Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Agressions sexuelles. La parole (manquante) des hommes.

#
Profil

artichaut

le lundi 16 novembre 2020 à 23h50

oO0
la personne qui dit que la plupart de ses amies (féminines) avouent avoir au minimum avoir un jour été victimes d'agressions sexuelles, mais qu'aucun de ses amis (masculins) ne dit avoir agressé ou violé, c'est probablement Emmanuelle SCHIAPPA dans "Où sont les violeurs ?"

Merci de la suggestion.
Le livre d'Emmanuelle Schiappa date de fév 2017, or je sais que c'était avant 2016 que j'avais trouvé ça sur le net.
Je pense que soit c'était un article d'elle (avant d'écrire son livre), soit elle en a glané l'idée.

#
Profil

TDC

le mardi 17 novembre 2020 à 07h56

Je lis ce matin, dans mon canard local, un article concernant un psychiatre accusé de viol sur deux ex-patientes.

La loi, par chez moi, a fait foi dans la réponse de la commission de déontologie que l'une des patientes a contactée: l'abus rapporté ayant eu lieu longtemps après la fin de la relation thérapeutique, la plainte n'est pas recevable. Il a fallu un immense courage à cette patiente pour aller plus loin, car même le médecin cantonal est bloqué dans un cas pareil, même s'il a de bonnes intentions.

Ceci posé, comme cadre pour comprendre le lieu psychique où se sont déroulés les faits, je percute sur deux remarques faites par la plaignante:

- "Je ne pouvais pas décevoir mon psy, un dieu pour moi"

Un acte sexuel apparemment consenti, peut donc se jouer sur la peur de voir la relation casser, bien plus que par désir réel. Même dans un couple solide...

- "Après 5 ans de thérapie, mon psychiatre me connaissait mieux que moi-même; il a pu méticuleusement préparer mes moments de faiblesse."

Le psy en question, pourtant spécialiste d'un trouble de la personnalité qu'il n'a jamais diagnostiqué chez la patiente, qui a découvert sa pathologie en consultant un autre psy plus tard, a donc évité de poser un cadre qui aurait clarifié pourquoi il devait en rester à des relations professionnelles, et utilisé des moments de détresse psychologique pour arriver à ses fins.

C'est un cas extrême; mais du coup ça me renvoie au fait que consciemment ou pas, une relation de pouvoir peut s'installer, et que consentir à une relation peut être de l'ordre de la peur sous-jacente de perdre la relation.

Comme sexagénaire, j'ai assez d'heures de vol pour me rappeler des circonstances où, sans désir réel, j'ai pu céder à des pressions du genre "t'es pas libérée", "faut pas laisser s'installer les toiles d'araignée", "l'équilibre passe par la sexualité". Ou alors, même sans paroles, des circonstances où je me suis dit "pourquoi pas", tout simplement. En étant parfaitement consciente que je n'étais pas dans un moment de désir, mais de conformité à des messages reçus depuis l'enfance.

La part de "faute", qui désigne victime et agresseur, devient ainsi difficile à poser. D'autant plus que la violence psychologique est difficile à déterminer, et peut s'exercer de manière bilatérale, et de façon si ténue qu'on ne s'en rend compte qu'après coup, en réfléchissant à ce qui fait qu'on sort d'un acte sexuel avec la sensation d'avoir été, ou de s'être, "sali(e)" plus qu'amusé ou d'avoir partagé une réelle intimité. La violence psychologique de cet ordre, est finalement tellement intégrée à la personnalité de la victime, qu'elle ne peut voir que quelque part, elle est victime... d'elle-même.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion