Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

C'est quoi un "couple" ? Et à quoi diantre est-ce que ça sert ?

Engagement
#

(compte clôturé)

le mercredi 09 novembre 2011 à 19h22

Bonjour tout le monde.
Plusieurs semaines de silence de ma part, cogitations ardues sur des questions qui me semblent sans réponse.
Et je me dis que peut-être y a moyen de tirer de cette salade de fruits (jolie jolie) deux ou trois trucs intéressants en la livrant à vos propres réflexions.
C'est une question de vocabulaire - et un peu d'idéologie aussi.

Bon, je vis "en couple". Avec un mono. Depuis longtemps. Disons qu'on a dépassé la dizaine d'années.
Après quelques turbulences, on est plutôt heureux. En tout cas si c'est pas du bonheur et de la quiétude, ça y ressemble.
On a construit un quelque chose de solide, avec de la tendresse, de la complicité, du sexe, une progéniture, des projets. Je vous épargne les détails.
Est-ce "vraiment" un couple ?
Je veux dire, une fois qu'on s'est débarrassé de l'exclusivité, de la fusion (d'ailleurs y en a jamais vraiment eu), et qu'on vit ensembles mais avec chacun sa vie, il reste quoi comme ingrédient du "couple" ? Au sens où on emploie ce mot dans les magazines pour minettes, les films qui finissent bien et les romans Harlequin (qui sont hélas le compost primordial sur lequel s'épanouissent la plupart des discours qu'on peut entendre actuellement sur l'amour).

Je ne crois pas que l'amour suppose le couple ou en soit la seule forme d'expression.
Je suis poly. Donc j'ai des amoureux, des amants, des ex qui n'en sont pas vraiment, des amis intimes, toutes ces différentes catégories se chevauchant et se synthétisant parfois dans quelques personnes, dans un joyeux et anarchique bordel.
Avec eux je vis des relations qui ne sont pas des relations "de couple". Et ça me va très bien.

De même, la cohabitation, ça me semble un critère largement insuffisant. D'ailleurs si je devais revoir un truc dans ma vie, ce serait cette cohabitation. Je préfèrerais de loin vivre seule, mais pour des raisons logistiques ça serait très compliqué (et trop cher) à mettre en place et puis lui je ne crois pas qu'il suivrait ;)
On peut cohabiter avec un chat, avec des colocs, avec ses parents, on n'est pas pour autant en couple avec eux.

La seule chose qui reste, en fait, quand je tourne et retourne la chose dans ma tête, c'est l'idée de responsabilité.
Dans un couple on décide d'être co-responsable de l'autre. Ce qui tient à la fois du contrat presque marchand (qui paye quoi ? avec quoi on vit ? dans quel but sont faites les dépenses ?), de l'engagement de fidélité (au sens de l'ami fidèle ou du "soutien de famille"), voire de la prospective d'entreprise (vers où va-t-on et quels sont les projets au service desquels fonctionne le couple).
Bref, rien qui a à voir avec l'amour, il me semble...

Ouais, ok, j'enfonce des portes ouvertes et je coupe les cheveux en quatre (et tout ça en même temps, c'est pas simple). Mais alors quelqu'un peut bien m'expliquer pourquoi la plupart du temps on associe systématiquement amour = couple ?

Et puis surtout, un couple pour des polys, c'est quoi ? comment ça marche ? on fait avec parce qu'il n'y a que peu d'autres options ou bien on tente de faire radicalement autrement - au risque de rencontrer de l'incompréhension chez ses amants/amoureux ?

#
Profil

Coucou

le mercredi 09 novembre 2011 à 22h18

Janis
Mais alors quelqu'un peut bien m'expliquer pourquoi la plupart du temps on associe systématiquement amour = couple ?

Amour = avoir envie d'être avec l'autre souvent,
ce qui aboutit à avoir envie de vivre ensemble.
Qu'est ce qui est difficile à comprendre ?

Janis
...au risque de rencontrer de l'incompréhension chez ses amants/amoureux ?

C'est sûr que si aimer consiste pour toi à rester la plus distante possible, tu risques de générer de l'incompréhension chez tes amoureux.

Il ne faut pas confondre l'amour de l'autre avec l'amour de l'amour
L'amour de l'amour consiste à avoir envie de vivre avec l'amour
l'amour de quelqu'un consiste à avoir envie de vivre avec le quelqu'un

Je précise que ça n'engage que moi, et que je sais bien que tout le monde ne pense pas comme moi, loin s'en faut.

#

(compte clôturé)

le mercredi 09 novembre 2011 à 23h05

Bonjour Janis,

Voilà une question que je me suis beaucoup posée, avec les conclusions (provisoires) suivantes :
- éliminons d’entrée les ingrédients « exclusivité » « fusion », qui ne font pas débat ici
- l’ingrédient « vie commune » ne me paraît pas indispensable non plus : en témoigne les nombreux célibataires géographiques contraints par leur profession
- tu passes rapidement sur l’ingrédient « progéniture » ; ce n’est tout de même pas une mince affaire : il me semble qu’on est pas trop de 2 pour la mener à bien. Mais là, me diras-tu, c’est un projet réalisable sur 20 ans. Une forme de cohabitation contractuelle de cette durée pourrait suffire.

Alors que nous reste-t-il ?

Eh bien je crois que le couple – ce que je dis est à mon sens autant valable pour le « trouple » ou autre formule élargie, polyamour oblige ! – est cette entité constituée de personnes - qui s’engagent pour une vie entière (arghhh, j’entends déjà les hurlements !) « à vivre coûte que coûte l’odyssée, à n’en refuser ni les naufrages, ni le sacre »***. C’est cette idée de promesse, ce truc qui peut paraître superflu ou ringard quand tout va bien, et qui prend d’un seul coup tout son sens quand arrive l’AVC (cf. fil d’à côté). Ben oui…
Alors tu vas me dire que je suis en train de réduire la chose à une basse affaire de sécurité (est-ce cela que tu appelles « co-responsabilité » ?) que l’on pourrait régler par contrat synallagmatique.
Eh bien non. Parce que je dis qu’il faut une sacrée dose d’amour (et c’est ici que je mets tes 3 ingrédients « tendresse » « complicité » « sexe » ; on peut faire avec 1 ou 2 seulement, mais c’est mieux avec les 3, et on pourrait en ajouter…), pour prendre un engagement aussi insensé. Je cite encore : « Qui oserait lier sa vie à quelque personnage indéfini qui, de ses mille visages, n’en a montré qu’un, ou deux, ou trois ? (…) Qui t’assure que cet être aimé restera celui que tu as cru apercevoir ? » ***
Le couple, c’est ce pari complètement insensé.
(J’aime bien pour a part ajouter une pincée de « fidélitéS », que ma nature polyamoureuse m’oblige à accorder au pluriel).

Est-ce un hasard si tu as lancé ce fil dans la rubrique « Engagement » ?

***Christiane Singer in « Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies »

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

NoeLutin

le mercredi 09 novembre 2011 à 23h06

Pour moi un couple c'est une définition très variable. Mais en ce qui me concerne, il y a couple lorsque trois "piliers" sont présents. Je dois cette grille à un ami mais je me la suis appropriée et elle me semble une base de réfelxion assez intéressante et ouverte.

- L'affectivité (sentiment, amour, tendresse... à chacun d'apprécier)

- La sexualité (Bon on me dira qu'il y a peut-être des couples asexuels mais même ceux-là ont en quelque sorte une définition de la sexualité qu'ils souhaitent partager... ceci dit sans sexualité... on s'éloigne peut-être bcp de la définition courante)

- Un projet commun {Du plus dense (maison, enfants...) au plus léger (partir en voyage, faire une collection de timbre)}. Pour moi c'est ce qui va jouer, unir au quotidien et donne une raison 'pratique', concrête d'être ensemble et de vouloir se définir comme une 'entité'.

A ce titre, je considère que comme polyamoureux ont peut avoir plusieurs couples. Les 'curseurs' sur les trois piliers peuvent varier suivant les relations avec l'un ou l'autre partenaire. De même pour une configuration 'ménage à trois ou plus'... les trois éléments devraient aussi pouvoir être présents.

Certes, cette lecture n'est pas romantique mais je pense qu'elle a le mérite de préciser les choses voire même de rester conscient sur ce qui peut à un moment ou l'autre de nos vies si changeantes poser problème.

A mon avis si un des piliers devient absent... le couple est en danger.

Bien à vous :-)

#
Profil

Lilly

le mercredi 09 novembre 2011 à 23h22

Coucou
Amour = avoir envie d'être avec l'autre souvent,
ce qui aboutit à avoir envie de vivre ensemble.
Qu'est ce qui est difficile à comprendre ?

C'est sûr que si aimer consiste pour toi à rester la plus distante possible, tu risques de générer de l'incompréhension chez tes amoureux.

Je précise que ça n'engage que moi, et que je sais bien que tout le monde ne pense pas comme moi, loin s'en faut.

@Coucou, je sais que LittleJohn t'a fait la même remarque sur un autre fil, mais, sans dec', ce serait cool d'exprimer ton avis de façon moins péremptoire (parce que ta dernière phrase ne sauve rien). C'est comme ça que toi, tu vois et vis tes relations, cool, mais c'est pas le cas de tout l'monde. Et respecter les modes de relation des autres ça pourrait être sympa, surtout sur un forum poly. Merciii !

...

Je pense qu'effectivement dans l'imaginaire mainstream, le couple se définit en termes de vie commune, de projets à long terme, d'enfants, de mariage/PACS,...

Est-ce qu'on peut avoir tout ça sans être un couple ? Ou ne rien prendre là-dedans et être en couple quand même ? Sans doute...

Je vois le couple comme une entité. Pour moi un couple c'est quand le "nous" prend le dessus sur le "je et le "tu". Ça rejoint sans doute les "responsabilités" dont tu parles Janis.

Dans mon esprit la notion est négative. Et j'ai du mal à piger pourquoi même si je me tritouille le cerveau depuis tout à l'heure. Sans doute pour des raisons persos, parce que les expériences de couple que j'ai vécues ont été désagréables, parce que je me suis retrouvée dans un modèle où, une fois le couple acquis, on ne demande plus son avis à l'autre.

J'm'intéresse au polyamour et aux relations non-exclusives pour la possibilité d'aimer sans être en couple. Ça me semble plus intéressant que la possibilité de vivre plusieurs couples à la fois, que je vois comme de multiples enfermements.

Mais c'est clair que c'est difficile à faire comprendre aux gens (même dans le milieu poly visiblement) qu'on peut aimer quelqu'un·e sans vouloir vivre avec.

#
Profil

Lilly

le jeudi 10 novembre 2011 à 00h01

NoeLutin
Pour moi un couple c'est une définition très variable. Mais en ce qui me concerne, il y a couple lorsque trois "piliers" sont présents.

- L'affectivité

- La sexualité

- Un projet commun

C'est une définition de l'amour ça, plutôt que du couple, non ?

@ Janis :
J'ai oublié un truc fondamental : le couple c'est aussi - surtout ? - le regard de la Société. On devient un couple quand les gens nous voient comme tel. Et le couple c'est la manifestation sociale de l'amour qu'on porte à l'autre.

#
Profil

NoeLutin

le jeudi 10 novembre 2011 à 00h11

Ben non, je ne pense pas que c'est une définition de l'amour.

D'ailleurs j'ai renoncé depuis longtemps à définir ce sentiment. Les émotions s'accomodent mal des mots. Ces dernier ne sont que des rationnalisation. Les subjectivites sotn de toute façons telles que tout le monde crois savoir ce que c'est et personne ne s'entends sur les mots.

Moi l'amour je le vis :-) Je peux aimer une minute, aimer une image, aimer des semaines, des mois, des années... Je suis encore amoureux de ma maitresse d'école et j'ai 42 ans :-). J'ai deux amour platonique (ces gentilles ne m'ont pas dit oui mais elle ont eu la classe de ne jamais me dire non )

J'insiste, c'est bien une définition du couple. Pas besoin de projet pour aimer, pas besoin non plus de sexe pour aimer... (dans affectivité j'aurais pu rajouter 'amitié')

(voilà ... en vrac hein, comme ça vient)

#
Profil

Marty123

le jeudi 10 novembre 2011 à 01h46

Je pense que les mots ont un impact import sur notre façon de voir "l'autre" et de vivre notre relation avec lui/elle.
Le mot couple, comme le mot amoureux/amoureuses, sont, selon moi, des mots qui nous ramènent à une vision monogame de l'amour.
Je veux bien les utiliser durant la phase passionnelle d'une relation, car durant cette période, ils correspondent encore à ce que je ressens pour "l'autre" et à ma façon de vivre mon amour avec lui/elle, mais lorsque ma relation évolue, que la passion diminue; que je redeviens autonome affectivement ; que je n'idéalise plus l'autre; j'abandonne ces mots et je les remplacent par d'autre.
Les garder m’amènerai à m'enfermer inutilement dans une vision obsolète de ma relation avec l'autre.
(Mais peut-être que les mots n'ont pas autant d'importance pour tout le monde.)
Moi, j'appelle toutes mes relations simplement mes amis/es (ça va de celle avec qui j'habite à celui avec qui je vais jouer au foot le week-end ; de celles/ceux que j'embrasse ou pas à celles avec qui j'ai des relations sexuelles ou platoniques ).
Je trouve que considérer l'autre "simplement" comme un(e) ami(e) permet de le/la désacraliser et donc de simplifier notre relation avec lui/elle (et dans mon cas, de rester moi-même ).

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

#

(compte clôturé)

le jeudi 10 novembre 2011 à 08h45

Merci à tous,
il y a plein de réponses que je trouve très éclairantes dans des sens différents.
Coucou, tu écris :
Amour = avoir envie d'être avec l'autre souvent, ce qui aboutit à avoir envie de vivre ensemble.

Mes questions viennent du fait que justement, la liaison des deux n'est pas pour moi nécessaire comme elle semble l'être pour toi.
Je peux aimer à la folie des individus avec lesquels jamais jamais jamais ne m'effleure l'envie de cohabiter (parce que 1) je sais qu'on se mettrait sur la tronche au bout de 10 minutes 2) ça casserait quelque chose). Et avec mon cohabitant à moi, il y a des tas et des tas de journées où je rêverais de ne plus le voir, lui et son nez au milieu de la figure, tous les jours que Dieu fait. Parce que oui je l'aime, mais j'aime moins ses chaussettes sales, sa mauvaise humeur certains jours, et puis parce que j'ai besoin d'espace à moi et de temps à moi. Et que qui dit cohabitation dit espace plutôt à "nous" et répartition du temps en fonction non pas de soi-même mais d'abord de la relation.
Bon, il y a aussi des tas et des tas de journées où je suis heureuse de sa présence, de l'intimité que nous avons, de me réveiller à côté de lui, de partager des moments privilégiés avec lui.
Et puis effectivement c'est plus facile quand on a des enfants.
Mais pour autant ce n'est pas simple. Autant je suis la première à dire que la vie cohabitante ce n'est pas QUE les chaussettes sales, autant je suis aussi tout à fait sensible au problème que posent les dites chaussettes sales quand on est pas, comme moi, un être facilement cohabitant.
Alors oui je sais que plein de gens raisonnent plutôt comme toi que comme moi, mais c'est un fait : je ne peux pas associer comme tu le fais amour et vie de couple spontanément.

Lilly :
Je vois le couple comme une entité. Pour moi un couple c'est quand le "nous" prend le dessus sur le "je et le "tu". Ça rejoint sans doute les "responsabilités" dont tu parles Janis.

Oui, c'est un peu ça. C'est aussi le moment où on accepte d'abdiquer une part de liberté pour endosser une partie de la responsabilité du bonheur de l'autre. On accepte l'idée qu'il y a un lien particulier entre deux personnes qui engage, que l'on entre dans un système de droits et devoirs et plus de gratuité, et donc que la cassure de ce lien va faire souffrir pas seulement à cause du chagrin d'amour mais aussi par la chute du système qu'elle va entraîner.

Dans mon esprit la notion est négative. Et j'ai du mal à piger pourquoi même si je me tritouille le cerveau depuis tout à l'heure. Sans doute pour des raisons persos, parce que les expériences de couple que j'ai vécues ont été désagréables, parce que je me suis retrouvée dans un modèle où, une fois le couple acquis, on ne demande plus son avis à l'autre.

J'en suis même pas encore à considérer unilatéralement la notion comme négative. Disons que ce qu'on nous propose comme idée et modèle du couple, je le ressens effectivement comme une arnaque dans 90% des cas. La question c'est aussi justement ça : est-ce qu'il peut y avoir un couple qui ne soit pas, d'une façon ou d'une autre, une arnaque ? Est-ce que le couple est liberticide en soi ou juste parce qu'on y projette des choses qu'on ne devrait pas y projeter ?

Noelutin : ta définition est pas mal, je trouve, moi elle me plaît bien. Mais elle est très minimaliste, justement. En ce cas, il y a des tas de couples qui s'ignorent ;)
Et ça irait dans le sens de désacralisation dont parle Marty123... Moi ça m'intéresse bien tout ça, que tout ce bazar devienne un truc simple et aéré, au lien d'un empilement d'injonctions dans lesquelles je me noie.

#
Profil

patrice-86

le jeudi 10 novembre 2011 à 09h32

Lilly, pour moi aussi le mot "couple" a une connotation négative... pour la raison que tu donnes toi-même : "le couple c'est la manifestation sociale de l'amour qu'on porte à l'autre". Ou pour le dire autrement : c'est le mot que la société utilise pour nous faire rentrer dans ses petites cases. Et ça, ça m'insupporte que l'on cherche à me faire rentrer dans une case !

Je pense que réfléchir à la notion de couple en éliminant l'exclusivité et la fusion, c'est jongler avec plein d'oxymores du type "couple ouvert". Parce que pour la société, quand on nous met dans la case "couple", il n'y a pas d’ambiguïté, ça veut dire "casé", donc "pas disponible", du moins, pas ouvertement...

#

(compte clôturé)

le jeudi 10 novembre 2011 à 09h57

Janis
Est-ce que le couple est liberticide en soi ou juste parce qu'on y projette des choses qu'on ne devrait pas y projeter ?

Non le couple n'est pas liberticide. Oui, nous projetons, par conditionnement social, moral, psychologique, quantité de contraintes qu'on ne devrait pas y projeter.

Marty123
Je trouve que considérer l'autre "simplement" comme un(e) ami(e) permet de le/la désacraliser et donc de simplifier notre relation avec lui/elle (et dans mon cas, de rester moi-même ).

Quelle est cette sacrée manie de vouloir tout désacraliser ? Non allez, je rigole. Mais je me demande juste : à vouloir mettre toutes les relations sur le même plan, n'y a-t-il pas une forme de tiédeur ? Une manière de tout jouer sur un ton monocorde, sans nuances, sans accents ?

Moi je me dis que le couple est peut-être cet édifice principal, fondateur, indéfectible - sur lequel peut notamment s'appuyer la progéniture pour se construire à son tour correctement - autour duquel peuvent venir se construire d'autres choses plus "simples et aérées"...

#

p'tite julie (invité)

le jeudi 10 novembre 2011 à 10h30

: c'est le mot que la société utilise pour nous faire rentrer dans ses petites cases. Et ça, ça m'insupporte que l'on cherche à me faire rentrer dans une case !

couple, pour moi, c'est apporter de l'amour à l'autre et réciproquement, pas de rentrer dans le bloc prédéfini de notre société actuelle, c'est dépassé ou en avance,( ce que je pense), je vais faire bondir quelques uns sur ce site, l'amour ne se juge pas sur du matériel, une progéniture, ou une maison, c'est un aboutissement, d'accord ! mais pas un sentiment, l'amour se vit et ne se discute pas ...

#
Profil

patrice-86

le jeudi 10 novembre 2011 à 10h31

"Quelle est cette sacrée manie de vouloir tout désacraliser ?"

Juste le constat comme quoi, dès que l'on décide que quelque chose est "sacré", c'est la fin du débat, il n'y a plus de discussion... Le "sacré" c'est le summum de l'argument d'autorité, ça justifie tout : le pouvoir absolu, la morale surplombante et même, pour certains, la possibilité de dénier à la différence le droit d'exister.

Bien sûr, on peut dire pour tout et n'importe quoi "çà, pour moi c'est saaaacré !" comme on dirait "j'adoooore ce truc". Bien sûr... Comme on dit "je crois" pour dire "p't être ben que c'est ça que je pense"... Après tout, si c'est pour "désacraliser" ces mots lourds de sens... :-)

#

(compte clôturé)

le jeudi 10 novembre 2011 à 11h01

couple, pour moi, c'est apporter de l'amour à l'autre et réciproquement

Oui, ok, mais justement, on peut très bien apporter de l'amour à l'autre en dehors d'une relation "de couple"...
Alors finalement, est-ce qu'il y a lieu d'établir un lien entre l'amour et le couple ?

Philia, je suis heurtée (au bon sens du terme, c'est positif pour moi) par ce que tu écris :
Quelle est cette sacrée manie de vouloir tout désacraliser ? Non allez, je rigole. Mais je me demande juste : à vouloir mettre toutes les relations sur le même plan, n'y a-t-il pas une forme de tiédeur ? Une manière de tout jouer sur un ton monocorde, sans nuances, sans accents ?

Disons que la sacralisation du sentiment amoureux, je trouve de mon point de vue qu'elle fait du mal - et moi j'aime pas souffrir, ou alors dans un cadre bien défini au préalable :-)
Et j'ai aussi du mal avec l'idée de hiérarchiser mes relations - parce que tous ces gens que je fréquente, je tiens à eux, même si je ne suis pas "en couple" avec tous. Désacraliser serait alors une solution pour lisser mes différents liens, dans le but de les égaliser, mais pas de les affaiblir.

Moi je me dis que le couple est peut-être cet édifice principal, fondateur, indéfectible - sur lequel peut notamment s'appuyer la progéniture pour se construire à son tour correctement - autour duquel peuvent venir se construire d'autres choses plus "simples et aérées"...

Il y a de ça, c'est évident. Mais tu penses vraiment qu'on ne peut rien construire qui soit tout autant fondateur, indéfectible, etc, si on fait l'économie du couple ? Que si pas de couple, rien de solide ?
Pour moi le schéma relation primaire / relations secondaires n'est pas du tout le seul schéma poly possible. Et même si c'est le mien, par la force des choses, au moins sur le papier, je ne suis même pas certaine que ce serait celui que je préfèrerais vivre. Parce qu'il engage à des choses assez aliénantes et qu'il fait payer un peu cher le sentiment de protection et de confort que donne le "couple principal".
Après, la question de la progéniture complique encore les choses. Est-ce que c'est mieux pour un enfant de se développer dans le cadre d'un couple ? Là aussi c'est sécurisant, c'est certain. Mais est-ce que ça ne ferme pas d'autres portes - en particulier la possibilité d'élever un petit être en lui montrant que le couple n'est pas la seule voie viable, qu'il a le droit éventuellement de faire d'autres choix de vie ? Même et y compris s'il veut avoir lui-même plus tard des enfants ?

#
Profil

eolemuse

le jeudi 10 novembre 2011 à 11h11

j'ai été attiré par ce questionnement

désolé tous pour mes posts un peu sentencieux ou généralistes j'imagine souvent, pas mon désir tout au contraire (mon côté historien/archéologue : toujours intéressant de se replacer sur une ligne de temps invisible et aborder les questions sous des angles marrants) :-P

3 temps : ou comment passer de sociétés matriarcales à des sociétés patriarcales vers une société du multiple...?

L'idole, la terre mère :

le couple a du être une évidence "naturelle" et pragmatique à la fin de la préhistoire avec un réchauffement climatique énorme (tiens!?) et progressivement les débuts de la sédentarisation et de l'agriculture/élevage puis l'invention du commerce : faire des bébés physiquement "à deux"et les élever dans des civilisations de plus en plus complexes structurellement, tournées vers le travail et le sens de la propriété, du pouvoir...le sens de la famille élargie/tribu en groupes réduits mais soudés s'est probablement dissout petit à petit pour arriver à des concepts de cellule familiale nucléaire dans un corps social directif...en gros le couple ce serait la mémoire transposée de la tribu nomade ancestrale mis sous la coupe d'une volonté "au dessus" immobile elle (dans son désir de cohésion)

Dieu ou la tentation de pureté :

pour devenir par dérivation un outil social de contrôle pratique ces 2/3 derniers millénaires surtout via les religions monothéistes : en occident l'église qui contrôlait les vies de la naissance à la mort (et même après et avant) pour obtenir un mélange des genres entre identité, sentiments, sécurité, fidélité (fides, la racine de la foi...et de l'argent : fiduciaire) et un corps cadenassé (où l'amour se résumait à : tu aimeras ton conjoint même si tu l'aimes pô et tu pondras...encore encore encore..tu n'as que des devoirs! parce qu'on ne vit pas longtemps et que tu es soumis à des seigneurs terrestres et spirituels...si tu es gentil et fais tout ce qu'on te dit tu iras au paradis...mais plus tard hein...pas de ce monde ça)...et gare aux transgressions : c'est fatal! (le syndrome roméo et juliette qui est en fait un thème très courant tout au long du moyen age dans la littérature...alors dans ces conditions oubliez d'aborder seulement l'idée de sortir du cadre imposé )

Moi et toi et nous :

pour arriver récemment à une société de technologie, de révolutions, de "droits" et du temps libre! On a repris le pouvoir en partie (relativement fragile :-( ) et on explose les scores de durée de vie (passer de 40 ans à 90 ans en un siècle et demi ça remue votre fond de pension ^^ ) et aussi début de la découverte de notre psyché profonde (la boite noire de Pandore cachée à vos yeux de pécheurs!) + la libéralisation des moeurs des années 60...mais pas forcément libéralisation de tous nos usages pratiques et éducatifs pour raisons économiques et politiques : et nous voici avec toutes nos contradictions millénaires! Et voilà aussi le nomade de retour en nous en lutte avec le sédentaire

voilà je crois notre héritage du "couple historique" en résumé "reader fast digest" et ce qui fait que parfois on est perdu au milieu j'imagine ou réitère les mêmes schémas ou le prend encore comme exemple en image de référence pour tenter de s'en éloigner même en poly? Parce qu'on se pose en s'opposant (Bergson)

et même en sachant tout ça..pas toujours plus de réponses que les autres sur le comment faire et penser ...des pistes, des idées, peu de certitudes à part historiques :-/

Des fils à démêler...on tâtonne...un siècle,deux siècles c'est rien ... mais on s'en fout! On veut vivre et aimer maintenant!!!!

alors en chantier tout le monde, port du casque obligatoire! les réponses seront individuelles et communes non? ;-)

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#

clairobscure (invité)

le jeudi 10 novembre 2011 à 16h29

décidemment, je me mêle de tout ces temps-ci :P
Bon, comme tu dis, c'est une question de vocabulaire: un couple c'est être "ensemble": et ça veut dire quoi? comme tu constate, c'est pas forcément physique.
Il me semble que c'est une idée partagée par les membres du couple qu'on est en contact, qu'on a un lien particulier (quelconque après tout, mais positif et volontaire). L'envie d'être "ensemble", ça veut tout dire pour soi et rien dire pour les autres ;)

#
Profil

Marty123

le jeudi 10 novembre 2011 à 16h37

Philia

Quelle est cette sacrée manie de vouloir tout désacraliser ? Non allez, je rigole. Mais je me demande juste : à vouloir mettre toutes les relations sur le même plan, n'y a-t-il pas une forme de tiédeur ? Une manière de tout jouer sur un ton monocorde, sans nuances, sans accents ?

Ben, j'sais po. Il y a celle à qui je dis : " je t'aime" sur un ton mielleux, en la regardant droit dans les yeux, et celui à qui je dis : "je t'aime, mec !" en lui donnant une claque dans le dos. L'une que j'appelle mon cœur, l'autre ma couille ( :-) ). Pour moi, se sont deux relations que je vis de la même façon mais dans lesquelles l'amour s'exprime différemment. Et c'est simplement l'instant durant lequel s'exprime cet amour que je ne met pas au même plan. Pour moi, c'est l'instant qui est sacré.
Je ne suis pas sur d’être très clair.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

NoeLutin

le jeudi 10 novembre 2011 à 17h41

Plus haut j'évoquais ma 'grille' (Affectivité, sexualité, project commun). Ce n'est donc pas une définition mais des repères utiles. C'est aussi pour moi un outil pour réfléchir à ce qui fonctionne et ne fonctionne pas dans la relation de couple.

Maintenant, je suis assez partisant de laisser les gens définir eux-mêmes pour eux-mêmes ce qu'isl appellent un couple. Si deux personnes se disent : "Nous sommes un couple et en voici les contours"... Je pense qu'il est relativement peu important d'épiloguer avec eux.

Le soucis est probablement davantage dans l'opinion publique et le sens commun. Dès que le mot couple est prononcé, la majorité des gens se font une image préconstruite. Je pense que c'est surtout ces préconstructions qu'il est utile de déconstruire si l'objectif est de faire évoluer le sens commun vers plus d'ouverture et de nuance.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

Coucou

le vendredi 11 novembre 2011 à 09h25

Janis
......je ne peux pas associer comme tu le fais amour et vie de couple spontanément......

Et bien dans ce cas, pourquoi s'acharner à vivre en couple. Je ne pense pas que le couple soit nécessaire pour vivre, même pour avoir des enfants. Il suffit de mener ta propre construction, par exemple de vivre seule en ouvrant tes portes à qui tu veux quand tu veux, et en allant chez ceux qui t'ouvrent leur porte quand ils en ont envie. Tu vivra bien plus heureuse sans te soucier de ce que les autres font.

Les autres font différemment de toi parce qu'ils ne sont pas construits comme toi, c'est tout. Ils aiment le couple (ou ils vivent en couple parce que ça se fait, quitte à en souffrir). Mais toi tu n'aime pas le couple, et tu n'es pas du genre à perdre l'essence de ta vie pour faire comme tout le monde.

Pourquoi te violer toi-même ? Est ce que c'est parce que les autres ne comprennent pas et que tu veux être comprise ? Est ce que c'est parce que certaines personnes que tu aimes se distancent de toi quand tu es toi-même ?

Si c'est ça, alors tu es comme tout le monde. Quand on devient soi-même, on perd certaines relations mais on en trouve d'autres qui nous correspondent mieux.

Il y a toujours quelqu'un sur terre qui ne nous comprend pas.
Et il y a toujours quelque part sur terre, quelqu'un qui pourrait nous comprendre. S'il n'est pas accessible, c'est qu'on ne l'a pas encore trouvé.

Bien sur, perdre une relation n'est jamais agréable, mais perdre le fil de sa vie, c'est encore pire.

Rechercher activement ce que l'on peut avoir, et renoncer à ce que l'on ne peut pas avoir, est la solution au genre de problème que tu soulève. Ce qui se résume par l'expression : "s'accepter".

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#

(compte clôturé)

le vendredi 11 novembre 2011 à 10h35

Donc, parce que moi je ressens les choses de telle façon et mon compagnon de telle autre, je devrais foutre en l'air une relation de plus de dix ans et partir vivre ma vie en laissant mari et enfant derrière moi ?

S'accepter, trouver le fil de sa vie, tout ça, c'est super, je signe.
Mais en l'occurrence est-ce que ça serait pas un peu jeter le bébé et l'eau du bain ?

Désolée Coucou, je sais que tu écris avec sincérité et bonnes intentions, mais pour le coup je trouve ça un peu facile.
Dans mon cas ce ne serait pas perdre une relation parmi d'autres, ce serait changer radicalement de vie, et ça pourrait faire d'énormes dégâts sur moi et sur les autres concernés (et c'est pas DU TOUT à l'ordre du jour !). C'est bien pour ça que sur ce fil je n'attends pas spécialement des conseils sur ma vie à moi - que je livre un peu ici simplement à titre d'exemple - mais plutôt un partage de réflexions générales sur ce qu'est un couple et sur ce que cette notion signifie pour les différents polys ici présent.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion