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(France)

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Discussion : Monoamour.info : contre-défense et illustrations du monoAmour

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aviatha

le mercredi 02 septembre 2015 à 00h19

@Indi
Alors en effet, qu'un comportement soit présent dans le règne animal ne signifie pas qu'il est inné en soit car effectivement certaines espèces animales sont dotées, c'est le fait qu'il soit présent simultanément 1- dans plusieurs groupes d'une même espèce 2- dans plusieurs espèces d'une même branche qui fait pencher en faveur d'une origine naturelle, car le propre des faits culturels est justement d'être subjectifs et de varier avec une grande amplitude d'un groupe à l'autre.
Je n'ai pas d'informations sur cette hypothèse dont tu me parles, je serai ravie si par hasard tu retrouvais les sources.

@LuLutine
Oui, l'amalgame est souvent fait entre ce qui est naturel est ce qui est bon (pour nous, pour un groupe, en général...). L'intérêt, c'est que quelque chose de naturel est là pour une raison, et la comprendre peut souvent aider dans plein de situations.
Au contraire, plus je lis les publications sur le sujet, plus ce qui est ressort est justement la grande transposabilité entre les espèces, au point qu'on peut même à présent utiliser le modèle animal pour les maladies psychiatriques (le fait que ce soit éthique ou non est un autre débat par contre...)
Et oui, moi aussi je me plaindrais avant tout de sexisme, si ce n'était que "sale pute" ou "salope", mais comme ça vient régulièrement avec les "sale blanche" tout court et autre "gueule de farine", même si c'est très très lié aux injures sexistes à chaque fois, je pense que l'un n'exclut pas l'autre, malheureusement...

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aviatha

le lundi 31 août 2015 à 00h33

J'y vois quelques contradictions qui me gênent.

Au sein de l'article tout d'abord. Soit on considère que la jalousie est une émotion archaïque, issu de notre instinct de primate, pour citer l'article, soit on considère que c'est un comportement avec une part culturelle dominante, toujours pour citer l'article. Mais pas les deux.

Ensuite, faisant partie dans mes recherches de ceux qui se rangent à la première hypothèse, je vois à ce raisonnement un gros écueil à éviter. La jalousie est un comportement naturel qui est là pour une raison, comme la colère, comme le chagrin. De même qu'il faut apprendre à ne pas se laisser emporter par le chagrin, et à ne pas se laisser gagner par la colère, la jalousie est aussi une émotion qu'il faut domestiquer, je suis entièrement d'accord avec cette partie.
Mais lui jeter la pierre me semble dangereux. Parce que, comme la colère et le chagrin, elle dit toujours quelque chose de vrai. L'être qui est jaloux est en souffrance. A tort, à raison, c'est le dosage qui le dit, mais c'est une voix à attendre. Comme la colère, qui bien qu'étant une émotion négative, sert à nous protéger de celui que, à tort ou à raison, nous percevons comme un agresseur. Pour citer un exemple personnel, j'ai appris à dompter ma jalousie, à ne pas la laisser me dicter mes comportements, mes mots, à ne pas me rendre agressive ou blessante. Si j'avais aussi appris à l'écouter, je n'aurais pas bataillé avec la dépression pendant un an avant de finir pour malaise cardiaque dans une ambulance.
Alors, oui, il faut apprendre à la contrôler comme la colère, et oui, il faudrait qu'elle soit publiquement considérer, comme la colère, comme une sorte de ligne rouge, d'alarme, et non pas comme un schéma absolument anodin et normal. Mais dire qu'elle ne devrait pas être acceptée au même titre que le racisme ou la xénophobie me parait excessivement violent, et quelque part dangereux.

Voilà, je ne sais pas si ce que je dis est très clair, je suis assez fatiguée par la route ^^

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aviatha

le dimanche 30 août 2015 à 12h04

Mais bien sûr, avec plaisir (même si je remarque qu'il suffit que je dise que monoamour comme polyamour sont naturels pour qu'on me demande des sources, alors que asséner qu'on nait tous polyamoureux sans preuve n'a l'air de choquer que moi...)
Claude Lévi-Strauss, "Anthropologie Structurale" tomes 1 et 2
Roger Fouts, "L'Ecole des chimpanzés" - "Next of Kin : My conversation with Chimpanzees"
Mark Bekoff "les Emotions des animaux"
Frans de Waal "De la réconciliation chez les primates" - "Dieu, le bonobo et nous" - "Quand les singes prennent le thé, de la culture animale" - "Chimpanzee Politics, Power and Sex among Apes" (celui là surtout)
j'ajouterai aussi les travaux de Claude Béata, mais je n'ai pas encore terminé de le lire, donc je dis, avec réserve "Au risque d'aimer. Des origines animales de l'attachement aux amours humaines" - "La communication, de l'éthologie à la pathologie" - "L'attachement"
et à peu près tous les travaux de la primatologue Sue Savage-Rumbaugh sur les bonobos, en particulier les deux nommés Kanzi et Panbanisha (et peut-être la soeur de celle-ci mais j'ai oublié son nom).

Pour la différence entre exclusivité sexuelle et affective, elle est en réalité très simple à évaluer, mais plus que un critère, elle repose sur un ensemble de facteurs qu'on appelle "faisceau de preuves" : le temps consacré au grooming entre les individus, la préférence voire l'exclusivité du grooming avec un individu en particulier, l'individu avec lequel ils mangent, dorment ou chassent, l'exclusivité ou non sexuelle (chez les bonobos on parlera là de leur sexualité affective et non pas sociale), les manifestations liées à la jalousie (notamment agression du nouveau partenaire, supposé ou réel, ou au contraire dépression, parfois jusqu'au risque vital, de l'individu délaissé), voir même dans certains cas (on en a que deux pour l'instant, pour être tout à fait honnête) de refus de choisir un nouveau partenaire même après la mort du premier. En tout ça ensemble nous permet de déterminer ce que nous avons en face de nous.

Pour la définition de monoamour, je serai tentée de dire qu'elle est lié au fait de n'aimer qu'une personne à la fois, peu importe si cela ne dure pas toute la vie, comme les poly peuvent aimer plusieurs personne à la fois, et il ne me viendrait pas à l'idée de les déclarer monoamour si les hasards de la vie font qu'à un moment donné ils n'ont qu'un seul partenaire ou même aucun.
Mais en réalité, je suis un peu mal à l'aise avec cette définition, parce que je ne vois pas pourquoi il y aurait une définition unique, un seul type de monoamour.

Après, je pense que cela déplace un peu le débat (et c'est sans doute en partie de ma faute). A l'origine, mon intervention n'était pas tant pour rentrer dans les détails scientifiques que pour expliquer que pour souligner que même une juste cause ne doit pas se défendre avec des arguments fallacieux. Il existe des tas, des tas, de bonnes raisons de défendre le polyamour (liberté de choix individuel, respect de son ressenti personnel, viabilité d'un autre modèle... le fait qu'il soit lui aussi présent à l'état naturel dans nos branches n'en ai qu'une seule), de le revendiquer ou au contraire d'estimer qu'on a le droit de vivre avec tranquillement et qu'on nous fiche la paix. Il n'y a absolument pas besoin de l'étiqueter "seul comportement affectif naturel" ou "comportement affectif le plus naturel", ce qui est une contre-vérité scientifique, pour le défendre. Cela à induit une grande digression dans le sujet, et je m'en excuse, mais je suis assez épidermique quand on essaye de faire dire aux faits scientifiques ce qui nous arrange, même pour une bonne cause.

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aviatha

le dimanche 30 août 2015 à 02h37

Nurja
Je ne vois aucune raison de considérer que le monoamour est un fait naturel et non un fait culturel comme l'est la monogamie.

Les raisons elles sont là, et elles ne sortent pas de mon chapeau, mais de plus d'un demi-siècle d'études en anthropologie d'un côté et en primatologie de l'autre.

Aviatha
Ce que nous savons aujourd'hui, c'est que monoamour et polyamour sont présents à l'état naturel dans notre branche (comprendre la branche des grands primates). Il existe chez les primates des couples exclusifs de toute une vie, comme il existe des individus ouvertement avec plusieurs partenaires, et la plupart du temps, les individus naviguent entre ces deux attitudes au cours de leur vie (pour rappel, un chimpanzé si on lui fout la paix ça vit 60 ans, ils en ont des histoires pendant ce temps là). La jalousie (parfois maladive et mortifère) est une chose naturelle, tout comme l'est la compassion, et ces deux composantes se répartissent diversement selon les individus.

Les ressentis et les schémas émotionnels sont naturels et diffèrent selon les individus, en suivant une répartition plus ou moins fixe en terme de pourcentage.
Ce qui est culturel, ce sont les modèles et schéma d'unions et de familles (qui peuvent être influencés par la biologie, mais qui n'en sont pas forcément des conséquences directes).

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aviatha

le samedi 29 août 2015 à 21h56

Autant je conçois tout à fait le problème de la minorité (être une femme et être bi fait que c'est un problème que j'expérimente régulièrement), autant on ne fait jamais rien avancer en jetant notre oppression à la figure de gens qui se retrouve dans le camp favorable sans avoir rien demandé. Il ne me viendrait pas à l'idée de dire que les hommes sont tous des dominateurs violents, ce serait purement et simplement du sexisme, de même que j'estime pouvoir légitimement me plaindre de racisme quand on me traite de "sale pute blanche" dans la rue.

Pour revenir à la différence naturelle/culturelle, et par là même à ce qui fait partie de la vérité scientifique ou non (parce que exprimer une croyance en une entité qui ne peut être démontrée ou infirmée n'est pas du tout la même chose que exprimer une croyance sur un fait réel et tangible du monde). Déjà, si, il se trouve qu'on connaît la vérité sur certains points dans ce domaine, comme le fait que hétérosexualité et homosexualité existent dans le règne animal à des proportions fixes selon les espèces (qu'on recense à plus de 1500 aujourd'hui) et que l'orientation sexuelle est donc ultra-majoritairement une composante génétique.
Sur ce qui est de la monogamie et polygamie, il faut distinguer deux choses. La monogamie est en effet un fait culturel. En revanche le monoamour est un fait naturel.
Ce que nous savons aujourd'hui, c'est que monoamour et polyamour sont présents à l'état naturel dans notre branche. Il existe chez les primates des couples exclusifs de toute une vie, comme il existe des individus ouvertement avec plusieurs partenaires, et la plupart du temps, les individus naviguent entre ces deux attitudes au cours de leur vie (pour rappel, un chimpanzé si on lui fout la paix ça vit 60 ans, ils en ont des histoires pendant ce temps là). La jalousie (parfois maladive et mortifère) est une chose naturelle, tout comme l'est la compassion, et ces deux composantes se répartissent diversement selon les individus.
Alors oui, la monogamie est à 90% culturel, comme l'est la polygamie dans les sociétés où elle est la norme. Mais le monoamour, comme le polyamour, sont des inclinaisons individuelles, qui elles sont naturelles. Comment se fait le choix d'un modèle plutôt que l'autre, ça, nous ne le savons pas, mais la biologie est tout sauf marginale dans cette histoire.

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aviatha

le samedi 29 août 2015 à 02h20

Dit comme ça je suis déjà un peu plus d'accord. Néanmoins dire, "je pense qu'il y a deux blocs distincts", ces deux blocs étant, je le rappelle, "ceux qui ont compris que la monogamie était une vaste arnaque et les autres" ça ne veut rien dire d'autre que le fait qu'il n'existe pas de mono éclairé, conscient et heureux, qu'être mono est forcément un aveuglement, qu'on est pas mono, juste dupe de la "vaste arnaque" de la monogamie, et cela n'est pas respecter les gens qui vivent cette vie. Cela n'est pas agressif, je ne fais que traduire en termes clairs ce que tu dis.

Je suis entièrement d'accord sur le fait qu'il est triste que peu de gens entendent parler d'un mode de vie qui peut-être leur conviendrait aussi bien ou mieux. Mais là encore dire "accessible à la majorité des gens, tant qu'ils en ont connaissance"... tu reconnaitras que c'est une formulation. Et ceux qui en ont eu connaissance, qui l'ont examinée, vraiment, de manière réfléchie, et l'ont rejetée, ils sont quoi ceux-là ?

Il est vrai qu'il y a beaucoup d'échec des relations exclusives, comme il est vrai aussi qu'il n'existe pas, à ma connaissance, de statistiques sur la pérennité des relations non-exclusives. Il est très possible que, tout simplement, entretenir des relations amoureuses sont un processus compliqué pour tout le monde et donc connaisse un nombre important d'échec partout.

Enfin, il est vrai que d'un point de vue scientifique, il est toujours difficile d'expliquer précisément ce que sont les choses. En revanche, il nous est possible de dire ce qu'elles ne sont pas. En ce qui concerne la règle générale, bien sûr, car une opinion sur un cas personnel ("dans mon cas, je le vis comme ça") est toujours valide, ce qui n'est pas le cas d'une généralisation. Et en l’occurrence, dire "nous naissons tous polyamoureux" est une contre-vérité scientifique. Après, oui, on peut dire "oui mais moi mon opinion c'est que ça se passe comme ça". Moi, j'aimerais bien dire que les humains naissent tous bisexuels, et que ensuite c'est juste la nombre sociale qui vous oblige à choisir un camp, quand moi je respecte l'ordre naturel des choses. Sauf que la vérité, elle en a rien à foutre de mon opinion.

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aviatha

le vendredi 28 août 2015 à 19h46

Et sinon, si on évitait de se poster comme ceux qui ont "tout compris à la vie quand les autres vivent dans une grosse arnaque et ne le voient même pas" ?

Est-ce que sous prétexte que je suis bi, je viens emmerder les homos ou les hétéros en leur disant que "après tout on nait tous bi, c'est vous qui avez un problème pas moi" ?

Au passage, le "Je considère qu'on nait tous et toutes polyamoureux", bon déjà c'est hyper réducteur et extrêmement insultant pour les monos, mais admettons, mais surtout, et là je parle en tant que scientifique qui en a un peu marre, c'est faux. Nous ne naissons pas tous poly, comme nous ne naissons pas tous monos, comme nous ne naissons pas tous bis ou tous hétéros. Ni nous, ni aucune espèce de notre famille biologique, parce que oui il y a des couples exclusifs chez les gorilles, des agressions pour jalousie chez les chimpanzés et des couples tellement fusionnels chez les bonobos que certains meurent de dépression après le départ de l'autre.

Donc si des poly sont heureux, tant mieux, s'ils veulent se revendiquer comme tels, je les appuis complètement, même si c'est une chose qui m'échappe un peu, s'ils veulent expliquer que la monogamie n'est pas le seul fonctionnement qui existe au sein de notre espèce et des autres, je serais ravie de les y aider et d'apporter tout mon concours scientifique. Mais uniquement dans la limite des faits et du respect de la personne en face. Et dire "je pense qu'il y a 2 blocs distincts : ceux qui ont compris que la monogamie était une vaste arnaque et les autres. Je considère qu'on nait tous et toutes polyamoureux", ce n'est respectueux, ni des faits scientifiques, ni des personnes qui pensent/sont/vivent différemment.

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Discussion : Premiers pas, mais pas faciles !

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aviatha

le jeudi 04 juin 2015 à 19h14

Et puis, encore une fois je le répète, il peut accepter (ou essayer d'accepter, pour l'instant ça a l'air un peu chaotique) ton polyamour mais ne pas l'être, quand à lui, ne viscéralement pas l'être, auquel cas lui dire qu'il comprendrait mieux/le vivrait plus facilement/découvrirait quelque chose de merveilleux/biffez les mentions inutiles, ne sert à rien et peut même être contre-productif. Pour ma part, la première fois que mon ex m'a dit que ce serait bien que je trouve quelqu'un aussi alors que ce n'est absolument pas mon truc, je l'ai reçu comme "si tu le faisais toi aussi, je culpabiliserais moins de faire un truc qui te fait du mal".
Or, premièrement, ton ressenti est ce qu'il est, et que l'autre en face fasse ou pas de même ne change rien à sa légitimité, tu dois le vivre si tu en as envie et pas si ton compagnon fait la même chose.
Deuxièmement, si lui est ouvert pour toi, il peut quand à lui ne juste pas être comme ça, et se dire qu'il comprendrait mieux s'il avait quelqu'un n'a aucun sens, pas plus que si j'avais dit à mon ex hétéro "tu devrais essayer de te trouver un mec une fois, tu comprendrais mieux ce que je ressens en tant que bi".
Et enfin, il est possible, tout simplement, que lui soit fondamentalement plus heureux dans la configuration précédente et ne soit jamais aussi heureux dans celle que tu lui proposes, de la même façon que toi tu serais plus heureuse dans cette nouvelle là que de retourner dans celle d'avant, et il faut que tu l'envisage aussi, que le bonheur à deux dans le sens que TU veux n'est peut-être pas possible. Le tien, je te le souhaite, mais peut-être pas pour vous deux (ou trois ou autant ensuite qu'il te plaira).

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Discussion : Informer son conjoint

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aviatha

le lundi 25 mai 2015 à 19h49

Je pense qu'il y a deux choses différentes. Bien entendu que la nouvelle vie, le nouveau "soi" ou tout ce qu'on veut est là et qu'il est possible de la vivre. Mais si on veut la vivre ET que l'autre reste dans notre vie, il faut faire plus que le mettre devant le fait accompli.
Personnellement, quelqu'un qui me disait "de toute façon je suis comme ça et tu n'as pas ton mot à dire" la seule réponse que j'aurais c'est "aucun problème, tu es comme ça, mais à partir de maintenant tu es comme ça sans moi".

J'aime assez peu cette idée de dire "oui mais le mono aussi ça lui donne des droits", si c'est des droits dont il n'a rien à faire. Si je suis végétarienne, j'en ai rien à foutre que mon conjoint estime que j'ai aussi le droit de manger de la viande, ça ne m'intéresse pas, et même si c'est lui qui la mange et qu'il a le droit de manger ce qu'il veut, le fait qu'il la fasse cuire dans la maison alors que pour moi c'est une odeur épouvantable me dérange.

Donc 1- offrir à l'autre des avantages dont il n'a rien à faire n'est pas un argument 2- il faut arrêter de faire comme si nos actions, parce que c'est les nôtres, n'avaient aucune conséquence sur la vie des autres 3- parce que les polys dans la majorité des cas problématiques de transition ne veulent pas juste être polys, ils le sont déjà, ils veulent l'être ET que leur conjoint reste, du coup faire comme si c'était le mono le problème est un peu du moquage de figure.

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Discussion : Polyamour tout seul ?

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aviatha

le jeudi 02 avril 2015 à 13h14

Je dirais, "tenir à quelqu'un ce n'est pas se sacrifier pour lui sans nécessité".

Si la personne que j'aime à un accident grave qui nécessite une présence importante, tenir à elle c'est être là autant que possible même si j'avais plein de trucs cools prévus.
Mais c'est valable pour tout type d'amour. Si mon enfant est gravement malade, bien sûr que tout va passer au second plan le temps qu'il faudra tant que je m'occuperais de lui. Il y a quelques jours, un ami à moi très cher a attenté à ses jours. J'ai passé les journées suivant sa sortie chez lui, à 400 km de mon domicile, à veiller sur lui, l'aider à revenir peu à peu dans la vie, pas forcément grand chose, l'aider à faire tourner la maison, à mettre en place son suivi, simplement lui faire comprendre qu'il n'était pas seul. Est-ce que j'avais des choses à faire ces jours-là, oui pleins des tas. Des trucs que j'aurais préféré, oui, tenir compagnie à un suicidaire n'est pas particulièrement gai.

Mais tenir aux gens implique à mes yeux un certain nombre de contraintes, qui ne sont au final que le pendant de tout ce qu'ils nous apportent en étant dans notre vie. Des contraintes parfois lourdes, mais pour moi l'amour, quelle que soit sa forme, a, aussi, ce visage là.

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Discussion : Comment aider mon amoureux à accepter le polyamour...?!

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aviatha

le mardi 24 mars 2015 à 19h44

Nurja, bien sûr que tu as le droit de poser toutes les questions que tu veux, il manquerait plus que ça, mais là j'ai juste l'impression que tu ne lis pas les réponses.


Apsophos, la possession dont je parlais, c'était l'exclusivité. Comment reconditionner et amener vers la liberté si on ne sait pas à quoi est due la cage qu'ils s'auto-imposent ?

J'ai répondu deux posts plus haut : Imaginer les couples monos en train de passer leur vie à s'enfermer l'un l'autre dans des carcans, c'est aussi absurde que d'imaginer que tous les végétariens du monde passe leur vie à baver devant des steaks en se filant des claques pour ne pas céder à la tentation.

Je maintiens, pour avoir des exemples en nombre, que la sexualité n'est pas un aspect si majoritaire que ça, c'est un aspect qu'on croit et qui parait majoritaire, mais quand on connait les couples dans l'intimité, beaucoup ont une ouverture sur cet aspect-là qu'ils n'envisagent pas sur l'aspect "vie commune" ou l'aspect "amoureux". Simplement ils n'en parlent pas en public et personne ne le soupçonne chez eux.

Mon parallèle tient au contraire très bien la route, il s'agit de sport dans les deux cas, et ils ne sont pas beaucoup plus éloignés l'un de l'autre que peuvent l'être le mode de vie "anarchie relationnelle" et "couple marié avec huit enfants", qui pourtant sont tous les deux des relations affectives.

Je tiens d'ailleurs à l'expression "relations affectives" parce que le terme "amoureux" est pour moi problématique. Pour en avoir longuement débattu avec Siestacorta et Metazet (qui a changé trois fois de pseudo entre temps^^), le fait d'avoir du désir pour quelqu'un, d'aimer passer du temps avec lui, partager des choses, activités, passions ensemble, d'avoir pour lui une affection profonde et sincère, une tendresse véritable, voire des projets en commun ne suffit pas pour moi à dire qu'on est "amoureux". J'ai aimé beaucoup de gens comme ça, des gens très bien, et je comprends parfaitement qu'on puisse et puisse vouloir aimer simultanément plusieurs personnes ainsi, même si ce n'est pas ma tasse de thé. Mais quand je suis "amoureuse" déjà c'est infiniment plus rare (ça a dû arriver deux fois dans ma vie), infiniment plus fort, et ça efface tout simplement toute envie d'autre (je sais plus qui m'avait sorti "de la même façon qu'on ne voit pas les lampes allumées en plein soleil", mais j'aime bien c'est exactement ça). On me dira que c'est de la NRE, mais dans mon cas alors ça a été de la NRE qui dure plusieurs années, et je ne suis pas sûre que ça corresponde à la définition dans ce cas.

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Discussion : Comment aider mon amoureux à accepter le polyamour...?!

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aviatha

le mardi 24 mars 2015 à 12h19

Vous avez quand même un sérieux problème avec l'interdit, tous...
La question n'est pas, telle que je l'ai comprise de Nurja en tout cas, la question de l'exclusivité dans un couple mono-poly, mais celle de l'apport de l'exclusivité tout court. Ce n'est pas un interdit, puisque dans la plupart des couples mono, les deux sont d'accord, c'est aussi absurde que si tu me disais "lui il est végétarien, mais sa femme lui interdit quand même de manger de la viande", ben non elle lui interdit que dalle, puisque c'est quelque chose qu'il a décidé de lui même.
Imaginer les couples monos en train de passer leur vie à s'enfermer l'un l'autre dans des carcans, c'est aussi absurde que d'imaginer que tous les végétariens du monde passe leur vie à baver devant des steaks en se filant des claques pour ne pas céder à la tentation.

Du coup merci pour le "troll végé", en fait ^^

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Discussion : Que dire, que taire ?

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aviatha

le mardi 24 mars 2015 à 01h03

Pour en avoir subi une il y a pas très longtemps, si le colorant est irritant et peu brûler un peu, je n'ai personnellement pas eu mal, donc essaye d'y aller aussi détendue que possible, prend du temps pour toi, et repose toi (et sache aussi que le cancer du col se soigne super bien, donc ne panique pas, ça va bien se passer :-) )
Des bisous

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Discussion : Comment aider mon amoureux à accepter le polyamour...?!

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aviatha

le lundi 23 mars 2015 à 22h21

Dans toutes TES relations avec des monos. Ce n'est pas le cas pour tout le monde. Je tolérais très bien les relations sexuelles de mon amoureux avec sa nouvelle demoiselle, c'est quand il s'est rendu compte qu'il était vraiment amoureux que ça m'a posé problème, donc je ne peux juste pas être d'accord.
De même que je connais plusieurs couples d'amis qui n'ont pas de problème à laisser l'autre faire des galipettes de son côté (tant que l'aspect sanitaire est respecté, bien entendu) avec ou sans eux, mais pour qui il est inenvisageable que les autres deviennent des compagnons de vie.

Donc je pense surtout que tu as rencontré des gens qui faisaient une fixette sur la sexualité, ce qui soit dit en passant n'est à mon sens, et je rejoins maximum, qu'une part de l'exclusivité.

Et si tu ne vois pas ce que leur apporte l'exclusivité avec ce que je t'ai dit dans le post précédent, de la fusion à la réciprocité, du temps consacré à l'intensité, ce n'est pas un drame, moi je ne comprend pas qu'on puisse être poly, je ne vois pas ce que ça apporte, et je refuse dans ma vie désormais les gens qui le sont, ça ne m'empêche pas de considérer que ces gens-là existent, avec une vision différente toute aussi juste, et que s'ils sont heureux comme ça c'est tout ce qui compte.
Là c'est comme si tu jouais au rugby à quinze et tu regardes le terrain d'en face en disant "Mais pourquoi ils jouent à deux seulement ? C'est nul. - Ben non, ils jouent badminton, ça se joue à deux. - Mais c'est plus drôle de jouer à quinze. - Au rugby, peut-être, mais ça c'est pas du rugby." C'est pareil, pas le même jeu, pas les mêmes règles.

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Discussion : Comment aider mon amoureux à accepter le polyamour...?!

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aviatha

le lundi 23 mars 2015 à 19h20

Dans le cas des gens qui changent d'avis en cours de route, je ne peux pas dire, pour moi un accord est un accord, et s'il est toujours possible de demander à renégocier en cours de route, il me parait inconcevable d'en changer les termes tout seul pour faire la vie dure à l'autre, pour moi il ne s'agit pas de monogamie, polyamour ou possession ou ce qu'on veut, c'est de la maltraitance émotionnelle, point.

Pour ce que c'est réellement, sans doute est-ce aussi varié que ce qui motive les poly dans le poly, mais le premier que je vois, c'est la réciprocité. Un mono qui n'aime personne d'autre que son conjoint a envie d'une affection réciproque qui ait la même forme (c'est d'ailleurs souvent le cas pour les poly aussi, comme le disait LuLutine, qui ont rarement envie qu'un de leur conjoints n'aime que eux). C'était une des sources de tensions avec mon ex : il était L'homme que j'aimais, je n'étais plus qu'UNE DES femmes qu'il aimait, la réciproque avait disparu.
Il y aussi que tout le monde n'a pas les mêmes besoins/envies affectifs, certains se contentent très bien de voir l'être aimé un soir par semaine et d'autres ont envie de s'endormir tous les soirs dans ses bras. Or les gens n'étant pas doués d'ubiquité, il y e des configurations qui ne peuvent du coup tout simplement pas marcher.
Et enfin (je vais sans doute me faire flécher à vue, mais comme toi je parle d'expérience, et elle me donne raison au moins en ce qui me concerne donc je m'en fous), un besoin d'intensité. Être concentré sur une seule personne ou plusieurs ne permet pas du tout à mon sens la même intensité de relation (on a déjà eu ce débat avec Siestacorta, ça n'empêche pas que ce soit de l'amour, ni une très belle relation, c'est juste effectivement moins intense), et si certaines personnes ne sont pas très portées sur le passionnel, d'autres le sont. Et il n'y a qu'à voir le nombre de sujets sur le forum où il est question de NRE qui fout le bordel pour comprendre que quelqu'un qui a une vraie envie d'intensité affective avec son conjoint ne peut que très mal vivre l'arrivée d'une nouvelle relation et la phase passionnelle que cela implique.

Voilà pour quelques exemples, j'en ai encore plein dans ma manche s'il faut mais j'ai pas trop envie de m'étaler, ça va finir hors sujet.

(Et si, au passage, parler "d'exigence" d'exclusivité, de "possession" du corps de l'autre, et de "ton corps m'appartient", c'est clairement mettre une grosse flèche rouge clignotante marquée "vilain pas beau" au-dessus de la tête des monos)

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Discussion : Comment aider mon amoureux à accepter le polyamour...?!

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aviatha

le lundi 23 mars 2015 à 15h08

C'est différent en ce sens que l'idée n'est pas celle de possession mais de contrat. Je ne choisis pas ce que tu fais de ton corps à ta place, je dis "j'aimerais que nous, ce soit ça, ça et ça, j'aimerais que ça fonctionne comme ça, et si ça te va, et bien on fera comme ça, si ça ne te va pas, et bien tant pis, ce sera sans moi".
Un mono dit "j'aimerais que nous, ce soit exclusif, qu'on soit chacun notre seul amoureux et notre seul partenaire sans que l'un de nous en souffre, j'ai besoin que ça marche comme ça, si ça ne te va pas, je suis désolé, ce sera sans moi, je ne peux pas".
Un poly dit "j'aimerais que nous, ce soit non-exclusif au moins pour moi, que je puisse avoir d'autres amoureux et d'autres partenaires sans que tu en souffres, j'ai besoin que ça marche comme ça, si ça ne te va pas, je suis désolé, ce sera sans moi, je ne peux pas".
Si les clauses sont différentes, dans les deux cas c'est une histoire de contrat, donc si on pouvais sortir de la paranoïa contre les "méchants monos qui veulent marquer le corps de l'autre au fer rouge pour bien montrer que c'est à eux sans se préoccuper de ce que l'autre désire", ça serait reposant, merci...

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Discussion : Comment aider mon amoureux à accepter le polyamour...?!

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aviatha

le dimanche 22 mars 2015 à 22h16

Et ce n'est effectivement pas pareil.
Les monos ne veulent pas être "l'unique" ou alors c'est vivre seuls sur une île déserte, ils veulent être l'unique sur le plan amoureux et (souvent) sexuel, c'est très différent.

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Discussion : Besoin de conseils, expérience, ce que vous voulez

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aviatha

le jeudi 12 mars 2015 à 13h23

Je ne serai peut-être pas aussi optimiste que les autres sur la situation.

Tout simplement parce que parfois le problème n'est pas les choses telles qu'on les craint, projette ou autre, mais telles qu'elles arrivent et qu'elles sont et en elles-mêmes elles nous font violence.
C'est vrai que tant qu'il y a des moments généraux et aimants, on se dit que c'est super, que tant que ça c'est là, et bien on arrivera à passer par-dessus le reste, on arrivera à s'adapter, pour ça.
Le problème est que ça n'est pas toujours vrai, on peut très bien s'y faire un temps, et se réveiller un matin usé par tout ça, au bout de la corde.

Je reviens sur quelque chose que j'ai dit il y a longtemps déjà, la peur n'est pas que quelque chose qui se travaille, et parfois quelque chose qu'il ne faut pas travailler, c'est aussi quelque chose qui s'écoute et qui, parfois, est là pour de bonnes raisons. Il faut savoir faire la différence entre la peur qui nous bloque et la peur qui nous protège, je pense que le vrai travail est là, faire le tri, et respecter ce qui doit l'être.

Quand au fait que tu la crois et en même temps pas quand elle te dit qu'elle veut faire sa vie avec toi et que tu es sa priorité, je te comprends. Pour avoir entendu la même chose exactement, dans une situation semblable, des mois durant, de quelqu'un qui, je crois, le pensais vraiment. On se demande comment on peut douter de l'autre qui a l'air si sincère et qui nous aime tant. Là aussi, il faut savoir faire le tri entre le doute qui nous pollue et celui qui nous met en garde. Et c'est loin d'être une chose facile

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Discussion : A l'aide !

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aviatha

le mardi 10 février 2015 à 21h00

Savoir s'il est possible d'avoir un raisonnement un peu plus profond dépend à mon avis de ce qui "coince" (partage du temps, problème d'intimité, de complicité, peur d'abandon...)
Après, au risque de mettre les deux pieds dans le plat, son raisonnement peut être "primaire" et néanmoins très juste, le ressenti n'est pas une chose rationnel et il est ce qu'il est.
Pour ma part, j'ai fait des mois d'introspection, j'ai parfaitement assimilé le fait que l'autre n'est pas une possession, qu'on peut aimer plus d'une seule personne, que ça ne vient pas forcément d'un problème avec le premier si un deuxième arrive, que l'autre en face n'est ni un demi-dieu ni un ennemi et tout ce qu'on veut. Ca ne changeait absolument rien au fait que ça m'était viscéralement insupportable et que tout ce qui ressortait de ma réflexion aboutissait toujours à "je te comprends parfaitement, je t'aime et je te soutiens, mais je ne veux pas, je ne voudrais jamais et c'est comme ça". Parfois, dès le début, c'est le ressenti qui a raison.

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Discussion : Ascenseur émotionnel bonjour

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aviatha

le mardi 03 février 2015 à 12h58

Voilà, tourné comme ça je suis d'accord :-)

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