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Il veut pas savoir

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Anarchamory

le mercredi 31 juillet 2013 à 13h01

Geraldin-e
Mais, fondamentalement, théoriquement, je pense que les désaccords entre humains ne pourraient porter que sur des choses superficielles ou des goûts personnels (au sens faible), et donc résolvables, et permettre des accords, convergences, ou compromis, sur le fond, permettant de vivre ensemble.

A peu près d'accord, sauf que je dirais : "ne devraient porter" et préciserait "dans le cadre d'une relation humaine approfondie".

Maintenant, ça dépend aussi de l'étendu de ce que tu appelles "le fond". Pour des relations humaines simplement respectueuses, c'est-à-dire ne pas se marcher sur les pieds, ne pas juger les personnes pour leurs choix de vie, ne pas établir de rapports de domination, l'accord de fond peut ne concerner que quelques grands principes humanistes. Ainsi, je peux réussir à entretenir des rapports sereins, même si de fait pas forcément super approfondis, avec des monogames convaincus, catholiques de surcroît, à partir du moment où ils approuvent ces quelques grands principes humanistes : liberté individuelle, acceptation de la diversité, communication assertive.

Mon "slogan" ça serait : "être d'accord sur l'essentiel et diverger sur l'accessoire".

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Geraldin-e

le mercredi 31 juillet 2013 à 15h41

Ok Metazet.
Plus les relations sont étroites, plus les accords sur des questions que chacun.e juge importants doivent être là.
N'empêche que même pour des relations sociales élargies bien vécues, il faudrait pas mal d'accords (davantage donc que les principes humanistes que tu cites) pour créer une société non conflictuelle, émancipée des rapports de compétition/appropriation, pouvant s'auto-organiser sans chefs ni structure totalitaire.
Ou alors, on s'oriente vers de multiples micro-sociétés autonomes, capables de se tolérer mutuellement de manière sereine.

Sinon, c'est sûr que ce qu'on ressent important ne sera pas identique chez chacun.e...
On peut quand même être ok sur la satisfaction des besoins de base (logement, nourriture, éducation... + en gros ce que tu indiques). Et donc le fond, c'est aussi comment on résout/satisfait ces choses importantes pour tout le monde.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Anarchamory

le mercredi 31 juillet 2013 à 19h31

Geraldin-e
Ok Metazet.
Plus les relations sont étroites, plus les accords sur des questions que chacun.e juge importants doivent être là.
N'empêche que même pour des relations sociales élargies bien vécues, il faudrait pas mal d'accords (davantage donc que les principes humanistes que tu cites) pour créer une société non conflictuelle, émancipée des rapports de compétition/appropriation, pouvant s'auto-organiser sans chefs ni structure totalitaire.
Ou alors, on s'oriente vers de multiples micro-sociétés autonomes, capables de se tolérer mutuellement de manière sereine.

Et pourquoi pas ? Personnellement, je pense que ce n'est pas une mauvaise idée. Les organisations à grande échelle, je pense que ce n'est pas trop efficace quand ça s'occupe de trop de choses, ou alors ça vire à la dictature, et là ça devient clairement immoral. Je préfère compter sur la solidarité spontanée et volontaire à petite échelle, au sein de petits groupes où tout le monde se connaît et se comprend.

D'ailleurs, n'est-ce pas là l'esprit du mutuellisme proudhonien ?

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Geraldin-e

le mercredi 31 juillet 2013 à 21h45

Metazet
Je préfère compter sur la solidarité spontanée et volontaire à petite échelle, au sein de petits groupes où tout le monde se connaît et se comprend.

Je ne suis pas contre de multiples micro-sociétés telles que tu dis. Seulement, ça me semble assez improbable, car pour moi si les humains devenaient capables de laisser cohabiter de multiples micro-sociétés sans se faire la guerre, ça voudrait dire qu'ils sont devenus suffisamment "sages", et convergents, et donc désireux/capables de vivre dans une organisation plus large.
Seulement, il ne s'agirait bien sûr pas d'une bureaucratie, d'un système hiérarchique et uniforme, mais bien de petits groupes où on se connaît. Sauf qu'il s'agirait d'une sorte de fédération, avec des principes et objectifs généraux tout à fait communs. En fait, on est ok sur les fondements, après, advienne ce qu'il adviendra.
Utopies, utopies... Oups, on s'éloigne du sujet !

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Anarchamory

le mercredi 31 juillet 2013 à 21h55

Geraldin-e
Je ne suis pas contre de multiples micro-sociétés telles que tu dis. Seulement, ça me semble assez improbable, car pour moi si les humains devenaient capables de laisser cohabiter de multiples micro-sociétés sans se faire la guerre, ça voudrait dire qu'ils sont devenus suffisamment "sages", et convergents, et donc désireux/capables de vivre dans une organisation plus large.

Ben je ne suis pas totalement contre une organisation plus large mais je pense juste qu'elle doit avoir peu d'attributions, genre garantir la cohabitation paisible entre toutes ces micro-sociétés, et plus fondamentalement entre tous les individus.

En fait, quelque soit le problème auquel un individu est confronté, j'adopterais l'algorithme suivant : Est-ce que l'individu en question peut se débrouiller tout seul pour le régler ? --> si oui, bah faut le laisser faire | si non, bah faut remonter d'un niveau --> est-ce que le groupe dans lequel s'insère cet individu peut se débrouiller tout seul pour régler le problème ? --> si oui, bah faut le laisser faire | si non, bah faut remonter d'un niveau --> est-ce que le super-groupe dans lequel s'insère ce groupe peut se débrouiller tout seul pour régler le problème ? Etc.

Geraldin-e
Utopies, utopies... Oups, on s'éloigne du sujet !

Oui, oups !

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LuLutine

le mercredi 31 juillet 2013 à 23h01

Bonsoir Cendre,

Tu ne peux pas savoir comme à chaque fois, tes textes résonnent en moi d'une façon que j'ai du mal à décrire.

Je n'ai pas vécu pile poil la même chose (et surtout, le dernier partenaire réfractaire en date voulait savoir, contrairement à ton compagnon), mais malgré tout je me sens proche de toi, dans tes ressentis.

Aujourd'hui, j'ai tout perdu. Enfin. Du moins, c'est ce qu'un "mono" dirait.

Mais j'ai gagné cet espace de liberté infinie qui me tendait les bras et qu'auparavant je n'osais (parce que j'entretenais une relation avec un "mono") réellement embrasser.

Bon, ce n'est pas pour te faire peur que je dis ça hein, mais depuis que je ne suis plus avec quelqu'un à qui les relations plurielles posent problème, je me découvre encore plus ouverte aux rencontres qu'avant...(qu'est-ce que ça va être pour toi quand ton compagnon se sera totalement "polyifié" ! ;) )

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Cendre

le jeudi 01 août 2013 à 12h25

Bonjour les aminches !

Bon, faut vraiment que je cause à BohwaZ de mon idée de mettre en place des structure arborescente sur ce forum : ça me dérange pas du tout de voir MetaZ et Geraldin-e partir en live sur les utopie, mais si on mélange les deux branches, ça va être un peu difficile à suivre.
Bref.

Revenons à nos moutons.

Merci pour tous vos commentaires, je m'en nourris, mais ça progresse pas fort dans ma tête.

Je suis en train de bugguer.
D'un coté, c'est vraiment fun.
Je suis bien dans ma peau, dans mon boulot, dans mes amours. Bon, je dis pas que c'est tout plat parce le polyamour a toujours une drôle de tête quand on essaye de le projeter quelques années devant soi, mais ça se jugule bien avec un minimum de confiance entre les protagonistes.
Et pour aller avec ça, j'ai un compagnon qui m'accompagne en me disant que c'est chouette de m'avoir toute pimpante à ses cotés.
Qu'il en est heureux.
Oui. et c'est là que ça pêche :
Il en est heureux, quand il va bien.

Sauf qu'il va pas bien.
Et s'il m'interdit d'être malheureuse à cause de lui, quand je lui répond que lui non plus, n'a pas le droit d'être malheureux à cause de moi, il enchaîne par un « je fais ce que je veux ».
Et je peux pas nier que je suis quand même responsable de la dégradation de sa situation.
Je dis pas que il n'y avait pas déjà un soucis à la base, mais là, mon polyamour est un facteur aggravant, et pas des plus négligeable.
Je pense même que tout un tas de gens vivent des années très bien avec ce type de soucis, et que n'était ma nature poly, on aurait pas forcément été obligé d'aller gratter par là.
Sauf que maintenant, c'est fait.
Faut faire avec.
Et tout pimpante que je peux être, je me sens impuissante à l'aider à savoir ce qu'il veut, à ne serait-ce avoir envie de quelquechose, qu'il ait envie de se bouger, ou de lire, ou d'écrire, ou de raconter à quelqu'un... Qu'il ait juste envie d'aller mieux, déjà, je serais contente : j'aurais enfin une prise.

C'est bien gentil de parler de responsabilité, de dire que chacun est responsable de ses sentiments, et responsable de son éventuelle déprime aussi ?
Et si on refuse de faire des reproches aux autres, on se les fait à soi même, c'est vraiment comme ça qu'on fait avancer le truc ?

Je peux pas décider à sa place. Quoi qu'il y ait à faire (qu'il trouve une amoureuse, qu'il concrétise avec une amoureuse, qu'il se remette au sport, qu'il envisage de divorcer, qu'il change de boulot, qu'il décide de voir un psy, qu'il décide de mieux comprendre le polyamour) Quoi qu'il y ait à faire pour lui, je ne peux pas prendre la décision à sa place.
Et pourtant, je peux pas non plus le laisser dans cet état (même s'il n'est pas permanent)
J'ai signé pour le meilleur et pour le pire, et je re-signerais aujourd'hui si on me le demandait.

J'en suis là.
Essayé hier de travailler sur les modalités (quand est-ce que je ne suis pas là, quand est-ce que je le préviens, par quel média. On parle juste de l’absence, puisque le ce que je fais, c'est réglé : je lui dit rien tant qu'il demande pas.) Pas moyen d'avoir une idée de ce qu'il pourrait mieux supporter qu'autre chose.
De là à me donner des envies que cela ne se voit pas du tout (mais non, la double vie, tant pour moi que pour mes partenaires, c'est juste impossible, veto ! Et tant mieux, il ne me l'a pas demandé...
Il m'a jamais rien demandé d'ailleurs...)
Vague envie de reprendre sur un autre angle, celui des peurs sous-jacentes. Juste, s'il a le sourire ce soir, j'oserais pas casser ça.

Je suis en train de devenir accro à ça : sentir les gens heureux auprès de moi.

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Deneb

le jeudi 01 août 2013 à 12h55

Bonjour Cendre,

Je te lis avec grand intérêt, et bien que pas « encore » poly, ton témoignage (et d’autres sur ce forum) m’apporte énormément au niveau de mes réflexions, et de la compréhension de situations pas toujours simples mais avec de grandes similitudes si on approfondit un peu….
Ton analyse me semble bien poussée, je n’ai rien à ajouter aux commentaires très constructifs et pertinents que tu as eu sur ce fil.
Cependant, il me vient juste une petite interrogation comme ça, après réflexion : ton compagnon, avant que tu ne commences tes expériences poly, vivait-il déjà avec « peu d’envies » personnelles (comme tu viens de nous le décrire) avec pas forcément des projets ou activités persos, ou au contraire, était-il très occupé, indépendant de tes propres activités ?
A bientôt !

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tytsen

le jeudi 01 août 2013 à 13h33

Bonjour Cendre,

Yann Kerninon
C’est très simple. Il suffirait que… Il suffirait que tout le monde soit d’accord. Ce serait une histoire magnifique !

Sentir les gens heureux auprès de toi, cela ne veut pas dire qu'il sont d'accord. Juste qu'ils se sentent bien, là, à ce moment. Qu'ils sont en pleine forme, peut-être un peu grâce à toi.

Evidemment que casser cela, c'est difficile, douloureux, même. Que cela peut amener à des évènements moins gérables, discussions, disputes éventuelles, renfermements, perte des sourires.
Mais, d'un autre côté, être tout sourire, s'il est réellement dans un état de plénitude, c'est aussi la capacité pour lui d'en entendre plus, sans s'effondrer tout de suite. C'est un moment où la discussion peut démarrer sur de bonnes bases, celles où vous êtes bien ensemble, là, tous les deux.

Tous les deux !

Deux choses.
La première, c'est que cette discussion, il faut la lui proposer, tranquillement, amoureusement, comme une vraie avancée dans votre vie commune. Il ne faut pas lui imposer en traitre dans le genre "Tiens, j'ai un truc à te raconter".
La seconde, c'est qu'il n'est pas utile de replonger direct dans la problématique poly. Il aurait des peurs sous-jacentes ? Ben oui, qui n'en a pas ? Même nous... Il aurait des soucis de gestion de sa propre vie, en dehors de tes propres choix ? Ça doit être drôlement ennuyeux, une vie où on a réglé tous nos problèmes !
Tu pourrais bien commencer par cela. Parce que, il se pourrait aussi qu'il n'ose pas parler de ces autres sujets, de peur que le sujet poly revienne trop vite dans la discussion.

Apprivoiser son interlocuteur, c'est important, aussi, non ?

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Cendre

le jeudi 01 août 2013 à 14h38

Z'êtes des amours...

Deneb
Cependant, il me vient juste une petite interrogation comme ça, après réflexion : ton compagnon, avant que tu ne commences tes expériences poly, vivait-il déjà avec «  peu d’envies » personnelles (comme tu viens de nous le décrire) avec pas forcément des projets ou activités persos, ou au contraire, était-il très occupé, indépendant de tes propres activités ?

Je parle de situation aggravante juste bien à cause de cela : ni lui, ni moi n'étions très indépendant ni très occupé. Plutôt en mode routine passif, répondre aux sollicitations plutôt que organiser nous même.
Moi, c'est le polyamour qui m'en a sortie. Et j'ai encore bien des progrès à faire en la matière, mais il y a maintenant certaines choses que je désire sur lesquelles je ne rognerais plus.
Et de pas pouvoir l'entraîner avec moi sur la voix qui m'apporte tant, c'est juste écœurant.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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demeter

le jeudi 01 août 2013 à 20h26

Cendre
Et de pas pouvoir l'entraîner avec moi sur la voix qui m'apporte tant, c'est juste écœurant.

La voix qui t'apporte tant, ou la voie qui t'apporte tant ?
Je ne pense pas que quelqu'un qui ne parle pas, quelle qu'en soit la raison, puisse se construire. Quand il s'agit de construire une histoire commune, il n'est pas très bon signe de ne pas vouloir savoir. Il faut pour cela que celui qui ne parle pas agisse, s'exprime, d'une manière ou d'une autre. Le manque d'en-vie provient du non-dit, du non parlé. L'expression ne peut parfois pas aller dans les deux sens. Tu n'y es pour rien, certes. Mais je te suggère de t'y intéresser. Certaines personnes ne peuvent dire les choses, surtout quand elles s’interdisent de les dire à elle-même. Il y a des peurs que l'on préfère cacher, voire se cacher, pour ne pas sombrer tout à fait, pour se respecter soi même... Je ne te fais pas la leçon non plus... Je réfléchis tout haut.

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Cendre

le samedi 03 août 2013 à 19h49

Mes lapsus graphique sont parfois joli, merci d'avoir relevé celui-là, je pense qu'il est en effet signifiant.

Bon, ça s'arrange pas trop mon truc, mais j'ai plutôt envie de parler de moi et je vais déterrer un ancien fil à moi pour l'occasion...

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