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Renoncer au polyamour

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Evavita

le vendredi 01 mars 2013 à 11h37

Cendre

Est-ce que vous avez déjà été en contact avec des partenaires qui ont fait ce type de renoncement, qui ont renoncé à la vie polyamoureuse, qui ont réintégré le cadre rassurant du monoamour, par amour pour leur partenaire.

Je ne sais pas si ça rentre totalement dans le cadre de ta question mais il y a une personne que je vois par intermittence depuis quelques années déjà. Il y a vraiment quelque chose de beau entre nous mais il y une incompatibilité bien présente : il ne conçois pas une relation long terme autrement qu'avec une partenaire exclusive. En même temps, on ne voit pas pourquoi on se priverait d'être heureux. Nous nous sommes donc mis d'accord sur le fait que nous ne nous verrions plus le jour où il rencontrera LA femme avec qui il veut partager sa vie. Allez savoir pourquoi, je me sens bien avec cette idée de "date de péremption aléatoire". Probablement parce que ça a été fixé dès le départ et ce après qu'il ait quand même pris la peine de venir à un café poly et de se renseigner. Et sans doute aussi parce que c'est le résultat d'un choix que j'ai fait : j'ai choisi de ne pas être exclusive avec lui, d'accepter que ça ne lui convenait pas et que sachant cela je vive quand même ce que j'ai à vivre avec.

Sinon, j'ai effectivement connu deux personnes polyamoureuses qui ont "renoncés". Dans les deux cas, elles étaient célibataires depuis peu et ont croisées sur leurs chemins des personnes non exclusives avec qui ça se passait bien et qui même en ayant considéré la chose, ont décrétés que la non exclusivité c'était "non, non et re-non". Dans les deux cas, les deux personnes ont fait le choix de l'exclusivité pour pouvoir vivre leurs relation.
Ca n'a rien d'étonnant en soit. Quand on rencontre une nouvelle personne avec qui ça se passe bien et qu'on est "poly-non-célibataire", on a juste à dire : "j'ai déjà une/des personne(s) dans ma vie que j'aime. Je peux essayer de répondre à toute les questions que tu te poserais en rapport avec ça et qu'on en discute mais je te laisse le soin de décider si ça te convient ou pas". A ce moment là, c'est au "nouvel arrivant " de faire un choix car il arrive sur une structure qui s'est déjà faite sans lui.
Dans le cadre d'un poly célibataire je pense que c'est plus dur. On se sent moins légitime parce que la "norme" c'est l'exclusivité et c'est souvent à la personne polyamoureuse de faire le choix de renoncer (au polyamour ou à la personne). Je pense que c'est un peu le même mécanisme quand on est déjà marié/engagé avec une personne qui nous explique que même après avoir "tenté" l'expérience, dit que ça ne lui convient pas et met donc son partenaire devant ce même choix.

Je me méfie néanmoins de cette vision des choses que j'ai. Je me dit que ça m'arrange de penser qu'il y a moins de risque de "renoncement" au polyamour lorsqu'on a déjà quelqu'un dans sa vie. C'est trop inquiétant de se dire qu'il y a un danger à ce que notre amoureux vire mono (c'est quand qu'on trouve un vaccin contre ce truc là d'ailleur, ça commence à bien faire :p) pour aller vivre sa mono-love story avec comme dommage collatéral mon coeur et ma self-estime. Je trouve bien moins douloureux qu'une relation se termine parce que ça ne fonctionne pas; que parce-qu'un amoureux croiserait sur sa route quelqu'un qui surpasse à lui tout seul ce que la non-exclusivité+moi+éventuellement d'autre personnes pouvons lui apporter. Ceci est purement théorique, je n'ai jamais eu à vivre ce chagrin là mais rien que de concevoir que cela fasse partie du domaine des possibles est en soit insupportable.

Cette réflexion m'amène à un autre questionnement, cette situation est-elle aussi rare que je me plaît à le croire? Est-il possible de traverser toute une vie d'amours multiples tout en ayant jamais à vivre au moins une fois cette expérience là?

Dans tout les cas, une chose est certaine :
- Parmi l'éventail d'émotions positives que j'ai lorsque quelqu'un de nouveau arrive dans la vie d'un amoureux, il y a le soulagement. Car une petite voix intérieure me dit "elle/il est pas né(e) celui qui arrivera à elle/lui tout seul(e) à combler tout le bonheur que nous lui apportons à plusieurs+1".
- Tant qu'un amoureux n'a que moi comme amoureuse, même après discussion de ce sujet là avec, je reste inquiète et attend avec impatience celle ou celui qui viendra s'ajouter dans son coeur et qui selon moi diminuera les chances de se voir remercier pour le chant d'une sirène monamoureuse.

Y en a-t-il parmi vous qui ont ce genre de réflexion?

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Evavita

le vendredi 01 mars 2013 à 11h41


Désolée, j'ai fait fort cette fois-ci au niveau du nombre de lignes. Si je vois un moyen de condenser, tout en perdant pas de contenu, promis, je le modifierais.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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regis13

le vendredi 01 mars 2013 à 11h53

Désolé pour Cendre, que c'est compliqué nos histoires de Polyamour ! tout le monde n'est pas bâti sur le même modèle de penser ! Tous n'ont pas à la même honnêteté ? Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, j’en suis sur, à quoi sert de dire des choses qui vont "blesser" l'autre, attiser sa jalousie quand elle est là alors qu’omettre ou mentir pour le protéger ce n’est pas le trahir pour ce qui concerne nos sentiments envers lui.
Que c’est compliqué les histoires avec les hommes ou femmes mariés tout est beau quand on est caché, on s’aime très fort …. Mais surtout ne rien dire au conjoints qui ne sait rien, comment juger de la sincérité du sentiment ? J’ai été l’homme « marié », j’ai été aimé, j’ai profité de la situation, j’ai dis que j’aimais, j’ai dis « nous non ce n’est pas une histoire de cul » mais j’aimais celle avec qui j’étais « marié », j’ai profité de la situation …
Si je compare ! Les couples échangistes pour eux c’est souvent plus clair, ils trouvent des couples échangistes, font leurs affaires, … les couples polymaoureux, cherche d’abord un sentiment amoureux ! donc immensément beaucoup plus compliqué pour que le conjoint de l’autre aime son conjoint et le conjoint de l’autre ! d’où problème ! Ou alors « on s’aime » un peu, un peu compatible, pourquoi pas dire que l’on s’aime sous l’excuse du polyamour et passer un bon moment ? la frontière par rapport au libertinage ?
Désolé je pose plus de questions que je n’apporte de réponses ! mais je suis également en plein questionnement

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regis13

le vendredi 01 mars 2013 à 11h59

Je viens de te lire EVAVITA, ton questionnement est aussi le mien ! j'ai bien aimé ce que tu as écris ! beaucoup doivent se reconnaitrent là !

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Evavita

le vendredi 01 mars 2013 à 12h25

Cendre
Parce qu'il ne peut pas continuer à me voir sans mentir à sa femme.

Je passe l'ironie du non sens de cette phrase car si on réfléchi bien, ce n'est pas un fait nouveau (sauf pour toi à qui il mentait également en te faisant croire que sa femme était d'accord). Il lui a toujours été impossible de te voir à moins qu'il ne mente à sa femme!

Mais passons. Cette phrase peu avoir beaucoup de sens et en partant du principe qu'il n'était pas en train de faire de l'auto-dérision, je me demande lequel il avait en tête et lequel tu as toi même comprit.

1) Est-ce qu'il ne peut pas dans le sens où il ne veut plus mentir à sa femme? Et si oui, pourquoi cela le dérange-t-il maintenant alors que ça ne l'a pas gêné pendant des mois? Ce ne sont pas des questions rhétoriques, ça m'interpelle vraiment.

2) Est-ce qu'il ne peut pas parce que maintenant qu'il s'est fait prendre à la tromper et à lui mentir, elle est plus vigilante et qu'il a conscience qu'il n'a pas la possibilité de lui mentir sans qu'elle s'en rende compte immédiatement? (en clair, il ne peut pas parce qu'il n'est pas en capacité de le faire?)

3) Maintenant que tu as parlé à sa femme, tu es avertie que si vous continuiez à entretenir une relation amoureuse, cela serait sans le consentement de sa femme. Est-ce qu'il ne "peut pas lui mentir" parce que son mensonge ne lui est supportable que quand il est le seul à savoir qu'il trompe sa femme?

Je ne me rend pas compte si avoir des réponses à ces questions là pourrait t'aider en quoi que ce soit. Je sais juste que pour moi, c'est le genre de choses qui m'aideraient à avancer.

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Cendre

le vendredi 01 mars 2013 à 12h32

(postez pas trop vite, j'essaye de vous répondre, d'ordonner tout ça dans ma tête
Et j'ai lu tous vos pavés avec beaucoup de plaisir, merci !)

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Siestacorta

le vendredi 01 mars 2013 à 13h27

En passant, latéralement à un passage des posts de Evavita, il faut battre en brèche l'idée qu'il est plus facile de renoncer à un mono que de renoncer à un poly.

Ce sont des choix sentimentaux, de bons gros dilemmes dans les deux cas.
Il y a cette idée que vous avez sûrement entendue une fois où l'autre que "le poly, il s'en fout, il se retrouve pas seul".
L'argument est retournable : "le mono, il s'en fout, il va facilement pouvoir reconstruire la suite de sa vie et trouver quelqu'un qui respecte la norme amoureuse (au moins sur le papier. gnananère.)"

Les deux faces de cette idée sont bêtes, elles supposent toutes deux que ce qui nous lie va indifféremment vers n'importe qui. Que les gens sont interchangeables.
C'est faux, on est pareillement quitté ou on quitte pareillement quelqu'un qu'on aime, et c'est une épreuve.

Si l'Hamour n'était pas autant sacralisé, si, en général, les gens n'étaient pas nécessairement "poly à long terme", mais au moins ouverts à des rapports humains tendres et simples - qui ne demandent pas des promesses faites sur des falaises avec les cheveux au vent et des orages mythiques en fond sonore - chacun arriverait à dédramatiser mieux que l'autre choisisse polyamour ou monogamie... et arriverait à cohabiter avec quelqu'un qui a fait l'autre choix.

Bon, le bonheur est une idée neuve en Europe, tout ça, tout ça.

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Cendre

le vendredi 01 mars 2013 à 13h55

Sur que j'ai les nerfs à fleur de peau, en ce moment, j'ai comme un amplificateur émotionnel qui accentue tout ce que je vis, et en particulier les moment heureux (qui sont nombreux)
J'ai du mal à trouver les mots pour dire combien j'ai aimé lire vos messages [...]

Passons sur le fond.
La discussion a soulevé tout un tas de réflexions annexes qui m'importent toutes, je vais essayer de faire le tri.
Evavita s'excuse pour son pavé, j'ai peur de la tête du mien... j'espère que cela reste lisible tout de même. Mais c'est juste impossible à condenser. J'ai trop de réflexions en tête en ce moment, et besoin de les coucher par écrit.
Ça mériterais sûrement d'ouvrir des fils séparés pour plus de clarté, mais j'ai pas spécialement envie de m'éparpiller ce midi (et j'espère que vous me pardonnerez cette faiblesse)

Demeter
Tu sembles apprendre de toi et des autres avec une facilité à raisonner comme si cela t'était à la fois proche et étranger, comme si ce raisonnement te servait vraiment à savoir comment être au milieu de ce que tu ressens.

Je suis pas sure d'avoir tout compris. Je suis juste très heureuse de me savoir lue (orgueil ?). Et j'essaye de garder un soupçon d'humilité. Parce que oui, si j'écris ici, c'est avant tout pour apprendre. Apprendre ce que je suis. Ce qui est important pour moi. Prendre du recul face aux situations invraissemblables dans lesquelles je me suis fourée tout en acceptant d'en être heureuse.
Sur ce, si c'est un pareil chantier dans ma tête à chaque fois que je tombe amoureuse, j'aimerais bien lever le pied. Deux en 6 mois, c'est déjà beaucoup. Et en même temps, je sens la boulimie qui guête... Peut être reconnaître que j'ai déjà atteinds mes limites en termes d'organisation. (mais pareil, je sens que je peux apprendre à faire mieux ! )

Janis

Janis
On ne fait pas le bonheur des gens malgré eux.

Demeter
Le "renoncement" ne peut qu'être interne, profondément en correspondance avec celui qui le vit.

J'ai jamais eu autant envie de faire le bonheur de mes proches. Et en même temps constater les propres limites du système polyamoureux. Si je suis si heureuse en ce moment (même sans négliger les temps où ça va pas fort, et en comptant les retards professionnels accumulés, le bilan est très largement positif), c'est par ma démarche interne, le cheminement que je suis, essentiellement avec vous.
Et reconnaître que je ne peux pas imposer ce type de cheminement à mes amours (aussi bien mon mari que mon premier amant). Parce que si c'était simple pour eux de me suivre allégrement, dans cette joie de vivre que cela me procure, il l'auraient déjà fait. Que s'ils ne le font pas, ce n'est pas par mauvaise volonté ou par idiotie, mais parce que leur chemin n'est pas le même que le mien.
Et là, je me trouve un peu démunie avec mon envie de faire leur bonheur (de participer à leur bonheur, plus exactement)
Entre autre parce que le fonctionnement polyamoureux éteind certaines formes normales de faire plaisir (se consacrer entièrement à l'autre, tout partager, anticiper une demande, faire une surprise...)
Oui, il faut renoncer au mythes, au rôle de princesse (que j'ai longtemps porté), au rôle de l'épouse (et belle fille) parfaite aussi.

Audren
Je râle contre la légitimation culturelle de la jalousie, mais c'est un avis de portée générale qui ne résoud le problème de personne là tout de suite. Le pragmatisme est la seule voie individuelle qui marche.

C'est dur de travailler les compromis quand cette légitimité culturelle se pointe. Et le pragmatisme a une facheuse tendance à réduire le rêve en charpie, à nous faire redescendre, très terre à terre. Hors, si j'aime être amoureuse, c'est justement pour planer, pour la part de rêve, d'inexplicable qui me relie à mon amoureux...
Et puis, je ne souhaite pas donner trop de poids à la logique, au pragmatisme. Parce qu'en amour (je reformule une citation que j'ai fait mienne depuis) il y a des comportements irrationnels qu'on est obligé de prendre en compte, avec la même importance que toute construction logique.
Donc de nouveau, je me sens démunie face à cette jalousie (celle de la femme de mon amant, celle de mon mari), que je ne comprends pas (je serais plutôt comme Evavita sur ce coup là), contre laquelle je ne sais pas trop quoi faire ( lutter ? défendre mon bout de gras ? céder ? argumenter ? accorder une écoute bienveillante et en faire qu'à ma tête à coté ? )

Dans mon premier exemple, celui de l'amant dont j'ai rencontré ma femme, et avec lequel on a renoncé à se voir, je considère qu'on a cédé à cette légitimation culturelle de la jalousie.
Je vais essyer de répondre à Evavita sur le pourquoi on *peut pas* continuer à se voir sans mentir à sa femme
D'abord, il y a un fait nouveau : sa femme me connait, connaît mon amour pour son mari (même si elle ne l'accepte visiblement pas). C'est suffisemment marquant pour changer la donne d'une relation. Le pourquoi cet élément nouveau fait qu'il ne peut plus me voir, je ne le connais pas exactement. Parce qu'elle est plus scuspicieuse, oui, sûrement. Mais j'espère aussi parce qu'il a réalisé que le mensonge n'est pas une solution de long terme. Je ne le saurais pas. J'ai essayé d'en discuter avec lui, je n'ai eu que le silence en retour (ça fait un mois maintenant). Je pense qu'il n'a pas envie de savoir lui même. Il traine peut être un sentiment de lâcheté là dessous...
Par contre, moi, je sais pourquoi je ne souhaite plus le voir. Parce que savoir qu'il le ferait en cachette de sa femme me révulse.

regis13
À quoi sert de dire des choses qui vont "blesser" l'autre, attiser sa jalousie quand elle est là alors qu’omettre ou mentir pour le protéger ce n’est pas le trahir pour ce qui concerne nos sentiments envers lui.

Merci Régis de me donner un peu de matière sur ce sujet là. J'ai beaucoup de mal à comprendre (c'en est limite vexant, moi qui traine une fierté de comprendre beaucoup de choses assez vite). Et en même temps. Ça se tient. On revient à l'opacité nécessaire. À la pudeur. À la translucidité. Ne pas rentrer inutilement dans les détails qui font mal. Ne pas exposer, pavaner son bonheur face à la douleur de l'autre.
J'ai beaucoup de chemin à faire de ce coté là.
Négocier ce qui doit être dit et ce qui peut rester sous silence. Se mettre un minimum d'accord.
Apprendre le tact pour dire ce qui a été convenu de dire.
(Et j'ai pas mal avancé sur ce point, mine de rien ; très concrètement hier soir, merci à ceux qui m'y ont aidé ! )
La seule chose qui me rassure sur ce point, c'est que les solutions que j'élabore doucement sont toutes à base de dialogue et d'échanges. Donner la part belle au partage. Surtout le partage des émotions. Les douloureuses comme les heureuses.
C'est pour ça que j'aime.

Evavita
Je trouve bien moins douloureux qu'une relation se termine parce que ça ne fonctionne pas; que parcequ'un amoureux croiserait sur sa route quelqu'un qui surpasse à lui tout seul ce que la non-exclusivité+moi+éventuellement d'autre personnes pouvons lui apporter.

Il y a tellement de raisons, externes et internes, qui peuvent amener à la fin (ou réduction) d'une relation. Je crois que je n'essaye plus de les comptabiliser. Ni même les classer. Même si, comme toi, Evavita, je prône depuis très longtemps que seul un disfocntionnement interne est légitime pour chambouler sérieusement une relation, l'expérience m'a montré que le contexte externe peut avoir beaucoup d'influence.
Et aujoud'hui, je me surprends à ne plus m'inquiéter outre mesure à ce sujet.
Bienheureuse insécurité qui nous fait nous émerveiller chaque jour du bonheur dont on profite chaque jour. Jamais je ne me serais imaginée si heureuse dans le risque.
Le risque. Comme un animal sauvage. L'apprivoiser, lui donner des petits noms, vivre avec. Accepter qu'il nous morde parfois. Et espérer, intensément, pouvoir le cotoyer tous les jours avec toujours plus de confiance.

gdf
Heureux avec elle sans polyamour ou heureux comme polyamoureux sans elle

/me croise quand même les doigts pour ne pas en arriver là...

--

PS rapide pour Siesta : J'ai pas envie de tout ramener à un truc simple. De dédramatiser. Et je vais pas développer parce que j'ai du mal à faire des phrases et que vous avez sûrement du mal à me lire maintenant, mais gardons le sujet sous le coude, on en rediscutera, promis.

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Evavita

le vendredi 01 mars 2013 à 16h08

Attention, pavé en vue!!!


⬇ (Géronte tu gères, tu es le seul et unique ordi qui compte à mes yeux!)

Cendre
Même si, comme toi, Evavita, je prône depuis très longtemps que seul un disfocntionnement interne est légitime pour chambouler sérieusement une relation, l'expérience m'a montré que le contexte externe peut avoir beaucoup d'influence.
Et aujoud'hui, je me surprends à ne plus m'inquiéter outre mesure à ce sujet.
Bienheureuse insécurité qui nous fait nous émerveiller chaque jour du bonheur dont on profite chaque jour. Jamais je ne me serais imaginée si heureuse dans le risque.
Le risque. Comme un animal sauvage. L'apprivoiser, lui donner des petits noms, vivre avec. Accepter qu'il nous morde parfois. Et espérer, intensément, pouvoir le cotoyer tous les jours avec toujours plus de confiance.

J'ai bien envie de répondre : "oui mais non" mais comme j'ai aussi envie qu'on me comprenne, je vais être plus explicite.
Alors non, je ne "prône" pas que ¨seul un disfocntionnement interne est légitime pour chambouler sérieusement une relation¨. Je dis bien que j'imagine que pour moi, il serait plus douloureux de voir une relation chamboulée pour des raisons externes qu'interne et en particulier si la raison externe est une/un non-exclusif qui passerait par là (ce qui est son bon droit, soyons d'accord là dessus). Mais pour ce qui est du reste, je considère comme légitime toute raison qui induirait un éloignement. Et même quand il n'y en a pas (même si serte c'est plus difficile à gérer émotionnellement) parce que sauf accord passé avec quelqu'un, personne ne me doit rien et vice-versa. C'est moi qui me doit d'être à l'écoute des choses qui ne me conviennent pas et à maintenir une distance avec les personne qui ne veulent ou ne peuvent pas respecter ces points là. C'est d'ailleur un peu ce que tu fais en ne voulant pas voir un mari infidèle. Ca ne te convient pas, donc quand bien même il voudrait te voir, tu ne répondra pas à sa demande. Du moins c'est ce que j'ai comprit en te lisant.

Pour ce qui est de la suite de ton message, je suis totalement d'accord avec toi en ce qui concerne les risques et l'insécurité dans les relations humaines. Non parce que pour le reste je suis une vraie poltronne. De celle qui sont capable de jurer que jamais de never de ποτέ των ποτών on la fera faire du saut à l'élastique. Par contre, je ne pense pas que soit aussi binaire. On peut être heureux dans le risque et avoir peur quand même. Et parfois même le bonheur et d'autre sentiment positifs sont dû à cette peur. Sinon pourquoi, je vous le demande, ces accros à l'adrénaline sauteraient-t-ils tête la première dans le vide?

Siestacorta
Si l'Hamour n'était pas autant sacralisé, si, en général, les gens n'étaient pas nécessairement "poly à long terme", mais au moins ouverts à des rapports humains tendres et simples - qui ne demandent pas des promesses faites sur des falaises avec les cheveux au vent et des orages mythiques en fond sonore - chacun arriverait à dédramatiser mieux que l'autre choisisse polyamour ou monogamie... et arriverait à cohabiter avec quelqu'un qui a fait l'autre choix.

+1 de partout (si, si dans ma tête ça veut bien dire quelque chose).
Mais faut-il nécessairement ne pas se sentir poly à long terme (faudrait qu'on pense à faire une liste de toutes nos expressions, ça serait amusant) pour pouvoir accepter de cohabiter avec quelqu'un de "l'autre bord" ;) . Parce que pour un poly (enfin pour moi autant que poly), c'est pas bien compliqué d'accepter que l'autre soit mono si il est polyfriendly (comme Géronte). Bon, j'avoue, ça fout la pression de porter à soit seul la responsabilité de son bonheur amoureux.
Mais que peut-on bien trouver comme solution de cohabitation face à quelqu'un qui nous dit, "ça ne me convient pas, c'est eux ou moi". On peut juste lui dire quels sentiments on a pour lui, qu'il seraient les même avec ou sans autres amoureux, que l'on comprend que ça puisse ne pas lui être suffisant, et qu'on sera triste de le voir s'éloigner et heureux si jamais il reconsidérait la question. Parfois il est possible d'allier les deux et parfois pas. Parce que simplement tout ne dépend pas de nous.

Je sais (enfin juste ma part rationnelle le sait, le reste l'ignore volontairement) qu'on peut changer d'avis, que peut-être que dans 2 ans ou plus ou jamais, il me paraîtra comme évident qu'il y ait une personne unique que je veux dans ma vie pendant quelques temps ou plus. La Evavita d'aujourd'hui espère juste pour la Evavita de demain que si ce jour arrive, ça ne sera pas parce que c'était le seul moyen de rester avec cette personne hypothétique ou par fuite ou tout autre chose que le fait que je me sentirai heureuse dans cette situation.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Siestacorta

le vendredi 01 mars 2013 à 18h55

Evavita
Parce que pour un poly (enfin pour moi autant que poly), c'est pas bien compliqué d'accepter que l'autre soit mono si il est polyfriendly (comme Géronte).

Ce qui rend les choses plus difficiles, c'est que la polytolérance peut être plus circonstancielle que le choix polyamoureux.
Je veux dire qu'il y a plein de situations où un mono va être polytolérant ou polyfriendly ou mono-non possessif pendant un temps, ou pour quelques cas de figures, mais où, bon, avec le temps, ça va comme ça, maintenant tu restes sage et tu reviens à l'heure.

Le culturel qui revient par la fenêtre, quoi.
Et je crois que même si un poly peut se dire, au départ, "après tout si l'autre préfère rester seul à la maison, ça n'engage que lui", il se sent quand même plus ou moins légèrement menacé, attendu au tournant.
"Quand t'aura mûri, j'espère que tu me choisiras moi".

Bien qu'on essaie de pas y penser au moment où on se laisse porter par nos sentiments, ni même ensuite dans des douceurs quotidiennes qu'il n'y a pas de raison de gâcher préventivement, on peut être conscient de ça. Et je crois pas que ce soit facile au fond. Ca l'est en pratique, parce qu'on vit notre vie, mais affectivement, c'est quand même un cadre où on rend des comptes en sachant bien qu'on va pas être d'accord à un moment.

C'est ce que je veux dire en espérant une désacralisation de l'amour, une évolution des mœurs.
Ce qui m'embête dans une relation monogame, c'est pas forcément la pratique au présent, mais aussi son avenir sentimental pré-formaté.
Si on avait l'habitude d'une variété de comportements affectifs, sans se dire "si ça devient sérieux/mono c'est que ça marche, sinon c'est de la foutaise", les monos seraient moins lourdement exclusifs ou possessifs.
Si, dans la vie, la majorité des gens avait eu l'occasion de vivre beaucoup de trucs différents, vu une grande érodiversité dans son entourage, les monos verraient moins une lubbie ou une source d'instabilité dans le polyamour de quelqu'un qu'ils aiment.
Ils n'auraient pas forcément envie de plusieurs, mais ils toléreraient mieux de n'être pas l'unique objet de pensées ET désirs ET affections de leur amoureux.

C'est la pantouflitude des moeurs sentimentales plus que la seule monogamie qui met les couples polarisés dans la difficulté.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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lilitu

le vendredi 01 mars 2013 à 22h27

Merci à vous tous pour la finesse de vos posts, j'ai vécu durant toute l'année dernière une situation un peu similaire à celle dont parle Cendre, si ce n'est que l'autre femme impliquée était une amie à la base.
Et finalement comme le dit Audren ce qui m'a le plus pesé c'est cette légitimation culturelle de la jalousie.
C'est bon de sentir que l'on est pas seul à penser et surtout à ressentir un peu à côté de la norme.

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Lalou (invité)

le lundi 04 mars 2013 à 09h27

Tout ce que j'ai pu vivre depuis deux ans m'a conforté, éclairé, confirmé que j'"étais polyamoureuse", à 200%. (Bon en plus de ça je suis bi, je cumule !!).
Seulement au bout du compte, j'ai renoncé, non pas à l'être car je renoncerais à moi-même, mais j'ai renoncé à pouvoir le vivre avec les personnes que j'aime.
Mon cas est un peut être un peu rocambolesque...

J'ai été (et suis toujours) amoureuse de deux personnes: de la personne avec qui je vis depuis 10 ans; et d'une grande amie pour qui j'ai éprouvé les sentiments les plus fous, d'un coup...
J'en ai tout de suite parlé à mon ami; on a discuté, j'ai exprimé des milliers de choses sur mes ressentis, ma façon de penser, et lui des siennes. Il n'a pas cette conception des sentiments, des relations qui est la mienne. J'ai développé ma relation avec l'amiE, je ne pouvais pas y renoncer et j'espérais que l'autre personne cheminerait peut être... je ne suis pas partie, je n'ai pas réussi à prendre de décision : quitter une personne qu'on aime toujours, c'était tellement absurde ! et du coup trop difficile (avec aussi un enfant de 2 ans : même s'il n'a rien à voir dans l'histoire, l'idée de la "garde" alternée était trop dure à accepter pour moi).
Mon amiE ne s'y retrouvait pas non plus : elle était prête à "tester", ouverte à l'idée du polyamour mais nous vivions notre relation en catimini, moi dans la culpabilité, elle voulait une relation plus entière, plus investie (logique...).
Cette amiE est avec quelqu'un d'autre depuis quelques mois... Elles ne sont pas à l'aise, toutes les deux, avec le "polyamour"... J'ai donc décidé de tout stopper.
Je me suis dit que j'avais suffisamment fait souffrir tout le monde... parce que Je suis seule sur les 4 personnes concernées, à penser, concevoir la vie de cette façon. J'ai espéré "convaincre", j'ai essayé pendant un an et demi.

Et là... du coup j'ai tout perdu !!! : je suis trop amoureuse de mon amiE pour pouvoir la voir... amicalement; et j'ai un blocage complet (amoureusement) envers mon ami (refus de renoncer à l'un et m'investir avec l'autre? Non acceptation de se renier soi-même...?).

Voilà mon petit témoignage, merci pour cette question et ces échanges, ça fait du bien de s'exprimer et de vous lire !

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Lalou (invité)

le lundi 04 mars 2013 à 09h43

... et je culpabilise, culpabilise... depuis 1 an et demi... la seule chose qui me paraît "logique" à faire,et la plus absurde en même temps, c'est de vivre seule !

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clairobscure (invité)

le lundi 04 mars 2013 à 13h02

Il me semble que connaître et accepter sa capacité à aimer plusieurs personnes donne un nouveau regard sur ce qui se joue en soi-même et autour de soi. Convaincre? ce n'est pas toujours une fin en soi, mais ça donne plus de sagesse d'accepter que c'est aussi possible, pour soi, du moins pour les autres, en tout cas et même si on ne le vit par concrètement, on le vit déjà en soi, et on peut aussi apprendre à aimer sans "toucher". Le plus difficile me semble d'accepter de changer de mode d'expression de l'amour, de la tendresse, simplement apprendre à dire (au moins à soi-même) que quelqu'un compte dans notre vie sans pour autant en faire son amant.

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Cendre

le lundi 04 mars 2013 à 14h15

@Lalou.
Ton histoire me touche, mais je ne sais que te répondre, étant moi même en belle interrogation.

@Clairobscure
Oui, c'est quelque chose que je peux entendre. Même si le tactile apporte énormément à une relation, on peut y renoncer, comme compromis face à la souffrance d'autrui. Et cela ne nous empêche pas d'aimer, de garder cette relation particulière à l'autre, qui autorise cette intensité y compris entre deux personnes qui ne sont pas amantes (ou qui ne le sont plus).

Même si de mon point de vue, je l'apparente de plus en plus à un immense gâchis. à un sacrifice sur l'autel de la normalité, aux conventions sociales absurdes.

Janis
On ne fait pas le bonheur des gens malgré eux.

Déjà m'occuper du mien, avant de me préoccuper de celui des autres.

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LuLutine

le lundi 04 mars 2013 à 16h27

demeter m'a ôté les mots de la bouche, mais je voulais dire que selon moi, on ne renonce pas "par amour".

"Renoncer par amour", ça n'a aucun sens. C'est accepter de se rendre malheureux pour l'autre ???

On renonce par lâcheté, par flemme, par conformisme etc.

Mais par amour ??? Je ne le crois pas.

Par amour, je donne. Mais je ne prends pas, je ne prive pas. Que cela concerne les autres...ou moi !

Et de l'autre côté, que penser de celui ou celle qui me demande de renoncer "par amour" pour lui/elle ?
Pour moi, cette personne ne m'aime pas ! Tout simplement.

Aimer quelqu'un, c'est vouloir son bonheur. Pas lui demander de se rendre malheureux, de souffrir pour nous, de renoncer à quelque chose de bien dans sa vie. La personne qui exige ça n'aime pas. Elle est jalouse et égoïste.

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Clown_Triste

le lundi 04 mars 2013 à 16h57

LuLutine
Aimer quelqu'un, c'est vouloir son bonheur. Pas lui demander de se rendre malheureux, de souffrir pour nous, de renoncer à quelque chose de bien dans sa vie. La personne qui exige ça n'aime pas. Elle est jalouse et égoïste.

J'aime bien cette définition. Ce point de vue correspond assez à ma vision de l'amour tel que j'aime le vivre. Mais je voudrais apporter un bémol : je pense que la personne qui te demande de renoncer à quelqu'un d'autre "par amour pour elle" peut aussi t'aimer. Simplement, son amour n'est pas la seule émotion liée à votre relation, et peut-être pas celle qui gouverne. Les peurs (et la jalousie est en bonne partie associée à la peur) et les besoins psychologiques de la personne s'en mêlent et peuvent prendre le dessus sur l'amour, sans pour autant que celui-ci n'existe pas, je crois.
C'est bien triste, certes, mais bien ordinaire aussi.

C.T.

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LuLutine

le lundi 04 mars 2013 à 17h08

Clown_Triste
je pense que la personne qui te demande de renoncer à quelqu'un d'autre "par amour pour elle" peut aussi t'aimer.

Oui, j'aurais dû préciser "ne m'aime pas en faisant ça."

Tellement envie de m'insurger contre les réflexions du genre : "Mais si je te demande ça, c'est parce que je t'aime..."
Et envie de répondre : "Non, ce n'est pas parce que tu m'aimes. C'est parce que tu as peur, parce que tu es lâche, ou encore autre chose au choix, mais certainement pas par amour."

Je trouve dommage qu'on laisse sa vie et ses relations dirigées par la peur, le conformisme etc., plutôt que par l'amour, mais peut-être d'autres trouvent-ils ça "normal" (pour moi, ce sont des extraterrestres !). En revanche, qu'ils ne viennent pas prétendre que c'est de l'amour...

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Cendre

le lundi 04 mars 2013 à 18h23

LuLutine
C'est accepter de se rendre malheureux pour l'autre ?? ?
[...]
Elle est jalouse et égoïste.

Qui est le plus égoïste dans l'affaire ?
On parle d'un couple poly/mono. On parle d'un cas (vécu par certains d'entre nous) où le compagnon mono n'arrive pas à se faire une raison, à dominer sa jalousie, sa douleur.
Alors, il est malheureux dans la relation.

Le mono a toujours le choix de renoncer à la relation. Quand un avenant est ajouté au contrat, il doit être signé par les deux parties. Mais s'il y reste, c'est par amour quand même.

Dans une relation amoureuse, tout va bien tant que les deux égoïsmes vont dans le même sens, comme le souligne Lulutine ici
Et alors, je reviens à un de mes fils précédent :
/discussion/-DJ-/Monoamoureux-poly-compatible/
Où comment juger de ses besoins, de ce qui nous est indispensable et de ce qui est négociable, à l'un et à l'autre...

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Siestacorta

le lundi 04 mars 2013 à 18h46

Je crois qu'on peut demander de renoncer par amour, oui, dans le sens où l'amour n'est pas une vertu mais un sentiment, qui dépend beaucoup de la personne qui l'éprouve.

La jalousie et la possessivité ne sont pas des composantes indispensables au sentiment amoureux, mais beaucoup de personnes amoureuses sont faites pour aimer et ressentir la possessivité, ne sauraient pas aimer sans.
Et c'est pas LEUR amour qui va les changer, mais peut-être, pas sûr, c'est plutôt improbable mais on va essayer, le notre.

On va pas faire décider à l'autre magiquement que notre façon de ressentir est tellement plus logique et meilleure et altruiste.
Par contre, on peut lui en vouloir beaucoup moins pour le mal qu'il nous fait que lui ne nous en veut par jalousie.
Pas parce qu'on serait des anges, mais parce que c'est la seule manière que ça marche.

Si on a peur des velléités possessives du mono, ou si on en souffre, ou si on ne les comprend pas, on doit renoncer.
Si on aime polyaimer et si on aime cet amoureux-là encore plus qu'on ne flippe, alors, on doit être près à remettre cent fois l'ouvrage sur le métier.

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