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Psychomagie et polyamour

Témoignage
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AdamNerin

le jeudi 31 janvier 2019 à 14h17

Salut à toutes et tous,

Je suis les discussions sur ce site depuis quelques mois, et il me semblait être au dessus de tout ça. Il me semblait, en toute sincérité, ne pas être concerné par les questions de jalousie, de possessivité, de difficultés...

Pour placer le contexte: j'ai vécu avec la femme qui m'a épousé une relation monogame, stable, heureuse, exclusive, pendant 26 ans. Nous avons progressivement, sans impulsion extérieure, commencé à nous poser la question de diversifier les sexualités. La question n'était pas la frustration ou l'usure liée au mariage. Nous avions simplement envie de nous amuser plus. Nous avons commencé avec un massage tantrique à 4 mains, qui nous a ouvert les portes d'une sexualité libérée. que nous avons explorée ensemble dans un premier temps. Nous nous sommes sentis suffisamment en confiance pour "nous rendre notre liberté", comme il est parfois coutume de dire.

Et nous avons commencé à rencontrer et fréquenter chacun de notre côté. Dans le calme et la sérénité, plein d'amour, de générosité, de tendresse et de respect.

Enfin, c'est ce que je croyais. C'est ce que je voulais. En toute sincérité.

Mais la tête ne commande pas aux émotions. J'étais inquiet qu'elle me laisse fréquenter des femmes en dehors d'elle, parce que cela impliquait peut-être qu'elle voulait me préparer à vivre sans elle. Et, je dois l'admettre, j'étais rongé par la jalousie.

Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que cette femme, que j'aime profondément, a depuis longtemps des problèmes de santé: hernies discales, troubles de la digestion, vessie spastique... et qu'il y a toujours un autre truc qui surgit. Dans la dernière période, vertiges, troubles neurologiques... On lui a finalement diagnostiqué, beaucoup trop tard, une boréliose de lime. Mais peu importe la pathologie, comme nous le verrons.

Son état de santé s'est encore dégradé depuis que nous sommes polysexuels et poly affectifs. Je mettais ça sur le compte d'un stress qu'elle ne voulait pas expliquer, ou dont elle n'avait pas conscience.

Puis j'ai découvert la technique dite des "bonhommes allumettes". Il s'agit d'un acte symbolique très simple. On trouve une explication sur youtube, pour celles et ceux qui seraient intéressés.
Le principe est de couper "l'attachement" qui nous lie. Il faut entendre par là, ce que la relation a de dysfonctionnel, pathogène, voire carrément toxique. J'encourage tout le monde à se livrer à l'expérience. Il ne s'agit pas de trancher dans l'amour, mais dans les attentes, les peurs, les pressions... forcément incluses dans toute relation, et qui la rendent, forcément, bancale.

Nous nous sommes donc livrés à l'exercice. avec beaucoup de bonheur. on peut se libérer de tout. mettre de l'ordre dans la relation avec soi-même...

ça n'a pas changé grand chose, jusqu'à un soir où j'ai fait, à ma grande surprise, une puissante crise de jalousie.
J'ai tranché entre moi et moi cocu. entre moi et moi patriarche.
C'a m'a déjà pas mal secoué. Il faut savoir que l'acte symbolique, et c'est prouvé, reprogrammé littéralement le cerveau, redessine les circuits neuronaux, et débarrasse instantanément le sujet de vieux réflexes pétrifiés...

Je me suis rendu compte que j'avais des gestes, des réflexes inconscients, des attitudes des discours de patriarche possessif. tout ce que je déteste par ailleurs. et c'est en les tranchant que j'ai pris toute la mesure.

Mais ce n'est pas tout. J'ai dit que la femme que j'ai épousée a des problèmes de santé. Et ça me pèse depuis longtemps. J'ai fait tout ce que je devais, comme un bon garçon: l'amener à l'hôpital, m'occuper de nos enfants, l'accompagner... Mais ça me pèse.

Donc j'ai coupé entre moi et son état de santé. et là, j'ai failli tomber dans les pommes.

Chères amies, chers amis poly amoureux, ce qui m'a sauté à la figure, c'est que d'une certaine façon, sa maladie, c'était moi.

Plus j'étais inconsciemment jaloux, plus elle était malade.
parce que d'une part, étant jaloux, je faisais peser sur elle une pression assez pathogène, et d'autre part, parce que, étant jaloux, toujours inconsciemment, ça m'arrangeait bien quelque part qu'elle ne soit pas trop en forme: ça garantissait en partie qu'elle n'allait pas aller s'épanouir ailleurs.

Je ne suis pas très fier de ce que j'ai découvert ce jour là - alors même que la psycho-magie était en train de me libérer du problème. Mon père était un jaloux compulsif, terrifié à l'idée d'être abandonné, et c'est peut-être bien ce qui l'a tué. Je croyais être libéré de cet héritage. Je ne l'étais pas. L'acte symbolique a à la fois résolu le problème et il l'a porté au niveau de ma conscience.

Et le lendemain, cette femme qui m'a épousé s'est levée en pleine forme!

Chères amies, chers amis, cette histoire ne fait pas de moi quelqu'un de particulier, mais il me semblait qu'il pouvait y avoir un certain intérêt à la partager avec vous toutes et tous.

La psycho-magie, et en particulier cet acte symbolique des bonhommes allumettes, cela permet de mettre de l'ordre en profondeur, cela permet de reprendre pleinement le contrôle de sa vie. Nous sommes désormais détendus, avides de savoir ce que l'avenir nous réserve... Et nous envisageons de vieillir côte à côte, tout en étant libres et sereins.

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artichaut

le jeudi 31 janvier 2019 à 14h45

Merci pour ce témoignage @AdamNerin

C'est bien d'avoir des retours positifs, et avec des propositions d'outils, de sucroît.

Je veux bien que tu revienne nous dire ce qu'il en est dans quelques semaines/mois, pour voir comment ça évolue pour toi, et si ça tiens dans la durée (ce que je vous souhaite de tout coeur).

______________
Voir aussi le fil qui recense les outils pour relations non-normées.

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artichaut

le jeudi 31 janvier 2019 à 18h10

Ce site décrit l'outil des bonhommes allumettes dont parle AdamNerin.

L'article du site dit, entre autre


Il ne faut pas confondre l’amour et l’attachement. (…) L’amour véritable doit être inconditionnel sans cela, ce n’est pas de l’amour mais de l’attachement. Or, l’attachement est un lien toxique

et ça m'interroge…

Ça me renvoie aussi à la théorie de l'attachement chez l'adulte dans les relations amoureuses, avec ses quatres styles :
(1)- « sécure »
(2)- « préoccupé » ou « anxieux-soucieux »
(3)- « détaché » ou « distants-évitants »
(4)- « craintif-évitant »

Je ne sais pas encore quoi penser de tout ça, ni quels mots mettre sur quoi : lien, amour, attachement, dépendance, etc

Évidemment chacun.e trouve les siens et y associe des valeurs (positives, négatives, variable, relative…)

Si des personnes ici, on des réflexions sur le sujet, ça m'intéresse. (et j'espère ne pas dévier le fil de son sujet initial… si tu préfères AdamNerin, je peux ouvrir un autre fil…)

Ce qui m'intéresse, ce n'est pas tant de dire si l'on trouve que la citation ci-dessus nous semble dogmatique ou non, mais savoir quels mots vous utilisez-vous, ce que vous mettez derrière, et en quoi ça vous aide à penser/vivre vos relations.

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fyckie

le samedi 02 février 2019 à 22h37

Pour avoir lu la méthode du site donné par @artichaut, j'avais commencé par me dire que du coup, il faudrait faire cette méthode et couper avec chaque relation, pour être sûr de ne garder que l'amour. Mais je trouvais ça très radical, et j'avais peur que ce soit "risqué". C'est vrai, dans toute relation il y a des hauts et des bas, et qui sait si parfois ce n'est pas l'attachement (comme défini dans l'article) qui nous tient attaché, et c'est très bien ainsi ? Sans l'attachement, comment savoir que c'est avec CETTE personne qu'on veut construire une famille, vieillir, etc ? J'ai d'ailleurs posé ces questions à l'auteur de l'article et j'attends sa réponse, je vous tiendrai au courant.

Mais ce que je trouve intéressant dans l'histoire d' @AdamNerin, c'est qu'il n'a pas coupé l'attachement entre lui et sa femme, mais entre lui et des situations. Aucun risque du coup. T'étais-tu posé cette question aussi, de "avec qui/quoi couper?" ? qu'est-ce qui t'a décidé ?
J'en ai parlé à mon compagnon (jalousie) et nous allons essayer ! Il avait l'air très emballé, j'étais ravie :D

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AdamNerin

le lundi 04 février 2019 à 08h35

Salut. Merci pour ces réponses.
En ce qui me concerne, je coupe dans tous les sens. Et je me sens de plus en plus libre et équilibré.
La magie opère à tous les étages. C’est merveilleux.

Exemples.
J’ai coupé avec la femme que j’ai épousée, puis avec son état de santé. Comme raconté ci dessus. Mais aussi avec moi cocu, avec moi patriarche, avec moi professionnellement, avec moi dragueur, avec moi enfant terrorisé, moi écrivain...
J’ai proposé à nos enfants ados et jeunes adultes de couper avec les parties d’eux mêmes qui les gênent dans leur vie, avec moi, avec la famille..,

Rien ne sort détruit. Au contraire. Générosité, équilibre et assurance nous envahissent
L’outil sert à reprendre le contrôle de sa vie, à se débarrasser des fausses croyances, des peurs, des atttentes qui nous paralysent et nous intoxiquent.
Je vous assure, je vis une phase merveilleuse

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bidibidibidi

le lundi 04 février 2019 à 12h07

fyckie
ce n'est pas l'attachement (comme défini dans l'article) qui nous tient attaché, et c'est très bien ainsi ? Sans l'attachement, comment savoir que c'est avec CETTE personne qu'on veut construire une famille, vieillir, etc ?

C'est très bien de rester attaché à quelqu'un pour qui tu n'as pas de sentiments ?
Sans attachement, tu sais, justement, que c'est avec cette personne que tu veux vieillir, parce que tu l'aimes. Avec l'attachement, tu ne sais pas, parce que tu n'arrives pas à savoir pourquoi tu es avec elle.
Je pense que tu n'as pas compris le sens que l'auteur met au mot attachement.

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AdamNerin

le lundi 04 février 2019 à 12h43

Salut.
Il semble peut être utile de préciser. On vit l'attachement comme une valeur a priori positive. Et sans doute l’est-elle dans bien des cas. Et pourtant, c’est le plus souvent ce qui pollue la relation entre des etres qui s’aiment, quelle que soit la nature du lien (parents enfants, couple, amis, frères et sœurs...) parce qu’il faut entendre par là les attentes formulées plus ou moins consciemment.
Se débarrasser des attentes, c’est s’ouvrir pleinement à ce que l’autre peut avoir à offrir et à partager, parce que s’il y a attente, il a aura forcément frustration (j’attends que tu sois ou que tu fasses ceci ou cela pour moi, et la réalité ne peut pas correspondre à ce qui a été fantasmé), ou une forme de pression, elle aussi plus ou moins consciente, par laquelle on cherche à forcer l’autre à devenir ce qu’on prévoit pour lui ou elle.
Et ça, ce n’est ni du respect ni de l’amour.
A l'inverse, sans attentes, on est pleinement ouvert à tous les cadeaux que la vie - Et la personne qu’on aime - nous réservent à chaque seconde qui passe.
Si tu hésites à te libérer de cela, des attentes conscientes et inconscientes que tu nourris à l'égard de ta partenaire, peut être que tu devrais peut-être te demander pourquoi. Quelles conséquences négatives peuvent en découler?
On ne détruit rien en vrai en découpant une feuille de papier. Mais on peut se réveiller dans le corps de quelqu’un qui n’est plus un demandeur, un quémandeur, qui supplie aime moi, mais qui a l’inverse ne veut que le meilleur pour la personne qu’il aime, et qui est prêt à s’emerveiller de toutes les preuves d’amiur qu’il reçoit et ne voyait pas.

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artichaut

le lundi 04 février 2019 à 14h46

Perso, je cherche plus de nuances dans tout ça.

Déjà parce que attachement et attentes ne sont pas forcément synonimes et peuvent ne pas aller de pair.

Ensuite parce que chercher à ne plus avoir d'attentes, peut vite, si l'on n'y prends pas garde, nous rendre profondément égoïste, an-empathique (voire apathique), ou nous donner l'impression d'être faussement autonome ou super(wo)man…

@AdamNerin, par exemple, couper avec les situations à problème (y compris avec la santé de ta femme) je comprends bien, mais couper avec ta femme, je ne suis pas certain de comprendre. Si tu coupes tout, que reste t-il au bout du compte ? Et il y a t-il encore relation ?

Aussi, s'il me semble souhaitable pour soi-même de couper avec ses attentes (ce que l'on projette sur les autres, de qu'inconsciemment ou consciemment on attends d'eux, ou qu'on pense qu'ils/elles pensent de nous) me semble souhaitable (et c'est ce que j'essaie de faire dans ma vie) en revanche attendre que l'autre fasse de même, ou lui demander, me semble une manière de sur-généraliser et au final de porter une attente possiblement pire que celles qu'on suppriment par ailleurs.
…je sais pas si je me fais bien comprendre…

Et puis il ne suffit pas de vouloir ou de dire qu'on en a fini avec les attentes (ou de couper un papier) pour que les attentes (toutes les attentes) s'envolent magiquement.
Tant mieux si ça aide.
Mais je me méfie toujours de ce qu'on cache sous le paillaisson et qu'on ferait ressortir par d'autre moyen.
Comme se décréter désormais sans attente, et réclamer que tt le monde soit comme nous, pour avoir le droit de relationner avec nous.
Au final ça me semble pire.
(Et sans doute ai-je un peu trop fait ça dans ma vie.)

Alors j'ai l'impression que la où on coupe (chercher à supprimer nos attentes et projections vis-à-vis des autres), il faut le remplacer par autre chose, que pour l'instant, faute de mieux, je nommerais une forme d'empathie.
Car aussi couper peut-être violent …pour l'autre.
Quand tu coupe un fil, il y a toi qui t'en trouve libéré et te sent soudain plus libre, plus entier, plus fort. Mais quid de l'autre, à l'autre bout du fil coupé ?

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bidibidibidi

le lundi 04 février 2019 à 15h08

Alors, je suis pas du tout un défenseur de la psychomagie, je préfère être honnête.

Mais dans le cas présent, je pense que la méthode sert à couper les "liens", en opposition aux sentiments. En gros, si tu achètes une maison avec ta femme, ça crée un lien. Si tu fais un projet d'enfants, ça crée un lien. Toutes projections sur ta vie de couple ou sur ce que tu pourrais faire avec elle créent des liens. Mais ces liens n'ont rien à voir avec ta relation. Acheter une maison va te lier plus à ta femme, sans pour autant augmenter tes sentiments pour elle.

Couper les liens, d'après l'auteur de la méthode, sert à se recentrer sur ce qui est important. Ca revient un peu à vivre ses rêves plutôt que de rêver sa vie, se recentrer sur la réalité de la relation et des sentiments plutôt que de projeter tout un tas de fantasmes positifs ou négatifs dessus.

Enfin, du moins, c'est ainsi que je l'ai compris. Mais je peux me tromper.

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AdamNerin

le lundi 04 février 2019 à 23h29

Re salut à toute et tous.

Je ne prétends pas sauver le monde d’un coup de baguette magique.
Je ne suis même pas qualifié pour dire à la place des autres ce qui est bon pour eux. (Personne ne l’est, je crois, même pas les spécialistes, coachs, psy ou directeurs de conscience. )

Non, je voulais juste partager avec vous une démarche qui, dans mon cas précis, a contribué considérablement à simplifier les problèmes et à rendre à notre amour un enthousiasme et une générosité qu’il ne connaissait plus depuis un moment. Qu’il n’avait jamais connus, peut être. Qui sait. Seul aujourd’hui existe.

Je ne prétends pas avoir de réponses pour les problèmes des autres, ni que mes idées sont plus justes.

Je reconnais à chacun le droit, le devoir, sans doute, de faire son propre chemin. C’etait Juste pour partager. Ne polémiquons pas inutilement. Ceux qui ne sont pas convaincus ont bien le droit de l’être. Sans blague. Il ne manquerait plus que ça.

Et s’ils ont des propositions à faire ou des générosités à partager, bienvenue.

A

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AdamNerin

le lundi 04 février 2019 à 23h42

Maintenant, pour répondre à artichaut, j’ai coupé une feuille de papier sur laquelle étaient dessinés deux personnages stylisés nous représentant, la femme qui m’a épousé et moi, dans des cercles de lumière, reliés par les chakras. Je n’ai pas découpé ma femme ni notre amour en morceaux, même pas symboliquement.
Elle a fait de même avec moi.
Mais ce faisant, nous avons débarrassé notre relation intense sincère et généreuse déjà, de toutes les attentes qui la polluaient. Attendre quelque chose de quelqu’un, consciemment ou non, ça signifie - pour moi et je ne prétends imposer ce point de vue à personne - s’arroger des droits sur elle. Parce qu’il se passe quoi si l’attente n’est pas satisfaite? Jusqu’à quel point ça me donne le droit d’exiger, ou d’exprimer ma déception? De faire pression?

Et en même temps, si tu attends quelque chose de précis, tu risques évidemment d’être frustré, et surtout, tu ne laisses pas de place à la créativité, à la nouveauté, à suivre le papillon. Et ce qu’il t’arrive au bout du compte, c’est que ton union devient un piège qui se referme sur toi, sur elle, sur vous.
C’est avec ça que nous avons coupé. Et l’acte symbolique n’y est pas forcément pour beaucoup. L’amour, c’est deux libertés qui choisissent librement de donner et recevoir l’une de l’autre. C’est ce chemin que nous prenons, et il est merveilleux.
A,

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HeavenlyCreature

le mardi 05 février 2019 à 00h44

Fascinante discussion. Je suis plus que curieuse concernant cette outil des bonshommes allumettes que tu décris AdamNerin... Et j'irai l'expérimenter dès que j'aurais un moment.

Je n'ai pas eu le temps de lire tous les autres commentaires, mais je rebondis notamment sur celui d'artichaut qui m'a particulièrement interpellée sur la théorie de l'attachement. C'est très marrant que tu parles de cela, car la relation compliquée que je vis depuis presque un an mtnt avec mon (ex/actuel/futur ?) amoureux, ainsi que les lectures ici et là qui l'ont accompagnée, m'ont justement amenée à m'intéresser à cette théorie et à m'identifier comme ayant un attachement de type "insécure"et plus spécifiquement "anxieux" (ou préoccupé). En d'autres termes, les difficultés vécues dans cette relation amoureuse en particulier (difficultés d'autant plus grande que cet ex/actuel/futur amoureux, appartiendrait justement, selon ma propre analyse, au type insécure/évitant, soit la PIRE combinaison possible en terme de relation amoureuse !) m'ont amenée à faire un travail d'introspection et à évoluer sur le plan personnel ..
Alors évidemment je n'aime pas trop appliquer d'étiquette et trop pathologiser les relations, mais vraiment c'est assez fascinant les clés de compréhension qu'offre cette théorie (et tant d'autres), et surtout la remise en question qu'elle permet sur la manière donc chaque partie prenante rejoue un fonctionnement et des croyances acquis.es dans l'enfance, et amplifie celui/celles de l'autre. Ce que je veux dire, c'est que ce sont bien souvent ces relations dysfonctionnelles (qui découlent elles mêmes de la combinaison de types d'attachement dysfonctionnels) qui nous chahutent et nous amènent à aller creuser tout au fond de nous mêmes... Qui on est vraiment. Comment mieux relationner avec l'autre (qu'il soit amant, ami, enfant, parent, etc.). Mais ces imperfections font aussi la beauté des relations, le sel de la vie, aussi éprouvantes qu'elle puissent être! J'en viens à la grande question : est-ce ce qu'on se ferait finalement pas chier (pardonnez moi l'expression) à vivre uniquement des relations saines et sereines ? J'ai bien envie de répondre : bien heureux les fêlés, qui laisseront passer la lumière :)

Par ailleurs je voulais rebondir sur la distinction amour/attachement qui me paraît un peu simpliste, en particulier la diabolisation qui est faite de l'attachement. Indépendamment de la théorie évoquée plus haut, les psychologues (notamment ceux du développement, cad de l'enfant) montrent bien que l'attachement constitue la base de la psyché humaine, de tout son système cognitif même. J'irai s même jusqu'à dire que l'attachement est un phénomène naturel, là où l'amour est une construction culturelle. Bref, je n'adhère pas du tout avec cette vision post moderne consistant à opposer amour et attachement... Comme si l'enjeu absolu c'était d'être totalement "détaché" et "indépendants" les uns des autres, sans aucune projection, attentes ou contraintes... (je force le trait à dessein, mais vous voyez l'idée?). En revanche, il y a des types d'attachement qui sont dysfonctionnels voire toxiques, qui impliquent une dépendance affective et le chantage affectif (conscient ou inconscient) qui va généralement de paire. De mon point de vue, être attaché, en lien, ce n'est pas incompatible avec l'indépendance et le développement personnel, l'amour de soi, et l'amour de l'autre...

Je ne suis pas du tout spécialiste de la question et je ne m'y suis ouverte que très récemment, mais je vous remercie en tous cas pour les questionnements que ce forum fait émerger chez moi et chez l'ensemble des contributeurs de ce que je peux en lire, bien au delà de la question des amours pluriels selon moi... Les réflexions présentes sur ce forum sont d'une rare qualité, que je n'ai jusqu'à présent vue nulle part ailleurs...

Message modifié par son auteur il y a 8 mois.

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alinea7

le mardi 05 février 2019 à 07h30

@HeavenlyCreature (+)

Je n'aurais pas dit mieux, je vous lis (dévore) avec attention.
Je trouve aussi que l'attachement n'est pas forcément une mauvaise chose, que lorsqu'il entraîne des situations trop difficiles à gérer cette technique est un outil qui peut être adapté pour certains,...et que les interventions sont de qualité :-D (+) (+) (+)

Message modifié par son auteur il y a 8 mois.

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bidibidibidi

le mardi 05 février 2019 à 09h32

HeavenlyCreature
Comme si l'enjeu absolu c'était d'être totalement "détaché" et "indépendants" les uns des autres, sans aucune projection, attentes ou contraintes... (je force le trait à dessein, mais vous voyez l'idée?).

Pour moi, c'est ce que j'appelle être adulte.
Toute la théorie de l'attachement présuppose un lien parent/enfant. En gros, un lien qu'on ne choisit pas et qu'on ne peut pas casser sans mourir.

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HeavenlyCreature

le mardi 05 février 2019 à 10h35

bidibidibidi
Pour moi, c'est ce que j'appelle être adulte.

Toute la théorie de l'attachement présuppose un lien parent/enfant. En gros, un lien qu'on ne choisit pas et qu'on ne peut pas casser sans mourir.

Ah non non pas du tout d'accord avec ton interprétation de cette théorie (même si je respecte par ailleurs que nous n'ayons pas du tout la même définition de l'attachement et de ce que c'est qu'être "un adulte" ). La théorie de l'attachement explique qu'il y a 2 grands types d'attachement à l'âge adulte, secure et insecure, qui découlent respectivement de liens satisfaisants ou insatisfaisant dans l'enfance. Ça ne dit pas que devenir adulte, c'est ne plus disposer d'attachement... L'attachement en psychologie n'est pas du tout défini de cette manière.. Je ne suis pas spécialiste en psychologie, mais en sociologie, ça reviendrait à dire que tous les liens sociaux nuisent à l'individualité alors qu'ils en sont en partie constitutifs.. (je prends cette exemple car dans attache comme dans lien, il y a ce double sens : propre et figuré) Effectivement certains liens sont nuisibles (coercition, domination, etc) mais il y a aussi les solidarités sans lesquels nous ne pourrions survivre depuis la nuit des temps (bon évidemment, certaines solidarités peuvent induire un contrôle social, mais pas tjs.. ). Aucun individu n'est complètement déconnecté des autres : le lien social, comme l'attachement, c'est un continuum, pas une opposition entre être "libre" d'un côté et être "attaché" (enchaîné) de l'autre...

Message modifié par son auteur il y a 8 mois.

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bidibidibidi

le mardi 05 février 2019 à 10h46

C'est amusant, parce que tu utilises le vocabulaire qui me fait penser ce que je pense.

HeavenlyCreature
La théorie de l'attachement explique qu'il y a 2 grands types d'attachement à l'âge adulte, secure et insecure, qui découlent respectivement de liens satisfaisants ou insatisfaisant dans l'enfance.

On est bien dans un problème "enfantin". En devenant adulte, on est censé apprendre à gérer proprement son attachement. On devrait tous essayer d'avoir un attachement secure. Et je pense que la multiplication des liens aide à avoir un attachement plus secure, parce qu'on sait qu'on ne tombera à aucun moment dans une absence totale de liens.
Bon, après, ça ne fait pas tout. Mais je pense que ça y aide.

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HeavenlyCreature

le mardi 05 février 2019 à 10h47

Attachement secure = indépendance = enfant/adulte épanouis
(selon cette théorie). L'un n'est pas défini en contradiction à l'autre, c'est la nature de l'attachement qui importe, non son existence en soi

Message modifié par son auteur il y a 8 mois.

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bidibidibidi

le mardi 05 février 2019 à 11h03

HeavenlyCreature
Attachement secure = indépendance = enfant/adulte épanouis

(selon cette théorie). L'un n'est pas défini en contradiction à l'autre, c'est la nature de l'attachement qui importe, non son existence en soi

Faudrait que je lise plus sur la théorie, mais, d'un rapide passage sur Wikipedia, on voit que la théorie de l'attachement est principalement considérée chez l'enfant. Chez l'adulte, on ne parle que de relations sentimentales, qui ne sont abordées que du point de vue monogame. Et elle montrerait des fluctuations de l'attachement chez les gens, suivant les relations. Donc tout ça me paraît assez compliqué, je vais pas rentrer plus dans la discussion sans une étude plus approfondies.

La seule chose que je critique, c'est cette focalisation sur les relations monogames (un poil logique quand on connaît la société). Sauf que je trouve un côté enfantin aux relations monogames, dans leurs manières de répondre aux besoins affectifs, sentimentaux et sexuels. Je ne sais pas ce que donnerait la théorie de l'attachement dans un contexte non monogame, s'il serait affecté ou inchangé. Mais j'émets du moins l'hypothèse que ça ne fonctionnerai pas pareil.

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HeavenlyCreature

le mardi 05 février 2019 à 11h14

bidibidibidi
Faudrait que je lise plus sur la théorie, mais, d'un rapide passage sur Wikipedia, on voit que la théorie de l'attachement est principalement considérée chez l'enfant. Chez l'adulte, on ne parle que de relations sentimentales, qui ne sont abordées que du point de vue monogame. Et elle montrerait des fluctuations de l'attachement chez les gens, suivant les relations. Donc tout ça me paraît assez compliqué, je vais pas rentrer plus dans la discussion sans une étude plus approfondies.

La seule chose que je critique, c'est cette focalisation sur les relations monogames (un poil logique quand on connaît la société). Sauf que je trouve un côté enfantin aux relations monogames, dans leurs manières de répondre aux besoins affectifs, sentimentaux et sexuels. Je ne sais pas ce que donnerait la théorie de l'attachement dans un contexte non monogame, s'il serait affecté ou inchangé. Mais j'émets du moins l'hypothèse que ça ne fonctionnerai pas pareil.

Oui, tu as probablement raison dans le sens où la relation "monogame totale" (je rajoute totale, pour désigner cette représentation du couple prônée par la société où l'autre est notre moitié, est censé combler un vide existentielle, répondre à TOUS nos besoins, ce qui bien évidemment, n'est pas forcément représentatif de TOUS les couples monogames dont certains trouvent un équilibre dans et en dehors du couple, il me semble, attention de ne pas généraliser) ressemble à bien des égards à l'état de fusion de l'enfant à sa mère... En tous cas, dans la théorie de l'attachement appliquée au relation amoureuse, le type insecure/anxieux recherche cet état de fusion. Mais à l'inverse, le type insecure/évitant multiplie les partenaires, dans une stratégie de désengagement. Dans les deux cas, l'attachement est insecure. De même, chez les secures, il y a probablement des mono comme des poly.... Ce serait rigolo de savoir s'il y a des tendances poly/mono :) à creuser

Message modifié par son auteur il y a 8 mois.

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artichaut

le mardi 05 février 2019 à 15h06

…avant d'éventuellement répondre plus avant, et prolonger la discussion, je me demandais deux choses @HeavenlyCreature :

- As-tu lu des choses autres sur la théorie de l'attachement que ce qu'on trouve facilement sur internet (wikipedia, psychomedia, cairn…) ? Et si oui, peux-tu nous conseiller des ouvrages & co ?
- Qu'apelles-tu "insecure/évitant" par rapport aux catégories que j'ai cité en essayant de croiser les sources (histoire d'utiliser les même mots et savoir de quoi l'on parle) ?

Par ailleurs ce site parle d'attachement "anxieux/ambivalent" et je ne sais pas non plus auquel il fait référence.
Franchement on s'y perds avec tous ces termes. Peut-être peux-tu m'aider à y voir +clair ?

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