Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Mono / Poly, un déséquilibre de pouvoirs ?

#
Profil

demeter

le lundi 28 octobre 2013 à 22h06

oui, da, je comprends... :)

#
Profil

dominik

le jeudi 31 octobre 2013 à 13h14

@siesta => je cherche à simili modéliser ça, parce que pour le peu qu'on peut répondre de vraiment utile en réaction aux confidences qu'on nous fait ici, ce serait pas mal d'être capable de dire "vous en êtes là, la force qui est développé en réaction à la tienne c'est ça, et ça veut pas forcément dire que c'est contre toi, les question que tu peux te poser en dehors de ces forces et qui ont du sens sont [détails en fonction des ressentis exprimés et de la personnalité qu'on découvre].

je crois que ces "modélisations" existent déjà sous la forme de concepts étudiés/énoncés en psychologie tels que la théorie de l'attachement ...

exemple avec cet extrait d'un wiki article ( attachement chez l'adulte ) dont je met plus loin le lien complet ...
si l'on considère que des "événements" , comportements, attitudes , bouts d'histoire perso , etc, ne peuvent pas être isolés de l'histoire complète d'un individu, il sera intérressant de lire tout l'article ...
bien que n'étant pas du tout un spécialiste des sciences humaines , j'ai eu l'okaze de tchatcher avec des psycho qui faisaient souvent référence à ce concept ...
entendu aussi que certains concepts de psycho sont parfois controversés , ne font pas complètement l'unanimité , sont sujets à évolution, etc, il conviendra de pendre ces lectures avec un peu de recul ...
pour ma part , je trouve ce concept là plutôt "éclairant", dans la mesure de mes connaissances limitées dans ce domaine ...
à noter aussi qu'il est question d'éthologie quelque part dans cet article .....

Attachement chez l'adulte et Évaluation de l'attachement.
La théorie de l'attachement fut étendue aux relations sentimentales adultes à la fin des années 1980 par Cindy Hazan et Philip Shaver. Quatre styles d'attachement sont couramment décrits chez l'adulte : sécure, anxieux-soucieux, distant-évitant, craintif-évitant . Ils correspondent plus ou moins aux types d'attachement de l'enfance : sécure, insécure-ambivalent, insécure-évitant et désorganisé/désorienté. Les adultes sécures tendent à adopter une vision positive d'eux-mêmes, de leurs partenaires et des relations qu'ils nouent. Ils se sentent à l'aise dans l'intimité comme dans l'indépendance, équilibrant les deux. Les adultes anxieux-soucieux recherchent un haut niveau d'intimité, d'approbation et de réponse à leurs initiatives de la part de leurs partenaires, se montrant excessivement dépendants. Ils ont tendance à être moins confiants, à adopter une vision moins positive d'eux-mêmes et de leurs partenaires, et sont aussi susceptibles de montrer au sein de leurs relations un haut degré d'expression de leurs sentiments, de souci et d'impulsivité. Les adultes distants-évitants recherchent un haut niveau d'indépendance, et semblent souvent éviter totalement l'attachement. Ils se perçoivent eux-mêmes comme auto-suffisants, non susceptibles de subir les sentiments d'attachement et n'ayant pas besoin de relations proches. Ils tendent à faire taire leurs sentiments, gérant le risque de rejet en gardant eux-mêmes à distance leurs partenaires, dont ils ont bien souvent une assez pauvre opinion. Les adultes craintifs-évitants éprouvent des sentiments partagés au sujet des relations proches, désirant et à la fois se sentant mal à l'aise avec la proximité émotionnelle. Ils ont tendance à se méfier de leurs partenaires et se considèrent eux-mêmes indignes d'affection (unworthy). De la même façon que les adultes distants-évitants, les adultes craintifs-évitants tendent à fuir l'intimité, réprimant leurs sentiments ...

lien vers l'article => fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_l'attachement

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

#
Profil

LuLutine

le jeudi 31 octobre 2013 à 14h53

C'est intéressant.

Je crois que, de plutôt anxieuse, je suis devenue plutôt sécure.

#
Profil

ScottBuckley

le mercredi 05 août 2015 à 10h59

Hello,
Pour celles & ceux qui lisent l'anglais, Franklin Veaux parle des relations entre monos & polys
sur son site More than two :
https://www.morethantwo.com/poly-mono.html

Si vous arrivez à en comprendre et traduire des passages ici, n'hésitez pas ;)

Scott

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

artichaut

le dimanche 29 mars 2020 à 11h06

J'ai un peu envie de relancer ce sujet…

(bon déso, contrairement à mon habitude, je n'ai pas lu absolument tout le fil avant de le relancer, donc il se peut que je fasse des redites)

1.
Le principal déséquilibre de pouvoir que je vois du point de vue du mono, c'est dans un couple mono-de-fait installé depuis longue date, lorsque l'un·e des protagonistes veut "ouvrir le couple" et tente de convaincre l'autre.
Ceci a déjà été traité dans le fil, et reviens souvent sur le tapis sur ce forum.
Je ne pense pas qu'on puisse pourtant parler de déséquilibre de pouvoir entre poly et mono, car pour moi à ce stade il y a juste 2 monos-de-fait qui tente d'emmener leur couple dans leur sens, contre le gré de l'autre. Et le problème ne me semble pas tant la question du poly ou du mono, mais bien ce "contre le gré de l'autre" qui vient remettre en cause les fondements même (même si bien souvent présupposés et entérinés pas mimétisme social) du couple, ou du lien-couple, mais aussi possiblement de ce qui fait relation (que l'on soit mono ou poly).
Et ce me semble la conséquence d'un sur-investissement mono du couple (de part et d'autre, même si ça s'est fait "de fait" et non de manière discutée).
Alors oui, je trouve que bien souvent le prétendu-poly à ce stade use souvent d'un déséquilibre de pouvoir, à savoir qu'il est +facile de casser la baraque que de la rénover et qu'il est un peu facile de demander à l'autre de se contenter des ruines.
C'est, me semble t-il, ne pas prendre en compte, que l'on a soi-même été mono pendant toutes ces années (même et surtout si on pratiqué l'adultère) et sous-prétexte d'un "besoin de liberté" vouloir le beurre et l'argent du beurre.
Sans compter que ce déséquilibre peut être traversé et amplifié par des dominations structurelles.
Mais à mon sens il ne s'agit pas d'un déséquilibre de pouvoir inhérent au poly/mono, mais plutôt d'une crise spécifiquement mono, du couple mono-de-fait se confrontant à ses propres contradictions se découvrant humains au lieu de statues-coulées-dans-le-marbre.
Et du coup, ce dont il s'agit là, c'est la prise en compte de ces x années mono-de-fait passées ensemble et comment continuer à avancer ensemble. Ce qui ne saurait se faire ni rapidement, ni avec la désinvolture, qui parfois caractérise le "néo-poly" revendiquant sa liberté.

2.
(déso @Siestacorta, si j'ai mal compris et que ce n'est pas de ça dont tu voulais ici jadis parler)
En revanche je vois un très fort déséquilibre de pouvoir entre mono et poly, mais cela à un niveau +sociétal, +structurel (et non au sein des couples mono-de-fait).
Et là pour moi, sans hésitation aucune, c'est le poly qui subi l'oppression. Et être poly n'est pas facile dans ce monde là…
- déjà il y a presque une injonction à l'adultère, et refuser ce schème là c'est passer vraiment régulièrement pour un·e fouteur/fouteuse de merde
- nos relations sous-prétexte qu'elles sont non-possessives ou non-normées sont très régulièrement minimisées (et c'est vraiment fatiguant à la longue), y compris parfois par ces relations elle-même, ou par des proches ne s'en rendant absolument pas compte : ce n'est pas fait avec mépris, méchanceté, condescendance… mais inconsciemment (et c'est presque pire à vivre, je trouve)
- malgré tout ce qu'on tente difficilement de mettre en place, on n'est pas à l'abri d'un·e mono qui passe, qui s'en fout de notre polyamour et qui sans complexe aucun cherchera à détourner l'une de nos relations du polyamour
En clair, on a beau tenter de construire un monde, sinon meilleur, du moins +à notre image, on se prend sans cesse dans la tronche l'ultra-prééminence du bloc monogame.
Et j'aurais du coup du mal à entendre une éventuelle velléité à définir un déséquilibre de pouvoir poly s'exerçant sur les monos.


Je ne sait pas si ceci, fait avancer la réflexion initiée en 2013. Mais j'ai le sentiment qu'on se perd parfois —moi le premier— dans trop de confusion.
Peut-être aussi par le fait que ce forum —accueillant sans cesse des personnes questionnant leur monogamie— concentre finalement +de monos que de polys ?
Enfin je ne sais pas. J'ai le sentiment de développer là tout de suite une intolérance à la monogamie. Peut-être que ça biaise mes propos et ma réflexion.

#
Profil

cactus

le dimanche 29 mars 2020 à 13h00

Bon, j'ai pas non plus lu/relu tout le fil de discussion, et je m'excuse par avance si je suis à côté de la plaque, mais dans ton post @artichaut, il y a vraiment un truc qui m'interpelle, c'est ça :

artichaut
Le principal déséquilibre de pouvoir que je vois du point de vue du mono, c'est dans un couple mono-de-fait installé depuis longue date, lorsque l'un·e des protagonistes veut "ouvrir le couple" et tente de convaincre l'autre.
Ceci a déjà été traité dans le fil, et reviens souvent sur le tapis sur ce forum.
Je ne pense pas qu'on puisse pourtant parler de déséquilibre de pouvoir entre poly et mono, car pour moi à ce stade il y a juste 2 monos-de-fait qui tente d'emmener leur couple dans leur sens, contre le gré de l'autre.

J'ai vraiment, mais alors vraiment, du mal avec la vision "les amours plurielles, c'est un choix de couple" et la notion "d'ouvrir le couple". Je ne le vois pas comme ça du tout, et le le vit pas comme ça non plus.

Le mot "convaincre" me gène vraiment : convaincre de quoi ?
Je n'ai pas "convaincu" mon conjoint, je lui ai expliqué ce que j'avais décidé de faire. Là où on discute, c'est sur ce qui peut lui faire peur, le rendre triste, en colère, etc.... de façon à ce que ce choix l'impacte le moins possible.
Je ne tente pas d'emmener mon "couple historique" dans un sens comme dans un autre, ce choix, je l'ai fait pour moi, pas en ayant en tête mon couple historique.
Pour moi, c'est mon choix personnel, individuel, comme n'importe quel autre choix de vie ni plus ni moins.

Il peut être impactant logistiquement parlant dans une relation installée de longue date, avec une maison commune et des enfants, mais moins que de dire "je veux aller bosser dans telle ville à l'autre bout de la France", ou alors, "je ne veux plus habiter à la campagne mais à la ville".
C'est un choix personnel comme de dire "je veux faire de la moto". Si le mono n'a pas envie de faire de la moto, a peur de faire de la moto, ben je ne vais pas l'emmener faire de la moto hein. Et je ne vois pas au nom de quoi il m'empêcherait de faire de la moto. Là où on discutera, ça sera sur les aspects logistiques - temps passé à faire de la moto, etc...et aussi s'il a peur pour moi parce que je fais de la moto - sachant que financièrement, il est bien entendu que j'assume complètement mon amour de la moto, puisque ça ne concerne pas le mono.

Ce qui complique les choses, c'est la vision imposée du couple (fusionnel), de l'amour (exclusif), du rapport au corps et à l'appartenance des corps, mais franchement, est-ce qu'il devrait au fond - si notre sociéte ne mettait pas tout ces enjeux sur le couple, le sexe, l'amour - y avoir une réelle différence entre choisir de cultiver plusieurs relations sentimentales en parallèle et faire de la moto ?

Je trouve que cette vision "amours plurielles = choix de couple" - je raccourcis volontairement hein - génère justement plein de problèmes!

#
Profil

artichaut

le dimanche 29 mars 2020 à 13h55

Disons que j'ai le sentiment que ramener de but-en-blanc dans un couple mono-de-fait historique (ou encore pire dans un couple mono-par-choix) la décision personnelle de "je vais voir ailleurs, mais je te le dis", ça me semble de l'adultère déculpabilisé, ou encore se dédouaner de l'impact que ça peut avoir sur l'autre.

Et trop souvent ça me semble présenté justement comme un choix "purement personnel" (libéral même si on veut), qui en fait n'est autre qu'un choix imposé à l'autre (autre qui souvent n'a pas beaucoup d'autres solutions que d'accepter).

Bien sûr, qu'en-soi c'est un choix personnel, mais quid de ce que ça produit chez l'autre ?

J'ai le sentiment, que pour amener ça dans un couple historique mono-de-fait, ça demande déjà beaucoup de déconstruction commune en amont, c'est à dire prendre acte de ce que l'on a soi-même —au moins par omission— fait exister pendant plusieurs années le schéma monogame et tout ce qui va avec.

C'est là la différence avec la moto. En te mettant en couple hétéro-mono-de-fait tu ne t'es généralement pas engagé·e à ne pas faire de moto, mais tu t'engages socialement de fait (surtout si t'habites ensemble, et encore pire si t'es marié·e), à ne pas aller voir ailleurs. C'est un contrat tacite (sauf décision commune de faire autrement bien sûr !).

Du coup, a minima, ça me semble à amener sur la table, non pas en mode "j'ai pris cette décision, démerdes toi avec" (qui me semble une forme d'abus de pouvoir dans le couple) mais en mode : "la situation actuelle ne me convient plus, si on veut continuer, nous avons un travail de couple à faire". Donc oui il me semble y avoir un nous quelque part.


…bon, après ça me semble différent pour un homme ou une femme, dans ce monde là, puisqu'il est socialement admis que l'on soit adultère en tant qu'homme mais pas en tant que femme.
Du coup, en contexte hétéro, ça me semble généralement +acceptable et défendable qu'une femme impose ce nouveau choix de vie à son compagnon que le contraire.

#
Profil

artichaut

le dimanche 29 mars 2020 à 14h06

…aussi dans le "je veux" (que ce soit "aller bosser dans telle ville à l'autre bout de la France", ou "ne plus habiter à la campagne mais à la ville"… ou "aller voir ailleurs"), il me semble qu'il manque souvent les questions :
- est-ce que l'autre, à lui/elle aussi la possibilité de prendre de telle décisions ?
- qu'est-ce que ça me ferais à moi si l'autre m'annonçais ça ?
- est-ce que je souhaite vraiment et sincèrement que l'autre puisse prendre pareillement de telle décisions ?
- etc

Je ne dis pas que c'est ton cas @cactus. Je ne te connais pas. Mais je vois beaucoup ça autour de moi (ici et dans les cafés poly notamment).

#
Profil

artichaut

le dimanche 29 mars 2020 à 14h14

Après, oui, je souhaite qu'on soit capable chacun·e d'assumer nos choix de vies, quelqu'il soient. C'est même sans doute un des trucs les +importants pour moi.

Mais il me semble qu'on en est encore loin sociétalement. Et qu'alors on tend souvent, avec le polyamour, à prôner et répandre —même malgré nous— une vision libérale et égoïste des relations humaines.

La critique de ce qui se fait, au sein même du milieu poly, me semble importante. Pour ne pas se penser hors du monde.

#
Profil

cactus

le dimanche 29 mars 2020 à 15h37

artichaut
Disons que j'ai le sentiment que ramener de but-en-blanc dans un couple mono-de-fait historique (ou encore pire dans un couple mono-par-choix) la décision personnelle de "je vais voir ailleurs, mais je te le dis", ça me semble de l'adultère déculpabilisé, ou encore se dédouaner de l'impact que ça peut avoir sur l'autre.

Et trop souvent ça me semble présenté justement comme un choix "purement personnel" (libéral même si on veut), qui en fait n'est autre qu'un choix imposé à l'autre (autre qui souvent n'a pas beaucoup d'autres solutions que d'accepter).

Bien sûr, qu'en-soi c'est un choix personnel, mais quid de ce que ça produit chez l'autre ?

Je ne suis pas d'accord, faire un choix personnel ça ne dédouane pas de se préoccuper de ce que ça provoque chez l'autre et d'être attentif à comment l'autre le vit, d'en discuter, de réajuster, etc...
C'est pas "je fais ce choix, démerdes-toi avec", c'est "je fais ce choix, mais j'ai les oreilles grandes ouvertes et j'essaie de t'aider à bien le vivre s'il t'impacte".

artichaut
J'ai le sentiment, que pour amener ça dans un couple historique mono-de-fait, ça demande déjà beaucoup de déconstruction commune en amont, c'est à dire prendre acte de ce que l'on a soi-même —au moins par omission— fait exister pendant plusieurs années le schéma monogame et tout ce qui va avec.

Alors, peut-être que dans mon/notre cas, nous avions une sorte de "terreau fertile" à cette déconstruction puisque l'un comme l'autre ne sommes pas enclins à rentrer facilement dans les schémas établis, du moins pas de façon non réfléchie, et que j'ai toujours exprimé une sorte d'indépendance personnelle, qui parait logique à mon conjoint.

artichaut
C'est là la différence avec la moto. En te mettant en couple hétéro-mono-de-fait tu ne t'es généralement pas engagé·e à ne pas faire de moto, mais tu t'engages socialement de fait (surtout si t'habites ensemble, et encore pire si t'es marié·e), à ne pas aller voir ailleurs. C'est un contrat tacite (sauf décision commune de faire autrement bien sûr !).

Tu t'engages socialement de fait à "ne pas aller voir ailleurs", par non conscience qu'il est possible de faire autrement. C'est bien là ce qui m'énerve, et les amours plurielles est loin d'être le seul exemple de "contrat tacite" ou de "c'est comme ça qu'il faut faire" qui me hérisse le poil dans le fonctionnement sociétal.

Cela dit, j'ai pris l'exemple de la moto a dessein puisque je connais un couple dans lequel monsieur, en se mettant en couple avec madame, s'est engagé à laisser tomber la moto... (mais je suis d'accord avec to "généralement", mon exemple est un cas particulier).

artichaut
Du coup, a minima, ça me semble à amener sur la table, non pas en mode "j'ai pris cette décision, démerdes toi avec" (qui me semble une forme d'abus de pouvoir dans le couple) mais en mode : "la situation actuelle ne me convient plus, si on veut continuer, nous avons un travail de couple à faire". Donc oui il me semble y avoir un nous quelque part.

Il y a un "nous" dans la gestion des sentiments et émotions négatifs que le contexte peut générer, comme c'est le cas pour n'importe quel élément qui génère de la tension et du mal-être dans toute relation : c'est pas les sources de tension qui manquent et qui nécessitent un travail de couple, sans même parler de polyamour.


artichaut
- est-ce que l'autre, à lui/elle aussi la possibilité de prendre de telle décisions ?
- qu'est-ce que ça me ferais à moi si l'autre m'annonçais ça ?
- est-ce que je souhaite vraiment et sincèrement que l'autre puisse prendre pareillement de telle décisions ?
- etc

ça serait complètement intenable et profondément injuste si l'un le pouvait et l'autre pas !

#
Profil

artichaut

le dimanche 29 mars 2020 à 16h12

cactus
C'est pas "je fais ce choix, démerdes-toi avec", c'est "je fais ce choix, mais j'ai les oreilles grandes ouvertes et j'essaie de t'aider à bien le vivre s'il t'impacte".

C'est super que tu le vive comme ça. Malheureusement ce n'est pas le cas de tout le monde, loin de là.
Et même j'ai tendance à penser que ça ne suffit pas. Cf mes questions de la fin.

cactus
Tu t'engages socialement de fait à "ne pas aller voir ailleurs", par non conscience qu'il est possible de faire autrement. C'est bien là ce qui m'énerve, et les amours plurielles est loin d'être le seul exemple de "contrat tacite" ou de "c'est comme ça qu'il faut faire" qui me hérisse le poil dans le fonctionnement sociétal.

Ah ça, c'est sûr que c'est pas le seul exemple !
Mais ce que je veut dire, c'est qu'à la fois c'est bien de changer ça, à la fois n'oublions pas d'où l'on vient et ce que pas-plus-tard-qu'hier on portais soi-même encore, tacitement.
Et ne nous mentons pas sur le fait que c'est un vrai travail et que ça prend du temps et de l'énergie de déconstruire tout ça.

cactus
Il y a un "nous" dans la gestion des sentiments et émotions négatifs que le contexte peut générer, comme c'est le cas pour n'importe quel élément qui génère de la tension et du mal-être dans toute relation : c'est pas les sources de tension qui manquent et qui nécessitent un travail de couple, sans même parler de polyamour.

Tout à fait !

cactus
ça serait complètement intenable et profondément injuste si l'un le pouvait et l'autre pas !

Et pourtant c'est souvent là que le bât blesse.
Combien de personnes revendiquent le droit à "aller voir ailleurs" et dès que l'autre fait pareil (ou pose un choix important impactant sa vie, dans un autre domaine) ne l'accepte pas !
On s'enferme tellement mutuellement. On pose tellement de bâtons à l'autre. On est tellement possessifs…
C'est pour ça que j'ai tendance à penser que le "polyamour" commence à la compersion et non au fait d'avoir plusieurs relations.

#
Profil

Caoline

le dimanche 29 mars 2020 à 16h21

Je partage l'avis de cactus. Personne n'a a décidé de ce que peut faire quelqu'un d'autre de sa vie, de son corps... mais ça ne signifie absolument pas que la personne qui fait un choix pour elle-même ne va pas tenir compte du ressenti de l'autre.
La liberté individuelle est une base pour moi comme pour mon compagnon historique, et les autres aussi d'ailleurs, mais elle ne rime absolument pas avec égoïsme. Pour moi être en relation intime c'est prendre un engagement moral d'être attentif à l'autre, de tenir compte de ses ressentis, besoins, avis...
J'ai eu beaucoup de chance, quand j'ai voulu vivre le fait d'être polyamoureuse il y a un peu plus de 10 ans, fait qui était connu de mon compagnon depuis les premières semaines de notre relation mais qui restait du domaine du ressenti sans en informer les autres ni partager quoi que ce soit d'intime donc, mon compagnon l'a bien vécu après quelques mois de discussion de temps en temps. Je me suis toujours demandé ce que j'aurais choisi de faire si il en avait souffert, je pense sans en être certaine que j'aurais renoncer. Par contre si il m'avait dit "je refuse que tu vives tes envies" ou équivalent genre "je t'autorise à ça mais pas ça" là je l'aurais quitté car je me serais rendue compte que nous n'avions pas les mêmes valeurs, la même façon de voir la vie.
Pour moi vivre ensemble ou se marier ne donne aucun pouvoir sur l'autre, ça donne juste le devoir à chacun d'être attentif et respectueux de l'autre et ce n'est pas non plus un engagement à vie, on peut décider n'importe quand pour soi et pour l'autre que la relation n'est plus possible, ce qui ne retire pas totalement le devoir de faire au mieux vis à vis de l'autre. La transparence de mon point de vue, ce n'est pas pour se dédouaner mais déjà parce que pour moi c’est la base d'une relation intime, je ne vois pas l'intérêt d'une relation intime sans transparence mais en plus ça donne à l'autre la possibilité de faire le choix de rester ou pas dans cette relation en conscience de la réalité de ce que vit l'autre.

#
Profil

Caoline

le dimanche 29 mars 2020 à 17h31

Pour la question de pouvoir, j'ai la sensation que ce n'est pas une question de mono ou poly. Les leviers du pouvoir dans un couple sont plutôt la dépendance affective et la dépendance financière et organisationelle, réelles ou plus souvent ressenties. Je m'explique sur cette histoire de ressenti : je n'ai presque jamais eu de travail rémunéré, notre famille vit donc sur les revenus de mon compagnon historique et les allocations familiales et malgré cela, je ne me suis jamais sentie dépendante. En effet, nous accordons mon compagnon et moi beaucoup de valeur à tout ce que je fais de non rémunéré et il a toujours dit que si il devait me rémunérer ne serait-ce que 50 % de tout ce que je fais pour nos enfants, même si il s'investit beaucoup aussi, il n'en aurait pas les moyens. Mais surtout, j'ai suffisamment confiance en mes capacités pour savoir que jamais je ne resterai avec quelqu'un par peur de manque matériel car je trouverai toujours un moyen de subvenir à mes besoins de base si il fallait. Mais je sais que ce ressenti est rarissime en pareille situation ou même en situation plus favorable. Je fais d'ailleurs une recherche sociologique sur le sujet (entre autre) dans un contexte particulier et mes entretiens sont vraiment passionnants tant du point de vue variabilité du ressenti que solutions trouvées.

#
Profil

cactus

le dimanche 29 mars 2020 à 22h09

J'avais commencé une réponse et puis bon.... ça n'apportera sans doute pas grand chose.

Du coup, j'ai repris le fil depuis le début : certains aspects évoqués - par exemple la notion d'"empowerment" que Siesta et bouquetfleuri évoquent page 1 - me font pas mal réfléchir.
J'ai pas fini la lecture....

#
Profil

artichaut

le lundi 30 mars 2020 à 00h23

Caoline
Pour moi être en relation intime c'est prendre un engagement moral d'être attentif à l'autre, de tenir compte de ses ressentis, besoins, avis...

C'est super. Et c'est suffisamment rare pour être précieux. Mais comme je disais +haut, il me semble encore manquer quelque chose. L'attention aux ressentis de l'autre soite. Mais il n'y a pas que les ressentis qui comptent quand on interroge la part de pouvoir que l'on exerce sur l'autre. (Ne serait-ce qu'une introspection personnelle de notre statut de pouvoir éventuel, un questionnement sur ce que peut ou pas l'autre comparé à nous, une interrogation sur l'empowerment de l'autre et/ou le contrôle qu'on exerce sur elle/lui, etc).

Caoline
Pour la question de pouvoir, j'ai la sensation que ce n'est pas une question de mono ou poly. Les leviers du pouvoir dans un couple sont plutôt la dépendance affective et la dépendance financière et organisationelle, réelles ou plus souvent ressenties.

Un levier de pouvoir ne supprime pas un autre levier de pouvoir. S'interroger sur les leviers financier et organisationnel ne dédouane pas —bien sûr— de s'interroger sur les leviers affectifs (et réciproquement). Et pour le coup la dépendance affective me semble intimement liée aux questions d'orientation relationnelle, et quelque peu bousculée quand une personne d'un couple souhaite aller vers le poly.


Bon après, pour le coup, je tentais de dire (dans le 1. de mon premier post) que la crise du couple découvrant le polyamour, ne me semblait pas tant une problématique poly/mono (en lien avec le sujet du fil) qu'une crise spécifiquement mono.

En revanche, une fois dépassé cette sorte de "crise des débuts", et a-fortiori si l'on tente de prendre tout le petit monde en compte, il me semble que l'on est vite confronté à un vrai déséquilibre de pouvoir —dans la société— entre poly et mono (ce que je développe dans le 2. de mon premier post).
Mais comme je ne donne pas ou peu d'exemples concrets, ce n'est peut-être pas très clair.

#
Profil

artichaut

le lundi 30 mars 2020 à 00h26

cactus
J'avais commencé une réponse et puis bon.... ça n'apportera sans doute pas grand chose.

Ah, dommage.
C'est toujours chouette de lire les avis des autres.

#
Profil

polyn

le lundi 30 mars 2020 à 18h20

Cependant le tout début du fil faisait allusion au grand nombre de discussions émanant de monos souffrant de la découverte du polyamour de leur conjoint.
Celui qui librement choisi de s’offrir une moto, passe ke plus clair de son temps à la bichonner et à la chevauchée pour ne revenir dans le lieu de vie commun historique pour dormi et faire la lessive, peut être.
Pour certains couples la monogamie est un héritage avec des règles tacites ; pour d’autres liberté et transparence sont posées en préalable.
Je veux dire l’extrême violence de l’annonce de la part du partenaire qui se découvre poly ou fait pour lui- même le choix du polyamour. C’est un coup d’Etat. Une prise de pouvoir, peut être, qui laisse l’encore mono désarmé face à la découverte. Face à la révélation d’un partenaire historique différent, face au non choix de partir ou non, d’accepter un couple ouvert par force, donc à redéfinir. Il ne peut s’agir que d’un assentiment, pas d’un consentement, à vivre d’une autre façon.
Je parle par rapport à ma propre expérience et à la lecture de nombreux témoignages publiés ici.

#
Profil

Caoline

le lundi 30 mars 2020 à 19h19

Je n'ai personnellement jamais compris les gens qui font des non choix, rester par dépendance affective ou financière, par peur d'être seul.e, si la situation n'est pas acceptable et que l'autre n'est pas capable de respecter les limites de la personne mono pour moi c’est quand même avant tout le signe d'un problème chez la personne mono en plus de l'irrespect de la personne devenant poly. Je n'arrive pas à concevoir qu'on puisse rester avec quelqu'un qui ne nous respecte pas même si bien sûr je ne nie pas que ça existe, j'en vois pleins autour de moi, ce fut le cas de ma meilleure amie pendant des années...
Pour moi on se met en couple par amour, par envie de partage avec l'autre, pas par incapacité à s'assumer seul.e sinon c’est mal barré.

#
Profil

bonheur

le lundi 30 mars 2020 à 19h19

On peut se découvrir un passion pour la moto (ou autres choses) en cours de vie.

La vie est impermanence et s'imaginer qu'elle est immuable en l'état "d'origine" ne revient-il pas à se voiler la face ou à vouloir enfermer dans le passé ?

Un coup d'Etat ? Mais aucun poly ne désire prendre le pouvoir ou dicter sa loi. Pas dans l'esprit que j'en ai, en tout cas. Perso, si mon chéri de vie n'avait pas évoluer dans une dynamique positive commune, on aurait divorcer d'un commun accord. Le fait est que le bonheur se développe ensemble. Comme il l'a dit souvent : "je ne l'ai pas épousé pour la rendre malheureuse. Son bonheur fait le mien" et j'ajoute "Son bonheur fait le mien". Il n'est pas devenu poly, il est acceptant, mais sa période de d'inacceptation s'est muée en l'aspiration à une vie commune avec finalement plus d'indépendance.

Il y a eu respect, il y a eu énormément de communication, il y a eu des instants délicats et difficiles, il y a eu des larmes et des souffrances (elles font partie de la vie, aussi désagréables soient-elles) de sa part et de la mienne… puis il y a eu apaisement…

Le temps fait aussi son œuvre, comprendre que l'on continu l'existence et nous ne l'avons jamais stoppée. Nos projets sont restés intacts et surtout, surtout, notre amour réciproque infaillible, quoiqu'il arrive.

Au final, il a découvert à travers moi, mes expériences, ses contacts avec mes amours… la non perte de moi et la sérénité affective. Il a affronté ses peurs, les a débusquées et vis (différemment).

Ce n'est pas parce que l'on n'a pas réfléchi à ce mode de vie et que l'on s'est lancé sur la voie tracée par la société qu'un jour on est un monstre parce que l'on découvre aimer, tout en aimant déjà.

Mais oui, si on ne supporte pas, alors il faut soit revenir au passé (possible ?) soit réinventer sa vie (séparément si besoin).

#
Profil

Caoline

le lundi 30 mars 2020 à 20h19

Ce que je vais écrire va peut-être paraître présomptueux mais je trouve que les autres ont le pouvoir qu'on leurs donne. La capacité à ne pas leurs laisser de pouvoir sur nous est bien sûr lié à notre histoire, à la société dans laquelle on vit... je ne dis pas que c’est facile pour tout le monde de ne pas laisser de pouvoir sur soi mais je pense qu'on a une responsabilité, qu'elle n'est pas uniquement le fait d'un méchant qui prendrait le pouvoir.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion