Polyamour.info



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Informer son conjoint

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poly de passage (invité)

le vendredi 22 mai 2015 à 12h05

Ta documentation est ton choix, lui en a un autre.

Chercher dans les livres une ou des solutions n'est pas viable si un travail préparatoire lié à un terrain propice ne sont pas de mise.

Comme souvent, un changement de cet ordre dans le couple ne se fait pas en un jour et chacun doit combattre ses propres démons.

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bonheur

le vendredi 22 mai 2015 à 12h39

J'ignore ton vécu "poly de passage" mais tout le monde n'est pas comme toi.

Si ce que tu veux exprimer c'est "un couple mono-poly n'est pas viable et ne peut être heureux" alors tu te fourres le doigt dans l'oeil profond.

Granita, dès que j'ai une minute, je te fais une réponse en mp :-)

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Polpolp (invité)

le vendredi 22 mai 2015 à 13h19

Je suis en partie d accord avec poly de passage, c est pas forcément en ce documentant que sa va changer ces pensés et dire que l équilibre précaire est du a ce manque est complètement faux, l intérêt de la documentation c est d amener la réflexion, hors vos discussions ont aussi cet effet, si tu espère que ce livre le fasse complètement changer d opinion alors c est plus de la propagande qu un livre.

D ailleurs, certains n ont pas besoin de livre pour se faire un avis, il y a pleins d autres moyens, donc conseillé systématiquement la lecture de si ou de sa n est pas toujours la bonne solution, d autant que des livres complètement objectif et neutre sa n existe pas.

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bonheur

le vendredi 22 mai 2015 à 13h56

Polpolp
D ailleurs, certains n ont pas besoin de livre pour se faire un avis, il y a pleins d autres moyens, donc conseillé systématiquement la lecture de si ou de sa n est pas toujours la bonne solution, d autant que des livres complètement objectif et neutre sa n existe pas.

C'est vrai. D'ailleurs certaines personnes n'aiment pas lire, tout simplement.

Si Granita recherche des sources de réflexion dedans, il n'y a aucun mal à cela. D'ailleurs, lorsque l'on lit, l'on n'est pas obligatoirement d'accord avec l'auteur.

Ma relation principale a très peu lu, contrairement à moi, et à avancer également, dans une direction commune, celle de définir en tout et pour tout que chacun-e a le droit de vivre suivant sa nature. C'est l'acceptation de la liberté individuelle, de soi et de l'autre, qui est important.

Un livre est une propagande lorsqu'il impose, lorsqu'il ne nous n'avons plus notre libre-arbitre, lorsqu'il est un "mode d'emploi" à suivre impérativement sous peine de sanctions. D'ailleurs, le livre de Salomé aurait plutôt tendance à être en défaveur des amours multiples... ce qui n'empêche pas que de nombreux passages sont extrêmement pertinent concernant l'amour et les liens amoureux. Merci donc de laisser à chacun-e sa façon d'interpréter les informations qu'il lit librement et sans contrainte.

En soi, aucune information ne peut se vanter d'être neutre et objective. Surtout si l'on aborde un sujet lié aux émotions et à nos ressentis propres.

Il me semble que Granita, partage avec moi cette faculté de lire pour s'informer, réfléchir, se comprendre, se trouver. D'ailleurs, on se trouve lorsque l'on se reconnait dans une information, mais aussi lorsque l'on ne s'y retrouve pas. Savoir ce qui ne nous convient pas est important.

Pour ce qui est de la relation principale de Granita, il a sa propre volonté et son propre libre arbitre (et peut être que le "livre de chevet", il l'a parcouru quand même). Granita a cette volonté de s'expliquer, d'être comprise réellement = merci de ne pas lui enlever cela.

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Polpolp (invité)

le vendredi 22 mai 2015 à 20h08

Je ne lui enlève rien par contre quand je lis que c est a cause de la non information de son compagnon qu ils stagnent, je trouve sa un peu déplacé, d autant qu il a fait des efforts si j ai bien lu.

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bonheur

le vendredi 22 mai 2015 à 20h24

Granita panique peut être un peu vite, je pense que tout vient à temps à qui sait attendre. Rien de bien grave. Moi, ça ne m'inquiète pas.

Je crois que ce que j'admire chez Granita, c'est justement sa façon de se préoccuper de tous et pas seulement d'elle.

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poly de passage (invité)

le vendredi 22 mai 2015 à 20h35

Bonheur, je n'ai jamais dit qu'un couple mono-poly n'était pas viable.

Ce genre de transition n'a pas de recette miracle et chercher systématiquement une solution dans les livres reste propre à chacun. Je crois que prendre un ouvrage en référence est un manque de repère dans la nouvelle direction choisie et le conjoint trouvera toujours un écrit contradictoire.

Perso, je pense que cette transition du couple se prépare à deux, sans oublier de prendre son temps pour que le conjoint mono puisse assimiler petit à petit.

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bonheur

le vendredi 22 mai 2015 à 22h22

poly de passage
Bonheur, je n'ai jamais dit qu'un couple mono-poly n'était pas viable.

J'ai donc mal interprété. Avec toutes mes excuses.

poly de passage
Ce genre de transition n'a pas de recette miracle et chercher systématiquement une solution dans les livres reste propre à chacun. Je crois que prendre un ouvrage en référence est un manque de repère dans la nouvelle direction choisie et le conjoint trouvera toujours un écrit contradictoire.

Aucun élément clé de la vie n'a de recette miracle. Il y a une multitude de solutions et les livres ne sont que sources de réflexion. Je dirais que l'ouvrage de référence est celui dans lequel nous nous reconnaissons le plus. Cela ne veut pas dire que d'autres ouvrages ne sont pas intéressants. Personnellement j'en ai lu une soixantaine en quatre ans. Certains de ses ouvrages ont en effet des propos contradictoires avec ce que je vis et ce que je ressens comme étant ma vrai nature. Exemple "la salope éthique" dans lequel je ne me retrouve absolument pas. Toutefois, ce livre m'aide à comprendre des personnes que je connais. Donc, tout livre a lieu d'exister et a lieu d'être parcouru. Un livre qui n'apporte rien dans l'instant, pourra servir de compréhension dans l'avenir (ou éventuellement du passé).

poly de passage
Perso, je pense que cette transition du couple se prépare à deux, sans oublier de prendre son temps pour que le conjoint mono puisse assimiler petit à petit.

Je suis tout à fait d'accord et je trouve que Granita en est parfaitement consciente. J'ajouterai aussi, que lorsque l'un membre d'un couple est poly, il faut que trois (au moins), et non uniquement deux personnes, puisse assimiler petit à petit, et se sentir à sa juste place, en indiquant ses justes craintes et appréhensions (aider à définir ce que certains appellent à juste titre des limites).

Pour être à la fois relation principale et relation secondaire, je rappelle que la relation secondaire est importante, bien que d'une manière extérieure, à l'avenir du couple. Ne pas perdre la tierce personne de vue, elle aussi est humaine, elle aussi à des émotions, des sentiments et surtout elle aussi a le droit d'aimer et d'être aimée. Elle n'est pas un-e trouble fait, mais également une personne qui agit suivant son coeur, en accord avec également son évolution et celle du lien.

Une personne poly gère plusieurs "nous". Si l'on considère que beaucoup de personnes n'arrivent pas à gérer un seul "nous"... on devrait médailler les polys qui y arrivent, d'autant que chaque "tu" et chaque "nous" est unique. En amour, il n'existe donc pas de stéréotype, aucun. Nous sommes donc tous des apprentis et nous redevenons apprenti à chaque évolution, à chaque étape et en particulier à chaque fois qu'un nouveau "tilt" nous envahit.

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Leolu

le samedi 23 mai 2015 à 12h58

bonheur
Granita panique peut être un peu vite, je pense que tout vient à temps à qui sait attendre. Rien de bien grave. Moi, ça ne m'inquiète pas.

Je crois que ce que j'admire chez Granita, c'est justement sa façon de se préoccuper de tous et pas seulement d'elle.

Je me demande dans quelle mesure se préoccuper de tous est si bien que ça.

A partir du moment où on sépare bien ses besoins de couple et ses besoins individuels, il devrait être possible de faire respecter sa nouvelle vie (son nouveau caractère, sa nouvelle personnalité) simplement par l'inertie, par le fait accompli, par le droit qu'a chaque individu d'agir pour lui-même (...dans la partie "besoins individuels").

(et il semblerait que c'est ce que fait Granita, la suite du débat vient des avocats du diable qui se demandent si le mari est bien heureux de la situation)

Les trois-quarts des difficultés du membre mono d'un monopoly viennent de ce qu'il aimerait imposer à l'autre un comportement qui ne lui convient plus (à cet autre). Ce qui est justement antagonique avec la vie poly ! Le mono n'est bien souvent pas vraiment limité dans sa vie personnelle (si ce n'est quelques absences), dans sa propre autonomie et liberté d'action, non, c'est la liberté d'action de l'autre qui pose problème. De gros problème métaphysiques. Alors même, je le répète, que lui-même n'est entravé en rien dans tout ce qu'il pourrait faire ! Il acquiert même des libertés supplémentaires (par simple équité : liberté sentimentale élargie).

Ce que je veux dire, c'est qu'on a tendance à prendre pour base le couple, et à supposer le polyamour comme une extension problématique. Il faudrait arriver à faire l'inverse : ne pas admettre qu'une "association volontaire" empêche la liberté d'un individu de "naviguer" entre diverses "associations" (et c'est ce qui embarrasse la plupart des monos hésitants, dans leur for intérieur).

Donc c'est bien de vouloir comprendre le mono, mais au bout d'un moment, il faut simplement laisser la vie se faire. Son cheminement ne passera que très rarement par la lecture ou la réflexion socio-révolutionnaire, juste par l'acceptation d'un fait accompli, vécu dans la sincérité et l'honnêteté. Une forme d'exemplarité humaniste.
... soit la voie que semble avoir choisit Granita.

bonheur
Personnellement j'en ai lu une soixantaine en quatre ans.

...et uniquement sur ce sujet, j'imagine. Les autres livres ne sont pas évoqués.
Lorsqu'on met le livre sur un tel piédestal, forcément, on est dans une attitude particulière.

Je lis souvent, ici, des réponses qui renvoient directement vers tel ou tel livre au lieu de parler du sujet exposé. Bien gentiment, les demandeurs inquiets assurent qu'ils vont les acheter. Mais je me mets à leur place et mesure leur désarroi : ce n'est pas de la philosophie qu'il recherchent, c'est une idée, une piste, un exemple, qui pourrait les aider concrètement !
La citation d'extraits de livres serait une chose (et le meilleur moyen d'attirer l'attention sur celui-ci), ou mieux : la reformulation personnelle de ce que tel ou tel livre a pu nous apprendre... En plus du renvoi vers telle ou telle discussion (la spécialité de LuLutine, je crois)

Tout ça pour dire que le livre n'est pas la panacée.
Juste :
Une base indispensable pour certains qui sont dans la réflexion, un complément pour ceux qui sont dans l'émotion d'une découverte, mais un truc un peu lointain (ou du moins secondaire) pour ceux qui ne sont que dans l'émotion et le présent. Surtout s'il sont très réfractaires !

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aviatha

le lundi 25 mai 2015 à 19h49

Je pense qu'il y a deux choses différentes. Bien entendu que la nouvelle vie, le nouveau "soi" ou tout ce qu'on veut est là et qu'il est possible de la vivre. Mais si on veut la vivre ET que l'autre reste dans notre vie, il faut faire plus que le mettre devant le fait accompli.
Personnellement, quelqu'un qui me disait "de toute façon je suis comme ça et tu n'as pas ton mot à dire" la seule réponse que j'aurais c'est "aucun problème, tu es comme ça, mais à partir de maintenant tu es comme ça sans moi".

