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[Livre] « Au-delà du personnel. : Pour une transformation politique du personnel. » recueil de textes rassemblés par Corinne Monnet et Léo Vidal (Édition Atelier de Création Libertaire, 1997)

Culture
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artichaut

le samedi 13 avril 2019 à 19h15

« Au-delà du personnel. : Pour une transformation politique du personnel. » recueil de textes rassemblés par Corinne Monnet et Léo Vidal (Édition Atelier de Création Libertaire, 1997). Recueil que l'on trouve encore parfois d'occasion, ou dont la version numérique est disponible ici. Ce recueil de textes est une ressource bibliographique de référence concernant les relations libres (dont un des textes mentionne déjà le mot polyamour). Il date tout de même de… 1997 !

On peut en lire une critique ici.

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SOMMAIRE du recueil :

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Introduction

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Éléments pour un cadre politique

> Pour une critique de l’exclusivité amoureuse
....Esquisse de réflexion sur l’amour, par Joris
....La cage mentale, par M.-O. Marty
....Renoncer à toutes les autres: une discussion biféministe de la monogamie obligatoire, par A. S. Murray

> Pour une critique de la norme hétérosexuelle
....Politique, désir, individu, par D. Fauquet
....Le point de vue lesbien dans les études féministes, par S. Franklin et J. Stacey
....La politique de la bisexualité et le mouvement bisexuel aux USA, par N. Tucker
....Femmes bisexuelles, politique féministe, par T. Bower

> Pour une critique du libéralisme libertaire
....Anarchisme, féminisme et la transformation du personnel, par L. Vidal
....@-sexualité, par W. Reinboud
....Politiquement correcte dans ma tête, morphologiquement incorrecte, par Lola
....L’érotisation de la domination et de l’assujettissement, par S. Jeffreys
....Genre, par Christel

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Transformations du personnel

> Amours subversifs
....Qu’y a-t-il donc de si drôle au sujet de « Paix, Amour et Polyamour » ? par S. Major
....Une lettre sur l’amour libre, par S. Nijboer
....Lettre sur l’amour libre, par R. Wiersma
....Comment foutre en l’air une relation, par E. Matthesen

> Parcours de femmes
....À propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, par C. Monnet (dispo en brochure ici)
....Sexualité féminine. Un témoignage, par Sylvie
....Une expérience en peep-show, par Noémie

> Regard social, rapport à soi
....Cette mortelle auto-censure, par F. d’Eaubonne
....Esquisse de réflexion sur la perception du genre, par Nicolas
....Trois bonnes raisons pour les femmes de m’éviter, par C. Guillon
....Orientation sexuelle, par Christel
....Ce que nous craignons, nous essayons de le maîtriser, par K. Da

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Éléments pour une bibliographie féministe

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Postface : Au-delà du projet révolutionnaire, par M. Pucciarelli


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Voir aussi :
- La Répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation, également de Corinne Monnet, édité en brochure en 2005 (première parution 1998).


__________________
Voir aussi :
- la Bibliographie, commentée, sur le polyamour ;
- la Biblio-Brochures sur les relations affectives.

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artichaut

le samedi 13 avril 2019 à 19h17

On peut parler du livre ici. Ou faire des sous-fils pour parler de chacun des textes présents dans ce recueil…

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oO0

le samedi 13 avril 2019 à 19h26

Bien vu !

Fil de discussion connexe connexe - Être féministe et en relation avec un "mec cis" : /discussion/-bUt-/Etre-feministe-et-en-relation-av...

Une question simple pour aborder un problème complexe ?

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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oO0

le jeudi 25 avril 2019 à 23h32

J'ai déplacé une partie de ce post sur Être féministe et en relation avec un "mec cis", ici, sur celui concernant le livre dont est tiré l'extrait commenté.
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Le premier point abordé par Corinne MONNET, la question de goût permet, il me semble d'introduire la question du consentement, plus exactement, celle de la fabrication du consentement.Comme elle l'écrit : "Nombre de personnes reconnaissent que l'éducation dicte la façon de penser ..." Pour comprendre le consentement dont il s'agit, il faut ici partir de la liberté de pensée avec cette conscience que cette liberté vient toujours de pensées qui nous précèdent et nourrissent notre propre pensée. Si nous avions du vivre seul.e sur une île depuis notre naissance, sans échange avec la pensée d'autres personnes, il y a fort à parier que notre liberté de pensée soit des plus pauvres, totalement dépourvue de moyen. Je parle donc, ici, de consentement au sens où le développement autonome de toute pensée ne peut se faire sans celle des autres, sans le fait d'être libre d'adopter des pensées comme étant les siennes et d'en rejeter d'autres comme n'étant pas les siennes.

Corinne MONNET - Le choix de vie relationnelle, une histoire de goût ?
Nombre de personnes reconnaissent que l'éducation dicte la façon de penser, mais bien peu élargissent cette idée au domaine émotionnel et sentimental. (...) Dans cette société patriarcale et autoritaire, les rapports affectifs son normalisés. (...) La société pèse de façon considérable sur nos relations affectives/sexuelles. (...) Il me faut dire ici que ne je crois à aucune opposition de nature entre la sexualité féminine et masculine ; ce sont des constructions sociales. (...) ... les libertaires posent le consentement comme la seule valeur morale pertinente à propos de la sexualité. Ceci découlant bien sûr de leur négation de la domination masculine. Des féministes ont montré la relativité du consentement. Pour que cette valeur soit suffisante, encore faudrait-il que les personnes impliquées aient les mêmes informations (consentement éclairé) et le même pouvoir (consentement libre).
D'énormes efforts ont été et sont toujours déployés pour contrôler et policer la sexualité des femmes, pour la construire toujours à l'avantage des hommes. (...) Celles qui seront parvenues à échapper à cette régulation seront gravement sanctionnées, que ces sanctions dérivent directement des hommes ou de la culpabilité que l'on se renvoie alors (du "je ne suis pas nor-mâle") jusqu'au fait de se considérer soi-même, lorsqu'on aime le sexe, comme malade et dépendante du sexe. Je n'ai jamais vu d'homme se tracasser sur une éventuelle dépendance sexuelle ...) Le double standard est toujours en vigueur sur la moralité sexuelle : si la sexualité est bonne pour les hommes, elle reste mauvaise pour les femmes, et une femme qui prend son pied comme elle l'entend n'est qu'une salope (ce qui reste une des pires insultes concernant les femmes) et non un être à la recherche de son propre plaisir, défini par elle-même.
Dans ce contexte décrit très succinctement, que dire de nos comportements si l'on ne questionne pas nos "goûts" affectifs et sexuels ? Comment ne pas renforcer les normes et la morale ambiante si l'on s'arrête à considérer comme authentiques et libres les émotions qui ne sont en fait la plupart du temps que des résultats d'intériorisation des normes sociales ?

Extrait de "À propos d'autonomie, d'amitié sexuelle et d'hétérosexualité" de CM dans Au delà du personnel (Mai 1997).

En début de citation, elle dit que "l'éducation dicte la pensée" et, en fin, de citation il est possible de constater que, par la pensée, c'est aussi des comportements qui se retrouvent dictés par le "goût", soit l'intériorisation de normes socialement construites et intériorisées notamment dans et par l'éducation qui est une autre forme de média avec la culture. Cependant, plutôt que de fabrication du consentement, je dirais qu'elle parle de fabrication du goût. Ce que l'éducation tout comme la culture fabrique inconsciemment en nous, c'est le goût. Quand Corinne MONNET parle de "goût", le "J'aime./J'aime pas." du goût équivaut, ici, à "J'adopte./Je n'adopte pas" telle ou telle pensée, tel ou tel comportement qui va avec.

Le consentement à adopter des comportements issus de l'intériorisation de normes sociales dont parle Corinne MONNET est d'autant plus fort que seuls les "émotions" qui résultent de cette "intériorisation" sont considérées comme "authentiques". La manière dont elle remet en question ici cette authenticité est d'en désigner leur degré d'adhésion comme étant le fait d'une intériorisation inconsciente de normes socialement construites qui apparaissent comme naturelles et spontanées et donc, authentiques, car inconsciemment intériorisées.

La différence entre le consentement et le goût est le degré de conscience ou, en d'autres termes, un consentement moins éclairé pour le goût. Une personne peut vous lister ses goût musicaux, vous dire que telle ou telle film lui plaît, si elle ne sait pas vous dire pourquoi, c'est beaucoup moins convaincant. Il n'y a rien de mal en soi dans le goût, au contraire, c'est l'éveil affectif de ce que nous pouvons vouloir. Mais c'est plus ce que nous pouvons vouloir que ce que nous voulons, car ce n'est pas (des plus) consciemment voulu. La difficulté inconsciente qu'elle soulève est surtout celle de la culpabilité qui va avec le fait de ne pas être normal.e, "nor(me)-mâle" comme elle écrit, bref, coupable de ne pas se ressentir comme nous avons été éduqué à nous ressentir.

