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Il veut pas savoir

Monogamie
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Cendre

le jeudi 18 juillet 2013 à 00h43

Je m'excuse d'avance pour l'aspect décousu de ce post, ça parle de moi et de ma réflexion actuelle, c'est-à-dire que c'est pas super structuré...
En plus du fait que ça fait 10 jours que je lis plus le forum, que je poste plus.

Le cosmos polyamoureux parisien est petit, et traîne toujours ce problème d'opacité entre nous, de ne pas sur exposer nos intimités.
Mais là, à nouveau, envie de vous en parler, d'avoir vos réactions (avec d'autant plus de sérénité au vu des derniers bannissements de trolls)

Être poly, pour moi, cela reste la possibilité de vivre plusieurs relations intimes simultanées, avec l'accord de tous.
Il y a des jours où c'est plus facile à assumer que d'autres...

Siestacorta le jeudi 21 mars 2013 à 00h21
On a appris à avoir plusieurs amis, à voir qui se croisait, se croisait pas. Bon, avec les amours c'est plus intense, mais on peut apprendre quand même.

Dire que j'ai l'accord de mon compagnon est beaucoup dire.
Il fait avec.
Et moi j'essaye d'apprendre.
C'est pas simple. C'est en effet beaucoup plus intense, à s'en retourner le cœur, parfois.

Me voici à nouveau bien accrochée à quelqu'un.
Ça remonte d'anciennes inquiétudes, que j'ai déjà exposé ici, Je vais en accumuler combien comme ça ?
Sans compter ceux qui rentrent plus facilement dans une conception courante du couple libre, j'en suis à trois. Trois en moins d'un an.
Et l'envie de leur faire une place dans ma vie.
Une vraie place.
Pas celle d'un amant d'un jardin tenu rigoureusement secret ou d'une relation secondaire
Et pour l'instant, mon compagnon ne veut pas savoir. Dixit ce soir :
« C'est plus facile à appréhender quand c'est pas matérialisé, quand ça reste un truc diffus »
C'est une mesure de protection pour lui. Je ne vais pas lui reprocher. C'est sa façon à lui d'être responsable de ses sentiments et ressentis.
Mais même si ça me conforte dans mon attitude de ces derniers jours (ne pas me cacher, mais ne rien dire non plus), je vais pas dire que ce soit confortable.
Ça m'aide vraiment pas à savoir ce qui est acceptable pour lui et ce qui ne l'est pas.

D'un coté, j'ai l'impression qu'il chemine à son rythme dans l'acceptation de ma nature polyamoureuse. Qu'il faut lui laisser le temps, encore, d'appréhender le concept, d'apprendre à vivre avec cette femme dont il n'est pas l'unique source d'euphorie.
De l'autre, constater que mes envies vont beaucoup plus vite que cela. Que je peste contre certaines occasions manquées liées à cet excès de prudence que son comportement crée chez moi, ou à l'opposé, quand je réalise que je suis (encore) allée au delà de ce qu'il est capable d'entendre sereinement.

J'ai été brutale en février. J'ai pas franchement envie de recommencer.
Mais alors ?
Accepter de tout monter en sous-main en attendant ?
En attendant quoi ? Comme Aviatha ? que l'amour se dissolve dans les contraintes et les manques de disponibilité ?
Alors que j'aspire à me sentir libre de mes mouvements, je ne le suis pas du tout.
Est-ce que ce niveau de translucidité, à la limite de l'opacité, est acceptable ? pour lui, pour moi, pour mes autres amours, à moyen terme et au delà ?
Je n'arrive pas à avoir un avis sur la question.
Je la fuis. Je ferme les yeux.
Je prends le plaisir où il est, profite de ce qui m'est offert, et porte une confiance aveugle dans l'avenir, portée par la certitude que tout cet amour en partage devrait pouvoir nous sortir d'une éventuelle situation fâcheuse...

Je sais pour ma part que je survis très bien.
Je peux me prendre des vestes, des méchantes, telles celles que mon très cher adultère a été contraint de me faire porter. Je me relève même plutôt bien, même si, 6 mois plus tard, les cicatrices restent plus sensibles que je ne l'aurais imaginé.
Mais si je peux prendre ce risque pour moi même, ce n'est pas tout à fait acceptable de le prendre pour ces autres que j'aime.
C'est une caractéristique de l'amour que de vouloir leur éviter tout malheur, surtout les inutiles.
Et en même temps, bienheureuse insécurité est une expression clé (tirée du bouquin de Paule Salomon) qui me guide depuis un certain temps. Obtenir un certain niveau de sécurité est important, vouloir l'augmenter au delà confine à la paranoïa et fini par étouffer le sujet.
Ça me rappelle une émission de Jean Claude Ameisen et ce qu'il raconte des expériences sur les abeilles stressées qui prennent moins de risques que les abeilles en conditions "normales".

Je prends des risques parce que je vais bien.
Limite, mes prises de risques peuvent servir de mesure à mon bien être global.
C'est plutôt positif au final, à y réfléchir
...

Chaleureux remerciement à ceux qui ont lu mes état d'âmes jusqu'au bout...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Siestacorta

le jeudi 18 juillet 2013 à 01h35

Cendre
Alors que j'aspire à me sentir libre de mes mouvements, je ne le suis pas du tout.
Est-ce que ce niveau de translucidité, à la limite de l'opacité, est acceptable ?

En même temps, opacité ou transparence, à moins de vivre en communauté poly à relations endogènes (poétique, hein ?), le polyamour met des contraintes à la liberté de mouvement parce qu'il multiplie les distances ret les obstacles à franchir.
(la contrainte sur place étant différente, le rapport aux regards dans un village de peu d'habitants ou un établissement scolaire peut donner une idée, pour ça aussi on est cap' ou pas)

Même si ton mari savait tout en détail, tu te retrouverais généralement à faire des choix, entre un soir, un autre. On promet sa disponibilité à une date, on se dit que telle occasion a de l'importance, on veut avoir tel soir à soi, et puis paf, ça n'est pas optimal avec les attentes de l'autre, et puis même quelque chose de fou il est contrarié justement parce qu'on a pas pensé à lui, se sent concerné par défaut (tiens, je sais pas si on peut distinguer une insécurité de continuité et la jalousie ?).

