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Réactions à l'article

Le problème avec la polynormativité

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oO0

le vendredi 24 mai 2013 à 15h24

Cendre,

je préfère nettement la manière dont tu résumes mon post que sa lourdeur quantitative. Pour compléter ton résumé, je vais ajouter qu'en fait il y a une norme qu'au fond de soi, justement, une immense majorité n'abhorre pas et bien plus fondamentale que l'hyper/hypo/mono/poly-normativité des uns et des autres : cette attente que l'autre veuille de soi qui est autant celle propre au désir que celle propre au respect moral du consentement.

Il me semble qu'il s'agit d'une attente à ce point fondamentale que le simple fait de la partager constitue un horizon d'attente commun suffisant que pour se sentir plus proches que lointains. Allez, pour donner une proportion foireuse, 60% de proximité et 40% de distance dans le pire des cas. Soit une moyenne suffisante pour que les différences des uns et des autres n'empêchent pas de se sentir appartenir à une même culture de fond.

P.-S.: Sinon, voilà, j'ai reformulé mon précédent post de manière plus brève.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Cendre

le vendredi 24 mai 2013 à 17h06

RIPcette attente que l’autre veuille de soi

Voilà qui me plait beaucoup comme axe de réflexion...
C’est hors sujet, mais j’ai envie de développer.

Il y a moins d’un an, j’étais encore une poly contrariée, c’est-à-dire mono dans énormément de mes comportements, et pas seulement en amour. En particulier, j’étais mono-tâche : un lieu, un moment, un rôle, et j’étais extrêmement mal à l’aise (et maladroite) si je devrais sortir de mon rôle ou de mon contexte.
Cela impactait pas mal mes relations sociales, réduites à la portion congrues : les collègues de boulot avec qui je travaille, les amis de mon compagnon avec qui je passe des soirées, mes rares amis dont je ne savais que faire parce que justement, je n’arrivais pas à cerner mon rôle à tenir. Ah et j’oublie la famille, mais c’est pas réglé, encore pour moi, la famille, (même si ça s’améliore) donc on va zapper.

Le fait que mes relations de loisir étaient essentiellement avec mon compagnon et ses amis pouvait faire croire que j’étais dépendante socialement de lui. C’est pas tout à fait faux (contrairement à ce que j’ai pu arguer quand on m’a dit ça pour la première fois mardi dernier), mais cette dépendance n’avait en tout cas pas la portée dramatique que beaucoup y mettrait. Parce que j’ai vécu des années avec un minimum de relations sociales, que cela n’avait jamais été (avant ma découverte poly) une priorité dans ma vie. J’ai toujours très bien vécu comme ça, franchement solitaire.

J’avais un niveau d’attente que l’autre veuille de moi très bas.

Et là, j’ai décidé d’améliorer mes capacités relationnelles. De m’impliquer plus auprès des autres, d’accepter cette dépendance, de prendre ma part. Me mouiller dans mes relations aux autres, donner de soi, de la confiance, de l’écoute, du respect, en échange de ce que l’on peut m’offrir.

Accepter que mon niveau d’attente que l’autre veuille de moi augmente.

Eh bien, je me sens à la fois bien plus heureuse, parce que je suis intimement persuadée que j’avais fait le tour de ma solitude et qu’elle était en train de me tuer de tristesse, mais en même temps, je me sens bien plus vulnérable.
Maintenant, quand j’agis, je souhaite le faire pour moi, pour l’autre, et pour ma relation à l’autre (relation dont je ne me préoccupais pas avant). Une maladresse peut avoir des conséquences sur les trois segments (moi, l’autre, la relation). Ça explique certaines crises d’angoisse que je me paye encore quand j’essaye de tout contrôler et que je me rends compte qu’il y a trop de paramètres, trop d’effets de bords possibles liés à des données auxquelles je n’ai pas accès.

Ça fait drôle quand même, de constater ça, que ma vulnérabilité accrue est directement corrélée à mon bonheur. Que je suis aujourd'hui dépendante affectivement d’un certain nombre de personnes (au sens où je souffre quand je suis privée de leurs contacts), mais que c’est le prix à payer pour un mieux-être général, et que pour rien au monde je reviendrais en arrière.

(Et voilà, je squatte... Désolée pour le pavé)

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Anarchamory

le vendredi 24 mai 2013 à 18h00

RIP
Iam, je tenais à te féliciter pour ce choix d'article et sa traduction.

(J'avais écrit plus, mais c'était trop : Less is more.)

Message modifié par son auteur il y a 6 heures.

Ah, dommage que tu ais tout enlevé (j'espère au moins que tu as fait une copie). Je voulais justement commenter ces réflexions sur la discrimination légitime liée à l'électivité de nos relations.
Je ne pense pas que l'on puisse tout à fait mettre sur un même plan :
- la situation d'un homme qui refusera de sortir avec un autre homme, parce que son goût à lui c'est l'hétérosexualité ;
- la situation d'un monogame qui refusera de sortir avec un polyamoureux, parce son goût à lui c'est la monogamie.
En effet, on peut fort bien pratiquer la monogamie en étant avec quelqu'un de polyamoureux, tandis qu'on ne peut pas pratiquer l'hétérosexualité en étant avec quelqu'un du même sexe que soi (sauf si on est polyamoureux :) ).
Le fait que dans le premier tiret, j'ai utilisé le mot "homme" qui désigne une caractéristique intrinsèque liée au sexe de l'individu, et non le mot "hétérosexuel" ou "homosexuel" qui désigne un type relationnel, tandis que dans le second tiret, j'ai, au contraire, utilisé le mot "monogame" qui désigne un type relationnel, et non pas le mot "homme" ou "femme" qui désigne une caractéristique intrinsèque liée au sexe de l'individu, est à mon avis symptomatique du fait que ce n'est pas le même genre de discrimination qui est à l’œuvre. Je n'aurais pas pu écrire :
"Je ne pense pas que l'on puisse tout à fait mettre sur un même plan :
- la situation d'une personne hétérosexuelle qui refusera de sortir avec une personne hétérosexuelle ou homosexuelle, parce que son goût à lui c'est l'hétérosexualité ;
- la situation d'un homme qui refusera de sortir avec une femme, parce son goût à lui c'est la monogamie."
C'est incompréhensible. Personnellement, bien qu'hétérosexuel, ça ne me dérangerait pas forcément de sortir avec une personne homosexuelle, du moment que c'est une femme ! C'est elle qui ne voudra pas ;) Et si elle ne veut pas, ce ne sera pas parce que je suis hétérosexuel, ça sera parce que je suis un homme.
Bref, ce que je veux dire c'est que dans le cas de l'hétérosexualité ou de l'homosexualité, ce n'est pas ce que fait telle ou telle personne avec telle ou telle autre personne qui nous intéresse, ce sont ses caractéristiques objectives, intrinsèques, qu'on ne peut pas ne pas voir : est-ce un homme ? est-ce une femme ?
Dans le cas de la monogamie, le focus, au contraire, est porté, non sur les caractéristiques objectives de la personne, mais sur le type de relations avec autrui qu'a cette personne lorsque nous nous n'avons aucune relation avec elle, c'est-à-dire sur la manière dont elle occupe son temps en notre absence, pendant son "temps libre". A moins de nier le "droit"(*) à chacun de cultiver son jardin secret, et donc d'avoir du temps libre juste pour lui, je ne vois pas trop comment on peut donc refuser de sortir avec quelqu'un au nom de son polyamour : par définition, son temps libre, on le remplit librement comme bon nous semble. Si on doit rendre des comptes sur son temps libre, et si ce compte-rendu est susceptible d'entraîner des reproches, alors il y a un sens important du mot "libre" pour lequel on peut dire que ce temps soi-disant libre n'est, en fait, pas libre.
Refuser une relation amoureuse avec quelqu'un parce qu'il est polyamoureux, c'est plutôt du même genre — toute proportion gardée — que refuser d'être ami avec quelqu'un parce qu'il est gay. Là aussi, c'est le temps libre du gay qui est mis en cause. On se base sur la désapprobation liée à une partie de la vie de quelqu'un (admettons...), partie qui ne nous regarde pas et à laquelle on ne participe pas, pour refuser de faire entrer dans notre vie l'ensemble du reste de sa vie, comme si le gay se réduisait, finalement, à sa sexualité ou comme si son orientation sexuelle devait nécessairement imprégner tous les autres aspects de sa vie.

(*) J'ai mis des guillemets, car il ne s'agit pas — en règle générale — de contester le droit libéral d'autrui à mener sa vie comme bon lui semble sans être persécuté pour cela. Il s'agit plutôt de fonder une relation exagérément intrusive (en exigeant une discipline de comportement qui s'applique bien au-delà du temps de présence effective de l'un à l'autre) bien que librement (au sens libéral) consentie.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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oO0

le vendredi 24 mai 2013 à 20h05

@ Cendre,

c'est amusant comme tu as réussi à développer un sens de l'attente que l'autre veuille de soi autre que celui que j'ai donné. C'est une autre manière de développer, mais ce serait peut-être justement sortir du sujet où, pour ma part, je faisais référence à la norme du consentement pour relativiser l'hypernormativité à laquelle l'article fait allusion. Relativiser cette répulsion qui pris la place de la complicité de plus en plus indifférente du "Ton vice n'est pas mon vice, mais ton vice est OK." avec la multiplication de normes moralement discriminantes et répulsives, soit - si j'ai bien compris - avec de plus en plus de risques de vivre dans le jugement.

_______________

@ MetaZet,

j'apprécie la différence que tu fais entre l'orientation sexuelle d'une personne et ses dispositions relationnelles, il s'agit effectivement d'une différence temporelle. Sinon, je pense que une fois passés les effets post-traumatiques de ce que tu es en train de vivre, la discrimination des dispositions relationnelles te paraîtra tout aussi amorale que les nombreuses autres formes affinités électives, soit aussi peu concernée par les questions morale du bien et du mal.

Ce qui fait mal par contre, ce peut être la violence des attaques sous prétexte de telles dispositions, mais c'est justement le cas aussi avec l'orientation. Je l'ai vécu et je ne peux que t'inviter à prendre garde aux divagations de la colère qui résulte de la souffrance engendrée par de telles attaques.

Au final, mon propos était de relativiser le sentiment de discrimination de la normativité par la reconnaissance d'une discrimination moralement légitime puisque amorale, soit non concernée par la morale, dès lors qu'il s'agit d'affinités électives dont le respect participe pour une part au consentement. Le degré de consentement n'est ainsi pas le même entre des personnes qui partagent les mêmes dispositions relationnelles, le consentement est beaucoup moins réservé.
____________________

En résumé, mon propos est de relativiser l'importance des phénomènes d'hypernormativé du couple notamment par une norme plus fondamentale tel que le consentement. Mon propos est également de relativiser l'effet de discrimination des normes, par la distinction de phénomènes de discriminations légitimes comme la liberté de choisir ses partenaires : "T'es pas cool, tu te partages pas avec tout le monde, seulement avec qui ça t'arrange ! - aujourd'hui, c'est évident que ...

Bref, que ce soit sous l'angle de la multiplication des normes discriminantes ou de la distinction de phénomènes de discrimination, ma visée est de relativiser les risques de vivre dans le jugement. Pour finir sur un exemple simple, la multiplication de normes peut finir par conduire à l'oubli de leur importance et laisser place à des réactions démesurées.

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LuLutine

le samedi 25 mai 2013 à 01h07

Cendre
Parce que j’ai vécu des années avec un minimum de relations sociales, que cela n’avait jamais été (avant ma découverte poly) une priorité dans ma vie. J’ai toujours très bien vécu comme ça, franchement solitaire.
[...]
Ça fait drôle quand même, de constater ça, que ma vulnérabilité accrue est directement corrélée à mon bonheur. Que je suis aujourd'hui dépendante affectivement d’un certain nombre de personnes (au sens où je souffre quand je suis privée de leurs contacts), mais que c’est le prix à payer pour un mieux-être général, et que pour rien au monde je reviendrais en arrière.

En te lisant, j'ai le sentiment qu'on a eu des chemins et des ressentis assez similaires... :)

C'est assez paradoxal : je n'ai jamais rencontré autant de difficultés qu'aujourd'hui, mais j'ai en même temps le sentiment que je n'ai jamais été aussi près de mon bonheur.

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Len

le dimanche 26 mai 2013 à 13h14

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Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Anarchamory

le dimanche 26 mai 2013 à 19h56

Len
Pour ma part, ici on me dit polyamoureux, dans un sens c'est vrai, j'aime plusieurs personnes de manière différentes et je les aime pour toujours.

Ensuite, en ce qui concerne le couple je diffère complètement, car il m'est absolument important de réserver mon corps, mes gestes d'amour (sexualité, caresse intime et bisous sur la bouche par exemple) à une seule personne, ma bien-aimée.

Pourquoi réserver ton corps à une seule personne mais pas ton cœur ou ton esprit ? C'est un peu schizo, non ?

Serait-ce parce que :

Len Le plus gros de mon intimité est exclusivement réservé à une personne, je trouve ça déjà difficile de le faire pour une personne, de trouver LA personne avec qui partager tout ce que j'ai de plus intime de ma personne alors plusieurs, c'est inimaginable :-D

Ah, d'accord, donc en fait, ce qu'il y a de plus intime en toi c'est ta langue, ta bite, ton cul et tes couilles.

Ce qu'il y a de plus intime en soi, c'est ce qui est central, ce qui est le plus important, nous sommes d'accord ?...

Len Je n'aime pas les petites aventures qui sont sans intérêt à mon sens alors je préfère rester seul niveau couple. Ce qui ne m'empêche pas d'aimer ma famille, mes amis et apporter des gestes d'amour quand je le peux, à qui le veut.

Ah ben non, c'est contradictoire avec ce que tu as dit avant, je cite :

Lencar il m'est absolument important de réserver mon corps, mes gestes d'amour (sexualité, caresse intime et bisous sur la bouche par exemple) à une seule personne, ma bien-aimée.


Len Le polyamour c'est aimer plusieurs personnes de manière différente et sans y mettre la sexualité dans la balance où seulement avec la femme qui fait battre mon cœur, c'est ma définition du polyamour qui me parait saine, acceptable à mes valeurs.

Pourquoi ce traitement différent pour la sexualité ?

Len Je pense qu'en enlevant le côté sexuel, ce mot polyamour fait bien moins hors normes, au contraire ça montre finalement la réalité de tout à chacun, que ça n'à rien de spéciale. Nous sommes des êtres humains ayant la capacité d'aimer d'autres personnes que soit-même.

C'est important d'être dans la norme ? Qu'est-ce que ça t'apporte ? Et si la norme change et se contredit, tu la suis, et contredit ton précédent comportement ; ou tu ne la suis pas et contredit l'aspiration à être dans la norme que suggère ton texte ?

Sinon, je suis d'accord et pas d'accord avec toi au sujet du caractère moins hors norme du polyamour sans sexe.

Le polyamour sans sexe... mais avec une relation corporelle intense (voire de l'érotisme), c'est tout à fait hors norme. Je ne sais pas si beaucoup d'hommes seraient capables de se retrouver nus dans un lit avec une belle femme également nue, se blottir contre elle, l'enlacer, l'embrasser, la caresser, la câliner, sans qu'il y ait de relation sexuelle... malgré l'émergence d'une tension érotique !

Le polyamour sans sexe et sans corps (ou presque), c'est dans la norme, c'est de l'amitié au sens moderne du terme. C'est — à mon humble avis — une lubie de dualiste spiritualiste somatophobe et sexophobe qui se trouve érigée en norme sociétale dans un monde pourtant supposé être moniste, matérialiste et libéré.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Len

le lundi 27 mai 2013 à 00h30

*

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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alps

le lundi 27 mai 2013 à 00h39

Si amour et sexualité sont déliés. Alors on devrait pouvoir etre hetero et tomber amoureux de quelqu'un du meme sexe. Ceci sans avoir une quelconque attirance sexuelle pour cette personne donc.

On peut penser dire vrai quand on s'illusionne. D'un point de vue phenomenologique on dit vrai d'ailleurs. Ca n'empeche pas d'etre dans l'erreur. cqfd.

Préférez une approche quantitative. Ca a des inconvenients. Mais ca permet d'avoir un certain etat des lieux. De savoir exactement de quoi l'on parle quand on ne parle plus de son expérience personnelle ou de celle de son voisin. Mais du polyamour en tant que fait social.

Quant à la normativité. Il fut un temps où les normes étaient suggérées fortement par le langage, donc par les mots, le choix des definitions dans le dictionnaire.

Les temps ont quelque peu changé avec l'essor depuis deux siècles déjà des sciences humaines. Pour autant nous trainons toujours les memes défauts. Il y a en science humaine énormément de politique et de lobbys. On peut s'en rendre compte chaque fois que le DS (sorte de dico avec stat de l'état psychique des humains) sort. Chaque sortie du DS est sujet aux polémiques. Lobbys sur lobbys se faisant face. Idem dans tout ce qui touche les sciences dures qui touchent à l'ecologie.

Le qualitatif est particulièrement sal en sciences humaines de nos jours. Préférez le quantitatif.

Sinon la question clef posée par la normativité quand il s'agit de sexualité est la suivante.

S'il semble cohérent de dire, qu'un humain né male ou femelle avec un désir séxué qui ne dépend pas de son sexe. (identité sexuelle.orientation sexuelle) Il apparait problématique de proposer un modèle où l'axe principal serait minoritaire dans la société. Le modele ne serait pas neutre.

En clair une telle norme ne serait représentative de ce dont elle discute. Elle ne serait que consistante ( au sens anglais du terme).

Vous pouvez m'ignorer à présent. :)

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Boucledoux

le lundi 27 mai 2013 à 02h34

alps

Vous pouvez m'ignorer à présent. :)

et alors si c'était réciproque, ce serait carrément génial.

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Anarchamory

le lundi 27 mai 2013 à 07h30

alps
Sinon la question clef posée par la normativité quand il s'agit de sexualité est la suivante.

S'il semble cohérent de dire, qu'un humain né male ou femelle avec un désir séxué qui ne dépend pas de son sexe. (identité sexuelle.orientation sexuelle) Il apparait problématique de proposer un modèle où l'axe principal serait minoritaire dans la société. Le modele ne serait pas neutre.

En clair une telle norme ne serait représentative de ce dont elle discute. Elle ne serait que consistante ( au sens anglais du terme).

Mais il ne s'agit pas de remplacer une norme par une autre, mais de prendre conscience du caractère contingent, arbitraire et amoral de la norme, de la possibilité éthique de la transgresser, pour : soit se conformer à une autre norme, soit s'affranchir de toute norme (et qu'on ne me cite pas comme contre-exemple le code de la route : oui, il est arbitraire et contingent, mais dans la mesure où il permet de s'entendre sur la manière de conduire afin de ne pas avoir d'accident, il n'est pas amoral).

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Anarchamory

le lundi 27 mai 2013 à 07h42

Len
Bonjour MetaZet,

Pourquoi un traitement différent pour la sexualité ? C'est une très bonne question.

C'est parque je sépare/distingue bien la sexualité, de l'amour, des sentiments, des instincts.

Pourquoi sépares-tu/distingues-tu bien la sexualité, de l'amour, des sentiments, des instincts ?

Len
Pour moi l'amour n'a rien à voir avec la sexualité. Il ne déclenche pas chez moi une attirance obsessionnelle.

Pourquoi la sexualité déclencherait-elle nécessairement une attirance obsessionnelle ?
Les comportements non-sexuels ne peuvent-ils pas, parfois, déclencher une telle attirance obsessionnelle ? (ex. : certains ont une attirance obsessionnelle pour les matchs de foot)
En quoi ce qui déclencherait une attirance obsessionnelle ne se prêterait-il pas à la pluralité ? (ex. : on peut bien avoir une attirance obsessionnelle pour le foot et aussi pour le rugby).

Len Le genre de situation que tu me décris avec une belle femme c'est typiquement de la pulsion sexuelle.

Si je vais au cinéma avec elle, est-ce une pulsion cinématographique ?
Si je discute avec elle, est-ce une pulsion conversationnelle ?
Si je lui fais les ongles, est-ce une pulsion manucure ?

Len Ce n'est pas de l'amour, c'est un désir sexuel qui pousse à une relation corporelle, voir sexuelle.

"Discuter avec elle, ce n'est pas de l'amour, c'est un désir conversationnel qui pousse à une relation dialogique."

Tu vois, ça marche aussi :)

LenCette attirance sexuelle se situe au niveau de la volonté et c'est un comportement plus masculin.

En général, lorsque l'on parle de pulsion, on présuppose que la volonté n'a pas grand chose à y voir...

Len Pour ce qui est de l'emploi du mot norme, c'est plus par rapport au regard extérieur des gens en dehors de ce concept de poly amour où plutôt poly sexuelle comme il est souvent interprété.

Oui, et ? Si je pratique la monogamie, la vraie, c'est-à-dire un seul partenaire pour toute une vie, je me situe en dehors de la norme. Est-ce que j'agis mal de ce fait ?

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Len

le lundi 27 mai 2013 à 10h52

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Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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alps

le lundi 27 mai 2013 à 11h32

Len
Pour expliquer pourquoi je distingue bien la sexualité de l'amour :

L'amour et la sexualité son deux choses différentes :

Sexualité :

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9finition_de_l...

Amour :

fr.wikipedia.org/wiki/Amour

Et oui il est possible d'aimer énormément une personne du sexe opposé où du même sexe sans éprouver de désir sexuel à son contact.

Pareil l'amour est différent du sentiment.

Sentiment :

fr.wikipedia.org/wiki/Sentiment

L'amour est au delà de toute sensation de sympathie ou d'antipathie. Il est possible d'aimer quelqu'un qui nous paraît sentimentalement ou affectivement antipathique au premier abord.

L'amour n'est donc ni sexuel ni sentimental ou affectif.

Alors il faut distinguer, l'amour qui se situe au niveau de la pensée, du sentiment (sympathie, antipathie) au niveau du cœur et de la sexualité, désir sexuel (instinct sexuel, de reproduction) dans la volonté.

En gros, l'amour ce n'est pas du plaisir comme on veut nous le laisser entendre un peu partout. Ce que l'on prend souvent pour de l'amour n'est en fait que des sentiments ou des désirs sexuels.

Message modifié par son auteur il y a 10 minutes.

Si je suis otn raisonnement il y a trois distinctions.

identité sexuelle/orientation sexuelle/amour sans distinction sexuelle.

Plus on distingue d'éléments, plus les absurdités évidentes sont nombreuses. Plus ce qui est minoritaire est central et non représentatif.

Il y a un problème dans ta théorie.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Len

le lundi 27 mai 2013 à 11h34

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Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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alps

le lundi 27 mai 2013 à 11h49

Len
Oui 3 distinctions :

Amour/Sexualité/Sentiment

rien ne t'empeche de penser comme cela. Mais cela n'a rien de scientifique au sens biologique du terme. Donc difficile d'en faire serieusement une definition que les enfants doivent apprendre en cours de biologie.

C''est en ce sens que je disais que la definition n'était pas neutre. tu remplaces une norme par une autre.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Geraldin-e

le lundi 27 mai 2013 à 11h58

D'accord avec Len. C'est bien comme ça qu'il faut distinguer les choses je pense. Même si les frontières entre ces 3 pôles sont facilement floues.
J'ajouterais que l'amour, idéalement, est quelque chose de plus profond et mystérieux, qui pourrait tout irradier.

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LuLutine

le lundi 27 mai 2013 à 12h41

Moi aussi je distingue amour, sexualité/désir sexuel et sentiments amoureux (ces derniers se rapprochant je dirais, de la passion, cette passion que la société nous "vend" comme étant le "véritable amour", provoquant tant de déceptions et de séparations lorsque cette passion se mue en sentiments plus "tranquilles").

Pour autant, ça ne m'empêche pas de vivre des amours pluriel(le)s, des désirs pluriels et même (quoi qu'en disent certains défenseurs de la Passion Unique) des sentiments pluriels ! :)

Le fait de faire la distinction entre les trois (distinction que j'ai toujours faite, du plus loin que je me souvienne) ne justifie donc absolument pas le fait d'être exclusif dans l'un de ces domaines.
C'est simplement un choix personnel (et le tien est tout-à-fait respectable Len, comme le sont les choix des autres).

De fait, certains libertins utiliseraient probablement ton raisonnement Len, pour te dire : "Comment, tu aimes d'amour plusieurs personnes ? Mais comment fais-tu ? Nous, nous distinguons bien l'amour du désir sexuel et des sentiments, et de ce fait, nous pouvons avoir des relations sexuelles plurielles car elles n'impliquent pas d'amour, mais nous réservons notre amour, ce que nous avons de plus intime, à une seule personne : notre bien-aimée"...!

"Ce que l'on a de plus intime", ce n'est pas forcément la même chose d'une personne à l'autre...

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lam

le mardi 28 mai 2013 à 13h56

LuLutine
"Ce que l'on a de plus intime", ce n'est pas forcément la même chose d'une personne à l'autre...

Tout comme ce que chaque personne pense comme étant SA définition de l'amour, tout comme les mots et les distinctions entre les mots: amour/passion/désir/sentiment/sexualité, ne sont pas les mêmes selon chacun-e.

Alors si en intervenant vous pouviez éviter les affirmations du type "l'amour c'est ci, l'amour c'est ça" "il faut distinguer X aspects comme ci ou comme ça", "oui c'est comme ça que il faut...", ce qui énonce des ''vérités'' comme générales et revient (au cas où vous ne vous en rendez pas compte) à réaffirmer et imposer des normes en généralisant votre vision personnelle de la chose, comme la vision vraie et objective que les autres devraient avoir aussi.

Bon donc si vous pouviez éviter de faire ça (par exemple en portant la responsabilité de vos propos, de vos idées, de vos points de vue); eh ben moi je serais moins fatiguée de lire de la prose verbeuse et moralisante qui me fait me demander si les gens lisent les articles sur lesquels ielles posent des commentaires.

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Len

le mardi 28 mai 2013 à 15h02

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Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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