Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Blocage après avoir débuté une relation

Témoignage
#

AmandeAmère (invité)

le dimanche 17 décembre 2017 à 18h50

Bonjour, j'aimerais avoir des retours sur une situation assez récurrente pour moi.

Dans des périodes où j'étais en couple (ouvert), j'ai rencontré des hommes avec qui l'attirance (globale, pas uniquement physique) était réciproque. Je précise que j'ai toujours été claire sur le fait que j'étais en couple.
J'ai exprimé clairement mon attirance, leur réponse (réciprocité) était très claire aussi, cela va au-delà de l'amitié pure, il y a un truc fort, jusque là super.

Dans certains cas, le fait que j'annonce que je n'étais pas exclusive a été directement rédhibitoire pour poursuivre une relation autrement qu'amicalement. Pas de souci de mon côté, je me suis repositionnée comme amie potentielle.
Dans d'autres cas, une relation amoureuse ou d'amitié-désir s'est développée, et c'était bien et riche.

Et dans la quasi-totalité de ces situations, cela a finalement abouti à un gros blocage de leur part. Le fait de se voir, et même de se contacter, est devenu impossible et comme insupportable, et du coup impossible de revenir "en arrière" à une "simple" relation amicale.
Parfois c'est lié à la position de leur compagne (si elle ne supporte pas l'idée du partage amoureux), parfois non. Et pour ce que j'en vois, ce n'est pas lié à un désintérêt, et a priori pas non plus à quelque chose que j'aurais dit ou fait et qui serait négatif. Cela a l'air difficile à vivre pour eux aussi, et l'entente entre nous ne disparaît pas d'un coup, pourtant ils préfèrent me faire sortir de leur vie que de passer/revenir à une relation sans prise en compte du désir.

Je ne comprends pas cette logique qui ne correspond pas à la mienne (je n'exclue les gens de ma vie que s'ils m'ont causé du mal) et il m'est très douloureux ne plus pouvoir même parler à des gens qui comptent pour moi et pour qui je pense également compter.
J'en viens à me dire qu'il vaudrait mieux ne jamais faire part de mon attirance, car relation dans la foulée ou pas, avouer cela c'est prendre le risque de perdre complètement contact par la suite. Alors que ne rien dire me garantit de continuer à les côtoyer.
Je suis désemparée et j'aurais besoin d'un regard extérieur pour comprendre et mieux faire face à cela.

#
Profil

oO0

le dimanche 17 décembre 2017 à 19h24

Salut AmandeAmère,

pour ma part, je rencontre plus ou moins la même difficulté affective. Je préfère conserver une relation de confiance plutôt que de devenir intime si c'est pour perdre au final cette confiance.

La seule que je constate, c'est que je dois apprendre à accepter que cette confiance puisse se perdre. Tout tentative de retrouver cette confiance semble être souvent mal vécue pour des raisons qui m'échappent complètement et qui ne m'appartiennent pas, mais à la vie privée de l'autre. Même si la communication joue un rôle important dans les possibilités d'entretenir une relation de confiance, sans un désir réciproque de communiquer, c'est impossible.

La communication est elle-même sujette au consentement. Pas plus qu'une personne n'a à justifier son refus de relation sexuelle, elle n'a à justifier son refus de communiquer. Alors, oui, entre communiquer et avoir des rapports sexuels, il y a des mondes de différences, mais ... Pour ma part, je constate que mes attentes de communication peuvent être tout ce qu'il y a de plus envahissantes, voire toxique. Tout ce que je peux faire, c'est apprendre à accepter que ces attentes ne soient jamais rencontrées, bref, apprendre à vivre avec les incompréhensions et les malentendus que j'éprouve.

Apprendre à perdre l'autre et la relation de confiance qui s'était construite, n'est-ce pas laisser l'autre libre de partir et de retirer sa confiance ? Il n'y a souvent rien de personnel là-dedans, juste le fait que l'autre n'y croit plus.

N'attends-tu pas trop de la communication ? De l'amitié ?

#
Profil

bonheur

le dimanche 17 décembre 2017 à 19h46

Je suis mal placée, puisque je fais partie de ces personnes qui quittent pour préserver l'amour.

Comme le dit o0O (coucou ! ça faisait longtemps !), la communication demande un consentement. J'ai souvent été confronté à un vide, un néant, une non réaction... aujourd'hui, je me méfie de cette non attitude. Je dois faire partie des envahissantes et des toxiques.

Attendre trop ? Je suppose que j'ai infligé cela, avec des personnes qui ne voyaient pourquoi je communiquais sur des sujets de liens.

