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Ça le rend malade.

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demeter

le dimanche 04 août 2013 à 02h13

Il semble parfois quand on commence seulement à se regarder, sans peur, sans idéal à obtenir, quand on peut enfin se voir sans chercher à être autre chose, sans vouloir devenir ce que l'on ne sera jamais, quand on se débarrasse de la peur de ne pas parvenir à ce que l'on croyait devoir être, alors on débloque des comportements dans lesquels on ne faisait que perpétuer des attitudes des gestes qui nous permettaient seulement de nous justifier, de nous excuser de continuer à ne pas en changer. Alors seulement, on change, et ce changement ne prend pas la forme de ce que l'on avait prévu. Cela peut être enivrant parce que cela ouvre à d'autres choses...

Alors on analyse ce changement, on se construit un nouveau discours dans lequel les erreurs passées ont la propriété justement d'appartenir au passé. On peut plus facilement se les pardonner : c'est moi qui ai fait ça, mais c'était avant, quand j'étais jeune. On a triomphé de ce qui causait notre malheur. Mon "je" présent est sauf, et lavé de toute tache, d'autant plus quand il tient compte dans son histoire de ce qui l'a construit, c'est à dire de ce "je" passé qui permet d'assurer la cohérence du récit en donnant la raison de ce que l'on peut croire être un aboutissement d'un chemin personnel. Ce discours tout aussi provisoire et illusoire que le précédent, puisque la vie change, est une étape nécessaire pour se remettre à flot.

La difficulté est de ne pas prendre ce changement pour un nouveau cap à tenir, une nouvelle route à suivre qui correspondrait à la Vérité. Il reste à être conscient de cette illusion, à garder le plus ouvert possible le dialogue avec soi même et avec les autres. Dans le cas contraire, cela reviendrait à changer de drapeau pour en suivre un autre. On peut alors se trahir à nouveau, à construire de nouveaux comportements, de nouvelles raisons qui se substituant à l'ancienne, nous fabriquent de beaux murs tout neufs, mais tout aussi enfermant. Je me méfie de plus en plus de mes théories : polyamoureux un jour, mais pas toujours, et pas à n'importe quel prix...

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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tsampa

le dimanche 04 août 2013 à 11h07

MetaZet
Le changement n'est pas contraire à l'identité, puisqu'il présuppose cette dernière. Ton identité, ce n'est pas un truc monolithique et immuable, mais un flux dont l'unité est fondée sur la continuité entre les instants qui s'enchaînent. En outre, même si tu as l'impression que les changements en toi sont radicaux, ils se font souvent sur la base d'un changement progressif qui atteint un certain seuil à un certain moment. Pour comparaison, chaque goutte contribue à remplir le verre (changement progressif). Quand le verre est à ras bord, la dernière goutte le fait déborder (changement radical), mais la dernière goutte ne ferait pas déborder le verre s'il n'y avait pas eu toutes les autres gouttes avant.

Je reviens un peu là-dessus parce que ça me fait penser à une comparaison que je trouvais très intéressante. On parle parfois du "flux de conscience" ("stream of conciousness" chez nos amis anglophones), et j'avais lu un texte qui pousse la comparaison plus loin : quand on dit "ce fleuve c'est le Nil", ou "l'Amazone", on désigne en fait par convention quelquechose qui est en changement constant. L'eau s'écoule, même le lit se creuse et se modifie lentement.
L'identité, comme le fleuve, c'est une convention que tu poses sur quelque chose de fluctuant. Ta pensée est guidée par ta personnalité, comme l'eau du fleuve est guidée par son lit, mais l'eau érode aussi et change petit à petit le lit du fleuve. De la même façon, les façons de penser peuvent devenir des habitudes et s'inscrire dans ta personnalité. C'est ce qu'on appelle souvent avec mépris chez nous la "méthode Coué", et pourtant (chez moi au moins) ça marche quand on veut vraiment s'en donner la peine. Plus tu te laisses aller à la colère, plus tu te mets facilement en colère ensuite, et tu deviens colérique. Plus tu te laisses aller à l'amour, plus tu aimes facilement ensuite ([et tu deviens poly ?] ;-) )
Plus en rapport avec ton verre Metazet, un fleuve subit aussi parfois des crues et le lit peut changer complètement en quelques heures, par exemple lors de traumatismes, révélations, expériences, etc.

Bref je trouvais la comparaison intéressante. L'identité n'est qu'une étiquette qu'on met sur quelque chose qui est fondamentalement en changement constant, un flux, un fleuve. Mais la stabilité rassure, et on aime tellement les étiquettes... :-)

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demeter

le dimanche 04 août 2013 à 12h08

Oui la comparaison avec le Nil est plus qu'intéressante. Le Nil reste le Nil parce qu'il y a encore des gens pour le nommer ainsi. Il n'a pas besoin de ce nom pour continuer à couler, juste pour rester le Nil. "Je" reste "je" parce qu'il y a des gens pour me nommer, pour me faire exister. Mais cela ne m'est pas suffisant. Si je ne suis pas capable de me reconnaitre, de me parler, alors "je" n'existe plus. Les autres se chargeront de raconter mon histoire. Une histoire dans laquelle "je" sera devenu quelqu'un d'étranger, de fou, de malade. Et "je"en mourrais, littéralement. Ce n'est pas qu'une étiquette.

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Evavita

le dimanche 04 août 2013 à 14h33

Même si je ne suis plus très bavarde sur tes fils, je suis de tout coeur avec toi ma petite Cendre!

PS : Bon, il y en a un autre qui est dans mon cas, mais il préfère trainer dans les buissons plutôt que sur le forum :P

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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