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Rennes (France)

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Discussion : [Outil] Le spectre de l'amour

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artichaut

le vendredi 30 janvier 2026 à 00h24

Lili-Lutine
Il y a des amours qui m’ouvrent et d’autres qui me contractent
Des amours qui m’augmentent et d’autres qui me font rapetisser

Alors si je devais parler de spectre, ce ne serait pas un spectre des "formes d’amour" mais un spectre des effets du lien sur le vivant

Par exemple :

Il y a des liens qui me donnent plus de souffle où mon système nerveux se détend où je me sens autorisée à être lente, fragile , mouvante

Et il y a des liens qui m’activent en permanence où je suis en vigilance où mon corps se raidit où je dois m’adapter, me contenir , me sur-réguler

Oui.
Et ça prend du temps de faire la part des choses, de se rendre compte de ce qui réellement nous fait du bien (et pas juste nous donne le sentiment temporaire d'être bien) et ce qui ne nous convient pas ou dont le rapport bénéfice/emmerdements est bien trop inégal pour que ça en vaille la peine.

Les injonctions nous incintent à rechercher/accepter des choses dont on n'a pas forcément besoin, voire même qui nous font du mal.
Et aussi nous brouillent le paysage et ne nous font rechercher certaines choses (dont par contre nous avons réellement besoin) que par des voies toutes tracées, mais qui en réalité ne nous conviennent pas, sans imaginer qu'on puisse faire autrement.

Ces voies, ont été élaborées et prônées au fil du temps pour convenir au +grand nombre, mais aussi pour maintenir les privilèges de certaines classes, la morale de telle autre classe, pour maintenir une "paix" sociale (en réalité une hiérarchie sociale, et une gouvernance sinon acceptable, du moins acceptée).

Ce monde est hiérarchique et nos amours le sont toutes pareilles.
Ce monde est régie par la propriété et nos amours sont possessives.
Ce monde est basé sur l'asservissement de certains humains au profit d'autres humains et nos sexualités peinent à être autre chose.

Alors oui il y a un sens politique à faire que chacun·e individuellement on puisse savoir et choisir ce qui nous convient, au delà des normes, au delà des injonctions ou de la morale.
Et sans doute qu'il y a aussi une dimension politique +vaste, +collective, à une échelle +grande qu'individuelle, pour rendre ce monde un peu moins injuste et violent.

Dessiner un spectre, c'est faire l'éloge de la diversité et de la pluralité des possibles.
Refuser certains modèles sociétaux qui fabriquent de l'exclusion, également. Ou qui maintiennent des privilèges.

On est loin du compte, très loin du compte.
Et on se démerde tant bien que mal au milieu de ce palais des glaces.
Le +souvent avec des outils qui ne sont pas les nôtres et qu'on nous a imposés.

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Discussion : Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle

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artichaut

le jeudi 29 janvier 2026 à 23h02

Allyah148
Comment vois-tu ou imagines-tu la non séparation amour/amitié ?

Arrêter de hiérarchiser/différencier/séparer les différentes sortes d'amours.
(ce qui peut paraître contradictoire avec chercher à élaborer le spectre de l'amour, mais en réalité non)

Aujourd'hui, toutes les personnes importantes de ma vie, je les nomme des ami·es (quelque soit ce qu'on vit/partage), et franchement ça fonctionne plutôt bien.
Il faut juste accepter que les gens du coup méprisent un peu ce que tu vis (« ah vous êtes juste ami·es ! »).
Mais d'un autre côté c'est beaucoup +simple et +libre.
Avoir plusieurs ami·es c'est ok. Avoir des ami·es de différents sexe/genre, c'est ok. Être heureux (compersif) pour les joies de ses ami·es (même sans moi, et même si c'est du sexe et/ou de l'amour-"amoureux" qu'iels partagent) c'est ok.
Franchement même pour moi c'est +simple. plu besoin de hiérarchiser quoique ce soit, plu besoin de se promettre la lune, une compersion qui devient +instinctive, des nouveaux possibles qui s'ouvrent qu'on n'avait même pas imaginé…

Et je pourrais les appeler mes "amoureux/amoureuses" (ou n'importe quel autre nom) en milieu poly, ça fonctionnerait aussi.
Mais je préfére "amie·es", c'est +passe-partout, moins de presion, moins prétentieux, moins sujet à quiproquos, +simple, etc.
Le +dur c'est peut-être soi-même d'arrêter d'attacher une quelconque importance à certains de ces termes, et à cette différentiation stigmatisante.
Reléguer aussi certains mots/concepts/injonctions (amour-amoureux, sexualité et autres scripts giga-normés) à de simples contingences ou options facultatives, pour redonner de la valeur à ce qui à mes yeux compte vraiment : l'amour (au sens large du spectre), la tendresse, la solidarité.

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Discussion : [Podcast] Vos 5 podcasts préférés

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artichaut

le jeudi 29 janvier 2026 à 14h48

d'autres propositions ?

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Discussion : [Podcast] Ma participation (Ella Silloë) au podcast Lignes de désir. nov 2024.

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artichaut

le jeudi 29 janvier 2026 à 14h16

(je copie-colle ici mon avis, que j'avais écrit à Ella, en mp, en nov 2024)

je l'ai enfin écouté !
je l'ai trouvé super

je t'ai trouvé très sereine, et avec un chouette regard sur ton passé
comme si tout ce vécu avait décanté.
et ça me donne le sentiment d'un genre de post-scriptum à tes deux livres.

j'ai par exemple aimé que tu parle de "relation quotidienne" avec Loïc, plutôt que de "relation socle".
ce qui m'a semblé à la fois clair, précis et… neutre (ne qualifiant pas la relation en importance vis à vis des autres, contrairement à ce que le terme socle — que je n'aime pas trop — me semble faire)
…et j'ai trouvé dommage que la podcasteuse te relance avec ce terme de socle…

j'ai senti aussi dans ta voix, comme dans ton récit, une forme d'apaisement
quelque chose qui se dépose enfin
une lutte qui peut déposer les armes
et un genre de serrenité.

j'ai aimé ce que tu nomme "faille" (si je me souvient bien) au début du podcast.

est-ce que le curseur frustration—<->—jalousie est de toi, ou ça vient de quelque part d'autre ? (si tu t'en souviens /des fois on croit qu'un truc est de nous, alors qu'on l'a lu quelque part)

j'ai beaucoup aimé que tu ne parle pas à un public averti, et que (sauf sapiosexuelle et assez peu métamour) tu définisse les termes que tu utilise, voire que tu les paraphrase/explicite d'abord au lieu d'utiliser direct des termes consacré (comme pour la NRE, ou tu parle d'abord d'un truc chimique, au lieu de balancer un acronyme bizarre de but en blanc)

sur la question des termes théoriques, seul ta "déf" de la polyamorie, m'a semblé chelou, et en décalage avec ce que je ressent, à la fois en soi, à la fois à l'écoute de ce podcast.

par contre je ressent fort que ton chemin te mène aujourd'hui vers cette "déf" que tu donnes (et qui après tout est TA définition-en-vie de ta polyamorie, même si tu l'empruntes à Isabelle Broué)

j'ai au contraire ressenti que la polyamorie, c'est "un polyamour éthique en acte".
c'est à dire un polyamour qui a à coeur (ça veut pas dire qu'il ne se plante pas parfois) de prendre réellement soin de chaque relation (et pas juste un truc consumériste).

ça m'a donné envie d'écrire
des choses un peu théoriques sur le forum (endroit où je développe ma pensée sur ces sujets)
et aussi des choses sur ma vie, ou sur ma vision des relations

parler de soi (comme tu le fais) donne envie de parler de soi à son tour.
(et ce indépendamment, des réflexions théoriques que par ailleurs je mène, par goût des dévellopements intelectuels, +que par souci de théoriser le polyamour)

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Discussion : [Podcast] Ma participation (Ella Silloë) au podcast Lignes de désir. nov 2024.

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artichaut

le jeudi 29 janvier 2026 à 14h02

ou ici : https://podcast.ausha.co/lignes-de-desir/tomber-en...

Tomber en amour pour la polyamorie avec Ella Silloë, polyamoureuse et autrice
1h13 | 10/11/2024

Lignes de désir
D'autres chemins existent. Des récits de vie pour mieux comprendre les autres et/ou mieux se comprendre soi-même.
Un podcast animé, imaginé, produit et réalisé par Romane Bouillon.
Instagram : @lignesdedesir

Description
L’invitée de cet épisode est Ella Silloë.

Ella est l’autrice de 2 récits de vie autour de la polyamorie parus en 2021 et 2022 aux éditions du ARouge : “Du temps et des mots, un chemin vers la polyamorie” et “Aimer au-delà du couple, joies et doutes d’une polyamoureuse”.

Ensemble, nous avons exploré sa route vers la polyamorie, son exploration d’un chemin de vie alternatif, d’une ligne de désir.

Ella est - je la cite - une femme blanche plutôt hétérosexuelle, de classe moyenne, n’ayant pas vécu de gros traumatisme. Elle n’est pas issue d’une minorité ou porteuse d’un handicap et n’a eu que très peu à vivre ou ressentir l’exclusion. Grâce à cela, elle a été préservée de certaines vulnérabilités et a pu développer un mode relationnel plutôt apaisé.

