Participation aux discussions
Discussion : [Outil] Carte du tendre, XVIIe siècle
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 14h50
une chose que j'aime particulièrement dans cette carte, et ce depuis longtemps, c'est de choisir le Tendre comme nom pour la carte, le pays.
on est loin du Romantisme à venir.
regarder l'amour ou les liens affectifs, non du point de vue de l'amour-amoureux (la passion) mais depuis le territoire de la tendresse, ça change beaucoup de choses je trouve.
une chose que je n'aime pas dans l'amour-amoureux c'est l'exigence : l'exigence de sexe, d'engagement, de hiérarchie, d'exclusivité, ou de tout ce qu'on voudra (la liste est longue)
là où la tendresse, à mon sens, n'exige rien
elle est là ou elle n'est pas là
mais quand elle est là, elle se donne
je me sens + du territoire de l'Estime que de celui de la Reconnaissance… (même si le lieu-dit 'Tendresse' a été mis du côté Reconnaissance)
en tout cas, j'aime beaucoup la présence de cette ville Nouvelle Amitié sur la carte, même si je trouve difficile aujourd'hui de savoir ce qu'elle représentait à l'époque (notamment à travers cet adjectif Nouvelle)
Discussion : [Outil] Carte du tendre, XVIIe siècle
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 14h18
La Carte de Tendre
(wikipédia)
La carte du tendre est un exemple de cartographie affective et d'allégorie topographique.
Le pays fictif de Tendre s'inspire de Clélie, Histoire romaine, un roman de Madeleine de Scudéry (1607-1701).
*
La carte du tendre à notamment été chantée par les deux Georges (Moustaki et Brassens)
*
Tendre est le nom du pays.
Tendre a un fleuve Inclination, rejoint à son embouchure par deux rivières, l'Estime et la Reconnaissance.
Le pays est bordé par le Lac d’Indifférence, la Mer dangeureuse, la Mer Inimitié et les Terres Inconnues.
Les 4 villes principales :
Nouvelle Amitié
Tendre-sur-Inclination
Tendre-sur-Estime
Tendre-sur-Reconnaissance
Les lieux y sont déclinés par région
proche de Tendre-sur-Estime ( à l'est) :
- Grand-esprit
- Jolis Vers
- Billet galant
- Billet doux
- Sincérité
- Grand Coeur
- Probité
- Générosité
- Exactitude
- Respect
- Bonté
proche de Tendre-sur-Reconnaissance (à l'ouest) :
- Complaisance
- Soumission
- Petits soins
- Assiduité
- Empressement
- Grands services
- Sensibilité
- Tendresse
- Obéissance
- Constante amitié
proche du Lac d'Indifférence :
- Négligence
- Inégalité
- Tiédeur
- Légèreté
- Oubli
proche de la Mer d'Inimitié :
- Indiscrétion
- Perfidie
- Médisance
- Méchanceté
et la forteresse rocheuse d' Orgueil (« Vanité »)
———————
Voir aussi :
- Le spectre de l'amour
- [Lexique] Amour(s) et Amitié — définition(s) —
- Les 7 degrés de l'amour.
- La Carte des sortes de non-monogamies
- Les outils pour relations non-normées.
Discussion : [Outil] Le spectre de l'amour
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 13h41
Théorie triangulaire de l'amour de Robert Sternberg.
(wikipédia)
le triangle propose les amours suivantes :
passion = amour fou
intimité = amitié
engagement = amour vide
passion + intimité = amour romantique
intimité + engagement = amour-amitié
engagement + passion = amour-admiration
passion + intimité + engagement = amour accompli
et Wikipédia propose les formes suivantes :
- Le non-amour
- L'appréciation
- L'amour entiché
- L'amour de compagnie
- L'amour stupide
- L'amour consommé
Discussion : [Outil] Le spectre de l'amour
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 13h26
Je vais déjà poser en vrac des notions, des concepts, pour voir si on peut en tirer quelque chose (y compris des choses sans doute qui ne sont pas de l'amour)
- l'amour-amoureux
- le romantisme (du XIXe siècle, et éventuellement son ré-emploi contemporain)
- l'amour passion
- l'amour courtois
- l'amour Disney
- l'amour-amitié
- l'amitié
- l'amour platonique
- la camaraderie
- les copains d'abord (en réf' à Brassens)
- les potes
- les copaines
- le sexe ou l'amour sexuel
- le désir
- la parentalité (dans les deux sens, être parent de ou enfant de)
- la famille
- l'altruisme
- l'empathie
- l'amour spirituel (ou amour divin)
- l'amour de soi
- le narcissisme
- l'ego
- la dépendance affective
- l'amour pathologie
- l'amour possessif
- l'amour obsessionnel
- la NRE
- la souffrance
- le meutre "passionnel"
- l'amour-pouvoir, l'amour de puissance
- la jalousie
- la compersion
- l'amour hétéro
- l'amour du même, ou l'homo-amour
- l'amour bi, pan…
- l'amour universel
- le couple
- le mariage
- le polyamour
- l'anarel
- la polygamie
- la monogamie
- l'amour hiérarchique ou préférentiel
- l'âme-soeur
- les duos et binômes
- l'amour complice
- l'amour politique ('il n'y a d'amitié que politique')
- la tendresse
- l'amour-tendresse ou amour-tendre
Discussion : Dis...c'est quoi l'amour ?
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 13h03
Je viens de créer ce fil : Le spectre de l'amour pour tâcher d'y voir +clair…
Discussion : [Outil] Le spectre de l'amour
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 12h54
J'aimerais bien dessiner un spectre pour décrire différentes formes d'amour. Ça vous dit d'essayer ?
Un peu comme le spectre des relations amoureuses, mais dédié à l'amour et non aux 'relations amoureuses'.
Pour y faire figurer différentes d'amours et d'amitiés entre autre.
Et pour ré-actualiser la pensée grecque sur la question. La mettre au goût du jour, lui intégrer les apports de la modernité, etc.
——
Voir aussi :
- [Lexique] Amour(s)
- Amitié — définition(s) — et Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical
- Le spectre des relations amoureuses de Kirstin Rohwer.
- Le spectre de la monogamie.
- Les 7 degrés de l'amour.
- Carte du tendre, XVIIe siècle
- La Carte des sortes de non-monogamies
- Les outils pour relations non-normées.
Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 12h19
p-être faudrait-il élaborer le spectre de l'amour (de même qu'à une époque a été proposé le spectre des relations amoureuses)…
Discussion : L'amour passe par l'amour de soi
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 02h13
Siestacorta
Bref, bien que je recommande le soin de soi, que je sois plus à l'aise avec des partenaires qui le prennent assez en charge pour elle-mêmes, je ne peux pas attendre que ce soin ne soit plus nécessaire dans la relation, nier que ça fasse partie de l'amour que chacun y participe.
je ne suis pas sûr de comprendre cette phrase…
de quel soin parles-tu ?
Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 01h53
Alabama
Pour cette discussion, dans amour-amoureux, j'englobe tout ce qui est au-delà de la définition habituelle de l'amitié : se dire je t'aime, vouloir se voir beaucoup plus souvent qu'avec d'autres personnes, dormir ensemble, évidemment la sexualité puisque pour la très grande majorité des gens il n'y en a pas en amitié, etc.
Ah oui en effet on a pas les même définitions !
du coup, oui, normal, qu'on se comprenne pas forcément
Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 01h05
Alabama
Ce dont tu parles dans ton premier post concerne selon ma définition le moment où l'on "tombe" amoureux·se.
peut-être… (comme je le disais à @Astogue)
mais mon intuition, ma conviction c'est que ça perdure au delà du début, que ça façonne la suite, que ça structure l'ensemble
accepter la parfaite altérité en amour, c'est pour moi renoncer à l'amour-amoureux
Discussion : Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 00h57
Alabama
Mais se réjouir pour l'autre et avec l'autre, ami·e, amoureux·se ou que sais-je, de ses succès quel que soit le domaine, de la joie qu'ielle vit ailleurs, ça me semble être un peu la base sans laquelle il n'y a pas d'amour.
Mais j'ai la sensation que la compersion dans le polyamour c'est autre chose. C'est se réjouir précisément des autres relations amoureuses/sexuelles de ses partenaires amoureux/sexuels. Ce qui est moins évident dans la norme monogame ambiante.
Pour moi c'est la même chose. Mais oui, les normes hétéro-sexuello-amoureuse, font que tout d'un coup se réjouir pour l'autre n'existe plu, et c'est la possession qui règne.
si l'on prend en compte l'effet-miroir, ça devient assez logique. puisque ce qu'on croit l'autre est en réalité soi-même. qui accepterait d'être dépossédé de soi-même ?
et c'est corroboré par tous les mythes autour de la fusion (devenir unique à deux).
sans (la possessivité de) la monogamie (en tant que système) la compersion devient en effet assez 'naturelle'.
Discussion : Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle
artichaut
le dimanche 25 janvier 2026 à 00h49
Alabama
évidemment qu'on se réjouit pour l'autre de ne pas être l'unique personne dans sa vie, quelle question... c'est une telle évidence pour moi que je ne pensais même pas qu'on puisse en faire un concept.
J'ai une question un peu bête peut-être du coup, pour être sûre que je comprends bien de quoi on parle. Est-ce que, selon vous, dans la norme ambiante, il est normal et valorisé de vouloir être l'unique pour quelqu'un, que ce soit en amour/amitié ? Si c'est le cas je suis passée à côté, ou alors je ne côtoie pas des personnes qui pensent cela.
Je pense en effet que tu vis sur une autre planète que la plupart des gens de ce monde.
L'unique est une valeur dominante dans ce monde (dieu unique, pensée unique, héros unique, amour unique, etc).
Un autre registre de l'unique est le/la préféré·e.
Et ça commence très tôt.
Meilleur·e ami·e. il faut être l'élu·e en amour ou en amitié.
La jalousie comme preuve d'amour.
Même en "polyamour" il faut être le primaire, le socle.
Les autres sont des concurents. Ce forum regorge de ça.
Et ne pas être le premier, l'unique, c'est être relégué·e au rang de râté·e.
Discussion : Une piste pour "légaliser" les polycules ? (article)
artichaut
le mercredi 21 janvier 2026 à 13h09
Si comme chez moi, l'archive ne fonctionne pas (captchas infinis) : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/bapteme-h...
Discussion : Café poly à Grenoble et ateliers proposés
artichaut
le dimanche 18 janvier 2026 à 01h51
bienvenue à cette nouvelle initiative qui ne se contente pas de penser le poly-amour, mais aussi la tendresse au sein de nos relations/interactions affectives…
Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir
artichaut
le mardi 13 janvier 2026 à 12h41
Astogue
J'ai l'impression que tu mets en avant surtout le "premier" amour que l'on ressent pour l'autre, la découverte de l'autre. Le moment où on est dans l'idéalisation de l'autre et la projection de cet effet "miroir".
Oui c'est possible. Je me suis d'ailleurs posé la question (au début du texte).
Astogue
Mais une fois ce temps passé, on passe dans une autre forme d'amour selon moi.
est-ce encore de l'amour-amoureux ? quelle différence avec une amitié intense ? perso je n'en vois pas (autre que fantasmée, construite par la NRE justement, construite avec des projections des attentes des exigences moins présentes en "amité classique" etc).
quelle est la place de l'ego dans l'amour-amoureux non-amitié ?
il y a t-il quelque chose, un espace d'amour, entre l'amour-amoureux et l'amitié ?
qui fait dire à des couple "mon amoureux/amoureuse est mon/ma meilleur·e ami·e" (on se passerait du terme "meilleur·e" de nature très monogame, mais qu'importe ici)
qui fait dire (ou surtout penser) "je t'aime" a des ami·es.
etc
et si cet espace existe, comment le vit-on ? qu'y met-on ?
(j'imagine que c'est variable et propre à chacun·e)
en terme d'ego, en terme d'altruisme, en terme de script amoureux ou amicaux, en terme de compersion, etc ?
il y a t-il du sens à venir creuser dans cet espace ce qui relève de l'amour-amoureux et de l'amitié ? etc
j'ai l'impression qu'on manque de modèle et aussi de compréhension de comment ça fonctionne, donc de capacité à faire des choix au sein de ce no man's land, de ce purgatoire(?), de ce vaste espace si peu défriché, même par nous autres, les "poly", les "déconstruits", les "hors-du-cadre"…
Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir
artichaut
le mercredi 31 décembre 2025 à 07h23
Comment on se désaliène de tout ça ?
Je ne sais pas. Mais dans un 1er temps je dirais :
- quitter l'amour-amoureux pour l'amitié
- quiter la sexualité pour la tendresse
défocaliser de la RAS
refocaliser sur des interactions moins egocentrées, moins pathologiques
ça ne veut pas dire ne plu jamais vivre d'émotion ou de coprs intense.
mais ça veut dire déplacer le curseur. et l'ordre des priorités.
redescendre d'un cran.
ralentir.
arrêter de sauter dans le vide, à la moindre occasion d'amour et de sexe.
arrêter de penser notre vie à l'aune de ces validations.
arrêter de chercher sans cesse à créer de telles occasions et arrêter d'activer le mode frustration quand ça ne fonctionne pas ou plu.
prendre du temps pour soi.
réinventer d'autres façon d'interagir à+que1.
que se passe t-il quand on ne cherche pas en permamence à se faire valider ?
que se passe t-il quand on arrête de mettre la pression : à l'autre, aux autres, à soi-même ?
Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir
artichaut
le mercredi 31 décembre 2025 à 07h04
Petite réflexion du matin sur les injonctions genrées. Et qui vient nourrir/prolonger le texte ci-dessus.
En tant qu'homme (personne construite socialement comme homme) on vit une injonction au sexe, à la sexualité. faire le 1er pas. multiplier les conquètes. Pécho. surtout : pénétrer. et on est validé à l'aune de ce qu'on réussira ou pas sur ce plan. marqueur de la virilité si l'en est.
…et une des grosses conséquences, c'est qu'on pense les interactions/relations comme des conquêtes et l'autre comme un territoire (sexuel) à conquérir.
une autre grosse conséquence c'est qu'on galère beaucoup avec le consentement (le sien, celui de l'autre).
J'ai le sentiment qu'en tant que femme (personne construite socialement comme femme), on vit une injonction a l'amour-amoureux.
et si l'on considère que l'amour-amoureux est une pathologie miroir, que penser d'une telle injonction quand on sait par ailleurs que vivre dans ce monde en tant que femme, c'est subir dès le +jeune âge des assauts répétées de dévalorisation. être moquée, diminuée et sans cesse rabaissée à son genre, considéré comme faible, inférieur, etc. (même si culturellement ça bouge un peu, avec le féminisme mainstream).
D'un côté tout est fait pour que je n'ai pas confiance en moi (si le manque de confiance en soi n'est pas une caractéristique féminine en soi, il est clairement sur-représenté dans le genre féminin). De l'autre je subis une injonction m'incitant à rechercher un amour que je croit dirigé vers l'autre mais qui est en réalité un amour dirigé vers moi, comme une infinie et perpétuelle aliénation de moi-même.
En quelque sorte l'injonction "féminine" à l'amour-amoureux (hétéro mais pas que) est le pendant le l'injonction "masculine" à la sexualité (hétéro mais pas que).
ces deux injonctions nous incitent à se mettre la pression à soi-même et à mettre la pression à l'autre.
et ont des conséquences désastreuses dans nos interactions et nos liens affectifs. notamment en matière de consentement sexuel et de consentement relationnel.
Et je me dis que la recherche de la sexualité est aussi un genre de pathologie miroir.
Dans les deux cas (sexualité ou amour-amoureux) il s'agit de rechercher quelque chose qui flatte notre ego, qui nous valide. notamment dans nos construction genrées, mais pas que.
Ainsi la RAS (relation sexuelle et amoureuse) serait une double pathologie miroir. s'activant +particulièrement dans le registre amoureux ou sexuel selon notre genre, mais s'activant aussi dans l'autre.
Ce qui produit un sacré package explosif, qui à la fois nous sur-valide socialement (la valeur 'en couple' en rajoutant encore une couche), à la fois nous aliène totalement et nous empêche de comprendre les mécanismes en jeu, à la fois est une fabrique à quiproquo et malentendus générant d'infinis conflits à venir.
On croit chercher le bonheur (amoureux et/ou sexuel) quant en réalité on cherche juste à flatter notre ego et à se faire valider.
Discussion : Une réflexion un peu perso sur les sex dolls et le polyamour
artichaut
le dimanche 28 décembre 2025 à 19h48
Aki
Qu'en pensez-vous ?
tu fais bien ce que tu veux tant que c'est bien pour toi…
chacun·e pallie comme iel peut/veut au manque de tendresse de ce monde…
un ersatz restera un ersatz
certain·es se contentent d'une couverture lestée pour le sentiment d'être contenu·e
Discussion : Ma femme en aime un autre après 19 ans passées ensemble.
artichaut
le dimanche 28 décembre 2025 à 13h25
Bienvenu ici @Perdu63
Perdu63
je n'ai toujours connu qu'elle.
(…)
car oui je n'ai connu aucune autre relation
pardon, mais…
je trouve ça dingue de pouvoir écrire ça
on surfocalise tellement nos histoires (amoureuses si c'est bien de ça qu'il sagit, et/ou sexuelles) qu'on en oublie tout le reste :
les ami·es, la famille, les "potes", les "collègues", et jusqu'à la relation à soi-même
c'est quoi une relation ?
c'est quoi connaître quelqu'un ?
donner tant d'importance, —de suprématie même— à une seule relation, donner tant de pouvoir (sur soi) à une seule personne
on s'auto-enferme, et on s'en rend compte malheureusement trop tard.
Ma femme en aime un autre après 19 ans passées ensemble.
re-pardon
mais j'aurais presque envie de dire : il était temps !!
c'est fou le temps qu'il faut pour retrouver un peu de liberté, un peu d'amour de soi
et je te souhaite de découvrir que tu aimes déjà beaucoup d'autres gens, et que beaucoup d'autres gens t'aiment (et je ne parle pas de sexe)
je sais bien que tu n'en es probablement et actuellement pas capable.
mais j'aurais envie de t'inviter à ouvrir les yeux sur d'autres façon de voir le monde…
Perdu63
Je ne m'imagine pas avoir envie/besoin de créer une relation de mon côté.
il ne s'agit pas forcément de créer "une autre relation"
mais plutôt de revaloriser les relations que tu as déjà
avec ton entourage
et avec toi-même
car je ne peux pas croire que tu n'ai pas d'autres relations dans ta vie
à commencer par la relation à toi-même
qui si elle s'est noyée, diluée peut-être dans la relation à ta femme
c'est qu'il est grand'temps de la remettre au centre
ce que probablement tu n'aimes pas voir dans ce qui vous arrive
ce n'est pas tant que ta femme en aime un autre
mais c'est l'image que ça te renvoie de toi-même
ce n'est pas ta femme le problème —le sujet devrais-je dire— c'est toi
(ce n'est un 'problème' que si tu n'en fait pas un sujet)
le sujet c'est toi
qu'est tu devenu depuis 19 ans ?
qu'as-tu vécu ou non vécu ?
qu'as-tu mis de côté ?
à quoi as-tu renoncé et pourquoi ?
qu'est-ce qui à tes yeux accrédites que tu a de la valeur ?
qu'est-ce qui te définis ?
que tu veux faire tu de ta vie ou que veux-tu vivre avant de mourir ?
etc.
Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir
artichaut
le samedi 27 décembre 2025 à 14h44
[avertissement : ce qui va suivre est une proposition théorique sans récit personnel. je sais que certain·es aime ça, et d'autres non (ou moins).
j'envisage d'en écrire le pendant : le récit personnel de mon rapport à l'amour-amoureux (qui sans doute viendrais expliciter comment j'en arrive là). pour l'instant il n'est pas écrit, mais je le mentionnerais ici, si ça advient et chacun·e pourra alors lire ce qu'iel préfère.]
ça fait un moment que je tente —nottament sur ce forum— de modéliser quelque chose autour de l'amour-amoureux ("romantisme" comme disent certain·es à partir d'un dispensable et anachronique angliscisme). quelque chose que je ressens et que je ne parviens pas toujours à exprimer avec les mots justes. quelque chose en tout cas qui me fait m'en méfier depuis longtemps (même si les raisons et ma défiance ont beaucoup évoluées au cours du temps).
en réalité je ne suis pas certain si je vais parler de l'amour-amoureux dans toute sa palette, ou simplement de la NRE, cette intensité particulière lié aux débuts des rencontres amoureuses. mais même si ce n'est que cette dernière, ça me semble faire sens, car j'ai l'impression qu'en tant que génèse de la suite, elle est cause de beaucoup de malentendus, d'invisibilisations des enjeux réels, et des emballement/déconvenues à venir… et qu'elle structure de fait l'amour-amoureux, elle en est son essence, son carburant, et son modèle idéalisé.
qu'est-ce qui différencie l'amour (que l'on trouve notamment en amitié et en parentalité) de l'amour-amoureux ? chacun·e à ses réponses : le fait qu'il y ai du sexe, une intensité particulière, un désir de fusion, une envie irrépréssible de tout le temps être avec l'autre, les papillons dans le ventre…
beaucoup —même parmis les+ critiques de la monogamie— disent aimer ça. aimer les jeux de séduction qui y mène. aimer le shoot d'ocytocine, le regain de confiance en soi, le bienfait au moral, le boost d'ego, etc.
"tomber amoureux/amoureuse" est comme accomplir une mue, renaître à soi-même, retrouver de la joie de vivre, de l'envie d'entreprendre, de l'ouverture au monde.
Mon hypothèse, — que l'on trouve certes de ci, de là, dans des livres de psychologie, ou des réflexions de personnes concernées… mais à mon sens jamais assez approfondis — est que l'amour-amoureux ne serait rien d'autre qu'une pathologie miroir (ou une pathologie du miroir, un genre de pathologie narcissique).
Qu'est-ce que j'entends par là ?
Que ce qu'on nomme amour-amoureux est un amour que l'on croit dirigé vers l'autre mais qui est en réalité un amour dirigé vers soi (et qui à en définitive bien peu à voir avec l'autre). est une tentative inconsciente voire desepérée de s'aimer soi à travers l'autre. tentative innassumée et innasummable car non comprise comme telle.
Certain·es diront peut-être que je réinvente l'eau chaude, que j'énonce des évidences, des banalités. Mais c'est peut-être car on s'arrête là et qu'on ne prend pas la peine d'en tirer les conclusions qui à mon sens s'imposent.
Pouquoi faire ce constat ? à quoi ça sert ? qu'est-ce que ça apporte ?
J'ai le sentiment que ça apporte de la compréhension des enjeux, des mécansimes et de la clarté sur nos difficultés ou nos échecs.
les papillons dans le ventre…
ça se passe dans notre bide, dans notre corps
ça devrait être un énorme indice que ça nous concerne nous, et que ça n'a rien à voir avec l'autre !
la jalousie
si l'on est dans la croyance que l'autre (et pas seulement l'image qu'on se fait de l'autre) fabrique cet amour-amoureux en nous, et tout ce qu'on peut constater comme "effet positifs" sur nous-même (notre corps, notre mental), alors tout d'un coup l'idée que l'autre puisse disparaître, même momentanément (soupçon réel ou fantasmé d'infidélité conjugale, peur d'être remplacé·e) devient absolument inentendable, et on peut effectivement avoir l'impression que le sol s'effondre sous nos pieds.
c'est comme si on te donne un talisman en te disant "tiens ta joie de vivre est contenue là-dedans" et qu'à un moment on te l'enlève. tu ne peux que t'effondrer.
la sexualité…
partager du bon sexe, nous fait du bien au corps et à l'âme. alors oui, vu comment on nous présente l'amour-amoureux, quand ça nous arrive de partager du bon sexe, on se croit facilement amoureux-amoureuse. et on peut facilement croire avoir besoin de l'autre pour maintenir cet état de félicité.
le manque, la dépendance
l'amour-amoureux fonctionne comme une drogue, normal qu'on devienne rapidement accroc et qu'on ai du mal à faire sans. mais on n'est pas accroc à l'autre, de même qu'on n'est pas accroc à son dealer, on est juste accroc à un produit (au sens de ce qui est produit par)
les exigences, les attentes
puisqu'il nous semble que l'autre peut produire de tels effets sur nous, on en veut toujours plus, comme avec notre dealer.
de surcroît on a le sentiment de donner (par exemple en disant "je t'aime") ou d'être (amoureux/amoureuse) et pas tant d'avoir, de recevoir.
c'est pourtant bien dans l'avoir, dans le recevoir (voir dans le donnant-donnant, pas toujours explicite, ni explicité) que se jouent les attentes.
regarder mieux la valeur de ce qu'on reçoit déjà (de soi à soi) dans ce lien fantasmé à l'image de l'autre, nous permettrait peut-être de nuancer nos exigences. ou du moins à mieux les expliciter. par exemple : c'est pas parce que je suis amoureux/amoureuse que j'ai des attentes, mais car je te donne que je veux recevoir.
l'aveuglement
on ne se rend pas compte qu'on s'aime d'abord soi à travers l'autre. on croit aimer l'autre.
- on croit vivre de l'amour, voire passer des contrats d'amour, alors que les dés sont faussés dès le départ
- on ne voit pas tout ce qu'on reçoit déjà, on pense que c'est juste "la magie de l'amour"
- on se croit légitime à exiger des choses sans voir le contre-sens que pourtant ça fabrique (si j'aime réellement l'autre, je ne veux rien d'autre de lui/elle que son bonheur)
- on est tellement ancré·e dans nos idées ou ressentis sur l'amour qu'il est très difficile d'envisager les choses autrement, on se fourvoie et on finit presque toujours dans le mur
Tout prend tout de même tout d'un coup beaucoup de clarté quand on regarde les choses sous cet angle. Y compris dans les remèdes.
remède à la Jalousie : prendre soin de soi, par soi-même. se donner de l'attention, etc.
J'y vois aussi un truc d'honnêteté, vis à vis de l'autre et vis à vis de soi-même.
Voir les endoits où réellement je suis en train d'aimer l'autre, de vouloir son bien, etc.
Et voir les endroits où sans m'en rendre compte, je suis juste en train de (chercher à) m'aimer moi-même.
Aparté : On pourrait être tenté ici de faire un parallèle entre l'amour-sentiment et aimer-verbe_d'action, et de hiérachiser en amour, l'action sur le sentiment, mais je ne m'y risquerais pas, car
- de même que dans le sentiment il peut y avoir amour sincère de l'autre (disons de type amour-amitié), ou amour de soi déguisé en amour de l'autre (l'amour-amoureux) ;
- de même dans l'action, dans le don-d'amour, le prendre_soin etc, il peut y avoir un don sincère et désintéressé (altruisme) ou un don utilitariste (d'auto-valorisation, ou de logique non explicite de donnant-donnant avec attente de retour sur investissement) pas forcément conscientisé.
Donc l'un comme l'autre —sentiment ou action— peuvent être ce qu'ils prétendent être, mais peuvent tout aussi bien être des leurres à soi-même et à l'autre, si l'on ne prend pas émminemment conscience de ce qu'ils sont (et si on ne les explicitent pas pour ce qu'ils sont).
J'ai le sentiment, par cette tentative de modélisation, de ne faire qu'entr'ouvrir une porte qui récèle vraiment beaucoup, mais que pour la plupart —même chez les +déconstruits— on ne veut pas voir, ou en tout cas on ne veut pas fouiller trop loin.
J'ai le sentiment que pour embrasser la vastitude de l'étendue que ça ouvre, et les potentiels à plein de niveaux, ça demande d'accepter de prendre de la distance avec des certitudes ancrées en nous par quelques siècles (même si ce n'est que 3 ou 4) d'apologie amoureuse systèmique monogame. mais aussi de prendre de la distance avec ce que l'on pense être des réactions corporelles/émotionnelles nous appartenant, alors qu'elles sont tout autant socialement construites.
admettre que tomber amoureux/amoureuse est un fake… que l'on se ment à soi-même et à l'autre… et que l'on cherche en réalité à s'aimer soi, presqu'en utilisant l'autre… est un pas qui n'est pas facile à faire.
mais quel pas ! et quels horizons s'ouvrent alors !
ça donne presque un peu le vertige.
mais un vertige, putain d'enthousiasmant, je trouve.
et dont on a sans doute pas fini d'en mesurer les imbrications, les ramifications et les conséquences.