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Suite et fin

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Siestacorta

le vendredi 17 juin 2022 à 12h31

Ayna
Je comprends pas bien cette notion…

Je devrais formuler :

"même si ma libido dans le couple n'était plus importante avant, cette peur change ma perception de mon environnement, la présence d'un tiers pour l'autre a modifié cet environnement pour moi (il m'est plus sensible parce que je vois ce qu'il s'y passe de nouveau (il s'y passe sûrement du nouveau à d'autres moments, mais là je le ressens)). "

Mais je ne sais pas si ça change ce que tu ne comprends pas bien...
J'ai l'impression que ma phrase n'est pas précise, mais là tout de suite je ne vois pas ce qui peut poser une difficulté ? (normal que je me comprenne moi, donc si tu peux pointer ça me changera ma perception à moi :-) )

Message modifié par son auteur il y a 13 jours.

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lau93

le vendredi 17 juin 2022 à 12h36

GeorgyPorgy
Elle / Il vit quelque chose de nouveau. Je ne le/la connais pas comme cela. Des choses que je connais pas, que je ne maîtrise pas se joue en elle/lui. Une certaine distance se réinstalle & peut contribuer à (re)créer du désir.

ça me parle en effet : l'idée que le désir de l'autre puisse aussi se nourrir de la part qui nos échappe?

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GeorgyPorgy

le vendredi 17 juin 2022 à 13h34

lau93
ça me parle en effet : l'idée que le désir de l'autre puisse aussi se nourrir de la part qui nos échappe?

@lau93 : oui exactement, c'est l'idée selon laquelle le désir (en général, pas uniquement sexuel) se nourrit peut-être essentiellement de ce qui nous échappe, de quelque chose qu'on perçoit mais sur lequel on n'a pas de prise, et qui donc nous attire.

Il faudrait voir le désir comme un moteur et non pas une finalité en soi - certains ont dit "une pulsion de vie", c'est ce qui nous fait avancer, tendre vers quelque chose et ce quelque chose, ben c'est cette part, ce territoire qu'on n'a pas "encore" découverte & qui nous anime.

Comme le dit @Siestacorta on peut trouver cette valeur dans les non-monogamies probablement, dans le sens où elles contribuent peut être à rendre plus animé, incertain, impermanent ce que vivent les personnes dans la relation - et donc entretenir une forme de désir ?

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lau93

le vendredi 17 juin 2022 à 13h52

Je comprends l'idée
En ce qui me concerne ça a plutôt tendance à éteindre l'élan :-(
comme si son corps ne "m'appartenant" plus j'avais du mal a me sentir légitime à le désirer
bon dit comme ça c'est un peu zarbi...

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Donald

le vendredi 17 juin 2022 à 14h09

Du coup je vais dire à mon (façon de parler) épouse qu'elle n'est pas une femme objet.

Cela va lui plaire. :-)

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alinea7

le vendredi 17 juin 2022 à 14h24

lau93
Je comprends l'idée
En ce qui me concerne ça a plutôt tendance à éteindre l'élan :-(
comme si son corps ne "m'appartenant" plus j'avais du mal a me sentir légitime à le désirer
bon dit comme ça c'est un peu zarbi...

Zarbi mais ça me parle à moi aussi !

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Siestacorta

le vendredi 17 juin 2022 à 15h39

lau93
Je comprends l'idée
En ce qui me concerne ça a plutôt tendance à éteindre l'élan :-(
comme si son corps ne "m'appartenant" plus j'avais du mal a me sentir légitime à le désirer
bon dit comme ça c'est un peu zarbi...

Alors je pars pas du cadre du désir sexuel pour répondre, mais pour avoir une expérience d'autres désirs empêchés socialement, je peux poser une expérience : me sentant "privé" de quelque chose parce que l'autre vit ailleurs ou ne m'écoute pas de lui-même, je considère que j'ai "perdu d'avance". Plutôt que de vivre en soupesant et surtout revendiquant mes besoins et désirs, je cesse de me projeter une option où je suis exaucé. D'une certaine manière, ma frustration relève alors de ma décision.

A noter que ça a des conséquences un peu "passives-aggressives", parce que je la frustration sortira plus tard, ou un dépit qui fera boule de neige sur mes autres décisions.
Je crois que c'est une forme de stratégie d'échec et/ou d'évitement, chez moi.
C'est quelque chose qui pourrait ressembler ?

Message modifié par son auteur il y a 13 jours.

