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Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?

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Alabama

le vendredi 20 février 2026 à 23h16

Allyah148
Par contre sur le côté travail émotionnel j'ai compris rapidement qu'on partait de très loin et j'ai dû m'y coller plus que ma part.

Oui voilà, c'est ce point qui bloque, y compris avec des hommes très ouverts, très au fait sur les questions de féminisme, et volontaires pour changer. Malgré la volonté, il y a toute une construction qui bloque. J'ai voulu y croire car j'avais une personne en face de moi très à l'écoute, prête à avancer malgré quelques réticences, mais au final ça avance trop lentement et toujours à mon initiative et je ne trouve pas ça soutenable sur le long terme. J'ai déjà une ado à qui je dois tirer les vers du nez, et ça me bouffe pas mal d'énergie, je peux pas en plus porter un adulte. Et puis surtout, j'ai pas envie, j'aspire à des relations d'égal à égale. Si ce n'est possible qu'avec des femmes, ma foi je vais en prendre mon parti et me limiter à interagir avec des hommes, sans trop m'impliquer tant en terme d'écoute qu'en terme de "tirage de vers du nez". Peut-être que j'aurai des surprises qui sait, et que ça m'apportera aussi de la légèreté et de la joie.

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artichaut

le vendredi 20 février 2026 à 23h25

je suis un mec cis hétéro, et en tant que tel (je vois des choses différentes chez les personnes trans et les gays…) je serait toujours à la traîne sur l'aspect émotionnel ou empathique. non pas que ce soit matériellement impossible, non pas que les genres soient innés, mais j'ai accumulé beaucoup trop de retard.

va te comparer dans n'importe quel sport — alors que toi tu débutes —, à quelqu'un qui le pratique depuis +de 30/40/50 ans, c'est impossible.

sans compter que certaines choses s'apprennent mieux quand on est +jeune.

j'ai comme un plafond de verre, indépassable au dessus de moi.
on me prend souvent pour un mec déconstruit, mais j'ai appris par l'expérience que je finis toujours par décevoir.
ce n'est pas que de ma faute, mais aussi des personnes qui placent de faux espoirs en moi.

alors oui une relation hétéro égalitaire n'existe pas. c'est même un non-sens en soi, on ne supprime pas les privilèges d'un coup de baguette magique. l'équité si elle est possible, est donc à chercher ailleurs, à mon sens. soit pas avec les mec cis hét', soit sur d'autres plans que les plans qui surjouent les scripts hétéros, soit accepter l'inégalité en connaissance de cause, et si c'est possible compenser autrement.

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Alabama

le vendredi 20 février 2026 à 23h40

artichaut
ce n'est pas que de ma faute, mais aussi des personnes qui placent de faux espoirs en moi.

D'accord avec ça.
Je suis (ai été) cette personne.
Je crois que pour moi, c'est tellement "naturel" et simple d'exprimer ce qui se passe en moi sur le moment (je dis pas parfaitement, c'est impossible bien sûr), que ça crée un malentendu. Je me dis qu'il suffit d'apprendre, et qu'en quelques mois ce sera bon. Mais en fait pas du tout, c'est un sujet complètement vertigineux et je viens à peine d'en prendre un peu la mesure, cela m'échappait complètement.
Et le problème des émotions non-exprimées, c'est qu'elles existent quand même et teintent les moments passés ensemble, et de ce fait, même si je ne veux pas les porter ben je les porte quand même, elles m'impactent.
Une des solutions que j'ai trouvées, c'est de clore le moment quand ça arrive. Donc au lieu de tirer les vers du nez, ou de lancer une discussion, je m'en vais ou je demande à ce qu'il rentre chez lui. Ainsi j'évite la charge. Mais ça ne suffit pas non plus pour moi encore pour l'instant. Car ce n'est pas si simple. Savoir ce qu'on ressent, c'est aussi savoir ce qu'on veut, quelles sont nos besoins/limites/envies, et cela impacte donc tous les pans d'une relation.
Je sais donc maintenant que sans un minimum syndical (qui correspond aux capacités émotionnelles d'une meuf moyenne), ben ça le fait pas pour moi, c'est trop de fatigue.

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Allyah148

le samedi 21 février 2026 à 01h42

Alabama

mais au final ça avance trop lentement et toujours à mon initiative et je ne trouve pas ça soutenable sur le long terme

Je confirme que ça peut être lourd donc si on ne peut pas/veut pas supporter cette charge on a le droit de lâcher l'affaire, j'ai pas de mal à comprendre pourquoi on dit stop au bout d'un moment.

Alabama

J'ai déjà une ado à qui je dois tirer les vers du nez, et ça me bouffe pas mal d'énergie

Oh là là tu prêches une convaincue ! Mon fils de 13 ans a des troubles du spectre autistique, il est fermé avec tout le monde et pour le moment je n'ai pas trouvé comment le faire s'ouvrir un minimum... je m'arrache les cheveux à essayer de le faire parler et quand j'y arrive je ne comprends pas forcément le message qu'il veut me faire passer. Ca pompe une énergie de dingue.

Alabama

Si ce n'est possible qu'avec des femmes, ma foi je vais en prendre mon parti

T'as bien raison il ne faut pas se compliquer la vie si on peut faire plus simple, moi je suis hétéro alors je suis coincée je crois :-)

artichaut

l'équité si elle est possible, est donc à chercher ailleurs, à mon sens. soit pas avec les mec cis hét', soit sur d'autres plans que les plans qui surjouent les scripts hétéros, soit accepter l'inégalité en connaissance de cause, et si c'est possible compenser autrement.

C'est exactement ça, j'ai accepté en connaissance de cause que le travail relationnel serait une des faiblesses de notre relation et j'ai compensé avec autre chose pour trouver un équilibre. De toute façon ce n'est pas une mauvaise volonté de la part de mon partenaire, c'est une combinaison de plusieurs facteurs et on ne peut pas revenir en arrière alors soit on accepte soit on part. Le fait de voir qu'il essayait de s'améliorer et que les progrès, même lents, sont là, ça m'a aidé aussi à accepter ce déséquilibre mais c'est vraiment pas facile. Beaucoup de discussions, de disputes, d'ajustements, de découragement... plutôt logique que des relations n'y survivent pas et qu'on ne veuille plus de ça dans sa vie.

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artichaut

le samedi 21 février 2026 à 08h36

Allyah148
je suis hétéro alors je suis coincée

bel aveux d'impuissance !
ou beau résumé de ce que l'hétérosexualité (et l'hétéro-relationnalité) fabrique dans nos vies.

pourtant tu as dit avoir des amies

tu n'es donc pas si coincée que ça…

il y a tellement de choses à partager avec des "ami·es"

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Alabama

le samedi 21 février 2026 à 10h13

T'as bien raison il ne faut pas se compliquer la vie si on peut faire plus simple, moi je suis hétéro alors je suis coincée je crois

Alors pour moi il n’y a aucun rapport avec l’orientation sexuelle, j’incluais les amitiés, les relations platoniques dans ma phrase (je pensais surtout à mes amies et pas tellement à une éventuelle relation amoureuse)

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Allyah148

le samedi 21 février 2026 à 12h15

Oui effectivement je suis "coincée" uniquement sur le côté relation amoureuse si demain je devais me retrouver célibataire, mais comme ce n' est pas le cas pour le moment je n'ai pas trop de quoi me plaindre...

Pour le reste de mes relations c'est clair que mes amies remplissent largement mon coeur, j'espère qu'on finira en coloc' une fois à la retraite, j'ai cette idée un peu loufoque qui traîne dans ma tête !

Et puis la vie réserve parfois des surprises, je me suis fait une nouvelle connaissance sur ce forum avec qui je rigole bien. Alors que je suis arrivée ici un peu au hasard n'étant pas poly ^^

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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artichaut

le dimanche 22 février 2026 à 22h19

@Alabama

pourquoi utiliser du gras plutôt que la fonction Citer ?
ça 'surligne' les propos de l'autre au lieu de juste les citer
et du coup on ne sait plu qui parle…

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Alabama

le dimanche 22 février 2026 à 22h29

Parce que j'ai répondu depuis mon tel et que le bouton citation buguait, j'ai eu la flemme de faire la blockquote manuellement.

