Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Réactions à l'article

Le problème avec la polynormativité

#
Profil

alps

le jeudi 23 mai 2013 à 00h18

Militer pour faire quoi ?

je suis synesthete. Je me vois mal militer pour la synesthesie. Ceci meme si les gens vous prenne pour un fou si vous leur expliquez.
Je me vois mal expliquer à mon patron qu'à chaque fois qu'il vient vers moi, meme si je suis dos je sais que c'est toi parce que je vois telle couleur. etc...Ca n'a aucun interet professionnel.
Et surtout je ne vois aucune raison de me plaindre de discrimination parce que tout le monde dans ma famille n'apprécie guère ce genre de différences etc...

Evoquer le polyamour par le biais des discriminations vous fait perdre tout crédit.

Je pense sicncèrement que vous vous montez un peu la tete. Ok se découvrir polyamoureux peut couter emotionnellement à l'individu qui se découvre. Ensuite l'expliquer et le faire comprendre à la famille peut se passer plus ou moins bien. Mais au delà de ca. Tout le monde s'en fout.

Laissez le terme discrimination aux vraies discriiminations que subissent encore les homosexuels, les gros, les noirs, les arabes.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

Apsophos

le jeudi 23 mai 2013 à 00h35

Je dirais bien qu'il n'y a pas besoin d'être victime de discrimination pour avoir le droit de militer pour une meilleure reconnaissance d'un élément de sa vie, mais je voulais prendre l'exemple des rôlistes, et il se trouve que je connais un rôliste qui a été discriminé pour sa pratique du JdR donc mon argument fumeux tombe à l'eau. (bon, d'accord, c'était pas à l'embauche, seulement pour une bourse au mérite universitaire ou un truc comme ça)

... et j'édite mon message pour ajouter que si on peut être victime de discrimination pour la pratique d'un "loisir", ça serait affreusement étonnant qu'il en soit de même pour un rejet d'une norme fondatrice de notre société.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

alps

le jeudi 23 mai 2013 à 00h43

Apsophos
... et j'édite mon message pour ajouter que si on peut être victime de discrimination pour la pratique d'un "loisir", ça serait affreusement étonnant qu'il en soit de même pour un rejet d'une norme fondatrice de notre société.

Message modifié par son auteur il y a quelques instants.

Je vais finir par réellement me poser la question de savoir si le polyamour est une contre culture.

Mais bon je manque peut etre de tolerance aujourd'hui. Militez militez pour faire ce que vous pouvez déjà faire.

Je vais etre honnete et direct. Je pense que le polyamour est devenu une idéologie plus qu'une pratique. Et cette idéologie a vocation à réformer la société civile. Il y a bien une visée politique.

Ce qui est interesssant dans l'article, mais pas assez clair. C'est la volonté tout de meme de ne pas en faire un mouvement idéologique.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

Apsophos

le jeudi 23 mai 2013 à 02h33

"Devenu" ?

#
Profil

juby

le jeudi 23 mai 2013 à 02h43

alps, vraiment, je suis une outsider, mais ta manie de penser que tu comprends tous les polyamoureux tellement mieux qu'eux-mêmes, et de nous apposer des idées communes et uniques, ça me fait vraiment chier.
Fallait que j'en parle, désolée.
Cela dit, l'article est très intéressant, merci :)

#
Profil

bouquetfleuri

le jeudi 23 mai 2013 à 07h27

En fait, juby, alps parle surtout de lui-même et de ses petites peurs, quand il parle du poly amour.
Il montre en creux tout ce dont s'écartent les individus qui prennent en charge les éléments de leur structure amoureuse, différente pour chacun, mais surtout différente des images ou fantasmes qui lui servent de cinéma vivant.
Il est immobile, comme un sujet témoin qui permet de mesurer le parcours que chacun fait et la distance qui s'installe et s'amplifie, forcément.

#
Profil

alps

le jeudi 23 mai 2013 à 07h51

je ne parle pas des gens. Je parle du mouvement.

Et non je n'ai pas peur du polyamour.

Après, c'est pas comme si ce debat n'avait pas déjà eu lieu sur d'autres forums en francais comme anglais. Et il y a bel et bien une césure entre ceux qui proposent une vision idéologique et ceux qui parlent de leur experience.

C'est parfois meme très violent.

Après je pense réellement que vous vous victimisez à rester à parler de ce thème uniquement entre vous. La société s'en fiche royalement. Vous devriez en discuter avec d'autres gens sur le net histoire de voir. Voire meme de revenir à la réalité.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

lam

le jeudi 23 mai 2013 à 10h26

@ alps.

Sans vouloir trop m'avancer je pense qu'on est quand même plusieurs à s'en ficher royalement de ce que tu penses qu'on devrait faire.

Je sais pas de quelles discriminations toi tu peux faire l'objet mais je te dis pas ce que tu devrais faire et penser. Alors oui, si tu pouvais remonter ton niveau de tolérance, et laisser tomber l'impératif dans tes propos, à mon avis ça soulagerait ce fil et permettrait de revenir à une discussion plus intéressante.

#
Profil

lam

le jeudi 23 mai 2013 à 10h40

bouquetfleuri
J'aime bien la conclusion de cet article, plus que l'article lui-même d'ailleurs. La barre de fraction se trouve bien dans la philosophie en regard de la situation pratique.
C'eût été bien de commencer par là, pour ne pas prendre le risque de relayer l'idée qu'il y aurait une polynormativité. Le dire c'est déjà l'établir. Et stigmatiser les normes en proposant de changer de terminologie revient à accepter l'existence d'une norme.

Or on entre en état poly amoureux (me semble-t-il) quand on fait l'effort de distinguer ce qui, dans sa culture, relaie sa nature et que l'on choisit de faire différemment tout en acceptant d'être dans l'ignorance, de plus en plus réduite par ailleurs, de ce qui nous agit dans le besoin de relation. Et là, il n'y a strictement aucune norme parce que le cheminement ne peut être qu'individuel et personnel, sauf à penser que l'introspection suit une procédure dictée par la culture (ce qui d'ailleurs n'est pas tout à fait faux, mais c'est un autre débat.

Après, que des codes se mettent en place, que des reconnaissances et des organisations politiques se fassent jour, que des individus ébranlés par leur questionnement cherchent à se regrouper, générant des habitudes, des formes et des contenus qui les relient donc des normes, sans doute. C'est le parcours classique de la projection individuelle sur le groupe relayé par un langage, normé bien sûr
Que les médias s'emparent de ce qu'ils perçoivent comme des normes dites et montrées par les pratiquants est un problème de média, pas de poly amoureux.
Ce qui apparaît comme un ensemble de normes, parce que les différents parcours s'imbriquant à des endroits et des capacités différentes génèrent des compromis, des définitions, voire des sens par défaut ne suffit pas à établir qu'il existe une polynormativité.

Mais cet article pose bien une bonne question. Ne pas arriver à y répondre est plutôt encourageant.

Je ne comprend pas bien ta position dans ce post: tu dis que les normes c'est un problème de médias et que les polyamoureux n'en nourrissent pas? Pour toi ce qu'elle dit dans l'article sur les piliers de la polynormativité n'existe pas? Ce serait pas mal d'argumenter parce que finalement comme "le dire c'est déjà l'établir", on dirait que tu te sers de l’énonciation d'une fait 'la polynormativité n'existe pas' pour rendre réel ton propos, sans aucune argumentation.

Tu connais beaucoup de polys qui ont des structures de relation non-hiérarchiques? et une volonté claire de dépasser (voire fracasser :-) ) la structure du couple?
Moi non.
Et on peut faire un sondage sur le nombre de fils de ce forum qui ne parlent pas de relations basées sur des couples, à mon avis y'a pas de quoi remplir un saladier.

Autres questions:

Est-ce que tu t'estimes au delà des normes et des rapports de domination qui y sont liés?

Peut-être que tu aimes la conclusion parce qu'elle te dérange moins que l'argumentaire?

#
Profil

Boucledoux

le jeudi 23 mai 2013 à 10h56

Merci lam pour ce gros boulot de trad, je trouve l'article super intéressant. Après ça m'évoque plusieurs questions, je commence par les deux premières.

- d'abord ça fait référence à une situation US ou le poly est plus installé depuis plus longtemps, manifestement médiatiquement plus largement représenté. Je ne dis pas que les même tendances n'existent pas ici mais plus embryonnaires peut-être non ? Il me semble qu'avec quelques années de retard on serait plutôt dans la situation que l'auteure indique comme "de mon temps" dans un des PS ? Ca n'empêche pas de réfléchir dès maintenant à essayer de mettre d'autres mécanismes en place note bien...

- ensuite je trouve que cet article mélange deux questions sans tout à fait expliciter la distinction. Il y a d'un côté la normativité des médias mainstream qui veulent du poly présentable pour une société blanche, hétéro et patriarcale. Ils construisent une image qui leur convient, sans forcément mentir d'ailleurs mais en présentant un angle unique avec un systématisme exclusif qui revient quand même, au final à tronquer la réalité et à imposer une certaine norme, au moins dans le discours public. Mais il y aussi un autre aspect qui je trouve n'est pas très explicité ni séparé dans l'article (mais j'ai peut-être lu un peu vite), ce sont les pressions normatives créés par le milieu poly lui même, pas nos pratiques, nos cadres et la formes de nos échanges.

Évidemment ces deux aspects sont complétements liés mais il me semble qu'ils ne posent pas exactement les mêmes questions. D'un côté c'est comment on peut élaborer un discours et le faire porter contre/à part des médias dominants, de l'autre c'est plutôt comment on créé des cadres qui soient plus ouverts, plus réflexifs, moins normatifs/normés...

#
Profil

tentacara

le jeudi 23 mai 2013 à 11h17

Cet article m'interpelle à plusieurs niveaux.

Le premier, concerne la notion même de "polynormativité médiatique". Vous trouvez vraiment que les médias regorgent d'articles sur le polyamour, vous ? Je veux dire au point que se dégage une norme, vraiment ? Il y a bientôt 4 ans, je m'étais insurgée dans un article de ce que le premier reportage que j'ai vu à la télé française sur le polyamour nous présentait des poly américains, post hippies qui couraient tout nus dans la forêt avec des fleurs dessinées sur les joues. Je trouvais l'image caricaturale. J'ai donc fait la seule chose qui me semblait honnête : témoigner. J'ai témoigné seule d'abord, puis avec mes compagnons dans des reportages télé, radio, magazines... Parce que l'image que les médias renvoyaient du polyamour ne correspondait, mais alors vraiment pas à ce que je vivais et voyais autour de moi.
Dès lors que je, puis nous avons commencé à témoigner, nous avons intégré ce que l'auteur considère comme la "polynormativité médiatique". Je n'ai eu de cesse d'encourager les participants à ce forum, tout particulièrement ceux qui se plaignaient de l'image que les médias leur renvoyaient du PA à témoigner eux-mêmes de leur réalité. Croyez-vous que nous soyons si nombreux que l'on puisse laisser à quelques hypothétiques "autres" le soin de nous représenter ?

Et contrairement à l'auteur de l'article, ce que je vois dans les reportages aujourd'hui est nettement moins normatif et galvaudé que ce que j'y voyais il y a quatre ans.

Ne serait-ce qu'à travers nous, ce que le public voit, c'est une femme noire, grosse et pas spécialement jolie, qui partage sa vie avec deux hommes (un blanc et un asiatique pour couronner le tout) sans établir de hiérarchie entre un primaire et un secondaire, alors même qu'elle a un enfant et vit sous le même toit que l'un des deux seulement. En outre, nous revendiquons notre bisexualité à des degrés divers ainsi que notre tendance à l'émancipation vis à vis des injonctions genrées. Nous représentons une "niche" poly. Personne ne cumule à ce point les transgressions à la norme. Notre mode de vie est très peu partagé.
Certes, le côté famille, le côté stable, le côté vie quotidienne restent des aires de reconnaissance, de confort pour le public. Mais pour autant, parce que les exemples sont rares, quiconque accepte de se montrer et de parler de sa vie de poly vient enrichir le spectre d'une diversité plutôt que d'une norme.

Nous nous adressons à des gens qui ont un fonctionnement amoureux, une culture amoureuse qu'ils n'ont jamais remise en question. Y compris, et à commencer par les journalistes qui traitent le sujet. Nous voyons à longueur d'intitulés d'émissions à quel point ils sont loin d'avoir réfléchi à ce que le polyamour pouvait engendrer comme réflexion sur la société. Ils n'ont pas les moyens de le faire. Nous oui. Alors certes, témoigner de sa vie de poly dans un reportage sur l'adultère, le secret, et je ne sais encore quels marronniers du genre, c'est un peu se tirer une balle dans le pied. Mais cesser de rester planqué derrière son clavier et proposer au public une image du poly aussi riche et variée que la réalité est la seule façon de pousser la réflexion au delà des normes qui conviennent aux monos.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

bouquetfleuri

le jeudi 23 mai 2013 à 12h46

Tu as bien raison Iam, à vouloir être trop concis, je ne suis pas assez explicite.

Je dis qu'il n'y a pas de polynormativité spécifique ou que c'est la même que la mononormativité, et que les normes ne sont pas liées au mode des relations amoureuses mais bien à la nature des relations.

Tant qu'on est dans le rapport de force, le jugement, la hiérarchie et autre outils confortables (enfin confortables, disons bien repérés) les normes sont identiques, que l'on soit mono ou poly et effectivement le poly peut se vivre alors comme un glissement du modèle mono amoureux, une dupplication.
Mais la structure de couple n'est pas en elle-même une norme. C'est une exigence naturelle qui veut que l'on tombe amoureux d'une autre personne que soi. La norme ne s'établissant qu'en conjuguant la réalité de la chose et son encadrement moral.

Le poly amour est un cheminement permanent pour s'extraire du rapport de force, s'abstraire du jugement, c'est aussi la raison pour laquelle on ne distingue pas précisément quand et comment les polyamoureux rompent avec le mode mono amoureux, nous n'avons pas le même âge, nous ne commençons pas au même moment, nous n'avons pas les mêmes moyens, ni les même envies, les même positionnements politiques etc.
Je pense même sérieusement que le mono amoureux qui chemine pour sortir du rapport de force dans sa relation est un poly amoureux (potentiel seulement, mais réel)

Pour répondre simplement à tes questions, je ne suis pas sûr d'être en dehors des normes et du rapport de domination qu'elles instituent ou dont elles sont les symptômes, mais ce dont je suis sûr, c'est que j'ai identifié ce problème et que je travaille à le résoudre pour moi et tous ceux qui m'approchent autant que je peux.
Par ailleurs, l'argumentaire ne me dérange pas et j'y trouve les éléments intéressants de la réflexion que je mène sur mon poly amour, simplement je crois qu'il repose sur une erreur fondamentale : ce n'est pas au niveau des normes que la différence se fait entre le modèle mono et poly amoureux, et donc dénoncer une poly normativité en la rapprochant de la mono normativité me semble un sophisme.

#
Profil

Anarchamory

le jeudi 23 mai 2013 à 17h27

alps
Après je pense réellement que vous vous victimisez à rester à parler de ce thème uniquement entre vous. La société s'en fiche royalement. Vous devriez en discuter avec d'autres gens sur le net histoire de voir. Voire meme de revenir à la réalité.

Ha ha, tu nous as démasqué ! C'est vrai, j'avoue, nous autres polyamoureux, vivons repliés sur nous-mêmes, entre polyamoureux exclusivement, et dans le déni de la réalité bien entendu. Tu comprends, on est si bien entre polyamoureux à parler de polyamour. Et puis ce n'est pas dit que notre gourou serait d'accord pour que l'on voit des autres gens. C'est pour nous protéger qu'il nous dit. C'est pour notre bien. Parce que nous sommes des êtres supérieurs. Mais bon, je penserai à faire une demande à notre gourou, pour obtenir une autorisation spéciale à sortir de notre phalanstère, où l'on est si bien et jamais contredit parce qu'on est toujours qu'entre polyamoureux. :/

#
Profil

alps

le jeudi 23 mai 2013 à 17h28

lam
Je ne comprend pas bien ta position dans ce post : tu dis que les normes c'est un problème de médias et que les polyamoureux n'en nourrissent pas ? Pour toi ce qu'elle dit dans l'article sur les piliers de la polynormativité n'existe pas ? Ce serait pas mal d'argumenter parce que finalement comme "le dire c'est déjà l'établir", on dirait que tu te sers de l’énonciation d'une fait 'la polynormativité n'existe pas' pour rendre réel ton propos, sans aucune argumentation.

Tu connais beaucoup de polys qui ont des structures de relation non-hiérarchiques ? et une volonté claire de dépasser (voire fracasser :-) ) la structure du couple ?

Moi non.

Et on peut faire un sondage sur le nombre de fils de ce forum qui ne parlent pas de relations basées sur des couples, à mon avis y'a pas de quoi remplir un saladier.

Autres questions :

Est-ce que tu t'estimes au delà des normes et des rapports de domination qui y sont liés ?

Peut-être que tu aimes la conclusion parce qu'elle te dérange moins que l'argumentaire ?

est ce que ce forum est représentatif ? Pour moi tu ne fais qu'ajouter des biais aux biais.

J'attends en tant que sociologue de voir des etudes quantitatives sérieuses sur le polyamour. Savoir qui organise les prides. s'il existe des relations avec des organisations gay etc...
La part d'echangistes et de libertins et d'homo et d'heteros et de bisexuels etc...

bref des choses tangibles à discuter.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

Kolin

le jeudi 23 mai 2013 à 20h07

je crois que le fait que ce forum existe et que les personnes puisent s'y exprimer librement est déjà un gage de représentativité en soi, car plus encore que les enquêtes et autres sondages ou/et études, il reflète une certaine réalité concrète et vécue, quoiqu'on en pense...

et puis qu'est ce qui est sérieux et qu'est ce qui ne l'est pas ? ....

Affaire de point de vue tout ça, à manier avec précaution, sans faire des généralités abusives dans un sens ou dans l'autre, sans tirer des conclusions systématiques, "l'amour" reste un des derniers champs de liberté individuelle dans notre société consumériste et individualiste, à chacun d'en faire ce que bon lui semble et de trouver sa voie et sa propre vérité, en accord avec lui même et ses choix de vie, personne n'est apte selon moi à juger personne dans ce domaine là...

Bon ok je sors.

#
Profil

Apsophos

le jeudi 23 mai 2013 à 21h21

MetaZet
Ha ha, tu nous as démasqué ! C'est vrai, j'avoue, nous autres polyamoureux, vivons repliés sur nous-mêmes, entre polyamoureux exclusivement, et dans le déni de la réalité bien entendu. Tu comprends, on est si bien entre polyamoureux à parler de polyamour. Et puis ce n'est pas dit que notre gourou serait d'accord pour que l'on voit des autres gens. C'est pour nous protéger qu'il nous dit. C'est pour notre bien. Parce que nous sommes des êtres supérieurs. Mais bon, je penserai à faire une demande à notre gourou, pour obtenir une autorisation spéciale à sortir de notre phalanstère, où l'on est si bien et jamais contredit parce qu'on est toujours qu'entre polyamoureux. :/

Wow, en fait "nous" avons la même vie que les gens en couple normal ! C'est bien la peine de dire qu'on fait différemment si c'est pour faire la même chose.

#
Profil

Cendre

le jeudi 23 mai 2013 à 21h35

J'ai beaucoup aimé cet article, et je remercie lam pour la traduction. Même si je trouve qu'il traîne en longueur et perds de sa pertinence en digression, il me parle.

Pourquoi ?
Parce qu'en tant que poly débutante, j'étais attirée par l'idée d'une polynormativité, une norme dans laquelle me placer une fois que j'avais foutue l'autre en l'air.
Et pour la trouver, j'ai avalé tous les articles (en français, je lis très mal l'anglais) que je trouvais dans ce but : me trouver de nouvelles règles, dans l'espoir de pouvoir les tenir (celles-là).
J'ai ainsi cru qu'il fallait explicitement brider mon comportement avant qu'il ne devienne envahissant ou insupportable. Je me suis calée sur ce qui me semblait le discours dominant ici : en parler, discuter, trouver des compromis, poser des limites, tout le temps.

Et c'est mon compagnon (tout ce qu'il y a de plus mono blessé dans ses croyance de mono par mon comportement) qui m'y a mis le holà.
Poser de limites artificielles, marchander comme des vendeurs de tapis, c'est pas ça qui donne un gage quelconque de la pérennité d'une relation, ou même simplement du respect entre partenaires. Au contraire.
Se faire confiance, c'est pas délimiter un terrain de jeu et en barricader les contours.
Se faire confiance, c'est accepter la nature de l'autre, sa capacité à distinguer le caprice de ce qui est indispensable. (comme le dit Lulutine sur cet autre fil)
C'est faire confiance à l'autre pour qu'il nous signale ce qui lui importe.
C'est jouer avec sa bienveillance, à partir de ce que l'on reçoit, pour tenter de distinguer, chaque jour différemment, ce que l'on peut dire et ce que l'on ne peut pas dire, ce que l'on peut faire ou pas. C'est surtout se faire confiance à soi-même pour être capable de faire le tri avant même de se poser la question, et être capable de reconnaître une bourde quand on en fait une et s'en excuser.

Aujourd'hui, j'ai envie de faire confiance à ceux que j'aime, de jouer ma partition tout en écoutant la leur, sans essayer de les influencer, se reposer uniquement sur notre désir commun d'obtenir un son harmonieux.

Et ça, je ne l'ai pas appris en lisant des articles dans mon coin, je l'ai découvert au contacts des uns et des autres. Discuter ne veut pas dire, contrairement à ce que j'ai cru au départ, définir un nouveau contrat, de nouvelles règles, discuter veut juste dire écouter suffisamment l'autre pour être en harmonie le plus souvent possible.

Et en cela, je pense que c'est une très bonne chose d'avoir cet article au milieu des autres, même s'il parle de médias qui ne sont pas exactement ceux que nous avons en France, même s'il polémique (un peu trop à mon goût) autour de questions sémantiques que l'on trouve finalement bien plus dans les traductions d'articles que dans nos proses (on trouve souvent des guillemets autour de "primaire" ou "secondaire" sur ce forum, personne n'aime bien ces étiquettes, et pour ma part, je préfère le terme de Françoise de "compagnon" pour distinguer les éventuels avec qui on a des engagements notables)

Cela pose une bonne question, sur ce que l'on donne à voir à qui ne prend pas le temps de bien lire, de bien nous connaître. Et là dessus, je n'ai rien à rajouter à la réponse de Tentacara : il est important de diffuser un maximum de témoignages, sans chercher à aplanir leurs singularités, voire leurs paradoxes entre eux, pour pouvoir donner aux curieux une image de ce que peuvent être les formes de vies polyamoureuses. Merci à elle et à ses compagnons de s'y être collés.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

oO0

le vendredi 24 mai 2013 à 02h10

Iam, je tenais à te féliciter pour ce choix d'article et sa traduction.

J'ai remarqué que tu utilisais des pronoms tels que illes, elleux, celleux pour ils/elles, elles/eux, celles/ceux. Pour moi, c'est très significatif de ce que le mouvement LGBTQ apporte à la culture : l'émancipation de la question des genres. Même si je ne me vois pas pour l'instant utiliser ces formules, cela me plaît.

Par émancipation, j'entends ici, le fait qu'une norme - le genre - par exemple, n'a moralement plus d'importance. De fait, d'un point de vue moral, la question du genre n'importe plus, seul importe le consentement. De la même manière, il y a - ici, en cours - émancipation de la question du nombre : ce n'est pas le nombre - une ou plusieurs relations - qui importe, mais le consentement.

L'émancipation s'accompagne d'une régression quantitative des normes moralement significatives, ce qui ne signifie pas qu'il n'y a plus de normes, mais réduction à celles qui importent le plus. Le consentement des partenaires importe plus que leur genre ou le nombre de leurs relations. Cela conduit à la question de leur réel impact négatif comparé aux relations sans consentement. Pour le genre, la morale a dû revenir sur ces jugements négatifs car contraire au consentement. Pour le nombre, j'ai l'impression d'une émancipation en cours qui peut très bien échouer. Par contre, eu égard à l'impact réellement négatif des relations sans consentement, il serait illusoire de penser pouvoir s'émanciper de toute morale.

Le succès d'une émancipation morale réside dans la capacité à rendre la morale plus morale, pas à la détruire.

Ou encore, rester équitable car si, par exemple comme ici, le nombre n'importe plus, une modération certaine des propos tenus sur la dite "monogamie" est tout aussi souhaitable qu'une certaine ouverture : une ou plusieurs, peut importe. (Le droit de divorce, ladite "monogamie en série" participe de cette émancipation du nombre.)

L'article parle d'hypernormativité, je rappelle un phénomène global d'hyponormativité : Less is More. Sinon, j'utilise, ici, le terme moral parce qu'il est la connotation implicite de la normativité.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

Cendre

le vendredi 24 mai 2013 à 13h42

RIP, j'avais aimé ton message, l'éclairage qu'il donnait, la notion centrale du consentement, et le respect des choix des autres (même influencés par une norme que l'on abhorre).
Même pas très clair, il parlait de fond, de ta représentation des relations et de leurs rapport de force.

A moins que tu ne l'aies trouvé finalement avec un risque de contre-sens trop important par rapport à ce tu penses vraiment, je trouve dommage que tu l'aies effacé...

#
Profil

bouquetfleuri

le vendredi 24 mai 2013 à 14h35

ben oui, moi aussi, j'aimais bien

Répondre

Lire l'article

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion