Participation aux discussions
Discussion : Polybéral #1— le nombre de relation-s (quantité ou qualité)
artichaut
le mardi 12 février 2019 à 00h13
alinea7
une façon de se nourrir de l'autre
l'image d'un vampire m'a sauté au yeux en lisant cela
alinea7
une absence de plaisir à faire plaisir
(…)
cette dissociation des émotions empathiques
j'aime "bien" cette façon de dire
.
et merci @Loou de recomplexifier quelque peu le débat quantité x qualité
Loou
les gens ont tendance à ne valoriser que les relations amoureuses donc je me trouve un peu coincée à part quelques heureuses exceptions...
Oui, c'est assez terrible, même en milieu poly, de s'entendre dire « Mais enfin artichaut, on n'a plus de relation ensemble… » alors qu'on se voit régulièrement, qu'on compte l'un.e pour l'autre, qu'on partage des choses importantes… ça me rend triste quand ça arrive, même si je sais que ce n'est pas dit pour blesser, que même c'est "juste une façon de parler" (comme on dit).
Pourtant ça dénote pas mal de différences sur comment "on" voit les choses. D'autant que ce "on n'a plus de relation ensemble…" tu peux le sentir, en non verbal, sur plein d'autres petits détails… car y'a tjs la/les relatiiiion-amouuuureuse-et-sexuuuuelle qui, elle, tire +vers le haut et est clairement prioritaire sur les autres.
Tiens je m'en sentirais presque jaloux.
…et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
Loou
J'ai longtemps aussi valorisé la qualité à la quantité, en essayant de nourrir des relations avec des gens que je voyais très souvent et de préférence en tête à tête, pour créer une certaine complicité que j'ai du mal à cultiver en groupe...
Moi j'en suis là. Ça fait quelques années que j'ai mis ça en place.
Loou
Si on fait attention à ne pas tomber dans ce schéma-là plein de choses sont possibles.
Ben déjà faut avoir envie, sincèrement, profondément, de ne pas tomber dans ce schéma-là.
Et puis ça ne suffit pas toujours. ça demande un peu d'attention, de savoir-faire, voire d'outils si besoin.
Enfin chez moi, qui ne suis pas socialement construit comme ça, ça demande un peu de taf (porter une attention à plein de petites choses qu'on peut facilement ne pas voir, réprimer certaines pulsions, ou attendre un peu avant de dire certaines choses).
Mais le taf en vaut largement la peine qu'on s'en donne.
Discussion : Polybéral #1— le nombre de relation-s (quantité ou qualité)
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 20h09
bidibidibidi
Tu poses énormément de questions dans tes deux posts.
Je vais poser des réflexions au petit bonheur la chance pour donner de l'eau à ton moulin.
Merci !
bidibidibidi
Je pense qu'il y a quelque chose de réel là-dedans. Si tu n'as qu'une relation en étant anarchiste relationnel (et si on part du principe que tu vis ton courant philosophique
Pourtant j'aimerais que l'on puisse se dire poly et ne pas avoir de relation ; anarchiste relationel.le et en avoir une ou dix (peu importe). Ça serait +simple.
bidibidibidi
une relation pour un anarchiste relationnel apporte moins qu'une relation pour un monogame.
hum, c'est un peu catégorique comme affirmation
mais admettons que ce soit souvent le cas
bidibidibidi
Pourquoi veux-tu fréquenter des milieux LGBTQI+ sans être au minimum bi ? Pourquoi ne pas fréquenter des milieux de personnes avec des points communs par rapport à toi ?
Je ne "veux" pas fréquenter des milieux LGBTQI+
Je ne parlais pas pour moi.
Et en fait je me suis très mal exprimé. Tu peux être L et G ça ne pose pas de problème. Pas besoin d'être Bi.