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Aki

le lundi 23 février 2026 à 02h08

artichaut
On me prend souvent pour un mec déconstruit, mais j'ai appris par l'expérience que je finis toujours par décevoir. Ce n'est pas que de ma faute, mais aussi des personnes qui placent de faux espoirs en moi.

Ou des espoirs réels, mais irréalistes ?

Forcément, si ces personnes attendent que tu ais les mêmes capacités relationnelles / communicationnelles qu'une femme moyenne, elles ne peuvent qu'être déçues. En tant qu'homme, on peut faire tous les efforts que l'on veut, on se traînera toujours 10, 20, 30 ans ou plus d'éducation et d'expérience "masculine" dans une société patriarcale. Et ça ne peut que décevoir certaines femmes hétéras qui, dans le pire des cas, nous percevrons comme "irrécupérables" ; parce que ça n'est jamais assez.

Dans mon milieu social, certaines femmes (rares) finissent par avoir un mépris viscéral envers les hommes, les ignorant généralement. Soit elles se mettent en couple avec des femmes (et ont d'autres problèmes relationnels), soit elles restent volontairement célibataires, entretiennent leurs amitiés féminines ou vivent plutôt isolées.
D'autres (la majorité) s'obstinent à rechercher la compagnie des hommes malgré leurs innombrables défauts, testant les uns les autres, en espérant tomber, un jour, sur quelqu'un de satisfaisant.

J'ai l'impression que pour avoir des relations (hétéro), il est nécessaire d'être conscient-e des problèmes spécifiques de l'autre, de ses limites, des défauts de son éducation, de ses expériences (en fonction de son genre), et d'accepter que ça ne peut pas être parfait, qu'on sera fatalement déçu-e si nos exigences dépassent les capacités de la personne à s'améliorer.

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Alabama

le lundi 23 février 2026 à 09h05

@Aki : je comprends les femmes de ton entourage, car je suis dans la même démarche.
Relationner avec des hommes "en connaissance de cause", c'est accepter être exploitées pour nos capacités à" prendre soin" et à nourrir les relations. Parmi les hommes qui cherchent à se déconstruire, la plupart souhaitent la compagnie des femmes, plus que celle des hommes. Ce n'est donc pas propre aux femmes de préférer relationner avec des femmes.

Certes on ne peut qu'être déçues. Mais je préfère pour ma part être déçue, et de ce fait, indiquer aux hommes que je côtoie qu'il y a encore du boulot pour ne pas être un boulet (dans le sens être porté relationnellement) pour les femmes qu'ils côtoient, plutôt que de les conforter là où ils en sont.

Je remarque aussi qu'en relation amoureuse, beaucoup d'hommes attendent d'avoir peur de perdre l'autre pour commencer à bouger, à agir pour apprendre ce qu'ils n'ont jamais eu besoin d'apprendre. Car oui, spoiler, ça s'apprend. Et le plus tôt est le mieux car effectivement il y a beaucoup d'années à rattraper. Mais devenir une femme moyenne sur ce plan n'est pas non plus hors de portée.
Les femmes (peut être plus particulièrement féministes) de leur côté apprennent ce qu'on ne leur apprend pas : gagner en estime de soi, bricoler, aller dans des filières réservées aux hommes.

Des femmes avec peu de capacité au care, il y en a aussi plein. Par exemple moi. Je ne savais pas faire, j'avais dans la tête des schémas dits masculins, mais en tant que femme on ne nous pardonnera pas d'être nulle sur ce plan. Alors on apprend. Pour ma part j'ai appris certaines choses volontairement à l'âge adulte.

Il faudra bien que les hommes s'y mettent s'ils souhaitent relationner avec des femmes. Et si c'est d'être privés de relations avec des femmes qui peut les faire bouger eh ben go. Malheureusement la masculinité est tellement auto centrée que privés des femmes, certains en deviennent masculinistes plutôt que de se remettre en question. Parce que l'égalité ne les intéressent pas : ils veulent qu'on soit à leur disposition, nous ne les intéressons pas en tant qu'etres libres. Et c'est un peu la même chose à un niveau moins visible quand même en étant déconstruits vous trouvez normal de profiter de notre travail pour deux, tant qu'on ne vous met pas le nez dedans.

Après c'est difficile de voir ses angles morts. Mais une fois qu'on sait, il existe la thérapie, les groupes féministes entre hommes, les lectures etc... Transformer ses amitiés avec des hommes, arrêter de laisser dire/faire ses potes. Et force est de constater que ces outils sont encore très très peu investis par les hommes même "en déconstruction". C'est en ce sens que les féministes dans mon genre sont déçues : non seulement il y a un retard, mais il y a peu d'actions prises pour rattraper ce retard.

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Allyah148

le mercredi 25 février 2026 à 14h42

@Aki

Je constate la même tendance dans mon entourage. Ce n'est pas très encourageant pour les relations hétéros mais il n'y a rien d'étonnant malheureusement.

Après plus de 20 ans avec le même homme pour ma part, les progrès de son côté sont là mais le retard au départ était tel que je n'ai pas eu le choix que de porter beaucoup plus de choses si je voulais faire perdurer la relation. Il faut vouloir, pouvoir porter ça et c'est pas un cadeau.

Maintenant, les choses sont plus faciles pour moi car il s'est ouvert mais aussi parce que j'arrive à lire son language non verbal et à anticiper certains de ses ressentis mais ça nécessite tellement de temps et d'énergie pour en arriver là ! Même avec toute la bonne volonté du monde je ne pense pas être en mesure de m'impliquer de la sorte avec quelqu'un d'autre. Une fois pas deux.

Alors si demain notre relation se termine je serai très certainement dans la catégorie des femmes qui restent seules amoureusement et qui cultivent d'autres types de relations... Et ça ne me semble pas du tout être la fin du monde contrairement à ce que certains hommes (ou gros mascus de base dirons nous plutôt) ont pu me dire ^^

Aki

J'ai l'impression que pour avoir des relations (hétéro), il est nécessaire d'être conscient-e des problèmes spécifiques de l'autre, de ses limites, des défauts de son éducation, de ses expériences (en fonction de son genre), et d'accepter que ça ne peut pas être parfait, qu'on sera fatalement déçu-e si nos exigences dépassent les capacités de la personne à s'améliorer.

C'est la conclusion à laquelle je suis arrivée également. J'ai pris le parti d' accepter ce côté négatif de notre relation tout en faisant en sorte d'équilibrer la relation du mieux possible autrement. On s'est pas trop mal débrouillés jusqu'à maintenant mais on est loin du dessin animé Disney.

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Aki

le mercredi 25 février 2026 à 15h36

J'entends tout à fait vos points de vue : ça semble être une charge énorme que de relationner avec un homme ordinaire. Certains se plaignent aussi de leurs relations avec leurs potes. Et c'est pour ça que beaucoup de ceux "en déconstruction" préfèrent avoir des amies.
Pourquoi si peu d'hommes refusent de s'y mettre, ou abandonnent rapidement ?

Je me demande si c'est entendable que ceux qui rejettent (autant que possible) le patriarcat, qui cherchent à devenir de meilleures personnes, à se déconstruire, à devenir féministes, etc ... se prennent souvent des bâtons de tous les côtés :
- des masculinistes, qui les considèrent comme des traîtres, comme des lopettes, des sous-hommes, etc
- des hommes ordinaires, qui les écoutent mais les méprisent aussi, parfois
- des hommes militants vraiment déconstruits (labellisés "alliés féministes"), pour qui ils ne sont pas assez "purs"
- des femmes patriarcales, pour qui ils n'incarnent pas assez la masculinité, ne sont pas "assez virils"
- des femmes ordinaires, qui se méfient souvent d'eux (à raison)
- des féministes radicales, pour qui ils sont fatalement suspects et plaintifs. #ouinouin

Bref, tout ça pour dire qu'il n'y a, factuellement, aucun avantage personnel à se lancer dans une telle démarche pour un homme.
Il n'y a aucun encouragement, et plus souvent des reproches de toutes parts. Se remettre en question est donc beaucoup plus coûteux, socialement, que de rester dans cette éducation patriarcale pourrie.

Voilà, AMHA, pourquoi - au delà de la résistance de la majorité des hommes - les choses ne bougent pas.

En fait, c'est un peu la même chose que quand tu deviens végane : tu chemines vers des valeurs, vers une attitude respectueuse et une vision idéale du monde, mais au final, tu subies des contraintes et la majorité des gens te méprisent (voir t'agressent verbalement). C'est pour ça que la plupart abandonnent.

Les hommes déconstruits sont des "flexitariens / végétariens relationnels" : ils refusent les violences les plus extrêmes, mais ça les arrange encore bien d'exploiter l'autre.

Pour finir, un petit rapport Ifop sur le sujet.

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Alabama

le mercredi 25 février 2026 à 23h23

@Aki : oui peut être as tu raison. Et en même temps, quand un homme en fait ne serait ce qu'un peu, il est souvent très félicité par un entourage peu déconstruit, par exemple les "nouveaux pères". Une femme féministe elle s'en prend plein la tête, est considérée comme trop exigeante etc.

Mais de toutes façons l'idée de changer, ce n'est pas pour plaire aux autres en principe, mais bien plutôt pour accéder à un lien à soi et aux autres plus profond. En tant que femme qui relationne amoureusement avec des hommes, bien sûr ça m'arrangerait bien que les hommes fassent le taf. Mais au bout du compte, aujourd'hui, s'ils ne le font pas ça ne va pas tellement appauvrir ma vie relationnelle.
J'ai vraiment de la peine en réalité pour les hommes qui me semblent passer à côté de choses qui me paraissent o combien importantes.
Malgré tous les désavantages à être une femme dans ce monde, et sans doute aussi parce que j'ai plein d'autres privilèges par ailleurs, vraiment je n'echangerais pas. Je crois que si les hommes pouvaient éprouver pendant une journée la profondeur et la joie qui se vit entre femmes, alors changer deviendrait une urgence vitale.

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Aki

le vendredi 27 février 2026 à 03h04

Ah oui, je n'avais pas pensé à cet aspect en lien avec la parentalité (un non-sujet pour moi). Tu penses qu'il existe une forme d'encouragement dans ce domaine ?

Tu as raison, souvent on ne change pas pour plaire aux autres mais pour avoir de meilleurs relations. Ce qu'on change peut ne pas plaire à tout le monde, et il faut l'affronter malgré tout.
Je ne peux qu'imaginer combien ça doit être dur de voir que les hommes (qu'on aime) ne changent pas, ou si peu, ou si lentement, etc. Il y a une tribune de l'ONU sur le sujet : Le silence des hommes doit cesser.

Pourrais-tu détailler un peu plus ces choses qui te semblent importantes ?

C'est vrai ce que tu dis sur "la profondeur et la joie qui se vit entre femmes". J'avais vu passer un article qui décrivait combien beaucoup d'hommes n'avaient en fait pas d'amis sincères et souvent quasiment personne à qui se confier (à part leur compagne, généralement). Sur un réseau social, un homme avait publié une photo d'un homme abattu en train de marché seul sur un chemin, la légende était "Plus on est vrai, plus on est seul". Et ça m'avait interpellé qu'on puisse avoir cette vision pessimiste (et "masculine") des rapports humains.
Dans les rapports entre femmes (même s'il peut exister une méfiance et une "concurrence" féroce, parfois) je remarque, comme tu le soulignes, qu'il y a de belles solidarités. C'est d'ailleurs pour ça que c'est beaucoup plus agréable (et donc efficace) de travailler avec des femmes (personnellement). Il reste difficile de faire confiance aux hommes, dans le milieu professionnel comme ailleurs.

Nous avons beaucoup à apprendre de la façon dont les femmes se considèrent et interagissent entre elles.

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Nicogab

le vendredi 27 février 2026 à 10h09

Ce fil de discussion est très intéressant, que de témoignages ! Merci.

Je suis un homme hétéro (jusqu’à ce jour), probablement pas très représentatif de la masculinité, et c’est peut-etre ce qui peut nourrir le débat.

