vrai que on ne demande rien à l'autre dans une relation polyamoureuse.

Ainsi par exemple d'être attiré par "la magie du polyamour", et de se rendre compte que c'est pas si simple quand c'est l'autre qui à son tour entame une relation, ou intensifie une relation existante. Et que ça vient révéler tout ce qu'on n'a pas vouloir voir dans la "NRE" propre au polyamour. Quand on se retrouve par exemple à son tour délaissé, ou secondarisé et que le "libéralisme" poly prend soudain une autre saveur.

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Discussion : Egalité entre demande mono et demande poly ?

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artichaut

le jeudi 25 septembre 2025 à 01h08

quest
non ce n'est pas moi qui veut changer les règles du jeu, on a commencé en mode poly

ok, j'étais à côté de la plaque.

quest
Egalité entre demande mono et demande poly ?

Si l'on se place d'un point de vue systémique, la monogamie est la norme, donc du côté de l'oppression. S'il fallait définir une légitimité théorique plus grande, pour moi elle serait — sur ce plan-là, et indépendemment des autres données systémiques en jeu — du côté non-monogame.

Mais la grille de lecture systémique a aussi ses limites et il n'est pas simple de faire des généralités.

quest
Si c'est la même chose de demander que l'autre reste exclusif, et de demander d'avoir une part de liberté, pour soi.

Non, ce n'est philosophiquement pas la même chose.
L'un prône la sécurité (ou l'engagement ?), l'autre la liberté.

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Discussion : Egalité entre demande mono et demande poly ?

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artichaut

le mercredi 24 septembre 2025 à 16h20

quest
Je veux une relation polyamoureuse, car c'est ainsi que je me sens aligné, la personne que je fréquente veut une relation monogame.

Vous ne voulez pas la même chose. Ça semble donc compliqué.
(Et s'il doit y avoir séparation, c'est plutôt à toi de la poser, vu que c'est toi qui me semble t-il, veut changer les règles du jeu.)

quest
Quel chemin trouvé pour un équilibre entre les deux ?
Quel compromis à égale distance peut-on faire ?
Sachant qu'au moindre écart, l'autre a l'impression que c'est uniquement ma direction qu'on prend (comme si j'avais gagné le bras de fer).

La manière dont la monogamie est vécue, ressemble souvent un genre de totalitarisme. J'aurais tendance à penser que la monogamie en soi est totalitaire (elle veut tout ; et souvent veut imposer ce tout à l'autre, exiger ce tout de l'autre ; sans ce tout elle n'existe pas). Donc à moins d'une personne ouverte à repenser (au moins un peu) la norme monogame, je dirais que c'est perdu d'avance.

Être mono c'est souvent se ranger, et ne pas vouloir passer trop de temps à re-questionner sa relation, ou les relations en général, ou les liens affectifs en général. Être poly nécessite de passer beaucoup de temps à tout re-questionner (et à re-questionner le tout). Tu ne peux imposer ça à quelqu'un qui ne le veut pas. Tu ne peut imposer le changement — et même le changement perpétuel — à quelqu'un qui cherche avant tout la stabilité.

J'ai le sentiment que la seule "vraie bonne" méthode, disons la seule méthode vraiment honnête pour ouvrir un couple, serait de :
- poser une rupture et l'assumer (car c'est de ça en réalité dont il est question : rompre avec un fonctionnement précédent, souvent tacite, mais néanmoins là) ;
- devenir poly et s'assumer pleinement comme tel ;
- laisser la possibilité à l'autre de revenir vers nous, en connaissance de cause.

quest
J'ai l'impression quand on veut une relation exclusive qu'on demande à l'autre "je veux que tu" (te comporte comme je veux). Alors qu'on ne demande rien à l'autre dans une relation polyamoureuse, on dit juste "cette part-là, de moi, je ne souhaite pas la mettre dans le pot commun".
Qu'en pensez-vous ?

Oui, alors que le/la poly dit plutôt "Je veux que je…"
Mais pour autant ça ne me semble pas vrai que on ne demande rien à l'autre dans une relation polyamoureuse.

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Discussion : Polys renommé.e.s, personnalités célèbres, etc

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artichaut

le mercredi 17 septembre 2025 à 13h54

RnR
Georges Brassens qui vécut en trouple avec sa Jeanne et son époux un temps je crois, sa relation avec Joha Heiman? Ils étaient en couple mais pas sous le même toit, ni mariés, et elle devait bien se douter de ses autres amourettes....Mais quid d'elle et des autres?

J'ai suis tombé sur ceci : Georges Brassens : ces anecdotes secrètes que peu connaissent sur la vie du chanteur français, extraits concernant le sujet ici :

Georges Brassens est adepte du ménage à trois
En 1942, Brassens est à Paris où il passe ses journées à se forger une culture littéraire et poétique. Il est logé par sa tante Antoinette dans le 14e arrondissement. Celle-ci lui présente une amie couturière, Jeanne Planche, née Le Bonniec. Elle tombe sous le charme du jeune homme, de trente ans son cadet. S’ensuit une romance qui sera interrompue en 1943 par le départ de Brassens pour le Service du travail obligatoire en Allemagne imposé aux jeunes Français. A son retour, Georges s’installe chez Jeanne. Mais voilà, elle est mariée à Marcel. Qu’à cela ne tienne, ces trois-là vont bien s’entendre ! Dans leur modeste logis, impasse Florimont, Jeanne va devenir sa muse, sous l’œil bienveillant de son mari Marcel. C’est Jeanne qui lui offre sa première guitare et l’aide à éditer ses premiers ouvrages. Tout en faisant preuve d’une jalousie féroce : aucune des conquêtes de Georges n’a le droit de venir à l’impasse. Quand Jeanne se remarie après la mort de Marcel, en 1966, Brassens quitte l’impasse.

Georges Brassens vit séparé de la femme de sa vie
Un soir de 1946, au métro Plaisance, Brassens remarque une fille. Elle s’appelle Joha Heiman. C’est une comédienne estonienne, de neuf ans son aînée. Un jour, il ose l’aborder. "On est allé jusqu’au boulevard Brune, il y avait une vieille gare, on ne pouvait plus se quitter, on a parlé, parlé…" raconte-t-elle dans un entretien en 1993. Brassens en tombe fou amoureux. Mais pas question de s’installer avec elle. Il continue d’habiter chez Jeanne et voit Joha trois fois par semaine à 15 heures. "A partir de 14 heures, je suis heureux, j’ai rendez-vous avec elle", raconte-t-il en 1979 dans VSD. Celle qu’il surnomme Puppchen, "petite poupée" en allemand, restera sa compagne jusqu’à sa mort. Elle lui inspire La Non-demande en mariage où il expose son refus du couple conventionnel : "J’ai l’honneur de ne pas te demander ta main / ne gravons pas nos noms au bas d’un parchemin."

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Discussion : Metamour qui veut ignorer le polycule

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artichaut

le mardi 16 septembre 2025 à 23h15

Puisque tu me pose la question, je vais répondre. Mais chaque histoire est différente, bien sûr.

Nouna
Prendre conscience de quoi ?
Et qui n’a pas respecté le contrat ?
Certainement pas toi j’ai l’impression tu n’as même rien fait.

Sur le papier, et avec les seuls éléments que j'ai raconté là, oui, tu as raison. Mais les humains ne sont pas fait de papier.

J'ai manqué d'anticipation et d'empathie.

Ce qui m'a manqué :
- prendre concience, que partager du sexe avec C, alors que A et C naviguait dans le même milieu était totalement casse gueule ;
- que même si c'est "dans le contrat" on tombe dans des dynamiques d'adultère (de type l'amant·e cachée dans le placard) ;
- comprendre que si A ne voulait rien savoir, ça signifiait ne pas vouloir être confronté à ça, ça signifiait être dans le déni, vouloir que ça n'existe pas mais sans pouvoir l'assumer (ayant elle-même plusieurs partenaires, elle ne pouvait pas décemment me demander d'être exclusif).

En tant que pivot j'étais le seul à avoir toutes les informations, et avoir les infos, c'est avoir du pouvoir.

Nouna
qu’est-ce que tu aurais du/pu faire après réflexion?

Hum… bonne question.

Refuser le deal de A, je pense.
Ne rien vouloir savoir, n'est pas tenable dans la pratique.
Donc soit j'accepte de devenir exclusif (ce qui n'est pas la demande), soit j'arrête ma relation avec A.
Ou bien creuser la question avec A. Être assez empathique (ce qui n'était pas mon cas à l'époque) pour accepter la jalousie de A (appelons les choses par leur nom), être capable d'en prendre soin, et qu'elle accepte du coup d'avoir le strict minimum d'informations nécessaire (connaître l'existence et le prénom de mes autres relations) sans forcément tous les détails.
Ce qui évidemment risquait d'en faire un sujet, ce qu'elle voulait justement éviter. Donc c'est assez inextricable.

