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Monoamoureux poly-compatible ?

Monogamie
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Cendre

le jeudi 21 février 2013 à 11h35

J'en reviens pas de ce qui s'est passé hier.
J'ai envie de m'y replonger, de structurer un peu, de partager avec vous aussi...

« L'homme qui compte tellement dans ma vie. »
C'est sur, je n'ai pas confié ma vie, mon bonheur et je ne sais quelle notion romantique à n'importe qui. C'est mon n'importe qui à moi. Celui qui est là, pour moi, à mes cotés, sur lequel je peux compter, pour m'accompagner, et en ce moment, pour me suivre sur un chemin qu'il n'aurait probablement jamais envisagé seul.

Alors bien sur, le polyamour, c'est basé sur le consentement de chacun en connaissance de cause, sur la circulation de l'information, et le fait que chacun prenne en charge ses sentiments. Il est conscient de cela, accepte la démarche.
Mais il estime quand même que je ne lui laisse pas le choix. Que je lui demande des concession et pas tout à fait des compromis.
Il m'aime, il souhaite vieillir avec moi, élever des enfants avec moi, il veut me voir heureuse et épanouie. Et une fois qu'il a posé ça, il n'a plus d'autre choix que de me faire confiance, de me laisser vivre ma vie avec mes autres amoureux, auprès d'eux, même si ça lui fait mal...

Et moi, de mon coté, je ne peux pas croire qu'il me suffit d'être effrontément heureuse. C'est tricher.

C'est moi qui ai fait sauter les barrières, les limites de « notre mariage plan-plan ». Et voir l'horizon, aussi loin que porte mon regard, est tout à fait grisant. Mais il nous en faut des nouvelles, de limites. Juste, je ne sais pas lesquelles, je ne sais pas comment les formuler, comment les évoquer, comment les travailler pour qu'elles soient évolutives en fonction des besoins de chacun.

Je dis ça et on en a formulé quelques unes, hier, à propos de la translucidité. Et du « vol de temps ».

Je dis ça et je n'ai jamais eu autant confiance en lui, en Nous, en notre capacité d'écoute et d'adaptation respective, et le plus important : notre capacité à faire grandir encore notre amour par cette expérience.

Mais quand même.
Y'a tromperie sur la marchandise, y'a un truc de « pas juste » dans l'affaire...

Vous êtes sur qu'il faut pas que je garde un bout de cette culpabilité là ?

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Cendre

le jeudi 21 février 2013 à 11h52

Les besoins de chacun

Je continue ma réflexion en me relisant (je me disais aussi, un post aussi court pour un truc pareil, c'était tout simplement pas possible)

Les besoins de chacun.

C'est une de mes très vielle utopie, qui nous a d'ailleurs réuni à l'époque de notre rencontre, et pour laquelle je sais que certain d'entre vous ont des affinités.
Donner en fonction de ses moyens, recevoir en fonction de ses besoins.

C'est très beau comme idée, très noble, tout ce que vous voulez. Mais ça pose très vite de gros problèmes pragmatiques : comment est-ce que l'on juge des moyens et des besoins des uns et des autres ?
Je suis contre un système égalitariste, parce que justement, ces moyens et ces besoins ne peuvent pas être identiques d'un individu à un autre, et j'ai toujours prôné l'équité à la place.
Mais c'est forcément subjectif, comme démarche !
A partir de quand on juge que l'obèse exagère, et qu'il surestime ses besoins en nourriture ?
Qui juge ? qui intervient auprès de lui ? et comment ?

Je suis une gamine trépignant dans un stand de bonbons.
Mon mari redoute l'indigestion (ou a plus long terme, l'obésité) qui peut s'en suivre.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bouquetfleuri

le jeudi 21 février 2013 à 14h33

Hahahaha, bien sûr qu'il faut garder de la culpabilité !
Et une bonne dose encore, des fois que tu aies envie de réintégrer un mode de vie qui s'en sert comme carburant...

