Polyamour.info



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Informer son conjoint

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Violetta

le mardi 16 septembre 2014 à 13h16

Mariée depuis 20 ans, j'ai rencontré une autre personne pour laquelle j'éprouve des sentiments et du bien être en sa présence. Idem pour la personne rencontrée. Mais j'aime toujours mon mari et ne souhaite pas le quitter pour l'autre. J'ai longuement réfléchi sur le fait de vivre ou non cette nouvelle aventure mais ce qui me chiffonne le plus ce serait de la vivre cachée. Ceci ne me correspond pas du tout. Je suis plutôt de nature franche et honnête. Vis à vis de mon conjoint, je ne trouve pas cela sincère. Il y a une belle confiance entre nous deux que je ne souhaiterais pas gâcher. En fait, je les aime tous les 2 de manière différente et chacun m'apporte du plaisir à sa façon. Mais comment informer son mari du fait que l'on puisse aimer 2 personnes en même temps. Je ne le sens pas du prêt pour entendre ce genre de chose et encore moins du fait que cela puisse nous concerner. Y-a t'il des personnes qui se sont trouvées dans cette situation ? Merci pour vos conseils.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Vaniel

le mardi 16 septembre 2014 à 17h12

Je me suis déjà retrouvé du côté de la personne qui n'était pas informée. J'ai fini par l'être et j'ai alors su que je ne l'avais pas été plus tôt parce que ma partenaire pensait que je n'étais pas prêt pour entendre qu'elle avait une autre relation amoureuse et/ou que ça aillait me faire du mal. Là dessus, elle a beaucoup projeté. Je m'explique. Je n'ai pas eu de soucis avec la non-exclusivité amoureuse, même si passer direct d'un embryon de théorie à la pratique fut un peu déroutant. Par contre, j'ai souffert du fait qu'elle ait décidé d'attendre pour m'en parler, au "prétexte" que je n'étais pas prêt. Je n'avais pas demandé à être "protégé". Tout ça pour dire que tu ne penses pas que ton mari soit prêt mais peut-être l'est-il. Dans tous les cas, il ne te revient pas de décider pour lui ce qu'il peut ou non entendre, sauf s'il t'a explicitement demander de ne pas lui dire certaines choses.

C'est souvent plus difficile à amener quand ça concerne déjà une relation existante et non désir d'ouverture qui reste à explorer et que deux partenaires peuvent discuter en l'absence d'asymétrie relationnelle.

Pour ma part, j'ai senti ma confiance mis à mal. Cependant, comme j'étais en train de choisir une dynamique d'ouverture, de faire le chemin théorique, ma confiance a pu se construire puisque je n'avais pu à faire confiance à ma partenaire sur ce point, la question de la fidélité se déplaçant ailleurs, le problème de la non-exclusivité amoureuse devant obsolète.

Il n'y a pas de recette miracle pour annoncer ce que tu souhaites. Je pense qu'il faut prendre soin de rassurer l'autre sur les sentiments qu'on lui porte, lui montrer que l'on ne lui enlève rien et être très tolérant envers les réactions qu'il peut avoir lors d'une première conversation sur le sujet. Ah, et je dirais qu'il faut éviter de présenter ses actions comme honteuses mais les amener comme quelque chose qu'on assume et que l'on souhaiterait partager (dans cette dynamique qui pousse à assumer).

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Cendre

le mardi 16 septembre 2014 à 23h03

Bonjour Violetta et bienvenue.

