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Réactions à l'article

Le problème avec la polynormativité

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LuLutine

le lundi 10 juin 2013 à 13h58

LittleJohn
Vive l'anarchie relationnelle !
(sans déconner, un jour je vais créer un forum concurrent ! ^^)

Anarchie-relationnelle.info ? :)

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Cendre

le mercredi 12 juin 2013 à 20h15

Bon, perso, je crache pas sur l'amour, je dois encore avoir des cotés fleur bleue qui collent. En particulier, j'aime beaucoup (mais alors beaucoup) la façon qu'a BouquetFleuri de mettre l'amour au centre de sa vie. D'en faire le moteur central.

Après, je suis d'accord, pour qu'on continue de marteler que polyamour n'est pas obligatoirement lié avec amour, (et encore moins l'Amûuur), mais juste qu'il en laisse la possibilité si les deux partenaires en ont l'envie.

C'est d'ailleurs une des raisons qui fait que j'aime le diminutif poly : ma vie poly, c'est le changement (radical, en l'occurrence) de toutes mes relations affectives, et pas uniquement de mes relations amoureuses.
Polyaffective, polysexuelle (pansexuelle ?), polysentimentale, polyintimiste, polyémotive, c'est tout ça que je colle sous le vocable polyamoureuse.

Le terme est trompeur, mais il a le mérite d'être assez percutant, et d'avoir percé dans la société sous cette forme (cf le camarade qui m'a donné le terme alors que je savais pas encore ce que j'allais pouvoir lui raconter...)

Enfin, j'ai pas bien compris la différence entre PolyA et anarchie relationnelle. Je pensais pas qu'il pouvait y avoir assez de différence pour avoir envie de créer un mouvement séparatiste...
Et puis, ça sera pas facile de trouver un bon diminutif.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Anarchamory

le mercredi 12 juin 2013 à 20h50

Encore faudrait-il se mettre d'accord sur une définition de l'amour. Perso, je trouve ça un peu dérangeant qu'un mot qui comporte le radical "amour" en son sein n'ait pas forcément quelque chose à voir avec l'amour... Mais d'un autre côté, je n'ai probablement pas la même définition de l'amour que celle qui prévaut dans la société : ni "amour" mystico-narcissique (genre len), ni forcément amour conjugal traditionnel, pour moi l'amour — mais bon, je fais le perroquet là — c'est essentiellement une forme d'amitié intégrale, qui ne découpe pas l'être humain en petits bouts séparés jugés d'inégale dignité (là-bas le corps et le sexe, là-haut l'âme et l'esprit). Les polyamoureux sont des personnes entières, quoiqu'on en pense ^^

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Green-Man-Outside

le samedi 10 août 2013 à 23h21

Très dur de commenter un article aussi long et qui part dans plusieurs directions. Autant je suis d'accord sur la critique du côté crypto-WASP présenté dans les médias de manière subliminale (parce que la doxa est ainsi et que cette tendance concerne à peu près tous les sujets, de la présentatrice de JT aux publicités pour des glaces en passant par le parlement) autant je ne suis pas d'accord sur ce qu'elle dit du genre et du qualificatif LGBT. Gay désigne l'homosexualité masculine, lesbien l'homosexualité féminine, et cela implique une identité de genre : si je suis un homme dans un corps de femme, alors je ne suis pas lesbienne quand je sors avec une femme, je suis hétéro... Quant au fait de suggérer que la "communauté" LG expérimentait le polyamour depuis longtemps en raison de ses pratiques sexuelles non-exclusives... c'est un peu léger, surtout quand Zanin précise ensuite que le polyamour ne se résume pas au sexe et implique des sentiments amoureux (oui je sais, c'est incroyable).

Ceci étant dit, pour aller à l'essentiel et au coeur du sujet (la polynormativité, je précise vu qu'on pourrait presque l'oublier) je vais rebondir sur une seule phrase : "Et si c'est tout ce qui vous a jamais intéressé de faire, alors vous vous limitez. " Je pense que là nous touchons à la limite de ce genre de critique. Le texte est bien écrit, intelligent, argumenté (malgré une légère tendance au men bashing ?) mais voilà, dire aux gens de ne pas se limiter c'est déjà retomber dans une forme de normativité sur le mode "se limiter c'est mal, ne vous limitez pas".

Le message "ne vous limitez pas" peut tout à fait être pertinent... mais il devient normatif car prescriptif.

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Adyl0o

le jeudi 21 novembre 2013 à 12h03

Autant je rejoins profondément la problématique de la "vulgarisation des polyamours", mais je relativiserai un point : celui des règles.
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Les règles, c'est utile qu'en cas de problème récurrent. Et là, il me semble que tu ne sois pas contre l'existence de règles éphémères permettant d'améliorer la relation. (?)
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Parenthèse. Je travaille avec les enfants. A la base, les seules règles communes sont celles de la Loi (que je sois en adéquation ou pas avec elle *sic*). Mais irrémédiablement, des situations problématiques apparaissent lorsqu'on vit collectivement.
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Alors la solution est de chercher des solutions ensemble dans l'objectif d'améliorer le "vivre-ensemble", pour que chacun-e puisse prendre sa place et grandir le mieux possible dans le groupe. Evidemment, les règles ne s'appliquent que dans le groupe concerné. La recherche de solution, c'est souvent la recherche d'une règle.
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On essaye la règle, si elle ne fonctionne pas et que la problématique reste la même, alors on cherche une autre règle. Si une nouvelle problématique se présente, on cherche alors à affiner la règle ou à en créer une nouvelle. Et enfin, lorsque la règle fait disparaître le problème, alors peut se poser la question de la suppression de cette règle quelques temps plus tard ; le groupe ayant gagner en autonomie, en indépendance et en responsabilité, la règle n'a peut-être plus son utilité initiale.
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Bref, l'anarchie dans ses relations, ce n'est pas l'absence d'organisation, ni l'absence de règles. Chercher ensemble des solutions et les valider ensemble, c'est à mon sens la seule possibilité cohérente avec l'auto-gestion. Il est encore utopique dans notre société, dans le psychisme des individus, de pouvoir se passer de règles explicites. Malheureusement, on ne peut pas se cantonner à des règles implicites et tacites au risque de laisser des comportements dominateurs soumettre les autres sournoisement.
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Fin de la parenthèse. Il en est de même dans mes relations amoureuses, de par mes expériences.
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Je vais désormais partir de moi, de mes ressentis, de mon cerveau.
Certaines choses me paraissent tout à fait naturelles, légitimes, et justes, mais pourtant il n'est pas rare que mon-ma partenaire estime que ces choses soient irrespectueuse. Question de représentations personnelles dans son propre "inconscient". Nous avons chacun-e nos propres représentations des événements.
Ce n'est pas parce que nous sommes tou-te-s humains, que tout notre socle est complètement commun. Le conditionnement social a forcément joué un rôle non-négligeable, même pour les personnes qui passent leur vie à modifier leur propre conditionnement.
C'est donc à partir de ce constat qu'il me semble essentiel pour "bien vivre ensemble" (vivre en sens large : partager des expériences communes), de construire des règles qui soient EVOLUTIVES. Aucune règle n'est figée, ni dans ses détails, ni dans son existence.
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Si des personnes vivent bien ensemble sans aucune règle, tant mieux, c'est magique et puissant pour les émotions, sentiments et sensations. Ca dure parfois qu'un temps, parfois toute une vie.
Mais dès lors que des problèmes surgissent, il faut bien un espace de discussion -de communication- pour chercher ensemble des idées d'améliorations afin de les expérimenter. Certain-e-s auront besoin de valider la règle ensemble, certain-e-s auront besoin de carrément l'écrire (sans la graver dans la roche), et certain-e-s se contenteront de la discussion. Peu importe la technique tant que la relation en sort grandi, dans le respect de l'individualité de chacun-e.
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C'est le contenu de certaines règles qui peut être incohérent avec le polyamour, pas le principe même des règles.
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Perso, mon fonctionnement cognitif est différent de la grande majorité des humains (sérieusement!!). Et par conséquent, je comprends pas l'implicite de la même façon, c'est rarement intuitif pour moi quand ça l'est pour l'autre. Comme je joue beaucoup avec les mots, il ME faut des précisions pour ne pas interpréter dans mon unique sens. (Je passe parfois pour un égoïste alors qu'à mes yeux de l'individualisme-altruiste, c'est pour dire!!). J'y peux rien, et j'ai mis du temps à reconnaitre que mon cerveau fonctionnait différemment; à en culpabiliser au départ.
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Conclusion : on ne doit pas enfermer le polyamour dans une polynormativité, mais on ne doit pas enfermer le polyamour dans un anticonformisme primaire de la polynormativité. Chacun-e doit penser et agir en fonction des caractéristiques propres de chaque individus, et s'y adapter. C'est uniquement en restant ouvert-e à toute les choses qu'on participe à des relations libertaires.
Et si dans TA définition, mon rapport aux règles ne correspond pas au polyamour, alors dans ce cas là, je veux bien choisir l'étiquette Lutinage (Françoise Simpère) plutôt que l'étiquette Polyamour.
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Tu m'auras quand même permis d'approfondir ma vision des règles, la relativiser, alors grand merci :)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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bodhicitta

le jeudi 21 novembre 2013 à 13h11

AdylOo
"bien vivre ensemble" (vivre en sens large : partager des expériences communes), de construire des règles qui soient EVOLUTIVES. Aucune règle n'est figée, ni dans ses détails, ni dans son existence.
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-Si des personnes vivent bien ensemble sans aucune règle, tant mieux, c'est magique et puissant pour les émotions, sentiments et sensations. Ca dure parfois qu'un temps, parfois toute une vie.

C'est pour ça que je suis polyamoureuse, amoureuse au pluriel, ou salope éthique (désignation préférée du moment) (de plus C'est devenu mon surnom depuis peu au prés d'amis ou amoureux...)
ça me plait bien et ça permet de lancer une conversation sur les mots et leurs pouvoirs pour "controler les masses"

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Lady-Kiki

le mercredi 06 janvier 2016 à 17h37

Dieu
Et les arabes obèses et polyamoureux, n'en parlons pas ;)

Comme c'est mon cas, sauf "obèse", bon je suis une fille j'ai pas de problème (pour l'instant).
Mais effectivement on m'a peut-être refusé un logement à cause de ma nationalité / origine, mais soit j'en ai trouvé un autre mieux... (je n'ai jamais su pourquoi ce refus... il ne devait pas y avoir de motif légitime à mon humble avis)...

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artichaut

le mardi 21 novembre 2017 à 15h45

en réponse au Post-scriptum, — extrait — :

Iam
Donc voilà : je me sens de moins en moins à l'aise avec l'acronyme LGBTQ, parce que l'inclusion « T » pour « transgenre (une identité de genre) à la fin d'une liste de lettres qui représentent des orientation sexuelles (et pas des genres) porte une inexactitude implicite.

(voir l'article pour la citation intégrale)

Je me suis souvent posé ce genre de question, et de la pertinence d'accoler des lettres qui semble ne pas regrouper forcément les même choses.

Les personnes concernées (dont je ne fait pas partie) pourraient y répondre mieux que moi, mais je me dis que si le «  T» n'est pas à la base une orientation sexuelle, ça en devient de fait une.

En effet, quant tu es transgenre ou transsexuel.le, tu ne peux de fait, à cause de la discrimination, pas avoir des relations sexuelles avec des hommes et des femmes normées, mais avec des personnes soit dans la même configuration que toi, soit dans une configuration ouverte et non enfermée dans les clichés habituels.

Ce n'est donc ni une orientation sexuelle émanant de soi-même, ni même une orientation sexuelle "choisie", plutôt imposée de l'extérieur (culturelle, sociétale). Mais est-ce que ça n'en est pas une de fait ? Et toutes les orientations sexuelles ne sont-elles pas aussi partiellement culturelles ou sociétales ?

En outre, qui dit corps différent, dit forcément (inventer une) sexualité différente. Au même titre qu'il n'y a pas que les binaires « hétéro », « homo » et « bi », il doit bien y avoir une sexualité « trans »... et donc une attirance, une orientation « trans ».

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Merlyn

le mardi 21 novembre 2017 à 20h14

Merci pour cet article ! :)

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