La réponse à ça n'est pas une liberté plus absolue, l'insouciance n'est pas nécessairement un bon critère pour vérifier la qualité de la relation ; les autres existent, on peut pas faire comme si ils étaient toujours en phase avec nous, comme si l'hamûr permettait de tout vivre en dansant sur des nuages sans jamais nous préoccuper du poids du réel.
Qu'on nous demande transparence ou opacité, on a un soucis de l'autre à gérer.

La réponse, c'est le savoir-vivre qu'on bricole pour qu'il coïncide avec ceux qu'on aime.

Bon, j'espère pas avoir fait une réponse trop abstraite, et je te fais pas la leçon... Je veux juste éclairer que le paradoxe de se sentir moins libre par notre choix amoureux n'en est pas un, en tout cas sous cet angle : on a choisi que plus de gens nous donnent des desideratas. Que les contraintes soient "égales" ou "primaires et secondaires" les rend pas plus magiquement faciles à jongler avec.
C'est pas de ta faute ni de celle de ton mari, quoi, c'est juste comme ça.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le jeudi 18 juillet 2013 à 02h40

Cendre
(avec d'autant plus de sérénité au vu des derniers bannissements de trolls)

Euh, tu sais, il n'y en a qu'un seul qui a été banni ^^
Enfin, c'est vrai que c'est un peu plus calme maintenant... :)

Sinon, je retrouve beaucoup de ce que j'aurais pu dire il y a quelques mois dans ton message :

Cendre
Être poly, pour moi, cela reste la possibilité de vivre plusieurs relations intimes simultanées, avec l'accord de tous.
Il y a des jours où c'est plus facile à assumer que d'autres...

Dire que j'ai l'accord de mon compagnon est beaucoup dire.
Il fait avec.
Et moi j'essaye d'apprendre.
C'est pas simple. [...]
Me voici à nouveau bien accrochée à quelqu'un.
[...] Je vais en accumuler combien comme ça ?
[...] j'en suis à trois. Trois en moins d'un an.

(bon, moi c'était deux de plus en un an, pas trois)

Cendre
Et l'envie de leur faire une place dans ma vie.
Une vraie place.
Pas celle d'un amant d'un jardin tenu rigoureusement secret ou d'une relation secondaire
Et pour l'instant, mon compagnon ne veut pas savoir.

Là par contre, je n'ai pas vécu la même chose. Il voulait savoir. Pas les détails, mais qui je fréquentais, et quand. Et il voulait la garantie que je le voyais lui plus souvent qu'un autre (promesse que j'ai tenue, même si les autres étant très pris - et moi aussi, par mon travail et des activités perso - ce n'était pas très compliqué : je veux dire par là que je n'ai jamais eu à renoncer à un rendez-vous parce que ça aurait fait "trop" par rapport à ce que j'avais promis au partenaire "principal").

En revanche, il était très peu loquace. Quand je l'informais que j'avais rendez-vous avec un autre, je ne recevais jamais aucune réponse. Essayer de discuter de façon constructive du sujet était souvent peine perdue.
Et j'en étais arrivée à peu près au même point que toi :

Cendre
Ça m'aide vraiment pas à savoir ce qui est acceptable pour lui et ce qui ne l'est pas.
D'un coté, j'ai l'impression qu'il chemine à son rythme dans l'acceptation de ma nature polyamoureuse. Qu'il faut lui laisser le temps, encore, d'appréhender le concept, d'apprendre à vivre avec cette femme dont il n'est pas l'unique source d'euphorie.
De l'autre, constater que mes envies vont beaucoup plus vite que cela. Que je peste contre certaines occasions manquées liées à cet excès de prudence que son comportement crée chez moi, ou à l'opposé, quand je réalise que je suis (encore) allée au delà de ce qu'il est capable d'entendre sereinement.


Sur cette phrase :

Cendre
que l'amour se dissolve dans les contraintes et les manques de disponibilité ?

Je voulais dire que je ne pense pas que l'amour se dissolve comme ça...
Après, ça dépend peut-être des gens, mais si je peux ne pas voir quelqu'un pendant plus de sept ans, et le revoir avec toujours autant d'amour en moi, comme si cela ne faisait que sept jours...je ne pense pas que quelques contraintes et indisponibilités changent tant que ça les sentiments !

Pour reprendre le fil, j'ai le sentiment d'avoir vécu quelque chose de proche de ton expérience, et j'aurais pu à peu de choses près écrire les passages que je cite :

Cendre
Alors que j'aspire à me sentir libre de mes mouvements, je ne le suis pas du tout.
[...] Je prends le plaisir où il est, profite de ce qui m'est offert, et porte une confiance aveugle dans l'avenir, portée par la certitude que tout cet amour en partage devrait pouvoir nous sortir d'une éventuelle situation fâcheuse...

Je sais pour ma part que je survis très bien.
Je peux me prendre des vestes, des méchantes [...] Je me relève même plutôt bien, même si [...] plus tard, les cicatrices restent plus sensibles que je ne l'aurais imaginé.
[...] Obtenir un certain niveau de sécurité est important, vouloir l'augmenter au delà confine à la paranoïa et finit par étouffer le sujet.
[...] Je prends des risques parce que je vais bien.

Le fait de l'informer (contrairement à ton compagnon qui ne veut pas savoir) ne m'a pas fait me sentir plus libre - si ça peut te consoler un peu !
Sans doute parce que je savais que c'était dans une volonté de contrôle, et que je sentais qu'un jour, sans que je comprenne pourquoi (j'ai toujours pas compris d'ailleurs, il n'a pas su m'expliquer, enfin il paraît que c'est moi qui suis "conne"), il allait me tomber dessus suite à une quelconque de ces annonces - qu'il avait pourtant lui-même exigées.

Oui, j'avais confiance en l'avenir, et même s'il n'est plus là, j'ai toujours confiance en la vie. Incurable optimiste, sans doute.

