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Renoncer au polyamour

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Aeliss (invité)

le lundi 04 mars 2013 à 18h53

Bojnjour tout le monde!

Voilà un moment que je suis pas venu sur le site. Certains me reconnaîtront,mon pseudo officiel étant Aelis.

J'ai bien suivi le conversation fort enrichissante. J'ai pas le temps de développer maintenant et encore moins de résumer ma situation.

Juste une question : en quoi la jalousie est-elle culturelle? J'ai l'impression que ma jalousie fait vraiment partie de ma personnalité et qu'il faut que je la supprime en faisant un gros travail sur moi.

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Phanero

le lundi 04 mars 2013 à 19h35

Bonsoir à tous,

Cette discussion est en effet très intéressante, j'y reviendrai certainement car j'ai pu y lire des choses qui me touchent personnellement (je vis en couple avec une poly convaincue)

Aeliss
Juste une question : en quoi la jalousie est-elle culturelle ? J'ai l'impression que ma jalousie fait vraiment partie de ma personnalité et qu'il faut que je la supprime en faisant un gros travail sur moi.

Je me pose exactement la même question car à l'inverse de Aelis, il existe des personnes qui ne ressentent jamais ce sentiment.

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Siestacorta

le lundi 04 mars 2013 à 19h36

Ce n'est pas le sentiment de jalousie qui est culturel mais le fait que la majorité trouve ça "bien" ou au moins "normal" de se conformer aux demandes possessives ou exclusives.

Les relations amoureuses ne se construisent pas sur des lavages de cerveau, il s'agit pas de changer ce qu'on ressent, mais ce qu'on fait avec ce ressenti. Beaucoup de poly te diront qu'il ressentent eux aussi de la jalousie ; ils ne l'ont pas supprimée.

Mais
- ils estiment que ce n'est pas l'autre qui l'engendre, mais eux-même qui l'éprouvent ; et que dans une certaine mesure, ils peuvent apprendre à vivre leur vie personnelle autrement qu'en limitant celle de l'autre
- ils éprouvent autre chose en plus, de l'empathie ou de la compersion, quand leur amoureux est épanoui.

Bref, on peut apprendre une autre culture affective que l'exclusivité ET ressentir la jalousie.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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gdf

le lundi 04 mars 2013 à 20h07

LuLutine

"Renoncer par amour", ça n'a aucun sens. C'est accepter de se rendre malheureux pour l'autre

Je ne suis pas d'accord. Renoncer, ce n'est obligatoirement être malheureux ! Choisir c'est renoncer, renoncer c'est choisir.
Si l'autre n'aime pas le cinema, on choisit d'aller au théâtre avec lui plutôt qu'au cinéma sans lui. On renonce à aller au cinéma.
Si on a une promo au bout du monde et que l'autre ( ou les autre) ne peut pas suivre, on choisit de partir ou rester. Dans un cas comme dans l'autre, on renonce à quelque chose. Ça ne veut pas dire qu'on n'aime pas l'autre ou qu'on n'aime pas son job, c'est un choix, une décision qu'on prend seul, en prenant en compte au mieux les sentiments de l'autre, mais pas seulement.
Je préfère parler positivement : à chaque fois qu'on renonce à quelque chose, c'est parce qu'on a choisi quelque chose de mieux. Si le renoncement nous rend malheureux, c'est qu'on n'a pas fait le bon choix.
Si les deux alternatives rendent malheureux, il ne sert à rien de le reprocher à l'autre. Il est toujours tentant de chercher un responsable pour ses malheurs, et on préfère penser que c'est l'autre qui nous rend malheureux plutôt que le choix qu'on a fait qui n'était pas le bon, mais le choix est toujours le nôtre, et une fois qu'il est fait, si on est malheureux, il faut s'en accommoder, ou faire un autre choix.

Gdf

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Kolin

le mardi 05 mars 2013 à 10h37

à Aeliss :

Pourquoi associer les sentiments au "culturel" ?
Pourquoi considérer la jalousie systématiquement comme un vilain défaut ?
Pourquoi vouloir n'avoir que des sentiments voulus et maîtrisés ?

à Gdf :

Je suis assez d'accord avec tes réflexions sur le choix et renoncer et en particulier avec :

" à chaque fois qu'on renonce à quelque chose, c'est parce qu'on a choisi quelque chose de mieux. Si le renoncement nous rend malheureux, c'est qu'on n'a pas fait le bon choix."

la vie se charge de nous donner la réponse en fait, seuls nos actes comptent au bout du compte.

à Lulutine :

Je crois qu'on ne renonce jamais par amour, pour moi le propre de l'amour est qu'il n'est pas contrôlable, et qu'il permet l'impossible ou l'impensable s'il est partagé, même au delà des préjugés et idées reçues, comme au delà des conseils et avis de l'entourage, les personnes véritablement amoureuses finissent toujours par se retrouver, quelque soient les conditions.

Pour finir, je pense qu'il vaut mieux vivre des choses imparfaites, en étant imparfait, plutôt que de vouloir avoir des réponses à tout et vouloir parfaitement contrôler sa vie, tous les questionnements peuvent être pertinents, à condition qu'ils amènent des actes positifs et constructifs et non des hésitations permanentes et/ou des questionnements sans fin.

Pour moi la notion de polyamour est non définissable, elle est propre à chacune et chacun, elle peut tout à fait être présente inconsciemment chez tout le monde, et vouloir la codifier est une erreur.

On peut essayer de la comprendre, d'échanger autour, de la vivre, mais on ne peut la légitimer et/ou l'imposer, c'est selon moi le propre de son aspect "liberté de penser et d'agir", en respectant bien sûr les autres et en n'étant pas égoïste.

Vouloir renoncer au polyamour n'a donc pour moi pas de sens.

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Aeliss (invité)

le mardi 05 mars 2013 à 14h28

Siestacorta

"Ce n'est pas le sentiment de jalousie qui est culturel mais le fait que la majorité trouve ça "bien" ou au moins "normal" de se conformer aux demandes possessives ou exclusives.

Les relations amoureuses ne se construisent pas sur des lavages de cerveau, il s'agit pas de changer ce qu'on ressent, mais ce qu'on fait avec ce ressenti. Beaucoup de poly te diront qu'il ressentent eux aussi de la jalousie ; ils ne l'ont pas supprimée.
"

Je comprends mieux à présent. Comme j'ai fait une rencontre déterminante il y a peu avec un homme qui je pense, me correspond, je lui ai juste parler de polyamour : comme beaucoup de monogames, il n'envisage pas que sa compagne puisse être avec un autre homme. Pour lui, une relation "normale" c'est deux personnes.

Personnellement, çà me dérange pas tout simplement parce que je suis pas amoureuse d'un autre homme, je l'ai été il y a pas longtemps mais je considère que mes sentiments ont évolués.

Homme marié je précise. Et j'avais envisagé le polyamour avec lui et un autre homme qui l'accepterait mais je ne veux rien imposer et on devient pas polyamoureux du jour au lendemain je suppose.

Bref, je souhaite juste une relation normale, dans le sens que moi je choisis et par rapport à mon vécu personnel :

- être libre de voir l'homme que j'aime, ce qui bien sûr n'était pas possible avec l'homme marié (qui n'a jamais envisagé de quitter sa femme et moi-même je ne l'ai pas envisagé, je lui ai juste suggérer le polyamour ca été non car il perdrait sa femme et son fils).

Néanmoins, ce qui m'agaçe dans le système de pensées, c'est que quand on est en couple monogame, on peut pas s'autoriser une liberté sexuelle sauf à tromper, et je m'y refuse! En tant que célibataire, j'apprécie la liberté sexuelle que j'ai et ne pas rendre de compte à ce sujet.

Je pense être capable d'être fidèle, pas de soucis. Mais je fais comment si mon futur amoureux et moi on est pas en phase sur le plan sexuel, malgré toutes les discussions qu'on pourrait avoir sur ce sujet? A près tout, çà peut arriver à n'importe quel couple.

Kolin

" à Aeliss :

Pourquoi associer les sentiments au "culturel" ?
Pourquoi considérer la jalousie systématiquement comme un vilain défaut ?
Pourquoi vouloir n'avoir que des sentiments voulus et maîtrisés ?"

Je pense que tu as mal interprété mes propos. J'ai associé la jalousie au culturel car j'ai beaucoup discuté avec des polyamoureux.

Et je pense pas qu'on puisse contrôler ses sentiments!

La jalousie, surtout au stade maladif, peut avoir des conséquences, j'invente rien. C'est pas mon cas je pense mais pour moi, dans certaines circonstances, çà peut être un défaut.

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Siestacorta

le mardi 05 mars 2013 à 15h11

Ben dans ta situation, Aeliss, c'est à la fois l'exclusivité culturelle contempaine et l'éventuelle jalousie de deux personnes auxquelles tu fais face : cet homme, qui ne comprendrait pas que tu ais d'autres amoureux, et sa femme, qui ne souhaite pas partager le sien.

Or les bons côtés du polyamour ne font pas une démonstration qui peut convaincre par la raison, seulement l'explication d'un penchant puis d'un choix.

Maintenant, si cet homme accepte de parler d'amour avec toi et en connaissant tes désirs, il n'est sans doute pas dans une pratique rigoureuse de la monogamie.
Ca veut pas dire qu'il serait capable de changer de vie. Mais il est déjà (en partie ? complètement ?) sorti du cadre "la monogamie fonctionne bien". Il se peut qu'il se persuade "non mais si je fais des écarts c'est temporaire, ça remet pas en cause" ou même qu'il choisisse, plus cyniquement, un monogamie de parole plus qu'une monogamie appliquée.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Siestacorta

le mardi 05 mars 2013 à 19h38

LuLutine


Tellement envie de m'insurger contre les réflexions du genre : "Mais si je te demande ça, c'est parce que je t'aime..."
Et envie de répondre : "Non, ce n'est pas parce que tu m'aimes. C'est parce que tu as peur, parce que tu es lâche, ou encore autre chose au choix, mais certainement pas par amour."

Je reviens là-dessus (c'est ma soirée auto-critique), je crois qu'il y a une part de fond vraie, quand même.
J'aime pas qu'on me dise "par amour" non plus pour embellir un acte égoïste.
Pour préciser, c'est pas parce que l'amour serait que du beau que l'excuse est bidon ; elle l'est parce que ce qu'on fait par amour pour moi ne me prend pas forcément en compte.

Je sais pas, je pourrai être amoureux d'une parfaite inconnue, et sincèrement amoureux. Le jour où je la kidnappe, oui, je serai toujours très amoureux. ET c'est ça qui m'aura motivé. Ca m'empêcherait pas d'être un un salaud.
On peut aimer très fort et être très con.

Pour revenir à la jalousie "par amour", ben c'est pareil. C'est pas incompatible, les humains ont des défauts. Y parait. Accepter de les subir, voir dans quelle mesure on est bien avec ou pas, ça tient de qu'on peut faire de bien malgré eux, avec l'amour entre les deux qui peut nous motiver à chercher l'entente plus que le refus.

T'es possessive ? Bon. Je suis non-exclusif ? Bon. Allons nous pouvoir nous faire mutuellement confiance pour trouver un terrain d'entente ?
C'est pas forcé. Mais si on aime, on va essayer. L'amour c'est pas une vertu, mais ça motive.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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demeter

le mardi 05 mars 2013 à 20h24

LuLutine
"Renoncer par amour", ça n'a aucun sens. C'est accepter de se rendre malheureux pour l'autre.

gdf
Je ne suis pas d'accord. Renoncer, ce n'est pas obligatoirement être malheureux ! Choisir c'est renoncer, renoncer c'est choisir.

Il me semble que vous dites la même chose cependant. Comme le dit Siestacorta, l'amour, comme toute propriété d'un individu, tout ce qui le caractérise, n'est pas une vertu. Sauf si on le considère ainsi, ce qui est tellement souvent le cas que le double sens de cette explication/excuse prête à confusion tant il est confondu. En revanche ce renoncement n'est réel que lorsqu'il est vécu comme un choix.

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clairobscure (invité)

le mercredi 06 mars 2013 à 15h37

...mais justement ce n'est pas toujours un choix, alors il reste quoi? l'accepter? pour ça il faut se trouver de bonnes raisons, et parfois c'est tout simplement que tout le monde n'évolue pas de la même façon, qu'il ne suffit pas de dire "je t'assure que c'est une bonne chose" pour être capable de le faire accepter, encore moins le vouloir.
Je trouve que parfois certains jouent beaucoup sur les mots pour dire "de toute façon j'ai raison et si on me croit pas c'est qu'on en vaut pas la peine". Je sais très bien que quand on aime quelqu'un qui n'arrive pas à surmonter une situation, on continue de l'aimer même s'il renonce, parce que chacun fait ce qu'il peut après tout, culpabilité ou non, et ça ne change rien à ce qui fait qu'on l'aime et, même, que c'est réciproque.

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demeter

le jeudi 07 mars 2013 à 10h51

clairobscure
...mais justement ce n'est pas toujours un choix, alors il reste quoi ? l'accepter ? pour ça il faut se trouver de bonnes raisons,

Ben non justement. Le renoncement, comme tout ce qui se ressent, c'est une réalité, pas l’œuvre de la raison. Les mots, les symboles partagés, les nôtres et ceux des autres dans la communication qu'ils permettent, peuvent masquer ce renoncement, l'analyser à l'infini, l'interdire, l'empêcher, le provoquer, le justifier, au mieux en rendre compte peut-être, mais je ne crois pas que la raison serve à grand chose dans ce cas là. En attendant il reste la souffrance, l'envie, l'amertume, l'espoir, la passion, le désespoir, une palette infinie d'émotions, de sentiments, de sensations physiques plus ou moins agréables à vivre que chacun décline comme il peut dans son contexte de vie, présent et passé, la vie en somme.
Je ne crois pas que l'on puisse modifier seul son ressenti sur le seul fait d'une idée qu'il faudrait rationaliser, à laquelle il faudrait se soumettre à la place de la précédente à laquelle on se soumet déjà, pour une cause, aussi vertueuse peut-elle sembler aux autres. Cela arrive seulement quand on confronte suffisamment longtemps ses sens à la rencontre des autres, à ce qui fait sens, quand on ressent pour soi un avantage ou un inconvénient majeur.
L'évocation d'une cause extérieure ("par amour", c'est à dire une cause vertueuse*, "pour quelqu'un", c'est à dire une personne physique) n'est qu'une manière de dire sans l'avouer qu'on ne renonce pas, mais qu'on cherche à faire porter aux autres, en toute bonne foi, sous prétexte de " raison" ou de "rationalité", notre incapacité à obtenir ce que l'on veut, ou à faire ce que l'on pense devoir faire. Une façon de se soulager à moindre frais, mais le "problème" n'est pas réglé. Cela permet de différer, et notre lâcheté semble bien être une protection qui parfois s'avère efficace. Il vaut mieux être lâche et vivant que courageux et mort. C'est à se demander si ces deux mots "lâcheté" et "courage", n'ont pas fait plus de morts que la peste et le choléra.

*Maintenant si le mot "amour" n'est qu'un mot neutre, sans notion de bien et de mal, mis sur un ressenti, il peut être une explication. Mais, culturellement, il est quand même chargé très fortement de connotation positive pour ne pas prêter à confusion.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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ipsos

le jeudi 07 mars 2013 à 11h12

J'ai bien envi de répondre, mais il y a trop à lire et je n'ai pas le temps. Je voulais juste dire que je suis dans la situation d'une polyamoureuse dont un partenaire à renoncé à notre belle relation, nos retrouvailles. Notre amour profond. Pour rester fidèle à sa compagne actuelle. C'est assez douloureux et incompressible ou difficilement digérable pour le ressentie sincère d'une polyamoureuse. Nous restons en contact en amant épistolaire et platonique. Enfin surtout moi. Et il n'a pas encore oser consulter le site, commencer à envisager de communiquer avec sa compagne. Je sais qu'il faut que j'ouvre la porte de l'amitié ou de rien mais je n'y arrive pas.

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clairobscure (invité)

le jeudi 07 mars 2013 à 16h30

Pour résumer l'idée de mon post précédent, en gros, à "lâcheté" et "courage", je préfère "compréhension des limites (temporaires et/ou "absolues") de chacun".
Non, ça n'a rien de facile, ce n'est même pas toujours possible, mais je considère que chacun a ses raisons d'agir comme il fait, et mon acceptation, autant que possible en tout cas, passe forcément au moins par la compréhension.

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Cendre

le jeudi 07 mars 2013 à 20h06

Ipsos, j'espère de tout cœur que tu parviendras, comme j'en ai eu la chance, à garder la complicité avec ton partenaire, malgré le contact purement épistolaire. Tu as tout mon soutien en ces heures douloureuses.

Pour le reste de la conversation, j'ai suivi vos débats avec intérêt, et je n'ai plus vraiment d'opinion personnelle à ajouter.
Par contre, cela me rappelle ce que l'on m'a dit ailleurs :

BouquetFleuri le jeudi 21 février 2013 à 14h33
Chacun des [...] protagonistes [...] essaie vainement de combiner des intérêts égoïstes qui sont lissés par la sollicitude, remis à niveau par la réciprocité et combiné par le dialogue, mais chaque expérience est sa propre totalité.

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Phanero

le vendredi 08 mars 2013 à 00h22

Les uns pensent que renoncer par amour est un non sens, lorsque pour d’autres c’est la décision en elle-même qui donne du sens, le choix que l’on fait. On pourrait alors se demander si il est possible de renoncer par amour… à son seul amour.

Par exemple, lorsque l’éthos de l’être aimé dépasse les limites socialement instituées, et c’est là un gain très important, il s’émancipe en exploitant son propre imaginaire. Il devient autonome. Ce gain a forcément un coût, il peut altérer l’imaginaire de l’autre de façon hétéronome. Si son amour parade narcissiquement dans l’hubris, sans véritable empathie pour les limites de l’alter, c’est alors justement la capacité d’assimilation nécessaire à l’autonomie de ce dernier qui est en danger. Cela peut-être traumatisant. Aussi peut-on se retrouver face à ses peurs, en conflit cognito-émotif. À l’inverse, la modération serait la volonté de conditionner la liberté tout en résolvant ce conflit -- permettre à l’autre de s’émanciper.

Pour ma part, je n’ai peur que d’une chose : renoncer à mon amour par amour pour "elle". Ne voulant pas être moralisateur, je ne veux ni compromis, ni concessions. Je veux être heureux et elle aussi. Nous nous aimons et je suis triste que notre choix volontaire dans le polyamour ait ouvert la boîte de Pandore. Il n’y reste plus que le mal ultime : l’espérance. L’espérance qu’elle soit heureuse, sans moi. Mon bonheur c’est qu’elle soit finalement heureuse. Et je n’y peux rien en fait, mais c’est comme cela : je l’aime ! Comme mon bonheur m’appartient, et que noyé dans son hubris je souffre, je peux faire le choix de me libérer : quitter mon amour par amour pour elle. Je vis le paradoxe et c’est porteur de sens, même ambiguë.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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lam

le vendredi 08 mars 2013 à 10h05

Aeliss
Juste une question : en quoi la jalousie est-elle culturelle ? J'ai l'impression que ma jalousie fait vraiment partie de ma personnalité et qu'il faut que je la supprime en faisant un gros travail sur moi.

Salut Aeliss, je pense que que la jalousie est culturelle, et aussi qu'une grande partie de nos personnalités sont culturelles, ou autrement dit façonnées par des valeurs socio-culturelles.

Pour moi la jalousie est justement une bonne occasion de débusquer ses propres peurs et de travailler dessus. Parce que chacun-e rempli ce sentiment composite de peurs qui lui sont propres.

@Phanero: oui on se retrouve face à ses peurs et ça peut être traumatisant. Et justement ça peut aussi faire beaucoup avancer de s'y confronter.

Mais en disant que la seule solution pour qu'elle soit heureuse c'est que tu renonces à son amour par amour (car tu ne supportes pas l'idée de la partager); je trouve que c'est nier ta capacité à travailler sur toi et tes peurs, ou affirmer que tu ne souhaites pas le faire (ce qui est totalement valable).
Au lieu de te flageller et d'envisager de la quitter comme un sacrifice tu peux aussi chercher qu'est-ce qui te rend, te rendrai heureux. Tu l'auras compris je ne crois pas du tout que le fait qu'elle soit finalement heureuse te rendra heureux toi aussi, surtout si tu attends que cela vienne d'une relation de cause à effet: c'est pas parce que tu l'aime que son bonheur te rendra heureux en ricochets, et d'ailleurs penser qu'en t’effaçant elle sera plus heureuse c'est pas te donner beaucoup d'estime pour toi-même.

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Siestacorta

le vendredi 08 mars 2013 à 11h11

Phanero
dans l’hubris, sans véritable empathie pour les limites de l’alter, c’est alors justement la capacité d’assimilation nécessaire à l’autonomie de ce dernier qui est en danger. Cela peut-être traumatisant. Aussi peut-on se retrouver face à ses peurs, en conflit cognito-émotif. À l’inverse, la modération serait la volonté de conditionner la liberté tout en résolvant ce conflit -- permettre à l’autre de s’émanciper.

Il s'agit pas d'être modéré Versus une personne qui vit actuellement des excès.
Vous avez des caractères différents, on peut aussi voir ça de façon personnelle... Des individus. Parce que le travail conceptuel simplifie caricaturalement la lecture de comportements humains.

J'ai compris que c'était tes mots pour pouvoir décrire ce qui t'arrive, d'accord !
Pour autant, si tu te vois plus comme personne que comme "fonction de modération", tu sauras sans doute mieux ce qui te plait ou pas, ce que tu aimerais et ce que tu n'as pas aimé dans tes rapports récents avec ta compagne. Et c'est à partir de ces ressentis, avec ou sans explication et conceptualisation, que tu va pouvoir prendre une décision satisfaisante.
Met de côté le blabla, écoute-toi et écoute-la sans interpréter.

Phanero
Il n’y reste plus que le mal ultime : l’espérance.

Iiiiil ne reste pluus que le maaaaal Hultime, l'Espérance en l'Hamour.
Tu as entendu parler du bovarysme ?

Raconter l'expérience, c'est aussi la scénariser, ici se mettre dans le rôle du martyr face à des forces qui te dépassent... "Mais qu'ai-je donc fait doooonc" ???? (*tonnerre dans le lointain, mer qui se déchire sur la falaise, tout ça*)
Ma qué "hubris" ? Plusieurs amants ? Ou un caractère à elle déjà porté aux grands contrastes ? Avec ta façon de raconter, c'est pas aussi un peu précisément une des choses qui te plaisent chez elle ?
Comment est-ce possible de bien vivre avec une passionnée, qu'est-ce que tu aimes là dedans, qu'est-ce que tu fais quand elle te l'exprime ?

Phanero

je souffre, je peux faire le choix de me libérer : quitter mon amour par amour pour elle.

Non, enfin tel que tu le racontes ce n'est pas forcément ce qui se passe.
C'est "en l'aimant" que tu la quitterais, mais pas par amour. Ce que tu ferais, c'est te préserver. Et c'est tout à fait louable. Mais l'amour que tu ressens, il peut te motiver à la laisser vivre d'autres histoire, il peut te motiver à accepter une rupture, et il peut aussi te motiver à venir jouer les sauveteur après... Il peut aussi te motiver à la faire interner, "pour qu'on s'occupe bien d'elle". Bref, il se mange à toutes les sauces, et si on ne voit que ce bout là, le meilleur intérêt pour chacun pourrait être oublié.

L'amour n'est pas une explication, une cause, une justification, mais une motivation.
La différence, c'est qu'est-ce que tu fais de bien ou de mal. Tu peux être motivé par des choses qui ne sont pas bonnes. Par contre, pour "bien" agir, il s'agit simplement de savoir à qui tu fais du bien, durablement.
Donc, connaitre ton propre bien, essentiellement, et essayer de l'accorder avec ce que l'autre considère comme le sien.
Ca marche, ou non.
Dans une cuisine, dans un lit, ou dans la grande scène du II.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Siestacorta

le vendredi 08 mars 2013 à 12h55

Phanero, j'ai la taquinerie peut-être un peu rude, là. T'es pas dans une situation amusante, et je ne souhaite pas alourdir la charge.

Mais je crois qu'en allant vers la discussion comme tu viens sur le forum, on a plusieurs bénéfices possibles.
Raconter la situation, alors qu'il y a peu de lieu où elle serait comprise.
Et recevoir des réponses différentes, dont certaines sont vraiment à rebrousse-poil.
Je m'attend pas à ce que tu me donnes raison, mais que tu ressortes avec un éventail d'idées autres que celles que tu aurais spontanément, avec ta façon de penser.

Et je crois que la taquinerie, du moment qu'elle est accompagnée de propositions et d'idées, est une bonne occasion de changer nos perspectives.
Bref, malgré les apparences, ya de la bienveillance, hein.

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Debbie

le samedi 31 janvier 2015 à 18h56

Je fais remonter volontairement ce post. Comme on remonte des abysses.
Parce que le titre m'a interpellé. Parce que c'est moi aujourd'hui.
Parce que vos mots et témoignages me touchent et je vous en remercie.
Parce que même venir à un café polyamoureux remettrait la zizanie dans notre quotidien.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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polpolp (invité)

le samedi 31 janvier 2015 à 20h45

Désolé pour toi par contre ce n étais pas du polyamour juste une tromperie pour toi comme pour ton amant donc c est assez évident que sa se soit mal fini, et vu que ton mari ce sent trahi ce sera quasiment impossible de revenir sur ce sujet.

C est l erreur de beaucoup de poly de commencer par la tromperie (d ailleurs je me demande ci ces personnes sont vraiment poly),
et âpres c est quitte ou double

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