Il y a deux ans, j'étais dans la même situation que toi (avec seulement 6 ans de vie commune, mais sinon, c'était pareil)
J'ai fini par prendre mon courage à deux main, cesser les sous-entendu, et lui dire "je me suis laissée tombée amoureuse d'un autre"
Il n'était pas prêt à entendre ça.
Il ne l'a jamais été.
Il a subit mon polyamour pendant 20 mois.
Et aujourd'hui, je me sépare de lui (alors qu'on s'aime toujours ‑ même si "aimer" peut avoir de multiples significations/interprétations)
Je ne regrette pas, parce que durant ces 20 mois, on a testé de nombreuses configurations, et même si cela rendait toujours plus évident que le polyamour était fait pour moi, et pas pour lui, je préfère de loin avoir choisi cette voie plutôt qu'une des deux autres que j'avais devant moi :
- J'aurais pu arrêter de voir cet homme, puisqu'on avait pas encore couché encore, ma morale de l'époque aurait été capable de classer ça dans un dossier intime de mon jardin secret. Mais dans ce cas, j'aurais eu l'impression de m'enterrer vivante.
- J'aurais pu faire "comme tout le monde", parce que "c'est plus simple" (dixit un médecin généraliste que je n'irais plus voir), c'est à dire continuer ma petite affaire sur du temps masqué : sans mentir ouvertement, j'omets de dire à mon mari que j'ai pris une après-midi de congé pour retrouver mon amant dans une chambre d'hôtel. Mais dans ce cas, je pouvais juste plus me regarder dans une glace.

Alors j'ai assumé mes actes, ma conviction que c'était ce qu'il me fallait, et j'en ai informé mon mari.
J'y suis allée avec sincérité et humilité. (et Vaniel a raison : il vaut mieux éviter le mélodramatique d'un "je suis désolée", présenter les faits et les éléments positifs, ne pas trop parler et laisser l'autre exprimer tout ce qu'il a à dire, quoiqu'il puisse dire, à ce moment là comme plus tard)
J'y suis allée avec confiance, j'étais intimement persuadée qu'une fois la surprise passée, mon mari serait très content de cette situation, où la fidélité ne repose pas sur ce que l'on fait de son corps et de son cœur, mais bien d'une volonté d'avancer ensemble.
Je me suis trompée.
Je mentirais si j'osais dire que je n'ai plus mal de m'être ainsi trompée.
Mais je ne regrette rien.

PS : ça faisait très longtemps que je me suis pas connectée au forum, et c'est vraiment avec un grand plaisir que je reviens donner mon point de vue...
Merci à tous ceux qui font exister ce site

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Granita

le mardi 23 septembre 2014 à 11h33

Bonjour Violetta, Vaniel et Cendre, bonjour à tous,
Toute "neuve" découverte polyamoureuse (sur le terme), mais polyamoureuse ou amoureuse plurielles depuis toujours, je découvre avec bonheur ce site depuis quelques semaines...
Je vais essayer de rajouter mon point de vue par mon vécu actuel et un peu de mon histoire, en essayant d'être brève !

Mon tempérament est franc, même si le temps, l'expérience de la vie et ma profession m'ont appris la tempérance et la patience.
42 ans, en couple depuis 13 ans et 2 enfants avec lui. Il est arrivé dans ma vie alors que j'étais bien inscrite dans ma vie de trentenaire célibataire, mordant la vie à pleine dents. Il a su me charmer par son assurance et son amour inconditionnel.
Nous sommes très unis, complices et très ouverts au(x) dialogue(s). Mais ma conception du couple (lui est exclusif, jaloux...) n'est pas la sienne. Il a bien compris que le mariage ne serait jamais d'actualité pour moi et je me rappelle la réponse faite à notre fils il y a environ 2 ans, qui nous questionnait sur la raison de notre non mariage :"ta maman, si elle se mariait, elle se sentirait comme un oiseau en cage". Et son sourire chaleureux accompagnait magnifiquement bien le pétillement de ses yeux à cet instant présent. J'ai compris qu'il m'avait comprise.
Pourtant, la philosophie du polyamour lui échappe. Il ne peut pas l'intégrer. Intelligent, cultivé, réfléchi... il n'en reste pas moins matcho et très attaché à la notion d'exclusivité et de fidélité. Depuis ma lecture d'un livre sur le thème du polyamour, trônant fièrement sur ma table de chevet (génial, je ne suis pas une extra-terrestre !!), j'ai tenté à plusieurs reprises d'aborder le sujet, dans le calme et l'intelligence d'une discussion d'adultes. Mais aujourd'hui, c'est pour lui l'occasion de railleries, de piques moqueurs, résultants probablement de sa souffrance intérieure (il m'a souvent dit par le passé que je le quitterai un jour) et de ses peurs.