J'aime assez peu cette idée de dire "oui mais le mono aussi ça lui donne des droits", si c'est des droits dont il n'a rien à faire. Si je suis végétarienne, j'en ai rien à foutre que mon conjoint estime que j'ai aussi le droit de manger de la viande, ça ne m'intéresse pas, et même si c'est lui qui la mange et qu'il a le droit de manger ce qu'il veut, le fait qu'il la fasse cuire dans la maison alors que pour moi c'est une odeur épouvantable me dérange.

Donc 1- offrir à l'autre des avantages dont il n'a rien à faire n'est pas un argument 2- il faut arrêter de faire comme si nos actions, parce que c'est les nôtres, n'avaient aucune conséquence sur la vie des autres 3- parce que les polys dans la majorité des cas problématiques de transition ne veulent pas juste être polys, ils le sont déjà, ils veulent l'être ET que leur conjoint reste, du coup faire comme si c'était le mono le problème est un peu du moquage de figure.

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Leolu

le mardi 26 mai 2015 à 21h31

aviatha
Personnellement, quelqu'un qui me disait "de toute façon je suis comme ça et tu n'as pas ton mot à dire" la seule réponse que j'aurais c'est "aucun problème, tu es comme ça, mais à partir de maintenant tu es comme ça sans moi".

J'ai bien dit "je me demande" et "il devrait être possible"...
Quant à ta réaction, elle est tout à fait dans les possibilités à envisager.
Disons que le "fait accompli" serait l'étape juste avant...
Lorsqu'on a épuisé toutes les introspections.

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(compte clôturé)

le mardi 26 mai 2015 à 23h49

bonheur
Granita panique peut être un peu vite, je pense que tout vient à temps à qui sait attendre. Rien de bien grave. Moi, ça ne m'inquiète pas.

Je crois que ce que j'admire chez Granita, c'est justement sa façon de se préoccuper de tous et pas seulement d'elle.

Je ne panique pas du tout, au contraire et je vous épargne le couplet sur la notion de temporalité...Juste qu'il y a quelques mois en arrière, je ne pensais pas entendre certains mots dans sa bouche, même dans quelques années. Je trouve qu'il a fait du chemin mais rien d'étonnant, vu son intelligence, sa capacité d'analyse et sa culture. Son esprit est ouvert, mais jusqu'à quel point....là reste la question. Puisque même s'il est féru de lecture, il ne souhaite pas lire MON fameux livre de chevet que j'ai terminé depuis des mois et qu'il m'avait dit vouloir feuilleter pour qu'on en discute... (Je vous épargne aussi le fait que bien évidemment, ce ne doit pas être une évangile, voir pire, une bible; mais stoppons là puisque nous sommes du même avis.)

Je me préoccupe effectivement beaucoup des miens parce que je suis comme ça et que je fais bien la par des choses entre leurs besoins (ceux de nos enfants, ceux de mon conjoint, ceux de mon couple et de ma famille) et mes besoins propres. Je suis aux petits soins pour tous et chacun. Mais j'en suis venue à me poser cette question : qui se souci vraiment de mon bien être ? Et ça rejoint bien ce qu'écrit Leolu (du petit lait sucré de miel pour moi :) )

Leolu
Je me demande dans quelle mesure se préoccuper de tous est si bien que ça.

A partir du moment où on sépare bien ses besoins de couple et ses besoins individuels, il devrait être possible de faire respecter sa nouvelle vie (son nouveau caractère, sa nouvelle personnalité) simplement par l'inertie, par le fait accompli, par le droit qu'a chaque individu d'agir pour lui-même (...dans la partie "besoins individuels").

(et il semblerait que c'est ce que fait Granita, la suite du débat vient des avocats du diable qui se demandent si le mari est bien heureux de la situation)

Ce que je veux dire, c'est qu'on a tendance à prendre pour base le couple, et à supposer le polyamour comme une extension problématique. Il faudrait arriver à faire l'inverse : ne pas admettre qu'une "association volontaire" empêche la liberté d'un individu de "naviguer" entre diverses "associations" (et c'est ce qui embarrasse la plupart des monos hésitants, dans leur for intérieur).

Donc c'est bien de vouloir comprendre le mono, mais au bout d'un moment, il faut simplement laisser la vie se faire. Son cheminement ne passera que très rarement par la lecture ou la réflexion socio-révolutionnaire, juste par l'acceptation d'un fait accompli, vécu dans la sincérité et l'honnêteté. Une forme d'exemplarité humaniste.

... soit la voie que semble avoir choisit Granita.

Je rassure les avocats bien pensant du diable loin d'être diabolique d'ailleurs, ce diable d'Amour1 !! Il n'est pas si malheureux que ça vu les attentions et les démonstrations d'amour et d'affection que l'on se porte au quotidien, l'un l'autre, sans aucune pression de part et d'autre, après 15 ans de vie ensemble, avec une spontanéité et un naturel qui vous rendrait presque jaloux, j'écris PRESQUE ;) (oui, je plaisante et j'ironise un brin!!).

Alors non, la grosse égoïste que je suis ne lui dira jamais "c'est comme ça et pissétou" pour la simple et bonne raison que c'est bien plus nuancé que ça, parce que mon chemin de vie m'a montré que je peux faire des aller-retours innombrables avant de faire un pas en avant, parce que je suis bourrée de paradoxes et d'insertitudes et que surtout, surtout, il est un pilier de mon bien être et que je n'ai nulle envie de bouleverser ma vie avec lui. Je continuerai donc, à coup de dialogue, ponctué de coups de gueules certainement mais l'humour en virgules et en points de suspensions....
A laisser la vie se faire.

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(compte clôturé)

le mercredi 27 mai 2015 à 17h02

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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LuLutine

le mercredi 27 mai 2015 à 18h23

Leolu
Les trois-quarts des difficultés du membre mono d'un monopoly viennent de ce qu'il aimerait imposer à l'autre un comportement qui ne lui convient plus (à cet autre). Ce qui est justement antagonique avec la vie poly ! Le mono n'est bien souvent pas vraiment limité dans sa vie personnelle (si ce n'est quelques absences), dans sa propre autonomie et liberté d'action, non, c'est la liberté d'action de l'autre qui pose problème. De gros problème métaphysiques. Alors même, je le répète, que lui-même n'est entravé en rien dans tout ce qu'il pourrait faire ! Il acquiert même des libertés supplémentaires (par simple équité : liberté sentimentale élargie).

Trop bien écrit (+)

Et oui, même en supposant qu'on n'a rien à faire des "libertés supplémentaires" acquises, il me semble clair que "le mono" continue d'avoir les libertés d'action qui lui permettent de s'épanouir alors que "le poly" ne les a pas (dans la situation décrite par Leolu). Ce qui est loin d'être un détail (et je ne dis pas que ça l'est pour les intervenants de cette discussion).

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ScottBuckley

le mercredi 27 mai 2015 à 22h37

aviatha
( ... )

J'aime assez peu cette idée de dire "oui mais le mono aussi ça lui donne des droits", si c'est des droits dont il n'a rien à faire.
( ... )

Donc 1- offrir à l'autre des avantages dont il n'a rien à faire n'est pas un argument
2- il faut arrêter de faire comme si nos actions, parce que c'est les nôtres, n'avaient aucune conséquence sur la vie des autres
3- parce que les polys dans la majorité des cas problématiques de transition ne veulent pas juste être polys, ils le sont déjà, ils veulent l'être ET que leur conjoint reste,
du coup faire comme si c'était le mono le problème est un peu du moquage de figure.

Oui, je comprends bien ton point de vue Aviatha, et je le partage pour partie.

D'ailleurs le " own your own feelings " a parfois du vrai (nos émotions nous appartiennent), ...mais parfois a un côté " peu importe tes émotions je ne bougerai pas d'un pouce pour toi " .

D'ailleurs ce qui m'intéresse le + dans une relation affective, ce n'est pas ce que l'on impose de force à l'autre, mais plutôt cet espace d'inventions, de bricolages inédits, et de compromis + ou - légers que l'on fait pour partager de la vie avec un être aimé .
C'est une preuve d'amour aussi . Chacun-e et chacun-e montre ainsi qu'elle ou il fait un pas vers l'autre, ainsi .

Cela dépend aussi si notre priorité c'est : la personne aimée,
...Ou le format relationnel exclusif, non-exclusif, inclusif, ou autre.

Cela me fait penser à ces multiples et quasi infinies propositions de ' contrats à bases réciproques ' dans une relation et*ou un couple, dont j'ai parlés sur un autre fil de discussion de ce forum, et récemment à ceux que j'ai cités lors d'un café poly toulouzen ( avec pour source le super bouquin d'expérimentations & de témoignages qu'est ' La Salope éthique ' , chez Tabou éditions ) .

Quant à savoir s'il faut lire tel ou tel bouquin (théorique ?), il y en a que ça aide dans un premier temps (ou pas) mais que ça encourage aussi à aller en parler de vive voix lors de cafés polys dans leur région, parce que rien ne vaut des êtres en chair et en os! pour en parler autour d'un bon verre, pour parler de nos soucis face à cela, de nos pratiques, de nos tentatives + ou - réussies dans tel cas particulier.... face à nos relations ' asymétriques ' (trop parfois ?)

Et aussi pour se rappeler que non on est pas seul-es ( ni des "extra-terrestres" ;) ) , à aimer + librement et avec éthique & réciprocité et écoute, on est plusieurs ( des milliers voire beaucoup + ! ) à le faire & à s'y essayer, à essuyer les plâtres, et à avancer à notre rythme malgré tout, avec moins de tabou ....
... et ça fait un bien fou (+) ! )

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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LuLutine

le mercredi 27 mai 2015 à 23h33

ScottBuckley
Cela dépend aussi si notre priorité c'est : la personne aimée,
...Ou le format relationnel exclusif, non-exclusif, inclusif, ou autre.

Ni l'un ni l'autre !

Ou encore :

Les deux, mon capitaine !

Un espace d'invention comme tu dis...

S'il fallait simplement "s'oublier" pour plaire à l'autre et faire exactement ce qu'il veut, il n'y aurait rien à inventer.
S'il s'agissait de faire ce qui nous plaît sans aucune considération pour les sentiments de l'autre, même chose.

Donc l'un n'est pas prioritaire sur l'autre "dans l'absolu". Ca dépend des situations.

Par exemple "Habiter avec untel est prioritaire pour moi, j'accepte de n'habiter avec personne d'autre même si cela me coûte et que je me sens mal à cause de ça, pour qu'untel se sente bien".
Mais en même temps, on peut avoir : "Ma liberté de nouer des relations intimes est importante pour moi, je n'accepte pas de cesser de le faire parce qu'untel le voudrait, dans cette situation précise ma priorité c'est mon bien-être et non le sien."

Deux situations qui semblent se contredire...alors qu'en fait non, tout simplement, les choses ne sont pas "on" ou "off", noir ou blanc...

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Leolu

le jeudi 28 mai 2015 à 12h55

Le poly est un dictateur :

aviatha
les polys dans la majorité des cas problématiques de transition ne veulent pas juste être polys, ils le sont déjà, ils veulent l'être ET que leur conjoint reste, du coup faire comme si c'était le mono le problème est un peu du moquage de figure.

Le mono est un dictateur :

Leolu
Les trois-quarts des difficultés du membre mono d'un monopoly viennent de ce qu'il aimerait imposer à l'autre un comportement qui ne lui convient plus (à cet autre). Ce qui est justement antagonique avec la vie poly !

... et j'aurais tendance à dire : "la vie est un dictateur" ;)

Elle nous a fait changeants et évolutifs, sur des décennies, dans nos parcours personnels, ET particulièrement grégaires, recroquevillés en groupes unis, fortement attachés à la stabilité affective et professionnelle.
(certains étant plus dans l'un de ces cas que dans l'autre, et vice versa)
Donc vivre est en soi un problème cornélien :)

Comment s'entendre entre une personne qui met le couple et sa stabilité au premier plan ET une personne qui est (à ce moment là) plus dans le mouvement et l'ouverture ?

Quelques pistes (intuitives et personnelles) :

- le besoin rassurant de stabilité : faire comprendre que le polyamour ne le met pas en cause, puisqu'il remplace le divorce (que personne ne veut) par un partage au titre de "compagnon principal" (ce qui implique justement la stabilité préservée). Je vois toujours des gens qui comparent le couple avec le polyamour. Non, c'est le divorce ou le polyamour ! Celui-ci étant la méthode traditionnelle d'évolution amoureuse mono (et c'est bien plus parlant pour le mono inquiet ;) ) Combien de mono divorcent bêtement alors qu'ils restent amireux ? (et moi le premier)

- le besoin d'ouverture amoureuse et de vie autonome : il me semble qu'on se focalise un peu trop sur les autres amours, alors que le problème principal est d'abord l'envie de se retrouver une autonomie que le couple entrave. Vivre comme si on était adulte, célibataire et libre (mais aussi retrouver sa famille lorsqu'on en a besoin, en fil rouge permanent). C'est bien souvent cette autonomie que craint le tenant du couple uni : il a peur qu'elle devienne totale, et se retrouve (bien malgré lui souvent) à prôner le patriarcat, l'enfermement à vie et un "retour à la maison" un peu infantilisant.
Oublions donc un instant la jalousie et insistons un peu plus sur l'idée qu'un couple c'est 3 éléments ("toi nous moi")... dont on sacrifie un peu vite les deux tiers du commandement ! Le "nous" étant devenu obèse et omnipotent... Viendra ensuite assez tôt le fait que cette liberté pourra être AUSSI sentimentale.

- les traditions, la société, le qu'en dira-t-on : quand on est dans la rébellion d'un étouffement sclérosant, on a tendance à oublier ces "obligations sociales", et on les retrouve dans les dialogues du conjoint inquiet... qui prend les allures d'un "suppôt du système". (exactement comme ces adolescents qui ne voient dans les discours des adultes que les commandements d'un système oppressant bien trop invasif).
Tout comme un parent, donc, le conjoint se voit obligé de rappeler ces fondamentaux (dont il ne comprend pas qu'on puisse s'éloigner). Et tout comme un adolescent, le polyamoureux se voit obligé de rappeler qu'humanisme et traditionalisme ne vont pas toujours de pair. Faire ce qui nous semble juste, ce qu'on ressent intimement et qui ne fait de mal à personne, et non "ce qui se fait".

On est tous des "dictateurs" (en alternance) quand on vit des choses en commun dans le besoin l'un de l'autre. On peut aussi être des pourvoyeurs de bonheurs et se concentrer sur ces points positifs :

- "Je pourrais te laisser avoir plus d'autonomie"
- "Je pourrais te rassurer plus sur notre stabilité"
- "Je pourrais te donner de l'amour et non exiger une exclusivité"
- "Je pourrais te donner plus d'amour en te faisant oublier qu'il n'est pas l'unique"
- "Je t'aime en tant qu'individu libre, je n'aime pas seulement notre couple constitué"
- "Je vais te montrer que mon moi autonome est plus intéressant que mon moi-parent-conjoint-citoyen"

Des directions à prendre, donc, des efforts mutuels. Et pas des obligations, ni des interdictions, ni des droits de veto...
...mais on a tous nos limites. :(

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