Aujourd'hui quelqu'un qui ne veut rien savoir, je pense que je ne relationnerait pas avec. Mais là c'était une relation ancienne, poly depuis le départ, et où la demande de secret est venue en cours de route. Je ne voulais pas arrêter cette relation, donc c'était compliqué.

Nouna
Bon je crois que je devrais arrêter de me torturer l’esprit mais j’avoue que j’ai du mal à digérer le coup des vacances… j’ai ete vraiment vexée, et en même temps je sais que M me laissera pas tomber… que c’est le temps de se caler.

Tu es profondément blessée, et il va falloir du temps pour panser ça.

Sans doute qu'il y a quelque chose comme de la jalousie aussi. Pas sur l'existence même de la relation, mais sur des privilèges peut-être.
Ça peut valoir le coup de regarder de ce côté-là.
Indépendemment de sa jalousie à L (même si évidemment ce n'est pas délié).

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Discussion : Metamour qui veut ignorer le polycule

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artichaut

le lundi 15 septembre 2025 à 18h49

Nouna
J’ai failli passer la soiree avec elle sans qu’elle sache qui je suis. C’est bizarre non?

Carrément casse-gueule !

Ça m'est arrivé en tant que Pivot, que A et C se rencontrent (sans moi), alors que A ne voulait rien savoir. Ça n'a pas empêché A — qui a finit par l'apprendre (pas par moi) — de me le reprocher ensuite.

Ne pas vouloir savoir est du protectionnisme, et se retrouver en présence de C malgré les précautions de protections, c'est cata. Donc ça donne le sentiment qu'un contrat n'a pas été respecté. Alors que c'est la situation qui est pourrie de base, si les personnes sont suceptibles de se rencontrer.

En tant que pivot je n'avais pas pris (ou pas voulu prendre) concience de ça, à l'époque.

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Discussion : Metamour qui veut ignorer le polycule

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artichaut

le samedi 13 septembre 2025 à 13h10

Alastor
Et c'est pour ça que selon moi le rôle du partenaire pivot est le plus important,

Je plussoie complétement ton analyse @Alastor la responsabilité principale revient à la personne Pivot (P, ou B dans ton exemple).
C'est P qui choisis d'être en relation avec 2 personnes, c'est à P principalement d'assumer tout ce que ça implique.

Et trop souvent P justement s'en dédouane, laisse les autres se débrouiller, et se contente de consommer ses amour plurielles. C'est trop facile et c'est surtout inconséquent.

Et soyons clair, être P c'est loin d'être confortable et de tout repos. Mais c'est le prix à payer si l'on veut vivre les amours plurielles en régime monogame.

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Discussion : [Fil chantier] propositions de nouveaux axes pour un questionnaire poly-typologique

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artichaut

le vendredi 05 septembre 2025 à 22h56

Aki
sais-tu s'il existe une version "finale" de ce questionnaire, intégrant tous les ajouts discutés sur ce fil ?

À ma connaissance, personne ne s'en est chargé…

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Discussion : [Texte] Symphonie des astres en amour majeur, par Crocodile, 2017

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artichaut

le vendredi 05 septembre 2025 à 22h55

C'est tout le site Polyvalence qui a l'air en berne.

Voici l'archive contenant texte et dessin.

Et voici le texte.

Symphonie des astres en amour majeur
Tu es merveilleux. Tu as créé un univers autour de moi, pour moi, dans lequel je suis en sécurité. Je sais que vu mon état, le polyamour c'est téméraire, voire audacieux, voire complètement inconscient. Je suis là, je gravite avec ma dépression qui me ronge, qui touche parfois les zones de confort entre nous mais tu ne lâches rien, les rayons de ton soleil réchauffent mon coeur quand il fait froid et sombre en moi. Avec toi, avec lui, avec elle, ça va.

Parce que vous êtes des planètes magnifiques, patientes et bienveillantes. Parce que vous ne vous lassez jamais de me dire que je suis une belle personne. Parce que vous me répétez tous ces compliments. Comme une lune fidèle, votre amour révolutionne autour de moi et me révolutionne moi. Dans mon ciel la lumière de vos astres m'aide et m'indique le chemin. Vous êtes mes étoiles du berger.

J'ai pu accomplir ce week-end un acte de foi. J'ai dormi chez elle, ton autre copine, celle avec qui tu passes du temps quand tu n'es pas avec moi, toi le garçon dont je suis très amoureuse. Je ne savais pas comment mon moral allait tourner, j'avais très envie de boire. J'ai demandé à son autre copain de rester avec moi cette nuit mais j'avais peur de me jeter dans ses bras, d'acheter du réconfort avec du sexe, alors que je n'ai pas d'attirance pour lui et aucun sentiment amoureux. Je n'ai pas bu, je n'ai pas séduit ce garçon, on a fumé des spliffs et écouté de la musique. Je n'ai pas été jalouse, je n'ai pas été inquiète. La pensée que vous étiez là, dans la maison, dans la même chambre, dans le même lit, m'a évidemment traversé l'esprit. Ce n'était pas très agréable de s'attarder dessus alors je ne l'ai pas fait. J'ai pensé que j'étais reconnaissante de t'avoir dans ma vie. Oue tu as fait de moi le soleil autour duquel ta vie révolutionne. J'étais reconnaissante qu'elle m'ait invitée chez elle pour me rassurer. Oue son copain ait organisé sa soirée de façon à pouvoir me soutenir. Je me suis dit que le lendemain, nous serions toi et moi juste tous les deux. Ou'en fait tout le monde m'écoutait et me respectait. J'ai laissé ce sentiment-là prendre le dessus.

J'ai choisi le polyamour et cela m'impressionne, m'effraye parfois, mais c'est aussi une chance inédite et je ne le regrette pas. Il permet à mon histoire avec toi d'exister en parallèle d'un autre partenariat affectif que j'ai et il vous a permis à elle et toi de vous rapprocher. Je sais bien que ceci constitue uniquement une bataille et non la guerre gagnée sur la jalousie, car ce travail devra toujours être remis sur l'ouvrage. Mais cette soirée et cette nuit, ce week-end en général, ont prouvé que ces situations — inédites pour l'ancienne mono que je suis — sont en fait complètement gérables, à condition d'y mettre les formes. Je suis fière de moi. Je suis fière de toi aussi car tu as redouté que dans un moment de détresse, je me rapproche de cet ami avec qui je suis restée cette nuit-là ; mais tu as réussi à me (nous) faire confiance. J'ai l'impression d'avoir traversé l'épreuve du feu et d'en être sortie comme auréolée de gloire. Je suis sur un nuage. J'ai passé une bonne semaine. J'ai passé un super week-end. J'ai l'impression d'être bullet proof. Jusqu'à la prochaine insécurité mais, hey, finalement rien n'est insurmontable.

J'ai confiance en moi, en vous, j'ai laissé couler le temps entre mes doigts, sans le compter, en me réjouissant que vous vous soyez trouvés l'un l'autre. En profitant pleinement du sentiment d'être libre, complètement, mais pas seule : pas libre comme quand on est célibataire. Libre mais pas seule, tout un nouveau monde pour moi. Je suis reconnaissante que nos orbites se croisent. Je suis pleine de gratitude que tu m'aies choisi moi, que tu l'aies choisi elle. Tu colonises de jolies planètes jumelles. Je suis heureuse qu'avec nos spécificités, nos attentes parfois différentes, mais surtout avec le même élan de s'aimer dans le respect de nos libertés individuelles, on arrive à faire ce beau voyage ensemble.

Je suis heureuse que ma dépression soit prise au sérieux. Par vous toustes. Je suis contente de ne pas être moquée. Je suis heureuse qu'on pense à me demander si ça va. Ou'on me prévienne à l'avance. Je suis heureuse qu'on fasse attention à moi. Et je fais attention à vous. Je pense que j'arrive enfin à saisir comment je peux m'installer dans cette galaxie, je pense que je vois quelle est ma place, que je vois tout je que je peux en tirer pour moi, et ce que je peux apporter aux autres. Ça ne sera pas toujours facile mais ça va le devenir de plus en plus. Et les couacs se feront de plus en plus rares. On dit que les astres font une musique inaudible à l'oreille humaine. Mais comme je suis une planète je nous entends chanter, toustes les quatre. C'est très harmonieux. Est ce que vous nous entendez aussi ? La bande son de notre constellation est somptueuse.

Je ne me lasse pas de nous aimer. Nous et notre révolution polyamoureuse.

Crocodile

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Discussion : [Outil] Questionnaire Polyamoureux

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artichaut

le mercredi 03 septembre 2025 à 10h17

Et à propos de questionnaires, j'en profite pour signaler ces trois fils :
- RBDSM, outil de communication relationnelle
- Questionnaire relationnel
- [Fil chantier] propositions de nouveaux axes pour un questionnaire poly-typologique

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Discussion : [Outil] RBDSM, outil de communication relationnelle

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artichaut

le mercredi 03 septembre 2025 à 10h13

À propos de questionnaires, je signale ces trois fils :
- Questionnaire relationnel
- Questionnaire Polyamoureux
- [Fil chantier] propositions de nouveaux axes pour un questionnaire poly-typologique

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Discussion : [Fil chantier] propositions de nouveaux axes pour un questionnaire poly-typologique

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artichaut

le mercredi 03 septembre 2025 à 10h12

À propos de questionnaires, je signale ces trois fils :
- Questionnaire relationnel
- Questionnaire Polyamoureux
- RBDSM, outil de communication relationnelle

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Discussion : [Outil] Questionnaire relationnel

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artichaut

le mercredi 03 septembre 2025 à 10h11

À propos de questionnaires, je signale ces deux autres fils :
- RBDSM, outil de communication relationnelle
- [Fil chantier] propositions de nouveaux axes pour un questionnaire poly-typologique

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Discussion : [Outil] Questionnaire relationnel

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artichaut

le mercredi 03 septembre 2025 à 10h09

JF
J'ai fini par etoffer un questionnaire (…) Récemment je l'ai mis en ligne là, si ça peut enrichir la discussion: https://diatopique.org/Questionnaire-Polyamoureux....

Et depuis une page spécifique a été crée à ce propos.

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Discussion : [Outil] Questionnaire Polyamoureux

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artichaut

le mercredi 03 septembre 2025 à 10h02

Le tableau dont-il est question en note présente les modes de transition du VIH et 8 autres IST (notamment en fonction des pratiques, mais pas que) et les fluides pouvant les transmettre ou non, avec une légende d'évaluation des risques.

Si les liens ne fonctionnent pas, je l'ai également trouvé ici.

D'autres tableaux du même genre existent.

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Discussion : [Outil] Questionnaire Polyamoureux

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artichaut

le mercredi 03 septembre 2025 à 09h52

Ça ne fonctionne pas sur Firefox chez moi, ce qui est dommage.

Voici une sauvegarde :

Questionnaire Polyamoureux
Questionnaire
Ces questions gagnent à être discutées au plus tôt dans la relation, y compris avant que la relation ne s’engage. C’est aussi l’occasion d’aborder en transparence la question polyamoureuse quand votre interlocuteur.trice ne connaît pas bien cette philosophie.

0) Est-ce que tu souhaites savoir que j’ai d’autres relations affectives et sexuelles ?
Si tu ne souhaites pas le savoir, est-ce bien une relation polyamoureuse que tu souhaites ? Et si oui comment la distingues-tu d’une relation libertine ? Où places-tu l’éthique dans ce cas ?

1) Comment et quand souhaites-tu entendre parler de mes autres relations ?
A ta demande ou à mon initiative ? Par écrit, par téléphone, en face à face ? Dès que j’ai conscience qu’il peut se nouer quelque chose ou après que la relation soit clairement engagée ? Est-ce qu’il y a des circonstances particulières à éviter ou à préférer ?
En ce qui me concerne, voilà ce que je souhaiterais : ...

2) Que souhaites-tu savoir de mes autres relations ?
Quel niveau ou type de détail veux-tu connaître ? Au sujet des liens que je noue ? Au sujet des personnes elles-mêmes ? Est-ce que tu veux les rencontrer ou est-ce que tu préfères ne jamais les voir ? Que veux-tu savoir de la manière dont j’investis mes relations (hiérarchie relationnelle, anarchie relationnelle) ?
De ton côté, organises-tu tes relation comme une anarchie relationnelle ou comme une hiérarchie relationnelle ? Dans ce dernier cas quelle est la relation principale ?
En ce qui me concerne, voilà ce que je souhaiterais : ...

3) Qu’est-ce que je peux dire de toi et de notre relation à mes autres partenaires ?
Est-ce que je peux donner ton nom ? Est-ce que je peux parler de ce qui se passe dans notre lit ? Est-ce que je peux parler de ta famille, de ton boulot, de ton histoire etc ? Est-ce que je peux parler de tes autres relations ?
En ce qui me concerne, voilà ce que je souhaiterais : ...

4) Quelles assurances/tests souhaites-tu avoir concernant mon hygiène, en particulier sexuelle ?
Quels tests de dépistage d’Infection Sexuellement Transmissible (IST) voudrais-tu que je réalise ? Comment souhaites-tu que je te communique ces résultats ? En cas d’accident ou d’infection sommes nous d’accord pour communiquer au plus vite, sans autre forme de timidité ? Même question en cas de grossesse ?
De ton côté, quels tests as-tu ou penses-tu réaliser ? Serais-tu d’accord pour me montrer les tiens afin que je puisse attester à mes autres relations les avoir vu et ne pas avoir à leur demander de te faire confiance alors qu’elles ne te connaissent pas ?
Pour être totalement rassuré, je souhaiterais : ...

5) Quels moyens de protection contre les IST veux-tu utiliser ? De contraception ?
Étant donné les éventuels tests, quels sont les moyens de protection que tu souhaites utiliser avec moi ? Quels sont les moyens de protection que tu utilises avec tes autres partenaires ? Quels moyens de contraception entre nous ? Quels sont les risques que tu souhaites prendre avec moi ? Avec tes autres partenaires ? Par exemple un rapport bucco-génital non protégé ? Y-a-t-il d’autres questions d’hygiène intime que tu voudrais que l’on aborde ? Par exemple : est-il envisageable de dormir dans les mêmes draps qu’une autre relation ? En ce qui concerne tes préférences ou tes aversions sexuelles, y-a-t’il quelque chose que je dois savoir ?
-> pour une meilleure compréhension des enjeux ce tableau peut aider [1]
En ce qui me concerne, voilà comment je fonctionne : ...

6) Quels sont les signes publics d’affection que tu envisages ?
En ce qui concerne les signes (gestes et mots) d’affection en public (baisers, caresses, proximité physique, mots tendres, diminutifs) qu’est-ce qui est acceptable ou souhaitable pour toi ? Lorsque l’on est tous les deux seuls ? Lorsque l’on est tous les deux en présence d’inconnus ? Lorsque l’on est en présence de partenaire(s) à toi ? Lorsque l’on est en présence de partenaire(s) à moi ? Y-a-t’il d’autres publics auxquels faire attention (les enfants, la famille, les collègues etc.)
En ce qui me concerne, voilà ce que je souhaiterais : ...

7) Quels contacts souhaites-tu avoir avec tes autres relations lorsque nous passons du temps ensemble ?
Lorsque l’on est tous les deux, qu’est-ce qui est souhaitable pour toi comme contact distant (chat, mail, téléphone) avec tes autres relations ? Qu’est-ce qui est confortable pour toi que j’aie comme contact avec mes autres relations en ta présence ? Si nous passons plusieurs jours d’affilé ensemble, est-ce que cela change quelque chose ? Est-ce que les contacts doivent être discrets ? Ou est-ce que cela t’intéresse de voir comment je communique avec mes autres relations ? Qu’est-ce qui te semble "trop long" comme temps consacré à quelqu’un d’autre quand nous sommes ensemble ? D’un autre coté, est-ce qu’il y a un temps maximal que tu souhaites que l’on passe ensemble ? Et/ou un temps minimal ?
En ce qui me concerne, voilà ce que je souhaiterais : ...

8) Quelle sont les fréquences maximales et minimales qui te semblent naturelles pour nos différentes formes d’échanges ?
A quelle fréquence trouves-tu normal de se voir ? D’avoir des relations intimes ? A quelle fréquence trouves-tu normal d’avoir des nouvelles ou d’échanger à distance (téléphone, textes, etc) ?
Toutes les heures ? Une fois par semaine ? Une fois par mois ? Est-ce qu’il y a des choses auxquelles faire particulièrement attention concernant cette communication ? (Ne pas appeler la nuit ? ne pas laisser 24h sans répondre ? Ne pas laisser une semaine sans nouvelle ? ...)
En ce qui me concerne, voilà ce que je souhaiterais : ...

9) Est-ce que tu as besoin de précautions particulières de la part de ceux avec qui tu partages une relation affective et/ou sexuelle ? S’il y a des enfants, quelle est leur position vis à vis du polyamour du parent ? Position du reste de la famille ? Est-ce qu’il y a des lieux à éviter (par exemple chambre conjugale du couple principal dans un relation hiérarchique) ? Des sujets tabous, des gestes anxiogènes, des traumatismes, des parties de ton corps problématiques, des déclencheurs physiques (toucher, dysmorphophobie, pratiques sexuelles...) ou psychologiques (mots, attitudes...) ?


Conclusion
Il est impossible de répondre de manière définitive à ce test. La sensibilité évolue, l’expérience permet de mieux se connaître et d’affiner ses préférences. Il est donc important de comprendre que quelles que soient les réponses données, elle peuvent être mises à jours à tout moment.

Il est donc important de re-poser ces questions régulièrement.

Le principe n’est pas d’avoir une situation immuable, mais de permettre à chaque moment de la relation à chacun.e de pouvoir agir honnêtement et de manière éclairée au mieux des connaissances et des consciences partagées pour que la relation soit belle et nourrissante. Et par conséquent... :

ceci n’est pas un contrat c’est juste une base de discussion ! Nul n’est tenu d’être cohérent avec ses réponses précédentes on a le droit d’évoluer ! En revanche, on peut apprécier l’effort que notre partenaire fait avec les informations dont il dispose.

P.-S.
Ce questionnaire est le résultat de nombreux échanges et retours d’expériences sur ce mode de relation affective et sexuelle. Merci à tou.te.s celleux qui ont permis de l’améliorer. Il s’est enrichi au gré de problèmes rencontrés, avec toujours cette même question : de quoi aurions-nous pu parler en amont pour éviter que ce problème ne devienne grave et/ou douloureux ?

Notes
[1] Ce tableau qui décrit les risques classés par pratique vient de https://preventionsida.org/fr/depistage/le-depista... il peut aussi être trouvé sur https://corevih-sud.org/ist/


Source : DiAtOpIqUe - D’un sujet à l’autre
Questionnaire Polyamoureux
dimanche 1er septembre 2019, par Julien Falconnet

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Discussion : Est-ce mal d'avoir des attentes dans nos relations (et dans la vie en général) ?

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artichaut

le mardi 26 août 2025 à 12h12

J'en profite pour ramener ici un post d' @Alabama à propos des attentes, qui peut se rapprocher de ce que j'énonce ci-dessus, même si je le formule autrement ou via un autre registre.

Alabama
Dans mon expérience des dernières années, ce n'est pas vouloir changer mes attentes qui m'a permis de me sentir plus tranquille. C'est au contraire, de les assumer pleinement, et de les dire. Et aussi, lâcher prise (facile à dire mais punaise, ce que ça a été laborieux de comprendre ce que ça veut dire vraiment concrètement) sur l'avenir de ma relation amoureuse. Accepter pleinement que je n'ai aucune prise sur l'issue d'un lien avec une personne. Peut-être que cela rejoint l'abandon de la toute-puissance dont parle @artichaut, mais sur un autre plan. Accepter pleinement que ce n'est pas moi qui vais décider si cette relation continue, s'arrête, fait une pause ou je ne sais quoi d'autre. Ça va se faire. Et il n'y a rien à faire d'autre qu'être là, avec ce qui est à l'instant T. Et je ne parle pas de vivre sereinement des choses qui nous bousculent. Non. Parfois, accepter ce qui est, c'est accepter que c'est dur, que ça fait mal, que c'est pas comme je veux et que ça me rend triste et en colère. Et moi, j'ai cette tendance à chercher la solution, à trouver quoi faire pour rétablir l'équilibre. J'ai appris que je pouvais aussi ne rien faire.

Source : #

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Discussion : Est-ce mal d'avoir des attentes dans nos relations (et dans la vie en général) ?

Profil

artichaut

le mardi 26 août 2025 à 11h44

LeGrandStyle
Personnellement je ne fais pas la différence entre envies et attentes.
La façon de communiquer est importante, mais il y a dans les deux cas une pression exercée.

Je peux partager les différences que je vois.

Il y a les notions
- une envie je dirais que c'est… réceptif : quelque chose naît en nous, et nous invite à agir
- une attente c'est quelque chose de passif, on attend et la chose devrait (nous) arriver

Il y a la direction
- une envie émane de soi et éventuellement se dirige vers l'autre
- une attente émane du dehors, et quelque chose est censé venir à soi

Dans les deux cas, on peut la ressentir, la conscientiser (ou pas), l'accueillir (ou pas), on peut (ou pas) la nommer (à soi-même et à d'autres), on peut la vivre (ou pas) vs la faire exister, lui donner de l'importance.

Si on la nomme…

Il y a les mots
- « J'ai envie de… »
- « J'attends que… », ou « Je m'attends à ce que… »
J'ai le sentiment qu'on ose plus facilement nommer une attente comme si elle devait advenir (« si je suis en relation je m'attends à ce qu'on se voit une fois par semaine »). Mais certaines envies nommées peuvent donner cette même impression (« j'ai envie de sexe »), notamment quand présentées comme « j'ai besoin… »
Le choix des mots peut être important
- en matière d'envie « J'adorerais… » n'est pas la même que « Je veux… »
- en matière d'attente « Je trouverais normal que… » n'est pas la même que « J'exige que tu… »
…mais les mots ne font pas tout. Surtout s'ils ne traduissent pas notre vraie pensée, mais cherche à manipuler pour obtenir.

Il y a les intentions
Pouquoi la nomme t-on (l'envie, l'attente) ? Pour exiger qu'elle advienne ? Pour nommer qu'elle est là et se demander quoi en faire ? Est-on vraiment sincérement ok avec le fait qu'elle n'advienne pas ?
Perso j'ai tendance à penser que l'envie est première (consciente ou inconsciente) et qu'elle se transforme (ou pas) en attente.
Selon d'une part si on choisit de faire exister cette envie, de lui donner de l'importance, d'en faire une exigence. Selon aussi si on s'en empare pour la vivre, lui donner des chances qu'elle se réalise, ou si on attend d'un tiers (ou de l'univers) qu'elle advienne.

*
Perso prendre consience de la différence entre envies et attentes, m'a permis de mieux comprendre mes mécanismes internes.
J'ai compris que j'avais des besoins et que j'avais beaucoup tendance à les ignorer. Que je m'autorisait peu à avoir (et encore moins nommer) des envies. Entre autre car nommer une envie (même juste à soi-même) c'est prendre le risque qu'elle ne se réalise pas (ou pire faire une demande c'est prendre le risque de recevoir un non) et que c'est plus facile d'exiger et se plaindre.
Et qu'en revanche je fonctionnait beaucoup par attentes (conscientes ou non) et donc par frustration.

Donner moins d'importance aux attentes, et plus aux envies (où l'on ne peut pas ne pas considérer qu'on a notre part active dans le fait qu'elle se réalise ou non).
Je trouve plus facile de regarder une envie et de voir qu'elle ne se réalise pas (aussi de notre fait, donc quelque part par choix), que de regarder une attente qui ne se réalise pas (donc frustration). Et plus facile alors de me dire « tiens, comment pourrais-je la transformer ? » et de voir qu'elle est ma part dans ces choses qui n'arrivent pas, au lieu de me morfondre et me complaire dans ma frustration.

Me rendre compte aussi que j'ai encore du chemin pour conscienter (et m'autoriser à avoir) des envies.

Arrêter de considérer certaines choses comme des choses qui nous sont dûes. Arrêter de croire que ça va nous tomber tout cru dans le bec. Arrêter d'exiger ou de faire le forcing pour obtenir.

Et tâcher d'être au clair avec moi-même : Telle envie est-elle réelle ? Est-elle vraiment moi ou juste une injonction sociétale ? Il se passe quoi réellement si elle ne se réalise pas ? Suis-je en train de la transformer en exigence ? Ne cache t-elle pas des attentes inconscientes, d'autres envies que je n'ose pas dire, un forcing qui ne dit pas son nom ?

De même que pour apprendre à accueillir les non, c'est un long chemin.
Et pour moi quitter le registre de l'attente pour être dans le registre de l'envie, est ce chemin.
C'est aussi quitter un hypothétique futur, pour être plus dans le présent.
À commencer déjà par voir ce qui est au lieu de ce qui n'est pas.

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