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[Podcast] « Quand coucher n’est pas tromper : les nouvelles infidélités », par Andrada Noaghiu pour "Sur les docks" (Territoires intimes 4/4), France Culture, 54', 2012

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artichaut

le mercredi 20 novembre 2019 à 00h07

« Quand coucher n’est pas tromper : les nouvelles infidélités »
Territoires intimes (4/4)
Sur les docks par Irène Omélianenko
France Culture, 54', 2012

Un documentaire d'Andrada Noaghiu
Coordination : Irène Omélianenko, Michel Pomarède
Réalisation : Anna Szmuc
Avec : Elisabeth, Irina et Alexandre, Flora et Cyril, Mélanie et Frédéric

Introduction
Nous nous aventurons aujourd'hui dans l'espace amoureux contemporain. En ce début de XXIème siècle, comment écrit-on le mot « amour » ? La jeune documentariste d'aujourd'hui pose la question crûment : « Quand coucher n’est pas tromper : les nouvelles infidélités ». Elle décline les mots « couple », « polyamour », « libertin », « adultère » ou « liberté », mais au fond interroge l'amour.
Pour reprendre Krisnamurti l'amour est-il l'attachement et les douleurs qui en découlent ? L'attachement engendre la souffrance, la jalousie, la haine. Il naît de notre propre absence de profondeur, de notre insuffisance, de notre solitude. L'attachement procure un sentiment d'appartenance, permet de s'identifier à quelque chose, donne une impression de réalité, d'existence. Lorsque cela est menacé, la peur , la colère et l'envie font leur apparition. Est-ce cela l'amour ? Douleur et souffrance sont-elles l'amour ? Le plaisir des sens est-il l'amour ? Réponses d'Elisabeth, Alexandre, Irina, Flora, Cyril, Mélanie et Frédéric.

Présentation
A chaque couple sa conception de la fidélité. Pour certains, un regard suffit à trahir, pour d’autres "tromper" n’est plus le mot, mais juste "revendiquer le droit d’exister en dehors de l’autre".

Dans ce documentaire, la parole est donnée à ces couples dits « ouverts » qui revendiquent une fidélité de cœur, de famille, de projet de vie, mais sans exclusivité sexuelle ou affective. L’éventail est large : des libertins qui ne se quittent pas des yeux, des polyamoureux qui communiquent sans cesse, des amoureux libres qui se donnent le droit à l’adultère… A chacun ses concepts, ses mots, son histoire.

Et avec, les doutes, les tâtonnements, les chemins sinueux et subtils de la lente construction du rapport à l’autre et de la quête de justesse chez ceux qui remettent en cause la base du couple traditionnel.Contrairement aux idées reçues, ils sont plutôt rares. Et même de plus en plus. Car, paradoxalement, la libération sexuelle a intériorisé la valeur de fidélité. Les enquêtes sur les valeurs des européens ont montré que depuis 1981, la fidélité comme élément essentiel au couple est passé de 72% à 84%.

L'infidélité est moins tolérée

Si 68 a balayé en même temps que les interdits nos repères, et que chacun peut tenter de définir ses règles de vie ou d’amour, la permissivité ou le libertinage ne vont pas forcément en s’accroissant au sein des couples. En devenant affaire d’amour, plus qu’une obligation ou un pacte social et immuable, le mariage ou concubinage est plus fragile puisqu’il se défait avec le désamour. L’infidélité est donc moins tolérée puisqu’elle est capable de défaire un couple plus facilement. Alors, après une montée en puissance des couples libres, la fidélité comme valeur primordiale dans le couple revient en force depuis les années 80, comme un refuge ou besoin de sécurité dans un monde plein d’incertitudes. Mais parallèlement, sans pour autant pouvoir établir un lien de causalité directe, le nombre de divorces par année est depuis passé en France de 80 000 à 120 000. On peut toutefois penser que le repli sur ces valeurs de sécurité n’est pas une garantie de durabilité du couple. D’ailleurs, l’exigence d’exclusivité conduit à bien des drames sentimentaux ou familiaux.

Au regard de tout cela, l’infidélité n’est donc pas un sujet frivole, mais bien crucial dans la mesure où il interroge notre conception de la société, de l’amour, de la famille. Ces expérimentateurs, presque utopistes, dépassent le besoin d’être sécurisés par un compagnon fidèle, ou ont peur de tuer l’amour à coup de promesses ou de besoins de possession. Pour « Sur les docks », ils se racontent, eux, leur histoire, leur éthique, leurs convictions, leurs anecdotes, le rose mais aussi le noir, la jalousie et la remise en question…

Extraits sonores
- La Maman et la putain, film de Jean Eustache, 1973 (ou plutôt le remix de Diabologum #3).
- …

Dommage que les extraits ne soient pas mentionnés au générique.
Si vous aviez identifiés les autres, dites le…

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artichaut

le mercredi 20 novembre 2019 à 00h07

J'ai beaucoup apprécié ce documentaire sonore, qui prend son temps, qui aborde tant le polyamour que le libertinage (dont on parle peu sur ce forum) et qui fait du lien entre ces différentes approches.

Les séquences sur le libertinage, notamment est loin des clichés habituels sur le sujet.

Extraits
On avait besoin de construire quelque chose avec des gens qu'on rencontrait. (…)
Il y a une énorme partie du libertinage contemporain qui fonctionne comme ça, qui ne fait que des soirées privées, des relations suivies. (…) Avoir des amitiés profondes avec des gens. (…) On a découvert cette parole libre qui dépasse même le corps. On peut dans une soirée, terminer au lit, …ou pas. (…)

La parole est très ouverte. On appelle ça un débriefing. On parle après avoir rencontré les gens : "Qu'est-ce que t'as ressenti ?", "T'as pas été jaloux ?", toujours dans la recherche du plaisir de l'autre, qu'il soit à l'aise, qu'il soit bien, qu'il ne souffre pas. C'est vrai que quand on se laisse aller et qu'on s'abandonne avec une autre personne que son partenaire, ça peut causer de la souffrance et c'est surtout pas le but. On a besoin de parler, reparler encore encore. D'être sûr que y'a pas quelque chose au fond de l'esprit qui reste caché, qu'on ose pas dire, qu'on ose pas avouer.

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