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Je veux mais lui refuse

Jalousie
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Henriette34

le mardi 07 juillet 2020 à 14h58

Bonjour,
Je pense que j'ai toujours été tentée/ habitée par le polyamour, je pense qu'il correspond à qui je suis profondément et par conformisme ou par peur, je ne l'ai pas vécu ou pas complètement. Je suis mariée depuis 22 ans. J'ai rencontré récemment un homme avec qui j'ai envie de vivre une histoire sentimentale, intellectuelle, affective, nous nous sentons très proches l'un de l'autre. Je me suis bien interrogée, et je ne vais pas vers cet homme parce que quelque chose dysfonctionne dans mon couple, j'aime mon mari, profondément, j'aime aussi la vie qu'on a , nos trois enfants, nos projets, nos désirs, et ma vie sexuelle est épanouie avec lui, et c'est même de mieux en mieux.
Je ne voulais pas être dans le mensonge, et je lui en ai parlé.
C'était un vrai courage pour moi, car il pourrait facilement être jaloux, souffrir de la peur de l'abandon et aimerait être la source unique de mon bonheur. Je lui ai déjà expliqué que ça n'avait pas de sens, j'ai beaucoup d'ami.es qui m'apportent beaucoup, j'ai une vie professionnelle riche et je ne renonce à rien.
Il a m'a dit merci de le lui avoir dit mais depuis il dit qu'il s'est pris un coup de massue, il va mal, il a maigri de façon inquiétante, il pleure souvent.
Nous sommes allés voir un psy très bien, très fin, formé à l'école anglo-saxonne, qui n'est pas là pour nous juger. Ça a été très positif, mais je vois bien que l' idée de mon mari c'est de me faire changer d'idée
et j'ai même l'impression qu'il veut me punir. Il refuse que je puisse aimer quelqu'un d'autre, je commence à comprendre quand je l'entends parler que c'est le vocabulaire de la propriété, ça m'insupporte et ça me révolte. Je le lui dis.
Il souligne sans cesse sa douleur immense qui vient de moi. Je suis la coupable, celle qui vient tout bousculer voire tout briser.
Je ne sais pas quoi faire. Je lis beaucoup pour alimenter ma réflexion, ma construire, n'être pas brouillon, n'être pas dans la pulsion non la destruction mais dans l'explication et même la pédagogie (non ce n'est pas un gros mot)
je pense qu'il va me demander de renoncer (peut-être même sous forme de chantage à son bien-être) alors que je pensais qu'on pouvait réussir ensemble à penser et construire l'amour et notre couple autrement, parce que la communication est très développée entre nous. Je suis patiente, pour l'instant je n'ai pas revu l'homme, on s'écrit beaucoup, le lien est là mais je prévois de le voir cet été, je l'ai dit à mon mari, il a vu rouge.
La douleur de mon mari me fait mal aussi, mais si je renonce c'est à moi que je renonce, parce que ça voudrait dire que je le laisse me dicter mes désirs et je sais que cela ne peut être positif, ni constructif. Ça revient à enfermer l'autre.

Je ne sais si vous pouvez m'aider
je lis beaucoup, je veux bien des conseils
mais j'ai envie de m'écouter et construire ce qui me va

je vous remercie de m'avoir lue

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Sophie72

le mardi 07 juillet 2020 à 17h48

Bonjour
Je suis troublée par les similitudes de nos vécus. J'ignore si je peux t'apporter quelque chose mais peut-être que déjà savoir que je suis passée aussi par cette expérience te permettra de te sentir moins seule.
Mon mari est actuellement "apaisé" mais pas prêt à accepter une ouverture réelle de notre couple. Il ne se sent pas polyamoureux et déjà avoir accepté l'idée que je puisse à certains moments ressentir un état amoureux en présence d'un autre homme a été pour lui un cataclysme. Comme ton mari il a dit qu'il s'était pris un coup de massue et pour lui il y a un "avant" et un "après". C'est un deuil douloureux et profond alors même que je ne suis plus amoureuse d'un autre que lui. Ces certitudes ont sans doute volé en éclats et il doit réapprendre à vivre avec cette nouvelle réalité. Pour le moment, je sais que son deuil n'est pas achevé mais il a passé l'étape de la colère (enfin je sais que tant que le processus n'est pas achevé, les retours en arrière sont possibles et probable) . Mais je sais qu'il n'a pas fait le deuil car pour le moment, il regrette l'avant. Je crois qu'un deuil de ce genre peut prendre des années et parfois il peut ne jamais s'achever, la personne restant dans la souffrance, dans le regret du "paradis perdu". J'ai souvent de la peine. Je ne me sens plus coupable mais je regrette qu'on n'est pas pu bien avant sonder nos manières différentes de vivre l'amour et mettre les choses à plat. J'ai de la peine mais pour avoir eu un gros deuil à faire dans ma vie de femme, je sais que si on arrive au bout, on en sort affranchi et fort d'une expérience transposable à d'autres similaires. Alors, je souhaite de tout coeur qu'il y parvienne. Je ne lui ai rien promis que je ne puisse tenir et c'est ce qui me permets de cheminer à mon rythme , à ses côtés. Je lui ai dit qu'il était probable qu'un jour au l'autre j'éprouve à nouveau des sentiments pour un autre. Je sais qu'il l'a intégré. L'autre jour, je parlais d'un homme public que j'admire (qui a des valeurs qui me tiennent à coeur) et je me suis enflammée en en parlant et il m'a regardé avec un sourire en coin et m'a dit: "oui oui, doucement, hein! ".
Je crois que tu fais les choses avec bienveillance et honnêteté envers toi-même et envers lui. On ne peut avoir de boule de cristal, ce serait si simple! Mais tu traces, selon moi, les bons jalons pour avancer. :)

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bonheur

le mardi 07 juillet 2020 à 20h29

Bonjour Henriette34,

J'ai vécu une situation similaire en 2007. Ne connaissant pas le polyamour, mon autre amour m'ayant tourné le dos, dès que je lui ai annoncé mon émotion… développée en sentiment, à force de ressentis intenses… Bref. J'ai dit à cet homme que je l'aime et à celui qui partageait ma vie depuis 20 ans, d'une façon irréfléchi, donc traditionnelle :-/ . Une maison, trois enfants…

Mon chéri de vie (je n'aime plus du tout le terme "mari" qui n'a plus de sens pour moi, enfin pour nous) a aussi reçu un coup de masse. Il m'a dit avoir brisé quelque chose à l'intérieur de lui qui ne se réparera jamais. Alors, nous avons communiquer, noyés dans nos peines réciproques. Moi d'être le vilain petit canard qui provoque le malheur. Lui d'être perdu, devant faire le deuil de ses illusions perdues à jamais.

En revanche, nous avons eu une dynamique commune d'avancer ensemble. Je me suis jurée de ne plus jamais fermé mon cœur et ne plus jamais me mentir à moi-même. J'ai campé sur cette position. Comme nous nous connaissions depuis toujours (cours d'école, j'avais 5 ans, lui 8), nous avons fait la lumière sur mon enfance, mon adolescence. Le constat était en effet que j'avais souvent connu des situations d'amours plurielles. Je suis passée de l'enfant volatile, à la salope d'adolescente.

Puis, mon chéri s'est rapproché de moi sous un angle amoureux. Nous avons vécu ensemble ainsi de 1987 à 2007, dans l'enfermement de notre couple standardisé. Ma vrai nature m'a rattrapée et ce n'est qu'en 2011 que j'ai pu libéré, en apprenant le mot polyamour et son sens global. La situation de 2007 avait évolué sur une compersion naturelle de mon chéri, avec des fragilités encore, je l'admets.

Et puis, j'ai commandé le livre "vertus du polyamour" d'Yves-Alexandre Thalmann. Mon chéri de vie lit peu, mais là il a lu à ma demande. Il m'a retrouvée vraiment dans les propos de l'auteur. Ce fut une étape importante pour tous les deux. J'ai alors assumé et aujourd'hui, tout mon entourage sait. Cela m'a permis de faire un tri dans mes relations. Aujourd'hui, nous vivons heureux. Mon chéri finalement a réalisé des passions qui auparavant aurait été envahissante (car sans moi). Je participe, ou pas. Il sort de son côté (il est resté mono, par choix et volonté) entre amis. Je sors de mon côté.

J'ai actuellement un amour à distance. Nous faisons des visio et mon chéri de vie et cet homme se saluent (avec nos jeunes adultes qui vivent encore à la maison). Nous nous "envoyons" des bises par gestes et cela amuse à la maison. Aujourd'hui, le sourire a pris le pas sur les larmes et les rancoeurs.

En complément du livre précité, je me suis lancée depuis dans une insatiable découverte en matière de développement personnel, bien-être, communication…

Voici un bibliographie qui est destinée au polyamour. Elle date un peu mais je pense qu'elle est à peu près complète.
/discussion/-bRf-/-Livre-elaboration-d-une-Bibliog...

Personnellement, je préconise :
/discussion/-bRf-/-Livre-elaboration-d-une-Bibliog...#msg-96771

Si ton mari est pragmatique, tu peux lui faire lire le livre de Jacques Attali (amours) qui explique sa vision de l'avenir.

Bravo en tout cas, pour votre démarche d'avancer ensemble. Heureuse que vous ayez trouver un bon professionnel pour vous accompagner (+) :-D

Aimez-vous <3

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Henriette34

le mercredi 08 juillet 2020 à 06h17

Bonjour à toutes les deux,
Merci beaucoup pour vos réponses, elles sont un grand soutien. Votre ton sincère et bienveillant m'accompagnera longtemps et me donnera confiance : ne pas renoncer à qui je suis, à ce que je sens en moi qui vibre.
Je trouve seulement qu'en ce moment, nous ne sommes pas ensemble pour les vacances, il s'enferme, il refuse le dialogue, s'impose un silence que lui-même ne supporte pas, pour, dit-il, que je comprenne (mais qu'y a-t-il à comprendre que je n'ai déjà compris ?). J'ai l'impression que c'est de l'ordre de la punition, ou bien l'expression de sa volonté d'agir sur mon cerveau, de me programmer dans le bon sens, le sien, etc. Il reste bloqué dans des hiérarchie, un amour de plus de vingts ans vaut plus qu'une rencontre de trois mois...
Merci pur ce que vous dites du concept du "paradis perdu", de l'idéalisation d'un passé, je crois ben qu'il va dans cette direction, et c'est pour moi complètement faux, un couple est en mouvement, mobile parce que vivant, donc cette notion d'un avant idyllique n'a pas de sens ici, et sûrement pas pour moi, parce que je vois trop actuellement les arrangements subis (que je me suis imposés) pour rentrer dans la case du couple monogame et incidemment lui faire plaisir ou le calmer.
Je pense aussi que ce qui est difficile à admettre pour lui, ce sont les paradoxes, les grands principes confrontés à l'expérience. Le premier c'est la transparence, il était le premier à dire non au mensonge, mais quand j'ai parlé sincèrement, il m'en a voulu; le deuxième est la vision qu'il a de lui en homme ouvert, cool, qui refuse de juger et là, il le fait beaucoup: j'agis ni'mporte comment, le 2e homme que j'aime a 20 ans de plus que moi, il n'a pu résister à des propos âgiste – j'ai trouvé ça violent. J'ai demandé du respect mais très vite, il lance que moi je ne le respecte pas en agissant ainsi. Donc, il se voit moins cool, moins ouvert qu'il n'est en réalité, et beaucoup plus conformiste qu'il ne se croit. C'est une épreuve cruelle.
Bref, c'est compliqué mais au fond de moi je suis apaisée parce que j'ai trouvé un chemin vers moi; moi aussi, comme vous le dites, Bonheur, j'ai pu identifier que j'étais dans le polyamour depuis très très longtemps, que c'est ma manière d'être dans le monde, et pour l'homme avec qui le vis j'ai accepté sans doute trop facilement les règles d'une vision étriquée qui ne m'a jamais convenu. J'aurais dû être plus éclairée et voir immédiatement que la ligne fidélité du mariage ne collerait pas avec qui j'étais, j'avais 25 ans, j'ai sans doute voulu croire que c'était beau ou des conneries comme ça, et je ne l'ai jamais mentionné par peur du jugement, peur de ne pas être dans les clous. Je le fais maintenant, c'est même ce que j'ai dit chez le psy "je viens modifier notre contrat de mariage, sur l'article fidélité"
L'autre difficulté, c'est que cet homme est fusionnel, il s'est construit dans l'unicité de l'amour, il a très peu d'amis parce que tout tourne autour de moi, de nous, des enfants, de notre maison, là aussi nous sommes très différents, j'ai des appuis, du monde autour de moi, lui, moins.
Encore merci pour vos témoignages, vos récits de vie qui sont beaux et puissants, qui portent en eux beaucoup d'espoir vers une construction au long terme,
je vais lire, merci pour ces conseils précieux,
je reviendrai vers vous, j'en suis sûre
et quoi qu'il advienne, je ne veux plus regretter, plus m'orienter dans une direction qui ne correspond pas à ce que je ressens profondément, je ne veux plus taire mon coeur

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Lenah

le mercredi 08 juillet 2020 à 08h20

Bonjour,
Tu veux changer le contrat monogame de ta relation, tu veux le faire dans l'honnêteté et c'est tout à ton honneur, mais tu ne peux pas le faire sans le consentement de ton mari ou alors ce n'est pas du polyamour.
Soit tu réussis à le convaincre quitte à ce que cela prenne du temps, soit vous vous séparez pour que tu puisses vivre en accord avec le polyamour.
Je précise que je ne suis pas dans une relation non exclusive pour le moment, même si la question s'est posée, mais cela arrivera peut-être. Cela arrivera d'autant plus que mon compagnon ne me force à rien et vice-versa.
En revanche, le sujet m'intéresse et j'ai beaucoup lu à ce propos. J'ai aussi rencontré des polyamoureux dans des cafés polys. Et j'ai vu beaucoup de situation le polyamour consenti sur le papier devenait en fait une relation où l'un aller voir ailleurs et l'autre souffrait. Ça m'a fait un peu réfléchir. Ça va à l'encontre de toute la philosophie de ce mode de relation.

Récemment, j'en parlais avec une amie, elle était très remontée sur le sujet parce qu'elle avait vécu avec un homme qui l'avait forcé à être polyamoureuse au bout de quelques mois ( alors qu'ils avaient commencé sur un mode monogame) et que ça avait été des années de souffrance. Elle s'était senti " violentée" sans vraiment pouvoir réagir à cause de son attachement.

Je pense que c'est plus compliqué de changer une relation qui a démarré sur l'exclusivité, parce que l'autre finit parfois par accepter, non par choix ou liberté, mais pas attachement et pour ne pas perdre son partenaire. Or tout le monde ne peut pas être polyamoureux. Françoise Simpère le disait encore dans le dernier podcast que j'ai écouté, tout le monde n'est pas capable de supporter que son conjoint ait une relation. Toi-même, cela te semble peut-être facile car pour le moment c'est toi qui a envie d'aller voir ailleurs,mais tu verrais peut-être les choses différemment si la personne dont tu es amoureuse allait voir elle-même ailleurs.
Je sais que certaines personnes sont arrivé es au polyamour sur ce forum en passant un peu en force, mais je crois qu'il faut faire très attention. Il m'est arrivé par le passé qu'un de mes amours précédents m'impose quelque chose car il savait que j'étais trop amoureuse pour le quitter, et j'ai vu que le pas vers la maltraitance, quand on est dépendant de l'autre, est vite franchi. Aujourd'hui, j'ai bâti une relation où je suis beaucoup plus autonome et c'est pour cela que je peux envisager le polyamour plus sereinement, car je serais capable de partir cela ne me convenait pas. C'est juste que nous n'en avons pas envie pour le moment.

Parfois, pour ne pas maltraiter l'autre, il vaut mieux quitter. J'ai le sentiment que le polyamour est beaucoup plus facile à vivre lorsque que la relation ne commence pas par la monogamie. Il faudrait pouvoir se poser la question dès le départ. J'espère que ton mari finira par être curieux d'explorer ce nouveau monde, y compris pour lui-même.
Je ne sais pas comment fonctionne votre relation, mais peut-être pouvez-vous commencer pas prendre quelques libertés : sortir sans l'autre, partir en vacances sans l'autre, ne pas toujours tout faire ensemble. c'est ce que nous faisons mon copain et moi depuis le départ car nous ne vivons pas au même endroit, et cela renforce la confiance en la solidité de la relation. Cela peut peut-être donner aussi envie à ton mari de rencontrer quelqu'un. Si vous commencez doucement, si ce n'est pas à sens unique, si vous mettez entre parenthèses la question de l'exclusivité sexuelle pour le moment - souvent la question qui fâche-, les choses se passeront peut-être mieux.
Je te souhaite beaucoup de courage et de persévérance...

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Lenah

le mercredi 08 juillet 2020 à 08h28

Désolée, je n'avais pas lu attentivement ton dernier message. Je vois que l'absence d'autonomie de ton compagnon va sans doute compliquer la chose. Je voulais ajouter quelque chose. Si le polyamour était uniquement "être capable d'aller voir ailleurs", je pense que 99 % des monogames en seraient capable. Je suis tout à fait capable d'avoir plusieurs relations en même temps. La difficulté, c'est en fonction du type d'attachement que tu as construit depuis ton enfance, avec tes blessures, tes croyances etc, vivre sereinement que la personne dont tu amoureux aille voir ailleurs. Et sur ce plan-là, nous sommes pas à égalité. Pour certaines personnes, c'est impossible, car cela cause trop de souffrance malgré un travail sur elles-mêmes. Pour d'autres en revanche c'est un travail, mais ce n'est pas une souffrance insupportable. C'est ce que j'ai lu et que m'ont raconté des polyamoureux.ses.

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Henriette34

le mercredi 08 juillet 2020 à 08h57

Bonjour Lenah,
Merci de ta longue réponse.
Je te rejoins sur de nombreux points, je suis en vacances seule en ce moment, et ça fait longtemps que je le fais, depuis même le début de notre relation mais il n'y a jamais eu de réciproque, l'homme avec qui je vis ne part jamais en vacances seul, il tient à ce que je sois là, même pas seul avec nos enfants, ce que j'ai longtemps et souvent proposé.
Donc ces vacances me permettent de réfléchir, et j'en suis venue à la même conclusion que toi, si nous devons nous séparer, j'accepterai avec tristesse parce que c'est un homme que je trouve formidable mais sans colère parce que je sais très bien que je ne peux rester en imposant le polyamour, ça n'a aucun sens, et ça n'a pas non plus de sens que je renonce à qui je suis (et en relisant ma vie, je vois très ben que je suis dans des relations poly depuis près longtemps, sans sexe mais amoureuse oui).
Je pense qu'il attend que je renonce par amour pour lui, je ne le ferai pas, non pour l'autre homme que j'ai rencontré, mais pour moi, car renoncer c'est dire non à l'expression de mon désir ce qui va beaucoup plus loin qu'un homme, c'est aussi le désir de vivre parfois des moments seule (comme tu le dis), et même ça, ça lui semble suspect (mais qu'est-ce que tu vas faire ?).
Je prends mon temps, je réfléchis, je lis, je mets des mots et c'est important et riche pour moi.
Je suis entièrement d'accord avec le fait que j'aurais dû aborder cette question bien avant, dès le début même, et je me suis laissé porter comme beaucoup par l'implicite. J'essaierai de mieux accompagner mes enfants si c'est possible en montrant que l'amour se parle, pas seulement la sexualité, mais aussi la place de l'autre dans notre vie, la vie qu'on envisage etc. être clair sur l'attachement, l'exclusivité
J'ai lu l'article de Pierre Zaoui dans la revue le liseur sur le couple, et il dit des choses très justes qui m'ont parlé.
Je continue à cheminer, bien sûr, j'aimerais que tu dises vrai, qu'il puisse lui aussi avoir d'autres histoires sentimentales, mais on en est très loin.
Quant à envisager que celui/ ceux que j'aime aient eux-mêmes d'autres amoureux.ses, ça ne me pose aucun problème, d'ailleurs l'homme que j'ai rencontré est dans le polyamour, il a une compagne avec qui il partage une grande partie de sa vie, ça ne me gêne pas, ça ne me blesse pas, donc je suis assez claire sur ce point avec moi-même, je pense.
Merci pour tout ce que vous me donnez à réfléchir et votre soutien

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Mark

le mercredi 08 juillet 2020 à 09h47

@Lenah merci pour ton post que je trouve d'un ton très juste.

Henriette34
Quant à envisager que celui/ ceux que j'aime aient eux-mêmes d'autres amoureux.ses, ça ne me pose aucun problème, d'ailleurs l'homme que j'ai rencontré est dans le polyamour, il a une compagne avec qui il partage une grande partie de sa vie, ça ne me gêne pas, ça ne me blesse pas, donc je suis assez claire sur ce point avec moi-même, je pense.

@Henriette34 C'est raccord pour moi avec ce qu'en dit @Lenah et ce que j'ai constaté également dans mes relations.
La pluralité d'un.e partenaire qui est intégrée dès le départ dans une relation naissante, rend les choses beaucoup plus fluide. L'imposer est souvent une bombe à retardement, mais on ne choisit pas ses ressentis et besoins.

Il est peu fréquent qu'une personne s'ouvre a son/sa partenaire dès les premiers questionnements. Le plus souvent, la discussion est entamée une fois le cheminement fait et que les questions (demandes) se font concrètes. Il suffit de se référer aux nombreuses discussions qui évoquent ce sujet. La relation se retrouve de fait dans un décalage temporel, ou l'un.e est prêt.e, et l'autre le prend comme un coup de massue.

Il faut beaucoup de temps, d'écoute, de dialogue et patience pour, parfois, arriver à créer une nouvelle harmonie et construction de la relation. Encore une fois, je trouve ce que souligne @Lenah très pertinent, et malheureusement trop souvent ignoré et verbalisé.

Je te souhaite avant tout de pouvoir vivre en harmonie avec toi même, ce qui semble être la direction que tu prends. (et qui implique parfois des choix difficiles et douloureux, autant pour la personne qui les prend que pour le/la partenaire)

edit: d'ailleurs, c'est aussi un point qui n'est que trop rarement pris en compte: La souffrance de la personne qui cherche sa place, sa voie, à être en phase avec ses besoins. Celle ci est tout autant légitime que celle pour qui les repères sont bousculés.

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

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Henriette34

le mercredi 08 juillet 2020 à 11h06

@Mark merci pour ton regard, pour ta sensibilité et l'accueil de mon histoire.
Je suis d'accord avec la bombe à retardement et c'est exactement ce que je veux éviter. Pas de ruines, pas de saccage.
Je chemine doucement, mais je vois que progressivement j'accepte l'idée de la séparation et de tout ce qu'elle implique, parce que si je reste, si je dois renoncer, c'est une rustine, je le sais au fond de moi.
Quant à la douleur de celui qui se cherche, je te confirme qu'elle ne sera pas prise en compte dans mon histoire. Il n'a à l'esprit que sa douleur, sa souffrance et le mythe du paradis perdu en dit long, quand c'est moi qui incarne Eve.
Je pense tellement que ce qui est très douloureux est la blessure narcissique subie, je ne la néglige pas, je sais qu'elle existe, mais je pense aussi qu'on peut bouger. je suis fille de psy et me faire aider, penser que rien n'est figé est une belle promesse qu'on se fait, or je sens que pour lui c'est plus compliqué, je l'accepte, mais il montre un visage celui que je n'aime pas. Il est cassant, mordant, agressif. Il tient des propos sexistes, misogynes (et la salope n'est pas dite, on essaie de fixer des règles dans la dispute et celle des mots employés est essentielle, mais on n'en est pas loin), je me dis que c'est la souffrance qui s'exprime, qu'il ne le pense pas, que ça le dépasse mais je ne peux croire ensuite à son amour inconditionnel. Parce que ça n'est pas la définition que je donne à l'amour.
Je n'irai pas contre lui, quel intérêt ? Je sais que je ne peux le changer, c'est lui qui peut oeuvrer, réfléchir, déconstruire, faire bouger les lignes.
Ce qui est intéressant dans cette histoire, c'est que ça me permet de poser ce que je pense de la liberté au sein du couple, je suis écrivain, et il a souvent été question de mon écriture qui prenait trop de place... et aujourd'hui, je me dis on y était déjà (même sujet), et je m'arrangeais en me levant à 4h du matin, pour ne pas trop déranger, être invisible... j'appartiens à une famille très conformiste (aucun divorce sur plusieurs décennies, sanctuaristaion du mariage et des anniversaires de mariage), la femme est au service de l'homme, se fait discrète, ne pas trop gênée et l'homme conquiert le territoire. Ça me fait mal de me dire que je ne me suis pas mieux défendue, que je n'ai pas su mettre les bonnes règles ou les bonnes listes, mais il n'est pas trop tard, et j'ai déjà oeuvré,je suis parfaitement indépendante financièrement, je gagne même beaucoup plus d'argent que lui, donc notre mode de vie dépend en partie de moi (est-ce que ça aussi ça lui ferait peur ? perdre son aisance sociale et financière ?)
Après d'âpres négociations, plusieurs séances chez des psys en couple et en solo, j'ai tenu bon sur l'écriture, j'ai publié, aujourd'hui j'envisage de laisser à l'écriture la plus grande part de ma vie, il le sait mais c'est compliqué pour lui, notamment l'aspect public, rencontres avec les lecteurs.trices etc. je lui échappe.
alors le polyamour s'inscrit assez facilement pour moi dans ma trajectoire, mais pas pour lui, je le comprends, encore une fois ne forcerai rien. Je veux juste être respectueuse de moi-même, vivre ma féminité en conscience loin des fantômes et des ombres portées de toutes les femmes qui m'ont précédée (ma grand-mère en tête, pas de compte en banque, pas de permis de conduire, bref je viens de loin)
Merci pour vos regards constructifs, qui alimentent mon moulin intérieur,

en aparté
Je suis preneuse aussi de fictions, car pour l'instant ce que je connais (comme beaucoup) c'est la liaison justifiée par un couple qui dysfonctionne, on donne raison à celui/ celle qui va voir ailleurs parce que le mariage est toxique, enfermant, stérile, etc. mais connaissez-vous des romans (pas trop mièvres) qui parleraient de relations multiples et riches, on n'aime pas moins, on aime deux différemment et chacun dans sa singularité...oui, je suis preneuse
Belle journée à vous

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Lenah

le mercredi 08 juillet 2020 à 20h57

Henriette34

en aparté
Je suis preneuse aussi de fictions, car pour l'instant ce que je connais (comme beaucoup) c'est la liaison justifiée par un couple qui dysfonctionne, on donne raison à celui/ celle qui va voir ailleurs parce que le mariage est toxique, enfermant, stérile, etc. mais connaissez-vous des romans (pas trop mièvres) qui parleraient de relations multiples et riches, on n'aime pas moins, on aime deux différemment et chacun dans sa singularité...oui, je suis preneuse
Belle journée à vous

Bonsoir, ce n'est pas à proprement parler un roman sur le polyamour, mais c'est un roman magnifique et sensuel sur l'épanouissement d'une femme et qui parle de fait, de polyamour : l" Lart de la joie " de Goliarda Sapienza. Un chef-d'œuvre méconnu de la littérature italienne.

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

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Orwel

le jeudi 09 juillet 2020 à 19h52

Si tu aimes la fantasy, le Anita Blake sont intéressants. Il faut plusieurs tomes pour arriver à une relation poly, mais c'est justement intéressant de voir l'évolution de la pensée du personnage

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Henriette34

le jeudi 09 juillet 2020 à 22h19

Merci @Orwel, merci @Lenah pour les lectures proposées, je prends, je connais Goliarda Sapienza, très belle plume, j'avais commencé puis arrêté faute de temps, mais je vais reprendre avec cette nouvelle intention
Quant à la fantasy, ce n'est pas trop mon truc, chasseuse de vampires, je ne suis pas sûre d'aimer, mais je peux malgré tout regarder, ça ne coûte pas grand-chose :-)
Merci de votre sollicitude, dénoter côté, nous avançons doucement et l'homme avec qui je vis a demandé à ce qu'on mette sur pause pour l'instant le dossier poly, pour se retrouver, pour sentir notre intimité, je n'ai rien contre le rassurer au contraire, car là il souffre, il a entrepris d'aller voir un psy-sexologue pour travailler cette question et plein d'autres, car dès qu'on touche la peur de l'abandon, le désir d'exclusivité, l'envie d'être la source unique du bonheur de l'autre on touche en fait à beaucoup de choses en nous, dans notre construction intime, à notre vision du couple et de l'amour, c'est profond et en arborescence.
J'ai envie de confiance, nous reprendrons nos discussions, je sais que ce n'est pas du déni,
mais j'ai lu dans beaucoup de témoignages qu'il fallait du temps et je l'accepte sans problème
une odyssée ;-)

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

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alinea7

le samedi 18 juillet 2020 à 16h38

Bonjour @Henriette34.
Je suis admirative de ton autonomie de pensée et de la franchise avec laquelle tu as abordé la question du polyamour avec ton partenaire. J'aurais souhaité découvrir le féminisme bien plus tôt et asseoir ma vie sur mon propre développement personnel et professionnel. Il est plus facile de trouver un équilibre autour de soi que dans une relation amoureuse, ce à quoi nous sommes conditionnées en tant que femmes. Ton conjoint semble aborder cet aspect sur le tard comme moi, c'est dommage car il me semble qu'il faut du temps avant que cette exploration de soi porte ses fruits.

J'ai noté deux critiques qui m'ont semblé dures envers ton conjoint. Et je voudrais les relever dans l'espoir que ça puisse améliorer ton image de lui et de ses réactions.

Henriette34
il était le premier à dire non au mensonge, mais quand j'ai parlé sincèrement, il m'en a voulu

D'avoir parlé ou de souhaiter la non exclusivité ?
J'ai du mal à imaginer qu'il aurait préféré que tu le trompes.

Henriette34
Donc, il se voit moins cool, moins ouvert qu'il n'est en réalité, et beaucoup plus conformiste qu'il ne se croit. C'est une épreuve cruelle.

Est-ce que c'est ce qu'il t'a dit ?
Est-ce que ce serait possible que ce soit toi qui le voies comme ça ?
Si je dis ça c'est qu'en réalité, il pourrait être très ouvert à ce qu'une connaissance développe un amour avec cet écart d'âge. Et que ces critiques étaient peut-être juste une tentative improvisée, facile et certes normée d'atteindre l'image que tu pourrais te faire de la relation que tu te proposes de développer et qui le blesse.

Tu sembles aussi reprocher des comportements oppressants pour toi par le passé. Je crois que l'équilibre d'une relation a des fragilités et que les deux partenaires s'adaptent spontanément ou pas pour que la relation se poursuive le plus fluidement possible. Il est compréhensible de souhaiter changer un équilibre qui ne convient plus. Il est utile pour notre compréhension de nous donner un historique sur la problématique entre ton besoin d'espace et son besoin de fusion donc je le prends comme tel. J'espère en revanche que vous n'en êtes pas à compter les points. Je ne crois pas que ce soit bénéfique pour la relation, même si effectivement dès le départ il semble qu'il était plus fusionnel que toi et que vous ayez déjà eu à travailler sur cet aspect. Simplement il est difficile de sentir ce que coûte un effort à notre partenaire si réciproquement ça ne nous coûterait pas.

Par ailleurs on te lit très bien, je ne crois pas qu'il soit utile de clarifier ton propos entre parenthèses. C'est une pratique d'écrivain ? ^^

Aussi, je n'appelle pas de réponse parce que c'est sûrement trop personnel mais, pour connaître des enfants de psys, c'est loin d'être une garantie d'équilibre psychique. En fait j'avais même jusqu'ici pensé que ça confirmait plutôt l'adage "les cordonniers sont les plus mal chaussés". Clairement ce n'est pas ton cas et je suis donc curieuse de la façon dont s'y sont pris tes parents pour arriver à transformer leur formation professionnelle en pratique éducative. Ils ont dû s'intéresser de près à plusieurs gros mots dont pédagogie. :-)

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

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Minora

le dimanche 19 juillet 2020 à 00h43

Bonjour Henriette34.

Je me permet d'intervenir pour répondre à Alinea7 sur son questionnement sur les enfants de psy.
Mon père était psy, pour enfant et je n'ai pas l'impression d'avoir eu un développement plus problématique ni névrotique qu'une autre ;)
Je crois que comme pour toutes les professions la personnalité joue, la personnalité et la capacité à scinder vie privée et professionnelle. Si le psy se comporte simplement comme un parent, il n'aura ni plus ni moins de difficulté à élever sainement ses enfants que n'importe quel autre parent (enfin il me semble).

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Henriette34

le dimanche 19 juillet 2020 à 06h40

@Minora, je pense comme toi, pas de généralité.
@alinea7 je n'ai pas d'avis préconçu sur les enfants de psy, j'ai fait ce que j'ai pu comme j'ai pu. Etre parents est un parcours compliqué, il l'est aussi pour les psys.
Merci de ta lecture de mon histoire.
Je ne sais pas trop quoi répondre à tes questions.
Par rapport à la volonté de transparence, ce que je voulais dire, c'est que je n'ai pas vraiment vu les bénéfices d'une parole sincère, sinon que je me suis sentie allégée. Je n'ai plus de culpabilité. Mais le fait de dire, d'exposer une situation n'a rien apaisé en lui. Je ne change pas d'vis pour autant, ej ne veux pas du mensonge.
Il refuse le partage notamment intime et sexuel, ce que je comprends, mais ce que je ne veux pas vivre. C'est donc compliqué de trouver un chemin. Je n'ai pas envie de croire qu'on est bloqués mais ça y ressemble.
J'ai lu d'autres témoignages qui ressemblent à ma situation, Colvert par exemple. La notion de temps semble essentielle.
J'accepte l'idée du temps, l'aide par un tiers semble être aussi une voie constructive pour chacun de nous deux.
Quant à l'historique de nos relations, c'est sans doute trop long.
je donne un exemple. J'aime la solitude choisie pendant les vacances par exemple et c'est quelque chose de difficile à admettre pour l'homme avec qui je vis, qui n'a pas le même besoin. Et mon tort, c'est que je n'ose pas toujours en discuter, le demander et encore moins l'imposer, j'anticipe les discussions sans fin, ses mots durs qui montrent ses peurs, sa façon de me culpabiliser. Ça ne veut pas dire que je ne pars pas en vacances mais je pars ou suis partie avec les enfants, avec des ami.e.s, avec lui bien sûr mais pas seule, ce que je faisais très facilement avant de le rencontrer. J'ai mis 15 ans à en parler avec lui sans crainte et en me sentant légitime et finalement le faire, quatre jours. Je m'en veux facilement d'avoir autant attendu, je me trouve faible, c'est un combat, un parcours pour aller vers soi c'est ce que je me dis et voudrais vivre. C'est un chemin qui pour moi s'accorde à exprimer mes désirs profonds de femme et d'écrivain, mais je suis heureuse de le faire, d'une certaine manière je me dis que je me le dois pour être bien.
Belle journée à vous

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alinea7

le lundi 20 juillet 2020 à 23h13

Henriette34
@Minora, je pense comme toi, pas de généralité.
@alinea7 je n'ai pas d'avis préconçu sur les enfants de psy, j'ai fait ce que j'ai pu comme j'ai pu. Etre parents est un parcours compliqué, il l'est aussi pour les psys.

Oui bien sûr c'est le problème d'avoir un petit échantillon non représentatif, je m'en rends bien compte et je suis désolée si l'expérience que j'en ai eu jusqu'ici et la généralisation que j'en ai faite a pu être blessante.
De votre côté est-ce que vous diriez qu'avoir des parents psys donne des clés pour la gestion des relations ?
Car j'ai l'impression que quelque part cette information joue dans la relation entre toi Henriette34 et ton conjoint. A moins que j'aie simplement mal compris et que tu aies juste voulu souligner qu'en tant que fille de psy tu étais parfaitement ouverte à l'idée de consulter et que tu ne limitais pas cette activité aux malades mentaux. (+)

Henriette34
Merci de ta lecture de mon histoire.
Je ne sais pas trop quoi répondre à tes questions.
Par rapport à la volonté de transparence, ce que je voulais dire, c'est que je n'ai pas vraiment vu les bénéfices d'une parole sincère, sinon que je me suis sentie allégée. Je n'ai plus de culpabilité. Mais le fait de dire, d'exposer une situation n'a rien apaisé en lui. Je ne change pas d'vis pour autant, ej ne veux pas du mensonge.

Et je suis presque sûre que lui non plus.
Je suis aussi d'avis que l'honnêteté est difficile à court terme mais la seule voie à long terme.
Je pense que l'évolution vers le polyamour n'est pas forcément quelque chose de binaire. J'ai envie de redonner ici les mêmes informations que sur un autre post donc je mets le lien ici.

Henriette34
je donne un exemple. J'aime la solitude choisie pendant les vacances par exemple et c'est quelque chose de difficile à admettre pour l'homme avec qui je vis, qui n'a pas le même besoin.

Ton exemple me parle car j'ai pu avoir ce type de comportement. Je pense qu'on est conditionné à imaginer l'activité idéale comme étant celle qu'on passe avec "sa moitié". Rien que le terme, c'est pas rien.
En bout de ligne je pense qu'on se perd en chemin et que l'angoisse de perdre l'autre s'il est libre est tellement forte qu'on est prêt à renoncer à une activité qui nous faisait du bien avant d'être en couple (et continuerait à le faire si on s'y autorisait !) pour avoir la sécurité totale de ne pas perdre l'être cher.
Et quelque part je pense que cette insécurité naît quelque part, soit de par l'histoire de la personne ou au fil de la relation. A un moment naît le doute puis il se transforme en conviction puis en pathologie. D'un autre côté, certains vivent toute une vie comme ça, tant que les deux ont envie de vivre la même chose...

Je vous souhaite un développement positif pour tous les deux quoi qu'il en soit.

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Henriette34

le mardi 21 juillet 2020 à 07h42

Alinea7
avoir la sécurité totale de ne pas perdre l'être cher

me semble une illusion, héritée peut-être des contes de fées.
Il n'y a pas de sécurité totale, dans aucun domaine d'ailleurs, il y a juste le risque de la vie.
@Alinéa7 ta sollicitude me touche.
Me concernant, et chaque parcours est différente et singulier, la possibilité d'exprimer le polyamour, revient à exprimer mon désir plus largement que dans l'amour et ça m'a permis de relire rétrospectivement des moments de la construction de notre couple. C'est peut-être un peu stérile parce qu'il s'agit d'avancer, et que je ne peux agir sur ce qui s'est déjà passé, mais ça me permet de voir combien j'ai parfois eu peur, combien de fois j'ai voulu esquiver une discussion qui s'annonçait houleuse. J'aimerais aujourd'hui avoir moins peur du conflit en me disant qu'il peut aussi être une étape de la compréhension de l'autre. Ce que je veux dire, c'est que je veux prendre soin de moi autant que je prends soin des autres, cette équation-là n'a pas été toujours respectée loin s'en faut, c'était les autres avant moi.
Je suis aussi consciente que je change la donne, que ça peut être vu comme un changement brutal pour lui, et je suis patiente mais la patience ne veut pas dire le renoncement, et parfois j'ai l'impression que c'est ce qu'il pense.
"Ça va lui passer et elle redeviendra comme avant", et bien non

Alinea7
A moins que j'aie simplement mal compris et que tu aies juste voulu souligner qu'en tant que fille de psy tu étais parfaitement ouverte à l'idée de consulter et que tu ne limitais pas cette activité aux malades mentaux.

Oui, je pense que c'est plutôt ça. Ma mère soignait des enfants, j'en connaissais certains, je voyais qu'ils allaient mieux tout en étant avant les consultations pas non plus complètement inadaptés. Ça m'a donné confiance dans l'aide qu'on va chercher, je n'ai jamais eu de problème à solliciter l'aide, pas non plus de scepticisme gratuit sur la qualité de l'aide dispensée, pas non plus de procès d'intention. La psy fait partie de ma vie, j'en lis beaucoup, ça me passionne, la compréhension de nos émotions, des relations qui se tissent et détissent, les schémas familiaux, les répétitions à l'oeuvre, etc. j'aborde ça avec tendresse et bienveillance, parce que j'aime les gens ;-)
Quant à savoir si les enfants de psy etc., pareil pour les enfants de profs, de médecin, d'ouvrier etc. est-ce qu'ils développent des qualités particulières liées au métier de papa ou maman, parfois oui, parfois non, il n'y a pas de règle et se dire aussi que c'est un métier, qu'il y a donc des horaires, ma mère n'était pas psy à la maison, elle était juste une personne avec ses problèmes, ses failles, ses fragilités, ses peurs et ses envies, oui une personne, comme l'est un.e prof, un.e médecin, un.e ouvrier.ère, un infirmier.ère et on peu allonger la liste à l'envi,
donc par rapport à l'homme avec qui je vis ou à mes enfants, ce lien privilégié à la psy fait que je n'ai pas de problème à leur conseiller d'y aller, ou pas de problème à savoir qu'ils y vont, pas de jugement, pas de crainte (mais il est fou, mais tu n'as pas besoin tu es capable de le gérer tout seul, c'est du fric foutu en l'air etc.) et à mon avis ça aide familièrement, personne n' a peur de dire qu'il est suivi.
Pour voir un visage à peu près normal de la vie d'une psy, je conseillerais la série Wanderlust sur Netflix, Toni Collette est très pertinente et m'a semblé très crédible dans ce rôle, gestion des patients, des enfants, du conjoint. Franchement elle n'a pas plus de problèmes, elle a une vie ce qui implique qu'il y ait des problèmes ahahah ;-)
Bonne journée

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bidibidibidi

le mardi 21 juillet 2020 à 13h32

Henriette34
Me concernant, et chaque parcours est différente et singulier, la possibilité d'exprimer le polyamour, revient à exprimer mon désir plus largement que dans l'amour et ça m'a permis de relire rétrospectivement des moments de la construction de notre couple. C'est peut-être un peu stérile parce qu'il s'agit d'avancer, et que je ne peux agir sur ce qui s'est déjà passé, mais ça me permet de voir combien j'ai parfois eu peur, combien de fois j'ai voulu esquiver une discussion qui s'annonçait houleuse. J'aimerais aujourd'hui avoir moins peur du conflit en me disant qu'il peut aussi être une étape de la compréhension de l'autre.

Ces mots me parlent. Pour moi, être accepté par l'autre est une condition sine qua non d'une relation à deux. Et cette peur du conflit est, au final, plus une difficulté à s'assumer, à oser dire ce qu'on est, à dépasser tout possible jugement.
Fondamentalement, il n'est pas censé y avoir de conflit autour de l'expression de tes désirs, besoins, envies. Personne ne peut ni n'a le droit de t'expliquer ce que tu veux, ce que tu es.
C'est la réalisation de nos désirs, besoins et envies qui sont négociables. C'est peut-être d'ailleurs la clé de la discussion avec ton mari, lui expliquer que ce sont tes désirs, et que tu les exauceras. Et que la question qui reste ouverte c'est comment, et que cette question, tu veux y répondre avec lui...

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Henriette34

le mardi 21 juillet 2020 à 14h23

bidibidibidi
C'est peut-être d'ailleurs la clé de la discussion avec ton mari, lui expliquer que ce sont tes désirs, et que tu les exauceras. Et que la question qui reste ouverte c'est comment, et que cette question, tu veux y répondre avec lui...

Merci pour cette formulation éclairante et bienveillante, c'est effectivement un bon point de départ

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