La question du consentement, plus précisément de la fabrique du consentement - notion issue des sciences de la communication sur la propagande politique et publicitaires dans les médias (Noam CHOMSKY (1988), Walter LIPPMANN (1992) - peut se retrouver dans les termes de "normalisation" et de "régulation" des "comportements" dans l'"éducation" par l"intériorisation" de "normes sociales". La fabrication du consentement peut également s'étendre à la culture et à l'éducation qui sont d'autres formes de médias. Walter LIPPMAN, mais aussi Edward BERNAYS pour la théorie psychanalytique de l'inconscient joue un rôle certain dans leur théorisation des sciences de la communication, mais non sans prétention de savoir mieux que le public auquel il s'adresse ce qu'il veut ou peut vouloir sans réellement se soucier de ce qu'ils veulent.

L'intérêt du texte de Corinne MONNET est, ici, d'éveiller à cette conscience que ce que nous avons appris à vouloir n'est pas nécessairement ce que nous voulons et que, même si nous pouvons le vouloir (ajouterais-je), nous sommes souvent loin de le vouloir en pleine conscience. Sa critique de l'éducation est, ici, proche de la défense de la liberté de pensée, mais il s'agit d'une liberté de pensée dont la pensée est plus proche de ses racines profondes, moins conscientes : le sentiment, l'émotion. Bref, il s'agit d'une liberté de se ressentir tel qu'il est possible de se sentir. Ou encore, de se sentir libre de se ressentir tel que nous nous ressentons et non de devoir se ressentir tel que nous avons pu être éduqué à nous ressentir. Cela peut se formuler encore autrement :

"Sommes nous libre, lorsque nous avons été conditionnés à nous ressentir d'une manière plutôt qu'une autre ? Lorsque nos goûts (nos dispositions affectives) ont été conditionnés par notre éducation ?"

Je pense que cette question peut rejoindre autant l'expérience personnelle de nombreuses personnes, notamment leur expérience sociale. Si cela peut être valable pour soi, pourquoi cela ne pourrait pas être valable pour des personnes avec lesquelles nous pourrions vouloir être en relation et qui pourrait vouloir être en relation avec nous ? Il peut y avoir un sentiment de colère avec la société. Pour relativiser cette colère, il faut aussi prendre conscience que nous pouvons être d'accord avec nombre de normes sociales que nous avons intériorisées une fois que nous en avons pris pleinement conscience, voire même que nous avons été plus conscient que nous pouvons le penser quand nous les avons intériorisées, que de réflexions, elles sont devenues rélfexes.
__________

N.B.: Peu importe que nos goûts puissent être fabriqués, cela ne doit altérer en rien le respect du consentement de qui que ce soit même si celui-ci est fabriqué. Certes, la conscience de ce consentement peut en être diminuée, mais ce qui importe, c'est la manière dont la personne croit être consciente de ce qu'elle veut. Peu importe le degré de conscience de ses goûts, "non" reste "non".

De plus, s'immiscer dans ce qui peut être le conditionnement d'une personne, bref, substituer sa propre conscience à la sienne là où elle pourrait être moins consciente revient en quelque sorte à de la manipulation puisque c'est s'autoriser à penser à sa place. Déontologiquement ou encore éthiquement, un psychologue ne peut d'ailleurs aborder l'inconscient de son patient qu'avec son consentement et encore, que s'il n'y a pas de conflit d'intérêt. Une relation intime étant sujette à un tel conflit, il me semble donc dangereux de s'imaginer pouvoir accompagner un.e (éventuel.le) partenaire dans ce genre de questionnement et très important de considérer que toute tentative de la.le déprogrammer ou déconditionner comme pouvant relever de la manipulation. Cela n'empêche pas de s'accompagner comme n'importe quelles personnes peuvent le faire dans l'évolution de leur relation, de s'informer et de s'interroger ensemble, mais chacun.e sait que ce n'est pas sain d'être le psy de sa.son partenaire.

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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