Bon, boutade mise à part, tu poses à mon sens un vrai faux problème et parce qu'il est vrai, perceptible, sensible, et faux à la fois, il est rudement intéressant.
Un monoamoureux poly-compatible est un joli polyamoureux, il y a aussi des polyamoureux qui font des expériences d'amour unique ou restreint. Le polyamour n'est pas une ouverture à la licence, c'est un choix de relation amoureuse, dans certaines conditions. Ton mari choisit bien de t'accompagner dans ton parcours.

Une relation amoureuse n'est pas juste, jamais. Chacun des deux, des trois, des quatre protagonistes ou plus essaient vainement de combiner des intérêts égoïstes qui sont lissés par la sollicitude, remis à niveau par la réciprocité et combiné par le dialogue, mais chaque expérience est sa propre totalité.
Celle de « L'homme qui compte tellement dans ta vie » en ce moment est de t'attendre et de faire des concessions. Tu as l'impression que ce n'est pas juste. Mais s'il jouissait de cette situation, s'il s'épanouissait au delà de ta compréhension, aurais-tu la même impression (retour d'une projection coupable, hahaha) et dans le même sens ?
La justice est une affaire humaine certes, mais n'est pas un équilibre entre des expériences différentes, c'est impossible.
D'ailleurs ce point peut se développer dans tous les secteurs de la relation amoureuse, sentimental, social, sexuel

Et je suis surpris de trouver sous ta plume cette question concernant les moyens des uns et des autres. Soyons heureux de pouvoir juger des siens, ce serait pas mal déjà.
C'est d'ailleurs tout l'enjeu de la confiance que l'on accorde à l'autre, concernant sa responsabilité, sa disponibilité, sa sollicitude et son respect. Et c'est bien cette dialectique des confiances qui rend caducs tous les jugements, tous les rapports de force et toutes les incompréhensions.

Comparaison n'est pas raison, trop d'amour ne rend jamais malade, seulement gourmand et parfois heureux.
Et tu fais une belle gamine !
Bon, c'est une réaction à chaud, pas une vérité, à peine ce que je pense. Je reviendrai sans doute plus tard...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Sauge21

le jeudi 21 février 2013 à 21h00

hummm ... je me régale ce soir de mes lectures ... j'adore aussi fonctionner en fonction des besoins de chacun, ta formule est très chouette Cendre, ... (j'arrive pas à faire une citation, quelqu'un va me dire comment on fait ?) : "Donner en fonction de ses moyens, recevoir en fonction de ses besoins" ...

ce serait pas un peu de la CNV* ? ... et alors comme dit bouquet fleuri, à chacun d'évaluer (plutôt que juger) de ses propres besoins ... de les distinguer de l'envie ? et à l'autre de savoir écouter, faciliter

bon d'accord, à certains moments dans la vie, on se retrouve en terre étrangère et on n'a plus de repères sur ses propres besoins .... vient la période de l'expérimentation, du tatonnement ... tater de part et d'autre de la limite, tater un peu plus loin voir si c'est toujours agréable ou si ça devient troooop compliqué ! ...

moi je dirais qu'il faut redoubler d'écoute pour soi-même (ça c'est pour la boulimie) et en particulier des signes habituels de malhaise qui signent le manque de ressources ou le besoin non assouvi ...

p't'être bien redoubler d'écoute pour l'autre ? ... ça c'est pour le "même si il a mal", parce que la souffrance c'est moins pire si on est pas seul avec ... ;-)

* communication non violente

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regis13

le jeudi 21 février 2013 à 22h02

Bonsoir Cendre, je viens souvent lire sur le site les témoignages. Je participe un peu en exprimant mes interrogations et mes doutes. Ton message m’interpelle parce que je vis en ce moment une situation qui ressemble à la tienne. Enfin il y a un mot que ma compagne a prononcé hier qui est exactement le même « concession ».
« Que je lui demande des concessions et pas tout à fait des compromis. »
Ton histoire ressemble également à notre histoire.
Il y a presque un an maintenant ma campagne avec qui je vis depuis 27 ans et avec laquelle j’ai deux enfants m’annonce qu’elle est polyamoureuse et qu’elle a un autre amour. Je prends acte lui explique que je comprends et accepte la situation (enfin je ne pouvais difficilement faire autrement ayant eu aussi des histoires parallèles). Au départ je trouvais l’approche plus bien ! plus besoin de se cacher, honnêteté dans les relations ! Alors moi aussi je me suis déclaré polyamoureux et du coup j’ai trouvé une amoureuse. Une amoureuse qui est monoamoureuse. Une amoureuse que j’aime passionnément avec qui j’ai envie de partagé le plus de moments possible. Je la vois quasi tous les jours je pense à elle tout le temps. J’aime ma compagne et j’aime mon amoureuse. Du coup, c'est ma compagne qui me dit qu’elle fait beaucoup de concessions !
Tu dis aussi :
« Mais il nous en faut des nouvelles, de limites. Juste, je ne sais pas lesquelles, je ne sais pas comment les formuler, comment les évoquer, comment les travailler pour qu'elles soient évolutives en fonction des besoins de chacun. »
Quand nous avons commencé cette aventure, elle m’a dit non pas de limites juste ne rien dire aux enfants, aux parents, aux amis… Alors pas de limites je me suis engagé dans ce qui ressemble à une double vie et aujourd’hui j’aime cette vie et forcément ça passe par beaucoup de concession pour elle (son amoureux est marié, la mienne non ).
Je relis et relis les messages pour comprendre ce qu’est vraiment l’amour, le polyamour.
« A partir de quand on juge que l'obèse exagère ». Quand tu as la réponse dis le ca m’intéresse

J'espère qu'un jour ton mari te dira merci de lui avoir laisser la possiblité de découvrir des amours voire un amour passionnel en dehors de celui qu'il a pour toi. Les concessions qu'ils évoquent aujourd'hui lui sembleront sans doute triviales après. Enfin pour nous c'est comme ça que ma compagne le ressents aujourd'hui !

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audren

le samedi 23 février 2013 à 16h27

Alors dans mon affaire, c'est moi le mari monoamoureux, au départ. Zéro jalousie, mais à peu près zéro choix non plus. A part l'assurance d'être libre aussi de mon côté.
Je n'ai pas trouvé ça injuste. Même quand je considérais ma liberté nouvellement acquise comme un simple titre honorifique.

Mais un an plus tard, cette liberté, j'en ai profité au-delà de mes espérances. Tandis que sa romance à elle a fini de s'empêtrer dans les contradictions et les complications de son autre amoureux, moi je suis sur un nuage avec une belle histoire en plus de la nôtre.

Ce n'est qu'un témoignage, pas une leçon. Mais ça me fait penser que ce qui compte, c'est d'abord la liberté. L'équité n'a pas besoin d'être forcément simultanée. Tant qu'on s'écoute et qu'on se soutient.

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regis13

le dimanche 24 février 2013 à 10h58

C'est drole ça ! Audran on vit presque la même histoire ! moi aussi j'en profite au delà de mes espérances. Elle n'est pas empêtrée mais son histoire d'amour avec un homme marié donc pas libre est forcément plus compliqué. Donc effectivement pas d'équité sauf en ce qui concerne le sentiment amoureux peut être mais pas en temps partagés. Nous aussi on s'écoute mais se comprendre est un peu plus compliqué. J'aime mes deux femmes je veux les deux ! j'en partage une pas l'autre. Je suis devenu polyamoureux intensément de deux femmes grâce à ma campagne devenue polyamoureuse il y a un an !

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audren

le dimanche 24 février 2013 à 17h07

Ce qui ne veut pas dire que la seule façon de bien le vivre quand son amoureux(se) se déclare poly, c'est de devenir poly soi-même.
Mais l'idée de liberté est à mon sens primordiale.

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Cendre

le lundi 25 février 2013 à 01h25

« Le consentement de chacun en connaissance de cause »

Voilà pourquoi.
C'est dur, quand même, mais il fallait le faire.
J'ai pris de l'avance, il faut qu'il me rejoigne, parce que quoi que l'on fasse de ça, on le fera à deux.
Alors là, ce soir, c'est stand by.

« Allergique à l'adultère »
Ya de ça.
Je préfère renoncer que faire quoique ce soit derrière son dos. C'est dit.

La suite au prochain épisode.
(Et merci à tous ceux qui nous ont accompagnés cet après midi)

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Cendre

le lundi 25 février 2013 à 10h57

Tentacara le jeudi 19 novembre 2009
L'amour qu'on éprouve pour une personne n'est pas conditionné par les relations qu'on a avec elle.

Dans l'absolu, je suis d'accord. Ne serait ce parce que la sensation d'amour (limerence) préexiste à la relation. M'enfin quand même. On joue pas dans la même cours entre une attirance pour un ami qui ne se concrétise pas plus que ça ( et j'en ai eu un certain nombre ) et une relation qui s'installe dans la réciprocité.

Dans mon vocabulaire on trouve le terme d'éclosion. L'amour est là prêt à éclore. Si je ( la vie, les circonstances ) ne lui laissent pas le temps ( l'espace, la possibilité ) de s'épanouir, je n'en souffrirais pas, enfin, c'est très raisonnable, comme sentiment à gérer.

La ou ça se corse pour moi, c'est pour un sentiment réciproque, indéniable, présent. Cela s'offre à nous, c'est la, juste devant, je n'ai qu'à tendre la main pour m'en saisir, et jouir de ce partage, de cette euphorie générée par les bonheur ( bonnes heures ) partagées.

Et le bonheur partagé, qui pour moi est la nourriture même de l'amour, lui, dépend quand même beaucoup de la relation !

Et ma révélation ( ou angoisse ) c'est de découvrir que si j'ai eu si peu de retour de tous ces potentiels futurs partenaires, c'est très certainement par respect de la culture, de la normalité, de la morale mono. « Tu ne convoitera pas la femme de ton prochain ». Ils ne se sont pas autorisés à me convoiter.
J'ai aujourd'hui l'intime conviction que plus d'un a pris la décision d'étouffer dans l'œuf des sentiments naissants, et ont empêché la relation de se faire ( et donc l'amour de s'installer ). Et comme je ne savais pas moi même que c'était possible... On ne souffre pas de ce que l'on ne connait pas.
Mon angoisse est donc celle-ci : à naviguer en terrain poly amoureux, on fait sauter de fait cette contrainte.

Et là, c'est plus une gamine dans une pâtisserie, c'est un ostalgique dans un super marché américain.
J'aime pas trop cette métaphore, et pourtant, je la garde. Parce que j'ai envie de la filer un peu.
Sur le coup, on ouvre des yeux émerveillé face aux choix qui s'offre à nous, face à toutes les possibilités. C'est le monde merveilleux de Wall Disney.
Mais sur le long terme, on ne peut pas être assuré que les effets soient si bénéfiques que ça. C'est pas les effets de bord qui manquent.
Parce que non, avant de découvrir cette liberté, cette possibilité, je n'étais pas malheureuse, je n'étais pas en manque d'amour, je n'étais maltraitée. Je peux même tout à fait sereinement (enfin presque) envisager de revenir à cette condition (en amour, on ne partage pas toujours que les bonheurs).

Autre métaphore, (pas de moi celle-ci) celle de la poule en batterie qui sort pour la première fois. On est deux, celle qui veut avancer et celle que la prudence fait hésiter.
Tient, j'avais un livre pour enfant qui racontait ça, l'histoire de deux lapins de laboratoire qui s'aventuraient au dehors.
Dans l'histoire, le vieux retourne dans la cage où il est sur de trouver chaleur et nourritures, le jeune s'en va galoper seul dans les prés.

Mais les prés ont-ils encore un quelconque intérêt si je ne peux les parcourir avec mon compagnon ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le lundi 25 février 2013 à 11h36

Il y a deux limites significatives à la fringale incontrôlables du gourmand dans la pâtisserie :

- son crédit. On a pas toujours assez pour se payer tout le rayon. Et les pâtisseries se laissent plus facilement séduire que les gens, tous les polyamoureux ne se sentent pas obligés de te sauter dessus à la demande ! Bref, ton désir n'est pas la seule limite, les autres dehors aussi.

- le goût. Tu peux avoir de la curiosité, et goûter au plus de choses possibles, mais ce que tu vas aimer vraiment, et ce dont tu voudras reprendre, c'est pas toute la pâtisserie tout le temps Et ya plein de trucs dont tu voudras pas... Donc on est pas dans le "n'importe quoi", mais dans la recherche.

- les limites physiques. On a pas encore inventé le micro-trou-noir dans l'estomac, ni la montre qui multiplie les heures. En gros, chacun a des limites personnelles à son contentement amoureux... Elle ne sont pas absolues, tu peux avoir ta fringuale, mais le marivaudage H-24, ça fatigue, et ça frustre de moments plus simples.

Bien sûr, comme avec tout, plusieurs aspects de ta vie peuvent te pousser à abuser des bonnes choses, par compensation, par inconscience, par mauvaise direction d'une énergie qui a besoin d'un truc - mais on sait pas quoi-éxactement...
C'est comme tout ce qui fait plaisir. Même avec l'abus d'activité physique on arrive à se faire bobo. Même en lisant trop.

Mais avec une tête bien faite, le temps et les gens pour parler de ce que tu vis et l'assumer, tu as moins de chances de te planter.
Tu t'es remis de ce qui te faisait peur avant, non ? Avouer à ton mari, rencontrer "l'Autre Femme"... tout ne se passe pas toujours au mieux, mais tout peut évoluer, et la plupart du temps, on y survit.
Ce sera pas toujours enivrant léger passionnant. Mais ça peut être très bien.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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tentacara

le lundi 25 février 2013 à 11h51

Wow! tu es remontée loin dans les fils, à ce que je vois! Tu fais de l'archéologie forumière :)
Il va de soi que le fait de découvrir que c'est possible, de désirer intégrer cette conception des relations à ton mode de vie, a fortiori d'être seule à le désirer quand ta vie est déjà liée à celle d'un autre, n'est ni facile, ni forcément bénéfique.
Beaucoup sont passés ici avec cette même problématique et se sont retrouvé au final devant un choix des plus classiques : rester avec de celui ou celle auprès de qui ils se sont engagé, ou partir explorer le monde nouveau qui s'offrait. Dans un cas comme dans l'autre, c'est beaucoup de souffrance, de questionnement, de culpabilité.
Rien ne t'oblige à rien. Ce n'est pas évident, mais il n'appartient qu'à toi de fixer tes priorités, de savoir ce qui est nécessaire à ton épanouissement.
Tu es seule à savoir si les prés ont le moindre intérêt sans ton compagnon, ou à l'inverse, si la vie avec ton compagnon est toujours si épanouissante si les portes restent fermées, alors même que tu as aperçu ce qu'il y avait de l'autre côté.
Et quand bien même, les portes finiraient-elles par s'ouvrir, tu n'as aucune garantie de ne pas trouver dehors toutes sortes de prédateurs et de désillusions qui te feront regretter de t'être aventurée hors du clapier (je reprends ta métaphore, hein, pas de malentendu!)
C'est bien là que repose toute la difficulté du polyamour : "own your fellings" dit Ethical Slut, mais cela signifie aussi que tu es seule juge de ce que ta vie devrait être, seule à agir et seule à porter les conséquences de tes actions. Tu sors du passage clouté, tu te construis une vie "sur mesure", chaque pas que tu fais, chaque rencontre, chaque erreur, chaque succès ne repose plus que sur tes seules épaules. Ton compagnon est réticent, cela se comprend, ce n'est pas dans la culture du couple que d'accéder à ce niveau de confiance dans l'amour que l'autre nous porte, dans les choix qu'il ou elle fera, dans sa capacité à nous protéger des conséquences de ses actions. Bien sûr qu'il est réticent! La question qui se pose est de savoir à quel point une fois découverte la possibilité, tu as pris la mesure des responsabilités qu'elle supposait. Cela dépend de ce que tu espères trouver dans l'ouverture, de ce que tu redoutes dans le vase clos.
Chacun ici t'apportera une réponse différente des autres.

En ce qui me concerne, puisque tu as lu si loin dans mes interventions passées, tu as pu voir que le choix n'en a jamais été un. La seule question qui se posait était être moi-même seule ou accompagnée. J'ai fini par trouver un, puis deux compagnons dont les chemins si différents du mien m'ont permis non pas de réaliser un rêve, mais d'accomplir la seule vie dont je voulais.

Le plus long dans tout ça, c'est de trouver ses propres réponses à la fois en tant qu'individu et en tant que couple. Avancez pas à pas, éprouvez votre confiance, prenez soin de vous. Le monde sera toujours là quand vous serez prêts à sortir du clapier.

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Cendre

le lundi 25 février 2013 à 12h02

Merci Siesta. Merci.

Juste une remarque en passant : c'est vrai que pour beaucoup « l'autre femme » (les autres !) aurait pu être source d'insécurité. Leur fille aussi. Mais là, c'est bon, je me reconnais bien, c'est très rassurant, même, de n'avoir aucun (mais alors aucun) doutes là dessus. Si je dois connaître la jalousie, se sera en d'autres circonstances que celles-là.

Oui, dans cet océan un poil agité, j'ai quand même quelques points fixes sur lesquels je peux compter. Même s'ils me sont strictement personnels, il ne sont pas négligeable. On peut même dire que c'est leur caractère strictement personnels qui en font toute la valeur, toute la solidité.
Avant tout avoir confiance en moi.

Les sourires sont difficile à écrire, mais vous commencez à connaître le mien.
Merci.

(Edit pour Tentacara qui a posté en même temps que moi : merci aussi. Tes mots me parlent. Vraiment.)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le lundi 25 février 2013 à 12h11

Cendre
Merci Siesta. Merci.

Juste une remarque en passant : c'est vrai que pour beaucoup «  l'autre femme » (les autres !) aurait pu être source d'insécurité. Leur fille aussi.

Ah, bon, ça marche aussi, mais je pensais à une autre antérieure, que tu as eu aussi le courage de confronter. Et juste avant, tu étais très flippée.

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tentacara

le lundi 25 février 2013 à 12h25

Très drôle, le quiproquo! Surtout du point de vue de "l'autre femme"! :-D

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tentacara

le lundi 25 février 2013 à 12h28

Méfie-toi, Cendre, quand on commence à devoir attribuer des numéros, (Autre femme #1, amant #2, etc.), c'est trop tard pour reculer ! (Pardon, je rigole toute seule ! :) )

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Cendre

le lundi 25 février 2013 à 12h56

Siestacorta
Je pensais à une autre antérieure, que tu as eu aussi le courage de confronter

C'est vrai, j'ai fais ça aussi. :-)
Flippée... L'adrénaline a du bon.
Oui, j'avais peur, mais j'étais sure de ma démarche, de ce que je voulais faire de cette rencontre, de ce que j'en attendais.
J'étais dans cet état de totale confiance, où j'assumais pleinement mon état, et les conséquences qui allaient de pair.
Et oui, j'ai eu mal de constater que la réalité était un peu (beaucoup) éloignée de mon rêve, et qu'il fallait prendre acte, qu'il fallait aller jusqu'au bout des conséquences.
Et je l'ai fait. Nous avons renoncé à toute la dimension physique de notre relation. J'ai pris ma part. Je vais pas dire que cela a été facile, mais cela s'est imposé comme une évidence alors on l'a fait.

Si le passé préjuge de l'avenir, il faut juste que je m'arme de patience. Dans quelques jours, mois, années, ces heures de doutes seront éclairées par la résolutions qu'elles auront trouvée, trouvées dans le dialogue et l'échange.
J'ai confiance en moi, en Nous, en ces nous que je peux former avec mes proches.
<3

PS sur les numéros.
J'ai commencé, bien sur, à numéroter. Parce que bon, je compte beaucoup de choses dans ma vie, c'est rassurant, c'est chronologique.
Mais quand j'ai du constater qu'il fallait que j'en rajoute entre les lignes, des amitiés amoureuses, des amours non éclos, j'ai abandonné : on va pas pouvoir se permettre de tout renuméroter à chaque changement de définition !
Tant pis pour la relation d'ordre :-D

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LittleJohn

le lundi 25 février 2013 à 14h33

Cendre

PS sur les numéros.
J'ai commencé, bien sur, à numéroter. Parce que bon, je compte beaucoup de choses dans ma vie, c'est rassurant, c'est chronologique.
Mais quand j'ai du constater qu'il fallait que j'en rajoute entre les lignes, des amitiés amoureuses, des amours non éclos, j'ai abandonné : on va pas pouvoir se permettre de tout renuméroter à chaque changement de définition !
Tant pis pour la relation d'ordre :-D

Tu peux utiliser une sous-numérotation : autre femme #1, autre femme #1.1, autre femme #1.2 ... :D

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Katouchka

le lundi 25 février 2013 à 15h22

Je ne tiens pas à ouvrir un autre fil puisque celui-ci existe et que le thème est exactement celui de mes pensées aujourd'hui. Surement encore ce café poly d'hier qui m'a donné des ailes...
Je voulais partager avec vous celles-ci, aussi pour montrer à certains (qui se reconnaitront ;) ) que je ne viens pas ici seulement pour me faire plaindre mais aussi pour y trouver des solutions, et j'en trouve, et donc je vais bien et je vous remercie pour cela.
Quant on dit monoamoureux poly-compatible forcément cela m'interpelle. C'est ainsi que je me considère.
Comme je l'ai dit hier sur le ton de la plaisanterie, dans notre "trouple" (j'aime bien le dire même si c'est loin d'être encore le cas), il y a mon amoureux et son amoureuse qui pratiquent le polyamour et moi qui m'occupe plutôt de la théorie... mais en réalité, je le pratique aussi puisque depuis un an et demi, je travaille dur comme fer pour surmonter unes à unes les angoisses générées par cette situation. Je travaille dur comme fer pour tendre vers un idéal.
Il y a un an et demi, je me suis retrouvée dévastée par cette nouvelle: il aime quelqu'un d'autre. Et voici (environ) toutes les questions auxquelles je me suis confrontée:
M'aime-t-il encore?
Va-t-il me quitter?
Qu'est-ce que j'ai fait de mal?
Pourquoi, je ne lui suffis pas?
Pourquoi me fait-il ça à moi?
L'aime-t-il plus que moi?
Est-ce qu'il veut fuir notre vie de famille?
Est-ce que je lui plais toujours?
Est-ce qu'elle c'est pour le fun? Et moi juste pour le reste?
Est-ce qu'elle veut me voler ma vie?
Est-ce qu'il aura toujours du temps pour nous?
Pourquoi devrais-je renoncer à certains temps?
Quelles sont nos limites?
Comment exprimer ses limites?
Pourquoi est-elle jalouse de moi?
Pourquoi ne veut-elle pas être mon amie?
Pourquoi ne pas construire une polyfamille?
Qu'est-ce que je veux moi?
Pourquoi tout d'un coup il y a des moments où ça me gène de l'appeler?
Pourquoi doit-il sortir pour l'appeler?
Pourquoi ne puis-je pas entendre certaines choses sans que cela me fasse du mal?
Pourquoi je n'arrive pas à dormir sans lui?
Pourquoi ai-je besoin de savoir certaines choses?
Pourquoi ça ne me fait rien de les voir se toucher?
Est-ce que moi aussi je peux tomber un jour amoureuse à nouveau tout en continuant de l'aimer lui?
...
Il y en a eu tellement d'autres...

Toutes ces questions, toutes ces peurs, balayées! (sauf la dernière, je ne sais pas encore!)
Il y en aura d'autres, il y en aura toujours d'autres mais on finit par devenir plus fort à force!
Je veux dire à tous les polyamoureux qui se demandent si leurs conjoints mono seront un jour poly-compatibles, c'est possible!!!!
Mais je conseille, de la patience, de l'écoute et de l'amour.
Je sais que des fois ça ne suffit pas mais je voulais donner une pointe d'optimisme!
Ca a marché pour moi, ça peut marcher pour d'autres!

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Cendre

le lundi 25 février 2013 à 16h54

Katouchka,

Je suis heureuse de te sentir si épanouie dans ta relation. ça fait chaud au coeur de le lire. Et puis, c'est un magnifique témoignage d'espoir que tu m'adresses, un de plus parmi tout ceux dont je dispose ici.

Merci.
Vous sentir près de moi est une des plus belle expérience que j'ai pu avoir à vivre.

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