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Donald

le vendredi 17 juin 2022 à 16h50

@Siestacorta, mais on peu aussi accepter de renoncer à quelque chose sans être frustré ?

Non ?

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Siestacorta

le vendredi 17 juin 2022 à 17h34

Donald
@Siestacorta, mais on peu aussi accepter de renoncer à quelque chose sans être frustré ?

Non ?

Ah oui oui ! Là je décris juste ma mauvaise stratégie pour gérer la frustration. Ça me permet d'éviter de lancer un conflit.
Mais je sais renoncer (peut-être un peu trop pour mon propre bien). Et ce n'est effectivement pas systématiquement frustrant après coup.

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GeorgyPorgy

le samedi 18 juin 2022 à 10h34

lau93
Je comprends l'idée

En ce qui me concerne ça a plutôt tendance à éteindre l'élan :-(

comme si son corps ne "m'appartenant" plus j'avais du mal a me sentir légitime à le désirer

bon dit comme ça c'est un peu zarbi...

@lau93 je comprends tout à fait cela. Desole si je comprends de travers mais quand tu evoques ta reaction, je pense que tu te places au niveau du desir sexuel, de la sensualité au moins, le contact physique.

Ce que j'essaie de décrire c'est plus inconscient, mental peut-etre... Dans l'absolu, ma/mon partenaire qui regagne une partie de mystere a mes yeux car il/elle developpe une relation dont je suis exclu de fait... ca ne presume pas que mon désir renaissant à son encontre va se matérialiser par un regain de libido ou d'envie sexuelle a son encontre... ca peut meme etre tout le contraire pour certain.es (jalousie, possessivité...)

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Ayna

le samedi 18 juin 2022 à 10h50

Siestacorta
cette peur change ma perception de mon environnement, la présence d'un tiers pour l'autre a modifié cet environnement pour moi

En fait tu veux dire que le fait que qqn avec qui je partage de l’intimité en partage avec une autre génère en moi une peur (il risque de tomber amoureux, de me quitter) donc j’ai davantage conscience de l’attachement ou amour que j’ai pour lui. On ne sent la vraie valeur des choses que lorsqu’on les perd, en gros. Donc cette sensation etrange de plaisir qd il voit une autre femme viendrait qu’il m’échappe mais en fait non. Mais peut-être oui. Parce que si j’étais trop sûre ça n’enclencherait pas de modification. Et le plaisir viendrait en partie du fait que j’ai davantage conscience de l’amour que je lui porte. D’où le désir.

Message modifié par son auteur il y a 12 jours.

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Ayna

le samedi 18 juin 2022 à 10h55

GoeorgyPorgy
Il faudrait voir le désir comme un moteur et non pas une finalité en soi - certains ont dit "une pulsion de vie", c'est ce qui nous fait avancer, tendre vers quelque chose et ce quelque chose, ben c'est cette part, ce territoire qu'on n'a pas "encore" découverte & qui nous anime.

Comme le dit @Siestacorta on peut trouver cette valeur dans les non-monogamies probablement, dans le sens où elles contribuent peut être à rendre plus animé, incertain, impermanent ce que vivent les personnes dans la relation - et donc entretenir une forme de désir ?

Ah oui ça ça me parle carrément. Je crois que je me suis jamais senti aussi vivante que depuis que le polyamour est entré dans ma vie! ;-)

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Siestacorta

le samedi 18 juin 2022 à 13h39

Ayna
En fait tu veux dire que le fait que qqn avec qui je partage de l’intimité en partage avec une autre génère en moi une peur (il risque de tomber amoureux, de me quitter) donc j’ai davantage conscience de l’attachement ou amour que j’ai pour lui.

Oui.
Mais la part de "réactance" c'est, dans certains cas, que la peur de perdre quelqu'un peut être confondue avec ce qu'on ressent plus généralement dans la relation. Je crois qu'il faut être honnête avec cette possibilité-là quand on fait le point sur ce qu'on est prêt à vivre sur du long terme.

A noter que c'est pas blanc ou noir : c'est à dire que même si je crois qu'il y a des situations où cette peur de perdre entraine vraiment une illusion sur l'investissement futur dans la relation, elle est bien pour d'autres situations un stimulant et un dynamisant tout à fait bienvenu.

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Ayna

le samedi 18 juin 2022 à 14h23

Siestacorta
Mais la part de "réactance" c'est, dans certains cas, que la peur de perdre quelqu'un peut être confondue avec ce qu'on ressent plus généralement dans la relation. Je crois qu'il faut être honnête avec cette possibilité-là quand on fait le point sur ce qu'on est prêt à vivre sur du long terme.

A noter que c'est pas blanc ou noir : c'est à dire que même si je crois qu'il y a des situations où cette peur de perdre entraine vraiment une illusion sur l'investissement futur dans la relation, elle est bien pour d'autres situations un stimulant et un dynamisant tout à fait bienvenu.

C’est exactement la question que je me pose… Et je suis en ce moment incapable d’y répondre.

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Siestacorta

le samedi 18 juin 2022 à 15h26

Dans le doute, j'aurais tendance à investir consciemment le bon côté, les bons ressentis. Cultiver ce qui peut se passer et ce qu'on peut faire de bon dans la relation. Si la relation semble bonne par elle-même, et si ya au moins une curiosité qui parle, et si ya de la confiance à des moments, qui a mesure se voit validée : ben on peut tenter de laisser ces émotions travailler. Ça empeche pas de rester prudent et d'indiquer ses limites actuelles.

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Donald

le samedi 18 juin 2022 à 17h19

Conversation particulièrement enrichissante ce matin avec ma femme à 06h avec les oiseaux qui nous souhaitaient la bienvenue...

J'avais pris l'initiative. J'évoquais la pudeur qu'elle avait vis à vis de moi depuis quelques temps. Évidemment, on a fini par aborder différents sujets. La sexualité, le plaisir, l'abandon, l'infidélité, l'amour aussi.

Je crois que c'est la première fois que nous nous parlions aussi franchement.

Et puis elle a abordé le passé. Pour le coup j'étais assez réticent. Mais je ne me suis pas fâché.
Et mes relations avec les autres.
Là ça a fait un peu mal je vous l'avoue. Je l'ai invité à lire mes messages sur ce forum et à y répondre. Elle a refusé. Mais m'a demandé de l'honnêteté dans mes écrits.
Je vous la doit donc.

Je me suis trompé, ou j'ai oublié sincèrement, mais ma première relation homosexuelle avec un homme dont j'étais amoureux, nous étions déjà ensemble. J'étais persuadé que non, vraiment . Je me souviens effectivement du cendrier en verre qu'elle m'a balancé à la figure...

Elle m'a rappelée aussi, des vacances à la montagne avec la fille d'amis de mes parents où j'ai déployé des trésors de séduction vis à vis de cette fille jusqu'à
faire pleurer celle qui allait devenir ma femme.

Même chose à l'université. Avec deux jeunes filles.

Beaucoup plus tard en formation pro, je suis tombé amoureux d'une collègue. Puis de deux. Il y a 15 ans.

Jamais rien "consommé" sauf avec mon ami, mon, hum, trouble psy, m'empêche dans mes relations avec autrui d'aller très loin.

Jamais rien caché à ma femme. Elle m'a dit aujourd'hui : " tu ne t'es jamais rendu compte du mal que tu me faisais en me racontant tout cela avec beaucoup de spontanéité et de naturel, tu ne peux pas faire autrement, je ne t'en veux pas, ce n'est pas de ta faute, mais tu peux faire souffrir les autres".

Boum. Et re boum.
Pouf pouf, je suis allé tailler la haie. J'ai bien transpiré.

Sinon, les banalités d'usage, elle m'a dit que j'avais de l'importance à ses yeux (première fois qu'elle me le dit) qu'elle m'aimait et que pour le sexe ça allait venir...

La dessus Mr oui oui a appelé pour savoir si je savais changer une chasse d'eau. Oui, je sais changer une chasse d'eau.

Edit: pourquoi je vous écrit tout ça ? pour redonner du contexte, pour que vous ne jugiez pas mon épouse en fonction d'informations tronquées. Tout ces épisodes de ma vie je les ai considérés sans importance, pour moi, presque oublié. Comme j'ai oublié les autres. Je ne suis pas fier.

Message modifié par son auteur il y a 12 jours.

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Ayna

le lundi 20 juin 2022 à 18h20

Siestacorta
Dans le doute, j'aurais tendance à investir consciemment le bon côté, les bons ressentis. Cultiver ce qui peut se passer et ce qu'on peut faire de bon dans la relation. Si la relation semble bonne par elle-même, et si ya au moins une curiosité qui parle, et si ya de la confiance à des moments, qui a mesure se voit validée : ben on peut tenter de laisser ces émotions travailler. Ça empeche pas de rester prudent et d'indiquer ses limites actuelles.

Je fais ce que tu dis là depuis plusieurs semaines et je crois que je commence à pouvoir répondre: je ressens que sa liberté étend la mienne à l’infini, comme dit le poète anar Bakounine. Je suis bcp plus sensible au fait qu’il ose prendre sa liberté par rapport à ses propres injonctions societales, parentales etc, qu’au fait de me sentir «  en danger ». En fait je ne me sens pas en danger du tout. Je l’admire d’oser faire ça, connaissant l’univers ultra conventionnel d’où il vient. Mon estime pour lui ne fait que grandir. Et j’adore toute cette communication, cette recherche de compréhension de ce qu’il se passe en nous. La relation est devenue hyper intéressante. Merci pour tes réflexions Siestacorta, qui alimentent bien la mienne.

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Donald

le mardi 21 juin 2022 à 17h48

J'ai un petit souci. Tout allait très bien jusqu'à hier soir. Ce matin aussi, je pars en réunion un peu loin. Là bas je revois un collègue qui me demande des nouvelles (il est au courant de notre situation).

Je lui raconte. Et je me rends compte que c'est ce WE que ma femme va rencontrer son nouveau monsieur car les dates ont changé.

Grosse crise d'angoisse. Je me précipite aux toilettes, je suis en sueur, je tremble. Je pratique les exercices de respiration que m'a conseillé ma psy.

J'écourte la réunion, je rentre chez moi, je prends un anxyo.

Et là sur une échelle de 100 mon inquiétude est à 150. Mon angoisse sur une même échelle à 200.
L'impression d'avoir fait 10 pas en arrière. Retour case départ en un claquement de doigts.

Mon collègue me dit que je suis allé trop vite dans une acceptation de façade.

Je doute de moi, d'elle, d'eux, de tout le monde. Que m'arrive t'il ?

Je ne peux pas lui en parler. Elle même est inquiète car elle attend des résultats médicaux importants. Je suis coincé. Cela va passer ?

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Ayna

le mercredi 22 juin 2022 à 10h35

Bonjour Donald
Il y a effectivement l’acceptation intellectuelle et… la réalité émotionnelle… J’ai bien connu ça quand j’étais polyacceptante. Mon cerveau était ok, mais mon corps avait des réactions complètement incontrôlables quand il était avec une autre. Aujourd’hui dans ma nouvelle relation, un an et demi après, j’ai encore des manifestations corporelles légères qd mon amoureux est avec une autre (palpitations, montée d’angoisse) mais cela n’a plus rien à voir et surtout : c’est contrôlable (bon pour l’instant il n’est pas allé très loin donc on verra la suite). Je respire et me concentre sur la confiance en notre amour, et aussi la foi en la vie: quoiqu’il arrive, j’y survivrai, j’en apprendrai de belles choses, et la planète va continuer de tourner.
J’ai appris qu’une émotion naît, vit et meurt, et que sa longévité est à l’échelle de qq jours maximum donc je la laisse faire sa vie. Le polyamour est pour moi un terrain d’expérimentation pour travailler mon corps émotionnel et le rendre plus mature. Je crois que le fait de me poser en observatrice de moi-même m’a aidée à traverser tout ça. Il y a la part de moi qui vit l’angoisse, et il y a la part de moi qui me regarde vivre l’angoisse et fait ses commentaires : «  c’est plus doux que la dernière fois, tu ne trouves pas? »
En parler ensuite avec le partenaire à un moment différé pour se sentir accompagné peut être bien aussi, c’est en tout cas ce que j’aurais souhaité, mais entre les souhaits et… la réalité de l’autre… c’est pas toujours raccord! En tout cas, tout évolue!
Courage à toi!

Message modifié par son auteur il y a 8 jours.

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Donald

le mercredi 22 juin 2022 à 11h15

Bonjour @Ayna et merci pour ta réponse et tes encouragements.

Son monsieur actuel est avec elle depuis plusieurs années et comme elle est revenue à la maison après notre séparation (c'est le moment où elle l'a rencontré) je pense que je n'avais plus peur de la perdre.

Là c'est nouveau, je me retrouve dans la situation de n'importe quel mono et je me pose des questions angoissantes que je ne me posait pas pour son monsieur actuel.
Et si il est mieux que moi, plus gentil, plus grand, plus beau, plus aimant, plus prévenant, plus tout quoi !

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