Moi, de mon côté, d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été accompagnée par l'impression d'être un peu à par. Pré ado, je ne supportais pas le quotidien. J'aimais l'aventure lorsque mes copains copines préféraient le cadre rassurant d'un éternel recommencement....

J'avais du mal à me trouver, étant souvent en décalage avec la dite normalité. J'aime les différences, les métissages culturels et l'ouverture à l'autre, quel qu'il soit, dans le respect de ses différences (c'est pas un hasard si je travaille dans le secteur du handicap!!).

Bref...venons en à MES Amours !!
J'ai, bien entendu, fait pas mal de rencontres, certaines en même temps, sans que je n'éprouve de la culpabilité puisque ne faisant de mal à personne ! Alors que je n'étais pas encore en couple, je fais THE rencontre, celle qui dure encore aujourd'hui, 18 ans après. Célibataire (moi), en couple (lui) nous restons ensemble 4 mois (il avait alors fait le choix de se séparer d'elle pour moi) puis, trop jeunes, trop immature, trop....ou pas assez...il retourne avec elle. Il deviendra mon Amour2
Moi je continue mon chemin en respectant son choix et je rencontre donc mon compagnon, mon Amour1 actuel.
Faisant partie du même groupe d'amis, nous nous verrons en groupe durant plusieurs années qui furent l'occasion, à de multiples reprises, l'alcool aidant, de se faire de belles déclarations d'Amour-Amitié....jusqu'à il y a 5 ans ou un dérapage non contrôlé (faudrait-il que j'arrête l'alcool ? ;D ) abouti à une relation qui dura 3 ans. Très épanouissante, très riche emotionnellement et très révélatrice pour moi car très amoureuse ; très perturbante pour lui car culpabilisante et donc pas assumée....
Bien sur, comme tu peux t'en douter, toi qui me lis, Amour1 n'en a rien sû. Je ne veux pas le perdre, je ne veux pas le faire souffrir et je respecte son choix : " si un jour tu as un amant, surtout ne te pose pas la question, tu ne me dis rien ".

Malgré les dialogues, les ruptures, les remises en question....l'Amour2 est toujours là. Et nous faisons toujours partie du même groupe d'Amis, Amis qui, pour certains me rendent toute l'affection que je leur porte. Oh rien de vraiment croustillant, mais une sublime déclaration, un baiser volé stoppé par peur de je ne sais quoi....et moi qui profite de chaque instant, qui prend et qui donne, dans le respect de soi et de l'autre....

Amis qui, pour certains savent ce qui m'uni à Amour2 et qui sont amis avec Amour1. D'une amitié chaleureuse, vraie. Sans jugement, sans irrespect (sans prise de tête ?). Ceux extérieurs à notre groupe nous disent "vous n'êtes pas Amis, vous fêtes partie d'une même famille!" Que dire d'un groupe qui se connaît et se côtoient régulièrement depuis plus de 30 ans pour certains ?

Malgré tout cet (ces ?) Amours dans lequel je baigne, la situation est loin d'être simple. Mes amis savent mon ouverture d'esprit (curieusement les garçons ont l'air de mieux accepter que les filles) même si aujourd'hui je ne ressens plus le besoin de m'expliquer sur mes façons de voir les choses amoureuses (aurais je baisser les bras). Pourtant, quelle difficulté lorsque tout s'imbrique : ma relation avec Amour1, ma relation avec Amour2 qui aujourd'hui n'est plus physique (pour l'instant ?), ma relation amicale avec sa compagne (elle sent l'amour que me porte son homme et elle en souffre car exclusive-raaaa cette sacro-sainte fidélité !) la relation amicale et tellement belle entre Amour1 et Amour2....!

Alors OUI comment lui dire, comment leur dire à quel point c'est libérateur de s'ouvrir à tout ça sans y voir le mal (Amour1 me dit être tellement bien avec une fille comme moi!) en repensant les dogmes culturels et éducatifs. Comment leur faire comprendre que c'est en analysant nos émotions et nos sentiments que l'ont peut trouver cet apaisement tellement nécessaire pour être en accord avec soi même ?

Je me dis que le temps, la patience, le dialogue toujours, même si ça doit passer par des coups de gueule, tout ça ensemble et combiné, parviendra un jour, à être accepté et compris par tous :les AmourS et les Ami(e)S

Merci à toi qui as pris le temps de lire un bout de mon histoire. Car l'essentiel est là !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le mardi 23 septembre 2014 à 12h38

Bonjour Violetta, et à tous les participants à cette discussion.
Je crois que nous sommes nombreux à nous poser ces mêmes questions, je crois que ta situation est assez banale. Ca ne veut pas dire qu'elle soit inintéressante et pas importante.

Mon avis (je suis un homme) est qu'il faut dire la vérité. On se donne souvent plein de raisons pour ne pas le faire mais je crois que la seule raison qui nous en empêche est notre propre peur. Peur de la réaction de l'autre mais aussi peur de passer d'un statut à un autre. De monogame "bien comme il faut" on avoue être polygame "cet affreuse idée", qui est tant bannie par les "bien penseurs", qui trompent souvent leur conjoint (e) dès que l'occasion se présente.

Mais dire la vérité ce n'est pas seulement être honnête avec l'autre, c'est aussi (et avant tout) être honnête avec soi même. "c'est ce que je vis, ce que je suis". Je crois qu'il y a une grande délivrance à le dire, même si cela peut faire changer beaucoup de choses dans la relation. Mais tu pourrais aussi avoir de bonnes surprises, ce que tu tais toi, peut être ton mari aurait lui aussi bien voulu te le dire un jour...

Comment le dire? Le plus simplement du monde... Ca peut ressembler à ça : "Chéri, je t'aime fort, et parce que je t'aime fort je ne voulais pas te cacher plus longtemps que j'ai rencontré quelqu'un d'autre avec qui j'aime passer du temps".

J'espère avoir contribué à répondre à ta question...
Bonne continuation

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Juliejonquille

le mardi 23 septembre 2014 à 14h12

Je suis en plein dedans...
La phrase me brûle les lèvres, j'ai déjà osé parler du polyamour en général, que je souhaitais tendre vers cela.
Mais dire la fameuse petite phrase me terrifie, surtout que mon mari m'a dit une fois "si tu couchais avec un autre, je ne pourrai plus, tu serai salie à mes yeux."
J'espère que cette phrase lui a échappée et qu'elle signifie juste sa peur, peur de l'inconnu et peur de me perdre...
Malgré tout, ça me retient et me terrifie.

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Tcheloviekskinoapparatom

le mardi 23 septembre 2014 à 16h33

Bonjour à tous-tes, et merci spécial à Granita pour son récit long et émouvant.
Je n'ai à donner que l'expérience d'un non-dit : j'ai vécu longtemps avec une femme tout à fait mono, pendant que ma part poly se rendait de plus en plus évidente à moi, au fil des 12 ans qu'a duré notre relation.
Pas mal de frustrations, et pas seulement pour moi, aussi de la voir être séduite par un autre homme et de ne pas me sentir pouvoir lui dire que c'était ok, qu'on pouvait aimer plusieurs personnes et se retrouver tout de même.
Peut-être, sans doute, la situation aurait fini par arriver à une crise (laquelle ?) - mais nous nous séparâmes le plus amicalement du monde avant cela, et pour des raisons tout à fait différentes.
Depuis, je n'ai eu que des relations non-exclusives, avec une en particulier qui dure depuis cinq ans - et je trouve ça génial, et j'ai envie d'envoyer des cœurs à tout le monde.
Mais du coup avec mon expérience, c'est vrai que je ne peux jamais jeter la pierre à celles et ceux qui n'osent pas en parler...

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Granita

le mardi 23 septembre 2014 à 18h52

Oui pardon pour cette longueur...et moi qui voulais être brève ! Mais toi aussi tu as l'air d'apprécier les longueurs Tcheloviekskinoapparatom ;)

Je pense et au vu de vos messages, que c'est une question de choix très personnel de dire ou pas. Car nous présentons ou redoutons les conséquences d'un tel aveux. Si, de surcroît, l'entente est bien là, la vie de famille épanouissante....difficile de se résoudre à cette transparence.

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Ginette

le mercredi 24 septembre 2014 à 09h00

Ben moi je suis assez dépitée...
Mon époux de longue date m'a avoué être tombé amoureux d'une amie. Comme il est évident que nous nous aimons aussi, je lui ai signalé que je pourrais envisager qu'il soit polyamoureux. Cependant depuis le début il culpabilise, dit que ces configurations ne peuvent fonctionner, qu'il a le sentiment de tromper en permanence.
Il m'a avoué qu'il n'utilisait pas de préservatifs avec sa compagne (il n'en ont pas discuté). Il ne comprend pas pourquoi je m'en offusque (mon mari ignore tout de l'herpes génital, et des mycoses le pauvre...). Il a demandé de faire chambre à part. Nous continuons à avoir une sexualité intense (et protégée désormais, à mon grand dam), la sexualité du désespoir ? Il n'a rien dit à nos grands ados, mais tout prête à ce que les enfants interprètent ses actions : il débarque le matin après sa nuit avec sa maitresse en apportant les croissants, part "marcher" le week-end entier...
Je suis bienveillante, mais je commence à voire les limites de ma bonne âme. Je pense qu'il faut que je fasse un break, parce que finalement le manque d'attention, de disponibilité qu'il me porte est assez parlant : il est probablement très investi dans son nouvel amour...Pffft ça dure combien de temps cet état amoureux débile avant de passer aux choses sérieuses ?

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Tcheloviekskinoapparatom

le mercredi 24 septembre 2014 à 12h19

il est probablement très investi dans son nouvel amour...Pffft ça dure combien de temps cet état amoureux débile avant de passer aux choses sérieuses ?

Ça c'est toute la question de la NRE !

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Ginette

le mercredi 24 septembre 2014 à 13h55

Merci Tchekov...ça ne règle pas mon problème, mais ça met un nom sur cet état , la NRE...Mon mari et sa nouvelle amoureuse me semblent capables de jetter le bébé avec l'eau du bain (C'est à dire, moi !) parce qu'elle est plutôt exclusive et refuse d'envisager sans souffrir, et sans faire souffrir une relation poly. Je vais patienter, prendre de la distance parce que j'y laisse des plumes...Quand à mon conjoint il est en pleine NRE, ne fait que des conneries, mais je l'adore quand même...
C'est un bon forum en tout cas, qui m'a permis de me confronter à l'infidélité conjugale de mon conjoint en me disant qu'il était possible de rebondir, de rester bienveillant et amoureux, et peut être d'en faire quelque chose...C'est un travail qui me permettra de moins souffrir si je dois renoncer à mon amoureux...

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Granita

le mercredi 20 mai 2015 à 11h37

Bonjour à tous,

Je remonte ce fil de discussion pour apporter une note optimiste 8 mois après mon tout 1er témoignage. Pour peut être aider ceux et celles qui rencontrent des moments difficiles.
Voilà ou je veux en venir :

Granita
Nous sommes très unis, complices et très ouverts au(x) dialogue(s). Mais ma conception du couple (lui est exclusif, jaloux...) n'est pas la sienne. Il a bien compris que le mariage ne serait jamais d'actualité pour moi et je me rappelle la réponse faite à notre fils il y a environ 2 ans, qui nous questionnait sur la raison de notre non mariage :"ta maman, si elle se mariait, elle se sentirait comme un oiseau en cage". Et son sourire chaleureux accompagnait magnifiquement bien le pétillement de ses yeux à cet instant présent. J'ai compris qu'il m'avait comprise.

Pourtant, la philosophie du polyamour lui échappe. Il ne peut pas l'intégrer. Intelligent, cultivé, réfléchi... il n'en reste pas moins matcho et très attaché à la notion d'exclusivité et de fidélité....
j'ai tenté à plusieurs reprises d'aborder le sujet.....
Mais aujourd'hui, c'est pour lui l'occasion de railleries, de piques moqueurs, résultants probablement de sa souffrance intérieure (il m'a souvent dit par le passé que je le quitterai un jour) et de ses peurs.
.....
Je ne veux pas le perdre, je ne veux pas le faire souffrir et je respecte son choix : " si un jour tu as un amant, surtout ne te pose pas la question, tu ne me dis rien.

Alors OUI comment lui dire, comment leur dire à quel point c'est libérateur de s'ouvrir à tout ça sans y voir le mal (Amour1 me dit être tellement bien avec une fille comme moi!) en repensant les dogmes culturels et éducatifs. Comment leur faire comprendre que c'est en analysant nos émotions et nos sentiments que l'ont peut trouver cet apaisement tellement nécessaire pour être en accord avec soi même ?

Je me dis que le temps, la patience, le dialogue toujours, même si ça doit passer par des coups de gueule, tout ça ensemble et combiné, parviendra un jour, à être accepté et compris par tous :les AmourS et les Ami(e)S

Après toutes ces discussions, ces débriefings de films portant sur la force et la complexité des sentiments... Après toutes ces marques d'assurance de l'Amour profond que je lui porte...
Amour1 évolue dans ses discours. Ses piques moqueurs s'estompent jusqu'à hier soir une longue et belle discussion sur l'oreiller (curieux comme il peut se dire de belles choses sur ces carrés souples ;) ) ou j'entend "je t'aime comme tu es. Je sais que tu es poly amoureuse, tu as toujours été comme ça.... Et c'est sûrement pour ça (générosité des sentiments...) que je t'ai aimée tout de suite" puis "je ne souffre plus de ton amour pour Amenn parce que tu as besoin de cet amour pour lui et de passer des moments avec lui, comme j'accepte que tu puisses aimer, différemment M et L "(2 autres amis communs).
Mais il ajoute "préserve moi. Ne me dis pas si tu couches avec eux. Et préserve moi de l'apprendre. Comme je ne veux pas savoir si tu fais d'autres rencontres. Ça serait un point de non retour pour nous".
Le fait d'être acceptée réellement telle que je suis est un soulagement, même si sa dernière phrase montre toute sa souffrance et les limites de son acceptation.
Le chemin est long et tortueux, mais de mon côté très révélateur de la puissance de son amour pour moi. Et pour lui aussi.
Donc, ne rien lâcher. Reculer quelque fois permet de mieux avancer. Écouter l'autre et demander à être ecouté-e. S'affirmer tout en respecter les besoins de l'autre. Jouer d'empathie à chaque discussion....
Patience est mère de toutes les vertus !

Bonne journée à tous et toutes :D

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perdue-75 (invité)

le mercredi 20 mai 2015 à 14h39

Ce sont là de belles nouvelles Granita ! Bonne chance sur vos amours !

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Granita

le mercredi 20 mai 2015 à 15h00

perdue-75
Ce sont là de belles nouvelles Granita ! Bonne chance sur vos amours !

Merci

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poly de passage (invité)

le mercredi 20 mai 2015 à 21h52

Granita, ton histoire rapporte une nouvelle fois combien le conjoint souffre du poly de son autre. Ton mari accepte sans trop accepter, une façon de te dire qu'il est proche de ses limites.
J'espère pour toi que cet équilibre, qui n'en est pas un, avancera dans la bonne direction, sans savoir vers où elle ira.

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bonheur

le mercredi 20 mai 2015 à 22h47

Crois en toi, en tes capacités à aimer, en ton avenir et ton bonheur... Il me semble qu'eux y croit, croyez-y ensemble. Soi toi même Granita, pour toi et pour eux. Bravo !

Il faut laisser à chacun-e le choix de ses "limites". Pouvoir faire ce choix, est déjà une chance. Une chance qui n'est comprise que par ceux-celles qui l'ont saisie. Qui peut se vanter d'avoir une vie qui se déroule dans une acceptation 100% de ses rêves et de ses idéaux ?

Qui sait dans quelle direction il avance vraiment ? Qui sait où il va réellement ? On peut juste découvrir qui l'on est et ce qui nous rend heureux... et tant mieux si autrui s'engouffre dans notre bonheur. L'amour a ce don d'être une spirale. On a le choix de se laisser transporter ou de s'en éloigner.

Je dis souvent que la seule liberté individuelle est celle de s'extraire de situation que l'on vit vraiment trop mal. Dans notre société, le divorce est une option, c'est une liberté et un choix. Les amours de Granita font leur choix, ils ont cette liberté. Je crois que l'amour et sa légitime reconnaissance est au coeur de ces relations, donc moi je dirais juste à Granita "crois en cet avenir, avec ses difficultés, avec ses bonheurs".

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Granita

le jeudi 21 mai 2015 à 21h37

poly de passage
Granita, ton histoire rapporte une nouvelle fois combien le conjoint souffre du poly de son autre. Ton mari accepte sans trop accepter, une façon de te dire qu'il est proche de ses limites.

Oui le conjoint souffre, comme j'ai souffert de son exclusivité, de ses pics assassins et comme je souffre encore de cette "différence", de ce "fonctionnement", cette éthique que l'on me renvoi comme une tare, une utopie....
Mais que faire ? Continuer, comme je l'ai fait durant des années, à faire semblant de vouloir correspondre à quelqu'un que je ne suis définitivement pas ?

Il souffre oui, mais ne veut pas vivre avec une autre. Apprécie même cette "différence" lorsqu'il s'aperçoit que je n'ai pas le même discour que ces femmes qui se mettent dans des colères noires dès que leur mec regarde une paire de fesses passer, qu'elles ne supportent pas qu'ils leur parlent de leurs ex et qu'elles font la gueule parce qu'ils rentrent tard après une sortie entre "couilles" ;)

Alors oui, j'ai confiance en moi, de plus en plus chaque jour parce qu'en accord avec moi même. (Merci de tes encouragements bonheur).
Parce qu'un mec qui vit avec une fille épanouie ne peut qu'essayer, lui aussi, de trouver son équilibre.
Surtout s'il sent tout l'amour de cette fille tous les jours auprès de lui.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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bonheur

le jeudi 21 mai 2015 à 22h25

Cela me fait penser à cette chanson de Michel Violet "la souffrance et le temps". La vie n'est pas un long fleuve tranquille, ni pour l'élément mono, ni pour l'élément poly. Par contre, la volonté de continuer ensemble permet l'équilibre et est à la base de cet équilibre.
Je conseille ici la lecture du chapitre "réinventer son couple" du livre "voyage aux pays de l'amour" bien que Jacques Salomé soit peu enclin aux amours plurielles. La redéfinition du couple, telle qu'elle doit être, et non telle qu'elle devrait être, y est parfaitement expliquée.
Cet auteur est peu favorable aux amours plurielles, mais pour ceux qui veulent comprendre les pays de l'amour, cet ouvrage est super.

Ma relation principale a également profité de la réinvention de notre couple, pour avancer à titre personnel et même si c'est pas de la même manière que moi, c'est parfaitement en parallèle à mon évolution personnelle. Nous sommes allés de l'avant ensemble. L'autre n'est pas moi, je ne suis pas l'autre : deux identités pour une seule entité... et du bonheur tous les jours reconnus à sa juste valeur. Cela fait 8 ans que j'ai dit "mais je l'aime et je t'aime quand même" (paroles chanson de J Clerc "le coeur trop grand pour moi" : mes mots exacts appartiennent au passé).

Une chose que l'on apprend lorsque l'on désire être soi et communiquer positivement, c'est d'intégrer la notion de "en même temps" (livre Cessez d'être gentil, soyez vrai ! de Thomas d'Ansembourg) et d'éviter les "oui mais..." (vidéo "oui mais" avec Gérard Jugnot)

Pour qu'un couple mono-poly trouve son équilibre, il faut qu'il y ai simultanément une volonté et un "travail" commun. Il faut aussi des connaissances de soi, de l'autre, des autres et la reconnaissance de tout cet ensemble. Car comme l'explique J Clerc dans cette chanson, ça commence pour l'élément poly par "...vous êtes ma tourmente, de mon âme violente, je vous aime..." et également par "Dans toutes vos différences, il n'est qu'une ressemblance, c'est cet amour flou, que j'ai pour vous... je vous aime..."

Beaucoup de couples ne trouvent pas cette félicité, alors qu'aucune souffrance ne vient perturber en apparence son quotidien. Un couple mono-poly, y arrive ou divorce. Pour ma part, mes relations secondaires ont toutes contribué à cet "aboutissement" (qui n'en n'est pas un, la vie continue pour chacun-e).

Tu as raison Granita, ne te fane pas, ne te travesti pas, surtout si personne n'exige vraiment cela de toi.

En ce qui me concerne, la personne qui me sert au quotidien dans ses bras est ma relation principale. Cette personne n'agirait pas ainsi, ne m'aimerait pas autant et sans "tabou" s'il n'y avait pas cette félicité. Nous ne nous sommes jamais autant aimé... parce qu'aujourd'hui, on s'aime avec une vérité salvatrice et sans refoulement (conscient ou inconscient) intérieur.

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poly de passage (invité)

le vendredi 22 mai 2015 à 10h46

Granita, faire semblant est une chose qui ne peut durer. Ce que je voulais relever, c'est cette sorte d'équilibre précaire actuel que vous êtes en train de vivre qui doit évoluer pour chacun.

Ce qui me parait relatif, c'est d'entendre ton conjoint annoncer qu'il ne désire personne d'autre malgré sa souffrance. Ce qui induit soit une phase d'attente pour lui afin que tu redeviennes comme avant, soit un "sacrifice" dans l'attente de se détacher de toi, soit d'espérer accepter et donc vivre comme toi, devenir poly.

D'ailleurs, il est un paramètre assez peu relevé sur le fait que, vu du conjoint mono, le poly ne soit qu'une étape passagère.

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Granita

le vendredi 22 mai 2015 à 11h18

poly de passage
Granita, faire semblant est une chose qui ne peut durer. Ce que je voulais relever, c'est cette sorte d'équilibre précaire actuel que vous êtes en train de vivre qui doit évoluer pour chacun.

Ce qui me parait relatif, c'est d'entendre ton conjoint annoncer qu'il ne désire personne d'autre malgré sa souffrance. Ce qui induit soit une phase d'attente pour lui afin que tu redeviennes comme avant, soit un "sacrifice" dans l'attente de se détacher de toi, soit d'espérer accepter et donc vivre comme toi, devenir poly.

D'ailleurs, il est un paramètre assez peu relevé sur le fait que, vu du conjoint mono, le poly ne soit qu'une étape passagère.

Je pense qu'il est difficile de passer de l'exclusivité amoureuse (sans parler de sexe) à "j'ai compris et j'accepte que tu puisses aimer d'autres hommes que moi". Cette étape est validée pour lui, alors qu'il y a des mois en arrière, il n'envisageait pas du tout les choses sous cet angle car pour lui impossible. Même s'il voyait mes relations amicales qui n'en etaient pas. Il en avait conscience sans pour autant accepter et reconnaître les choses. Ce qui lui perturbe, c'est le terme POLYAMOUR et ce que ça entraîne. Et surtout le fait que je puisse avoir une intimité sexuelle avec d'autres qui le fait souffrir probablement parce qu'il aime particulièrement faire l'amour avec moi (bin oui, suis un bon coup apparemment ;) !!!). Il est possessif sur ce plan là par projection de ses peurs (je pense qu'il y a toujours en fantôme le :"tu me quitteras pour quelqu'un d'autre" qu'il me disait souvent dans les 1ères années de notre relation).
Bien sur que notre équilibre est encore précaire. Mais c'est aussi et surtout parce qu'il refuse de se documenter correctement sur le concept (mon livre de chevet est toujours de mon côté, il refuse de l'ouvrir).
Alors je le laisse évoluer dans sa tête. Tout en restant à ses côtés pour l'accompagner sans me travestir pour autant puisqu'il me soutien qu'il m'aime et m'accepte comme je suis.
Laissons le temps faire son œuvre puisqu'il a déjà fait pas mal de travail....
Merci Bonheur pour toute ta théorisation et ces références à lire et écouter.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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