Participation aux discussions
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le mercredi 11 mars 2026 à 14h45
Une des réflexions qui m’habitent en ce moment, c’est qu’une relation hétéro n’est vivable que si moi en tant que femme je me fais passer en premier en tout temps. Les hommes se font déjà passer en premier en tout temps (sauf quelques exceptions). Et donc si je me comporte avec un homme comme je me comporte avec les femmes de mon entourage, cela ne fait qu’accentuer un déséquilibre déjà présent.
Je me rends compte que c’est bien plus facile à dire qu’à faire.
Quand je reçois, j’ai toujours tendance à surestimer ce que je reçois comparé à ce que je donne, et donc à vouloir surenchérir. Ça marche avec les femmes car elles font pareil (sauf exceptions). Mais avec un homme non.
Donc mon objectif pour 2026, c’est de recevoir et demander (avec les hommes) sans culpabilité et sans forcément donner en retour. Je pense que cela pourrait équilibrer un peu les choses. Et ce serait intéressant de voir si je peux arriver jusqu’au point où un amoureux trouve que je donne trop peu. Ça ne serait sans doute pas confortable, mais cela permettrait d’expérimenter un peu différemment les choses.
Discussion : Pas facile de s'accorder du temps "off" !
Alabama
le mercredi 11 mars 2026 à 14h39
Oui j’ai parfois aussi de la difficulté à avoir suffisamment de temps pour moi. Pourtant, j’en ai déjà beaucoup. Mais j’en ai tellement manqué pendant les années de phobie scolaire de ma fille qu’aujourd’hui il m’en faut triple ration.
J’ai un seul amoureux mais c’est mon voisin de palier ou presque. Résultat, entre passer du temps seule ou accepter une de ses propositions j’ai eu tendance à accepter ses propositions (qui me font envie bien évidemment).
Là aujourd’hui je réalise que ça ne me va pas car j’ai moins de temps/énergie pour prendre soin de ma santé physique notamment, ou simplement être seule.
Mes amitiés ont aussi une très grande place dans ma vie, et il faut trouve un équilibre entre tout ça.
Résultat maintenant j’ai décidé que quand l’envie de temps seule est équivalente à l’envie d’être avec mon amoureux je choisis le temps seule. Sinon je tranche toujours en sa faveur.
Plus le temps passe et plus j’apprécie ma solitude. Ce qui est bien c’est qu’il est aussi très indépendant et je n’ai nulle besoin de répondre rapidement à ses messages et il n’en envoit pas tant que ça. Je n’ai donc pas ce genre de trop plein dans ma vie.
Discussion : Expériences de vie vs modèle relationnel
Alabama
le jeudi 05 mars 2026 à 09h28
Oui, tout pareil, je me sens complètement décalée.
Et je me sens décalée même vis-à-vis de mes amies, qui ne sont pas ultra normées, mais qui gardent malgré tout une vision de la relation amoureuse très liée au couple (hétéronormé) et à l'exclusivité.
Pour ma part je me sens aussi décalée sur ce forum, car il y est beaucoup question de couple socle, d'ouverture de couple, etc. Et que je cherche autre chose : un genre de continuum amitié-amour amoureux, avec par endroits des chevauchements, des choses qui empruntent à l'un ou l'autre des modes, bref, quelque chose de beaucoup plus fluide.
Et puis, malgré tout dans mes affects, je me fais rattraper par la norme. Je me compare (je compare ma relation amoureuse à d'autres relations amoureuses), je garde une forme de différence entre relation amoureuse, un peu de mon fait, mais grandement du fait de l'environnement qui me renvoit sans cesse à cette différence.
Je ne sais pas ce qui est de la culture ou de la nature dans ces histoires, c'est difficile à dire. En regardant le monde animal, tout existe : certaines espèces forment des couples monogames jusqu'à leur mort, d'autres batifolent tout au long de leur vie avec de très nombreux partenaires et ne forment jamais de coupe. Et au sein d'une même espèce, la culture peut produire de grandes différences également (notamment chez les grands singes).
Discussion : Je suis mono exclusif mais elle doit reprendre sa liberté
Alabama
le mercredi 04 mars 2026 à 08h54
La stratégie que tu sembles privilégier, à Savoir faire le dos rond et ne rien dire, risque de te coûter ta relation.
Se sacrifier pour l'autre, c'est exactement ce qui peut être une bombe à retardement. Si tu veux mon avis c'est la pire idée.
Il n'y a rien qui justifie de mettre de côté nos besoins.
Peut-être même que tes difficultés à dégager du temps pour ton couple viennent en partie de là. Mais ça tu le sauras en allant en thérapie...
Discussion : Corps médical
Alabama
le vendredi 27 février 2026 à 19h34
Pour le psy : je te déconseille de passer sous silence le polyamour ou tout autre élément important de ta vie sauf si tu es loin d'une grande ville et réfractaire aux séances en visio. Nous sommes en 2026 et il est tout à fait possible de trouver des professionnels de la santé mentale à l'aise avec ces sujets, notamment sur instagram, j'en suis plusieurs. Je pense à Margaux terrou par exemple.
Mais il y en a plein d'autres, notamment parmi les thérapeutes de couple/sexotherapeutes car ce sont dans ces formations qu'on trouve plus facilement des professionnels curieux des différents modes relationnels.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le mercredi 25 février 2026 à 23h23
@Aki : oui peut être as tu raison. Et en même temps, quand un homme en fait ne serait ce qu'un peu, il est souvent très félicité par un entourage peu déconstruit, par exemple les "nouveaux pères". Une femme féministe elle s'en prend plein la tête, est considérée comme trop exigeante etc.
Mais de toutes façons l'idée de changer, ce n'est pas pour plaire aux autres en principe, mais bien plutôt pour accéder à un lien à soi et aux autres plus profond. En tant que femme qui relationne amoureusement avec des hommes, bien sûr ça m'arrangerait bien que les hommes fassent le taf. Mais au bout du compte, aujourd'hui, s'ils ne le font pas ça ne va pas tellement appauvrir ma vie relationnelle.
J'ai vraiment de la peine en réalité pour les hommes qui me semblent passer à côté de choses qui me paraissent o combien importantes.
Malgré tous les désavantages à être une femme dans ce monde, et sans doute aussi parce que j'ai plein d'autres privilèges par ailleurs, vraiment je n'echangerais pas. Je crois que si les hommes pouvaient éprouver pendant une journée la profondeur et la joie qui se vit entre femmes, alors changer deviendrait une urgence vitale.
Discussion : Comparaison/imprévus/jalousie
Alabama
le lundi 23 février 2026 à 11h38
Est ce que vous n'êtes pas dans une situation hiérarchique pas vraiment conscientisée ?
Il me semble que de fait, sa vie de famille hétéro passe en premier. Et ça, oui, ça peut vraiment faire souffrir si toi tu aspires à plus d'égalité.
Je précise hétéro, parce que là ça fait un gros cumul d'inégalité.
Être en couple hétéro avec enfants, c'est le summum en terme d'image sociale.
Une relation homo sera toujours en dessous dans l'échelle du statut social.
Donc ça déjà, je pense que c'est un sujet qu'il pourrait être important de visibiliser, et de voir comment trouver des manières de compenser un peu.
Ensuite, ce serait important que tu saches de quoi tu as besoin concrètement dans cette relation pour te sentir en sécurité affective
- plus d'anticipation ? (Mais les imprévus font partie de la vie donc il faut composer avec le fait que tout ne pourra pas être anticipé)
- plus de temps de qualité passé ensemble ?
- des vacances ensemble ?
Et savoir si pour elle c'est une évidence que sa famille passe avant toi quoiqu'il arrive. Car si c'est le cas, tu seras face à un choix : accepter cette situation où tu seras toujours deuxième, ou arrêter.
Dans le cas où tu acceptes, il serait important à mon sens que tu te décentres de cette relation, et que tu te tournes vers d'autres personnes, amies ,famille ou autre, car si cette femme est le centre de ton équilibre affectif alors que toi tu es dans sa périphérie, tu seras éternellement en souffrance et ce n'est pas souhaitable
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le lundi 23 février 2026 à 11h13
Alors vraiment je voudrais m'excuser, je pense que ma manière de chercher à comprendre c'est en pointant les choses que je ne comprends pas ou que je n'arrive pas à imaginer. J'ai la critique facile et ce n'est pas forcément avec une intention de démonter tes idées, mais plutôt avec l'idee que tu y as réfléchi plus que moi et que tu as potentiellement des réponses à mes objections. Mais en me relisant je comprends tout à fait que ça puisse te décourager. Aussi, en toute honnêteté, je me méfie de la notion d'interaction à partir du moment où elle est portée par un homme : je me demande à quel point il y a un travail invisible portée par les femmes dans ces interactions. Et ça, tu ne pourras pas y répondre, par définition.
Aussi tes interventions sur le sujet ici m'intéressent beaucoup, ce sont quasiment les seules discussions auxquelles je participe car je ne suis pas très intéressée par le polyamour.
Peut-être aussi qu'il y a un malentendu, je te le propose ici :
Peut être que quand tu parles, tu te places vis à vis de la norme relationnelle commune. Et que moi quand je te réponds, je me place depuis ma manière actuelle de vivre les relations/interactions , et cette manière, bien que traversée par la norme dans laquelle nous baignons toustes, en est cependant déjà fort éloignée.
J'essaie parfois de m'astreindre à comprendre tes interventions en référence à cette norme, mais comme je me suis déjà éloignée de cette norme et que je sais que toi aussi, j'ai tendance à vouloir pousser la discussion au delà de la référence à la norme globale. Je sais pas si c'est clair.
Donc quand je dis qu'on peut relationner en respectant le besoin de solitude de l'autre, en réalité je cherche à savoir ce qu'il y a pour toi de différent, entre une interaction qui respecte les limites des uns et des autres, et une relation qui fait de même. Qu'est-ce qui les distingue ? C'est une vraie question, et non une critique.
Je peux tout à fait arrêter d'utiliser le mot interactionnisme, c'était pour aller vite, mais si ça te donne le sentiment que ça rabaisse ce dont tu veux parler ça m'embete.
Par ailleurs je suis allée lire en diagonale le texte qui parle vraiment d'interactionnisme, notamment chez les singes, et cela m'a ouvert plein de questionnements, puisque chez les singes cités dans le texte il ne semble pas y avoir de relations, seulement des interactions, qui en cascade, créent la vie du groupe et les différents rapports entre les uns et les autres, avec notamment du mouvement dans les rapports de pouvoir, ce qui semble très très loin de ce que nous vivons nous. Moi j'ai l'impression que ça va dans le sens de ce que tu essaies de théoriser mais comme je ne suis pas sûre de saisir le fond de ton propos ça reste mon interprétation.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le lundi 23 février 2026 à 09h05
@Aki : je comprends les femmes de ton entourage, car je suis dans la même démarche.
Relationner avec des hommes "en connaissance de cause", c'est accepter être exploitées pour nos capacités à" prendre soin" et à nourrir les relations. Parmi les hommes qui cherchent à se déconstruire, la plupart souhaitent la compagnie des femmes, plus que celle des hommes. Ce n'est donc pas propre aux femmes de préférer relationner avec des femmes.
Certes on ne peut qu'être déçues. Mais je préfère pour ma part être déçue, et de ce fait, indiquer aux hommes que je côtoie qu'il y a encore du boulot pour ne pas être un boulet (dans le sens être porté relationnellement) pour les femmes qu'ils côtoient, plutôt que de les conforter là où ils en sont.
Je remarque aussi qu'en relation amoureuse, beaucoup d'hommes attendent d'avoir peur de perdre l'autre pour commencer à bouger, à agir pour apprendre ce qu'ils n'ont jamais eu besoin d'apprendre. Car oui, spoiler, ça s'apprend. Et le plus tôt est le mieux car effectivement il y a beaucoup d'années à rattraper. Mais devenir une femme moyenne sur ce plan n'est pas non plus hors de portée.
Les femmes (peut être plus particulièrement féministes) de leur côté apprennent ce qu'on ne leur apprend pas : gagner en estime de soi, bricoler, aller dans des filières réservées aux hommes.
Des femmes avec peu de capacité au care, il y en a aussi plein. Par exemple moi. Je ne savais pas faire, j'avais dans la tête des schémas dits masculins, mais en tant que femme on ne nous pardonnera pas d'être nulle sur ce plan. Alors on apprend. Pour ma part j'ai appris certaines choses volontairement à l'âge adulte.
Il faudra bien que les hommes s'y mettent s'ils souhaitent relationner avec des femmes. Et si c'est d'être privés de relations avec des femmes qui peut les faire bouger eh ben go. Malheureusement la masculinité est tellement auto centrée que privés des femmes, certains en deviennent masculinistes plutôt que de se remettre en question. Parce que l'égalité ne les intéressent pas : ils veulent qu'on soit à leur disposition, nous ne les intéressons pas en tant qu'etres libres. Et c'est un peu la même chose à un niveau moins visible quand même en étant déconstruits vous trouvez normal de profiter de notre travail pour deux, tant qu'on ne vous met pas le nez dedans.
Après c'est difficile de voir ses angles morts. Mais une fois qu'on sait, il existe la thérapie, les groupes féministes entre hommes, les lectures etc... Transformer ses amitiés avec des hommes, arrêter de laisser dire/faire ses potes. Et force est de constater que ces outils sont encore très très peu investis par les hommes même "en déconstruction". C'est en ce sens que les féministes dans mon genre sont déçues : non seulement il y a un retard, mais il y a peu d'actions prises pour rattraper ce retard.
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le lundi 23 février 2026 à 08h42
@artichaut:
J'ai sans doute été maladroite mais mon objectif n'était pas de décerner une médaille à l'une ou l'autre modalité, mais plutôt, à partir de ce que je connais, essayer de comprendre où se situe l'interactionnisme dont tu parles. D'où ma question sur le plan collectif, car cela m'eclairerait sur comment tu vois les choses.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le dimanche 22 février 2026 à 22h29
Parce que j'ai répondu depuis mon tel et que le bouton citation buguait, j'ai eu la flemme de faire la blockquote manuellement.
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le samedi 21 février 2026 à 16h08
artichaut
quand un lien fonctionne avec une certaine dymanique, intensité, régularité, et que l'un·e diminue
- dans une interaction : ça s'arrête ou ça se distend
- dans une relation : l'autre souffre
Dans ton choix de te concentrer sur les interactions, il y a une recherche de non-souffrance.
Et ça m'interroge.
Non pas que je trouve génial de souffrir.
Mais j'ai le sentiment que c'est inhérent à la condition humaine, et plus particulièrement aux relations humaines.
Ce que j'imagine, c'est que tu préfères moins d'engagement, moins d'espoir, moins d'attentes, pour limiter la souffrance/douleur.
Je me demande, très naïvement, si ça fonctionne ?
Peut-être que de mon côté, je fais un choix différent : je suis d'accord de souffrir. En fait, je suis d'accord de m'attacher à des personnes même si ça signifie qu'à des moments je vais vivre des moments difficiles. Je me dis que le jeu en vaut la chandelle.
J'oscille entre une impression que préférer uniquement les interactions est une manière de fuir ce qu'il y a de dur et difficile dans les relations et un questionnement sur si au contraire ce ne serait pas une forme de sagesse.
Je ne peux pas trancher, car pour trancher il me faudrait avoir accès à tes affects, ainsi qu'à ceux des personnes qui interagissent avec toi, et ce n'est pas possible. Ou moi-même être capable de seulement interagir, ce que je ne crois pas possible me concernant.
En tous cas, je ne suis pas sûre de croire que choisir d'interagir plutôt que relationner enlève vraiment la souffrance. Quoiqu'il en soit la mort d'une personne ou son éloignement peut faire souffrir, quel que soit le type de lien. A moins d'être bouddha, et encore, pas sûre que bouddha disait qu'il est possible de s'épargner la souffrance.
artichaut
et au contraire de regarder la réalité en face
et la réalité c'est qu'on est toutes et tous des handicapés affectifs, des frustré·es émotionnel·les, et
Oui sans aucun doute.
Et je me demande à quoi c'est dû.
Est-ce inhérent à la condition humaine ?
Est-ce au contraire lié à nos modes de vie modernes ?
Je pense notamment aux anciennes manières de vivre, qui existent encore chez les chasseurs-cueilleurs où en gros, on est tout le temps avec les autres, il existe peu de personnes vivant seules, et souvent, la notion de bonheur individuel est peu présent, voire carrément inexistant.
Je me souviens d'une jeune fille avec qui j'avais un peu échangé, dans un village kurde un peu paumé. Je ne parlais pas suffisamment bien la langue pour aller dans beaucoup de nuances, donc ce que je vais rapporter est à prendre avec des pincettes, c'est mon interprétation de ses propos.
Après qu'elle m'ait un peu parlé de comment elle vit dans son village, je lui avais demandé si elle sentait heureuse. Elle m'avait regardé avec un air d'incompréhension, et m'avait répondu quelque chose comme "ce n'est pas une question que je me pose". A partir de ce que j'avais perçu de ce village et de ses habitant·e·s, je m'étais dit que peut-être, pour ces gens, la notion de bonheur individuel n'était pas pertinente, ce qui importe, c'est le collectif.
Est-ce que les termes de relations/interactions lui auraient parlé ? Est-ce que dans ce contexte cela a du sens ? Evidemment je n'en sais rien.
Mais j'imagine qu'il y a moins de carence affective quand on est très entouré·e, qu'il est facile d'être pris dans les bras, qu'on ne dort jamais seul·e, et qu'on est pris dans le flow du groupe, du rythme de vie qui est le même pour tout le monde.
Bon voilà, je me pose des questions à haute voix et je dévie un peu du sujet.
J'ai le sentiment que quand je vivais en colocation, apprivoiser ma solitude n'était pas un sujet, je ne me posais jamais la question. Parce que j'étais peu seule et que donc je ne me sentais jamais isolée.
artichaut
- relationnons avec nos voisin·es, avec les commerçant·es de nos quartiers, avec les personnes qui nous entourent et à qui on accorde si peu d'attention
Pour moi c'est une évidence. Et je pense particulièrement en milieu rural. Il ne me viendrait pas à l'idée, de ne pas "relationner" avec les commerçant·e·s, les voisin·e·s etc. C'est une des choses qui amène beaucoup de joie et de solidarité dans ma vie. Parfois cependant, ça ne prend pas, mais globalement j'ai toujours entretenu de belles relations avec mes voisines (plus que mes voisins), qui sont devenues pour certaines des amies.
artichaut
- et interagissons avec nos proches, sans rien se promettre, et en toujours acceptant l'impermanence de ces liens ; il ne tient qu'à nous de continuer à interagir et re-interagir +tard ensemble si ça nous fait du bien ; et n'est pas ce qui est beau que ça puisse s'arrêter demain et que pourtant ça continue ?
Dans l'idée, je trouve ça bien sur le papier.
Mais je pense que je suis attachée à la notion de devoir concernant certaines de mes relations. Par exemple familiales.
Il y a aussi une notion politique : si j'interagis seulement avec les personnes qui me correspondent, finalement je me retrouve dans un entre-soi certes confortable, mais avec peu de potentiel transformateur, un peu comme avec les algoritmes des réseaux sociaux, ça crée une bulle qui coupe du reste du monde.
La notion de relation, me permet de choisir de continuer à être en lien avec certaines personnes, non pas uniquement parce que c'est agréable ou que ça m'apporte quelque chose dans l'instant, mais aussi parce que je pense important de me confronter à ce qui n'est pas confortable, à ce qui me heurte parfois, à apprendre à être là même quand ça m'emmerde. Sans aller jusqu'au sacrifice, je ne suis pas à ce point, mais garder un p'tit bout d'obligations sociales, notamment envers les plus vieux par exemple, ou de manière générale des personnes vulnérables.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le samedi 21 février 2026 à 10h26
j'ai l'impression qu'on s'est trouvé entre personnes qui ont besoin de beaucoup de temps solo, de respect de soi, qui régulièrement ont besoin de couper, qui ne veulent rien promettre (quelqu'en soit les raisons).
Je ne vois pas bien en quoi c’est incompatible avec une relation.
Pour moi c’est la base de respecter les besoins de solitude, de coupure etc.
Une de mes relations les plus profondes et les plus engagées est avec une personne qui a de grandes difficultés psy. Les plans tombent souvent à l’eau. On se voit peu. Cette personne peut ne pas répondre pendant des semaines à mes messages. Pour autant c’est bien une relation : je fais avec ses difficultés et je me sens un engagement envers cette relation presque de l’ordre du « mariage » si on devait comparer avec quelque chose de la norme monogame. D’ailleurs on a déjà envisagé de se marier, pour valoriser notre amitié et détourner un peu le côté hétéronormatif du mariage.
J’essaie de voir quelle est la différence entre interactions et relations et je crois que c’est seulement la dimension d’engagement.
Les personnes avec qui j’interagis, je ne me sens aucune responsabilité long terme.
Tu as raison de dire que dans ma phrase il y a de la dévalorisation.
Je pense avoir besoin de toutes ces dimensions relationnelles, mais l’interactionnisme seul me semble encore trop néolibéral, individualiste.
Je pense qu’on a des responsabilités les uns envers les autres, au niveau collectif, et que si nos liens ne sont que des interactions , cela produit le monde dans lequel nous vivons.
Je serais intéressée de savoir comment tu imagines, à un niveau plus collectif, un fonctionnement basé sur les interactions qui ne serait pas du chacun pour soi ?
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le samedi 21 février 2026 à 10h13
T'as bien raison il ne faut pas se compliquer la vie si on peut faire plus simple, moi je suis hétéro alors je suis coincée je crois
Alors pour moi il n’y a aucun rapport avec l’orientation sexuelle, j’incluais les amitiés, les relations platoniques dans ma phrase (je pensais surtout à mes amies et pas tellement à une éventuelle relation amoureuse)
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le vendredi 20 février 2026 à 23h40
artichaut
ce n'est pas que de ma faute, mais aussi des personnes qui placent de faux espoirs en moi.
D'accord avec ça.
Je suis (ai été) cette personne.
Je crois que pour moi, c'est tellement "naturel" et simple d'exprimer ce qui se passe en moi sur le moment (je dis pas parfaitement, c'est impossible bien sûr), que ça crée un malentendu. Je me dis qu'il suffit d'apprendre, et qu'en quelques mois ce sera bon. Mais en fait pas du tout, c'est un sujet complètement vertigineux et je viens à peine d'en prendre un peu la mesure, cela m'échappait complètement.
Et le problème des émotions non-exprimées, c'est qu'elles existent quand même et teintent les moments passés ensemble, et de ce fait, même si je ne veux pas les porter ben je les porte quand même, elles m'impactent.
Une des solutions que j'ai trouvées, c'est de clore le moment quand ça arrive. Donc au lieu de tirer les vers du nez, ou de lancer une discussion, je m'en vais ou je demande à ce qu'il rentre chez lui. Ainsi j'évite la charge. Mais ça ne suffit pas non plus pour moi encore pour l'instant. Car ce n'est pas si simple. Savoir ce qu'on ressent, c'est aussi savoir ce qu'on veut, quelles sont nos besoins/limites/envies, et cela impacte donc tous les pans d'une relation.
Je sais donc maintenant que sans un minimum syndical (qui correspond aux capacités émotionnelles d'une meuf moyenne), ben ça le fait pas pour moi, c'est trop de fatigue.
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le vendredi 20 février 2026 à 23h25
artichaut
ça peut paraîre pessimiste, voire nihisliste. j'aimerais au contraire (comme l'athéisme à pu l'être à une époque) y voir un gain de réappropriation de nos vies, en tant qu'humain faillible et mortel. et de ce qu'on peut faire de positif à partir de là.
Je ne le vois pas (plus, car j'ai changé d'avis depuis la première fois que tu as évoqué ce sujet) comme pessimiste ou nihiliste pour ma part, et je vois ce que je peux y trouver d'intéressant et de nourrissant.
Je pense que je tends vers cela depuis quelques mois, j'arrive mieux à apprécier ce qui est possible, au lieu de souffrir de ce qui n'est pas possible (et je ne parle pas de pas pouvoir coucher avec untel ou unetelle, je précise car pour beaucoup de gens c'est le summum de la souffrance et moi c'est le cadet de mes soucis).
Cependant, je suis heureuse d'avoir dans ma vie des relations avec engagement, qui ne se résument pas à une série d'interactions. Oui les relations finissent toujours à un moment, mais ça n'en reste pas moins des relations dans lesquelles je mets beaucoup de moi-même et l'autre aussi, au-delà des interactions. Et ça pour moi, c'est important et c'est même nécessaire à mon équilibre affectif je dirais. C'est juste que ce n'est pas possible avec tout le monde et que j'ai beaucoup voulu des relations avec tout le monde, indépendamment de ce qui était réellement possible avec ces personnes. Cela m'a apporté beaucoup de souffrance, et aujourd'hui je commence à pouvoir vivre cela différemment, à trouver de la joie à ces interactions sans engagement, sans promesses ou alors vagues et un peu en l'air.
Je suis d'accord avec toi que ce n'est pas moins bien. C'est juste différent.
Mais moi je ne veux pas renoncer pour autant aux relations, qui se bonifient avec le temps et avec les obstacles surmontés, les personnes pour qui on se rend disponible quoiqu'il arrive, même si c'est pas le bon moment, parce qu'on a décidé que cela faisait partie de la relation justement.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le vendredi 20 février 2026 à 23h16
Allyah148
Par contre sur le côté travail émotionnel j'ai compris rapidement qu'on partait de très loin et j'ai dû m'y coller plus que ma part.
Oui voilà, c'est ce point qui bloque, y compris avec des hommes très ouverts, très au fait sur les questions de féminisme, et volontaires pour changer. Malgré la volonté, il y a toute une construction qui bloque. J'ai voulu y croire car j'avais une personne en face de moi très à l'écoute, prête à avancer malgré quelques réticences, mais au final ça avance trop lentement et toujours à mon initiative et je ne trouve pas ça soutenable sur le long terme. J'ai déjà une ado à qui je dois tirer les vers du nez, et ça me bouffe pas mal d'énergie, je peux pas en plus porter un adulte. Et puis surtout, j'ai pas envie, j'aspire à des relations d'égal à égale. Si ce n'est possible qu'avec des femmes, ma foi je vais en prendre mon parti et me limiter à interagir avec des hommes, sans trop m'impliquer tant en terme d'écoute qu'en terme de "tirage de vers du nez". Peut-être que j'aurai des surprises qui sait, et que ça m'apportera aussi de la légèreté et de la joie.
Discussion : Interaction VS Relation
Alabama
le vendredi 20 février 2026 à 12h52
Allyah148
Quand je vois ce que j'ai vécu avec une de mes amies, on a traversé de lourdes épreuves ensemble qui ont nécessité du temps, de l'énergie, des sacrifices et il y a un tel attachement affectif depuis des années, comment ne pas décrire ça comme une relation ?!
Je me retrouve bien là-dedans.
Suite à l'échange avec artichaut sur le fil concernant les relations hétéro et le féminisme, je pense que le concept d'interaction me paraît intéressant pour "relationner" (haha) avec des personnes qui n'ont pas envie/ ne peuvent pas faire leur part dans toutes les dimensions qu'impliquent les relations selon moi.
Peut-être que cela ferait effectivement moins de souffrance.
Discussion : Relation hiérarchique, dépression et nouvelles relations
Alabama
le vendredi 20 février 2026 à 11h43
Allyah148
Il a le droit de ne pas vouloir de ce rôle et il a le droit de se prioriser mais dans ce cas ça sent la fin de la relation car tu ne pourras pas aller mieux dans un contexte anxiogène pour toi. Si lui se priorise tu dois faire la même chose et surtout ne rien accepter au delà de tes limites, ta santé mentale vaut beaucoup plus que tout le reste.
Je trouve que ce résumé est parfait.
Discussion : Quel type ou degré de relation avec les hommes cis je peux envisager sans nuire à mon féminisme ?
Alabama
le vendredi 20 février 2026 à 11h01
artichaut
est-ce que du coup ta réponse à la question, c'est : « oui, mais pas une relation amoureuse » ?
je n'ai pas encore de réponse à cette question.
J'ai 1 ami homme (cis/hét). Donc techniquement, je peux répondre oui à cette question. Mais j'ai plutôt le sentiment que c'est l'exception qui confirme la règle. Et on est effectivement plus du côté de l'interaction que de la relation je dirais. Peut-être qu'avec les hommes seules les interactions sont possibles (quand on veut quelque chose d'égalitaire), et que je peux réserver le terme "relation" à mes amies ?
artichaut
une relation hétéro amoureuse équitable tu dirais que non, si je comprends bien…
mais si en perdant la relation amoureuse, tu ne perds ni le lien, ni l'amour, il y a-t-il encore relation ?
Pour l'instant, selon ma définition, oui il y a relation. Je ne peux pas parler pour l'avenir, nous sommes dans un entre-deux. Notre lien sera (est déjà) forcément différent, mais je ne sais pas vers quoi on va.