A l’âge de 8 ans, je me suis senti ‘feminin’, pour une raison que j’ignore. Peut etre par reaction a un père trop autoritaire, peut-être par éducation anti-conformiste, peut-etre en raison d’un lien sensuel avec ma soeur aînée. Probablement tout ça a la fois. Je suis resté ainsi, louvoyant entre une société masculiniste et mes inclinations féminines et féministes. Je ne comprenais pas bien les discours féministes puisqu’étant homme je n’étais pas exposé directement a leur domination (des hommes) comme le sont les femmes. Je n’ai compris que plus tard l’omniprésence de cette domination mâle généralisée et son impact sur les femmes, jusque dans la sexualité, ou des relations nuisible à leur sécurité lorsque cette domination se transforme en violence.

Ce qui m’a ensuite sauvé du schéma sociétal féminin/masculin, c’est mon anti-conformisme épidermique, mon aversion pour le genré, mon amour des femmes, ma curiosité, mon besoin de justice et d’équité. Enfin, j’ai constaté qu’en étant ainsi, le coeur et la confiance de mes partenaires s’ouvraient a moi, ce qui me touche particulièrement et facilite des rapports authentiques.

Ce sont peut-être là des traits de caractère a developper ou à suggérer à des hommes qui sont disposés a changer…

Je suis assez d’accord avec les arguments d’Aki dans son post concernant les obstacles a la déconstruction : ‘Pourquoi si peu d'hommes refusent de s'y mettre, ou abandonnent rapidement ?’ Pour ma part, les obstacles ne viennent pas des hommes: je m’en protège par un jugement du genre ‘si tu n’as pas compris c’est que tu es emprisonné dans tes certitudes et ton confort de macho’. Mes obstacles viendraient plutôt des femmes qui ont une idée préconçue des rapports genrés, soit parce qu’elles aiment ça (comme mon ex-épouse très conformiste), soit parce qu’elles en ont bavé et se méfient, ou bien encore, et c’est le plus difficile a gérer, parce qu’elles oscillent entre les deux.

Le livre ‘Devenir moins con en dix étapes’ de Quentin Delval donne de bonnes pistes. Il aide à comprendre ce contexte compliqué notamment pour des hommes pourtant disposés a changer, leurs pièges de l’ego, du poids social et de l’éducation. Je conseille ce livre, aussi bien pour les hommes que pour leur partenaire. Il est le témoignage d’un vrai travail sur soi, très structuré.

J’y ai decouvert que je n’étais pas vraiment ‘féminin’ tel que mon enfance me le laissait supposer. Certaines sensibilités genrées mais non toxiques m’avaient échappées comme par exemple l’envie chez les femmes d’être simplement écoutées par leur compagnon, après un stress ou une journée chargée, sans jugement et sans intervention du genre ‘si j’étais toi, bla, bla…’. Dans ce bouquin il est aussi question du partage des tâches ménagères et parentales…il y a des témoignages croustillants à souhait ! Je ne sais plus si c’est dans ce même livre ou un autre, sur le tantrisme, que j’ai appris comment être à l’écoute de la sexualité féminine, en sortant des schémas comme viser l’orgasme ou la pénétration systématiquement. On peut jouir de bien d’autres choses, le sexe est un art créatif !

Je termine en remerciant mes partenaires sans lesquelles je n’aurais pas progressé sur tout ça. Qu’est-ce que le couple, si ce n’est une troisième entité qui fait évoluer les deux
autres, toi et moi?

Avec un bémol tout de même : certaines personnes n’ont pas envie de changer, ou bien c’est trop difficile pour elles. Heureusement, le monde est vaste, multiculturel, en progression (lente mais réelle) sur ces questions.

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Allyah148

le samedi 28 février 2026 à 15h37

Je suis tout à fait d'accord avec ce que tu décris @Aki. Pas toujours simple d'être un homme qui veut respecter les femmes.

Chez moi par exemple c'est mon père ou mon beau-père (qui sont des misogynes aguerris) qui balancent des réflexions pourries à mon mari car il fait la vaisselle, la cuisine et d'autres corvées ménagères.

Des "connaissances" masculines qui vont dire que mon mari est faible car il M'AUTORISE à partir sans lui en week-end ou parce-que je fais du topless...

Forcément rentrer dans le moule c'est carrément plus simple que de te battre en permanence pour éduquer d'autres gars.

Et puis il y a le côté émotionnel où là effectivement même le garçon qui est en phase avec le féminisme, malgré les embûches, va prendre du retard car il ne pourra pratiquement jamais exprimer ses émotions : ni l'école, ni à la maison, ni avec ses amis alors il prendra juste l'habitude de se taire. Habitude très ancrée, compliquée à changer... Et c'est très dur plus tard pour le conjoint qui se retrouve face à un mur alors qu'il détecte tout un tas d'émotions derrière sans vraiment pouvoir identifier lesquelles.

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Nicogab

le mercredi 04 mars 2026 à 00h48

Allyah148
il ne pourra pratiquement jamais exprimer ses émotions : ni l'école, ni à la maison, ni avec ses amis alors il prendra juste l'habitude de se taire. Habitude très ancrée, compliquée à changer...

Tout a fait d’accord Allyah148. Je crois que la connexion aux émotions, les siennes comme celles des autres, est l’une des choses les plus difficiles a changer chez les hommes. On peut toujours faire un travail conscient ou psy pour y parvenir, mais c’est la connexion intuitive, celle du coeur, qui est la plus dure à retrouver. Heureusement les femmes et les enfants sont là pour nous le montrer.

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Alabama

le mercredi 11 mars 2026 à 14h45

Une des réflexions qui m’habitent en ce moment, c’est qu’une relation hétéro n’est vivable que si moi en tant que femme je me fais passer en premier en tout temps. Les hommes se font déjà passer en premier en tout temps (sauf quelques exceptions). Et donc si je me comporte avec un homme comme je me comporte avec les femmes de mon entourage, cela ne fait qu’accentuer un déséquilibre déjà présent.
Je me rends compte que c’est bien plus facile à dire qu’à faire.
Quand je reçois, j’ai toujours tendance à surestimer ce que je reçois comparé à ce que je donne, et donc à vouloir surenchérir. Ça marche avec les femmes car elles font pareil (sauf exceptions). Mais avec un homme non.
Donc mon objectif pour 2026, c’est de recevoir et demander (avec les hommes) sans culpabilité et sans forcément donner en retour. Je pense que cela pourrait équilibrer un peu les choses. Et ce serait intéressant de voir si je peux arriver jusqu’au point où un amoureux trouve que je donne trop peu. Ça ne serait sans doute pas confortable, mais cela permettrait d’expérimenter un peu différemment les choses.

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kill-your-idols

le mercredi 11 mars 2026 à 21h00

Allyah148
Je suis tout à fait d'accord avec ce que tu décris @Aki. Pas toujours simple d'être un homme qui veut respecter les femmes.

Chez moi par exemple c'est mon père ou mon beau-père (qui sont des misogynes aguerris) qui balancent des réflexions pourries à mon mari car il fait la vaisselle, la cuisine et d'autres corvées ménagères.

Des "connaissances" masculines qui vont dire que mon mari est faible car il M'AUTORISE à partir sans lui en week-end ou parce-que je fais du topless...

Forcément rentrer dans le moule c'est carrément plus simple que de te battre en permanence pour éduquer d'autres gars.

Et puis il y a le côté émotionnel où là effectivement même le garçon qui est en phase avec le féminisme, malgré les embûches, va prendre du retard car il ne pourra pratiquement jamais exprimer ses émotions : ni l'école, ni à la maison, ni avec ses amis alors il prendra juste l'habitude de se taire. Habitude très ancrée, compliquée à changer... Et c'est très dur plus tard pour le conjoint qui se retrouve face à un mur alors qu'il détecte tout un tas d'émotions derrière sans vraiment pouvoir identifier lesquelles.

Le problème n'est pas tant qu'ils soient misogynes ou féministes.
Le problème est qu'ils se mêlent trop des affaires des autres.

Je veux faire la vaisselle, cuisiner, faire le ménage? ça ne regarde que moi.
Ma femme veut faire du topless et aller en vacances sans moi? ça ne regarde qu'elle.
D'autres gens veulent vivre dans une famille traditionnelle? ça ne regarde qu'eux.

La sphère privée s’appelle ainsi parce qu'elle est privée.

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