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La confiance, condition de l'amour multiple et de tout amour, est-elle innée ??

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titane

le mardi 12 janvier 2010 à 22h39

attendez je me lubrifie !

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Junon

le mardi 12 janvier 2010 à 22h42

"condition [..] de tout amour"?
Ah oui?
(sors la bâche, ça va glisser!)

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ERIC_48

le mardi 12 janvier 2010 à 23h17

L'amour est la destination, c'est à dire le bout du chemin, parfois très court, parfois plus long, ça dépend des détours qu'on fait et des pauses repas.
La confiance est la seule route par laquelle on peut atteindre ladite destination (l'amour).
Il n'y a pas de panneau qui indique le chemin à suivre, c'est pour cela que tout le monde se perd et qu'on fait des détorus inutiles.

Titane -> Il y a une réponse pour toi dans le fil d'origine à propos du poteau et de mon âge. Faut pas la rater, ça donne.

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ERIC_48

le mardi 12 janvier 2010 à 23h19

Si tu lubrifie avec n'improte quoi, rien ne sert d'avoir confiance dans la bâche !

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ERIC_48

le mardi 12 janvier 2010 à 23h25

L'amour est inné, pas la confiance.
La confiance se décrète, parce qu'on n'a pas d'autre choix, elle consiste à fermer les yeux sur ce qui pourrait nous arriver. Par exemple, tu as confiance dans l'avion et dans le pilote quand tu monte dans l'avion (pas dans le pilote), ça n'empêche pas quelques avions de s'écraser et de tuer des centaines de personnes qui avaient confiance d'un seul coup. La confiance permet néanmoins à dire à des milions de gens de voyager normalement, c'est un coup de poker. Sans cette confiance injustifiée, nous serions cloué au sol et nous ne ferions rien de notre vie car il n'y a pas que l'avion qui soit dangereux, il y a bien pire. La confiance est toujours aveugle donc, mais elle est la seule solution pour avancer.

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Siestacorta

le mardi 12 janvier 2010 à 23h28

Oui, enfin la confiance se justifie aussi peu à peu : on grimpe aussi dans l'avion parce qu'on sait que ça s'écrase pas très souvent...
Donc elle se décrète pour se consolider par la suite.

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ERIC_48

le mardi 12 janvier 2010 à 23h34

Bon admettons, mais ce n'est pas parce que l'avion ne s'est pas écrasé 1000 fois que la 1000 et unième il s'écrasera, ce sera peut-être la 1002ième....
Si on veut prendre l'avion souvent, on est bien obligé de renouveller sa confiance sans savoir vraiment. C'est un pari à chaque fois, faut vivre dangereusement, soyons fous.

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titane

le mercredi 13 janvier 2010 à 13h46

Bon voici la bâche lubrifiée...

Pourquoi je pense que la confiance est à la base même de la vie et de l’amour…

On ne choisit pas la date de sa naissance, son époque, son lieu de naissance, ses parents, son sexe, ses aptitudes génétiques… nous sommes projetés dans la vie sans rien décider ni sans rien savoir : nous sommes « confiés » à la vie pour le meilleur et pour le pire… de plus à la naissance nous sommes le plus vulnérable, le plus dépendant et notre instinct de survie nous pousse à nous « fier » à ce et ceux qui nous entourent à nous « confier » à eux… et nous devons nous « fier » à eux.

Face à l’amour nous devons affronter le même phénomène. Nous ne choisissons pas nos sentiments ni ceux des autres à notre égard et nous ne connaissons rien de l’amour… pour le meilleur et pour le pire encore une fois.

Ainsi, dès le début de notre vie, sans rien savoir ni connaître nous nous fions, nous nous confions et nous faisons confiance dans la vie et en amour. Ainsi, donnons-nous notre confiance « primordiale » gratuitement, spontanément et librement, sans que notre vie ou nos amours le méritent vraiment. Notre confiance originaire… ainsi nous sommes essentiellement de nature confiante et non méfiante. C’est de cette confiance que nous nous connectons au monde et aux autres. Sans la confiance nous ne pourrions vivre dans le même monde avec les autres et même notre vie ne pourrait être vivable car nous serions seuls et déconnecté du monde.

Attention je parle de la confiance originaire... ensuite il ya une autre confiance plus pragmatique (pour prendre l'avion).. mais le premier couilln qui a essayer l'avion a du avoir beaucoup de confiance originaire !! toute création ou expérimentation repose sur cette coniance là justement... ensuite je ne prends pas l'avion avec "confiance" mais selon les probabilités... ce n'est pas la même chose... avec les probabilités je me base sur une connaissance de la chose...en amour... hmmm qui prétend connaître l'amour même après 1000 expériences ?

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titane

le mercredi 13 janvier 2010 à 13h51

et je suis bien d'accord avec Eric... même avc toutes les probailités il nous faut encore cette confiance... le savoir ne remplace pas cette confiance... on doue toujours de notre savoir... d'où la supertition...

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titane

le mercredi 13 janvier 2010 à 13h53

je ne pense pas que la confiance se décrète par contre... ceux qui ont peur panique de l'avion le savent... la raison ne peut rien faire pour eux... la confiance est de l'ordre du ressenti, elle aussi...

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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ERIC_48

le mercredi 13 janvier 2010 à 21h27

Titane, belle démonstration, mais j'ai quand même l'impression qu'avant l'époque de notre vie ou l'on donne notre confiance (à tout va, ou avec parcimonie), il y a une période ou ni la confiance ni la méfiance n'existe, et que finalement le cerveau apprend longuement à choisir entre la piste confiance et la piste méfiance en fonction des évènements qui se produisent. Il y a même un stade qui dure toute la vie, ou l'on choisit une piste, puis finalement on essaye l'autre, pour finalement revenir à la première, ce qui nous met dans des états stressants de ne pas savoir à qui et à quoi faire confiance (ne pas savoir dans quoi se jeter).

Je dis que c'est une impression car en théorie j'étais là dès ma conception, mais je ne me rapelle plus très bien de mes stades de bébé. Par contre, ce que je sais c'est que mon gamain est maintenant hyper méfiant dans des situations ou il était hyper confiant avant, et qu'il reviendra probablement à un juste milieux.

Quand je dis que la confiance se décrète, je ne veux pas dire qu'elle se décrète consciemment. On ne sait pas qu'on la décrète en face de telle ou telle situation, mais on la décrète (j'insiste louredement, mais bon, on a le droit de discuter). Et ce n'est pas un instinct, c'est le résultat d'un apprentissage (apprentissage qui s'est fait à une époque inconsciente de notre vie, mais apprentissage quand-même).

Ce qui me parait inné par contre, et là, je vais te rejoindre, c'est qu'on a besoin de faire confiance en quelque chose ou en quelqu'un ou les deux, c 'est peut-être celà que tu veux dire. Mais ça pourrait aussi se discuter dans la mesure ou je pense qu'on a besoin de faire confiance pour pouvoir aimer, car sans la confiance pas d'amour, et sans amour pas de vie, donc la vrai pulsion, ce n'est pas la confiance mais l'amour.

Et on revient à la question de départ, qui de l'amour ou de la confiance a pondu le premier.

Moi je dis l'amour, toi tu dis la confiance.

Fait moi confiance alors !!!! pas mal celle là

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titane

le mercredi 13 janvier 2010 à 23h22

tu as raison de constater que l'on se déconnecte de notre cnfiance originaire... l'adolescence en ai une bele phase !! on renie tout et on n'a confiance en rien !!! en même temps on est vachement social, même ds son anti social !! paradoxal l'attitude de l'ado...

ensuite iol faut réapprendre intellectuellement à se reconnecter à notre confiance... les philo, les religions peuvent nousy aider... la psychanalyse peut -petre ?

l'expérience et la sagess... surement !!... laimer au plusirel nous y aide, je crois... en tous les cas pour moi c'est évident !!!

je te fais confiance... dois-je t'aimer?

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titane

le mercredi 13 janvier 2010 à 23h23

La méfiance est donc artificielle, intellectuelle mais pas « essentielle », elle ne proviendrait pas de notre nature profonde, mais de nos interprétations.

C’est probablement de cette confiance originaire à la vie, au monde et à l’amour que l’homme a développé ses croyances spirituelles, religieuses et éthiques : de la confiance à la croyance il n’y a qu’un pas ! Confiance, foi… tout ce que nous pensons, ce que nous faisons et ce que nous ressentons reposerait sur cette croyance originaire.

Cette croyance originaire, la confiance, n’est pas une décision prise à notre conception, elle est la « condition naturelle et essentielle » de notre façon de vivre et de notre façon d’aimer. C’est lorsque que notre confiance vacille que nos liens avec le monde, les autres et l’amour deviennent angoissants et stressants. Cette confiance n’est pas préméditée et ne provient pas de notre libre arbitre, de notre intellect. Elle est notre essence même, notre « condition ».

Elle est même la condition de notre méfiance et de cette notion de fiabilité, à partir de laquelle nous développerons ou pas notre capacité à faire confiance à l’autre et à sa parole. Le monde ne trompe et ne se trompe jamais : il est. Ce sont nos interprétations du monde qui peuvent se tromper ou peuvent être trompeuses et engendrer des illusions… de l’obscurantisme… du « nihilisme » lorsque nous donnons plus de foi à nos illusions qu’à la réalité et que nous « nions » celle-ci. Seul l’homme se trompe et trompe souvent.

Pourtant, je me demande s’il n’existerait pas également une confiance originaire dans ce que dit l’autre, quelque chose de plus profond qui ne se confond pas avec tout ce que dit l’autre. Ne fait-on pas a priori confiance à un ami ? à un amour ? à un parent ? Est-ce que justement ce n’est pas en ressentant cette confiance originaire en un ami, amant ou parent que l’on « sait » qu’il est ami, amant ou parent !?

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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ERIC_48

le vendredi 15 janvier 2010 à 00h09

Titane : La question "dois je t'aimer" ne manque pas de sel de la part d'un polyamoureux que ne jure que par la liberté (j'ai bien compris mais je jouis de te taquiner sur ce point).
Je te répond donc, tout simplement : Tu es libre Titane, c'est à toi de voir si tu m'aime ou non.
Mais si tu veux m'aimer, tu seras bien obligé de me faire confiance...
car sans confiance l'amour ne passera pas

J'informe les malentendants que l'amour est possible sans activité sexuelle.
Et j'en profite pour dire que je ne suis pas candidat à la sexualité sans amour.

C'est beau quand tu parles.

A priori, si je ne me trompe pas, il ne s'agit que d'une différence de vocabulaire. Ce que tu appelle la confiance originaire, moi je l'apelle l'amour originaire.

Dans le présent paragraphe, j'utilise ton vocabulaire pour qu'on se comprenne : La confiance ne vient pas des autres. Certes, on dit que telle ou telle personne inspire confiance, mais la confiance est en nous, elle ne demande qu'à être libéré par quelqu'un digne de confiance.

Maintenant j'utilise mon vocabulaire : "L'amour ne vient pas des autres. certes, on dit que que telle ou telle personne inspire confiance, mais l'amour est en nous, il ne demande qu'à être libéré par quelqu'un digne de confiance".

Pour moi, notre cerveau est le "garde barrière" d'une route sur laquelle circule l'amour. La route croise ici une voie ferrée. Le "garde barrière" ne doit pas laisser passer l'amour si un train arrive, sinon l'amour se fera écrasé par le train train, mais il doit faire son possible pour que l'amour puisse circuler librement sans quoi les conducteurs vont se rebeller et passer quand-même, et se faire écraser. Le "garde barrière" doit donc faire preuve à la fois de méfiance et de confiance. S'il entend un bruit de train dans le brouillard, il doit anticiper la fermeture, attendre que le train passe, puis attendre encore un peu après le passage du train avant d'ouvrir au cas ou le train train en cacherait un autre. Mais s'il ne voit pas de danger à l'horizon, et s'il n'entend rien, il doit garder la barrière ouverte. Il ne peut pas laisser tout le temps la barrière fermée mais tout le temps ouverte ou quasiment.

Pour toi, la confiance originaire est une route sur laquelle circule la confiance, la route étant gardée par un "garde barrière". Dans ta théorie, il n'y a pas d'amour, pourtant je suis sûr que tu le ressens, cet amour qui passe lorsque la confiance fait signe de passer. C'est que ta théorie n'est pas tout à fait juste. Il faut lui rajouter l'amour.

Certes, la route est originaire, le garde barrière aussi, mais ce dernier a appris à être vigilent au fil des années et des accidents, il a un poste à lourde responsabilité. Dans cette histoire, il n'y a que l'amour qui a besoin de passer, le reste est totalement passif. Le garde barrière est payé même lorsqu'il n'y a pas de voiture, et la route ne se plaindra pas qu'on ne lui roule pas dessus. Il n'y a que l'amour qui pousse.

Ce que tu ressens, c'est l'amour, c'est pas la confiance. Tu confond les deux parce que l'amour ne passe jamais sans la confiance, et lorsqu'il y a confiance, l'amour passe quasiment toujours, donc on est tenté de confondre. Mais la confiance reste un concept intellectuel alors que l'amour reste un sentiment (lui-même construit par un instinct inné qui n'a pas de nom dans notre vocabulaire).

Enfin, comme je dis toujours, ça n'engage que moi.

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titane

le vendredi 15 janvier 2010 à 10h39

"Mais si tu veux m'aimer, tu seras bien obligé de me faire confiance... car sans confiance l'amour ne passera pas"... si je t'aime je te fais confiance... pas besoin de me sentir obligé... mais il y a tant d'amour vécus sans confiance!!! un jaloux aime !! mais ne se fait ni confiance à lui, ni à elle, ni à l'amour !

Mais je comprends et dans ce sens on se retrouve car la confiance se fonderait dans l'amour... la nuance pour moi serait au niveau d'une texture différente d'une même chose: j'aime est un tout... dans cet amour je m'appuie sur la confiance pour agir...et aimer mieux et plus.

La difficulté est que l'amour est en même temps "résultat" et "processus"... j'aime est à la fois passif (j'accuse réception de mes sentiments)et actif (je te le dis et je te le fais)...

"L'amour ne vient pas des autres. certes, on dit que que telle ou telle personne inspire confiance, mais l'amour est en nous, il ne demande qu'à être libéré par quelqu'un digne de confiance". Je te comprends et je partage ce constat... on n'a pas toujours besoin d'être aimé par l'autre pour l'aimer (pas facile mais)... maintenant l'"amour-action" dont je parlais plus haut à bel et bien besoin de l'autre ! pour faire l'amour il faut au moins être deux...

"Le "garde barrière" doit donc faire preuve à la fois de méfiance et de confiance"... je comprends, mais cette confiance et méfiance dont tu parles d'où surgit-elle ? de la raison ou du coeur ? du savoir ou du ressenti ? sincèrement ! quand on parle d'intelligence émotionnelle ou de gut-feeling ou de "professionalisme" ne parle-t-on pas d'une confiance au delà du savoir et de la raison intellectuelle ? l'inpiration n'est-elle pas basée aussi sur de la confiance non rationnelle? et quand on parle de clairvoyance ? En amour il y a peu de "savoir"... et même avec beaucoup d'expérience on ne peut prétendre connaître l'amour... à chaque fois c'est une nouvelle expérience et on se retrouve devant cette confiance originaire ou méfiance pathologique.

Je n'ai pas de "théorie", à peine une analogie... la confiance n'est pas le chemin! l'amour est à la fois l'origine, le chemin et la destination... la confiance est cette force qui nous pousse à avancer dans l'amour car le chemin est tortueux et notre clairvoyance très limitée... on avance dans le brouillard... les mains devant !! et c'est surement pour ça qu'en amour on veut tant toucher !!

Je ne partage pas vraiment l'analogie du garde-barrière même si je la comprends... ne ne pense pas qu'il y ait de bonnes ou mauvaises routes... il y a des choix... la route est neutre, c'est la manière dont on la prend qui la rend "bonne" ou "mauvaise"... et ses chemins se créent et se défont comme dans un rêve... une rencontre et hop, un nouveau chemin semble apparaître... on se déplacerait en fait dans un espace fluide.. on naviguerait... peut-être l'image d'un voilier serait mieux...

La confiance est vraiment de l'ordre du ressenti ! Combien de fois t'a-t-on demandé pourquoi tu faisais confiance à un tel sans pouvoir convaincre les autres ??! ou alors on te disant "je ne sais pas, je le sens"... oui on sens que l'on peut faire confiance ou pas ! on ne le sais pas !! rien d'intello !!

non?

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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ERIC_48

le samedi 16 janvier 2010 à 07h33

Oubions quelques secondes la question d'origine, et posons nous la question suivante (si tu veux bien): A quoi sert l'activité intellectuelle ?
Si c'est "à être encore plus intello", ça ne sert pas à grand chose, on peut dire tout et son contraire. C'est comme placer son argent sans jamais le dépenser, ça peut faire jouir Picsou, mais à part ça...
Si tu sépare l'activité intélectuelle de l'activité émotionnelle, alors effectivement, tu n'arrive pas à ma conclusion. Car je suppose dans tout mon raisonement que l'activité intellectuelle n'a qu'un seul but, choisir la voie qui provoque les meilleurs émotions. Le sentiment, est à mon avis un mélange d'intelectuel et de ressenti, qui te permet non seulement de jouir de l'issue du chemin choisit, mais aussi de jouir le long du chemin lui-même, dans la mesure ou sur le chemin, tu te vois déjà au bout du chemin, et que tu jouis déjà tout seul de savoir que tu as pris le bon chemin. Tu jouis en quelque sorte de ton intelligence, ou du moins, du fait que ton intelligence te place sur le bon chemin. Bon, si le chemin s'avère foireux, tu déchante.
Et maintenant une autre question : "Est ce que l'activité intellectuelle est purement consciente ?". Ma réponse : bien sûr que non. Si bien que lorsque tu ne sais pas pourquoi tu fais confiance à quelqu'un, il est vraiment difficile de savoir si c'est un raisonnement très intelligent mais inconscient que te fais qui arrive à cette conclusion, ou si tu jouis déjà du chemin lui-même et que tu ne veux pas qu'on te dérange. Ca même souvent les deux.
Autrement dit, une prise de décision commence par une activité intellectuelle, et se finit inexorablement par une activité purement ressentie, car ce qui nous permet d'avancer, c'est ce pouvoir d'arrêter l'activité intellectuelle en plein milieu d'un raisonnement pour la remplacer par une activité primaire à la fois plus vulnérable mais aussi plus efficace.
L'activité intellectuelle s'arrête bien avant le but.

Revenons à nos moutons. Je suis d'accord pour considérer que la confiance (ou la méfiance) est un mélange de raisonnement et de ressentis. C'est donc un sentiment (d'après ma définition de ce qu'est un sentiment).

J'appelais "confiance" la partie raisonnement et j'appelais "amour" la partie ressentie. Mais j'abandonne cette façon de parler et je considère que la confiance est un mélange d'intelect et de ressenti.

Toutefois, le mélange intelect/ressentis ne se fait vraiment qu'avant l'action. Car pendant l'action, quand tu touche au but (pour reprendre ton jeux de mot sur le toucher) il ne reste quasiment que le ressenti.

La méfiance n'est pas maladive si elle est dirigée contre un réel danger. De même, la confiance n'est pas une maladie si elle est dirigée vers un réel plaisir. Mais tu vois tout de suite ce qui se passe si la confiance est dirigée vers un danger et que la méfiance est dirigée vers un plaisir, ça te fait souffrir, donc c'est une maladie (c'est à dire un phénomène qui te fait souffrir, et non une tarre faisant de toi un pestiféré).

Si dans le temps, ta confiance ou ta méfiance en quelqu'un se voit confirmée, alors l'intellect laisse de plus en plus de place au ressentis au point que le ressentis prend quasiment toute la place dans tes liens avec cette personne.

Tu vas aimer ceux en qui tu fais confiance et repousser immédiatement ceux (éventuellement peu nombreux) qui t'inspire méfiance.

A noter que la méfiance n'est pas sur le même plan d'égalité que la méfiance car lorsque tu fais l'erreur de trop te mefier tu trinque moins que lorsque tu fais l'erreur de trop faire confiance, et c'est pour ça que les gens sont en général trop méfiants, ils trouvent cela plus sécuritif (mais évidemment ils perdent de nombreux plaisirs, on ne peut pas avoir le beurre...).

Si dans le temps, tes intuitions sont confirmées à chaque fois que tu fais confiance ou que tu te méfie de quelqu'un, alors tu construit une bonne confiance en toi, et ton intelect se retire au point que le ressentis domine tes liens avec toute personne.

Dans ton cas, le ressentis prend quasiment toute la place.

C'était pareil pour moi quand j'avais 25 ans. Ma confiance en moi a diminué progressivement avec toutes mes galères. Je faisais trop confiance spontanément aux autres et en moi aussi, et j'ai trinqué. J'ai donc été obligé de corriger le programme dans ma tête. Maintenant, qu'il est corrigé (pour l'essentiel) la confiance en moi remonte, mais elle est surveillée de prêt par ma méfiance de moi. On peut aimer son propre caractère faisant spontanément confiance, ou ne pas l'aimer.

Toujours est-il que c'est la partie "ressentie" de la confiance qui pousse et non pas la partie "intellect", on est d'accord.

Tu as quand même tendance à confondre amour et confiance, j'insiste sur le fait que ce n'est pas tout à fait la même chose. Mais c'est vrai que quand on perd confiance, on perd aussi l'amour, on croit devoir le repousser pour nous protéger, mais le fait de l''écraser fait plus de mal que de bien. Donc que faire quand on perd confiance ? Reprendre confiance ? bla bla

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titane

le samedi 16 janvier 2010 à 10h56

"Tu vas aimer ceux en qui tu fais confiance et repousser immédiatement ceux (éventuellement peu nombreux) qui t'inspire méfiance.".... pas si évident... mais en grande généralité oui

"A noter que la méfiance n'est pas sur le même plan d'égalité que la méfiance car lorsque tu fais l'erreur de trop te mefier tu trinque moins que lorsque tu fais l'erreur de trop faire confiance".;.. non je crois que c'est le contraire justement... ce qui ont du mal à aimer par méfiance souffrent bien plus que ceux qui aime a priori par confiance même si ça se termine mal... en fait c'est une fois que la méfiance s'istalle qu'on souffre pas avant !... l'insouscience est plus agréable à vivre que la paranoïa...

"Je faisais trop confiance spontanément aux autres et en moi aussi, et j'ai trinqué"... ce n'est pas à cause de la confiance qu'on trinque... c'est une erreur d'interprétation... c'est comme s'en vouloir parce qu'un connard t'a piqué quelque chose dans ta voiture que tu avais laissé ouverte... et c'est toi qu'on accuse !! C4est le comble non !!! alors la seule solution qu'on trouve c'est de se construire des bunkers affectifs... et c'est là qu'on souffre !! pas avant !!

"Toujours est-il que c'est la partie "ressentie" de la confiance qui pousse et non pas la partie "intellect", on est d'accord."... dit comme ça en effet on est d'accord... la séparation artificelle était de l'ordre de l'explication ou argumentation, tu as raison. Mais c'est important de ne pas donner trop de foi à son raisonnement qui reste une "sens" comme l'odorat, la vue et le reste...

"Donc que faire quand on perd confiance ? Reprendre confiance ? bla bla"... cela est effectivement essentiel et vital ! si par expérience on devient méfiant, par expérience on peut aussi se liébere de sa méfiance et libérer sa confiance... la "pensée positive" ou tout simplement optimisme est une attitude plus saine que le pessimisme ... et cela se travaille par de petits saut quotidien de reconbstruction d'estime de soi et d'estime de l'autre... l'amour et surtout l'amour multiple en est le meilleur terrain de jeu !!! et avec tant de plaisirs partagés à la clé !!!

au début, pendant et à la fin: de plaisirs en plaisirs partagés on se libère et on libère l'autre ! dans la confiance et l'amour tout confondu !!

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titane

le samedi 16 janvier 2010 à 11h46

Je vois deux débats corolaires émergeant de ce débat:

1- la valeur ou signification de la promesse ou de l'engagement... déjà abordé par-ci par-là

2- comment libérer sa confiance? En soi... en l'autre.. dans les autres... en l'amour

hm....

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titane

le samedi 16 janvier 2010 à 11h51

je me lance sur le premier terrain glissant :

Confiance ou promesse ?

Une conséquence de cette observation : la valeur d’une promesse. Le monde, la vie et l’amour ne nous promettent rien, ils ne s’engagent à rien face à nous… on pense qu’ils nous « donnent », ou qu'ils nous « prennent », mais au fond ils ne nous donnent rien, c’est nous qui prenons, et ils ne nous prennent rien, ce sont les évènements, les choses, les relations, les autres qui s’en vont ou se terminent.

La promesse n’a donc pas de valeur absolue et nous n’avons pas besoin de promesse pour avoir confiance, pour se confier, pour se fier à la vie ou à l’amour. C’est l’inverse ; nous nous servons inconsciemment de cette confiance originaire pour promettre même l'impossible… mais si nous avons confiance à quoi bon promettre ? N’est-ce pas quand nous avons moins confiance que nous cherchons des promesses ? et puis on ne peut promettre de rester vivant ou d’aimer, cela n’a pas de sens. Tout au plus on peut promettre d’agir selon, d’exprimer ou de partager son amour… tant qu’on en ressent… mais attention ! Cette promesse possède en elle son propre « cancer » : en promettant d’agir, d’exprimer ou de communiquer son amour on peut être amené à agir comme si, à exprimer comme si ou à communiquer comme si on ressentait de l’amour même si on ne ressent plus d’amour. Voilà ce qui est pour moi la seule « infidélité »… agir « comme si »…

Si on ne peut que s’engager sur des actes et des paroles, mais non sur des sentiments, on peut être « vertueux » et tenir sa parole même sans ressentir de l’amour ! On peut alors donner l’illusion d’aimer et rester vertueux… et c’est bien souvent la clause implicite (écrite en tout petit) la plus importante : les amants qui se sont promis de s’aimer, espèrent au fond que l’autre l’aimera ou tout au moins en donnera l’illusion ! en donnera des "preuves"...car il s’est engagé à cela !... « tu as promis de m’aimer toute ta vie ! »… cri de désespoir plus que de raison.

Ainsi se construit l’illusion de la confiance (non originaire celle là) de l’ego : donne moi l’illusion, joue le jeu… et je ferai de même… lorsque nous nous sommes déconnectés de notre confiance originaire. Alors que la confiance originaire est dirigée non pas vers l’être aimé mais vers l’Amour (son amour ?), la confiance égotique et illusoire, elle, est dirigée vers l’être aimé et non son amour (ses sentiments)…

Pour la confiance originaire il n’est pas besoin de promettre, il suffit d’être et d’aimer… il suffit… si seulement on se décrispait un peu…

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Siestacorta

le samedi 16 janvier 2010 à 12h34

Je comprend une recherche d'essentiel, mais le côté simple, naturel, spontané, ça me parle pas du tout.

Ca me renvoie à ce que disait Baudelaire de la Nature, pour expliquer en quoi le maquillage était bien plus beau que le corps au naturel. Sans en faire un absolu, j'y trouve une réflexion stimulante.

users.skynet.be/litterature/moderne/baudelmaquil.h...

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