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De la théorie à la pratique...

Jalousie
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Red (invité)

le vendredi 27 mars 2009 à 17h25

Des idéaux, des théories à la pelle, des certitudes et des constatations que l'expérience permet de faire... Et face à cela, la réalité crue, violente et les émotions qui s'entrechoquent;

J'ai toujours été convaincu que le couple monogame et standardisé ne me convenait pas et que s'enfermer est le meilleur moyen de vouloir reprendre sa liberté un jour, et ce, bien souvent de façon moche et pas classe.

Mais si mes reflexions m'ont menée jusqu'au polyamour, et que d'histoires en histoires, j'ai rencontré une femme qui comprend et partage ma façon de voir les choses, il s'avère pour moi atrocement difficile de mettre en pratique.

La simple idée qu'une autre personne la touche me met dans des états d'angoisse terribles. Et jusqu'alors, lorsque le cas s'est presenté (encore qu'il n'y avait pas de "contrat" mais juste un adultère net) , une forme de dégout de l'autre a toujours fini par me pousser à rompre.
Je ne sais pas comment réussir à dépasser mes émotions et mes bads... Je suis actuellement dans une réflexion poussée sur la question et je me retrouve face à un mur, un Moi-Même qui m'empêche d'avancer.

Avez-vous, vous aussi rencontré ce genre de difficulté et comment avez vous réussi à franchir cette étape ? La jalousie est bien souvent qu'une question de confiance, en l'autre et en soi... Quand bien même je sois réaliste sur la question, ca n'empeche pas mon estomac de s'ulcérer sans me demander mon avis...

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(compte clôturé)

le vendredi 27 mars 2009 à 18h35

Salut !
Tu décris ça comme quelque chose sur quoi tu ne peux pas mettre de nom, une espèce de déferlante vertigineuse, c'est ça ?

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(compte clôturé)

le vendredi 27 mars 2009 à 19h42

Je pense que je vois ce dont tu parles pour avoir ressenti un truc similaire à ce que tu me sembles décrire.

Pas de recette miracle pour ma part…

À chaque fois, l'amour de l'autre finissait par surpasser cette émotion au bout de quelques temps.
À chaque fois, ce mauvais sentiment revenait, mais moins fort et moins longtemps.
Et en même temps, une certaine joie pour elle, quand-même, presque toujours…

Plusieurs fois en trois ans…

Maintenant, je pense pouvoir dire que ça va plutôt bien, même si je n'écarte pas de petites rechutes du champ des possibles.

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(compte clôturé)

le vendredi 27 mars 2009 à 20h20

Ca a l'ait beaucoup plus fort et plus bouleversant... je me trompe, Red?

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Profil

Siestacorta

le samedi 28 mars 2009 à 11h19

Red, je sais que c'est sûrement insuffisant, mais je vais essayer de décrire le point de vue qui me préserve de ces brûlures là.

Mon penchant pour le polyamour est lié à une conscience, qui a grandi dans le temps, que l'amour n'est pas suspendu dans les airs, où caché dans une princesse charmante... mais qu'il vient de moi, directement.

C'est à dire qu'on peut être amoureux, complètement bouleversé de l'intérieur, tout voir différemment, sans que l'univers n'aie bougé d'un iota, et encore moins que la personne aimée soit touchée, ou même au courant.

En gros, mes sentiments sont... les miens, et le reste même si une relation nait. Je peux satisfaire mes désirs, mon attirance, mais au mieux, ma compagne aura des sentiments similaires, on peut nager ensemble dans le bonheur et les papillons bleus... Tant mieux. Mais une fois sortis des moments ensemble... nos sentiments ne sont que dans nos coeurs. Il peuvent nous faire souffrir, ou nous faire plaisir, ce que nous ressentons alors ne se transmet pas tant que nous ne somme pas concrètement avec la personne.

C'est bien sûr la même chose pour la personne qu'on aime...
Donc nos jalousies, peurs... C'est dans nos crânes, l'autre n'y est pour rien. C'est tellement peu lié que nous pourrions brûler de jalousie sans savoir que l'autre est juste en train de dormir seul. Ce n'est pas seulement une question sentimentale, c'est existentiel. Il faut presque arriver à l'idée qu'on existe vraiment l'un pour l'autre que lorsqu'on est vraiment là. Le reste du temps, c'est notre imaginaire et nos souvenirs qui prennent le relai.
On a aucun pouvoir sur ce que vit l'autre, alors... autant ne pas vouloir le prendre, autant aimer malgré tout.

On arrive même à la compersion, voir l'autre revenir heureux de son absence, et nous enrichissant en arrivant.

Je suppose que ce n'est pas grand chose, un raisonnement.
Mais je veux dire que le travail sur soi dépasse le travail sur la relation. Je te recommande notamment "Se libérer du connu" de Krishnamurti... Qui nous permet de nous détacher de certaines consciences faussée, et finalement être plus présent.
(et après on va encore me dire que je comprend rien à la vie spirituelle... alala)

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Profil

Siestacorta

le samedi 28 mars 2009 à 11h27

Heu, comme souvent quand on parle de travail sur soi, c'est toujours un peu flou.
J'échappe pas à la règle, visiblement. Ce que je veux dire, c'est que c'est une priorité théorique et pratique de prendre conscience de notre nature sentimentale, pour après savoir ce qui se passe, en amour ou ailleurs.

Et le bouquin de Krishnamurti que je cite est super facile d'accès :
- en poche pas cher
- écrit avec des mots super simples
- "sans école", ni psycho ni spirituelle. Quelque trace de philo boudhiste mais tu vas pas te retrouver à faire des bizous au Dalaï Lama, promis.

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(compte clôturé)

le samedi 28 mars 2009 à 13h08

Lire et être touché, c'est une chose. Comprendre avec ses tripes demande un autre type de travail, contraignant mais fructueux.

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Noemi

le samedi 28 mars 2009 à 15h53

Merci Siestacorta pour ce que tu écris sur les sentiments! Ca me rapelle le "own your feelings" dans The Ethical Slut (D.Easton/C. Liszt):
"No one "makes" me feel jealous or insecure - the person that makes me feel that way is me."

Je veux rajouter deux trois conseils (j'espère pouvoir détailler d'avantage plus tard, peut-être dans un article):

1.) Faire sa paix avec la jalousie: j'accepte qu'elle est là. Je ne cherche pas à la faire disparaître d'un coup de baguette magique. Je n'ai pas peur de la jalousie, je ne la déteste pas non plus. Et je ne culpabilise pas parce que je ne suis pas le polyamoureux parfait qui peut se réjouir quand sa/son partenaire va voir quelqu'un d'autre.
J'accepte tout simplement que la jalousie vient de temps en temps.

2.) Déconstruire la jalousie:
regarde bien de quoi est constitué ta jalousie, car normalement elle est constitué de plusieurs unités: peur de l'abondon, envie, peur de ne pas être à la hauteur, peur de la comparaison, manque de confiance en soi et/ou la relation, homophobie (et si ta copine coucherait avec une fille, tu seras jaloux aussi?), peur de ne pas plus passer assez de temps avec le/la partenaire ou d'avoir moins de sexe / tendresse / ... avec elle/lui, etc.
Vu comme ça, la jalousie fait déjà moins peur. Elle n'est plus un mur insurmontable, je peux m'attaquer à chaque unité individuellement.

Personellement, je ne connais quasiment pas la jalousie. Mais un de mes amoureux avait des problèmes de jalousie, un peu comme tu l'as décrit, Red. Il m'a dit que ça sa jalousie a diminué petit à petit (avec l'utilisation des deux méthodes décrit ci-dessus): au début, c'était comme si on lui coupait la tête, ensuite comme si on lui enfoncait un couteau dans le ventre, puis comme des aiguilles... Maintenant il arrive même a ressentir de la compersion.

Bon courage à tous les jaloux.

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(compte clôturé)

le samedi 28 mars 2009 à 15h56

Avant de donner un quelconque conseil, j'aimerais lire un peu plus Red pour comprendre la nature de son problème. Red?

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Red (invité)

le samedi 28 mars 2009 à 17h10

Je suis encore dans les débuts de la réflexion... La question ne se pose pas encore actuellement dans ma relation, bien que nous ayons déjà partagé nos idées sur la question et nous partageons les mêmes visions de nos vies.

Seulement, si lire des articles sur le sujet est hyper porteur, et en parler également, lorsque je m'interroge intérieurement sur la question et que je me mets dans le contexte, ca déclenche systematiquement des peurs, des angoisses et je m'aperçois que le travail à faire avec moi-même est impressionnant.

Je suis en proie à de véritables interrogations sur la capacité que l'on a à bouleverser son Moi pour avancer, ce qui me parait totalement nécessaire mais l'inquiétude des potentielles souffrances est présentes, évidemment.

Je vous remercie de partager avec moi vos vécues et expériences, et je suis rassurée de savoir que je ne suis pas seule à rencontrer des difficultés sur la jalousie, la peur de l'abandon et qu'être parfois égoiste est humain.

Je suis limitée dans le temps aujourd'hui pour détailler un peu plus mais je reviendrai ;)

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(compte clôturé)

le samedi 28 mars 2009 à 17h28

Alors déjà ça : les états d'angoisse que tu décris peuvent être en relation avec une expérience marquante faite à un âge où tu n'avais pas encore accès à la parole, c'est à-dire la toute petite enfance : on apprend à parler vers l'âge de trois ans.
Si un traumatisme ou quelque chose de fort survient dans cette période, ça va s'ancrer dans un endroit du cerveau qui, s'il est restimulé plus tard, ne va pouvoir extérioriser ce qui se passe que via l'émotion qui a été la tienne à ce moment-là.
Quand quelqu'un te berce, que c'est agréable, tu peux juste dire que tu es bien, rien de plus sur le pourquoi de cette sensation de bien-être. Or les bébés sont bercés, tenus aux bras, au chaud du tendre. Ils ne disent pas non plus que c'est bon, ils sourient juste béatement aux anges, ils s'endorment paisiblement.

Kif-kif pour l'émotion désagréable que tu ressens. Maintenant, que faire... je crois que des techniques de rebirth ou qui te permettent de te reconnecter avec ce moment-sans-parole pourraient t'aider.

Ca te cause, ou c'est prout-prout pour ma théorie?

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Red (invité)

le mardi 31 mars 2009 à 14h19

Ta théorie peut se tenir, encore qu'il me serait bien difficile de te dire si on m'a bercée (trop près du mur?) correctement ou non...

Il est évident qu'il existe chez moi des disfonctionnements qui expliquent la difficulté à passer certaines barrières (peur de l'abandon, instabilité affective, manque de confiance généralisé...) et je me demande souvent si une petite thérapie de derrière les fagots ne serait pas une idée interessante...

Je commence à me dire que de toute facon, il ne sera possible d'envisager le polyamour avec ma bien-aimée que lorsque j'aurai totalement confiance en elle, que notre complicité et notre connaissance l'une de l'autre sera solide et qu'on se sera prouvée les standards de l'amour avant d'envisager les chemins de traverse... Et puis en vrai, je ne suis pas pressée. Hors de question de se foutre la pression.. Les choses viendront d'elles-même, forcément et si nous avons envie d'évoluer, ensemble pour faire progresser nos individualités, alors il n'y aura que du bon à en tirer... (Je fais des prières à l'univers quand même, au cas où ... )

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(compte clôturé)

le mardi 31 mars 2009 à 16h43

ya t-il eu des dérapages de jalousie totalement incontrôlés? Et quelles ont été les conséquences ? Séparation ou non ? Changement de vision de la relation ou pas ?

Comment se relève t-on d'une douleur irraisonnée et dévastatrice ?

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(compte clôturé)

le mardi 31 mars 2009 à 17h05

Heuh, moi j'ai demandé rendez-vous en urgence à un psychologue...

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(compte clôturé)

le mardi 31 mars 2009 à 17h09

et il t'a aidé correctement ? (non parce que perso, j'ai pas envie de me retrouver sous lexomil à chaque fois que ma compagne met un pied dehors lol)

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Profil

oO0

le mardi 31 mars 2009 à 17h33

Des dérapages de jalousie incontrôlé ?

Je suis assez proche de la situation de Noemi, mais j'ai déjà du faire face à des dérapages de jalousie incontrôlé de la personne en face de moi et je dirais que la personne en face de toi a à se préparer à ce que cela puisse arriver. Ce que je veux dire, c'est que le travail sur la jalousie peut se faire à deux à condition que l'autre soit prêt à faire face à ces dérapages.

Dans mon cas, cela a mis deux mois pour qu'elle retrouve ses esprits, deux mois où j'en ai vu de toutes les couleurs. Cela a mis fin momentanément à la relation, mais la relation a repris et, par la suite, la relation ne s'est pas arrêtée pour cela.

J'ajouterais donc simplement à ce qui s'est dit de s'apprêter à faire face à la tempête. C'est une manière d'accepter la jalousie comme le conseille Noemi.

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(compte clôturé)

le mardi 31 mars 2009 à 17h33

Mon psychologue n'est pas compétent pour prescrire, mais il m'a accueillie en crise, et j'ai fait un sacré boulot avec lui. Le Lexomil, je l'avais en réserve, mais quasi pas eu besoin.
C'est un spécialiste dans la question du couple, et il est en cheville dans la francophonie avec des gens qui bossent comme lui, selon la thérapie imago.
J'en ai parlé sur un autre fil... récent...

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(compte clôturé)

le mardi 31 mars 2009 à 17h35

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Profil

Noemi

le mardi 31 mars 2009 à 17h46

un peu comme chez Sam, mon copain voulait se séparer de moi à un moment, il m'a dit qu'il ne pouvait plus supporter la douleur (de la jalousie).
Sinon, j'ai eu droit à des "j'emm$$... le polyamour" , à des demandes de quitter mon autre copain, à des soirées ou jours entiers pendant lesquels il coupait son téléphone pour bouder et/ou soigner ses "blessures"...

Mais Sam, je ne vois pas comment on pourrait se "préparer à la tempète"... A part être très très patient et compréhensif (sans se laisser prendre en "otage" par le jaloux).

@Red: si tu as déjà identifié un manque de confiance en général, c'est déjà ça. Faudrait travailler la-dessus.

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Profil

oO0

le mardi 31 mars 2009 à 19h36

S'armer de patience et de compréhension, c'est déjà se préparer.

Sinon, je vais me permettre de tenir des propos à ne pas tenir pour des conseils, mais c'est plus fort que moi : "L'emportement des dérapages des autres me fascinent !" Là, je ne suis plus en état de me laisser fasciner par des emportement, mais au plus profond de moi, ils me fascinent.

"Guillaume Tell" Rossini (2'47-6'07) : www.deezer.com/track/2578208

Enfant, alors que je ne savais pas encore écrire, j'ai abondamment écouté l'histoire de Guillaume Tell sur K7 audio et j'attendais, ce moment, ce moment où à 2'47 la tempête se lève pour tonner une brève minute. Ce passage, je l'ai rebobiner et rebobiner pour me le passer, être la tempête pendant une minute. Lorsque l'autre tempête, devient tempête, il exerce sur moi la même fascination que ce passage exerçait sur moi, enfant et je n'ai pas peur de parler de jouissance esthétique de l'ordre du sublime. Je n'ai vu qu'une fois une tempête se lever sur la mer : sub-li-me !

Il y a dans l'emportement des dérapages une superbe de l'ordre du sublime dont la jouissance m'a permis de subir à distance ces emportement, une distance où les excès de l'emportement n'étaient que jouissance et où j'avais tout loisir d'observer le sens de ces emportements qui devenait aussi fascinant qu'une énigme. Tant que ces emportements ne se manifestaient pas, je les redoutais, mais une fois qu'ils se manifestaient, ils me fascinaient. Lorsque je m'emporte moi-même - les motifs sont autres qu'ici - cette distance, me permet de me sentir ridicule et de revenir au sens de mon emportement pour chercher une autre manière de l'exprimer sans m'emporter.

Reste que je pense que, comme pour un accouchement, accoucher du sens de certains états ne peut parfois passer que par des moments d'emportement. L'emportement me fascine et ce qui peut en naître m'intrigue.

Voilà, je n'irai pas plus loin, j'ai déjà été trop loin.

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