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Ça le rend malade.

Jalousie
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Cendre

le dimanche 02 juin 2013 à 00h33

Ça le rend malade.

Et moi, ça me bouffe de le voir comme ça.

Alors des fois, des idées de tout foutre en l'air me viennent à l'esprit. J'ai largement les moyens de me payer une piaule sur Paris, retrouver mon indépendance, ma liberté.
Mais outre que je ne suis pas persuadée d'être vraiment plus heureuse ainsi, parce que, quand même, elle est chouette la vie avec lui (sans même parler des projets !), c'est carrément à l'opposé de nos sept premières années, c'est à l'opposé de ce que j'étais il y a un an, quand je me suis mariée avec lui.
Juste, je ne me savais pas poly.
Je ne savais pas que je trouverais un plaisir immense à aller aux café poly, y rencontrer du monde, m'y découvrir des affinités, celles qui font juste battre le cœur, celles qui font plaisir à l'égo, celles qu'on a envie de mener plus loin, pour voir, pour le plaisir d'être ensemble et de partager des moments chouettes.

Sauf que quand je partage un moment chouette avec un autre homme, mon mari devient irrationnel, avec, en après coup, une espèce de dévalorisation à s'être laissé emporter.
Il m'a proposé d'aller détruire à la perceuse le bout de cerveau reptilien responsable de ses réactions épidermiques.
Il veut pas me contraindre, m'interdire, mais il cautionne pas. Il en prend plein la gueule. Et j'ai pas le droit de dire que je suis pas au courant. Ou que je ne suis pas responsable.

Et en face, j'ai pas l'intention de reculer.
Parce que je ne me suis jamais sentie autant en phase avec moi même, et capable d'accepter ma vie et d'en faire quelque chose qui me plait.
Parce que ça va faire quatre mois que j'aurais pu prendre une posture plus théorique, non-pratiquante. Mais ça a goût de peu, c'est pas ça qui me botte, qui me donne l'énergie pour me lever tous les matins, si je peux pas le vivre, ça n'a pas de sens.

Alors j'ai peur que ça vire à la guerre de tranchée.
Parce qu'on commence à être à court de mots pour en parler, il me dit que je me répète, il me reproche de lui faire répéter les mêmes choses.
Parce que je commence à ne plus le comprendre quand il me parle de son ressenti, et que ça nous fait drôle, vraiment, à tout deux, parce qu'on a été à se comprendre sur tout et partout durant toutes ces années.
J'ai peur que la situation se détériore au lieu de s'améliorer.
Et je sais pas quoi faire contre.

LittleJohn m'a dit un soir à un café poly : «  le mono a toujours le choix de s'en aller »
C'est pas trop le style de la maison. Surtout alors qu'on sait tout deux qu'on continue à s'aimer. Il serait plutôt du genre à se bousiller au nom de ce que l'on a signé l'an dernier.

« Avec la connaissance et le consentement de tous les personnes concernées »
Je préfère la définition anglaise, mais du coup, je n'y suis pas, en polyamour : le truc est honnête, franc et assumé, mais pas consenti par mon mari, actuellement, c'est franchement subit.
Et c'est peut être une période transitoire.
Et peut être pas.
Et je suis un peu trop empathe pour ne pas m'en soucier.

Voilà,

J'avais besoin d'en parler, de lire ce que cela vous évoque...

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Strega

le dimanche 02 juin 2013 à 11h25

Bonjour Cendre,

Cela fait un moment que je lis tes posts, que je vois ton évolution (en mode sous-marin). J'aime bien ta manière de vivre et d'analyser les choses.
Je ne suis pas du tout dans ton cas de figure, donc j'ai pas d'expérience à partager pour t'aider mais la situation de loin ne me semble pas désespérée. Il y a de la bonne volonté et de l'amour de part et d'autre, tout est possible donc... il faut juste se rappeler que Rome ne s'est pas construite en un jour. 1 an de chamboulement contre 7 ans...
Ta description de la situation actuelle me donne l'impression que vous vous trouvez aujourd'hui au plus fort de la tempête, dans cet instant où on commence à désespérer parce qu'aucune issue ne se profile. Bref, le moment où il faut tenir car en général, l'éclaircie n'est pas loin.
Prendre un peu de distance momentanément (géographique) peut aider... ou vous recentrer sur ce qui vous unit (sans occulter le problème mais en le relativisant un peu). Et surtout ne pas projeter sur le futur la situation actuelle : tout peut arriver. Aujourd'hui c'est difficile, mais ça ne veut pas dire que ce sera le cas demain. Si j'ai appris une chose des amours plurielles, c'est ça : pour bien vivre les choses, il faut s'attacher autant que possible à les vivre dans le présent. Et avoir confiance dans ce que la vie peut nous apporter sans se crisper sur les frustrations ou difficultés présentes (facile à dire hein).
Courage à vous !

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(compte clôturé)

le dimanche 02 juin 2013 à 11h36

Mon cas est un peu (bien que ce ne soit jamais pareil) similaire et oui il y a des hauts et des bas. La communication positive est importante et en même temps tu ne peux te renier. Je l'ai fait une fois mais le naturel est revenu au galop... le résultat fut la perte d'une personne que j'aimais et dont j'aime toujours le souvenir... Se renier n'arrange rien, s'expliquer oui toujours et encore. Comprendre aussi toujours et encore. On a parfois l'impression de tourner en rond, c'est ainsi.
Je rejoins Strega sur ce qu'il dit sauf sur la distance géographique. S'éloigner n'est pas à mes yeux la bonne solution surtout si vous vivez bien ensemble. Il se sentirait certainement encore plus délaisser et dévaloriser. En ce qui me concerne, j'essaie au contraire de l'impliquer plus. Qu'il vive un peu cela avec moi mais ce n'est pas toujours facile...
Vous trouverez la recette (à adapter avec l'évolution) qui vous convient.
Oui courage !

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(compte clôturé)

le dimanche 02 juin 2013 à 11h45

Bonjour Cendre,

Ca ne va pas être très construit, comme message, mais j'ai plusieurs idées qui me viennent à l'esprit en te lisant alors je te laisse piocher ce qui te semblera intéressant :
- pour rebondir sur ce que LJ t'a dit, je rajouterais que le poly aussi a toujours le choix de s'en aller.
- as-tu discuté d'une possible séparation avec ton mari ? Comment voit-il les choses ?
- visiblement il réagit très mal quand tu "partages un chouette moment avec un autre homme". Il t'a dit pourquoi ? Ce qui le gêne (par exemple juste que tu voies quelqu'un d'autre ou alors que tu couches avec quelqu'un d'autre, etc.) ? Comment tu pourrais le rassurer ? Il a envie de travailler sur ses peurs sous-jacentes ?
Parce que s'il ne veut rien changer de son côté et s'il considère que c'est à toi de faire ce boulot (ce qui est parfaitement son droit), ça sera difficile de faire évoluer les choses.
- une séparation ça n'est pas forcément quelque chose de définitif. Vous pouvez décider à un moment de vous séparer et vous remettre ensemble plus tard si vous en avez envie. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve.
- de la même manière on peut se séparer alors qu'on s'aime encore mais juste parce que les conditions de la relation ne sont plus vivables pour les deux parties. Le fait de s'aimer encore ne justifie pas de rester ensemble coûte que coûte.
- tu dis que vous vous êtes toujours compris sur tout. Et bien peut-être que là vous êtes simplement arrivés au truc sur lequel vous ne pouvez pas vous comprendre. Et c'est comme ça, ce genre de choses arrive dans la vie.
- quand tu écris "c'est carrément à l'opposé de nos sept premières années, c'est à l'opposé de ce que j'étais il y a un an, quand je me suis mariée avec lui", je pense justement tu n'étais pas poly à l'époque. Et ça change tout (pour lui notamment, il a pas signé pour ça). J'ai l'impression que tu te crées une contrainte (votre engagement) mais les choses ont changé et il faut peut-être l'accepter. Vous n'êtes plus dans les mêmes conditions qu'au moment de votre mariage. Et maintenir ce mariage au motif que vous vous y êtes engagés il y a un an me semble discutable. Comme tu l'écris, ça risque de virer à la guerre de tranchées.
En tout état de cause je t'encouragerais à réfléchir sur ça (pourquoi une éventuelle séparation ne te semble pas envisageable au nom de ce que vous avez signé l'an dernier).
- et pour finir, oui c'est peut-être une période transitoire.

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aviatha

le dimanche 02 juin 2013 à 20h01

Ma chère Cendre,

Cela me peine beaucoup de te voir dans cet état. Mais, étant donné que je suis un peu dans le cas de ton mari, je ne peux pas lui jeter la pierre.
"Le mono a toujours le choix de s'en aller". Dans quel monde, dans quel univers, un être amoureux peut-il envisager de se séparer de la personne qu'il aime, et appeler cela "un choix" ? C'est peut-être aussi pour cela qu'il panique, il n'a pas vraiment le choix, il est dans une situation où il ne peut qu'attendre, et c'est très désécurisant.
Ensuite, et attention, ce n'est qu'une suggestion, une piste peut-être à explorer pour éviter de "se répéter" encore et encore, peut-être qu'il n'assume pas ce qu'il ressent. Lorsque les évènements font qu'on souffre, notre esprit se défend, et il se défend comme il peut. Et, comme dans le deuil, parfois se défendre implique de projeter des choses très négatives sur la personne qu'on estime responsable de sa souffrance (j'ai dit "estime", les choses sont bien plus compliquées que cela) : colère, rancune, mépris, mais c'est très violent pour soi-même de ne serait-ce que se surprendre à ressentir une chose pareille pour la personne qu'on aime. Alors on ose encore moins lui dire. Et à l'intérieur ça bout. Moi j'ai réussi à désarmer une partie de ça en lui disant franchement une fois (une seule, y a pas besoin de plus): "oui, je suis en colère, je suis folle de rage, et je suis folle de rage parce que je suis folle de chagrin". Non seulement ça permet de faire face, mais aussi de se souvenir que c'est bien souvent la douleur qui est à l'origine, et que la colère n'est là que pour la cacher, elle n'est pas "réelle".
Dernier point enfin, une piste que je cherche à explorer de mon côté, alors je ne sais pas trop ce qu'elle donne, mais je te la donne au cas-où. Pour moi la monogamie, ce n'est pas une contrainte, c'est un choix, un choix qui fait sens. Nous n'avons pas choisi de tomber amoureux, certes. Mais après cela, il y a eu plein d'occasions qui auraient pu se développer, des coups de cœurs, des flashs, des amitiés qui sont sur le point de déraper. A chaque fois, j'ai mis lui et "l'autre" en balance. Et chaque fois je l'ai choisi. Cela donne de la force à mon amour et notre relation, parce que je l'ai choisi, peut-être une dizaine, une quinzaine, une vingtaine de fois. Et je souffre aujourd'hui que lui n'ai pas été capable de me choisir, parce que ça me renvoi l'idée que mon amour pour lui n'est pas vraiment réciproque. Ce qui, je le crois pourtant, je l'espère, n'est pas vrai. Peut-être y a-t-il de ça a trouver de ton côté aussi : restaurer le sentiment de réciprocité.

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Cendre

le dimanche 02 juin 2013 à 22h18

Merci à tous,

J'ai le cerveau en vrac, mais globalement, ça va.
J'ai des sourires et de la tendresse (et plus) de mon compagnon, et ça me rappelle combien je suis dépendante de lui, combien mon humeur est dépendante de la sienne. C'est une part de vulnérabilité que j'assume, c'est une des manifestations de l'amour.

Oui, j'avais moins mal quand je m'assignais à toujours rester dans le rôle que l'on m'avait donné, mais c'est comme le fait que j'étais plus productive quand j'étais dans mon huître relationnelle, c'est une chose que je ne regrette pas vraiment. ( ça fait plaisir de constater que je ne me contredis pas trop par rapport à ce que j'ai déjà écrit ici ou )

Alors oui, on a le choix de pouvoir partir, l'un ou l'autre. C'est la première fois que je l'ai envisagé, et même proposé (« Est-ce que tu veux que je déménage » voir cette BD sur laquelle je suis tombée par hasard). Ça donne consistance à la douleur, de poser une proposition pareille, mais en même temps, j'avais besoin de la sentir pour pouvoir la rejeter. Savoir qu'elle est là, mais que nous ne l'utiliserons qu'en dernier recours, on en est pas là, loin de là.
Donc bon, j'ai pas à me plaindre, en fait...

Hum, je pensais qu'on ne s'était pas dit grand chose, mais à tâcher de vous répondre, je me rends compte que j'ai des éléments quand même. Je vais essayer de mettre ça en ordre.
Ce qui le gêne :
- Que je couche avec un autre. C'est ce qu'il appelle son comportement reptilien (femme faite pour porter gênes à moi et pas gênes autre homme). Mais en même temps, la relation sexuelle, c'est tellement dans la continuité logique, pour lui comme pour moi, avec la relation amoureuse. On veux pas d'une non exclusivité bâtarde : elle est ou elle est pas. Depuis le début, avant moi-même, il l'a envisagé, a souhaité ne pas être jaloux, etc... C'est même la première balise avec laquelle j'ai osé aller plus loin.
Sans cet accord de principe, j'aurais essayé de me faire une raison.

- Que je sois indisponible pour lui parce que je couche avec un autre. La question de la disponibilité a déjà été moult fois débattue ici, c'est un nœud principal des amours plurielles. Et c'est comme ça qu'il a paniqué, en imaginant que j'avais éteint mon téléphone pour être tranquille. C'est moi qui ne trouve pas les mots pour le rassurer de ce point de vue là, difficile d'apporter des faits objectifs pour lui dire combien il reste présent toujours dans mon esprit. Mais je vais creuser par là, pour la prochaine fois. J'ai quelques idées. A mettre en pratique.
A défaut d'être consenti, s'appuyer sur le franc, honnête et assumé.

- Qu'il n'assume pas ce qu'il ressent. Ou quelque chose d'approchant ce que rapporte Aviatha (ton point de vue m'est très précieux, merci).
Et comme il se referme quand on en cause (l'esprit se défend comme il peut) mon propre esprit se fige, a peur de chaque mot qui sera prononcé. Ce qui ne l'aide sûrement pas à dire ce qu'il a sur le cœur.

- Que nos amours ne sont plus réciproques. Que lui se tient à certains principes, même si j'en fait qu'à ma tête de mon coté. Assumer une certaine dissymétrie dans le ressenti amoureux. C'est ça, aussi, sortir du mythe de la fusion. Et là, même moi, j'ai du mal, alors je vais pas lui jeter la pierre.

Voilà,
Une case de plus.
J'ai l'impression de faire un jeu de l'oie interminable, avec des options «  reculer de 5 cases » et parfois de la mal chance aux dés.
Mais j'ai indéniablement avancé ces trois derniers jour. Ce n'est pas si mal.

Et je suis éminemment contente de constater ce que je deviens.
Moins dans l'imaginaire, moins dans le fantasme, plus dans le présent.
C'est déjà pas si mal.

Désolée pour le pavé, mais ça m'a franchement aidé à remettre mon esprit en ordre, de répondre à vos questions :)

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Anarchamory

le dimanche 02 juin 2013 à 23h45

Salut Cendre,

Ce qui est déjà bien c'est que :
- quand même, elle est chouette la vie avec lui (sans même parler des projets !)
- il présente une espèce de dévalorisation à s'être laissé emporter et il t'a proposé d'aller détruire à la perceuse le bout de cerveau reptilien responsable de ses réactions épidermiques (bon, j'espère que c'était une métaphore ! ;))

Je comprends bien que tu veuilles passer à la pratique et pas juste être poly "en théorie". Par contre, je ne suis pas d'accord, dans le cas qui te concerne, avec ce que t'a dit LittleJohn. Pourquoi ? Parce que vous êtes mariés... et donc, qu'en théorie, tu t'es engagée à la "fidélité" et que l'ensemble de la jurisprudence inclus l'exclusivité sexuelle et amoureuse dans la "fidélité". Ainsi, ce mariage peut constituer un moyen de pression car en se mariant, ton mari a contracté les mêmes engagements, et il peut s'estimer lésé puisque lui respecte sa part du contrat, tandis que toi, non. Je ne te juge pas, hein, j'essaye de me faire l'avocat du diable.
Si ton mari ne supporte plus la situation, il peut vouloir divorcer, et il pourra même tenter un divorce pour faute, en arguant que tu le trompes. Donc attention. Je ne sais pas si ton mari est du genre à faire cela, mais en théorie, il pourrait le faire, et pourrait sans doute avoir gain de cause, car vivre en poly, ce n'est pas juste avoir une aventure sexuelle d'un soir sans lendemain, c'est établir un lien affectif voire sexuel durable et régulier avec plusieurs personnes. Or, si les tribunaux seront généralement assez tolérants avec un petit écart sans conséquence, il n'est pas dit qu'il en sera de même avec un "adultère" installé et régulier.

Tu as peut-être déjà dû me/nous le dire, mais je ne sais plus : avez-vous des enfants ensemble ?

Cendre
Et en face, j'ai pas l'intention de reculer.
Parce que je ne me suis jamais sentie autant en phase avec moi même, et capable d'accepter ma vie et d'en faire quelque chose qui me plait.
Parce que ça va faire quatre mois que j'aurais pu prendre une posture plus théorique, non-pratiquante. Mais ça a goût de peu, c'est pas ça qui me botte, qui me donne l'énergie pour me lever tous les matins, si je peux pas le vivre, ça n'a pas de sens.

Peut-être pourriez-vous envisager de vous séparer provisoirement. J'entends un an ou deux, hein, ce n'est pas juste avec une séparation de trois mois que tu pourras prendre ce recul critique, enfin je ne crois pas. Cela pourrait te donner le temps que tu puisses faire le point, et voir si ce mode de vie t’épanouit véritablement sur la durée, ou si c'est plus une passade, le goût de la nouveauté et de l'interdit... car de ton propre aveu, ça ne fait qu'un an que tu te sens poly, donc je pense que la question mérité d'être posée. Comme ton mari a l'air assez aimant, tolérant (si si) et respectueux, peut-être pourrait-il accepter cela. Je ne sais pas si une décision précipitée est une bonne chose.

Cendre Alors j'ai peur que ça vire à la guerre de tranchée.
Parce qu'on commence à être à court de mots pour en parler, il me dit que je me répète, il me reproche de lui faire répéter les mêmes choses.

De toute façon, comme me dirait une certaine Cendre, on ne peut guère argumenter rationnellement sur ce genre de choses :D

Cendre
C'est pas trop le style de la maison. Surtout alors qu'on sait tout deux qu'on continue à s'aimer. Il serait plutôt du genre à se bousiller au nom de ce que l'on a signé l'an dernier.

C'est très courageux de sa part et une belle preuve d'amour je pense. Car au nom de ce que vous avez signé l'an dernier, il aurait pu exiger l'exclusivité. Au nom de ce que vous avez signé l'an dernier, tu aurais pu renoncer au polyamour. Encore une fois, loin de moi l'idée de te juger, hein, je suis au moins tout aussi poly que toi, mais en essayant de regarder les choses avec recul : je ne vois pas de raison de penser que l'effort d'un(e) exclusif(ve) pour supporter le polyamour de sa(son) compagne(on) serait moindre que l'effort d'un(e) poly pour renoncer au polyamour afin de se conformer aux attentes de sa(son) compagne(on).

J'espère que ce message ne te blessera pas, ce n'est pas le but. J'essaye d'examiner la situation que tu nous soumets en essayant de me mettre à sa place. Je reconnais que c'est une situation pas facile. Les conflits mono/poly, je commence à avoir l'habitude...

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Anarchamory

le dimanche 02 juin 2013 à 23h53

Je t'ai répondu sans avoir vu ton dernier message :

Cendre
Ce qui le gêne :
- Que je couche avec un autre. C'est ce qu'il appelle son comportement reptilien (femme faite pour porter gênes à moi et pas gênes autre homme). Mais en même temps, la relation sexuelle, c'est tellement dans la continuité logique, pour lui comme pour moi, avec la relation amoureuse. On veux pas d'une non exclusivité bâtarde : elle est ou elle est pas. Depuis le début, avant moi-même, il l'a envisagé, a souhaité ne pas être jaloux, etc... C'est même la première balise avec laquelle j'ai osé aller plus loin.
Sans cet accord de principe, j'aurais essayé de me faire une raison.

Si tu n'avais pas de relations sexuelles proprement dites avec un autre, mais seulement de la tendresse poussée voire de l'érotisme, est-ce que ça vous conviendrait à tous les deux ? Je ne pense pas qu'une non-exclusivité sans sexe soit forcément bâtarde. Si tu aimes d'autres hommes en dehors de ton couple mais que ton préféré reste ton mari, il n'est pas inepte de se dire qu'à un amour moins profond corresponde une relation charnelle moins profonde également.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Cendre

le lundi 03 juin 2013 à 01h12

Non non, je prends pas mal ton message, tant qu'on fait avancer le schmilblick, ça me va.
(et j'ai bien fait de t'écrire ce message, ça me fait plaisir que tu puisses me retourner mes propres arguments)

On a pas d'enfants, mais ça fait partie des projets.
Et c'est pour ça que j'ai pas franchement envie d'envisager un an de séparation, pas avant d'avoir exploré les autres voix.
Et oui, sur le papier, selon les lois, on pourrait s’engueuler, entamer un divorce pour faute, et je me retrouverais à payer une pension compensatoire. Mais cela n'a aucune réalité autre qu'une possibilité juridique... C'est juste pas concevable en l'état, notre relation n'est pas dégradée à ce point... (apurer les conflits sous forme d'argent, c'est pour moi le dernier recours quand tout le reste a échoué)

Et sinon, pour ce qui est d'une non exclusivité sans sexe... C'est Lam qui me donne la formulation :

Lam
Pour moi c'est l'acceptation de la différence, l'acceptation pleine et entière : avec visibilité et sans omission.
parce qu'ignorer des réalités peut revenir à les nier.

(sans compter que de mon point de vue, aller jusqu'à l'érotisme sans consommer alors que le désir est là, c'est un nid à problèmes par la frustration que cela peut engendrer)

Sur ce mon « préféré » (c'est à dire celui qui se trouve en priorité sur le plus grand nombre d'échelles) reste mon compagnon, cela ne fait aucun doute pour moi. Ni pour lui d'ailleurs.

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alps

le lundi 03 juin 2013 à 01h57

Je suis quelqu'un de pragmatique et d'intransigeant.

Visiblement ton mari fait tous les efforts possibles pour s'auto conditionner à accepter ton nouveau mode de vie. (Je ne cautionne pas ce genre de pratiques. Pour moi c'est assimilable à de la chirurgie esthétique)

Soit tu l'aides. Soit tu ne fais rien. Soit tu le quittes.

Je pense, bien qu'étant monogame que l'aider semble la meilleure solution. Il ne semble pas vouloir se séparer et semble réellement motivé à l'idée de d'accepter ce nouveau mode de vie. Ce qui me semble très positif pour la pérennité de votre couple.

Vous devriez peut etre consulter en couple un spécialiste qui puisse l'aider.

Concernant les bébés, ca me semble a priori un peu un mélange des genres tant votre nouveau mode de vie semble mal installé. Mieux vaut prendre les problèmes les uns après les autres.

cendre
Sur ce mon « préféré » (c'est à dire celui qui se trouve en priorité sur le plus grand nombre d'échelles) reste mon compagnon, cela ne fait aucun doute pour moi. Ni pour lui d'ailleurs.

Ceci peut évoluer. Le couple monogame comme le couple polyamoureux peut etre soumis à une nouvelle hiérarchisation voire à un éclatement.

comme on peut tomber doublement amoureux. comme on peut se mettre à aimer avec une plus forte intensité une autre personne. Cet 'ecueil' n'est pas le monopole de la monogamie.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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tentacara

le lundi 03 juin 2013 à 07h45

Cendre, juste pour info, le divorce pour faute pour cause d'adultère n'existe plus. D'autre part une éventuelle prestation compensatoire est attribuée au plus faible économiquement en cas de grande disparité de revenus et surtout après un certain nombre d'années de mariage. Il est vraisemblable que si vous n'avez pas de patrimoine commun ni d'enfants, un divorce entre vous vous laisse repartir chacun de son côté avec ses billes. Enfin, il existe un certain nombre de situations juridiques intermédiaires telles que la séparation de corps qui entérinent une séparation de fait sans pour autant prononcer le divorce.
Voilà, c'était la minute chiante.
Bisous

PS: cela dit, et pour ce que je sais de votre séparation, vous avez largement matière à travailler sur votre relation en vue de l'ouvrir au polyamour sans devoir envisager une séparation. Tu en es au tout début de ton exploration, dans une phase de découverte de toi-même qui peut certes être douloureuse pour ton compagnon et toi, mais où la sécurité affective qu'il représente, l'amour que vous partagez, la confiance dans la bienveillance de l'autre, etc. sont des repères essentiels à l'équilibre de chacun de vous.
Je sais à quel point ce que vous traversez est une épreuve, mais une relation de la qualité de la vôtre, tu t'en rendras compte avec l'expérience, et malgré tout l'amour que tu peux rencontrer en dehors de ton couple, est une chose rare et précieuse.

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Anarchamory

le lundi 03 juin 2013 à 08h00

Cendre
Non non, je prends pas mal ton message, tant qu'on fait avancer le schmilblick, ça me va.
(et j'ai bien fait de t'écrire ce message, ça me fait plaisir que tu puisses me retourner mes propres arguments)

Ouf (+)

Cendre On a pas d'enfants, mais ça fait partie des projets.
Et c'est pour ça que j'ai pas franchement envie d'envisager un an de séparation, pas avant d'avoir exploré les autres voix.

OK. Hé bien comme dit alps, il vaut mieux prendre les problèmes l'un après l'autre. J'espère que votre couple résistera contre vents et marées, mais à mon avis, il ne vaut mieux pas faire d'enfant tout de suite, tant que demeure une incertitude sur votre gestion du polyamour (tes inclinations, sa capacité à les accepter).

Cendre Et oui, sur le papier, selon les lois, on pourrait s’engueuler, entamer un divorce pour faute, et je me retrouverais à payer une pension compensatoire. Mais cela n'a aucune réalité autre qu'une possibilité juridique... C'est juste pas concevable en l'état, notre relation n'est pas dégradée à ce point... (apurer les conflits sous forme d'argent, c'est pour moi le dernier recours quand tout le reste a échoué)

Je t'avouerai que ma relation avec ma femme n'a jamais été aussi bonne et dans la compréhension que ta relation avec ton mari, donc c'est plutôt assez bon signe pour la suite... Néanmoins, je ne peux m'empêcher de te conseiller d'être prudente...

Cendre Et sinon, pour ce qui est d'une non exclusivité sans sexe... C'est Lam qui me donne la formulation :

Il ne s'agit pas d'ignorer quoi que ce soit, mais d'essayer de trouver un équilibre relationnel. Si j'essaye de me placer du point de vue de ton mari, ça peut lui paraître incohérent de lui dire : "je t'aime plus que les autres" pendant que dans les actes, tu aurais avec ces autres une relation charnelle aussi approfondie. Surtout que cette relation charnelle aussi approfondie peut te mener à approfondir aussi tes sentiments pour ces autres. Nous ne sommes pas une âme habitant un corps. L'"âme" et le corps sont intimement liés.

Cendre (sans compter que de mon point de vue, aller jusqu'à l'érotisme sans consommer alors que le désir est là, c'est un nid à problèmes par la frustration que cela peut engendrer)


Il suffit que le désir ainsi exacerbé, tu l'assouvisses in fine avec ton mari, non ? Tes autres amoureux deviendraient ainsi — entre autres, bien sûr — des sortes de "fantasmes concrets" qui nourriraient ta relation avec ton mari (ça serait le deuxième effet "Kiss Cool" : non seulement tu lui réserverais le sexe, mais en plus, tes relations tendres et érotiques avec d'autres permettrait d'améliorer la qualité de vos relations sexuelles).

En tout cas, la tendresse, ça ne créé pas spécialement de désir sexuel, nous sommes d'accord ?

Bonne journée !

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Siestacorta

le lundi 03 juin 2013 à 08h52

Sinon recette ancienne pour une étape récente, mais c'est une prescription à renouveler : ton parcours poly te change. Pas nécessairement dans ton essence, mais dans ta manière de faire.

Il se peut que ton mari puisse bénéficier de tes changements de comportements. Que certains de vos rapports à vous puisse être adoucis, embellis, aprofondis par tes découvertes ailleurs.
En gros, dans vos rapports, que ce soit dans la chambre, dans le quotidien, il y a peut-être des "nouveaux ressentis" que tu peux partager avec lui, en lui disant "rho, ça c'est nouveau pour moi, j'aime bien, et j'aimerai t'en donner un peu". Ca peut aussi bien être du renouvellement érotique, ou des nouvelles formes de tendresses "oui avant j'aimais pas trop faire des massages mais j'ai compris un truc" que des nouveaux plans : "tiens, j'ai découvert ce bar, j'ai envie de t'y emmener".
Bref, comme avec le reste de ta vie, quand tu trouves un truc qui pourrait être apprécié par ton mari, tu lui ramènes ? Ben le polyamour peut aussi donner plus d'occasions pour ça.

Ca l'empêchera pas d'en être malade, mais ça peut faire partie des choses "hors dialogue/ débat" qui peuvent le connecter à un présent appréciable... une bonne condition de convalescence.

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Cendre

le lundi 03 juin 2013 à 13h04

Merci pour vos pistes et réflexions, je piocherais allègrement dedans, plus tard, là j'ai juste envie de profiter du calme après la tempête.

Tentacara
Je sais à quel point ce que vous traversez est une épreuve, mais une relation de la qualité de la vôtre, tu t'en rendras compte avec l'expérience, et malgré tout l'amour que tu peux rencontrer en dehors de ton couple, est une chose rare et précieuse.

Avoir beaucoup nous donne parfois envie d'avoir encore plus.
Mais ça fait du bien parfois aussi, juste de se poser, de constater combien la relation est belle, et juste en profiter.
Chaque heure passée à ses cotés renforce mon désir de faire de lui le compagnon principal de ma vie.

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aviatha

le lundi 03 juin 2013 à 14h52

Je plussoie Tentacara et toi-même sur ce coup là. Bien sûr, lorsqu'on construit une relation, on ne veut pas s'enfermer dedans et bien sûr, dans tous les domaines de la vie, on a tendance à en vouloir toujours plus. Ce n'est pas forcément un mal, au contraire, cela nous pousse à s'améliorer et à aller de l'avant, je fais ça dans mon travail et dans mon art (au fait, merci du message d'encouragement Cendre, je reviens de ma soutenance à l'instant, j'ai mon diplôme !!).
Mais en ce qui concerne les relations humaines, mon histoire fait que je me contente très facilement de ce que j'ai, je demande rarement plus aux gens que ce qu'ils me donnent naturellement, en revanche, chaque séparation est pour moi une tragédie. Peut-être est-ce excessif, mais je crois surtout que je sais trop bien à quel point les belles personnes avec qui nous sommes "compatibles sur le long terme" sont rares, et à quel point les gens, malgré le fait qu'on les voit tous les jours, et qu'on se dise qu'ils seront toujours là, sont fragiles.

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LuLutine

le lundi 03 juin 2013 à 18h11

Bonjour Cendre,

Je retrouve beaucoup de ma propre expérience dans ton témoignage (hormis le fait que je n'étais pas mariée).

J'ai mis en gras ce qui me parle le plus, qui résonne le plus avec mon propre vécu.

Cendre
Sauf que quand je partage un moment chouette avec un autre homme, mon mari devient irrationnel [...]
Et en face, j'ai pas l'intention de reculer.
Parce que je ne me suis jamais sentie autant en phase avec moi même, et capable d'accepter ma vie et d'en faire quelque chose qui me plait.
Parce que [...] j'aurais pu prendre une posture plus théorique, non-pratiquante. Mais ça a goût de peu, c'est pas ça qui me botte, qui me donne l'énergie pour me lever tous les matins, si je peux pas le vivre, ça n'a pas de sens.

[...]on commence à être à court de mots pour en parler, il me dit que je me répète, il me reproche de lui faire répéter les mêmes choses.
Parce que je commence à ne plus le comprendre quand il me parle de son ressenti, et que ça nous fait drôle, vraiment, à tout deux, parce qu'on a été à se comprendre sur tout et partout durant toutes ces années.

En ce qui concerne le dernier point, je trouve que l'idée d'alps est une bonne idée :

alps
Vous devriez peut etre consulter en couple un spécialiste qui puisse l'aider.

Je dirais même "qui puisse vous aider", aider votre relation. Parce que c'est votre relation qui a besoin d'être aidée, ce n'est pas ton mari qui "a un problème" ou "est le problème". (Ni toi, je te rassure !)
Du moins, c'est comme cela que je vois les choses.

Pour ma part, j'avais proposé à mon compagnon (celui que je voyais très régulièrement et le seul avec qui j'avais des projets de vie : enfants, habitat commun, etc.), j'avais donc proposé à mon compagnon que nous allions voir quelqu'un qui puisse nous aider à nous comprendre.

En effet nous en étions au même point que vous : nous tournions en rond, ressassions toujours les mêmes dialogues...

Mon compagnon a refusé, il a dit "Ca ne servira à rien", et il a préféré me tourner le dos, me quitter, me dire adieu.

Pour ma part, juste avant qu'il décide de couper les ponts (il n'a répondu à aucun message depuis) j'avais fini par lui dire que je ne souhaitais plus parler de cela avec lui puisque nos discussions en tête-à-tête se terminaient toujours de la même façon : incompréhension mutuelle, aucun progrès, nous n'avancions pas, ne trouvions pas de solutions concrètes. Et nous nous faisions du mal (du moins à ces moments-là).

Pourtant, je me suis tuée pendant des semaines à lui demander ce que je pouvais faire concrètement - hormis l'exclusivité totale, qui n'était pas négociable - pour le rassurer : pas de réponse...et toujours les mêmes dialogues qui tournent en rond.

Pour te rassurer, je trouve (d'après ce que tu dis) que ton compagnon semble beaucoup plus ouvert au dialogue, capable d'identifier ses peurs, ses insécurités, et ça peut vous permettre d'avancer, je pense. Ton compagnon lui, est capable de mettre des mots (semblerait-il) sur ses ressentis, de te dire ce qui le dérange concrètement, et - peut-être ? - de t'indiquer comment le rassurer.

Cependant, voir un spécialiste peut peut-être vous aider à faire le point - ne serait-ce que pour avoir une vision extérieure la plus neutre possible de la situation. Pour ma part, je vais sans doute aller en voir un (toute seule, du coup) parce que l'amoureux dont je te parle n'a pas été capable de me dire où était le problème.
Quand je lui ai dit que c'était la non-exclusivité, que finalement il se rendait compte qu'il ne la supportait pas, il m'a répondu : "Non, ce n'est pas ça".

Du coup, je n'ai aucune réponse. Je ne sais pas pourquoi il est parti, si ce n'est pas pour ça, puisque les promesses que je lui avais faites (notamment, que certains projets de vie soient exclusifs, lui dire quand je vois un autre...) ont toutes été respectées. S'il m'avait demandé autre chose, je l'aurais probablement fait...

J'espère que ton mari et toi saurez trouver ensemble - éventuellement avec l'aide d'un tiers, ça n'a jamais fait de mal à personne, au contraire - des solutions viables ; ou bien vous séparer, mais en sachant que vous avez vraiment tout tenté et qu'il ne supporte tout simplement pas une relation poly.

Se séparer en sachant pourquoi, même si on s'aime, ça ne me semble pas inenvisageable ni insurmontable. C'est de se séparer sans savoir pourquoi et alors qu'on s'aime qui est douloureux.

aviatha
Mais en ce qui concerne les relations humaines, mon histoire fait que je me contente très facilement de ce que j'ai, je demande rarement plus aux gens que ce qu'ils me donnent naturellement, en revanche, chaque séparation est pour moi une tragédie.

Oh, je suis un peu comme toi, aviatha. Beaucoup comme toi en fait.

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(compte clôturé)

le mercredi 05 juin 2013 à 23h42

Cendre

Juste, je ne me savais pas poly.
Je ne savais pas que je trouverais un plaisir immense à aller aux café poly, y rencontrer du monde, m'y découvrir des affinités, celles qui font juste battre le cœur, celles qui font plaisir à l'égo, celles qu'on a envie de mener plus loin, pour voir, pour le plaisir d'être ensemble et de partager des moments chouettes.Sauf que quand je partage un moment chouette avec un autre homme, mon mari devient irrationnel, avec, en après coup, une espèce de dévalorisation à s'être laissé emporter.
Il m'a proposé d'aller détruire à la perceuse le bout de cerveau reptilien responsable de ses réactions épidermiques.
Il veut pas me contraindre, m'interdire, mais il cautionne pas. Il en prend plein la gueule. Et j'ai pas le droit de dire que je suis pas au courant. Ou que je ne suis pas responsable.Et en face, j'ai pas l'intention de reculer.

Je relève juste ce passage. Je suis en gros d'accord avec ce qui a été relevé au-dessus de par les membres du forum sauf peut être le commentaire Plus=mieux, (faut s'optimiser comme un produit en tête de gondole mais quand on veut ou ne peut plus s'optimiser on fait quoi ? On s'euthanasie ? Je force un peu le trait par mauvaise foi.

Et si la question de la rationalité n'était pas un obstacle finalement.
Ton compagnon souffre: il ressent des émotions jalouses. Est ce irrationnel, rationnel ? Je crois que tu pourras avoir autant d'avis sur la question qu'il y a d'humains sur la planète.
Tu as besoin de plaire et de séduire, pour faire plaisir à l'égo notamment :rationnel ou pas. J'en sais rien.
Je vais cependant faire le postulat que vos engagements vous conduisent à tenir au delà du raisonnable, je ne parle pas de rationnel là.
C'est une erreur assez répandue de croire que l'Autre est l'irrationnel du couple. J'ai tendance à croire que toute communauté humaine à fortiori fondée sur une institution telle que le mariage est irrationnelle : le couple est un pari un peu fou comme n'importe quel pari, il peut être gagné ou perdu. A long terme, c'est forcément perdu sauf immortalité des amoureux...
Le problème des institutions c'est qu'elles reposent toutes sans exception sur le sacrifice.
Tu sacrifies tes aspirations ou il sacrifie sa santé en se clivant.
Pourquoi ne pas envisager une "suspension" du contrat de couple.
Dans ce temps apaisé : vous pourrez avancer (ou reculer) sur vos possibles
Peux tu être heureuse éventuellement sans lui, peut il vivre avec toi heureux ET jaloux.
L'avantage de ce moment c'est qu'il permet précisément d'examiner les choses en soi sans en faire une guerre de tranchée rationalité contre rationalité, ego contre ego.

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Cendre

le samedi 03 août 2013 à 19h50

Je reprends finalement ici plutôt que là bas, parce que me relire, deux mois en arrière, me colle à la fois une impression de surplace et de progrès...
Ça le rend toujours malade...
Oh oui, j'ai beaucoup changé depuis que j'ai signé.
Et ce que j'ai expliqué y'a deux mois me semble toujours autant d'actualité, peut être même encore un peu exacerbé...

Y'a quand même une question d'identité qui se joue pour moi dans cette affaire.
C'est comme le couteau de Jean, dont on a changé la lame, puis le manche : ça reste le couteau de Jean.

J'vous bassine déjà bien assez avec ça, celle que j'étais avant, que je ne reconnais plus parfois. (ça me rassure même franchement quand je lis Lulutine me dire qu'elle a des ressentis similaires, me dire que pour ce genre d'impression, je ne suis pas trop extraterrestre non plus)

[avertissement]A me relire, je rentre là dans des considérations très auto-centrées, c'est long et pas forcément intéressant pour tout le monde.[/avertissement]

Moi aussi, j'ai eu mes périodes sans envies. A part celle de me foutre en l'air. Et le chemin qui m'amène là où je suis aujourd'hui, avec cette estime de soi toute neuve (fragile, mais réelle) est bien entendu un chemin continu. Il n'y a pas eu de révolution, pas même de traumatismes. Juste de belles rencontres. De très belles rencontres...

Donc, d'un coté, admettre la continuité de l'existence, et d'un certain nombre de valeurs qui ont toujours été là.

Et de l'autre, il y a cette notion de faux-self, cette interface de soi que l'on met entre notre vrai moi et les autres. Quand Petitcollin décrit le faux-self des surefficients comme un salon VIP, ça fait franchement écho en moi.
Écho à cette drôle d'impression d'être toujours d'accord avec le dernier qui a parlé, de ne pas avoir de volonté propre, de libre arbitre. De toujours traîner une culpabilité vis à vis de mes congénères. J'aurais du depuis longtemps [appeler les membres de ma famille, ouvrir un compte commun, inviter untel à la maison, etc] (rayer les mentions inutiles)
Écho à cette plaie que je me traîne encore, d'être toujours très enthousiaste, et de promettre des trucs dont au final je n'aurais jamais l'énergie de le faire. C'est flagrant en informatique : car si on me demande "est-ce que c'est possible de", je réponds instantanément "oui c'est facile" parce qu'en effet, j'ai déjà en tête l'algo, la procédure qui permet de le faire. C'est facile, mais pour avoir un truc fonctionnel fini, c'est long, parfois très long, et rarement je me donne le temps de finir. Ce qui se termine immanquablement par la perte de contact avec la personne en question, vu que la culpabilité que je me paye de ne pas lui avoir fait ce que j'avais vendu comme si simple...

Alors je change.
J'apprend à dire que ça m'arrange pas, j'apprends à dégager du temps pour moi, à me faire plaisir, à vivre. Je découvre même qu'il y a de nombreuses personnes sur terre qui peuvent tout à fait profiter de m'avoir dans cet état d'esprit, sans attendes mirobolantes, sans promesses pour faire plaisir, ça ne fait pas de moi un monstre.
Je suis en train de reconfigurer un faux-self un peu plus vivable pour mon vrai moi.
Sauf que je ne me reconnais plus.

Prendre le temps dans un pique-nique de se poser, sans rien faire d'autre d'être là, connecté au bonheur des autres, c'est ce que j'étais rigoureusement incapable de faire, que ce soit avec des potes ou la famille, j'avais toujours l'impression au final de perdre mon temps, d'être en décalage.
Alors quand on a monté toute son adolescence et sa vie de jeune adultes des stratégies pour expliquer qu'on aime pas être en groupe, ça surprend de constater le contraire.
Même chose pour les réseaux sociaux, dont je commence à capter certains intérêts.

Et là, même s'il s'agit d'une évolution progressive, y'a de quoi être surpris quand même : c'est plus la même lame et plus le même manche.
Pas étonnant que mon compagnon soit perdu.

Alors voilà.
Je continue d'écrire, ici et là, laisser des traces de mes évolutions ou mes sur-place.
Si tout se casse la gueule, au moins, je pourrais revenir sur les logs pour debugger.

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Anarchamory

le samedi 03 août 2013 à 23h33

Le changement n'est pas contraire à l'identité, puisqu'il présuppose cette dernière. Ton identité, ce n'est pas un truc monolithique et immuable, mais un flux dont l'unité est fondée sur la continuité entre les instants qui s'enchaînent. En outre, même si tu as l'impression que les changements en toi sont radicaux, ils se font souvent sur la base d'un changement progressif qui atteint un certain seuil à un certain moment. Pour comparaison, chaque goutte contribue à remplir le verre (changement progressif). Quand le verre est à ras bord, la dernière goutte le fait déborder (changement radical), mais la dernière goutte ne ferait pas déborder le verre s'il n'y avait pas eu toutes les autres gouttes avant.

Enfin ça rejoint un peu ce que tu as dit.

Pour ce qui est de jouer un rôle, je crois qu'on en est tous là, à partir du moment où il y a un décalage manifeste entre ce qu'on est intérieurement et ce que tel ou tel environnement exige de nous. C'est pas propre au polyamour.

L'essentiel est de ne pas étouffer notre vrai self, de trouver le juste milieu entre affirmation de soi et respect du contexte. A titre d'exemple, je n'aborde jamais le sujet du polyamour au boulot. Tout au plus m'arrive-t-il de dire que je ne suis pas quelqu'un de jaloux et de possessif. Mais si un collègue m'interpelait directement sur le sujet, j'expliquerais quand même mon point de vue sur la question brièvement, je ne me rangerais pas à l'avis commun juste pour ne pas heurter.

Je pense qu'il faut que tu arrêtes de te culpabiliser pour tout ce que tu ne fais pas et que tu penses que tu devrais faire. Les autres sont-ils toujours disponibles, organisés dans leur vie, à ne jamais rien remettre au lendemain, etc. ? Je pense que les gens qui t'aiment vraiment t'aiment pour ce que tu es, pas pour ce que tu fais pour eux. Sinon c'est de l'intérêt, pas de l'amour. Par contre, tu ne devrais pas hésiter,en effet, à refuser de prendre un engagement si tu n'es pas suffisamment sûre de pouvoir l'honorer. Je pense qu'on t'en voudra moins de ne pas prendre d'engagement, que de les prendre et de ne pas les tenir. Dire "non" n'est pas une faute, pas une tare. C'est une manifestation de ta liberté de choix. "Résiste, prouve que tu existes" comme dirait la chanson ^^

Cendre
Alors quand on a monté toute son adolescence et sa vie de jeune adultes des stratégies pour expliquer qu'on aime pas être en groupe, ça surprend de constater le contraire.

En même temps, les situations sont-elles comparables ? Tu faisais des pique-niques "poly" quand tu étais ado ? :-D

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Profil

LuLutine

le dimanche 04 août 2013 à 01h04

Même si je ne les relève pas forcément une à une cette fois-ci, je confirme qu'il y a beaucoup de choses qui me ressemblent dans ton discours, Cendre. :)

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