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Accepter la monogamie?

Monogamie
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Drya (invité)

le lundi 25 janvier 2010 à 22h58

Bonsoir,
je me permets d'ouvrir un nouveau fil car j'ai envie de (re)poser cette question plus ou moins déjà posée indirectement dans d'autres fils: par ex. "Etre mono, fréquenter un(e) poly... Etre poly, fréquenter un(e) mono" (autrement dit "comment cohabiter entre polys et monos?") ou "Un non-polyamoureux appelle à l'aide" en demandant si "une polyamoureuse "contrariée" peut-elle s'épanouir malgré tout, ou traînera-t-elle ça comme une malédiction toute sa vie ?"), même aussi si j'ai croisé d'autres fils tentant d'exposer les arguments en faveur de la monogamie, etc…
Ma question posée telle quelle va paraître déplacée sur ce forum, puisque ça va dans le sens inverse de ses intentions, mais elle est malgré tout présente en filigrane dans de nombreux sujets: les polyamoureux sont confrontés régulièrement à des amoureux strictement exclusifs, et le deal est alors "on devient PA/tu acceptes que je sois PA - OU - on s'arrête là"… or, le problème est quand aucun des termes n'est acceptable, par ex. quand on est ensemble depuis des années et qu'on découvre d'un coup qu'on est capable d'aimer une autre personne en plus et qu'on ne peut plus s'en passer, du moins on découvre qu'on avait ce besoin.
Dans ce cas, le principe de "respecter les besoins de l'autre" mène souvent à revenir à la monogamie: mais comment le vivre sans se sentir frustré? Je n'ai pas encore vu d'idées vraiment viables et optimistes (j'ai pas parcouru les annales depuis la création du forum non plus, mais j'ai pas mal visité quand même), car même se restreindre "par amour" semble extrêmement frustrant. Si certaines personnes ont vécu/vivent ça, j'aimerais beaucoup savoir - concrètement - comment ils "tiennent" le coup. Si je suis passée à côté d'un fil existant qui traite vraiment ce sujet, je suis aussi preneuse.

Donc voilà, pour (re)situer mon histoire, quand j'ai compris que j'étais capable d'aimer 2 personnes sans que ça s'exclut, j'en ai parlé à mon compagnon (avec qui j'ai vécu très longtemps heureuse sans que la question se pose), et sa réponse a été "il n'en est pas question!". Pourtant il comprend que c'est possible, que je suis quelqu'un de très sensibles aux autres et que j'ai toujours été curieuse des gens, mais il ne veut pas vivre comme ça.
J'essaye de trouver comment revenir à accepter la monogamie sans être frustrée, voici les solutions que j'envisage, et vos avis m'intéresseraient:

* Envisager des amours platoniques
* Envisager la personne comme un ami proche, éviter toute idée de curiosité d'aller voir plus loin
* Me raccrocher à mon compagnon dès qu'un intérêt pour quelqu'un d'autre arrive
* Me raccrocher à l'idée que je prouve mon amour à mon compagnon en me privant d'aller voir ailleurs

Evidemment, les questions qui se posent sont: est-ce que ce sera suffisant pour m'arrêter dans ma curiosité? le risque de me sentir mal à l'aise avec mon compagnon si je sens que j'ai envie de partager des choses intimes avec quelqu'un d'autre et que je ne suis pas sensée le faire? Etc., bref, comment gérer sa frustration?

C'est peut-être long pour une question simple en somme, et peut-être qu'elle n'a pas du tout sa place ici (à supprimer donc), mais j'ai pu lire des avis tellement ouverts et divers sur ce forum que je pense, au contraire, que vos commentaires seront très constructifs. Merci d'avance!

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(compte clôturé)

le lundi 25 janvier 2010 à 23h22

Moi je vais répondre par une de mes monomaniaqueries: aide extérieure, psy... car c'est un problème de couple, ça, non? Quand un des deux bloque sur un changement souhaité par l'autre, quel que soit la nature de ce changement.

Je repense à un fil, que ta situation me rappelle
/discussion/-eq-/Est-ce-une-atteinte-a-ma-liberte-...

En somme, c'est quoi qui coince? Le sexe, on dirait; et autre chose en plus, peut-être?

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Romy

le lundi 25 janvier 2010 à 23h47

Je trouve ça très intéressant comment tu présentes ça. Et je dois te dire que je suis étonnée que parmi tes choix de solutions, tu n'aies pas envisagé d'avoir des relations secrètes. Car lorsqu'on se fait refuser quelque chose qui nous tient à coeur et qui nous semble être l'expression même de notre liberté, la tentation d'y aller quand même est très forte. Dans la mesure où tu lui dis que tu es polyamoureuse, évidemment. Et que ça, tu ne peux pas changer ça.

Mais ce n'est pas mon seul commentaire. En gros, je dirais que c'est une question de choix, déterminer ce qui est important pour toi, ce qui t'apportes du bonheur. Tu ne peux pas consacrer ta vie au bonheur de l'autre au détriment du tiens, il me semble. À la longue, ce sera néfaste pour les deux.

De ce que je comprends, il comprend ce qu'est le polyamour, il comprend que tu l'aimes et que tu envisages toutes ces solutions pour concilier tes besoins et les siens, mais il refuse toujours. Moi aussi, comme Clémentine, je crois qu'il y a quelque chose qui coince encore et qui a besoin d'être rassuré encore davantage. Jalousie? Probablement. S'il ne veut pas la vivre, peut-être envisager la solution: «  fais ce que tu veux, mais je ne veux pas le savoir». À ce moment, il n'aura pas à vivre la jalousie. C'est comme deux amoureux, un qui aime l'escalade et l'autre qui a le vertige. Celui qui aime l'escalade ne peut pas forcer l'autre à grimper avec lui, ni même à le regarder faire. Par contre, celui qui a le vertige ne peux pas non plus empêcher l'autre de grimper, surtout s'il l'assure qu'il redescendra tôt ou tard :-)

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Profil

Boucledoux

le mardi 26 janvier 2010 à 00h11

Oh que si ta question est à sa place ! Je pense qu'on est tou-te-s confronté-e-s à un moment ou à un autre à cette question là évidemment et dans tous les sens, soit parce qu'on se découvre des besoins qui n'étaient pas dans le contrat initial avec un-e compagne/gnon a qui on tient, soit parce qu'on tombe sur quelqu'un-e vers qui on ressent une vraie envie de commencer quelque chose mais qui ne se sent pas d'une relation avec un-e poly affirmé-e... et même on peut être dans les deux situations à la fois ! Et c'est surtout la (une des) questions centrales de toute notre discussion je crois : comment vivre des comportements minoritaires dans une société normative qui les réprouves sinon les réprimes.

Je crois (je ne fréquente le forum que depuis quelques semaines et je n'ai pas encore dépouillé toutes les archives :-/ ) qu'il y a plein de fils qui traitent plus ou moins du sujet mais qu'en même temps il est tellement inépuisable et chaque situation tellement perso qu'un fil de plus ne pose pas de problème... mais là ça n'engage que moi, hein !

Bon, pour venir à ce que tu dis, je voudrais d'abord réagir sur

Drya
Dans ce cas, le principe de "respecter les besoins de l'autre" mène souvent à revenir à la monogamie: mais comment le vivre sans se sentir frustré?

il me semble que posé comme ça ce n'est pas juste "respecter les besoins de l'autre" comme si c'était un accord égalitaire, c'est toi tu respectes les besoins de ton compagnon et lui réponds "il n'en est pas question!" à tes besoins à toi ce qui ne me semble pas un échange très équitable...

Est ce que ce n'est pas de votre relation qu'il faudrait partir ? Il n'est pas anormal dans une relation qui dure depuis "très longtemps" (ça dépend de la notion de "très longtemps" mais c'est un truc dont je n'ai pas une grande expérience en même temps...) que les besoins des partenaires évoluent, changent, on qu'on puisse simplement se découvrir des besoins qu'on ne soupçonnait pas avant (c'est ton cas si j'ai bien compris). Si vous arrivez à discuter vraiment de vos besoins à tous les deux, de ce qui coince, de ce que vous avez envie de vivre pour la suite de votre relation, est ce qu'il n'y a pas de possibilité de ce que se ménager progressivement des espaces de liberté réciproques qui te permette de vivre aussi ce que tu ressens le besoin de vivre ?

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Siestacorta

le mardi 26 janvier 2010 à 01h36

Drya
les polyamoureux sont confrontés régulièrement à des amoureux strictement exclusifs, et le deal est alors "on devient PA/tu acceptes que je sois PA - OU - on s'arrête là"… or, le problème est quand aucun des termes n'est acceptable, par ex.

Je ne répond pas directement à ta question... Mais je voudrais insister : il y a 3 possibilités, là :
- on se quitte
- nous vivons en PA tous les deux
- je vis en PA, toi en mono

Les deux derniers termes sont très différents.
Il y a tout un montant "pratique" du PA, quand on dit que l'autre à le droit à la même liberté que nous. Mais rien ne l'oblige à prendre ce droit, et rien ne nous oblige à attendre qu'il le prenne.

(tiens, après Boucledoux, et en repensant à un échange d'avec Emma : l'autre, comme abstrait, c'est un masculin. J'ose pas imaginer une page de philo sur le thème de l'Autre où l'accord serait toujours proposé.
Bon, ça n'a rien à voir.)

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le mardi 26 janvier 2010 à 10h23

Siestacorta


(tiens, après Boucledoux, et en repensant à un échange d'avec Emma : l'autre, comme abstrait, c'est un masculin. J'ose pas imaginer une page de philo sur le thème de l'Autre où l'accord serait toujours proposé.

Bon, ça n'a rien à voir.)

Mmmmh, comme substantif, ça pourrait bien être un épicène (pas de genre) qui nous tire l'épine du pied, dans ce cas précis. Bon exercice de style, ça, d'écrire une page de philo seulement avec des mots non-genrés... Pérec a bien réussi a écrire tout un livre sans la lettre "e", alors, hein...

Bon ça n'a à voir qu'avec ce bout de ton post.

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(compte clôturé)

le mardi 26 janvier 2010 à 10h27

Siestacorta


Il y a tout un montant "pratique" du PA, quand on dit que l'autre à le droit à la même liberté que nous. Mais rien ne l'oblige à prendre ce droit, et rien ne nous oblige à attendre qu'il le prenne.


Ca, ça me rappelle que ma grand-mère me donnait à chaque fête carillonnée un élément d'argenterie - en-dehors de tout le plaisir que j'ai aujourd'hui à la sortir quand j'invite du monde à manger, je me souviens que je ne trouvais pas juste de devoir dire merci.

C'était pas un cadeau, pour moi.

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Noemi... (invité)

le mardi 26 janvier 2010 à 10h47

Il s'est gravé dans ma mémoire, cet homme d'une cinquantaine d'années, qui venait à un Café Poly (en Allemagne). Il est marié depuis une trentaine d'années, il aime sa femme qui l'a accompagné pendant quasiment toute sa vie, qui l'a soutenu quand il était prisonnier politique de la Stasi...
Il s'est découvert polyamoureux, il a vécu une histoire en secret, et l’a mal supporté. Il a renoncé à l’idée du polyamour, il ne voulait pas perdre sa femme, qui n’était pas prête à accepter le mode de vie polyamoureux, même après des longues discussions.
Il essayait donc d'oublier cette option, cette idée de polyamour. Il en souffrait tellement qu'il trouvait que sa vie de monogame malgré lui ne valait plus la peine (suicide)...

Son histoire a suscité des vifs débats au Café Poly.
Il y a t'il d'autres options que les deux qu'il voyait, un terrible dilemme: renoncer à une part importante de sa personnalité ou renoncer à sa femme qu'il aime plus que tout.
Il y avait ceux qui disaient plus ou moins directement qu'il ferait mieux de quitter sa femme, qu'il souffrirait trop en tant que 'monogame forcé' et que ça ne ferait pas non plus le bonheur de sa femme. D'autres qui comprenaient bien la position de sa femme, ils avaient fonctionné pendant des décennies en couple monogame, alors il ne pouvait pas exiger un changement aussi radical d'elle.

J'espère que la prochaine fois, il viendront à deux au café poly.
J'espère qu'il viendra avec

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(compte clôturé)

le mardi 26 janvier 2010 à 11h02

Ouais, décidément, ce n'est pas un truc qu'il faut porter seul, c'est une histoire de couple, un virage aussi important à négocier. Bien obligé de le négocier, en plus! Aller tout droit quand la route tourne, ça sent le sapin, au propre et au figuré.

[Pour Noemi: "ça sent le sapin", expression qui fait allusion au bois de cercueil]

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oO0

le mardi 26 janvier 2010 à 11h38

Accepter la monogamie ?

Je n'apprécie guère l'usage fait du terme monogamie qui selon moi désigne davantage un mode de vie familial où bien évidement la sexualité à son mot à dire puisque les amants sont également parents du fait du fruit de leurs ébats. Bref, la monogamie m'évoque davantage le schéma familial bi-parental que l'exclusivité amoureuse. Il peut ainsi y avoir des familles bi-parentales, soit monogames, où il n'y a pas d'exclusivité amoureuse. Re-bref, le choix de la monogamie me semble exprimer le souhait de n'avoir de famille qu'avec une seule personne. (Reste à différencier encore la polygamie et les polyfamilles, mais c'est une autre question.) Je reformulerais donc :

Accepter l'exclusivité amoureuse ?

La majeure partie de mon expérience personnelle ce résume au choix suivant : laisser à l'autre la liberté à laquelle j'aspirais, soit la possibilité de vivre mes aspirations afin de donner l'occasion de les comprendre concrètement.

Ma situation est cependant différente de la tienne en ce sens que, d'emblée je n'ai jamais eu d'attentes d'exclusivité. Je n'ai donc qu'occasionnellement connu satisfaction de mes attentes de liberté, ce qui fait que j'ai vécu le plus souvent dans l'insatisfaction en satisfaisant de manières plus ou moins irréprochables des attentes qui n'étaient pas les miennes, mais celles de l'autre. De fait, jusqu'à 28 ans, j'ai accepté le plus souvent de respecter des attentes d'exclusivité qui n'étaient pas les miennes...

... sans frustrations irrémédiables. J'ai décidé de mettre fin à cette attitude de ma part il y a un peu moins de deux ans, non en raison de ce manque de satisfaction, mais du caractère invivable de la question de la liberté au sein d'une relation. Malgré toute la bonne volonté que peuvent mettre deux personnes, le fait est que la société pousse à voir la liberté comme une menace pour l'amour. Se faire accuser de toutes sortes de maux sous prétexte de liberté, c'est ...

Actuellement, je n'en garde pas moins de très bons contacts avec la personne avec qui cela a été le plus invivable. Le fait de reconnaître la légitimité des attentes de l'un et l'autre a permis d'accepter que notre relation n'était pas vivable autrement que dans les termes d'une stricte amitié.
Le fait de m'être senti reconnu dans la légitimité de mes attentes est probablement ce qui m'a permis de ne pas vivre mes insatisfactions comme des frustrations irrémédiables.

Donc, voilà, Drya, rien ne t'empêche de laisser ton compagnon libre même s'il ne le demande pas : tes attentes à son égard t'appartienne et vice-versa - c'est çà, le consentement. Et surtout, n'oublie pas lorsque ta situation ne te satisfait pas que, qu'elle soit ton choix dans le futur, pendant neuf ans, ton compagnon a satisfait tes attentes d'exclusivité même si elles ne sont plus à l'ordre du jour. Ne pas oublier cela devrait te permettre de relativiser - quel que soit ton choix dans le futur - toutes les insatisfactions que tu peux éprouver quant aux changement actuel de tes attentes.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Noemi... (invité)

le mardi 26 janvier 2010 à 11h56

(Merci, Clém, je crois chez nous les cercueils sont fabriqués en bois de chêne.)

Sinon, @Drya, ta question a tout à fait sa place ici, je crois beaucoup de polyamoureux ont déjà été confronté à ce type de dilemme ou vont l'être.
Moi aussi, même si à l'époque je ne connaissais pas encore le terme de polyamour.
J'ai renoncé à ma liberté pour vivre de façon monogame, et je ne m'y sentais clairement pas à l'aise. J'ai tenu quelques mois seulement, puis je me suis séparée de mon compagnon de l'époque. Ca ne s'est pas fait du jour au lendemain, mais je me suis séparée de lui.

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Drya (invité)

le mardi 26 janvier 2010 à 12h05

Merci pour vos réponses.
J'ai créé ce fil parce que dans tout le forum, (quasi) toutes les réponses vont dans le sens de convaincre un amoureux mono de devenir PA ou d'accepter que je sois PA. Ici, j'aimerais équilibrer la balance de la "compréhension", à savoir comment accepter de rester monogame?
J'ai beaucoup aimé le lien donné dans un autre fil sur l'amour inconditionnel, qui dit que "Les besoins ne sont pas des obligations mais des indications de directions favorables."

@ Rosalie (voir mon 1er sujet posté expliquant mon histoire: /discussion/-fA-/Etre-polyamoureux-ou-ne-pas-etre-... ), j'ai toujours eu un franc dégout pour la tromperie, mais je me suis retrouvée en plein dans cette situation (ironie du sort) avant d'avoir compris ce qui m'était tombé dessus. Après ça, on se sentait comme drogués, mon amant et moi, et on s'est torturés en luttant contre nous-mêmes, en vainc, pendant des mois pour mettre fin à cette histoire. Impossibe d'en parler à mon conjoint pour plusieurs raisons. La séparation finale a été extrêmement douloureuse (je vous passe les détails). Ce que j'ai vécu pendant tous ces mois a été tellement dur, que je ne veux pas le revivre: à cause de la culpabilité (faire souffrir l'un et mentir à l'autre), la peur (d'être découvert et donc faire souffrir mon compagnon) et le sentiment de révolte (contre la nécessité de perdre quelqu'un qu'on aime et de passer à côté de quelquechose d'important).

Maintenant que j'ai définitivement perdu mon amant, même en tant qu'ami, ce qu'il était au départ, il me manque horriblement et je sens que le vide qu'il laisse sera probablement difficile à combler par mon seul compagnon maintenant que j'ai conscience de cette vérité, et qu'en plus elle est vraie pour 90% des gens: le risque de rencontrer quelqu'un qu'on va aimer et qu'on ne peut rien contre, mais qu'il faudrait faire comme si, donc vivre avec cette frustration (j'ai constaté des résultats vraiment lamentables chez certains amis).

@ Clementine (au passage merci pour le lien): on a tous les deux, puis tous les trois, été tellement traumatisés par cette histoire qu'on s'est tous retrouvés échoués chez des psy (vive l'amour!): car j'ai fini par en parler à mon compagnon parce que je considérais que cette révélation changeait radicalement mon concept du couple, et que je veux en tirer quelquechose de positif pour nous.

Vous dites que c'est la sexualité qui "coince": c'est seulement que c'est la frontière communément admise de l'adultère (qu'est ce que je déteste ce mot!).

@ Siestacorta: je ne vois pas le PA comme une volonté d'aller voir ailleurs pour s'enrichir, mais comme une levée de l'interdit d'aimer quelqu'un quand ça se présente naturellement, en gros, reconnaître que c'est naturel et ne pas devoir se méfier de soi-même et des autres, et je suis maintenant en plein dedans! (quelqu'un vend un chador?)

@ Boucledoux: Etat de la discussion avec mon compagnon à ce jour: ce risque existe pour tout le monde, le savoir sert à avoir conscience qu'on choisit son compagnon, que ce n'est pas une continuation tacite tant que tout va bien entre nous: il ne veut pas me perdre pour ça, et moi non plus, nous avons des projets de vie qui nous tiennent de plus en plus à cœur et le PA n'est pas la priorité. Je considère le PA comme la solution dont j'ai eu connaissance qui est la plus lucide sur ce problème, les autres ne font que l'ignorer tant qu'il ne survient pas pour éviter la peur et la méfiance, mais cela ne veut pas dire que le PA nous convient non plus (il ne convient déjà pas à mon compagnon, et malgré ma curiosité, je ne sais pas comment je le vivrais concrètement, peut-être plus mal que je pense).
C'est déjà un pas immense qu'on a franchi avec mon compagnon d'en parler et qu'il arrive à "comprendre", je ne peux pas (encore?) lui demander d'aller plus loin, notre couple est en reconstruction (pour ça et d'autres raisons). Je repense à la technique de Clementine ou LuLutine (je vous confons parfois, désolée ^^): je mets une couche, je laisse sécher, je remets une couche, je laisse sécher… Sauf que là je ne suis pas sûre de pouvoir mettre une nouvelle couche du tout.
Donc je cherche à trouver des motivations et palliatifs pour éviter de renouveller l'expérience. C'est vraiment le but de ce post.

Merci Noemie pour ce témoignage, c'est ce sans issue que je redoute.
Merci RIP pour cette ouverture.

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pullmarin

le mardi 26 janvier 2010 à 12h37

J'ai casser les règles du jeu aussi !

Nous avions (moi et l'Escargotte) abandonner la fidélité de corps, sans problème ! Mais pas question d'amour avec nos partenaires respectifs. Et puis, en toute confiance, nous nous accordions chacun le droit de véto sur les relations de l'autre.
Mais la rencontre avec Tchu a bousculer pas mal de choses...
Pour commencer, j'ai cessé de voir ça comme un jeu ! Ça devenait ma vie...
Le droit de véto, a volé en éclat...

Ce n'est pas facile du tout pour l'Escargotte :
En l'état actuel des choses, je ne conçois pas de revenir à la monogamie... Et si elle me le demandait, ou m'y forçait d'une manière ou d'une autre, je crois que le lien qui nous unit serait fortement abimé et difficilement réparable...

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Siestacorta

le mardi 26 janvier 2010 à 12h47

Drya


@ Siestacorta: je ne vois pas le PA comme une volonté d'aller voir ailleurs pour s'enrichir, mais comme une levée de l'interdit d'aimer quelqu'un quand ça se présente naturellement, en gros, reconnaître que c'est naturel et ne pas devoir se méfier de soi-même et des autres, et je suis maintenant en plein dedans! (quelqu'un vend un chador?)

heu... j'ai dû rater des étapes de raisonnement, là.
Je ne comprend pas bien pourquoi tu me réponds ça.
(Tu confonds pas mon intervention avec la fin de celle de Boucledoux ?)

Je soulignais juste que l'un des deals possibles était " je passe au PA, tu restes mono et je reste avec toi". Que devenir PA tous les deux n'était pas obligatoire...
Et ça ne veut pas dire qu'on laisse le mono dans son coin, vu que tu devras souvent lui parler et l'écouter pour que sa position dans ta vie lui soit claire...

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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oO0

le mardi 26 janvier 2010 à 12h53

L'avantage de cette ouverture, c'est qu'à défaut de pouvoir apprivoiser ta propre liberté concrètement, tu ne t'en trouve pas moins en position d'apprivoiser la liberté que tu laisses à l'autre. A défaut de pouvoir avancer dans un sens, tu avances dans un autre où ce n'est pas si facile que cela de reconnaître et d'accepter la liberté de l'autre même lorsque l'on aspire soi-même à cette liberté.

Laisser l'autre libre, cela relève de sa propre liberté et cette liberté là, rien ne t'empêche de l'apprivoiser. Cela donne une situation déséquilibrée, certes, mais la marche est une succession de déséquilibre. De même, en chimie, un système en équilibre ne produit plus d'énergie. En fait, en termes d'équilibres, tu inverses les positions et cela peut te permettre en étant à sa place de comprendre ce qu'il a mal vécu.

En tous cas, la manière dont tu envisages ton expérience et la réponse que peut apporter le "polyamour" est déjà pas mal équilibré. Le "polyamour" n'est pas une priorité, mais ce qui te semble être la réponse la plus lucide à ton expérience. Et pour ce qui est de ta crainte de revivre cela, je pense que tu as tas réponse ici :

Citation
"Les besoins ne sont pas des obligations mais des indications de directions favorables."

Sens toi libre de t'éprouver comme tu t'éprouves, libre au point de ne pas te sentir obligée de vivre tous les désirs et les amours que tu peut éprouver. C'est cela, aussi, la liberté.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le mardi 26 janvier 2010 à 13h03

Drya


@ Clementine [...].
Vous dites que c'est la sexualité qui "coince": c'est seulement que c'est la frontière communément admise de l'adultère (qu'est ce que je déteste ce mot!).

Justement, elle est révélatrice en soi... mais aussi, elle sert d'arbre qui cache la forêt, de cadenas au sujet d'une réflexion plus large sur "c'est quoi le couple".

Drya
[...] (quelqu'un vend un chador?)

Un catalogue de burqini, ça t'intéresse? ^^

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Siestacorta

le mardi 26 janvier 2010 à 13h05

Au fait...
Lors de ton premier post, il ya une vingtaine de jours, tu disais que tu gardais tes questions sur le poly pour toi, que tu n'en parlais pas à l'un des principaux concerné, ou même à aucun des deux.

Comme je te le disais alors, faire quelques tours autour de son nombril est très recommandé, c'est sûr.
On pense à qui on est, qui sont nos amants, on prévoit plus ou moins clairement leurs réactions.
Mais... ce sera très très différent quand tu en parleras. Certaines questions ne seront pas les mêmes, ou sonneront différemment même si elles ressemblent à celles qui te tournaient en tête.
Certaines réponses seront toutes retournées, prendront un sens nouveau.

Et le plus fort, c'est de s'apercevoir que poser le débat... même s'il nous éreinte un peu... ça nous laisse ensemble. Ca nous rapproche même un peu, malgré l'opposition des points de vue.

C'est bien de penser sa propre situation. Faut pas que la pensée t'isole trop des gens avec qui tu partage cette situation.

(édition : en fait, je t'ai mal lu : tu as fini par parler à ton compagnon, apparemment.
Bon. Ca enlève pas mal de pertinence à mes dernière lignes... Je crois quand même qu'il faut, dans tes questionnements, savoir reconnaître le moment où, en silence, ils déforment plus qu'ils n'affinent ton rapport à l'autre).

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Drya (invité)

le mardi 26 janvier 2010 à 13h53

@ Siesta: je répondais à propos de "Mais rien ne l'oblige à prendre ce droit, et rien ne nous oblige à attendre qu'il le prenne. "
- je l'ai compris comme impliquant que ce n'est pas pcq'on se dit poly qu'on a forcément au moins 2 partenaires tout le temps. Dans mon cas, l'option "je passe au PA, tu restes mono et je reste avec toi" n'est pas envisageable puisqu'il ne veut pas vivre comme ça, pas pour l'instant et peut-être pas du tout. Donc je cherche comment tenir le cap en monogame. Des idées concrètes? Je pensais par exemple à Insognare, un des clown (triste/lapin?) je crois, Metazet? (parti?) et d'autres... (dsl si je confonds des gens, je n'ai plus tous les posts que j'ai croisés en tête)

@ RIP: "Laisser l'autre libre, cela relève de sa propre liberté et cette liberté là, rien ne t'empêche de l'apprivoiser."
- je ne suis pas sûre de comprendre exactement, mais je pense que j'ai déjà, et je continue, de réfléchir en imaginant ce que je ressentirais à la place de mon compagnon et si j'accepterais de le laisser aller voir quelqu'un d'autre: la réponse est probablement oui (qui sait quelle serait ma réaction réelle? je sais au moins que ça me fera un choc, mais je ne pense pas insurmontable), du moment que ça ne menace pas notre amour, notre couple et nos projets de vie ensemble.

"Sens toi libre de t'éprouver comme tu t'éprouves, libre au point de ne pas te sentir obligée de vivre tous les désirs et les amours que tu peut éprouver. C'est cela, aussi, la liberté.": je ne pense pas avoir envie de vivre nécessairement la moindre de mes envies, mais plutôt éviter de passer à côté de quelquechose de très important dans ma vie, de rare et précieux, c'est à dire quand je me sens prisonnière de ne pas avoir ce droit. Je vois ce que tu veux dire, mais je crois que c'est très difficile de voir comme une liberté le fait de ne pas devoir céder à ce qui nous tient à coeur. Ca relève du bouddhisme zen pour moi, et j'ai beaucoup de mal à contrôler mes sentiments, c'est une véritable torture.

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Drya (invité)

le mardi 26 janvier 2010 à 14h31

PS @ RIP: mais c'est une vision à développer, tu as raison, c'est le genre de conceptions qui vont m'aider.

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Siestacorta

le mardi 26 janvier 2010 à 14h36

Drya

- je l'ai compris comme impliquant que ce n'est pas pcq'on se dit poly qu'on a forcément au moins 2 partenaires tout le temps.

Ce que tu as compris est vrai aussi, mais c'est pas ce que je disais !

Je dis que lui n'a pas à être ni se dire poly parce que toi tu l'es. Il est pronfondément exclusif, il ne veut que toi ?
Très bien, aucun mal à cela.
Mais ça n'est pas censé t'obliger à fonctionner comme lui, et à ne vouloir que lui. Votre équilibre peut se trouver dans une situation où vous ne fonctionnez pas de la même manière.
Il y a bien des couples où l'un travaille et l'autre pas, non ? C'est un peu pareil.

J'admets que ce raisonnement ne répond pas vraiment à ta situation, mais il faut avoir en tête l'ensemble des options pour comprendre celle qui va être choisie.
En demandant l'exclusivité, ton compagnon dit
-"je ne veux pas être PA"
ET
-"je ne veux pas que tu sois PA".
C'est distinguer les deux affirmations qui est important, puisque la seconde ne dépend pas que de lui.

Drya

Dans mon cas, l'option "je passe au PA, tu restes mono et je reste avec toi" n'est pas envisageable puisqu'il ne veut pas vivre comme ça, pas pour l'instant et peut-être pas du tout.

Il ne veut pas être mono et te laisser être PA, c'est bien ça, hein ? J'insiste un peu pour être sûr qu'on se comprend.
Le "pour l'instant" a sa valeur : le temps peut résoudre certaines choses. Mais à te lire, je vois bien que tu es dans l'urgence (et pas d'une nature infiniment patiente... C'est pas une critique :-) ).

Une possibilité, qu'on peut évoquer en regard du témoignage de Deenice : et si vous essayiez quelques libertinages ?
Je suppose que ce n'est pas ce dont tu as envie.
Mais ça peut être une étape intéressante, dans votre situation, pour commencer à explorer de façon contrôlée les limites du couple.
Se prouver l'un l'autre qu'une expérience de ce genre ne vous détruira pas.
Et que c'est peut-être le cas d'autres expériences...

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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