Oui, j'ai pris des risques lorsque j'allais à peu près bien. Ensuite, j'ai été plus raisonnable, du moins il m'a semblé. Et puis, c'est allé mal. Du coup j'étais moins disponible, j'avais du mal à être à l'écoute, même si j'ai fait de mon mieux (pas facile d'écouter avec empathie la souffrance de quelqu'un quand tu es toi-même en souffrance !).
Et c'est ce moment-là qu'il a choisi pour partir.

Je crois que c'est l'accumulation qui l'a poussé à partir. Autrement dit, les risques que j'acceptais de prendre lorsque j'allais bien ont eu une incidence plus tard, lorsque j'allais mal. Je crois qu'on ne peut pas dire "Je prends des risques parce que je vais bien, mais si ça va moins bien je redeviendrai sage" ; parce que les conséquences ne sont pas toujours immédiates. Elles se ressentent à long terme.

L'avantage, c'est que c'est aussi vrai des conséquences négatives....que des conséquences positives.

Je ne voulais pas d'une relation où je me sentirais enfermée, où j'aurais l'impression de rendre des comptes, comme une ado à ses parents, qui aurait abusé de sa permission de minuit...

Je ne voulais pas avoir à me justifier sans cesse de mes rencontres et désirs fortuits - pour moi, c'était comme si je lui avais demandé de se justifier à chaque fois qu'étant entré dans une librairie sans but précis, il ressortait avec un ou plusieurs nouveau(x) livre(s)...

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Cela étant, d'un point de vue plus pragmatique, sur le titre de ton fil, j'ai envie de de te dire qu'il y a des relations où l'un "ne veut pas savoir" et qui fonctionnent très bien.
Même certains polyamoureux n'ont pas envie de connaître le détail des autres relations, et un simple "Ce soir je ne dors pas à la maison", ou bien "Je vais dîner avec un copain" suffit parfois à signifier qu'on ne sera pas là, sans entrer dans les détails. Ce sont des phrases ne signifiant pas forcément qu'on se rend à une rencontre amoureuse.

Un soir, j'ai dîné avec Françoise. Elle m'a dit qu'en sortant, elle avait dit à son mari "Je vais dîner avec une amie".
A mon avis, elle aurait aussi bien pu lui dire "Je vais dîner avec UN ami". Il n'en aurait pas été plus dérangé. Sachant qu'un ami, cela peut être un "simple ami" ou bien quelqu'un avec qui on a des relations plus intimes. Finalement, le détail de la chose nous regarde, non ?
Et si quelqu'un ne veut pas savoir, cela évite de lui imposer la réalité brutalement...

(Précision : je ne dis pas que le mari de Françoise ne veut pas savoir - d'ailleurs, elle l'a écrit dans Aimer plusieurs hommes, à une époque il voulait même tout savoir, et c'est elle qui a désiré avoir un peu plus de jardin secret. Je dis juste que c'est un fonctionnement...qui peut fonctionner ;) !)

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aviatha

le jeudi 18 juillet 2013 à 17h22

Alors, comme mon nom est cité, je me permet une réflexion. ^^
Certes j'ai décidé de prendre mon mal en patience et d'attendre des temps plus favorables. Cependant, je sais parfaitement ce que je veux, et c'est là un point qui chez toi, peut-être pose problème: sais-tu vraiment ce que tu veux ? Au passage, je souligne le fait que, si faire violence à mon cher et tendre en l'obligeant à une séparation ne me paraît pas une solution acceptable, vivre ainsi ne l'est pour moi pas non plus. Entre autre parce que le fait de vivre une relation saine exclu pour moi le fait que la situation mette l'un à la torture pour que l'autre puisse faire ce qu'il vaut (je caricature, pas taper, ce n'est pas à ce point ni pour moi ni pour toi, pas taper !). Ce qui m’amène au point suivant.
Encore une fois, je ne suis pas ton mari, mais, comme je suis un peu dans le même cas que lui, je me permet de te faire part de ma position, au cas où cela pourrait t'éclairer. Certes, nous avons beaucoup d'amour l'un pour l'autre, et certains jours cela me suffit pour croire que je pourrais supporter cela encore le temps qu'il faudra. Mais je sais que je me voile la face. Certains jours aussi, tout cela me fait tellement souffrir que je me sens prête à le rayer définitivement de ma vie, et sur tous les aspects que ce soit, et à ne plus jamais entendre parler de lui, tellement je n'en peux plus de tout cela.
Alors bien sûr, mon esprit n'est pas un modèle de santé mentale et de stabilité, retiens-le. Mais fais attention à ne pas t'"endormir" en pensant que voter amour réciproque vous protègera de la rupture et de l'hypothèque de votre avenir à deux. Ce n'est pas le cas, j'en ai peur, du moins pas pour tout le monde et pas dans tous les cas.
Après, comme tu dis, tu peux très bien te découvrir à l'aise dans l'insécurité et accepter ce risque, mais encore une fois sois bien sûre de ce que tu veux.

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regis13

le jeudi 18 juillet 2013 à 17h54

bien compliqué tout ça ! C'est ma femme qui a commencé le polyamour moi j'avais des aventures cachées et discrètes personne ne savait bien . Au début de notre histoire polyamoureuse ma femme et moi, c'est super ! j'étais fou amoureux d'elle ! aujourd'hui je me pose d'énormes questions ! pourquoi continuer notre histoire et ne pas vivre un amour plein ? En résumé, je pense maintenant que pour vivre des amours pluriels, il ne faut pas aimer très fort ! il faut aimer mais pas trop !

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Geraldin-e

le jeudi 18 juillet 2013 à 18h23

regis13
j'étais fou amoureux d'elle ! aujourd'hui je me pose d'énormes questions ! pourquoi continuer notre histoire et ne pas vivre un amour plein ? En résumé, je pense maintenant que pour vivre des amours pluriels, il ne faut pas aimer très fort ! il faut aimer mais pas trop !