L'amour et la compatibilité sont différents. Je préserve l'un quand l'autre ne peut se vivre positivement. Je peux quitter aussi pour une métamour (non que ce soit de sa faute, mais si je suis intrusive, je quitte ou si la situation n'est pas nette)

#
Profil

Caoline

le lundi 18 décembre 2017 à 16h04

J'ai remarqué que quand une relation intime ne peut pas durer, il faut un temps de "digestion" de l'arrêt de celle-ci avant de pouvoir redevenir/devenir ami. La durée de ce temps varie dans mon expérience de quelques semaines à quelques mois, avec ou sans contacts ponctuels pour prendre des nouvelles. J'ai vécu aussi quelques situations où ça n'a pas été possible, mais c'est loin d'être la majorité.

#

AmandeAmère (invité)

le lundi 18 décembre 2017 à 20h30

Merci pour vos réponses et vos témoignages aussi.

Caoline effectivement, cela m'a plutôt été expliqué comme un temps de "digestion", mais qui dure des années et non pas des mois. Peut-être que j'estime mal la difficulté de la digestion, puisque pour moi la continuité va plutôt de soi.

o0O et bonheur, la question des attentes est effectivement intéressante. J'attends peut-être beaucoup. Comment sait-on si c'est trop, est-ce qu'on vous en a fait part ?
On m'a toujours dit que je n'étais pas envahissante, mais peut-être que je n'ai pas posé les bonnes questions... je ne suis pas du genre à dépiauter les propos des autres pour en discuter, je parle assez peu des liens eux-mêmes.

Je suis cependant à peu près certaine que ce n'est pas une perte de confiance, en tous cas cela n'a été évoqué dans aucune situation.

Je prends avec beaucoup d'intérêt la notion de consentement à la communication. Merci pour cela. o0O tu as parfaitement raison, personne n'a à justifier son refus de communiquer, il faut l'accepter.
Je n'avais pas pensé les choses dans ces termes, c'est peut-être paradoxal mais je trouve cela réconfortant (peut-être juste parce que cela donne une grille de lecture ! ^^)

#
Profil

Bequelune

le lundi 18 décembre 2017 à 20h34

J'ai été cette année dans cette situation où, après une relation amoureuse et de désir très forte, il a fallu repasser à une amitié. Tu parles de "revenir en arrière" et c'est exactement comme cela que je le vivais : l'impression de revenir vers du moins bien, de perdre quelque chose. Nous avions partagé un niveau d'intensité d'émotion et de désir élevé, et il fallait réapprendre à s'accommoder d'une relation plus calme.

Pendant longtemps ça a été juste impossible pour moi. Revoir cette fille me rappelait le avant, et me faisait souffrir. J'en venais même à être jaloux de ses nouveaux partenaires alors qu'avant ça ne me posait pas spécialement problème. J'ai donc décidé de prendre de la distance, ne plus la revoir pendant plusieurs mois, en lui expliquant pourquoi.

Et après plusieurs mois de distance dans cette relation, je suis revenu vers elle. Et maintenant une amitié est possible. Donc complètement ok avec la remarque de Caoline sur "temps de "digestion"", différent pour chaque personne, mais absolument nécessaire.

Une relation peut temporairement (mais du temporaire qui peut être long, dans mon cas presque un an) prendre la forme de l'absence pour pour se réinventer plus tard. Pour la personne qui n'a pas besoin de cette absence, ça doit être dur à vivre, mais je pense qu'il faut respecter ça. En tout cas si la fille dans mon histoire avait insisté trop longtemps, je crois que j'aurais été obligé de couper les ponts, mais vraiment cette fois, pour me préserver. Je la remercie d'avoir respecté ce besoin de distance pour qu'un "nous" puisse se renouveller.

#
Profil

oO0

le mardi 19 décembre 2017 à 11h04

Salut AmandeAmère,

oui, cela peut être libérateur, mais cela ne l'est que partiellement. Cela ne dépend plus de l'autre, ça c'est plutôt libérateur. Après, cela ne dépend plus que de soi d'apprendre à vivre avec ses propres attentes, bref, de vivre avec la déception de ses attentes.

Sinon, oui, bonheur, j'ai aussi l'impression que cela peut être vécu comme toxique. Après, ...

... comme le font remarquer Caoline, Bequelune, c'est un processus de "digestion". J'ai envie de parler de mode d'adaptation différents ou de deuil.

Personnellement, j'ai aussi l'expérience du deuil, mais si les uns peuvent continuer à rester en contact, ce n'est pas le cas pour les autres. Est-ce qu'il faut juger l'une ou l'autre manière de faire son deuil plus mal que l'autre ?

