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Compersion, et vous ?

Jalousie
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Alix (invité)

le samedi 29 juin 2013 à 18h52

Bonjour !

Je suis de passage par ici, l'ambiance me plaît alors j'ouvre la porte... Je connais le mot polyamour depuis deux jours et il m'intrigue. J'aimerais être en lien avec vous durant quelques minutes, comme au café, pour partager sur vos expériences extra-ordinaires (hors norme dans notre société).
Je ne vais pas spécialement me présenter parce que mon chemin me plaît, ça balance en ce moment, j'adore ça ! Ce qui m'intéresse, c'est vous.

Et la thématique qui m'est chère, c'est la compersion. Elle me paraît être le point culminant d'un être qui sait vivre dans l'empathie la plus complète envers lui-même, et envers son/ses partenaire(s). Je suis extasiée de savoir même que le mot existe, alors que le mot jalousie est monnaie courante. La pratique me semble pourtant ardue.

Si vous vous sentez touché par cette problématique, pourriez-vous témoigner sur le sentiment de compersion, et sur les "outils" de communication avec vos partenaires et envers vous-même qui vous aident à conserver ce sentiment ?

Je vous remercie d'avance, au plaisir,

Alix

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(compte clôturé)

le samedi 29 juin 2013 à 19h07

Compersion : inconnu sur mon dico. Il est peut être comme moi, trop vieux.

Compérage : entente entre deux ou plusieurs personnes visant à en tromper d'autres.

tromper : abuser de la confiance de qqn en usant de mensonge, de dissimulation ; berner, mystifier, abuser.

Si tu emplois le mot compersion dans le sens de compérage, tu t'es "trompé" d'adresse. (se tromper : commettre une erreur)

L'erreur est humaine ! :-D

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Alix (invité)

le samedi 29 juin 2013 à 20h48

Bonjour gcd68,

Je me réfère au lexique du site : /lexique/
J'ai complété avec ceci : en.wikipedia.org/wiki/Compersion
J'avoue que je ne connaissais pas ce mot auparavant.
Le mot compérage ne correspond pas, c'est vraiment la compersion qui m'intéresse.

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Profil

sielane

le samedi 29 juin 2013 à 21h30

Je trouve que c'est un sentiment assez facile à avoir. Pour moi en tout cas. En effet, a chaque fois qu'une des mes amoureuses est heureuse avec l'un de ses amants cela rend notre relation encore plus facile car elle est encore plus épanouie.
Mais je n'ai jamais été jaloux même lors de relation mono. Donc je ne suis peut être pas représentatif.

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(compte clôturé)

le dimanche 30 juin 2013 à 10h21

Ok, Alix. Je ne me suis guère intéressée à l'anglais au cours de ma vie donc, je ne connaissais pas, donc merci pour le lien. En effet, la définition est différente et je dirai même opposée. J'ai imprimé le lexique donc je n'aurai plus d'excuses :-D

Je pense que la compersion peut en effet venir occulter la jalousie (faute de la réduire complètement dans certains cas) voir la remplacer. C'est sans doute grâce à cela que mon conjoint "accepte" (même si ce n'est pas à 100%) que je puisse aimer en dehors du couple que nous formons.
Je pense en effet que certains feront preuve de compersion et d'autres d'une jalousie quasi maladive. Il y a aussi entre les deux les facteurs "amour propre" et "le regard des autres". Pour faire preuve de compersion il faut dépasser ces deux facteurs et cela peut être difficile à certains.
Donc, les outils je dirai dire merde à l'opinion publique (y compris la famille, les amis et autres proches trop bien intentionnés), regarder plus loin que le bout de son nez, vouloir le bonheur de l'autre et gérer sa jalousie naturelle.
Pour mon mari, c'est plus facile s'il connait l'autre (ou les autres) et s'il peut s'assurer qu'il(s) veu(len)t mon bien. Je sais, à travers les témoignages de ce site et des rencontres que certains ne désirent surtout pas connaitre l'autre ou les autres.

Voili, voilà, Alix une réponse qui te conviendra sans doute mieux !!!

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Alix (invité)

le dimanche 30 juin 2013 à 14h16

Bonjour sielane et gcd68,

Merci pour vos réponses !

Je suis impressionnée, sielane, que tu ressentes ceci naturellement. Je sens une part de moi qui vit un grand sentiment de compersion quand j'imagine mon conjoint avec une autre femme, et une part de moi, très corporelle, qui se tort et s'attriste. Je ne veux pas laisser cette part dans son coin ; j'aimerais la comprendre et la sublimer parce que je pense qu'elle révèle un besoin insatisfait chez moi. Je cherche de l'inspiration dans vos témoignages, d'où l'importance de vos réponses.
gcd68, je vois que nous devons avoir à peu près le même avis, c'est-à-dire, si j'ai bien compris, que si l'on s'assume pleinement socialement et envers soi-même, on est plus à même de vivre ce sentiment.

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(compte clôturé)

le dimanche 30 juin 2013 à 14h55

Il faut, je crois, différencier ce que l'on ressent et ce que l'on peut publiquement assumer. Ce que je voulais dire c'est que l'on pouvait ressentir la compersion mais ne pas accepter ce sentiment à cause du regard d'autrui ou tout simplement parce que cela peut paraitre socialement "mauvais". Je pense que pour être soi-même, et réduire la marge entre le soi intérieur et le soi extérieur, il faut évincer les éléments parasites de sa réflexion. En gros, se définir comme descendant du singe et non du mouton. Après je ne dis pas que ça ouvre la porte à tout et à n'importe quoi. Par contre, je pense que certains sentiments sont plus naturels (donc plus facile à vivre) pour certains que pour d'autres. Sielane fait partie des personnes qui se réjouissent du bonheur des autres. Je pense aussi être de ces personnes mais par ailleurs, j'ai du mal à aider quelqu'un qui serait en détresse (notamment affective) parce que je me sentirai trop proche du ressenti de l'autre et que je partagerai trop sa souffrance. Dans tout trait de caractère il y a du bon et du mauvais, l'important étant d'en avoir conscience et de gérer en fonction.
Aujourd'hui, j'ai très considérablement réduit la marge entre mon moi intérieur et mon moi extérieur malgré ma tendance a beaucoup communiquer (y compris avec "le reste du monde"). Je me connais aussi maintenant suffisamment même si je n'arrive pas toujours à restreindre mon emportement compulsif inné, je m'énerve nettement moins et plus à "bon escient".
Bref, je ne suis pas parfaite mais je m'améliore (je crois).
Je te conseillerai aussi te laisser "porter" par tes sentiments et de ne pas à tout pris vouloir les contrôler. Gérer sa vie en fonction de ce que l'on est où en fonction de ce que l'on ressent n'implique pas avoir le contrôle sur soi (toujours cette marge entre le soi intérieur qui a le droit de s'exprimer et qu'il faut laisser s'exprimer et le moi extérieur qui est notre reflet vis-à-vis des autres).
Désolée, j'ai toujours tendance à en écrire un roman :-/

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juby

le dimanche 30 juin 2013 à 15h13

Pour moi aussi la compersion est naturelle, même s'il m'est aussi arrivé de me sentir menacée, et donc jalouse. Je me souviens d'une histoire du père de mes enfants en particulier. C'était difficile avec un nouveau bébé, notre vie. De le voir de nouveau passionné, allumé, ouvert; de sentir son bonheur m'a vraiment remise sur pieds. Je pense qu'une condition nécessaire à éprouver ce sentiment de manière profonde est honnête est de sentir la bienveillance en face de soi.
Quand l'amour est vécu de manière honnête, ouverte et compatissante, il y a de meilleures chances d'arriver à un état de bonheur général.
Malheureusement, comme tous les sentiments humains, on doit continuer à les construire et les nourrir jour après jour. C'est parfois énergivore!

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tsampa

le dimanche 30 juin 2013 à 16h09

Un petit +1 pour la "compersion" naturelle. Je n'ai jamais été un type jaloux, et ça me fait toujours plaisir que ma ou mes partenaires trouvent d'autres sources de bonheur, que ce soit avec moi ou avec d'autres. Il y a toujours une petite étincelle de peur de perdre la relation avec la personne, mais c'est très faible, et dans un cadre poly c'est facile à gérer.

Par ailleurs, la philosophie bouddhiste considère que la compersion (qu'ils appellent "joie" ou "joie pour le bonheur d'autrui") est un sentiment opposé à la jalousie, et que développer l'un permet d'atténuer l'autre, comme une sorte d'antidote.

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bouquetfleuri

le dimanche 30 juin 2013 à 17h01

bonjour Alix,

l'outil principal de la compersion est à mon sens le respect, celui-là même qui construit l'amour.
Le respect, c'est à dire faire l'effort de voir l'autre tel qu'il est, avec ses différences, permet de se réjouir de ce que fait l'autre pour son plaisir ou son bonheur, se réjouir de son existence, se réjouir de son épanouissement.
Il n'y a plus qu'à emprunter cette passerelle, trop étroite pour la jalousie (qui peut exister cependant sous forme de trace ou de scorie vivace).
Mais à mes yeux, le respect amoureux (je n'aime pas le mot de compersion) est un passage obligé vers une complétude heureuse.

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Annabelle

le lundi 01 juillet 2013 à 00h20

très intéressant ce sujet, je ne connaissais pas non plus ce mot de compersion.
Je lis les différents posts et je me demande si la compersion résulte d'un cheminement à faire ou bien peut carrément aller de soi ? Certains disent ici qu'ils n'ont jamais ressenti de jalousie !

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Cendre

le lundi 01 juillet 2013 à 00h49

Bonjour Alix,

Au plus loin que je remonte dans mes souvenirs, j'éprouve bien plus facilement la compersion que la jalousie.

La jalousie me prend par surprise quand quelqu'un que j'apprécie donne à quelqu'un d'autre ce que je pensais être un privilège. Mais bizarrement, l'exclusivité amoureuse n'a jamais fait partie de ces privilèges dont j'ai pu un jour me sentir flouée. C'est beaucoup plus sur des détails ultras précis : que l'on écrive un message à un(e) autre alors que j'en attends un, que l'on confie une tâche à un(e) autre alors que je me pensais la seule compétente... La jalousie se pointe, appuie là ou ça fait mal ; puis je me rends compte que ce qui m'a rendu jalouse est généralement une sur-interprétation sur un concours de circonstances (non, je ne suis pas le centre de monde, et il arrive à mon entourage de faire des choses sans forcément penser à moi...), alors la jalousie s'en va (et je tâche alors de ne pas non plus me morfondre sur le fait que je suis vraiment trop bête d'avoir été jalouse pour si peu... la culpabilité n'est pas beaucoup plus productive que la jalousie, mais je pratique beaucoup plus, malheureusement...)

Mais je n'ai jamais été proprement jalouse d'un(e) rival(e). Le sentiment que j'éprouve alors serais plutôt de l'envie, c'est-à-dire que j'envie la position de quelqu'un, mais je souhaite être à sa place de façon globale, par rapport à un contexte, et non pas vis-à-vis de sa relation avec un partenaire particulier...

Bon, le fil est quand même sur la compersion. Faudrait y venir quand même.

J'ai adoré ce mot dès que je l'ai découvert, lui et les situations sous-jacentes.
L'idée de se réjouir du bonheur qu'apporte l'amour à quelqu'un que j'aime. Que ce soit ma frangine ou mon compagnon, c'est pareil : quand ils sont bien avec quelqu'un, je les vois de bonne humeur et cela me contamine, et j'adore ça.

Bon, pour être véritablement honnête, il faut dire que je n'ai jamais encore vécu en polyamour ; jamais un de mes amour ne m'a montré son bonheur de découvrir une nouvelle relation intime.
Mais j'attends ça avec impatience.
Parce que c'est tellement beau.
L'intimité qui grandit, la confiance qui s'installe, le bien être que cela procure.
Je trouvais ça un peu nul de regarder des films d'amour, je me sentais en imposture, trop artificiel.
Mais c'est tellement plus beau en vrai !
Je suis avide d'entendre par tous mes sens le bonheur de mes proches, quelque soit la source de ce bonheur (enfin, s'il me sont proches, c'est que je participe parfois quand même à ce bonheur, et c'est aussi très important pour limiter mes question existentielles, mais ce n'est pas exactement le sujet ici), et l'amour est l'une des choses qui peut apporter le plus de joie dans nos vie...

Alix, si tu repasses par ici, je te retourne la question :
Qu'est-ce que la jalousie pour toi (j'ai l'impression d'être une extraterrestre avec ma version de ce sentiment) ?
Tu dis une part de moi, très corporelle, qui se tort et s'attriste. C'est un sentiment ponctuel, aigu ? ou au contraire sourd et permanent ? C'est déclenché par quoi ?

Bonne découverte en tout cas et au plaisir de te lire !

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Annabelle

le lundi 01 juillet 2013 à 09h46

superbe description Cendre je commence à comprendre que je connais moi aussi la compersion.
Puisque je suis capable de me réjouir du fait qu'un proche m'annonce qu'il part en vacances sous les tropiques alors que moi je suis au chômage. Et que généralement quand quelqu'un montre sa joie son bonheur j'en suis heureuse. Même si ce bonheur m'est totalement extérieur et que moi je ne vais pas bien.
Dans l'idée je ne me sens pas choquée ni jalouse si quelqu'un que j'aime préfère passer une soirée avec une autre personne que moi. Je peux connaître par contre un sentiment de solitude, mais en général je n'en veux pas à l'autre. Je considère que c'est mon sentiment à moi de solitude qu'il m'appartient de gérer.
Après la jalousie est un sentiment humain qui prend des formes bien variées et complexes pour chacun.
Je ne connaissais pas ce terme de compersion, je trouve ça chouette de découvrir ce terme, ce revers de la médaille qui existe aussi. Je ne suis donc pas "anormale" de ressentir ce type de sentiment ! Parfois je me demande si c'est normal, si je ne suis pas trop détachée, là ou tout le monde pense qu'aimer c'est forcément être jaloux.
Ceci dit je pense que je peux être jalouse aussi. je n'ai pas encore expérimenté les relations avec quelqu'un qui aurait plusieurs amoureux, et entre la théorie, l'idée que l'on s'en fait et la vie concrète alors je verrai bien.
Je me base sur mon vécu avec les personnes que j'ai aimées, et dont je ne me suis jamais sentie jalouse par exemple quand elles partaient loin de moi s'éclater avec des amis ou autre. Je n'ai jamais non plus ressenti de jalousie vis à vis de mon mari lorsqu'il me parlait d'une jolie femme avec qui il avait sympathisé (un autre exemple).

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Anarchamory

le lundi 01 juillet 2013 à 12h45

En général, pour ma part, je ne peux ressentir de la jalousie que si les égards qu'une personne qui compte beaucoup pour moi a pour moi ne sont pas au moins égaux à ceux qu'elle a pour d'autres personnes. Et encore, ces égards n'ont d'importance qu'en tant qu'ils manifestent adéquatement le degré d'amour éprouvé. Si j'avais une amoureuse qui compte beaucoup pour moi et que je voyais qu'elle était davantage amoureuse d'un autre que de moi, j'aurais probablement une pointe de jalousie. Mais ce qui est important, en fait, c'est surtout de savoir que je compte au moins autant que les autres pour cette personne (indépendamment du temps passé, ou des choses faites avec, car d'autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte), pas que les autres comptent moins ou pas du tout. Ce qui entre en ligne de compte, aussi, c'est la réciprocité des sentiments. Je ne serais pas jaloux de ne pas être aimé à la folie par quelqu'un que je n'aimerais pas à la folie. Mais si j'aime quelqu'un à la folie, qu'en retour je n'ai qu'un amour timide, et qu'en revanche, d'autres que moi sont aimés à la folie, j'aurais, alors, une pointe de jalousie. En revanche, si j'aime quelqu'un à la folie et qu'il m'aime à la folie également, alors peu importe qui il peut encore aimer et comment : je ne serai pas jaloux.

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Annabelle

le lundi 01 juillet 2013 à 12h55

pour moi les sentiments ne sont pas quelque chose que l'on peut mesurer. Il n'y a pas de degré d'amour. Juste des différences d'éprouvé face à chacun. Qu'est-ce qui fait que l'on peut penser compter plus ou moins qu'un ou une autre pour quelqu'un ? Tout cela n'est-il pas qu'interrelations, subjectivités au fond ?

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Anarchamory

le lundi 01 juillet 2013 à 13h14

Annabelle
pour moi les sentiments ne sont pas quelque chose que l'on peut mesurer. Il n'y a pas de degré d'amour. Juste des différences d'éprouvé face à chacun. Qu'est-ce qui fait que l'on peut penser compter plus ou moins qu'un ou une autre pour quelqu'un ? Tout cela n'est-il pas qu'interrelations, subjectivités au fond ?

Je pense que la bienveillance peut être égale pour pas mal de monde. Mais en général, on n'attend pas que de la bienveillance de la part de ses amis / amoureux, mais également de l'estime, du temps passé ensemble, de l'intimité, de l'attachement, etc. et cela n'est pas forcément également réparti. Il est clair, par exemple, que j'aurai du mal d'avoir une relation d'intimité et de partage avec quelqu'un qui n'est pas du tout sur la même longueur d'onde que moi (par exemple : un fervent catholique qui serait monogame exclusif, conservateur, conformiste, paranoïaque et autoritaire... tiens ça ressemble à une description de quelqu'un que je connais bien...). S'il a une forte attente en ce sens vis-à-vis de moi, il risque d'être déçu... Ça n'empêche pas, bien entendu, que je puisse faire preuve de bienveillance envers lui et qu'il puisse compter sur moi pour un coup de main.

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Alix (invité)

le lundi 01 juillet 2013 à 13h38

Salutations à tous ceux qui se sont joints au fil !

Je vous remercie pour vos témoignages. Je suis émerveillée par l'humanité que ce sentiment dégage. Je doutais qu'il existe vraiment en pratique, mais je suis rassurée de voir que vous semblez le pratiquer facilement et souvent. Que c'est beau !

Pour répondre à Cendre, je te remercie de m'ouvrir la porte à une réflexion sur ma propre définition de la jalousie. C'est un sentiment que j'essaie d'explorer en ce moment, pour comprendre pourquoi je ressens de la jalousie envers mon compagnon mais pas pour un ami pour qui j'ai des sentiments amoureux. Pour ce dernier, je ressens de la compersion, et effectivement, elle est naturelle, facile, belle.
J'ai toujours ressenti une extrême jalousie pour mon compagnon, et je pense qu'auparavant, c'était dû à un besoin de sécurité affective (notre amour était un trésor caché dans un coffre, que personne ne pourrait "voler"). Depuis, je vois les choses différemment, notamment parce que j'ai découvert le mot "liberté", non pour moi mais pour mon conjoint. J'ai découvert sa liberté, la liberté de son corps, de sa propre volonté, de ses propres besoins, etc. J'ai aussi découvert d'autres sources d'amour, et celle de mon conjoint est devenu moins impérative. Je ne ressens jamais de jalousie parce que mon chéri ne prends pas sa liberté. Par contre, il est important pour moi de me sentir capable de la lui donner entièrement ; il en fera ce qu'il veut.
Le reste de jalousie ne s'est pas manifesté, mais il le fait quand j'imagine mon amoureux dans les bras d'une autre, qu'il aimerait aussi tendrement que moi. Je crois que j'ai peur qu'il s'attache tant à elle qu'il décide qu'il ne m'aime plus. Le lien que nous avons est très précieux pour moi car il est le père de ma fille (son amour est garant d'un esprit de famille, pour moi), et que je l'aime aussi tendrement. Voilà le risque que j'imagine.

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Annabelle

le lundi 01 juillet 2013 à 14h07

dit comme ça Metazet, je comprends mieux.

c'est la notion de "degré" d'amour qui me gêne.

Et en même temps c'est tellement difficile de parler d'amour, on plaque forcément sur cette réalité totalement indéfinissable des termes, des mots qui le dénaturent, moi la première.

en y réfléchissant mieux je me souviens avoir ressenti de la jalousie une fois envers mon mari. J'étais dans une relation très exclusive qui était à l'époque sécurisante pour nous deux. Et nous avons eu un moment difficile durant lequel il rentrait de plus en plus tard du boulot le soir sans me donner de nouvelles. Je m'inquiétais. Et j'ai fini par penser qu'il avait rencontré quelqu'un et qu'il pourrait bien me quitter, car il était devenu soudain si discret et ne me disait plus rien de lui. Ce qui me blessait alors n'était pas l'idée de le savoir dans les bras d'une autre. Mais l'idée qu'il puisse démolir pour elle notre mariage. Nous quitter moi et son fils. Fiche en l'air le socle sur lequel on avait tout construit.
C'est à partir du moment ou j'ai moi-même remis en question ce socle (qui finalement ne me convient pas) que toute jalousie a disparu bien entendu. Mais j'ai réalisé que c'était ma peur de voir s'écrouler quelque chose qui m'avait inspiré de la jalousie. Un sentiment d'insécurité en fait que je retrouve beaucoup dans les discours ici et c'est d'ailleurs très riche de vous lire, car cela m'apporte beaucoup dans ma propre réflexion.
D'ailleurs je ne ressentais pas d'animosité envers lui. Mais envers "elle". Celle qui oserait "briser une famille".
Aujourd'hui je n'envisage tellement plus la relation amoureuse comme un socle sur lequel je devrais m'appuyer pour tout construire, que finalement les choses sont beaucoup plus légères pour moi. J'ai expérimenté aussi que la séparation d'avec mon mari (qui finalement a eu lieu des années plus tard) n'avait absolument rien brisé du tout au contraire. Et que le modèle, un papa une maman, des enfants une maison etc est loin d'être un modèle unique et idéal.
Ce qui ne signifie pas du tout que je sois persuadée d'être épargnée par la jalousie à l'avenir.
Mais cela me laisse à penser que la compersion peut être aussi le fruit d'un cheminement, qui est sans doute sans cesse à faire et à refaire.
Merci à toi Alix d'avoir lancé un sujet qui donne envie de participer ;-)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Siestacorta

le lundi 01 juillet 2013 à 21h53

Histoire de mettre un peu de joyeux bordel, j'ajouterai que la compersion et la jalousie peuvent arriver en même temps.

Je suis content que tu vives un truc que tu aimes ET je suis jaloux parce que c'est avec un tiers, dans des conditions que je ne peux pas contrôler. Empathie et insécurité.
Les deux ressentis ne s'annulent ni ne se concurrencent, et l'un comme l'autre sont très compréhensibles.

Ils sont vécus plus ou moins fortement selon les personnes, mais au fur et à mesure, on peut finir par savoir auquel on devrait se fier pour construire la suite.

Mon insécurité, je peux m'en occuper moi, je peux soit me sentir bien seul, affronter mes peurs sans que l'autre n'intervienne.
Pour l'empathie, évidemment, faut être plus d'un... C'est peut-être un signe de sa valeur comme boussole amoureuse.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le mercredi 03 juillet 2013 à 01h39

MetaZetMais ce qui est important, en fait, c'est surtout de savoir que je compte au moins autant que les autres pour cette personne

Pour moi, ce qui est important, c'est de savoir que je compte (tout court !) pour cette personne. :)

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