C'est plutôt si t'es Bi, qu'avoir uniquement une/des relation/s hétéro sera mal vu.
bidibidibidi
Le travail est en chute libre. La famille est en chute libre. Il reste les relations sentimentales. Je peux comprendre que des gens tentent de chercher une réalisation dans le domaine. Tout comme certaines personnes accumulent des billets, certains accumulent des relations.
hum, oui, ce serait donc bien une manière d'entrer en relation, pour ce qu'elle apporte socialement, et non pour relationner spécifiquement avec tel ou telle personne
c'est de la relation d'intérêt, comme à l'époque des mariages d'intérêts
bidibidibidi
on peut critiquer ça, mais, indéniablement, notre univers sexuel s'est agrandi. De là à vouloir l'explorer pleinement...
cela-dit il n'y a pas forcément besoin d'être "en relation" pour ça
bidibidibidi
Avoir beaucoup de relations augmente l'estime de soi, réellement. Et la sensation de sécurité quant à notre capacité à toujours trouver de l'émotion, de la tendresse et du sexe.
là encore, hum, ce sont des raisons bien discutables d'entrer en relation
même si je suis d'accord que c'est ça que ça produit
redorer son estime de soi par l'autre me semble particulièrement bancal ou dangereux (pour soi ou pour l'autre), et une vision très utilitariste des autres
quant à la sécurité, capacité à toujours trouver de l'émotion, de la tendresse et du sexe, ben c'est comme en régime monogame, quoi
on ne change pas grand chose à l'affaire
poly-mono même combat
bidibidibidi
Je vais me permettre de te poser une question : Quel est ton problème avec le polybéral ?
Bonne question, quoique peut-être un peu tôt (je cherche aussi la réponse).
Disons, que j'ai le sentiment que, l'air de rien, le Polybéral est en train de devenir un genre de norme, mais une norme non-pensée, une norme par défaut, …exactement comme la monogamie quoi.
Du coup ça donne envie d'en dessiner les contours, pour voir ce qu'il y a dans la carcasse, pour pourvoir choisir en connaissance de cause.
Et puis je sens que y'a des trucs qui me dérange (comme la notion de relation utilitariste) sans forcément réussir à discerner quoi ou à le formuler.
Et puis comme je disais, je pense bien qu'il y a du Polybéral en moi (moins qu'avant, mais il y en a), alors j'ai envie de comprendre, pour savoir si c'est des choses que je veux déconstruire, ou si en fait, pas de problème, et je vis très bien avec.
Bref, j'ai besoin de poser des mots, de dessiner des concepts, pour y voir un peu +clair.
…et puis des fois j'ai l'impression que le polyamour, produit la même merde que la monogamie, mais en pire (car décuplé par le nombre de relations), alors j'ai envie de voir si ça vient pas aussi de là
Discussion : [Fil chantier] propositions de nouveaux axes pour un questionnaire poly-typologique
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 19h41
O Axe - RELATIONS : Que nommez vous, que considérez-vous comme "relation" (ou "partenaire") ?, indépendamment du fait que vous en ayez ou non :
- uniquement les relation amoureuses ET sexuelles
- les relation amoureuses
- les relation sexuelles
- aussi d'autres formes de relations (amitié intense, etc)
O Axe - TYPE DE RUPTURE : Comment vous séparez-vous, généralement ? :
- je romps définitivement, et je coupe tout contact
- je romps et ne conserve qu'un contact cordial
- je tente de recommencer comme avant
- j'essaie de conserver la relation en la transformant sous une autre forme
O Axe - DÉLAI APRÈS RUPTURE : Combien de temps mettez-vous, généralement, après une rupture, pour vous sentir en paix ? :
- moins de 24h
- quelques jours
- quelques semaines
- quelques mois
- plus d'une année
O Axe - METAMOUR : Quel/Qu'elle type de metamour êtes vous ? :
- je vais au devant de l'autre pour le mettre à l'aise
- j'attends que l'autre face un pas vers moi
- je ne veux surtout pas rencontrer l'autre
.
…d'ailleurs je me dis qu'il pourrait y avoir un questionnaire entier sur la thématique Metamour : beaucoup de questions pourraient se transposer à un nous-metamour, et il y a plein de choses à traiter
- les débuts de relation
- le fait d'âtre le précédent ou le suivant
- les milieux de relation
- les fins de relation
- les situations de conflits entre amour et meta
- être a l'aise avec beaucoup ou peu de meta
- meta et enfants
- niveau d'intimité
- contrats
etc.
allez, je vais peut-être essayer d'en pondre un pour ce week-end là.
