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Compersion, et vous ?

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juby

le mercredi 10 juillet 2013 à 16h48

Je suis un peu tard pour remonter ce fil, mais l'échange de Métazet et de Lulutine me fait réfléchir. Qu'est-ce qui fait qu'on se sent si mal quand notre amour n'est pas partagé? Que ce soit de manière comptable (il m'aime moins que je l'aime, c'est horrible) ou de manière évanescente (S'il compte pour moi, je veux compter pour lui) on a un besoin de réciprocité insatiable (que je ressens aussi). Est-ce une construction sociale? Peut on imaginer un monde nouveau où les gens ne s’empêcheraient plus d'aimer quelqu'un parce que cette personne n e leur retourne pas leur amour? Où la bienveillance suffirait?

Je ne sais pas, j'aime des tas de personne, dans le fond de moi. J'en ai au moins deux dans la peau. J'imagine que certaines personnes m'aiment aussi. On finit par cacher tout ça, à cause de ce malaise, cette peur du rejet. On exprime mal ce qu'on ressent exactement, ce qu'on attend, ce à quoi on est prêts. Je trouve ça un peu nul aujourd'hui.

Y a t'il moyen pour quelqu'un d'exprimer un attachement profond, une dévotions sans provoquer un malaise instantané?

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aviatha

le jeudi 11 juillet 2013 à 01h49

J'aime beaucoup ta dernière question. Pour ma part, j'attire beaucoup, depuis des années, j'ai eu pas mal de déclarations qui n'étaient pas partagées et cela me mettait toujours très mal à l'aise. Dernièrement, un ami m'a fait une déclaration amoureuse qui dépasse de loin ce que j'ai entendu auparavant. Et ce n'est pas réciproque. Et cela me met atrocement mal à l'aise. Je ne sais pas, l'idée que quelqu'un puisse ressentir quelque chose d'aussi fort, d'aussi intense, et que ce soit "dans le vide", comme quelque chose qui ne sera jamais partagé, me rend très triste pour lui. Et j'ai du mal avoir comment quelque chose comme ça ne provoquerait pas un "malaise instantané", cela reviendrait à dire "ok, tu ressens tout ça, moi absolument pas, et tout cet écart ne m'atteins pas plus que ça". Je pense que le sentiment de malaise, en tout cas chez moi, viens plus de cette empathie que d'une construction quelconque.

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alps

le jeudi 11 juillet 2013 à 01h55

juby
Je suis un peu tard pour remonter ce fil, mais l'échange de Métazet et de Lulutine me fait réfléchir. Qu'est-ce qui fait qu'on se sent si mal quand notre amour n'est pas partagé ? Que ce soit de manière comptable (il m'aime moins que je l'aime, c'est horrible) ou de manière évanescente (S'il compte pour moi, je veux compter pour lui) on a un besoin de réciprocité insatiable (que je ressens aussi). Est-ce une construction sociale ? Peut on imaginer un monde nouveau où les gens ne s’empêcheraient plus d'aimer quelqu'un parce que cette personne n e leur retourne pas leur amour ? Où la bienveillance suffirait ?

Je ne sais pas, j'aime des tas de personne, dans le fond de moi. J'en ai au moins deux dans la peau. J'imagine que certaines personnes m'aiment aussi. On finit par cacher tout ça, à cause de ce malaise, cette peur du rejet. On exprime mal ce qu'on ressent exactement, ce qu'on attend, ce à quoi on est prêts. Je trouve ça un peu nul aujourd'hui.

Y a t'il moyen pour quelqu'un d'exprimer un attachement profond, une dévotions sans provoquer un malaise instantané ?

Je suis d'accord avec aviatha.

Le problème quand quelqu'un t'aime et que tu ne partages pas ce sentiment. C'est que tu dois faire avec les sentiments de l'autre alors que tu ne ressens rien. En tout cas pas l'empathie amoureuse. La peur de la blesser, l'embarras de devoir porter un amour qui n'est pas le tien. Il doit certainement exister des arguments contraires. Une vision positive de cela. Mais instinctivement, je suis gêné quand quelqu'un me fait part de sentiments que je ne partage pas. Tu peux inclure les compliments dans la liste. Je deteste qu'on me complimente. Je le vis comme une agression, une intrusion dans mon intimité.

Le mot dévotion me heurte. Je sortais avec une fille qui un jour m'a baisé le pied. Ca a heurté mon sens commun. J'ai percu ca comme un geste de soumission. A tort ou à raison d'ailleurs. Mais je me suis senti dans une position qui ne me plaisait pas. Celle du maitre. Je ne suis le maitre de personne. Et je dirais meme plus. Je n'ai pas du tout l'ambition d'etre le maitre de qui que se soit. J'ai quitté cette fille peu de temps après. Cette soumission me renvoyait à moi meme quelque chose que je ne pouvais pas assumer d'etre.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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LuLutine

le jeudi 11 juillet 2013 à 12h47

aviatha
l'idée que quelqu'un puisse ressentir quelque chose d'aussi fort, d'aussi intense, et que ce soit "dans le vide", comme quelque chose qui ne sera jamais partagé, me rend très triste pour lui.

Est-ce que tu te rends compte que, comme tu le dis si bien, tu es triste pour lui ?
Comme si tu décidais à sa place de ce qu'il devrait ressentir (de la tristesse parce que ses sentiments ne sont pas partagés).

Peut-être que lui, ressentir cela lui apporte quelque chose ?

Et si cela ne lui apporte rien (voire le fait souffrir), et bien il sera assez adulte pour s'occuper de lui-même et s'éloigner de son propre chef...mais ce n'est pas à toi de porter cela !

Je ressens un amour non réciproque pour plusieurs personnes. Le fait d'en avoir parlé, de savoir que ce n'est pas réciproque, me permet de garder un minimum de distance avec ces personnes, pour ne pas "me faire mal". Mais c'est moi qui prends en charge ce côté-là.

Ce sont des amis, et eux se comportent comme ils ont envie de le faire. Nous avons une relation d'amitié, peu importent mes sentiments.

Avoir des sentiments pour quelqu'un n'oblige pas à la réciprocité. Est-ce que le malaise que tu ressens ne serait pas relié à une sorte de mythe du Grand Amour, forcément réciproque (et s'il n'est pas réciproque, c'est donc qu'il y a un bug, quelque chose qui ne devrait pas être) ?

Il y a des années, un ami m'a dit que pour lui, on ne pouvait aimer que si c'était réciproque....sinon, ce n'était pas "vraiment" de l'amour. Je ne partage pas cet avis. On peut avoir des sentiments amoureux / d'amour sans avoir de relation amoureuse. Et pour ma part, ça m'apporte énormément. Ce n'est pas un poids dans ma vie, au contraire, c'est ce qui me porte pour avancer !

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Len

le jeudi 11 juillet 2013 à 13h38

*

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Evavita

le jeudi 11 juillet 2013 à 15h57

La compersion, c'est le bien! Je ne vais pas revenir là dessus, assez de monde a décrit ici ce sentiment de bonheur et je vois mal qui pourrait dire le contraire peut importe son étroitesse d'esprit. Cependant, il y a une chose qui m'embête dans la définition qu'on lui donne un peu partout, et j'espère que cela changera avant qu'elle ne trouve sa place dans le dictionnaire. Elle est souvent définie comme "le contraire de la jalousie". Et peu importe dans quel sens je prend le mot "contraire", ça ne me convient pas. Je pense que la jalousie et la compersion sont deux sentiments qui ne se contrent pas. Je le vois un peu comme deux tubes à essais graduées pas loin l'un de l'autre, qui ne communiquent pas et qui sont plus ou moins remplies en fonction du contexte et de la personne concernée.
En résumé, je pense que la compersion n'est pas un bouclier qui protège de la jalousie ou un état à atteindre pour être délivré de la méchante petite bête jalousie qui se tapi en nous et qui bondi dès qu'on a peur. La compersion est à mon sens une forme d'empathie alors que la jalousie est une forme de peur (rationnel ou irrationnelle en fonction des cas). On ne peut opposer des choses qui ne sont pas sur le même plan.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Evavita

le jeudi 11 juillet 2013 à 16h16

Et pour la suite je suis un peu embêtée parce que la fin de ce fil est un sujet très intéressant sur lequel j'aimerais participer et en même temps, j'ai l'impression que ce n'est plus trop en rapport avec le sujet de base. Je vais donc y aller joyeusement de mon pavé et je laisse les modérateurs déplacer le tout s'ils le jugent nécessaire.

Pour ce qui est de du malaise dont tu parle Juby, c'est un phénomène courant que l'on peut constater non pas en matière d'amour non réciproque mais quand quelqu'un demande quelque chose et qu'on ne veut/peux pas lui donner. Avez-vous déjà remarqué comment une foule accélèrent s'ils voient sur leurs route des personnes cherchant à récolter de l'argent pour une cause ou une autre? Mais pourquoi? Parce qu'ils savent qu'on veut leurs demander quelque chose qu'il ne veulent/peuvent pas donner et ça les met mal à l'aise. Je ne sais pas à quoi c'est dû mais ce malaise et souvent présent dans toutes les situations de ce genre.
Quand quelqu'un nous dis qu'il nous aime et que ce n'est pas réciproque, beaucoup d'entre nous interprete ça comme une demande. La persone nous dit "je t'aime" et nous entendons "je t'aime et j'aimerais que tu m'aimes aussi". Nous avons l'impression d'être face à une demande que nous ne voulons/pouvons pas combler et ça nous met mal à l'aise. Je trouve que la perspective de LuLutine est saine et de plus elle permet d'éviter cette confusion. Je ne trouve pas ça très grave de ressentir ce malaise mais je trouve cela important de ne pas être esclave de ce dernier. En effet si on lui cède, on risque de préférer fuir la personne, éluder le sujet ou autre pour ne pas avoir à lui dire que ce n'est pas réciproque et de plus on l'empêche de faire ses propres choix :

LuLutine
Et si cela ne lui apporte rien (voire le fait souffrir), et bien il sera assez adulte pour s'occuper de lui-même et s'éloigner de son propre chef...mais ce n'est pas à toi de porter cela !

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demeter

le jeudi 11 juillet 2013 à 19h45

aviatha
l'idée que quelqu'un puisse ressentir quelque chose d'aussi fort, d'aussi intense, et que ce soit "dans le vide", comme quelque chose qui ne sera jamais partagé, me rend très triste pour lui.

Tout pareil que Lulutine. J'ajouterais même que je trouverais cela insultant si l'expression de mes sentiments pouvait susciter pareille réaction.
Le cas inverse, l'expression des sentiments de quelqu'un d'autre pour moi me donne plutôt envie de lui dire merci que de le fuir, enfin, comme le dit Evavita, si cette expression ne prend pas la forme trop marquée d'une demande ou d'une supplique. Dans ce dernier cas c'est le non respect de l'autre personne pour elle même qui me donnerait envie de manière très prétentieuse de lui expliquer deux trois trucs. En cela je tacherais de bien faire la différence entre la compassion et l'empathie, entre la pitié qui est finalement encore plus prétentieuse et une tentative de communication. Souffrir avec lui ne peut de toute façon pas lui être d'un grand secours, quand c'est nous qui provoquons cette souffrance.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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aviatha

le vendredi 12 juillet 2013 à 01h39

Quand je dis "me sens triste pour lui", c'est comme quand vous voyez quelqu'un qui a perdu un proche. Il est abattu, il vous parle peu, il mange et sort moins, vous le voyez qu'il est triste, vous n'allez pas pour autant vous dire "oui mais si je ressens de la tristesse aussi, il va croire que c'est de la pitié parce que blablabla". C'est instinctif. C'est une personne qui vous est chère, elle est triste, vous êtes triste, que cela soit rationnel ou pas, que cela lui soit d'un grand secours ou pas, que ce soit lié à un pseudo-mythe culturel ou pas.
Mon malaise ne vient pas du fait qu'il y est des sentiments non-réciproques ou de degrés différents, il vient du fait que je souffre quand les gens auxquels je tiens souffrent, et que le fait d'aimer sans retour, bien souvent, les fait souffrir. Certains s'y sont fait avec le temps, et depuis que ça ne leur fait plus mal, ça ne me met plus mal à l'aise. Souvent ça a été long, et j'ai porté cela avec eux, et c'est sûrement ce qui fait que nous pouvons être amis extrêmement proches des années après malgré toute la douleur que cela leur a causé parfois. J'ai du mal à concevoir un amour (d'amitié, de fraternité, amoureux, quel qu'il soit) où les douleurs de l'autre, parce qu'elles sont de l'autre, et surtout quand on en est quelque part à l'origine, ne nous atteignent pas.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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demeter

le vendredi 12 juillet 2013 à 07h12

aviatha
... vous le voyez qu'il est triste, vous n'allez pas pour autant vous dire "oui mais si je ressens de la tristesse aussi, il va croire que c'est de la pitié parce que blablabla". C'est instinctif. C'est une personne qui vous est chère, elle est triste, vous êtes triste, que cela soit rationnel ou pas, que cela lui soit d'un grand secours ou pas, que ce soit lié à un pseudo-mythe culturel ou pas....

En effet, je ne me dirai pas ça. Ce que l'autre croit, ou pourra/pourrait croire je ne le sais pas. J'y crois, simplement moi. Comme à la pluie, comme au soleil. Quand je vois le soleil qui se lève le matin, je ne me dis pas non plus "je vais ressentir un immense plaisir parce que le soleil brille et que le soleil blablabla", je ressens cet immense plaisir, sans aucune intention. Je ne me dis pas que le soleil brille pour me faire plaisir, ni que je dois ressentir ce plaisir parce qu'il est là. Cela ne m'empêche pas de dire ensuite "je suis content parce qu'il fait soleil". Ce n'est pas mon raisonnement qui me fait ressentir cela, ni mon instinct, mais mes représentations. Il ne s'agit pas de ressentir autrement mais de changer de représentations. Quand une personne qui m'est chère est triste, je ne suis pas forcément triste, quand elle a peur, je n'ai pas forcément peur, cela ne signifie pas que ce qu'elle ressent ne me touche pas, ni que je ne comprends pas ce qu'elle ressent, ni que cela me laisse indifférent. Croire qu'elle devrait ressentir autrement, c'est cela qui me ferait souffrir.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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LuLutine

le vendredi 12 juillet 2013 à 11h05

demeter
Quand une personne qui m'est chère est triste, je ne suis pas forcément triste, quand elle a peur, je n'ai pas forcément peur, cela ne signifie pas que ce qu'elle ressent ne me touche pas, ni que je ne comprends pas ce qu'elle ressent, ni que cela me laisse indifférent. Croire qu'elle devrait ressentir autrement, c'est cela qui me ferait souffrir.

Je plussoie demeter, et j'ajouterais que de la façon dont tu présentais les choses aviatha, on peut penser que pour toi, si quelqu'un t'aime sans retour, alors il est forcément triste !

Mais c'est souvent loin d'être le cas, et comme tu le dis toi-même, même si ça peut être le cas au début, la plupart des gens passent au-dessus de ça.

Et bien je pense qu'être triste avec eux, dans ce cas, ne les aide absolument pas à passer au-dessus ; je pense qu'au contraire ça prend moins de temps si tu ne cherches pas à porter leur souffrance !

Je parle par expérience, évidemment ce n'est "que" mon expérience.

J'ai expérimenté les deux solutions : être désolée pour l'autre, et ne pas être désolée pour l'autre. La seconde a toujours mieux fonctionné, et n'empêche pas de montrer de l'empathie. (D'ailleurs je les ai aussi expérimentées en étant "de l'autre côté" : même constat.)

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alps

le vendredi 12 juillet 2013 à 12h51

Mwais si la reciprocité ne posait pas problème. Les séparations ne poseraient pas problème.
Je risque de me faire sauter dessus pour oser dire ca. Mais pour moi votre vision du truc procède du fait que vous pensez que l'amour n'implique que soi. Ce qui me semble pour le coup quelque peu naif. A fortiori quand on est dans un mode de vie où l'on ne s'interdit pas de cumuler les relations.

Il est evident que lorsqu'une personne tombe amoureuse d'une autre personne que ca influe sur la relation qu'elle a avec cette personne. A moins que vous ne tombiez amoureux de vous meme. Ca a un impact sur l'autre, que ce sentiment soit reciproque ou non.

Je ne suis meme pas certain que ca ait un sens de regretter que ca ait un impact. Tant cet impact est désiré qu'on soit mono ou poly. Alors le nier...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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lam

le vendredi 12 juillet 2013 à 13h07

LuLutine
J'ai expérimenté les deux solutions : être désolée pour l'autre, et ne pas être désolée pour l'autre. La seconde a toujours mieux fonctionné, et n'empêche pas de montrer de l'empathie. (D'ailleurs je les ai aussi expérimentées en étant "de l'autre côté" : même constat.)

Je vais carément dans ce sens là. Cependant, l'empathie la "sur-empathie" étant clairement une construction sociale, et étant exarcerbée dans le conditionnement au "rôle-femme" des individus, j'ai quand même mis pas mal de temps à ne pas être forcément désolée pour l'autre.

Même, je crois que j'arrive bien à ne pas être démesurément empathique depuis que je suis plus consciemment actrice de mes interactions relationnelles, depuis que je vais activement vers les personnes qui m'attirent au lieu de penser que si je joue l'intouchable elles vont finir par s'en rendre compte... Depuis que je choisis mes relations pas seulement dans les personnes qui m'abordent mais en élargissant le choix avec les personnes que je peux aborder.

Et donc j'arrive mieux à être empathique mais pas désolée pour les autres depuis que je sais ce que ça fait d'essuyer un "refus d'aller vers plus d'intimité", après avoir fait une telle proposition.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Anarchamory

le samedi 13 juillet 2013 à 00h16

Je pense qu'il est infiniment préférable de ne pas être triste pour un(e) ami(e) qui nous a confié des sentiments amoureux non-partagés... Penser qu'une telle "révélation" peut causer un malaise à qui l'entend incite à ne rien dire du tout, à tout garder pour soi, sauf à être sûr de "son coup" (ce qui est impossible) ... et donc, cela peut finir par rendre complétement pas naturel (assez rapidement) et par virer à l'obsession (à la longue).
A défaut d'un message de réciprocité, rien de tel que de se prendre un bon râteau — mais asséné avec tact et délicatesse, dans la joie et la bonne humeur — afin de faire tomber les tensions intérieures... Mais un bon râteau est un râteau qui vient vite. Il me semble qu'on souffre d'autant plus qu'on sera resté longtemps dans l'expectative...

Pour aviatha plus spécifiquement : je ne savais pas que ça existait, mais apparemment, certaines personnes peuvent éprouver de l'amour romantique pour des gens tout en ne souhaitant pas qu'il soit réciproque (voir ce lien). Donc, peut-être y-a-t-il une chance non-nulle pour que quelqu'un que tu éconduiras en soit tout à fait ravi...

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(compte clôturé)

le samedi 13 juillet 2013 à 16h58

Je lis le dernier msg de MetaZet. J'ai récemment eu une véritable déclaration de la part d'un homme qui me connait à peine et malheureusement pour lui, si je le trouvais sympa au départ, son obsession m'a poussé à le rejeter méchamment, ce qui n'est absolument pas dans mes habitudes. Je m'explique. Je lui ai très clairement que je comprenais que son amour pour moi était sincère mais que je ne voulais pas qu'il s'attache à moi de cette manière car moi je ne ressentais pas de sentiments d'ordre amoureux pour lui. Je lui ai dit clairement que l'on pouvait rester amis et se voir dans ce cadre là. Par la suite il m'a demandé par sms ce que je pensais de "nous deux" alors que nous venions d'en parler durant plus de deux heures. J'ai redis que nous n'étions pas en adéquation et que je ne voulais pas qu'il souffre à cause de cela. Mais non, le lendemain, il envoyait par sms un "bonjour mon coeur...". Je lui ai indiqué (sachant qu'en plus il est marié) qu'il ne devait pas agir ainsi pour son bien et pour le mien. Alors, il m'a appelé en me disant qu'il comprenait que vis-à-vis de mon mari, s'il tombait sur ce message... J'ai alors réaffirmé qu'il ne s'agissait pas cela et il a fini par me dire qu'il ne comprenait pas pourquoi j'acceptais et qu'après je le rejetais... En fait, il avait tout entendu de travers et tout interprété à sa manière, persuadé que son ressenti ne pouvait être que réciproque et a commencé à vouloir me culpabiliser en me disant que j'étais nettement moins libéré que j'en avais l'air. Au téléphone, je n'ai pas pu le résonner, alors vu la tournure des évènements, j'ai préféré l'envoyer sur les roses méchamment afin d'éviter des problèmes. En fait, je pense que son état de passion (il était littéralement en extase devant moi et même moi ça me mettait mal à l'aise) faussait complètement son jugement et que cette situation aurait mené à une catastrophe si elle avait perduré. C'est dommage, nous aurions être bons amis... mais je ne pouvais me forcer à être amoureuse si ce n'était pas le cas, juste pour ne pas le vexer ou ne pas lui faire de mal.

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Anarchamory

le samedi 13 juillet 2013 à 18h24

gcd68
Je lis le dernier msg de MetaZet. J'ai récemment eu une véritable déclaration de la part d'un homme qui me connait à peine et malheureusement pour lui, si je le trouvais sympa au départ, son obsession m'a poussé à le rejeter méchamment, ce qui n'est absolument pas dans mes habitudes. Je m'explique. Je lui ai très clairement que je comprenais que son amour pour moi était sincère mais que je ne voulais pas qu'il s'attache à moi de cette manière car moi je ne ressentais pas de sentiments d'ordre amoureux pour lui. Je lui ai dit clairement que l'on pouvait rester amis et se voir dans ce cadre là. Par la suite il m'a demandé par sms ce que je pensais de "nous deux" alors que nous venions d'en parler durant plus de deux heures. J'ai redis que nous n'étions pas en adéquation et que je ne voulais pas qu'il souffre à cause de cela. Mais non, le lendemain, il envoyait par sms un "bonjour mon coeur...". Je lui ai indiqué (sachant qu'en plus il est marié) qu'il ne devait pas agir ainsi pour son bien et pour le mien. Alors, il m'a appelé en me disant qu'il comprenait que vis-à-vis de mon mari, s'il tombait sur ce message... J'ai alors réaffirmé qu'il ne s'agissait pas cela et il a fini par me dire qu'il ne comprenait pas pourquoi j'acceptais et qu'après je le rejetais... En fait, il avait tout entendu de travers et tout interprété à sa manière, persuadé que son ressenti ne pouvait être que réciproque et a commencé à vouloir me culpabiliser en me disant que j'étais nettement moins libéré que j'en avais l'air. Au téléphone, je n'ai pas pu le résonner, alors vu la tournure des évènements, j'ai préféré l'envoyer sur les roses méchamment afin d'éviter des problèmes. En fait, je pense que son état de passion (il était littéralement en extase devant moi et même moi ça me mettait mal à l'aise) faussait complètement son jugement et que cette situation aurait mené à une catastrophe si elle avait perduré.

Oui, mais là tu es tombée sur quelqu'un qui s'est comporté assez lourdement, donc je comprends bien ta réaction. Tous les râteaux ne suivent pas ce scénario obsessionnel !

A noter que je ne juge pas cette personne. Je pense que le sentiment amoureux passionnel est vraiment une sorte de drogue, et comme toute drogue, il présente des effets délétères (idéalisation/divinisation de l'autre par exemple), surtout à haute dose. De surcroît, il est possible que cette personne manquait excessivement de confiance en elle et d'estime de soi. Elle s'est donc sentie rejetée. Ce qui a aggravé le tout (comme pour les drogues où l'effet nocif peut se faire davantage ressentir sur une personne de constitution fragile).

Je pense que tu n'as pas à te reprocher ta réaction, surtout qu'elle n'a pas été épidermique. Tu lui as donné plusieurs fois l'occasion de se ressaisir, et ça n'a fait que faire empirer les choses.

Je pense qu'une bonne "douche froide" suivie d'un certain temps au moins d'absence de tout contact avec cet homme — le temps qu'il guérisse — peut peut-être lui faire du bien. Mais une fois qu'il aura regagné contact avec la terre ferme... exclus-tu toute possibilité de sympathiser pour de vrai avec lui ? Pour ma part — mais tu fais ce que tu veux — je serais plutôt du genre à passer l'éponge et à pardonner ce genre de comportement "pathologique" une fois dissipé. Je ne pense pas que cette personne avait nécessairement un mauvais fond. Je pense qu'elle est simplement tombée malade, mais psychologiquement, et que ça lui passera. Je pense que ça serait dommage pour vous deux de lui refuser ton amitié. Peut-être, effectivement, que vous pourriez devenir de très bons amis ? Du reste, je pense qu'il ne serait pas bon que cet homme se ronge en culpabilité en se disant que par sa faute il a gâché la possibilité d'une amitié avec toi.

gcd68 C'est dommage, nous aurions être bons amis... mais je ne pouvais me forcer à être amoureuse si ce n'était pas le cas, juste pour ne pas le vexer ou ne pas lui faire de mal.

Non seulement ça aurait été impossible, mais faire l'"assistante sociale" du cœur en cédant à ses désirs par charité n'aurait pas été très valorisant pour lui, sans compter que ça aurait été une aliénation pour toi.

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alps

le samedi 13 juillet 2013 à 23h38

metazet
Oui, mais là tu es tombée sur quelqu'un qui s'est comporté assez lourdement, donc je comprends bien ta réaction. Tous les râteaux ne suivent pas ce scénario obsessionnel !

le terme lourdement est subjectif. Qu'une femme vienne me dire qu'elle est amoureuse de moi tout en sachant que je suis en couple exclusif. Je le trouve déjà très lourd. Après je peux comprendre que d'autres éprouvent un sentiment autre. A fortiori les polyamoureux.

Mais perso, je me vois mal aller voir la femme d'un ami et lui dire. Je suis amoureux de toi. Et je prendrai mal qu'un ami agisse de la sorte avec ma femme.

metazet
Penser qu'une telle "révélation" peut causer un malaise à qui l'entend incite à ne rien dire du tout, à tout garder pour soi, sauf à être sûr de "son coup" (ce qui est impossible)

Est ce que cet amour concerne autrui s'il n'est pas réciproque ? J'ai envie de dire non.

Je pense que c'est à chacun de juger en fonction des situations. C'est pas un truc à prendre à la légère. Selon qu'on soit au travail, fragile, fleur bleu, dans une équipe de sport etc...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Anarchamory

le dimanche 14 juillet 2013 à 01h39

alps
le terme lourdement est subjectif. Qu'une femme vienne me dire qu'elle est amoureuse de moi tout en sachant que je suis en couple exclusif. Je le trouve déjà très lourd. Après je peux comprendre que d'autres éprouvent un sentiment autre. A fortiori les polyamoureux.

Mais perso, je me vois mal aller voir la femme d'un ami et lui dire. Je suis amoureux de toi. Et je prendrai mal qu'un ami agisse de la sorte avec ma femme.

[...]

Est ce que cet amour concerne autrui s'il n'est pas réciproque ? J'ai envie de dire non.

Pourtant, il me semble que c'est une question d'honnêteté. Ou bien ces sentiments n'ont pas d'importance, ou bien ils sont importants. Si ces sentiments ne sont pas importants, alors c'est juste un "coup de cœur" pas forcément très pérenne sur le long terme... et alors il n'est peut-être pas utile d'en parler. Ça passera comme une rage de dents. Mais si ces sentiments sont importants (qu'ils soient ou non "pathologiques"), alors ils sont centraux et constitutifs de ce que nous sommes vis-à-vis de la personne vers qui ils sont dirigés. Par conséquent, c'est de la tromperie que de se comporter vis-à-vis de cette personne comme s'ils n'existaient pas. Ça peut, à la longue, fausser la relation. En outre, ne pas exprimer ce genre de chose émotionnellement intense, je crois que c'est généralement assez malsain pour la santé mentale. Se libérer de cette vérité, ça permet d'évacuer les tensions.

Je n'ai jamais pu avoir une relation d'amitié saine avec une femme sans lui avouer d'abord mes sentiments amoureux lorsqu'il y en avait. Or, au risque de paraître encore plus bizarre que je ne le suis déjà, il se trouve qu'en ce qui me concerne : "être proche ami avec X" et "être amoureux de X" sont deux concepts strictement équivalents pour tout X qui soit une femme à peu près de mon âge, et pas vilaine (j'ai même pas dit "belle"). (Chouette, j'ai encore pondu une théorie sur l'amour avec des variables et des domaines de validité, c'est Cendre qui va être contente :D ). Et je n'arrive même pas à comprendre comment il est possible de voir les choses autrement, ce qui doit prouver que je ne suis vraiment qu'une machine à traiter rationnellement l'information... et pourtant, je t'assure qu'il y a un vrai petit cœur qui bat et qui souffre sous la carcasse :D

Bref, nous pouvons donc conclure de tout ceci que :
- si je ne procédais pas de la sorte, je n'aurais tout simplement aucune amitié un peu profonde avec aucune personne du sexe féminin de mon âge (à moins qu'elle ait un physique que je juge repoussant, ce qui est quand même rare)...
- il ne vaut mieux pas que tu me présentes ta femme, s'il y a une chance pour que je sois bien ami avec elle, sauf si elle a plus de 45 ans... ;-)

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(compte clôturé)

le dimanche 14 juillet 2013 à 09h31

Pas eu le tps de tt lire mais le terme "lourdement" m'a paru en effet très approprié dans ce cas. Merci MetaZet, ton analyse a été exacte. Il y a chez cet homme un malaise très profond car sa charmante épouse ne désire plus être "touchée" et ne désire plus "lui offrir d'affection". Encore un couple qui "reste ensemble uniquement pour les enfants" (ce sont ses mots pas les miens). Il avait clairement indiqué que de son côté, son mariage n'était pas un problème, qu'il ne fallait pas en tenir compte. Apparemment, ils ne se tirent pas dans les pattes mais il n'y a "plus rien entre nous" (là encore ce sont ses propres mots).
Est-ce que c'est aussi ce que sa femme pense ? Prend-il des libertés concertées ou qu'il s'approprie de droit en fonction de la situation ? Cet homme est en manque à la fois d'affection et de sexe... un jour il pétera un câble, c'est prévisible... et personne ne voit rien. Perso, j'étais mal placé pour faire quoi que ce soit. D'ailleurs il était dans une optique disons douteuse (ce n'est pas le bon mot mais c'est dimanche matin :-D alors chacun pourra s'adonner à son petit grain de sel) car il m'a indiqué lorsque je me suis inquiétée de savoir s'il allait bien "non, non rassure toi rien de grave, j'ai joué, j'ai perdu, c'est tout". Comparer une déclaration d'amour à un jeu m'a laissé perplexe, très perplexe. Perso, s'il y a bien qque chose que je prends au sérieux ce sont les sentiments, les émotions...

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demeter

le dimanche 14 juillet 2013 à 10h12

MetaZet
- il ne vaut mieux pas que tu me présentes ta femme, s'il y a une chance pour que je sois bien ami avec elle, sauf si elle a plus de 45 ans... ;-)

Ce qui est chouette, c’est qu'en vieillissant soi même, les femmes de 25 ans restent belles, mais que celles de 60 le deviennent aussi... Heureusement pour ceux/celles qui ont plus de 45 ans...

gcd68
.... "non, non rassure toi rien de grave, j'ai joué, j'ai perdu, c'est tout". Comparer une déclaration d'amour à un jeu m'a laissé perplexe, très perplexe. Perso, s'il y a bien qque chose que je prends au sérieux ce sont les sentiments, les émotions...

Ben si on ne tient pas particulièrement à se tirer une balle dans la tête, un peu de légèreté dans la formulation rend la chose moins grave. La séduction est quand même une forme de jeu. Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas sérieux, si ?

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