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[Texte] Responsabilité affective : « Tu sais, bébé, mon cœur n’est pas sur liste d’attente », par Solène Hasse (26/11/2011)

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bonheur

le lundi 29 janvier 2018 à 11h26

Merci bidibidi, je n'ai besoin de personne pour agir à ma guise, seulement de moi. Je ne vois pas ce qui dérange, ce coup ci, dans ma façon de rédiger mes messages.

Je ne crois pas que l'auteur est indiqué une quelconque volonté de régir l'énergie d'autrui, juste que si l'autre ne fait pas sa part de chemin, la relation est déséquilibrée.

Je ne sais plus quel auteur que j'ai lu (développement personnel) qui comparait le nous à une écharpe. Le je tiens un bout de l'écharpe et le tu, l'autre bout. Le fait est que l'on doive entretenir son côté, son bout de l'écharpe et pas vouloir tenir ou entretenir le bout de l'autre. Toutefois, l'auteur faisait remarqué que si l'un des deux entretenait trop bien ou pas du tout, l'écharpe n'aurait plus de sens. Encore là, un déséquilibre.

Honnêteté, franchise, sincérité, authenticité, complicité, respect, responsabilité, gratitude, joie... sont des ingrédients non négligeables. Je place la réciprocité au même niveau. Apprenons à ne pas lâcher, ramasser, relâcher, reramasser, son bout d'écharpe (on peut tenir plusieurs écharpes en même temps, notre main est adaptée à cela)

Message modifié par son auteur il y a un an.

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gdf

le lundi 29 janvier 2018 à 15h57

bonheur
Merci bidibidi, je n'ai besoin de personne pour agir à ma guise, seulement de moi. Je ne vois pas ce qui dérange, ce coup ci, dans ma façon de rédiger mes messages.

Je crois que l'origine de sa remarque est le nombre de message se suivant rapidement dans le temps. En général, quand les gens ont des arrières pensées, ils éditent leur message initial plutôt que de rajouter les idées dans des messages supplémentaires.
Mais bon, c'est pas interdit d'écrire 4 messages coup sur coup.

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bonheur

le lundi 29 janvier 2018 à 16h12

Non seulement ce n'est pas interdit, mais je ne comprend pas pourquoi ça dérangerait ?

Perso, je pense que c'est plus lisible ainsi. Et merde, après tout ! On ne peut plus m'attaquer sur le fond, alors on le fait sur la forme ? Crottes ! C'est quoi ce délire !

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bonheur

le lundi 29 janvier 2018 à 16h13

Aussi, je n'ai pas "d'arrières-pensées" ! Je pense. Point.

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bonheur

le lundi 29 janvier 2018 à 16h14

Le "en général" ne me concerne pas non plus ! Je ne suis pas une généralité et n'est envie de répondre à aucune d'elle.

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bidibidibidi

le lundi 29 janvier 2018 à 16h22

Pardon bonheur, je ne pensais pas que c'était assumé. Et je ne t'attaquais pas. D'ailleurs, je crois pas jamais t'avoir attaqué, ni attaqué qui que ce soit ici.

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gdf

le lundi 29 janvier 2018 à 16h26

@bonheur, je suis désolé que ma tentative d'explication te mette en colère, j'essayais au contraire d'expliquer (ma compréhension de) la remarque de bidibidi.
Je ne sais pas pourquoi tu réagis si fort, pourquoi tu te sens mise en cause de la sorte. Il y a certes parfois des désaccords, mais en l'occurrence, ce n'est même pas le cas.
Je te souhaite de trouver de l'apaisement, afin que le fond de tes contributions ne soit pas pollué par des discussions sur la forme sans grand intérêt pour le débat.

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bonheur

le lundi 29 janvier 2018 à 19h21

Justement, dans le sens où il n'y a pas d'intérêt du tout pour le débat, je ne vois pas l'intérêt de cette remarque. Si je m'exprimais d'une façon illisible (langage abrégé ou sms ; post long et indigeste), je comprendrais que l'on me demande d'améliorer mon expression. Ce serait légitime. C'était donc purement gratuit et inutile.

J'avais parfaitement compris cette remarque et j'y avais répondu en restant dans le même état d'esprit. Je suis désolée gdf que tu es pensé le contraire. Je n'avais pas clarifié en effet. Maintenant c'est fait (y compris voir à la fin de ce message, qui du coup est décousu)

La pollution, je dirais que quand je me rend dans un lieu propre (aire de pique nique, toilettes publiques) je m'applique à laisser le lieu dans le meilleur état possible. Par contre, si c'est déjà une porcherie, j'aurai moins tendance à être bienveillante. Ce que je veux exprimer, c'est que la propreté est l'affaire de tous... tout comme la bienveillance. Surtout qu'en effet, l'endroit est plus agréable s'il n'y a pas au-préalable de pollution inutile.

L'action et la réflexion en cascade n'est pas une pollution. Je rédige suivant ma pensée et si j'ai validé un message et que ma pensée continue, un nouveau message vient naturellement. Dans le sens où ils s'enchainent, ils se complètent. C'est mieux pour une personne qui lirait et qui s'apercevrait ensuite que le message aurait été complété plusieurs fois.

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Camille_B

le lundi 29 janvier 2018 à 20h59

Je suis désolé que tu ais mal pris les remarques de gdf et bidibidi, mais il n'y avait aucune mauvaise intention, ils faisaient juste remarquer une "bonne pratique" du web commune à la quasi totalité des forums.

Mais cette histoire de modification de son message premier, plutôt qu'ajout d'un second, c'est un peu comme la "bonne manière" qui consiste à ne pas couper sa salade avec un couteau : ça n'a pas grand sens quand on a des couteaux en inox.

Là, c'est un peu pareil, je crois. Il me semble que cette règle a été établie quand l'usage des bannières était très répandues ( elle l'est encore sur certains forums ). En gros à chaque fois que l'on poste un message est ajouté une énorme bannière de son choix, ou une citation etc. Dès lors si on empile les messages d'une ligne plutôt que faire un gros message de plusieurs, il y a pollution visuelle.

Ici il n'y a que nos pseudos et l'heure d'édition, ça ne me semble dès lors pas constituer une "bonne pratique" vraiment nécessaire.

Bref, l'histoire de la loi et de l'esprit de la loi ;)

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bonheur

le lundi 29 janvier 2018 à 22h17

Ouaip, merci Camille_B pour cette comparaison. Moi la salade, c'est sans sauce et à la main. Je casse la feuille en deux, la plie (je rabas les côtés) et je croque. Je m'en sers même parfois pour remplacer le pain des sandwichs, je met la tranche de jambon à l'intérieur et hum... y a plus qu'à déguster (et ça permet de manger moins de pain, tout en gardant les doigt propres... préférer la batavia). Donc, la qualité de mes couteaux !

Une loi, une pratique ??? Une histoire et un esprit règlementaire ??? :-/

Désolée, je suis en dehors de ce type de "règlement". Je n'y entend rien et c'est nouveau que d'empêcher l'expression car la "forme" n'y ai pas.

En terme de nombre de caractères, ça revient au même. S'exprime celui-celle qui le désire. Je ne suis pas dans une démarche "publicitaire" (si c'est ça que l'on veut me reprocher, car manifestement, on me reproche quelque chose). Ca ne me rapporte rien !

C'est nouveau, cette histoire de bonne ou mauvaise pratique ?

C'est un comble sur un site comme celui-ci, qui considère que les moules peuvent être aliénants, que l'on me demande d'entrer dans un moule, d'autant qu'il ne me correspond pas ! Je suis ma pensée et si celle-ci est morcelée, mes messages le seront. Au diable les "codes". Qu'est-ce que ça peut foutre, du moment que c'est cohérent et compréhensible ? Je suis ainsi, aussi parfois, et à prendre ainsi. Merci et pardon d'avance pour les désagréments que ça a causé ou que ça causera à l'avenir.

On pourrait peut être revenir au sujet de base. C'est lui qui est intéressant, pas une façon ou non de faire ses posts

Message modifié par son auteur il y a un an.

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artichaut

le mardi 30 janvier 2018 à 00h20

Juste pour dire que je n'ai pas abandonné le navire. Le sujet m'intéresse beaucoup. Alors en attendant d'avoir le temps de vous répondre, je vous lis.

Mais je ne résistes pas à dire ceci : qu'on est pas si loin que ça du sujet.

Selon moi, la responsabilité affectivité dont parle ce texte, consiste notamment à prendre en compte les autres dans leur différences singulières. Et certaines de ces différences sont stigmatisée car en dehors de la norme. La question étant d'accepter de reconnaître à quel titre sous sommes dans la norme dominante (et qui nous donne plus de pouvoir) et à quels titres nous ne le sommes pas.
Par exemple on peut être blanc et obèse. Être blanc nous donne du pouvoir, être obèse nous stigmatise, et nous rend la vie plus difficile.

Ici la norme est la "neurotypie". Et bonheur qui j'espère ne sera pas fachée que je dise qu'elle semble présenter des caractéristiques "neuro-atypiques", a plus de difficulté a être acceptée, ...même ici sur un forum poly.

Une des formes de la responsabilité affective, serait donc, en tant que neurotypiques, de reconnaître que c'est plus facile pour nous (d'être acceptés, de relationner, etc), et par conséquent d'avoir une attention particulière pour accepter bonheur dans son intégrité.

Ce n'est pas chose facile. Et moi-même je ne suis pas forcément doué pour cela. Mais en prendre conscience est déjà un petit pas…

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bonheur

le mardi 30 janvier 2018 à 10h10

Des caractéristiques, ce que je nomme particularités individuelles. Je n'ai en effet jamais fait de tests ou autres. Ca n'a aucun intérêt, je suis comme je suis.

Mon constat individuel et personnel, après avoir lu (et oui, sur ce sujet là aussi, j'ai lu) est que j'ai un cerveau en "noeud d'autoroute" (ou en 4D) qui n'a aucune fonction "off". Ca circule dans tous les sens. Ce n'est ni mieux ni pire qu'un cerveau en arborescence ou en linéaire. Eventuellement peut-on dire que c'est parfois fatigant (je dors bcp). Je rassure, dans cette circulation, il n'y a pas d'accidents... c'est un gros bordel mais organisé.

Comme pour toutes mes particularités, je ne demande aucune attention particulière, mais si on pouvait juste me laisser être qui je suis, c'est à dire me foutre la paix, ce serait déjà beaucoup.

Comprendre, et là j'espère que tout le monde est à même de comprendre, qu'une particularité se vit bien par la personne qui la possède. Je ne suis pas malade ou autres. Je suis juste ainsi.

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artichaut

le vendredi 10 mai 2019 à 17h19

Argh le lien est mort.

Un bruit de grelot…
C’est fini ce blog.
On y trouvait des pensées féministes & trans, balancées en vrac entre 2009 et 2013.
Mais maintenant on n’y trouve plus rien. Désolée.
Big Bisous Bien Baveux.
SH.

Le voici sur l'indispensable WaybackMachine.

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artichaut

le vendredi 10 mai 2019 à 17h20

Je m'interroge : Pourquoi tous les textes sur la responsabilité affective disparaissent les uns après les autres de la toile ?
En plus de ce « Tu sais, bébé, mon cœur n’est pas sur liste d’attente » (26/11/2011), dont le blog à été réinitialisé… et d'ailleurs en réponse à ce texte-ci, il y a eu sur la toile :

- J’emmerde votre liberté (2012) par Joao Gabriell :
negreinverti.wordpress.com/2012/05/11/jemmerde-vot... (lien périmé)
negreinverti.wordpress.com/2012/05/19/jemmerde-vot... (lien périmé)
negreinverti.wordpress.com/2012/06/06/jemmerde-vot... (lien périmé)
> blog supprimé

- Dossier : Le « Marché Romantique et Sexuel », Partie 2 : La Responsabilité Affective, par Zerhariel (25 mai 2015) :
www.pimentduchaos.fr/2015/05/25/dossier-le-marche-... (lien périmé)
> retiré du blog

- Trois textes sur les privilèges dans les relations affectives, par le Troll de jardin (2016) :
https://trolldejardin.wordpress.com/2016/01/10/le-... (lien périmé)
https://trolldejardin.wordpress.com/2016/01/10/le-... (lien périmé)
https://trolldejardin.wordpress.com/2016/01/10/pri... (lien périmé)
> retirés du blog

Je sais bien que l'internet n'est pas un truc pérenne, mais quand même je trouve ça dommage que ces textes disparaissent les uns après les autres.

Je me dis que c'est un sujet sensible. Souvent peu ou mal traité. Qui prête facilement le flanc aux critiques, etc.
Et je trouve ça courageux de publier des textes sur ce sujet.

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Erion

le lundi 01 juillet 2019 à 15h10

artichaut, tu apportes un constat et une question tout à fait intéressante.

Moi j'ai envie de lancer un appel : ce serait super qu'une personne poste ici un nouveau lien (actif) vers « Tu sais, bébé, mon cœur n’est pas sur liste d’attente ». Je trouve que c'est un texte important.

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artichaut

le mardi 02 juillet 2019 à 01h53

@Erion, le lien est 2 messages +haut.

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artichaut

le mardi 02 juillet 2019 à 02h03

Le voici dans son intégralité :

un bruit de grelot… (blog)

Tu sais, bébé, mon coeur n’est pas sur liste d’attente.
26.11.2011. Thème : Responsabilité affective.

On parle beaucoup, dans le TransPédéGouineFéministe-World anarchisant, de relations affectives… On développe des outils rudimentaires pour relationner de certaines manières “autres” que le Couple-Famille-Labrador : non-exclusivité, polyamour, collectifs, etc. Soit. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Mais d’une manière ou d’une autre, l’idée est la même : faire d’avantage, de manière durable. Avec “faire d’avantage” comme synonyme de “non-exclusivité, polyamour et autres trucs du genre” et “de manière durable” comme synonyme de “vague réflexion sur le consentement”. Et en général, ça s’arrête là.

Ce qui me chagrine, dans toute cette histoire, c’est que finalement on parle assez peu de responsabilité affective. Ce qui, à mon sens, est une preuve de l’aspect libéral de la plupart des réflexions autour du relationnisme. En clair, ce sont les belles gosses et les petits mignons qui s’étalent et qui étendent leur terrain de chasse, en se préservant quand même un stock pour la saison suivante. Ca fait que les autres, les moches, les seulEs, les pas baisables et/ou les exotiséEs, plutôt que de s’extraire du bordel et/ou de s’organiser ensemble, attendent patiemment leur tour pour figurer sur le tableau de chasse des quelques non-exclusiFVEs libéréEs notoires. Au final, la non-exclusivité et ses multiples variantes a pour effet d’agrandir le vivier de quelques unEs parmi les meilleurEs et d’exclure définitivement les autres.

La relation, en tant que ressource, est épuisable et finie (ne serait-ce que pour des raisons matérielles de temps). On ne peut mathématiquement pas multiplier les relations sans que cela n’affecte l’accès que d’autres personnes auront aux relations. Et comme pour le capitalisme, les plus riches s’enrichissent toujours, et les plus pauvres s’appauvrissent toujours… Celleux qui ont du capital social et qui baisent auront encore plus de capital social et de baise, et celleux qui n’en ont pas en auront encore moins. Certes, peut-être que dans nos alter-mondes prétentieux, certainEs personnes auront accès à certaines ressources qu’elles n’auraient jamais pu espérer dans le monde normal des grands méchants, mais cela ne constitue jamais qu’un changement de forme, un agencement différent des mêmes éléments… On colonise de nouveaux territoires. Ce n’est plus la top-model blonde pulpeuse qui a la cote, mais c’est la gouine raisonnablement andro avec baggy-patch-piercing-tatoo-ceinture-à-poches et crâne partiellement rasé. Super, on est vraiment bien avancéEs avec ça pour notre nouveau modèle de société…

Alors, attention, je ne prône pas pour autant le Couple comme modèle valable de relation, parce que j’ai quand même un peu du mal avec le Couple-Famille-Labrador, mais petit à petit je commence à penser que c’est une vaste arnaque de laisser croire que les modèles soi-disant “déviants” (non-exclusivité, polyamour, etc.) sont moins pathogènes, plus défendables ou moins dévastateurs que le Couple-Famille-Labrador.

En clair, j’ai l’impression qu’un jour on a commencé à réfléchir vite fait à deux-trois trucs intelligents, et dès qu’il y a eu suffisamment de monde pour former une petite élite néo-normale, on s’est arrêtéE en chemin. On n’a jamais pris le temps de pousser un peu plus loin la réflexion, ni de définir de mode d’emploi, ni de tester les idées via expériences et de les valider ou de les invalider ensuite.

Parce que moi je veux bien ne pas me marier, ne pas être jalouse, ne pas avoir trop d’attentes, etc. mais je n’ai pas les ressources suffisantes pour être apaisée et rassurée au sein de la grande foire relationniste et pour ne pas passer mon temps à flipper de perdre les quelques personnes proches que j’aime (et pourtant, au moins j’ai des genTEs à perdre, ce qui prouve que je ne suis pas au plus bas de l’échelle non plus). Parce que, sans compter la transphobie et la misogynie les plus crasses de mes “alliéEs politiques”, il faut bien reconnaître que ma tristesse chronique, ma déprime permanente et ma misanthropie notoire ne font pas non plus de moi une personne très facile à vivre… Du coup, il doit y avoir plein de personnes plus sexy avec qui traîner…

Car oui, j’ai des attentes. J’attends certaines choses des personnes avec qui je suis en relation, que ce soit dans ma vie quotidienne, ma vie militante, ma vie affective, etc. Certes, c’est compliqué à gérer, mais oui, j’ai des attentes. J’estime que si je mets de l’énergie avec des personnes, il est “logique” que ces mêmes personnes mettent de l’énergie avec moi. Je ne parle pas d’établir une comptabilité précise et équilibrée de ce que l’on donne et de ce que l’on prend, ni de se sacrifier ou de se culpabiliser. Mais c’est clair que si je te soutiens et que je t’assiste pour quelque chose d’important pour toi, ou dans une situation difficile pour toi, j’attends que tu sois là le jour où je suis impliquée dans un truc important pour moi ou le jour où je suis dans une situation difficile. Et j’ai vraiment pas l’impression que ce soit abusé de dire ça, mais pourtant, écrit comme ça, et lu par certainEs d’entre vous, ça prend tout de suite des airs de blasphème. C’est sûr, quand tout nous est dû parce qu’on a le bon look, le bon corps, le bon capital social, pas besoin d’avoir d’attentes…

Peut-être que je suis “trop normée”, mais cette idée de “réciprocité”, ça me semble tout simplement être une base. Et souvent, ça ne se passe pas. On consomme les autres, on bénéficie de leur implication, de leur soutien, de leur assistance (souvent même sans s’en rendre compte), et quand devrait venir la réciproque, on se barre tranquillement en prétextant la “non appropriation des personnes”, l’individuE “autonome”, la “non-exclusivité mon cul” et le “nous sommes des êtres indépendantEs”. Et c’est ça que j’appelle irresponsabilité affective.

Les rares fois où l’on entend parler de responsabilité affective, c’est uniquement dans un cadre hétérosexuel où l’on pointe l’irresponsabilité affective chronique des mecs. Soit. D’accord. Ceci dit, ça me semble assez léger, et plutôt facile de se contenter de ça… Ce que je veux dire, c’est que les relations en elles-mêmes génèrent des inégalités dans la gestion qui en est faite. Et il ne suffit pas que les mecs cissexuels hétéros disparaissent de l’équation pour que les bisounours se mettent à danser dans les prés et pour que de la barbe à papa tombe du ciel.

Et ouais, il y a aussi des tas d’inégalités de gestion et de prise en charge des responsabilités au sein de relations où aucun protagoniste n’est mec cissexuel hétéro. Et la plupart du temps, même principe qu’avec les mecs dans les relations hétérosexuelles, c’est la personne qui a le plus de “liberté” et de reconnaissance sociale extérieure (= dans des relations autres que la relation en question) qui prend le moins en charge la relation. Et c’est la personne qui a le moins de ressources relationnelles/affectives qui se retrouve à prendre en charge la communication, l’attention, l’écoute, puisque c’est pour elle que la relation aura le plus d’importance. Et dans chaque relation, cette inégalité existe, même si elle peut être plus ou moins importante.

Mais c’est trop facile de faire porter la responsabilité de la relation à la personne qui en est la plus dépendante (celle qui a le moins de “capital social”, ou de “possibilités relationnelles”). Genre : “Ah mais moi j’y peux rien si tu es hyper attentionnée et que tu me soutiens, je n’ai rien demandé à personne, alors n’attend pas que je fasse pareil pour toi…”. De fait, certaines personnes vont prendre en charge la gestion de la relation, et touTEs les protagonistes vont bénéficier de cette prise en charge. La relation va s’en retrouver améliorée. Qu’on le veuille ou non. Et il ne s’agit pas de dire qu’il faut suivre à 100% la personne la plus impliquée, mais qu’on ne peut pas nier non plus que tout le monde profite de cette implication, y compris celleux qui se croient “autonomes, indépendantEs et libres”. Parfois, un peu de cohérence ne fait pas de mal. Soit on est “autonome, indépendantE et libre”, dans quel cas on a qu’à vivre seulE, soit on veut vivre avec d’autres personnes, dans quel cas on assume ses responsabilités… Parce que là encore, ce sont toujours les mêmes qui peuvent se permettre de ne pas assumer leurs responsabilités : celleux qui ont assez de ressources pour pouvoir se retourner et aller voir ailleurs…

Bref, toutes ces histoires ça me donne envie de réfléchir à plein de choses. À vrai dire, je n’ai pas beaucoup d’espoir dans le fait que ces réflexions soient appropriées collectivement… Mais quand même, j’ai envie de formuler 2-3 trucs qui me titillent.

Comment est-ce qu’on s’épaule et qu’on se soutient entre personnes qui partagent, d’une manière ou d’une autre, un quotidien ? Je ne parle pas des grands “soutiens” politiques (actions militantes, récoltes de fonds, etc.) mais de toutes les petites situations quotidiennes où ça a du sens de “prioritiser” les enjeux de plusieurs personnes, pour arriver à un équilibre globale à moyen terme.

Comment est-ce qu’on s’assure d’un minimum de réciprocité et d’équilibre dans l’écoute ? Dans la recherche de compréhension ? Dans l’attention portée ? Sans pour autant tomber dans l’attente éternelle de l’Amooooûûûr et/ou dans l’appropriation des autres…

Comment est-ce qu’on stabilise les choses, les relations ? Comment est-ce qu’on s’engage les unEs vis à vis des autres ? Comment est-ce que je sais qu’à priori, sauf “divorce”, je peux m’envisager à moyen/long terme avec quelqu’unE ? Comment est-ce que je me rassure devant le risque de chaque fois tout recommencer avec d’autres personnes tous les 4 ans jusqu’à épuisement ? Comment est-ce que je peux me dire que dans 20 ans, je n’en serais pas au même point ?

Comment est-ce qu’on créé de nouvelles formes de “contrats” qui nous sont propres ? Qui ne sont ni des mariages devant l’Eternel, ni des voeux pieux (“Si, si, j’ai 24 relations en même temps mais je gère grâve ! Tout le monde y trouve son compte, je te jure ! Oui, c’est vrai, elle, elle n’a que moi dans sa vie, mais ça lui convient… C’est juste qu’on n’a pas les mêmes envies…”). Comment est-ce qu’on définit les relations qu’on veut créer ? Comment est-ce qu’on les limite ? Quels mots et quels critères ? Quels engagements ? Quels “procédures” pour y mettre fin ? Quelles façons de les renouveler ? CDD ? CDI ? CAE ? Intérim ou saisonnier ?

Comment est-ce qu’on peut gérer les rôles ?.. Rotation des tâches et mandat impératif ? Pourquoi pas ? Et si, “gérer la relation”, c’était comme faire la vaisselle ou distribuer un tract : une tâche qui tourne ? Pour que ce ne soient pas toujours les mêmes qui écoutent et soutiennent. Pourquoi est-ce qu’on organiserait pas des formations, comme pour l’autodéfense et la réparation de vélos, pour apprendre la communication et la gestion des relations ? Pourquoi, au lieu de parler pour la 27ème fois de l’Espagne en 36-38, on organiserait pas des débats-projections avec pour thème “Valeur relation : entre intérêts immédiats et perspectives révolutionnaires” ou “Responsabilité affective : tu sais, bébé, mon coeur n’est pas sur liste d’attente” ?

Mais c’est vrai que tout ça, après tout, c’est quand même un peu du blabla de bonne femme… Pas vraiment digne d’occuper les réunions ni les tables de presse. C’est quand même vachement mieux de parler d’émeutes, de mouvements sociaux, de battes de base-ball dans les genoux, de “sexualité libérée”, de non-binarité, de corps post-queer, etc.

Bref, j’ai envie de faire mieux, autrement. Pas envie de me satisfaire de la médiocrité ambiante ni des évidences supposées. J’ai envie de faire autrement. Parce que oui, peut-être que je ne jette pas tous les jours de cocktail molotov sur des flics, ou que je n’ai jamais arraché l’oreille d’un connard de rue, mais je ne suis pas une fucking soc-dem ! Je veux une putain de révolution ! Et j’aurais tendance à dire : si c’est pour faire pareil ou pire, ce n’est pas ma révolution…

Solène Hasse.

Source : WaybackMachine.

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