Discussion : [Fil chantier] propositions de nouveaux axes pour un questionnaire poly-typologique
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 17h12
au gré de quelques fils je tente de dresser le portrait du « Polybéral »
Je me disais que dans une perspective de dresser une typologie (pour mieux ensuite établir ce questionnaire), ça avait sa place ici…
1. Polybéral — le nombre de relation-s (quantité ou qualité)
2. Polybéral — le style d'attachement et les metamours
(suite à venir)
Discussion : Mouvements au sein du polycule (rupture, hiérarchisation, etc)
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 16h38
bonheur
être poly, n'est-ce pas aboutir à être en adéquation avec soi-même et assumer ces ressentis autant que ces actes ?
Oui. C'est intéressant.
Et ça peut en faire partie en effet.
Et c'est une belle chose sur quoi travailler.
Moi, sur mon profil je dis qu'être poly c'est :
la volonté sincère de prendre soin de toutes les personnes impliquées
C'est encore autre chose. Mais tout ça est lié, d'une certaine manière. Se respecter soi pour respecter l'autre (les autres).
bonheur
en disperçant les nuages, j'arrive à l'admirer quand même, à force de volonté.
décidément on est dans les images aujourd'hui !
.
.
…bon j'ai l'impression qu'on s'égare du sujet proposé par @fyckie …
Discussion : Psychomagie et polyamour
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 16h24
(et hop, je rattrape le train en marche, et les wagons en retard !)
alinea7
Je me demande si le polyamour n'est pas un concept qui attire surtout les évitants.
ah oui, c'est ça que je m'étais dit : il peut y avoir un lien entre le polybéral et l'insécure évitants
merci, je viens de comprendre d'où étais partie ma réflexion de ces derniers jours !
alinea7
Cette théorie de l'attachement n'est pas du tout en opposition avec la technique mentionnée sur ce fil. Au contraire même, je veux bien déchirer moi abandonnée, moi dépendante, si c'est adapté !! ^^
Essaie donc… et dis nous si ça fonctionne !
HeavenlyCreature
Hier soir. En lisant la BD Les sentiments du prince Charles de Liv Strömquist, je suis tombée sur un passage qui m'a fait penser à ce fil :
"Considérer la vie sous l'angle de l'individualisme et de l'indépendance en est une interprétation extrêmement superficielle. Nous sommes fondamentalement dépendants les uns des autres : voilà l'essence de la condition humaine. Nous faisons un. Nous sommes des arbres. Nous sommes la terre. Nous sommes des nourrissons."(c'est moi qui souligne)
C'est exactement ça. Très belle image !
Décidément faut que je la trouve cette BD. Ça fait plusieurs fois qu'on me la conseille.
HeavenlyCreature
dénonçant (références sociologiques et psychologiques à l'appui) la société patriarcale et l'attribution genrée des comportements (notamment celle faisant de la femme la figure par excellence du prendre soin et de l'attachement, et l'homme celle de l'indépendance et du détachement). Ce qui m'a fait effectivement penser, qu'au delà de l'analyse psychologique, on ne peut faire l'économie d'une analyse sociologique (et des enjeux de domination) en prenant en compte des déterminant majeurs comme l'âge et le sexe (pour ne citer qu'eux...)
C'est tout à fait ça.
De là, à dire que les évitants sont des mecs, ce serait exagéré. Mais en tout cas il est socialement valorisé d'être évitants pour un mec, donc ça incite pas trop à lutter contre. Et se délester du prendre soin et de l'attachement n'en est que +facile. (J'ai longtemps été évitant).
Alors qu'évitante, en tant que femme, ça doit pas être facile à vivre.
HeavenlyCreature
Pour ma part, et comme je l'ai dit plus tôt, je considère ces phases de souffrance et l'interrogation qui l'accompagne comme qqchose d'éminemment positif dans un parcours biographique, dans la mesure où ça nous apprend sur nous même et sur les autres. Cela ne doit pas nous "détruire", mais nous "construire" à l'instar de nos éventuels traumatismes d'enfance. Si je tente de soigner mes failles pour faire de moi un être moins douloureux et meilleur dans mes relations à l'autre (au sens bénéfique), je sais aussi qu'elles font ma particularité, mon hyper sensibilité. J'aime l'idée d'être tarée et fragile, ça ne fait pas de moi qqun de faible, mais d'unique.
C'est beau. Et oui bien sûr, il y a du positif dans le "négatif".
HeavenlyCreature
assumer ma part d' "enfant" , dans mon cas, c'est assumer de devenir "adulte". On pourrait faire le parallèle : assumer ma part de "masculin", c'est assumer de devenir une "femme", etc.
Oui voilà. Il suffit de mettre des guillemets pour préciser que l'on parle des catégories sociologiques. Et là, pas de problème pour utiliser tel ou tel terme.
Lili-Lutine
il me semble que la communauté poly française actuelle, et ce n'est que mon ressenti, en est au stade de "l'adolescence", voir "pré-adolescence" ( il doit y avoir une autre façon de le dire...) dans sa pensée et dans son fonctionnement.
Il me semble que je vois bien ce que tu veux dire.
Même si pour le coup "l'adolescence" est un terme à manier avec encore+ de précaution qu'adulte et enfant… Et selon certains, c'est un terme inventé de toute pièce, pour stigmatiser et réprimer des comportements jugés un peu trop subversif. "Devenir adulte" étant renoncer à son adolescence, et au questionnements qui vont avec.
Du coup espérons que la communauté ne devienne pas adulte… (ça voudrais dire redevenir Mono !)
HeavenlyCreature
Ça ressemble bien à : remplacer un dogme par un autre, non ? Ou une injonction par une autre...
Ah, Moi j'ai compris.
En quoi ce serait remplacer un dogme par un autre ?
alinea7
On a besoin d'être en position de dominant uniquement si on veut imposer sa vision à d'autres. Ou parce qu'on manque de confiance en nous, de façon à ne pas être touché par leur jugement, pour se donner une assise, se donner raison.(c'est moi qui souligne)
Oui.
bidibidibidi
Si j'interviens face à des adultes, du fait de leur dangerosité…
Euh, ben ça dépend quels adultes…
Tous les adultes ne sont pas "large comme Schwarzy". Et du reste certains "ados" le sont bien plus que nous.
Et y'a pas que la force physique qui compte (sinon on s'en serait déjà pris des sacrés tartes dans la tronche). Il y a tout un ascendant culturel qui nous donne du pouvoir sur tout un tas de gens (je ne dis pas qu'il faut en jouer, mais de fait ça joue) et une certaine "pacification" citoyenne, qui fait qu'en vrai, c'est grave possible de se la ramener face à beaucoup de gens…
Mais bon ce ne sont de des réflexions et des choses à questionner.
Je ne te dis pas, non plus, qu'il faut jouer au "redresseur de tords" à tout bout de champ.
Discussion : Mouvements au sein du polycule (rupture, hiérarchisation, etc)
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 15h46
bonheur
ON, c'est à dire l'autre et soi. Quand on invente tout seul, pour deux (l'autre ne s'intéressant que peu à l'invention), ben on fait suivant soi et non suivant un commun. Et quand face à cela on obtient "je suis comme je suis", ben ok, reste comme tu es
ah ben c'est sûr qu'en matière de relation y'a rien qui se construise tout.e seul.e…
Discussion : Mouvements au sein du polycule (rupture, hiérarchisation, etc)
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 15h00
…du coup la rupture crée un mur (dans lequel on peut parfois créer une porte)… Ok.
J'aime bien l'image.
Sans doute qu'on peut faire tomber le mur (pour celles ou ceux qui voudrait retenter l'aventure… j'ai bien compris que ce n'était pas ton cas !) et/ou reconstruire sur les ruines du mur… (couples mariés après une crise d'adultère)
Après moi je pense qu'on peut aussi y mettre des fenêtres, voire des baies vitrées, voire remplacer le mur par autre chose, qui sait… un chemin ?… une piscine ? …enfin ce qu'on veut… et qu'on saura inventer
Discussion : [Outil] Le Spectre des relations amoureuse de Kirstin Rohwer, en Français.
Discussion : Polybéral #1— le nombre de relation-s (quantité ou qualité)
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 14h33
Ces préliminaires mis en place, venons en au propos de ce fil : « le nombre de relation-s (quantité ou qualité) ».
(d'autres fils « polybéral » pourront suivre pour en traiter d'autres aspects)
Il me semble que dans nos sociétés capitalistes contemporaines, nous avons une injonction à être en couple, ou en tout cas à avoir une relation amoureuse ET sexuelle.
Dans le monde poly, c'est un peu différent : cette injonction peut s'atténuer ou disparaître, mais le plus souvent il me semble qu'elle se transforme (voire s'intensifie !) :
- Si l'on poly et marié, "Polyfidèle", Poly-hiérarchique… il faut au moins avoir une deuxième relation, sinon on n'a limite pas droit au statut de "poly"
- Si l'on se dit Anarchiste relationnel, il faut avoir au moins 3 ou 4 relations, sinon on est vraiment "à la ramasse"
- Si l'on fréquente les milieux LGBTQI+, il faut de préférence être Pan (ou à la grande rigueur Bi), et avoir au moins une relation non hétérosexuelle
Avoir des relations augmente notre « capital séduction », donc notre valeur. Et il est donc toujours préférable d'avoir + de relations que son/sa/ses partenaires (ou au moins autant, le statut-quo étant acceptable, surtout dans une relation principale où l'on peut chercher une certaine stabilité).
Seul le nombre entre en compte. Seule la quantité est déterminante. La qualité importe peu.
Remarquons que même chez les monos (de préférence hommes), avoir un.e/des amant.e.s, ou être monogame en série peut être un atout supplémentaire.
Enfin, on ne prend généralement en compte que les relations amoureuses ET sexuelles.
Et en tout cas il faut du sexe, sinon tu es carrément hors-compétition. Car c'est bien de compétition qu'il s'agit en milieu capitaliste avancé qu'est le nôtre.
———————————————————————
Ça c'est pour la théorie.
Dans la pratique, le polybéral autant tendance à répondre consciemment ou inconsciemment, et autant que possible, aux injonctions (sociétales et liées à son milieu) et donc met en place tout un tas de stratégies (là encore conscientes ou inconscientes) pour y parvenir.
Et même si l'on ne veut pas êre polybéral, que l'on veut déconstruire tout ça et privilégier la qualité (des relations) à la quantité, c'est +facile à dire qu'à faire.
Perso, tout en arguant vouloir privilégier la qualité sur la quantité, je me suis longtemps considéré comme "pauvre relationnellement" et ayant une vie affective peu remplie car, même depuis ma période poly, je n'avais le plus souvent qu'une, voire zéro relation amoureuse et sexuelle. Je ne cherchais pas pour autant, à toute force à avoir plus de relation, mais l'air de rien ça me minait sans m'en rendre compte (l'injonction fonctionne en négatif si on se refuse à y répondre, en tout cas chez moi).
Aujourd'hui, ce que je nomme "Relation" (pour moi-même) est considéré non pas seulement en fonction de son caractère "amoureux" et/ou "sexuelle" mais plutôt en fonction de son intensité relationnelle et affective (à la mode "anarchie relationnelle" si l'on veut) ; et j'ai le sentiment de faire cela pour ré-évaluer l'ensemble des liens affectifs, et ne pas privilégier le lien amoureux ou sexuel sur un autre (et ça me fait du bien de faire ça, et ça rend ma vie plus heureuse, et je ne me sens, ni ne me considère plus comme affectivement pauvre, bien au contraire !).
Eh bien je me demande parfois, si ce n'est pas une manière inconsciente de ré-évaluer le nombre de mes relations, et donc être +en phase avec cette injonction à la quantité. Comme quoi ce n'est jamais simple d'y échapper totalement.
Et je me demande aussi, si cette tendance relativement nouvelle, à utiliser les sites de rencontres (OkC & co) n'incite pas également à en vouloir toujours plus, à ne pas se satisfaire de ce que l'on a.
Pour moi ça à aussi à voir, avec cette tendance occidentalo-capitaliste à refuser de reconnaître ses privilèges et donc à vouloir toujours plus, tendance largement entretenue par le capitalisme, qui à besoin de notre frustration, pour pouvoir nous vendre toujours plus.
Discussion : Polybéral #1— le nombre de relation-s (quantité ou qualité)
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 14h33
Je voudrais commencer une réflexion sur un certain polyamour que je trouve très emprunt de libéralisme et que je nomme « Polybéral » (abréviation de Poly-libéral).
Tout d'abord une tentative de définition :
J'appelle Polybéral une pratique du polyamour
- que dans le spectre des relations amoureuses on peut placer aux alentours du Polyamour solo et de l'Anarchie relationnelle
- qui privilégie la liberté individuelle à la solidarité, l'indépendance à l'engagement, l'habitat-solo à la conjugalité
- qui considère son système de valeur comme stable et de ce fait, refuse souvent de se remettre en question (à fortiori face à une personne poly-débutante, ou sociétalement minorisée)
- qui engage souvent peu de travail relationnel, se préoccupe assez peu de la charge émotionnelle, et préfère ne pas trop "se prendre la tête"
Pour supprimer tout de suite, une quelconque ambïguité, je précise que j'ai longtemps pratiqué certaines de ces idées ou positions, et qu'encore aujourd'hui, je ne saurais m'en dédouaner complétement (même si un certain nombre de ces point-de-vues me dérange).
En outre le profil que je dresse de la personne « Polybéral » est un type sociologique. Il ne s'agit pas de savoir si l'on est totalement Polybéral, mais plutôt si l'on en est +ou- proche.
Enfin je précise que ce terme de « Polybéral » peut se rapprocher (sans en recouvrer toute les nuances) du « Cow-Boy polyamoureux ». Disons que le Cow-Boy poly est une déclinaison, un cas particulier, un sous-genre, du Polybéral.
———————————————————————
Ce sujet est suivi du fil #2 : le style d'attachement et les metamours
Voir aussi la rubrique Lexique du site (et notamment sa page discussion).
Discussion : [Outil] Le Spectre des relations amoureuse de Kirstin Rohwer, en Français.
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 12h44
C'est des choses que je vois ici, et dans la vie, mais aussi des choses que je lis ou que je ressent. Bref c'est pas hyper construit comme " façon très différentes de les vivre" et ça demanderais à être quelque peu approfondis pour pouvoir être énoncé de manière un peu simple et compréhensible (comme ce qu'elle a fait, seule ou à plusieurs, pour son dessin). Je ne sais pas toujours non plus, où me situer moi-même dans ce flou.
Je pense que je vais y répondre (sur ce fil et/ou dans d'autres) en plusieurs fois. Et notamment en ce qui concerne la tendance « Polylibérale » que je repère dans un certain attrait pour Le Polyamour solo, et l'Anarchie relationnelle.
Au passage ça m'aidera à y voir +clair et à mieux me situer. Car ma pratique du polyamour se situe a-priori quelque part entre Le Polyamour solo et l'Anarchie relationnelle et pourtant je ne me sens bien dans aucun de ces deux termes là. Et je sens beaucoup de différences avec de nombreuses personnes que je connais et qui s'en revendiquent.
Donc peut-être aussi qu'il va falloir inventer de nouveaux termes.
Discussion : Mouvements au sein du polycule (rupture, hiérarchisation, etc)
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 12h37
bonheur
Tout à fait, une rupture n'est pas négative en soi, si elle se passe bien. L'un de mes amours m'a envoyé une photo humoristique à cette occasion (mon avatar ici, depuis) avec ce mot "merci d'avoir traversé ma vie". Une rupture, devenue inévitable, devrait toujours être discuté et surtout non conflictuelle. Je lui avais renvoyé une photo humoristique avec comme légende, puisque nous étions souvent dans l'humour et le rire "Faire rire l'instant pour te rejoindre là où tu es". Ainsi, quand je regarde nos deux photos de ruptures, je souris toujours, parfois avec une petite larme de nostalgie, mais toujours en me disant que notre rupture fut aussi belle que notre histoire elle-même. C'est la seule relation pour laquelle, la boucle est bouclée. Et ça m'a fait du bien, enfin ça me fait du bien encore aujourd'hui.
Donc, oui, communiquer pour rompre, et au moins ne pas en vouloir à l'autre. Valoriser ce qui a été vécu au lieu de négativer. S'il y a eu quelque chose un jour, s'il y a eu lien, c'est que l'on s'y sentait bien et que l'on a partager du bonheur. Se foutre ensuite sur la gueule, c'est un peu détruire ce que l'on a vécu. Après, cela ne veut pas dire que l'on doit toujours tout pardonner. Aussi, il ne faut pas mélanger le bonheur d'avant rupture et la rupture elle-même. Au moins pour soi-même, pour continuer une vie amoureuse heureuse.
Suis bien d'accord avec tout ça. Mais curieusement je trouve pas ça hyper logique avec ce que je crois savoir de toi = une rupture est tjs totale (pas de demi-mesure). Si tout se passe bien, et même avec le sourire. Pourquoi ne pas continuer une autre forme de relation ?
Mais bon c'est ta vie, pas la mienne. Tu fais bien comme tu veux.
Discussion : Mouvements au sein du polycule (rupture, hiérarchisation, etc)
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 11h22
bonheur
il a continué avec moi, tout en se mariant avec une autre, me plaçant ainsi en situation de co-adultère. J'ai rompu.
Je ne connaissais pas ce terme de "co-adultère". Ça me plaît beaucoup. Genre si t'as une relation avec qq qui est adultère, toi aussi tu es co-responsable. Ça permet de ne pas se cacher la face.
(On pourrait dire aussi meta-adultère. Avant de connaître le mot metamour, avec une amie, on avait "inventé" le mot co-amoureux/co-amoureuse).
bonheur
Il m'était difficile d'exprimer ma "bof attitude"
C'est quoi ta "bof attitude" ?
C'est quand tu te dis "euh, non bof j'ai pas trop envie de cette relation" ?
bonheur
En conclusion, je crois que la communication non saine et les incompatibilités sont autant à l'origine de rupture que l'exclusivité elle-même.
C'est intéressant de lire des récits de ruptures, je trouve !
Et oui c'est avant tout la communication et la compatibilité qui font qu'il y a rupture ou non, et que celle-ci se passe bien ou non.
Discussion : Mouvements au sein du polycule (rupture, hiérarchisation, etc)
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 10h42
il peut y avoir inversion primaire/secondaire sans qu'il y ai rupture
il peut y avoir aussi dé-hiérarchisation, sans rupture (genre quand ceux qui habitaient ensemble et/ou n'utilisaient pas de capotes se mettent à déménager ou à désormais utiliser des capotes)
même, si tu t'en doutes, c'est pas si courant, et pas sans remous
par contre un truc dont on parle peu, et où les polys ont le désavantage c'est que parfois une rupture en entraîne une autre par effet domino, et ça c'est assez terrible…
bon, c'est aussi la contrepartie du fait qu'une nouvelle relation n'entraîne pas forcément rupture (comme chez les monos)
et parfois les autres relations (metamours) au contraire peuvent aider à éviter la rupture
et je ne parle pas du seul "lot de consolation" (« je perds une relation, mais ouf j'en ai une autre ») qui au demeurant est assez peu efficient (une rupture, c'est une rupture), mais bien de solidarité entre metamours (solidarité pouvant d'ailleurs entraîner, aussi bien des ruptures à effet domino que des non-ruptures)
c'est peut-être aussi par peur de cet effet domino, que certains polys cloisonnent leur relations
moi perso, je vois +d'avantages à la solidarité entre metamours que d'inconvénients, et je préfère de toute façon la solidarité au cloisonnement
Discussion : Psychomagie et polyamour
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 10h24
Je ne "prône" pas forcément des choses et ne suis pas non plus un spécialiste de l'âgisme : j'ai moi-même, bien souvent, du mal à me détacher de ce "sentiment de supériorité" (ou de légitimité) en tant que "adulte".
Mais puisque tu poses la question, je dirais :
- être moins interventionniste avec les mineurs (questionner ce truc de sentiment de supériorité ou de légitimité, justement) et tâcher de le faire d'égal-à-égal ("je pense que", plutôt que "fais-ci" ou "fais-pas-ça") ;
- être plus interventionniste avec les majeurs (mais pas forcément de façon violente) car j'ai le sentiment que justement, face à des "adultes" on n'ose pas (car on ne se sent pas légitime) dire des choses, en cas de racisme, sexisme etc avéré, voire décomplexé et assumé.
Juste histoire de ré-équilibrer un peu la balance…
Ou pour le dire autrement :
- avec les mineurs remplacer le "fais-ci"/"fais-pas-ça" par "je pense que" ;
- avec les majeurs remplacer le non-interventionnisme par "je pense que".
Remettre un peu les choses à niveau, quoi…
Et si tu estime que le cas est extrême et nécessite une intervention violente, ben là, c'est autre chose… t'adaptes ta violence à celle de la personne en face (peu importe son âge)…
Discussion : [Outil] Outils pour relations non-normées
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 09h32
Et derechef, je propose cet outil élaboré par un ami :
Il recense dans un petit carnet, qu'il a toujours avec lui, pleins de petites phrases qu'il glane dans ses discussions, dans les cafés poly, dans les livres qu'il lit, etc… phrases qui ont toutes en communs d'être des pensées positives sur le polyamour (ça peut être aussi bien des pensées philosophiques que des astuces pratiques).
Et quand ça va mal dans une de ses relations, il sort son carnet, et il relis toutes les phrases patiemment consignées.
De ce qu'il m'en dit : à chaque fois, ça l'aide à aller mieux, car ça l'aide à se rappeler pourquoi il a fait ce choix du polyamour.
Discussion : [Outil] Outils pour relations non-normées
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 09h14
Dans un ordre d'idée parallèle, on peut aussi recenser les outils pour organiser des cafés poly, …ou autre événements poly.
D'ailleurs ça fait un moment aussi que je me dit que ce serait pas mal de rédiger un Petit guide pour organiser des cafés poly.
Si y'a des personnes motivées pour la rédaction de ce guide…
Discussion : [Outil] Outils pour relations non-normées
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 08h56
et aussi (ça peut servir) :
Les avis positifs sur le polyamour.
Le Lexique de polyamour.info.
Une Bibliographie sur le polyamour en cours de rédaction.
Une Filmographie sur le polyamour.
Des Jeux
Une Liste de thérapeuthe, psy, sexologue, conseiller conjugal, etc ouvert au polyamour (polyfriendly)…
Des ressources (notamment de super podcasts Polyplaisir des Utopies et autres émissions radios) sur polyamour.be
21jours pour des relations positives (ou là) par Isabelle Broué, sur son blog.
Infopsy propose des textes et ressources sur l'auto-développement, appliquable en relation poly comme en relation mono. On trouve aussi un coffre d'outils sur le même site.
Une série de podcasts « Amours plurielles » pas @Adena.
Une vidéo AmourS au pluriel, de Vassili Silovic, 2019.
Un podcast sur la compersion : « La compersion : peut-on apprendre à être heureux du bonheur de l’autre ? » — par Adélie Pozjman-Pontay pour Louie Media, avril 2019.
Références et ressources sur la compersion.
Un podcast abordant aussi le libertinage : « Quand coucher n’est pas tromper : les nouvelles infidélités », par Andrada Noaghiu, 2012
Le podcast Anatomie d’une dispute par Johanna Cincinatis Abramowicz (Binge audio, Le coeur sur la table, 2025) : récit d'une rupture amicale et réflexions politique sur les conflits, ou comment apprendre à bien se disputer ?
Et changer de paradigme relationnel, peut-être bien que ça commence par la compersion.
Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle.
Discussion : [Outil] Outils pour relations non-normées
artichaut
le lundi 11 février 2019 à 08h44
(peut-être on pourra classer ensuite par types d'outils…)