Je pense pas, la seule question qui me semble aussi faire la différence, c'est également celle du consentement dans la communication.

Oui, cela fait longtemps, mais je ne suis probablement que de passage.

#
Profil

bonheur

le mardi 19 décembre 2017 à 11h27

Je parle de toxique dans mon cas et d'après mon expérience. Il y a cet effet de cercle vicieux (liés au personnalités individuelles) qui revient de toute façon et on tourne en boucle.

Après, ce que l'on ressent, enfin pour moi en tout cas, n'est pas une donnée "modifiable" ou "adaptable". C'est ainsi.

#
Profil

bonheur

le mardi 19 décembre 2017 à 11h29

Bon passage et bonne continuation oO0 :-)

#
Profil

oO0

le mardi 19 décembre 2017 à 20h08

Oui, cela faisait plaisir de repasser.

Sinon, sûr, ce n'est pas possible de choisir ce que nous ressentons.

Après, je suis convaincu que la manière dont nous percevons ce qui nous arrive joue un grand rôle dans ce que nous ressentons. Ce que nous pensons, ce que nous croyons peut se modifier et s'adapter. Par exemple, oui, personne ne choisit de se retrouver embarqué(e) dans un processus de deuil, mais chacune des étapes consiste précisément à modifier sa perception de l'événement du deuil et s'adapter.

Ce n'est pas non plus possible de modifier ou d'adapter sa personnalité. La mienne restera probablement basée sur de fortes attentes communicationnelles. Je remarque cependant, comme tu le fais, que cela ne m'empêche pas d'apprendre à reconnaître les limites de ma personnalité, limites au-delà desquelles ses attentes de base peuvent devenir toxiques. Après, moi qui suis à la base profondément convaincu de l'importance de se comprendre, j'apprends à apprécier mes limites, à vivre avec le fait de ne rien comprendre, de rester dans l'incompréhension là où j'ai tendance à chercher l'intercompréhension.

Oui, il y a des effets de boucles, mais j'apprends à ne plus chercher à comprendre, à accepter ces boucles comme le fait que je ne suis pas en mesure de comprendre. Est-ce que les questions n'ont pas des formes de boucles ? Est-ce qu'il n'y a pas des questions qui restent sans réponses ? Quelque part, lorsque les réponses à ces questions appartiennent à la vie privée d'une autre personne, c'est normal qu'elles puissent rester sans réponses puisqu'elle est libre de partager sa vie ou pas. Puis, qui a des réponses à toutes les questions que sa propre vie lui pose ? Le silence peut avoir du bon.

Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de ridicule à chercher de formuler l'incompréhensible de manière compréhensible ?

Message modifié par son auteur il y a un an.

#
Profil

bonheur

le mercredi 20 décembre 2017 à 15h39

Non oO0, il n'y a pas de ridicule. Merci pour ce post qui donne justement à réfléchir (+)

#

AmandeAmère (invité)

le mardi 02 janvier 2018 à 20h00

Oui cela donne à réfléchir.
C'est bien et utile de pousser jusqu'au bout la logique de la vie privée de l'autre. En effet, il n'y a ni droit à réponse ni à compréhension. Je pense que j'ai probablement tendance à m'enfermer dans mon désir de savoir, de clarifier, sans prendre en compte de manière juste le libre-arbitre de l'autre.
Il est difficile, évidemment, de vivre l'incompréhension, mais cela fait partie des limites comme tu le soulignes justement. Je trouve libérateur d'identifier cette limite car elle permet de poser les choses comme un travail à mener sur soi.
La tristesse, même le désespoir, sont aussi des étapes d'un processus qui se passe à l'intérieur de soi, qui ne devrait pas avoir d'impact sur l'autre.

Merci Bequelune et bonheur de partager votre expérience. Il n'est pas évident d'identifier les limites de l'autre, et parfois se mettre très en retrait peut faire peur (vais-je disparaître ?). Mais je pense qu'il est important, et de l'accepter, et de reconnaître aussi (d'identifier ?) ses propres attentes et sa frustration.
Comment gérer la frustration et la tristesse, c'est un autre débat ! ;)

J'en retire aussi, par rapport à une de mes premières questions, que choisir d'y aller ou pas c'est aussi prendre ce risque du départ de l'autre et de la fin de la relation et prendre le risque de l'incompréhension. Il existe toujours, évidemment.
Ce sont plutôt mes propres réactions qu'il faudrait que j'observe et que je régule - ou que j'accepte...

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion