Polyamour.info



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Compersion, et vous ?

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(compte clôturé)

le lundi 15 juillet 2013 à 13h19

Oups ! j'avais décroché en voyant un pseudo d'inscrit dans la discussion. Je ne pensais pas provoqué tout cela.
Je me suis retrouvée face à une situation inédite et il faut croire, au vue du résultat que je l'ai mal géré. Je suis humaine, malheureusement. Si les relations entre humains étaient simples, ce site n'aurait pas lieu d'exister.
J'ai eu un amoureux à qui j'ai dit "je t'aime", il m'a alors embrassé sur les lèvres. Puis, nous nous sommes vu qques fois ainsi. Un jour, il m'a dit bonjour en m'embrassant sur la joue et dans notre discussion il m'a dit que finalement il ne pouvait pas concevoir le polyamour et donc qu'il ne pouvait pas aimer une femme mariée. Depuis, nous continuons à échanger des sms, à se voir de temps à autres, de manger ensemble au resto et même si les sentiments sont encore en moi, je respecte son choix et son attitude aujourd'hui amicale. Evidemment, mes besoins et mes envies à son égard ne sont pas satisfaits mais je suis heureuse qu'il ne m'ait pas rejetée. Il n'y a plus la cerise sur le gâteau mais je savoure à ma façon intérieurement le gâteau.
J'ai aussi un ami de longue date maintenant qui m'a dit récemment qu'il était "jaloux" de mes amoureux et donc on a parlé de notre relation. Nous avons conclu que finalement il n'y avait pas une grande différence concrète entre ce que je vivais avec mes "affectifs" et notre amitié. Evidemment, il n'y a pas la reconnaissance du "je t'aime" mais du coup nous sommes devenus encore plus proche.
Y-A Thalmann dis que la frontière entre amour et amitié n'est pas le sexe et qu'elle est souvent floue. Je pense qu'il a raison. De toute façon, je n'ai pas de relations sexuelles avec mes "affectifs" même si le sentiment est reconnu de part et d'autre.

Pour en revenir à l'histoire initiale, je pensais naïvement que cet homme aspirerait à savourer intérieurement le gâteau (que je suis pour lui et qu'il dévorait des yeux) et qu'une fois l'effet passion estompé, il assumerait parfaitement une relation d'ordre amicale avec moi. Malheureusement, pour lui la cerise a eu plus d'intérêt que le gâteau...
D'autre part, ce genre de situation peut mener facilement à un drame, car j'avais bien décelé un malaise affectif en lui. Il y a ce genre de drame (suicides, meurtres, ...) plein les journaux et j'ai toujours pensé que ça n'arrivait pas qu'aux autres. Même mon mari y a songé aussi.
Je ne voulais pas lui faire de mal et à ma manière j'ai essayé de lui offrir de l'affection. On ne parlait pas le même langage, il a entendu et compris ce qu'il désirait et non ce que je m'efforçais de lui expliquer. De plus, j'ai eu l'impression de me faire "manipuler" car il a réellement tout fait pour me culpabiliser. C'était plus négociable, j'ai été obligée (à regrets) de le rejeter complètement. Ai-je mal fait qque chose ? Sans doute. De toute façon, je ne peux plus (et ne veux pas) revenir sur ce qui a été fait et dit.

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Profil

Anarchamory

le lundi 15 juillet 2013 à 13h59

Gcd68, qu'est-ce qui te fait croire que tu as mal géré la situation ?... Le résultat est ce qu'il est, mais il aurait pu être pire : si tu t'étais forcée contre tes envies, ou si le gars s'était suicidé, par exemple. Je pense que tu as fait de ton mieux dans une situation qui n'était pas simple du tout. Tu as choisis le moindre mal, sachant qu'il ne pouvait pas vraiment y avoir de choix du bien, car cela aurait impliqué, soit que tu te mettes à l'aimer vraiment (ce qui n'était visiblement pas possible, et d'autant moins étant donné son comportement), soit qu'il cesse de t' "aimer" (je mets des guillemets, car il s'agissait d'une passion amoureuse complétement pathologique, pas de véritable amour), mais tu ne maîtrises pas non plus ce paramètre...

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Profil

LuLutine

le lundi 15 juillet 2013 à 14h54

MetaZet
OK, en fait, si je comprends bien : ce n'est pas tant que tu trahis ton distinguo, c'est plutôt que tu pars du principe qu'autrui ne le partage pas nécessairement, c'est ça ?


Tout-à-fait. Je sais que pour telle personne, le bisou dans le cou (que j'ai envie de lui faire parce que je me sens amoureuse, je ne vais pas me voiler la face, et pas "juste" parce que j'en ai envie), c'est connoté "amour" et pas "amitié". Ou au moins, qu'il y a une probabilité assez importante que ça soit le cas.

Donc à moins d'avoir demandé et obtenu un accord (mais rien que de demander, la plupart de mes amis considèrent ça comme un geste amoureux, donc sauf circonstances particulières, je ne le ferais pas) ou bien que ce soit habituel chez cette personne (autre exemple, j'ai un ami qui fait beaucoup de câlins à ses amis, donc en toute logique une personne amoureuse de lui peut lui faire un câlin sans que ça fasse de différence), je m'abstiens.

MetaZet
Imaginons qu'un ami homosexuel soit amoureux de moi et me le dise. Imaginons qu'une des manifestations du sentiment amoureux, chez lui, soit d'inviter les hommes dont il est amoureux au cinéma.

Étant hétéro-romantique, je ne peux être amoureux de lui. Néanmoins, s'il me propose d'aller au cinéma avec lui, il est possible que je partage cette envie, et que j'accepte la proposition, même si je sais qu'il est probable qu'il me fasse cette proposition parce qu'il est amoureux de moi.


Bah, je ferais pareil, donc au final on est d'accord. Par contre, Siestacorta refuserait d'aller au ciné avec lui, même s'il a envie d'aller voir le film avec quelqu'un !

gcd68
Evidemment, mes besoins et mes envies à son égard ne sont pas satisfaits mais je suis heureuse qu'il ne m'ait pas rejetée. Il n'y a plus la cerise sur le gâteau mais je savoure à ma façon intérieurement le gâteau.

Je fonctionne souvent comme toi gcd68 !
Même si c'est plus facile lorsque la cerise n'a jamais été là, plutôt que lorsqu'on me la retire en cours de route...

gcd68
Y-A Thalmann dis que la frontière entre amour et amitié n'est pas le sexe et qu'elle est souvent floue.

Ah bah, je suis d'accord avec Thalmann. Je peux coucher avec un ami (parce que j'en ai envie, bien que n'étant pas amoureuse), et je peux avoir une relation amoureuse sans coucher avec la personne (parce que l'un au moins n'en a pas envie, ou parce qu'on se l'interdit pour une raison x ou y même si j'évite ce dernier cas de figure). Désirs et sentiments sont indépendants même s'ils peuvent coexister.

gcd68
Ai-je mal fait qque chose ? Sans doute.

Oh non, je ne pense pas que tu aies mal fait. Tu as fait de ton mieux au contraire et je pense que j'aurais agi de la même façon.
On ne peut pas toujours compenser les "défaillances" (si je puis dire ainsi) des autres.
Tu es peut-être comme moi ? Tu fais beaucoup confiance aux autres et dans le fait qu'ils vont entendre ce que tu leur dis (et non pas ce qu'ils ont décidé d'entendre). Ca vaut dans tous les domaines d'ailleurs. Récemment j'ai fait confiance à une amie pour gérer ce qui était de sa responsabilité. Ca n'a pas été fait, je ne pouvais pas compenser cette défaillance, et ça m'a même coûté pas mal d'argent (dont j'avais besoin, en plus). :(
Un autre de mes amis me dirait : "Tu as fait confiance, c'est le principal". Mais quand cette confiance est déçue, c'est dur, surtout quand la personne ne s'excuse pas, ce qui me semble être le minimum (et dans ton cas, je ne pense pas que l'homme en question soit venu s'excuser, si ? Enfin, il le fera peut-être plus tard quand il aura compris pourquoi il s'est mal comporté, en attendant il est peut-être braqué sur son délire, et dieu sait si on peut rester longtemps dans ce genre de délire.)

MetaZet
qu'il cesse de t' "aimer" (je mets des guillemets, car il s'agissait d'une passion amoureuse complétement pathologique, pas de véritable amour)

Warning. Warning. Troll detected ! Warning !!! :D
Tu vas nous sortir un refrain lenalpsien sur ce qu'est le véritable amour (je parie qu'il est vertueux et qu'il ne fait jamais rien faire d'insensé ou d'illogique) ?

Blague mise à part, je crois que porter un jugement sur le fait que quelqu'un ressente du "véritable amour" ou non est dangereux. Surtout que là, tu prêtes le flanc à tous les mono qui vont t'expliquer que tes amours plurielles, ce n'est pas non plus du "véritable amour", car le "véritable amour" est exclusif.

Pour ma part j'ai ma propre définition de l'amour, en ce qui concerne mes ressentis. En ce qui concerne les autres, je leur fais simplement confiance. S'ils disent qu'ils m'aiment (sous-entendu d'amour), ou qu'ils sont amoureux (pour ma part je fais une distinction entre les deux, mais peut-être pas eux), je les crois tout simplement, en sachant bien qu'ils ont sans doute leur propre définition de la chose.
Je présume juste, en général, qu'elle n'est pas trop trop éloignée de la mienne... (Par exemple que "Je t'aime" ne signifie pas "J'ai envie de te trancher la gorge et de te découper en morceaux pour te manger" - ce qui pour le coup serait en effet assez pathologique à mon sens, mais bon, ce n'est pas parce que je ne me laisserais pas faire que je vais déclarer dans la foulée qu'ils ne ressentent pas d'amour pour moi. Peut-être que c'est le cas, et je ne me permettrais pas de porter un jugement sur leur ressenti.)

Selon moi l'homme qui était amoureux de gcd68 était sans doute amoureux d'elle, si c'est ce qu'il pense. Ce n'est pas forcément l'amour qui a pu le pousser à se comporter comme il l'a fait, mais c'est peut-être autre chose qui cohabitait avec cet amour (manque affectif, dépression, que sais-je...visiblement sa situation affective n'était pas rose).

Ce n'est pas parce qu'on aime quelqu'un qu'on agit uniquement par amour. On peut aussi agir par peur, par désespoir, par jalousie, etc. Je pense que ces actes ne seront pas des manifestations de l'amour, mais n'empêchent en rien l'amour d'exister.

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Anarchamory

le lundi 15 juillet 2013 à 15h20

LuLutine, merci pour tes précisions, c'est beaucoup plus clair, sauf un truc :

LuLutine
Tout-à-fait. Je sais que pour telle personne, le bisou dans le cou (que j'ai envie de lui faire parce que je me sens amoureuse, je ne vais pas me voiler la face, et pas "juste" parce que j'en ai envie), c'est connoté "amour" et pas "amitié". Ou au moins, qu'il y a une probabilité assez importante que ça soit le cas.

[...]

Ah bah, je suis d'accord avec Thalmann. Je peux coucher avec un ami (parce que j'en ai envie, bien que n'étant pas amoureuse),

Donc tu peux avoir envie de coucher avec un ami, et donner corps à cette envie s'il est d'accord, no problem, mais par contre, jamais, au grand jamais, tu n'auras envie de lui faire un bisou dans le cou, ah ça non... :D

J'imagine bien la scène que ça pourrait donner entre deux personnes qui partageraient cette façon de "voir" : A et B, A étant amoureux de B, mais pas B de A.

A et B se feraient toutes les choses imaginables les plus torrides niveau sexuel, puis à un moment A voudrait faire un bisou dans le cou à B et B lui répondrait :
"hé mais ça va pas non ? on est juste amis !"

Trop drôle ! :D

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Siestacorta

le lundi 15 juillet 2013 à 15h23

gcd68

Pour en revenir à l'histoire initiale, je pensais naïvement que cet homme aspirerait à savourer intérieurement le gâteau (que je suis pour lui et qu'il dévorait des yeux) et qu'une fois l'effet passion estompé, il assumerait parfaitement une relation d'ordre amicale avec moi. Malheureusement, pour lui la cerise a eu plus d'intérêt que le gâteau...

Ce genre de gâteau qu'on peut savourer à l'infini, qui fait jamais grossir, il a pas une recette très très subjective ? Il serait pas un peu cérébral, pour un gâteau ?

Un vrai gâteau qu'on savoure avec ses sens on s'en ressert vite avant qu'il n'y en ait plus ou qu'on ait plus faim, le savourer avec les yeux mais pas avec la langue, ça ne fait que laisser le gâteau pour un autre qui sera plus gourmand (hédoniste (#fnord)).

Ce que je veux dire, c'est que pour espérer que les gens aient une attitude "contemplative" sur l'amour, faut vérifier qu'ils ressemblent psychologiquement à la personne qui est capable d'avoir ce "gâteau intérieur" (cérébral (#fnord)).

Pour quelqu'un qui ne ressent pas ce genre de chose, qu'il soit mis dans le rôle du gourmand ou dans celui du gâteau, le gâteau appelle en permanence l'appétit.
Et je trouve pas ça bon de dévorer (ou balader) un gros repas devant quelqu'un qui a faim (c'est un des ressorts du sentiment de pudeur).

Par contre, c'est vrai ce que soulignent Lulutine et MetaZet, c'est que mon approche lie passion et sentiment amoureux.
Pour être précis sur mon idée, oui, la passion peut s'éteindre, le sentiment amoureux perdurer, et la relation ressembler grossomodo à de l'amitié.

Mais je connais (et peux apprécier) trop la confusion des sentiments pour ne pas me sentir affecté par les ingrédients des rapports affectifs.
Quand Metaz précise


Ce n'est pas parce qu'un homme t'a dit ne pas partager les sentiments amoureux que tu pourrais avoir pour lui que ça veut dire qu'il ne peut pas avoir envie que tu l'embrasses dans le cou.

il suppose une confiance dans l'innocuité / l'innocence des affects et de leurs manifestations que je n'ai pas.
La satisfaction de l'embrasseur amoureux et celle de l'embrassé sensuel n'ont pas les mêmes limites ni les même horizons : c'est pas juste le terrain partagé qui compte, c'est pas seulement deux ensembles qui ont un espace affectif commun : le soucis de l'ampleur de cet espace peut
se poser rapidement.

Les sentiments qui se manifestent là ne sont pas des cadres, se sont des contenus changeants. Selon la personne ou la situation, un baiser, un ciné, un soir qui traine ne suscitent pas les mêmes effets. Un geste construit le suivant : cette embrassade d'amour unilatéral, pourquoi se reproduirait-elle, pour l'ami ? Il n'a pas besoin qu'elle ait lieu de nouveau, son amitié n'en dépend pas. Pour un amoureux unilatéral, elle a eu lieu une fois, pourquoi pas encore ? Il désire que ça puisse se reproduire, que sa perception se manifeste.

Les deux territoires auront des intérêts pouvant s'opposer sur la durée, et, à un moment, l'ami non-amoureux aura plus d'intérêt à mettre fin au rapport (comme l'a fait gcd68) quand cette perte représentera quelque chose de plus lourd pour l'amoureux.

Et puis, la passion... Ben l'amour y est perméable. Les moments affectifs qui passent plus vite que les heures, l'avenir qu'on peut ou pas avoir, l'imperfection de la communication, la vie qui parfois nous amène a avoir plus besoin d'amour qu'avant, le coeur qui continue à battre plus vite quand, justement, on est plus en situation, la cervelle qui nous fait un cinéma de minuit alors que c'est l'heure de dormir...
La passion, c'est pas un truc qu'on décide pour soi, ça fait partie de la définition. On peut décider qu'elle nous bouffera pas, on peut pas décider qu'elle existe pas.
On peut encore moins décider ça quand on est dépassionné, amical, face à un amoureux : on a encore moins la possibilité (et sans doute pas vraiment la légitimité) de poser des limites quand on a offert des ouvertures : "oui, tu peux m'embrasser en ami". Sa passion nous a pour objet, comment on pourrait lui faire entendre "oui mais pas ceci" quand "oui" a tant de valeur pour lui ?

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Siestacorta

le lundi 15 juillet 2013 à 15h31



Bah, je ferais pareil, donc au final on est d'accord. Par contre, Siestacorta refuserait d'aller au ciné avec lui, même s'il a envie d'aller voir le film avec quelqu'un !

Oui, en principe.
Après, comme malgré tout ça m'est arrivé, et peut sans doute m'arriver encore, c'est que le réel est quand même toujours plus riche que les idées qu'on a dessus.
Quel bien je fais, quel mal je peux faire, si je posais tout le temps la question in vivo, il m'arriverait pas grand chose, et c'est pas le but non plus.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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LuLutine

le lundi 15 juillet 2013 à 16h18

MetaZet
Donc tu peux avoir envie de coucher avec un ami, et donner corps à cette envie s'il est d'accord, no problem, mais par contre, jamais, au grand jamais, tu n'auras envie de lui faire un bisou dans le cou, ah ça non... :D

Ce n'est pas du tout ce que j'ai dit. Tu mélanges un cas précis avec une idée générale.

La plupart de mes amis ne coucheront pas avec moi, parce qu'ils mettent une frontière nette (pas comme moi) du style : "Si je ne suis pas dans une relation amoureuse avec cette personne, alors je ne couche pas avec elle". Pour la plupart de mes amis toujours, un bisou dans le cou ce n'est pas amical.

Je n'ai dit à aucun moment que je n'avais jamais envie de faire un bisou dans le cou à un ami, j'ai dit que même si j'en avais envie, je ne le faisais pas, parce que je craindrais (avec la plupart d'entre eux en tout cas) que ça les mette mal à l'aise. D'autant plus concernant ceux à qui j'ai fait une déclaration (tiens d'ailleurs, j'étais avec l'un d'eux hier, je me suis justement retenue car je sais très bien qu'il n'est pas tactile, on en a discuté il y a plusieurs années déjà : il ne souhaite pas de contact physique avec moi, à part se faire la bise).

Tu noteras d'ailleurs que, pour le bisou dans le cou, je parlais de "telle personne", j'envisageais donc un cas précis (même s'il n'est pas défini, et oui !) qui prend en compte les idées de l'autre, pas un cas général concernant mon ressenti.

Ce que j'ai dit en revanche, c'est que pour ma part je ne traçais pas une frontière comme indiqué plus haut ("pour coucher il faut être amoureux"), et que donc dans l'absolu (et c'est un cas général de mon ressenti), si j'en ressens l'envie (ce qui est loin d'être fréquent), je peux coucher sans me sentir amoureuse avec quelqu'un qui pense comme moi (par contre avec quelqu'un qui croit que ça veut dire que je suis amoureuse, j'éviterai sans doute, pour éviter le malentendu et l'éventuel drame qui en résulterait pour l'autre : "Tu m'as menti, trompé, je croyais que tu m'aimais." etc.). Je te rassure, cette personne-là (celle qui coucherait avec moi par désir mutuel mais pas nécessairement parce qu'il y a des sentiments amoureux), je lui ferais aussi un bisou dans le cou si j'en avais envie. Parce que je sais que pour elle, ce n'est pas connoté "amour".

Mais quand même, ce n'est pas la majorité des gens que je côtoie qui pensent ainsi... (c'est-à-dire de manière non binaire).

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Anarchamory

le lundi 15 juillet 2013 à 16h44

OK, merci. Tout est très clair maintenant :-)

(c'est vrai qu'à force de discuter sur ce forum, j'en suis presque venu à oublier que les frontières sont tracées au couteau pour la plupart des gens qu'on peut avoir comme amis...)

Il y a un concept intéressant que j'ai découvert sur Internet, c'est celui de "relations queerplatoniques" : aromanticaardvark.tumblr.com/post/25625686403/roma...

Encore une fois, comme avec mes histoires d' "homme lesbien", il ne faut peut-être pas s'arrêter à l'expression elle-même (encore que la vision de l'amour de Platon n'a jamais été nécessairement asexuelle, donc l'expression n'est pas aussi problématique, àmha, que celle d' "homme lesbien"), mais au concept sous-jacent, qui me semble assez proche, je crois, de ce que tu décris.

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(compte clôturé)

le lundi 15 juillet 2013 à 18h03

Heu ! je m'étais juste absenté qques heures pour faire des courses (faut bien manger) et vous allez trop vite pour moi. Serait-ce l'effet, on va enfin pouvoir discuter !
Donc, j'ai lu en diagonale.

Pour Siestacorta : j'avoue que l'aspect très scientifique des relations humaines et notamment celles d'ordre passion ou amour me parle guère. Je ne suis pas capable objectivement de suivre ton résonnement et tes propos tout simplement parce qu'ils ne sont pas à ma portée et j'en suis sincèrement désolée.

Pour Lulutine : il apparait encore une fois que l'on parle le même langage et que nos attitudes se ressemblent si nous sommes face à des situations proches ou similaires. Oui, j'avoue que la cerise me manque mais on aurait pu aussi me retirer ce beau gâteau (et puis la cerise je peux la "revivre" par le biais de mon tiroir "aux beaux souvenirs" et là, c'est un régal). J'ai conscience d'avoir cette faculté de me rappeler fidèlement et dans le temps des instants magiques alors que j'ai une mémoire hyper défaillante par ailleurs. J'ai aussi la capacité de garder à l'esprit que mes souvenirs ne sont QUE des souvenirs et que même si j'en cumule d'autres, ils restent des instants uniques donc non re-vivablent... Elle est peut être là ma capacité de résilience. Panser mes blessures suffisamment pour qu'elles ne fassent pas trop mal mais pas complètement pour me les rappeler. Cela me permet aussi, outre que de gérer mes souvenirs d'une manière à en retirer satisfaction, de ne pas commettre deux fois la même erreur (essayer en tout cas). Donc, la prochaine qu'un homme est "en extase" devant moi et que je ne suis pas sur la même longueur d'onde, je casserai ses illusions dès le départ, je n'essaierai pas de lui expliquer l'inexpliquable. Comme tu le dis Lulutine, je prendrai mes jambes à mon cou... Je m'aperçois aussi que j'agis de même pour la douleur physique. cela me permet de me rappeler à quoi je m'expose (j'ai eu plusieurs opérations de même nature et je hais ce crétin d'anesthésiste qui m'a dit avant mon premier rachis "vous ne sentirez strictement rien" - ben voyons !). Je suis de ses personnes qui préfère savoir si elle va avoir mal, physiquement ou psychologiquement ou sentimentalement. La douleur, de quelque nature qu'elle soit, je la connais maintenant, alors je préfère l'affronter de face, voir lui faire un pied de nez et me moquer d'elle. Je me laisse encore emportée, désolée

Pour MetaZet : merci pour tes propos qui sont toujours bienveillants à mon égard. Merci aussi pour ton soutien. (il en va de même pour beaucoup d'autres sur polyamour.info). Au fait j'ai chercher des infos sur le petit mot que tu m'avais communiqué et qui je pense me va "comme un gant" mais j'ai rien trouvé... :-(

Je tiens à m'excuser pour les discussion en MP auxquelles je n'ai peut être pas toujours donner suite car, comme je ne communiquai plus vraiment ici, toutes les discussions en MP se sont un peu cumulées, télescopées et j'ai eu du mal à gérer. En tout cas, c'était bien d'avoir gardé un lien avec vous.

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Profil

Siestacorta

le lundi 15 juillet 2013 à 18h30

gcd68


Pour Siestacorta : j'avoue que l'aspect très scientifique des relations humaines et notamment celles d'ordre passion ou amour me parle guère. Je ne suis pas capable objectivement de suivre ton résonnement et tes propos tout simplement parce qu'ils ne sont pas à ma portée et j'en suis sincèrement désolée.

Rho t'abuses, en tout cas la partie où je te répond directement sur l'idée du "gâteau intérieur" me parait pas si absconse.

Après ça m'arrive d'être abstrait, pas clair, je sais, je tente de compenser plus ou moins en mettant du concret et du direct dans mes phrases, le succès est mitigé apparemment.
Je pensais pas que c'était à ce point, je poursuivrai mes efforts de lisibilité.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 15 juillet 2013 à 19h34

Euh ! Ben ! Je ne suis pas toujours fufute.

D'ailleurs, tu fais allusion à la notion de pudeur et là encore ça me parle guère car si je ne balade pas à poil dans les rues c'est plus par respect pour autrui que vis-à-vis de moi-même (et aussi à cause de la loi). Perso, je suis comme je suis et il n'y a qu'une infime partie de mon corps qui me déplait fortement (mes doigts de pied, ben ouais !) et que je ne montre pas volontiers mais c'est plus parce que je n'ai pas envie de les voir moi-même. Je n'ai jamais eu l'opportunité de faire du nudisme ou du naturisme mais je pense que ça ne me dérangerai pas trop encore que... je préfère être dans la séduction et mettre en valeur ce qu'il y a de charmant en mon corps. Je sais que je suis qque peu "séductrice" dans le sens où je suis naturellement souriante, naturelle et il parait rayonnante. J'ai découvert par le biais du libertinage que j'étais exhib et surtout que je pouvais plaire physiquement (alors que perso je me trouve franchement très quelconque) et c'est aspect de moi me plait. Donc, quand on me dit je suis pudique, je respecte le choix de l'autre de ne pas se dévoiler (physiquement comme intimement) mais je ne suis pas ainsi, je le sais.

Je mange peut être mes gâteaux d'une manière cérébrale, je n'en sais rien, je ne comprend tout simplement pas ce que ça veut dire. J'aime les bonnes choses et les déguster, les savourer. A table, certains sifflent leur verre d'un trait, moi ce verre où je ne le bois pas si son contenu me parait fade ou je met un temps infini à le boire par petites gorgées que je fais glisser lentement, délicatement dans chaque recoin de ma bouche avant de l'avaler presque à regrets. Cela ne veut pas dire que je ne me resservirai pas en quantité autant que les autres mais j'aurai fait durer le plaisir au maximum, par petites touches nuancées car en se réchauffant la boisson aura une autre saveur (je suis une amatrice de bières).

La notion d'attitude "contemplative"... et de recette subjective... ou de balader son gros gâteau devant l'autre... j'ai rien capté. Je le dis sincèrement. Moi, j'ai BAC+1, pas plus (et encore BAC G donc pas vraiment scientifique). Pour le reste, c'est de l'auto-apprentissage... donc je suis parfois limitée. Rassure-toi, je fais avec et ça me permet d'apprendre encore, sinon aucun intérêt.

Aussi, ce n'est pas une excuse, mais je supporte mal la chaleur (je suis fatiguée actuellement) et j'ai les yeux (clairs) qui ont du mal sur les écrans malgré des lunettes adaptées car ils sont sensibles au soleil et actuellement... Donc, j'ai du mal à lire mais moins à écrire car j'ai appris à taper dans ma jeunesse et mes doigts suivent machinalement le fil de mes pensées. Par contre, il arrive souvent que je comprenne des choses après coup, voir longtemps après. Donc, ce n'est pas inutile non plus à ce niveau là.

Par contre, le passage du baiser, je pense l'avoir plutôt compris... c'est déjà ça (je fais de plus en plus souvent de l'auto-dérision, j'y prendrai presque goût) :-D

En tout cas, merci de l'intérêt que m'a porté et aux autres aussi

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Anarchamory

le lundi 15 juillet 2013 à 19h38

gcd68
Euh ! Ben ! Je ne suis pas toujours fufute.

Non non, c'est Siesta qu'est pas clair et pis c'est tout ;-)

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(compte clôturé)

le lundi 15 juillet 2013 à 19h40

Cool ! Je vois que la bonne humeur et l'humour est de retour ! C'est génial ! :-D :-D :-D
Vive les vacances ! làlàlà
Les souris dansent ! làlàlà

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Siestacorta

le mardi 16 juillet 2013 à 19h34

MetaZet
Non non, c'est Siesta qu'est pas clair et pis c'est tout ;-)

Vous me faites douter, là ! C'est pour ça que tu me réponds pas, pour ta part ?

gcd68
Euh ! Ben ! Je ne suis pas toujours fufute.

Je mange peut être mes gâteaux d'une manière cérébrale, je n'en sais rien, je ne comprend tout simplement pas ce que ça veut dire. J'aime les bonnes choses et les déguster, les savourer. A table, certains sifflent leur verre d'un trait, moi ce verre où je ne le bois pas si son contenu me parait fade ou je met un temps infini à le boire par petites gorgées que je fais glisser lentement, délicatement dans chaque recoin de ma bouche avant de l'avaler presque à regrets.

Je peux siroter et avaler d'un trait, selon le plaisir qui me conviendra le mieux dans l'instant. Bon, j'admet que le boire d'un coup sera sans doute plus fréquent, mais je prend aussi souvent le temps de goûter plus subtilement.
Ca pour dire que le plaisir "brut" n'est pas une revendication de sensualité plus vraie, c'est juste une de ses composantes possibles.

gcd68
La notion d'attitude "contemplative"... et de recette subjective... ou de balader son gros gâteau devant l'autre... j'ai rien capté. Je le dis sincèrement. Moi, j'ai BAC+1, pas plus (et encore BAC G donc pas vraiment scientifique). Pour le reste, c'est de l'auto-apprentissage... donc je suis parfois limitée.

On parle d'amours, donc tu en serait restée au brevet des collèges, tu aurais quand même de quoi répondre !

Je suis étonné que tu parles d'éducation scientifique dans ce que tu lis de moi : la mienne est minuscule, je suis un littéraire pur jus.
Ce qui peut sonner un peu scientifique, c'est mon goût de jouer avec l'étiquetage, la classification.
Pour apprendre, pour nommer, on fait avec ça ; et en même temps c'est toujours insuffisant, quand c'est pas inapproprié. J'en prends mon parti, je sais que la colle sous mes étiquettes est pas très forte, mais puisque balancer toute étiquette reviendrait à n'utiliser ni langage ni esprit, je joue avec comme si c'était des gommettes pour enfants.

Bref, si c'est la tendance à classer plus forte que la tendance à exprimer qui te semble complexe, t'en formalise pas trop, c'est moins carré que c'en a l'air.

Pour le gâteau intérieur, donc.
En fait, ce que je dis, c'est que le gâteau intérieur que tu voulais croire possible chez cet homme, c'est pas un gâteau concret. C'est une vue de l'esprit. Tu t'attendais (voulais t'attendre) à ce que l'amour de cet homme vers toi reste platonique. Un gâteau, ça se mange, un amour platonique, c'est contemplatif.

Toi, si je me souviens, tu as une idée platonique du polyamour, tu parles d'une polyaffectivité.
C'est parfaitement envisageable, mais, ce que j'en crois, c'est que c'est cérébral. Le plaisir qu'on ressent dans ces amours est vécu dans la tête plus qu'avec les sens, ce qui fait la différence entre ce sentiment et une amitié a plus lieu dans ta tête que dans tes gestes.
Il y a clairement des gens qui peuvent ressentir quelque chose de comparable, il y a des gens qui, à un moment de leur vie, vont avoir envie de ce genre d'émotions là, et par ailleurs, tu peux ressentir ça sans vraiment le communiquer, j'imagine qu'être amoureux "sans les mains" peut se passer avec des tas de gens dont ça ne changera pas la vie.
Bref, il y a des situations où ce gâteau intérieur est vivable pour toi.

Mais beaucoup de gens se sentiront face à un vrai gâteau, parce que tu auras montré des signes qu'il y en avait un : de la séduction, une ouverture d'esprit, un refus qui n'aura pas été "total et définitif". Ces gens là, par nature ou à ce moment là de leur vie, n'ont pas un rapport pareillement platonique à leur sentiment amoureux, ils souhaitent le savourer plus matériellement.

Tu souhaites partager un gâteau intérieur, ils croient à un gâteau qui se mange en vrai, avec le corps.
Du coup, en leur refusant le gâteau qu'ils ont cru pouvoir partager, tu as frustré leur appétit affectif, leur façon de savourer.

C'est là où il y a une conscience à avoir, en séduction : il y a un jeu, mais frustrer les gens qui ont "faim de nous", faut pas le faire longtemps.

Tiens, je pense à cette chanson, je crois l'avoir déjà citée sur le forum :

Dominique A.
Qui connaît les portes que l'on ouvre ?
Qui sait les espoirs qu'on réveille ?
Par incident dans le sommeil
À l'endroit où quelqu'un se trouve.
D'où vient cette mauvaise manie à,
N'être que l'ombre de soi-même
À l'heure où quelqu'un se réveille
Et supplie qu'un autre soit là.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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LuLutine

le mardi 16 juillet 2013 à 19h42

Siestacorta
Un gâteau, ça se mange, un amour platonique, c'est contemplatif.

Moi je comprends assez bien gcd68.
Je peux savourer la simple présence de quelqu'un dont je suis amoureuse, même si j'aurais envie par exemple d'un contact physique qui n'est pas possible.
La "simple présence", même s'il n'y a pas contact, ce n'est pas rien pour moi. C'est déjà quelque chose, et c'est quelque chose que je peux savourer, contrairement à l'absence par exemple (où il n'y a rien à savourer) !

Oui, c'est peut-être cérébral.

Mais je dirais aussi que les gens, ce ne sont pas des gâteaux. Lorsque j'ai envie de quelqu'un et qu'il n'a pas envie de moi, une partie de moi n'a plus envie de lui.
Bien sûr, j'aurais envie qu'il ait envie. Mais ce n'est pas le cas. Alors je me sens bien comme ça, avec ce que la personne a envie de me donner.

Je conçois parfaitement qu'on me dise "tel truc, ok, mais tel autre truc, non, c'est hors limites".

J'ai peut-être plus d'empathie que d'autres, mais je n'arrive pas à imaginer qu'on puisse totalement ignorer l'envie de l'autre, dans son envie à soi (je ne sais pas si c'est clair...).

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bouquetfleuri

le mardi 16 juillet 2013 à 22h25

Ah, mais l'absence se déguste aussi ! Et toutes les absences ne sont pas identiques.

Ainsi, mon amoureuse laisse régulièrement derrière elle un grand vide comblé rapidement par des souvenirs à venir, des mots venus de loin et une pensée amoureuse qui augmente avec la sérénité que nous nous offrons.
Une autre femme, pas tout à fait une amoureuse mais déjà absente m'a laissé en cadeau un rêve entièrement constitué de son énergie éclosant, de son sourire envolé et des plaisirs qu'elle picorait de ci, de là.
Et je goûte différemment ces absences, avec une préférence pour celle de mon amoureuse... c'est une présence différente.

C'est un peu la magie du poly amour à mon sens, le possible est toujours présent, sans être obligatoirement un fantasme.

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LuLutine

le mercredi 17 juillet 2013 à 00h59

bouquetfleuri
Ah, mais l'absence se déguste aussi ! Et toutes les absences ne sont pas identiques.

En effet, elles ne sont pas toutes identiques, et en l'occurrence je parlais d'une absence définitive. J'aurais du le préciser.

Pour ma part, je ne savoure rien du tout dans ces absences-là.

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bouquetfleuri

le mercredi 17 juillet 2013 à 08h27

LuLutine, je ne voulais pas faire la distinction, parce que ce n'est pas aussi simple pour moi.
Quand j'aime une personne, je sais de mieux en mieux pourquoi je l'aime au fil de notre histoire, au fil de ma vie également.
Aussi, je me sens vivre de plus en plus avec l'apport de cette personne, son existence, ses plaisirs, son bonheur, ses problèmes, parfois son chagrin, en sa présence et en son absence.
Il y a des absences vivantes, des existences qui continuent d'évoluer et il y a des absences liées à l'extinction de la vie, mais même dans cette circonstance, je continue de vivre enrichi de toutes ces amours et ces amours sont bien vivantes, elles.

Quand j'aime et suis aimé, cela se décline au présent, au passé et au futur. Les absences ne sont finalement que des paramètres géographiques et temporels, parfois de longue durée, mais les êtres continuent de vivre, transformés par leur histoire.

C'est cela que je savoure tous les jours, dans tous les cas

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Anarchamory

le mercredi 17 juillet 2013 à 11h16

Siestacorta
Quand Metaz précise

Ce n'est pas parce qu'un homme t'a dit ne pas partager les sentiments amoureux que tu pourrais avoir pour lui que ça veut dire qu'il ne peut pas avoir envie que tu l'embrasses dans le cou.

il suppose une confiance dans l'innocuité / l'innocence des affects et de leurs manifestations que je n'ai pas.
La satisfaction de l'embrasseur amoureux et celle de l'embrassé sensuel n'ont pas les mêmes limites ni les même horizons : c'est pas juste le terrain partagé qui compte, c'est pas seulement deux ensembles qui ont un espace affectif commun : le soucis de l'ampleur de cet espace peut
se poser rapidement.

Les sentiments qui se manifestent là ne sont pas des cadres, se sont des contenus changeants. Selon la personne ou la situation, un baiser, un ciné, un soir qui traine ne suscitent pas les mêmes effets. Un geste construit le suivant : cette embrassade d'amour unilatéral, pourquoi se reproduirait-elle, pour l'ami ? Il n'a pas besoin qu'elle ait lieu de nouveau, son amitié n'en dépend pas. Pour un amoureux unilatéral, elle a eu lieu une fois, pourquoi pas encore ? Il désire que ça puisse se reproduire, que sa perception se manifeste.

Eh bien je me dis que si l'embrassé sensuel, "seulement" ami, a apprécié le bisou dont il a eu envie également je le rappelle, il peut très bien vouloir que l'expérience se renouvelle. En revanche, l'amoureux, tout amoureux soit-il, n'a pas forcément envie de faire des bisous tout le temps à la personne qu'il aime. Cf. les propos de LuLutine.

Siestacorta
Les deux territoires auront des intérêts pouvant s'opposer sur la durée, et, à un moment, l'ami non-amoureux aura plus d'intérêt à mettre fin au rapport (comme l'a fait gcd68) quand cette perte représentera quelque chose de plus lourd pour l'amoureux.

Je ne pense pas que l'ami non-amoureux serait forcément moins affecté que l'amoureux par la fin de la relation. Je parle dans un cas typique. Si l'amoureux, comme dans l'exemple de gcd68, se comporte lourdement, c'est différent. Mais c'est la lourdeur qui précipite la fin de la relation, pas le sentiment amoureux. Si je téléphonais trois fois par jour à gcd68 pour lui parler de ce que je suis en train de manger, je pense qu'elle finirait rapidement par m'envoyer sur les roses. Pourtant, il n'y aurait pas de sentiment amoureux en jeu.

Siestacorta
Et puis, la passion... Ben l'amour y est perméable. Les moments affectifs qui passent plus vite que les heures, l'avenir qu'on peut ou pas avoir, l'imperfection de la communication, la vie qui parfois nous amène a avoir plus besoin d'amour qu'avant, le coeur qui continue à battre plus vite quand, justement, on est plus en situation, la cervelle qui nous fait un cinéma de minuit alors que c'est l'heure de dormir...
La passion, c'est pas un truc qu'on décide pour soi, ça fait partie de la définition. On peut décider qu'elle nous bouffera pas, on peut pas décider qu'elle existe pas.
On peut encore moins décider ça quand on est dépassionné, amical, face à un amoureux : on a encore moins la possibilité (et sans doute pas vraiment la légitimité) de poser des limites quand on a offert des ouvertures : "oui, tu peux m'embrasser en ami". Sa passion nous a pour objet, comment on pourrait lui faire entendre "oui mais pas ceci" quand "oui" a tant de valeur pour lui ?

On peut être un amoureux... dépassionné, c'est-à-dire un amoureux tout à fait amical. C'est d'ailleurs le cas, je crois, quand on arrive à se positionner dans la frontière floue, à se déconditionner des clivages amitié-amour "imposés" par les normes sociétales.
On est alors essentiellement un ami, il me semble, avec une coloration émotionnelle particulière de notre amitié.

C'est pourquoi je donne parfois l'impression d'opposer amour et amitié, et parfois l'impression de les mélanger.
J'oppose l'amour à l'amitié quand par amour j'entends le construit sociétal de l'amour romantique. Avec sa fougue tumultueuse. Cet amour là, à l'état brut, déchaîné, n'a rien à voir avec l'amitié.
Je mélange l'amour et l'amitié quand par amour j'entends juste cette coloration émotionnelle particulière que peut présenter l'amitié, un amour "sous contrôle", dont les illusions ont été déconstruites, respectueux d'autrui, pleinement intégré à une relation amicale, et se développant à partir d'elle.

#

(compte clôturé)

le mercredi 17 juillet 2013 à 12h10

Bon, flute. Je viens de passer un temps pas possible pour répondre à Siestacorta et le message est parti... dans les méandres de l'oubli de la toile qu'est internet. Je ne recommence pas. Dommage c'était intéressant.

Bref, j'en conclu que nous n'avons pas la mm manière de vivre et concevoir notre vie affective et que c'est sans doute pour cela que nous ne pouvons nous comprendre. Par contre, à l'avenir, je garderai à l'esprit ce que j'ai malgré tout compris de tes messages.

Par contre, je m'aperçois qu'avec Lulutine, nous sommes plutôt sur la même longueur d'onde et que nous nous comprenons donc je crois plutôt bien.

Comme je l'indique dans mon profil, je ne cherche plus à mettre dans des cases. Mes amis peuvent m'aimer d'amour, ça ne me dérange pas et certains qui sont pour moi des affectifs peuvent décider de maintenir un lien qui s'apparenterait à de l'amitié. Le floue de la frontière permet cela, tout comme l'instant présent.

J'ai des limites, je les connais, et je les communique. Je respecte celles des autres (et je m'y tiens) et j'entends que les autres respectent les miennes. Il m'est difficile de ne plus embrassé et caressé un affectif qui a choisi de rester un ami et je comprends qu'il soit difficile à quelqu'un qui m'aime de ne pas pouvoir toucher une partie de mon corps, de ne pas pouvoir se réveiller à mes côtés...

Si la vie, si les liens affectifs étaient faciles, nous ne converserions pas de cela sur la toile car ce serait inutile.

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