Non, en fait ce n'est pas la question à mon avis, on peut aimer beaucoup plusieurs personnes en parallèle, si ce n'est pas sur le mode d'une passion exclusive et dévorante. Même si on peut avoir des moments passionnels où on est "obnubilé" par une personne, ça n'efface pas les autres personnes, ou ce n'est que passager.
Ce n'est pas une question de "force" d'amour, de quantité, mais de "modalité", de style. Ca a plus à voir à la façon de se situer vis à vis de soi et des autres qu'avec une "force" d'amour.
Vu notre éducation et tout, on a tendance à confondre passion dévorante avec amour fort, mais on peut petit à petit voir les choses autrement.
On peut même se demander si la passion exclusive dévorante ne porte pas moins d'amour que d'autres formes, étant donné son caractère souvent "fantasmé", déconnecté de la réalité de l'autre tel qu'il est réellement (aussi pour des raisons biologiques liées à la reproduction dans le cas des hétéros ?) ?

Plus facile à dire qu'à vivre, y compris pour moi...
(ce post pourrait peut-être trouver mieux sa place dans ton fil "Faut il écouter sa tête ou son cœur ?")

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bouquetfleuri

le jeudi 18 juillet 2013 à 18h37

Cendre,
pourquoi faut-il que le poly amour soit vécu de la même façon par tous les partenaires ?
Je reprends l'idée de LuLutine. Ne pas savoir exactement comment cela se passe, ressentir plutôt le flou autour de tes activités amoureuses en dehors de son espace direct ne signifie pas qu'il ne met pas tout en oeuvre pour que ce soit possible, peut-être même au risque de s'obliger à ne pas exercer de pression sur toi pour tenter de te canaliser.
Il faut dire qu'apparemment, tu te mets bien assez la pression toute seule, et cela devient une forme d'échange que tu proposes et qu'il accepte implicitement.
Mais tu ne l'emmènes pas à tes rendez-vous amoureux, pourquoi voudrais-tu qu'il expérimente tes rencontres comme tu le fais et jusqu'à quelle extrémité ?

En même temps, depuis que tu es apparue sur ce site, je n'arrive pas à me faire de mouron pour toi pas plus que pour vous deux.
J'ai seulement l'impression que tu es dans une phase de découverte intense et que la nouveauté est si incroyable qu'elle t'enivre. Mais d'un autre côté, tu sembles si posée, si réfléchie que j'ai l'impression de voir une première de la classe passer tranquillement tous ses examens avec le stress inévitable qui les accompagne.
C'est assez rare que je m'autorise à parler de la sorte. Excuse-moi si cela te dérange.

Dans ton message, je vois quand même à la fois tous les ingrédients de la réussite et quelques éléments supplémentaires qui me confortent dans l'idée qu'on ne peut pas vivre une expérience poly amoureuse de la même façon à vingt, trente, quarante ou cinquante ans parce qu'il se joue des choses différentes à chacun de ces âges.

Je vous souhaite de continuer à cheminer, même si c'est difficile en ce moment

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Anarchamory

le jeudi 18 juillet 2013 à 19h22

regis13
bien compliqué tout ça ! C'est ma femme qui a commencé le polyamour moi j'avais des aventures cachées et discrètes personne ne savait bien . Au début de notre histoire polyamoureuse ma femme et moi, c'est super ! j'étais fou amoureux d'elle ! aujourd'hui je me pose d'énormes questions ! pourquoi continuer notre histoire et ne pas vivre un amour plein ? En résumé, je pense maintenant que pour vivre des amours pluriels, il ne faut pas aimer très fort ! il faut aimer mais pas trop !

L'amour peut être plein avec tou(te)s. Le truc c'est que t'as la NRE qui te donne l'impression que tu n'aimes plus tant tes ancien(ne)s amours parce que tu te sens tellement vibrer avec le nouvel objet de ton amour... C'est un leurre... Non seulement cet état ne dure pas, mais en principe, tu devrais te rendre compte que soudain, tes ancien(ne)s amours retrouvent de l'attrait, parce qu'elles seront à nouveau "nouvelles" une fois la NRE dissipée avec tes nouvel(le)s amours. Pourquoi certains maris vont voir ailleurs pour sortir de la routine et que finalement ça règle leurs problèmes de couple ? Parce que ce phénomène se met en œuvre. Ensuite, un amour plein, ce n'est pas forcément un état de petit nuage rose perpétuel... L'amour-compagnon qui suit l'amour-passion est une autre façon d'aimer qui peut avoir son charme, même s'il est moins évident. L'amour ce ne sont pas que des orgasmes et des coup de cœurs, c'est aussi des échanges, des partages, une complicité développés...

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(compte clôturé)

le jeudi 18 juillet 2013 à 19h27

MetaZet

MetaZet
... L'amour-compagnon qui suit l'amour-passion est une autre façon d'aimer qui peut avoir son charme, même s'il est moins évident. L'amour ce ne sont pas que des orgasmes et des coup de cœurs, c'est aussi des échanges, des partages, une complicité développés...

Je n'aurai pas dit mieux.

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Vaniel

le jeudi 18 juillet 2013 à 20h45

Je vais essayer de te répondre sur un point qui me semble central.

Cendre
Ça m'aide vraiment pas à savoir ce qui est acceptable pour lui et ce qui ne l'est pas.

Nous pouvons faire preuve de délicatesse, être attentif à l'autre mais nous ne pouvons jamais savoir avec une absolue certitude ce qui est acceptable ou inacceptable pour quelqu'un d'autre que nous-même. Je ne pense pas qu'il faille présupposer des réactions de nos relations (nous sommes souvent surpris, surtout dans la période de découverte du polyamour, propice à des changements rapides, aux affirmations et aux rétractations). Comment pouvons-nous nous en sortir ? Je dirai juste deux mots sur la manière dont moi je me débrouille. J'ai prévenu les personnes avec qui j'ai des relations qu'elles sont libres de me demander tout ce qu'elles souhaiteraient savoir. A partir du moment où les questions posées ne le sont pas l'expression d'une volonté de contrôle ou d'un voyeurisme morbide (le voyeurisme n'est pas problématique en soi mais il peut le devenir dans certains cas), je les accepte. Ce qui ne veut pas dire que je doive répondre à toutes les questions. Si la personne en face de moi désire savoir quelque chose que je sens qui, pour elle, peut être potentiellement inacceptable, je réponds. C'est donc son choix de demander, son choix de savoir. Je ne me sens pas le droit de lui refuser.
J'avoue que j'aurais certainement des difficultés à vivre avec une personne qui souhaiterait que je cloisonne totalement mes différentes relations, que je ne parle jamais des autres en sa présence.

Pour ce qui est des manières dont je me comporte, j'essaye toujours de parler des situations potentiellement problématiques en amont. Le hic est évidemment que parfois des situations que je ne concevais pas comme problématiques pour l'autre ce sont révélées l'être. Mais, ce n'est pas forcément grave à partir du moment où il est possible de modifier son attitude pour qu'elle soit acceptée à l'avenir. Je n'entends pas par là qu'il faille multiplier les concessions. Souvent, quelques aménagements formels des deux côtés permettent au final de ne pas faire de concession sur le fond.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Siestacorta

le jeudi 18 juillet 2013 à 23h04

Je relis, et reprend par un autre bout mon idée...
La demande de "non-information" de ton mari n'est pas, je crois, ce qui te contraint le plus.
Il y a trois choses qui peuvent vraiment te faire manquer d'air : amplifier la complexité matérielle (plusieurs relations, une seule journée), ta propre tendance à flipper, et ce que ton mari ne dit pas de lui puisqu'il ne prend pas d'info.

Pour ce qui est de l'inquiétude, disons que comme pour la jalousie expliquée aux non-compersionnants, faut que tu connaisses bien tes insécurités pour pas les reporter sur d'autres questions.
Pour la complexité de l'agenda, ya pas de solution réelle. Faut juste être sûre que tu veux ce mode de vie, et assumer. Et puis, il y a la limite des autres amoureux : ils ont leur vie, leurs contraintes, leurs autres amours le cas échéant... donc bon, le risque de se disperser est limité par la réalité, aussi.

Pour le troisième aspect, le fait que si ton mari ne "veut pas savoir", tu ne peux pas avoir d'écho sur ce que ça lui fait. C'est là ou la réserve peut se transformer en non-dit. Ca peut te faire flipper de pas avoir d'écho, et donc te mettre toi dans l'inquiétude même si en fait il se passe rien de grave, et ça peut aussi être un danger potentiel, un truc à propos duquel ton mari ne s'ouvre pas.

En fait, il peut y avoir communication sans qu'il y ait récit de tes aventures. S'il s'engage à te laisser vivre comme tu le désires, il s'engage aussi à te dire quand il n'en est pas capable, si, à tel moment, vous touchez à ses limites. Si tu ne peux pas savoir où est le danger, le danger peut être présent tout le temps.
Il faut pas qu'il soit lui que responsable et fort, et toi que insouciante et légère. Faut que tu aies l'occasion d'être responsable, de dire "si y a une merde j'ai "le droit" d'y faire face".

Donc, tel que je le vois, ça doit être dit entre vous : "si ça va pas tu m'en parles, tu prends pas la décision à ma place de me protéger".
Mais, je répète, ta sensibilité inquiète est pas forcément bon conseillère, le danger ne se mesure pas aux moments de flippe... Si ça se trouve, il est même très minime.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Cendre

le vendredi 19 juillet 2013 à 00h44

SiestacortaCa peut te faire flipper de pas avoir d'écho

C'est exactement de ça dont il est question.
Le danger est assez minime, je pense.
Celui que je perçois le plus clairement, c'est celui dont parle Lulutine, c'est à dire d'avoir à assumer lors d'une phase où j'irais moins bien des risques pris quand j'allais très bien.
Mais c'est bien clair. C'est une des premières choses que m'a demandé mon compagnon : d'assumer les conséquences de mes actes, d'être responsable dans mon insouciance. Ça fait parti de nos briques de base, et elle n'est pas posée au hasard : il me connaît quand même très très bien.

Le fait qu'il ne veuille pas savoir ne me chagrinerait pas autant si je ne connaissais pas sa propension à prendre sur lui, à ne pas dire quand ça ne va pas.
Mais j'extrapole peut être encore là une fois de trop. Somme toute, les rares fois où j'ai vraiment abusé à ses yeux, il ne s'est pas privé pour me le dire (de plus, à froid, avec le recul de sa réflexion, de sa propre remise en question, qui rend mes maladresses encore plus percutantes)
Bref, c'est une fois de plus une question de confiance.
Arrêter de flipper pour l'autre, arrêter de vouloir se mettre à la place de l'autre, de vouloir deviner son comportement à l'avance. Lâcher prise, en somme.
Je le fais tellement facilement avec les poly que je me surprends moi-même à m'embourber dans ces problématiques avec mes relations antérieures.

Mais je ne m'embourbe pas complètement pour rien. C'est une autre logique qui prend alors le relais. Celle qui dit que anticiper le comportement de ses proches et s'adapter en amont est une preuve d'attention, d'amour...
Et alors le lâcher prise apparaît comme une forme d'égoïsme
...
Cendre, regarde où tu vas, fait attention à ce que tu fais, ne reste pas dans la lune
Je l'ai tellement entendu, cette litanie, gamine, saurais-je un jour savoir faire la part des choses ?

Je suis en chemin, en chemin vers moi-même et vers les autres.
Et j'ai vraiment beaucoup de mal à envisager une issue que je ne serais pas capable d'assumer. Une situation qui me ferait regretter cette année de découverte de moi-même, ponctuée d'instants de grâce inoubliables.

Reste la complexité matérielle. J'ai jamais trop aimé les soucis de logistique, ça me rebute. J'essaye de faire au mieux, de prévenir au mieux autour de moi.
Même si, des fois, il y a des choses que j'ai envie de faire qui passent à l'as (comme, en ce moment, participer au forum).
Tant pis, c'est dommage, mais je reste humaine, avec des capacités, non seulement limités, mais surtout fluctuante : on ne peut pas être à fond tout le temps.

--

Et merci merci pour toutes vos réflexions, vos propositions.
Ce forum est vraiment un havre de paix pour moi où je peux déverser sans crainte mes ébauches, mes doutes et mes incertitudes.
Et parce que je suis sur-entourée d'amour en ce moment, j'ai bien envie de vous en restituer un peu :
Je vous aime.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le vendredi 19 juillet 2013 à 02h05

Cendre
Somme toute, les rares fois où j'ai vraiment abusé à ses yeux, il ne s'est pas privé pour me le dire (de plus, à froid, avec le recul de sa réflexion, de sa propre remise en question, qui rend mes maladresses encore plus percutantes)

Et bien, s'il sait le dire avec des mots (pas des insultes, des mots "normaux" !) et qu'il sait t'exprimer clairement ce qui n'est pas allé pour lui, je pense que vous êtes sur la bonne voie !

Cendre
Et j'ai vraiment beaucoup de mal à envisager une issue que je ne serais pas capable d'assumer. Une situation qui me ferait regretter cette année de découverte de moi-même, ponctuée d'instants de grâce inoubliables.

Pour ma part, il est parti, j'ai regretté...qu'il ne sache pas dialoguer, mais cela ne dépend pas de moi.
Je n'ai jamais regretté tout ce que j'avais vécu.

Je ne suis pas sûre qu'on puisse être poly et regretter de le vivre...

Vaniel
Le hic est évidemment que parfois des situations que je ne concevais pas comme problématiques pour l'autre ce sont révélées l'être. Mais, ce n'est pas forcément grave à partir du moment où il est possible de modifier son attitude pour qu'elle soit acceptée à l'avenir. Je n'entends pas par là qu'il faille multiplier les concessions. Souvent, quelques aménagements formels des deux côtés permettent au final de ne pas faire de concession sur le fond.

Oui, je suis d'accord avec ça. Enfin, ça ça fonctionne avec les personnes qui savent dialoguer...
(Je te rassure Cendre, il semblerait d'après ce que tu écris que ton compagnon en fasse partie ; je ne vois donc pas pourquoi cela se passerait mal ! :) )

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Vaniel

le vendredi 19 juillet 2013 à 12h27

Cendre
Somme toute, les rares fois où j'ai vraiment abusé à ses yeux, il ne s'est pas privé pour me le dire (de plus, à froid, avec le recul de sa réflexion, de sa propre remise en question, qui rend mes maladresses encore plus percutantes)

Encore une fois, je vais évoquer ma propre expérience. Je suis quelqu'un qui analyse beaucoup. J'apprécie de disposer de temps pour répondre, ce qui me permet, dans les situations difficiles, de ne pas réagir sous le coup de l'émotion. Depuis deux ans, et particulièrement depuis six mois, j'ai appris à faire part de mes émotions "à chaud". Il s'agit simplement d'énoncer mon ressenti sans analyse (ou avec le minimum d'analyse) et sans faire de reproche à l'autre même si, de mon point de vue, je trouve qu'il a abusé. Et, dans mes relations, c'est très positif pour tout le monde. D'accord, parfois il aurait mieux fallu attendre d'avoir un peu plus pensé mais généralement c'est mieux ainsi. Le problème de la réaction à froid, dans le cadre d'une relation amoureuse qui traverse des difficultés, c'est qu'il se passe un moment plus ou moins long pendant lequel nous gardons nos sentiments acides à l'intérieur de nous et, dans l'attente de les énoncer après analyse, ces sentiments ruminés nous bouffent. Je trouve très bien que ton compagnon sache réagir à froid mais peut-être, pour son bien, devrait-il parfois réagir à chaud [c'est juste une idée que je te donne]. D'autre part, malgré la difficulté d'encaisser des réactions à chaud, il se pourrait que ce type de dynamique soit positif pour toi aussi. Je m'avance peut-être beaucoup mais si lui réagit à froid et toi davantage à chaud, la situation est dissymétrique et tu peux avoir l'impression d'être plus souvent prise en faute que de raison puisqu'il a pris le temps de construire ses arguments pour appuyer précisément sur tes maladresses (ou, pour être plus rigoureux, certaines de tes actions qu'il a perçues comme des maladresses).

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Cendre

le mardi 30 juillet 2013 à 23h39

Je reprends mon fil, je vois pas trop où d'autre où poster, de toute manière.

J'assume pas.

C'était le deal, pourtant.
Je suis grande, majeure et vaccinée, alors ok, je fais ce qu'il me plait mais je dois en assume les conséquences. Voilà, c'était comme ça que ça aurait du marcher.
Mais là, j'y arrive plus.

Je l'ai vu venir gros comme une maison, pourtant, la perte de contrôle.
C'est pas comme si on en avait jamais parlé ici, de la passion qui change notre regard sur le monde, avec les papillons dans le ventre et tout.
Pas que j'en avais été complètement épargnée précédemment, mais les circonstances changent pas mal la donne.
J'étais optimiste, je le suis de moins en moins, parce que ça tourne à la guerre des tranchées dans ma tête.
Parce que ça veut pas se conjuguer avec le titre de ce post il veut pas savoir, qui va de paire avec un autre fil de ce thème qui parle de je ne peux pas te l'interdire

Il peut pas m'interdire, mais la formulation même suppose qu'il voudrait bien. Que je pourrais m'interdire moi-même, ça l'arrangerais franchement. N'est-ce somme toute pas ce que fait la majorité en pareille situation ?
Et moi, en face, je voudrais bien avoir un peu plus de marge pour vivre ce que j'ai envie de vivre.
D'un coté, j'essaye de tenir le cap que j'ai découvert en arrivant ici pour la première fois : nous donner du temps, en tant que couple en métamorphose, d'expérimenter, d'apprendre ce qui va et ce qui ne va pas, au gré des maladresses et des marques d'amour mutuelles. Et ce cap là me dit qu'il faut encore prendre son temps, ne pas brusquer, respecter le rythme de mon compagnon qui ne peut pas être le mien.
Et de l'autre coté, j'ai l'impression d'avoir les ailes rognées.
J'ai ouvert une porte et je ne me donne pas le droit de la franchir.
L'extérieur est là. La lumière, le vent, les odeurs, tout me donne envie d'aller me rouler dans l'herbe, de prendre ces plaisirs gratuits qui ne sont volés à personne, qui ne font de mal à personne.
Qui ne devrait faire de mal à personne.

Yann Kerninon, Editions Buchet-Chastel, p. 46.
Et être deux suffit pour ne pas être d’accord.

J'ai peur si j'avance de claquer une porte derrière moi, et de jamais m'en remettre, d'avoir tout explosé juste pour batifoler un peu.
J'ai peur, si je reste à l'intérieur, de m'enterrer vivante, de renoncer à ce que je suis fondamentalement.
C'est pas nouveau, cette dichotomie, je la traîne depuis plus de 6 mois.
Juste là, les tensions sont plus fortes encore. Au point que je ne sais plus m'arrêter au centre, que j'arrête pas d'osciller d'un coté puis de l'autre. Et vous savez ce qui arrive généralement à un système rétroactif qui entre en résonance avec des oscillations exponentielles ? Une pièce fini par lâcher.

Bon, je veux pas alarmer tout le monde. Hein ? Je vais bien, quand même. J'arrive à me poser, à y croire. Des fois. C'est juste que il y a comme un pas assez, vu qu'il n'y a que quand je suis proche de l'équilibre que j'arrive à être sereine, à avoir vraiment confiance en moi, en l'avenir avec mes partenaires.
Faut juste que je prenne le temps d'amortir un peu mon système, le ralentir, le calmer.
Et écrire ici est une des stratégie que j'ai trouvé pour y arriver. (écrire et avoir vos réaction, en plus, j'ai des effets à retardement des plus appréciable. Merci à tous)
Ça va déjà vachement mieux.
Ce serait un comble, quand même, si je trouvais le moyen de me plaindre d'être heureuse en amours, non ?

Bon, je ne me sens pas le courage de dire ou faire quoique ce soit ce soir. C'est dommage. Mais comme c'est une des tension qui a alimenté la résonance, on va pas forcer plus que je ne suis capable de faire.
Et tant pis.
Ça sera pour une autre fois.
Il y aura d'autres fois (multiples).
J'en suis bien convaincue.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Siestacorta

le mercredi 31 juillet 2013 à 01h08

Tes aspirations à la liberté sont au centre du truc, je crois.
Mais, pour ce que j'intuite, ça va au-delà de tes rencontres amoureuses.
Tel que tu t'es décrite "avant" et telle que tu te montres aujourd'hui, les questions amoureuses se mélangent aux question du "lâcher prise".
Tu as assez décrit la position de non-contrôle de ton mari, et je n'ai pas assez d'éléments là-dessus pour interpréter le sens de son comportement à lui.

Ce qui semble intenable, dans ton récit, c'est pas ce qu'on te dit de faire, c'est que tu doives décider toi-même.
Je ne crois pas que tu souffres d'un manque de liberté : tu l'exerces. Je crois que c'est au contraire de pas savoir faire avec qui te travaille.

C'est très très spéculatif, très psycho de bazar, mais je crois qu'en voulant tester les limites, tu joues une autre situation que celle qui concerne ton mari. Qu'en fait, ton mari, en te laissant décider, ne joue pas la réplique avec laquelle tu aurais l'habitude de traiter, mais t'oblige à inventer, et que comme c'est pas encore fait, tu rejoues en boucle la partie de la pièce que tu comprends (enfermement-hyperprudence/libération-lâcherprise).

Je crois, pour finir, que ton appétit serait moins un problème si tu arrivais à le considérer plus comme un appétit que comme une étape de changement total-imprévisible-infini dans ses conséquences potentielles - grands huits et tempêtes suroxygénées... Je veux dire, on ne vit pas sur le manège, le manège est fun par ce qu'on est libre d'en descendre.

Bon, voilà, je sais pas si ça fait avancer quelque chose.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Anarchamory

le mercredi 31 juillet 2013 à 01h17

Salut Cendre,

Ça faisait longtemps que tu n'avais pas posté. Je crois malheureusement que face à deux visions du monde irréductibles l'une à l'autre qui cherchent un terrain d'entente, il n'y a que deux solutions : ou bien le compromis, qui mutualise le mal-être sur plusieurs — en l'occurrence deux — au lieu de le faire entièrement porter sur un seul ; ou bien la rupture, qui opère aussi à une sorte de mutualisation, mais temporelle : tout le mal-être tombe d'un seul coup sur les deux êtres de tout son poids... mais ça ne dure qu'un temps, et après chacun reconstruit sa vie, et cherche des gens avec qui de telles compromissions ou de telles ruptures ne seront pas nécessaires.

C'est le choix pour lequel j'ai opté, après avoir réalisé que la compromission était un échec avec mon épouse. Et ça m'a permis d'être présent au pique-nique, pour mon plus grand bonheur :-D

Maintenant, ça n'est pas forcément la solution dans ton cas, ou plutôt dans votre cas, car vous êtes deux. J'ai l'impression que ton mari est moins "buté" que mon épouse. Il y a peut-être un niveau tolérable de compromission possible. D'ailleurs ça marche dans les deux sens : si ton mari reste avec toi, c'est que pour l'heure il considère qu'il a davantage à y gagner qu'à y perdre, donc ne te tracasse pas trop à ce sujet à mon avis, ne culpabilise pas d'être ce que tu es. Comme disait Henry David THOREAU : "Si je ne suis pas moi, qui le sera ?".

Ton mari est libre et responsable de ses actes, comme tu l'es des tiens. Si vous restez ensemble, c'est librement, parce que vous pensez que c'est le meilleur choix au temps t. Si vous vous séparez, ça sera librement, parce que l'un ou l'autre ou les deux pensera que ça sera le meilleur choix au temps t+1. A noter qu'une rupture n'est pas forcément quelque chose de définitif, et ça peut permettre de faire le point, de calmer les tensions, de se reconstruire, de chercher à comprendre, etc.

Cendre
J'ai peur si j'avance de claquer une porte derrière moi, et de jamais m'en remettre, d'avoir tout explosé juste pour batifoler un peu.
J'ai peur, si je reste à l'intérieur, de m'enterrer vivante, de renoncer à ce que je suis fondamentalement.
C'est pas nouveau, cette dichotomie, je la traîne depuis plus de 6 mois.

On sent une hésitation dans tes propos sur le sens et la pertinence du mode de vie polyamoureux, mais avoir plusieurs amoureux n'est pas davantage du batifolage qu'être exclusif n'est un caprice. Ce n'est que l'expression, en effet, de ce que vous êtes fondamentalement. C'est bien joli de ne pas vouloir franchir le seuil de la porte, mais si c'est au prix de ton aliénation, qu'auras-tu gagné ?

A mon avis, il vaut mieux, toujours, prendre le risque d'être soi-même, surtout quand on n'a pas encore d'enfant. Ton mari te suivra ou pas sur ce chemin là, mais se nier, peu ou prou, à la longue c'est invivable.

J'ai envie de te renvoyer à ce qu'un intervenant (Marin-des-forets) m'avait dit sur un autre fil, peut-être que cela pourra t'être utile :

/discussion/-Er-/Besoin-d-aide/#msg-48631

Marin-des-forets
Être soi-même, c'est à dire s'identifier à ce que l'on est, mettre en correspondance nos actes et nos idées, n'est-ce pas ce à quoi chacun aspire ? N'est-ce pas à cela qu'on peut estimer une vie réussie ? Dès lors, tout autre choix demande à être sérieusement argumenté et tendre vers un bien-être supérieur.

[...]

Mettre en évidence ses peurs, les reconnaître, est absolument nécessaire pour bien prendre conscience des enjeux en présence. Si les peurs sont puissantes, on peut choisir de renoncer à une aspiration forte, mais est-ce satisfaisant à long terme ? Est-ce que, là encore, le prix à payer ne deviendra pas excessif ? Pour une décision aussi difficile et engageante, dans la même situation que vous, je me suis projeté vers le moment de ma mort : quel regard porterais-je sur mon choix ? A l'évidence je sentais bien vers où se portait mon choix, malgré les peurs. Mais je n'ai pas voulu que mes peurs me dirigent en ce domaine.

Ça m'a aidé à prendre ma décision. Depuis que je l'ai prise, je ne me suis jamais senti si libre et si heureux.

Je répète que ce n'est pas nécessairement la décision qu'il te faut prendre dans votre cas personnel. Je ne suis pas en train d'essayer de te donner une réponse, mais de t'inviter à te poser les bonnes questions.

Cendre
Juste là, les tensions sont plus fortes encore. Au point que je ne sais plus m'arrêter au centre, que j'arrête pas d'osciller d'un coté puis de l'autre. Et vous savez ce qui arrive généralement à un système rétroactif qui entre en résonance avec des oscillations exponentielles ? Une pièce fini par lâcher.

Hum, une comparaison mécanique, chouette, on dirait du MetaZet :-P

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Profil

Anarchamory

le mercredi 31 juillet 2013 à 01h22

Siestacorta
Ce qui semble intenable, dans ton récit, c'est pas ce qu'on te dit de faire, c'est que tu doives décider toi-même.
Je ne crois pas que tu souffres d'un manque de liberté : tu l'exerces. Je crois que c'est au contraire de pas savoir faire avec qui te travaille.

(+) Exactement. Le problème, c'est que tu es libre Cendre, et que c'est une lourde tâche d'être libre, car la liberté va de pair avec la responsabilité, et que le monde est incertain. Mais, pourtant, il faut bien prendre des décisions.

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bouquetfleuri

le mercredi 31 juillet 2013 à 09h49

Il y a dans cette désignation des deux extrêmes tout le combat que livre l'individu contre la morale.
Pouvoir le dire est plutôt signe d'une conscience claire. J'enfonce une porte ouverte, tout le monde le lit. Mais ce n'est pas cela qui se passe. La morale n'est pas personnifiée, pas plus que la liberté d'agir.
Ce que cela me dit en revanche, c'est que dans cette configuration, tout est possible.
Je n'accepte pas (pour moi du moins) l'idée que deux positions même apparemment contraires ne puissent évoluer de concert vers une solution satisfaisante pour tous. La vie des uns et des autres ne se réduit jamais à ce qu'ils peuvent dire ou argumenter pour manifester un accord ou un désaccord. Et on peut très bien vivre et vivre très bien en n'étant pas d'accord. Il est tout aussi difficile et illusoire d'être en accord qu'en désaccord sur des points qui touchent l'expression de sa liberté, et de son sentiment, et de son corps.
C'est tout l'enjeu de la volonté de pouvoir aimer et aimer plus
Quand on fait le constat amer d'un échec, il est amer parce que forcément on accepte un compromis, porté par des mots en évacuant ce que l'on ressent encore, ce que le corps dit encore, en vidant de sa substance toute la vie que l'on s'offre et que l'on offre à l'autre.
Mais voilà, ceci ne se maîtrise pas, ceci ne se circonscrit pas avec des techniques de communication ou des idées que l'on peut appréhender en commun.
Ceci se vit. Accepter de laisser sa vie se construire au-delà de ce que l'on peut en voir et en dire demande du temps et pour peu qu'une certaine sécurité soit prise, adossée sur la confiance, le temps est quand même l'endroit où tout peut s'épanouir.
Cela ne signifie pas que vous tomberez d'accord un jour. Cela signifie que vous aurez élaboré votre façon propre de vivre ensemble, même si elle ne correspond pas à ce que vous projetiez il y a peu.
Encore une porte ouverte, j'ai l'impression qu'on ne peut de toute façon pas faire autrement.
Le bonheur est à ce prix

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Geraldin-e

le mercredi 31 juillet 2013 à 12h37

D'accord avec Bouquetfleuri.
Il est de toute façon impossible d'être d'accord sur tout vu qu'on est toustes différent.es. Même avec soi même on est pas forcément toujours d'accord... :-/
N'empêche qu'il y a des désaccords qui peuvent obliger à prendre de la distance, si ça devient insupportable, stérile, perpétuellement conflictuel.

Mais, fondamentalement, théoriquement, je pense que les désaccords entre humains ne pourraient porter que sur des choses superficielles ou des goûts personnels (au sens faible), et donc résolvables, et permettre des accords, convergences, ou compromis, sur le fond, permettant de vivre ensemble.
Ca vaut pour les relations amoureuses, amicales, politiques, économiques, etc.
Que ce soit à deux ou plus, c'est une question très importante, très dur d'avancer dans ce sens...
D'autant qu'il est bien sûr exclu que les accords se fassent avec coercition au détriment de la liberté, ou par l'uniformisation.

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