Dans l’épisode que vous vous apprêtez à écouter, elle s’exprime donc depuis ce point de vue.

Cet épisode est une invitation à cesser de penser l’exclusivité sexuelle et romantique comme une obligation, à s’interroger sur ses propres désirs, au-delà de ce que la société nous pousse à désirer, à respecter toutes les configurations relationnelles, qu’elles matchent avec la norme dominante ou non.

Bonne écoute! ☀️

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Discussion : [Podcast] Pourquoi la tendresse devrait-elle rester enfermée dans le cadre de nos relations romantiques ?

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artichaut

le jeudi 29 janvier 2026 à 13h44

Mon avis : j'aime beaucoup !

Même si le portrait est quelque peu idéalisé (pas le temps en 20 min de mettre un peu de vulnérabilité et de récits de difficultés ?).
Mais je comprend le prosélytisme vu le big tabou sur le sujet.

Perso les co-dodo systématiques ça ne me fait pas envie, j'aime la solitude de mon lit !
Mais pour le reste c'est assez enthousiasmant de voir que ça existe.
Le fait qu'il n'y ai que des femmes aide grandement j'imagine à rendre cette utopie possible.

*

Accessoirement ça m'a un peu gonflé cette façon de se situer au début de l'épisode. J'ai l'impression que tout le monde fait ça désormais, façon Tuaillon, mais que je le ressent comme un genre de laisser-passer un peu de convenance, et sans réelle conséquences.

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Discussion : [Podcast] Pourquoi la tendresse devrait-elle rester enfermée dans le cadre de nos relations romantiques ?

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le jeudi 29 janvier 2026 à 13h40

Pourquoi la tendresse devrait-elle rester enfermée dans le cadre de nos relations romantiques ?
Avec Maëlle, 20min | 27/04/2025

Lignes de désir
D'autres chemins existent. Des récits de vie pour mieux comprendre les autres et/ou mieux se comprendre soi-même.
Un podcast animé, imaginé, produit et réalisé par Romane Bouillon.
Instagram : @lignesdedesir

*
Pitch de l'épisode : Pourquoi la tendresse devrait-elle rester enfermée dans le cadre de nos relations romantiques ? Et si nous l’invitions dans l’ensemble de nos relations ? Et si nos amitiés pouvaient répondre à notre soif d’affection et d’intimité physique, sans que cela semble étrange ou déplacé ?

*
Avertissement (de moi-même) : Attention ce podcast est suceptible de venir appuyer sur nos (incommensurables) manques affectifs…

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Discussion : Questions sur l'amour-affection, l'amour-passion, être amoureux-se... et la compersion!

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artichaut

le mercredi 28 janvier 2026 à 21h49

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Discussion : Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle

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artichaut

le mercredi 28 janvier 2026 à 21h34

Allyah148
Alors aujourd'hui les choses ont évolué pour moi mais au début j'étais carrément dans le système monogame avec la jalousie ++++ et la compersion 0 puisque c'est le sujet de la discussion.

oui du point de vue du sujet de ce fil, en effet

mais +globalement ce n'est pas seulement ça que je nomme système monogame, mais :
- le fait de tout cloisonner : y'a LA relation de couple… et le reste
- que les amitiés soit quasi négligeables (ce qui ne semble pas être ton cas)
- que le/la conjoint·e soit quasi LA seule personne qui compte dans sa vie (ce n'est pas ton cas)
- qu'il y a tout un tas de scripts et règles non dites et quasi obligatoires (habiter ensemble, dormir ensemble, rencontrer la famille de l'autre, partir en vacances ensemble, partager de la sexualité, etc)
- qu'il y a tout un tas de privilèges sociétaux induits (pour qui accepte de se ranger à la norme)
- que la jalousie est une preuve d'amour, et l'exclusivité (pour ne pas dire l'exclusion) la seule manière de se sentir en sécurité
- qu'il y a plein de non-dits et de tabous qui fabriquent beaucoup de souffrance et de violence cachée (surtout pour les femmes, les enfants et autres personnes minorisées), et qu'on laisse ça bien loin sous le tapis
- que le système ne peut pas être remis en cause (il est 'naturel', censément 'neutre', et invisible)
- que les règles de ce système ne sont pas compilées, elles vont de soi, et on les apprend s'en même le savoir (on est immergé dedans donc on n'en voit pas les contours, il faudrait pouvoir en sortir pour pouvoir l'observer de l'extérieur)
- etc

et de même qu'on peut être en couple exclusif sans cocher toutes les cases de ce système, de même des élements de ce système se retrouvent en polyamour. et je trouve important de faire la part des choses. l'exclusivité amoureuse est une sacrée clef de voûte du système, mais pour autant ce n'est qu'une pierre parmi d'autres.

dans ce fil je propose de changer la clef de voûte. mais ça ne suffit certes pas à changer toutes les pierres.
je pense juste que par contagion certaines autres en sont transformées. ou conservées, mais choisies en connaissance de cause.

en tout cas à mon sens, la clef de voûte ce n'est pas la (non)exclusivité en soi, ou le nombre de relations, mais bien plutôt la compersion et la (non)séparation amour/amitié.

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Discussion : [Outil] Le spectre de l'amour

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artichaut

le mercredi 28 janvier 2026 à 21h07

artichaut
est-ce qu'on pourrais dire que les personnes du groupe 1 sont comme des collectifs à elle toute seule ?

Alabama
Non pas du tout. Un individu ne peut absolument pas me donner la sensation du collectif, c'est juste antinomique. Dans une relation individuelle, si je perds le lien à la personne, ben y a rien qui le remplace.

Si on utilise cette métaphore (une relation à une personne = un collectif), alors perdre le lien à la personne serait l'équivalent de perdre le lien à tout le collectif. Et perde le lien (même temporairement) à une personne du collectif serait perdre le lien (même temporairement) à l'un des plans de la relation (puisque tu parlait que ces personnes du "groupe_1' te nourissaient sur plusieurs plans).
Mais soite, je comprends que ce soit antinomique pour toi. La comparaison métaphorique à de toute façon ses limites.

Peut-être je pensais à ma manière de composer comme en puzzle, mon réseau affectif, et qui peut se comparer à la manière dont certains monogames attendent tout d'une seule et même personne (ma relation idéale je la construit, et elle est continuellement mouvante, au lieu —comme en monogamie— d'attendre qu'elle me tombe dessus toute seule, devoir tout faire ensuite pour la garder, et lui faire porter beaucoup d'attentes).
Mais ce puzzle affectif n'est pas exactement la même chose que ce dont tu parle, en parlant de collectif.

Et du coup, on a peut-être une catégorie amour-puzzle.

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Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir

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artichaut

le mercredi 28 janvier 2026 à 20h51

Alabama
Je pense qu'il y a le sentiment amoureux, et il y a l'anxiété amoureuse, et ce sont deux choses différentes. Pendant la NRE, je pense que à la limite, c'est un moment où on est capable de voir à quel point l'autre est merveilleux·se dans son humanité, parce que c'est vrai, on est toustes merveilleux·ses. Mais qu'ensuite, nos blessures, nos difficultés nous rattrapent. En gros je suis en train de dire que le vrai amour, c'est pendant la NRE finalement. Mais le problème dans la NRE, c'est qu'il y a aussi, mélangé à ce sentiment amoureux, l'anxiété amoureuse, l'idéalisation, la pathologie-miroir pour reprendre ton terme. Je dirais que dire que la NRE c'est uniquement de l'amour serait faux, mais que dire que c'est uniquement de l'idéalisation, c'est faux aussi. Enfin je sais pas, ça me vient là comme ça...

Ah tiens…
ça me fait réfléchir

j'aurais eu tendance à penser que l'anxiété amoureuse venait +tard, post NRE, ou post-euphorie_des_débuts en tout cas.
que l'euhorie endiguait l'anxiété, et nous faisait prendre des vessies pour des lanternes.
et qu'une fois qu'on se rend compte qu'on a affaire à des vessies (a foriori en logique miroir : je me suis identifié à une vessie, donc je suis une vessie moi-même) l'anxiété revient.

mais sans doute t'as raison : l'anxiété est peut-être momentanément en sourdine, mais elle n'en est pas moins là. (et inversement une relation qui s'installe peut calmer l'anxiété propre aux débuts)
et il est vrai aussi que ça dépend comment se déroule ladite NRE.
euphorie et anxiété peuvent co-exister.
(de même que compersion et jalousie).

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Discussion : Dis...c'est quoi l'amour ?

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artichaut

le mardi 27 janvier 2026 à 18h32

Aki
Euh, qu'est-ce que la monogamie "telle qu'on la connaît", svp ?

Allume la télé, regarde un film, ouvre un roman écrit après le XVIIe, ou quasi n'importe quel essai sur l'amour… tu trouveras réponse à ta question.

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Discussion : Amours compersives, amitiés compersives, ou la compersion comme modalité interactionnelle

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artichaut

le lundi 26 janvier 2026 à 23h21

Allyah148
Je suis monogame et c'est vrai que moi j'aime être l'unique amour-amoureux de mon mari.

Cool un·e "monogame". Bienvenu·e ici !

ayant, par choix, zéro relation amoureuse, je peux parfois me sentir +proche des monos que des polys (zéro c'est +proche de 1 que 2, 3, 4…).

je mets des guillemets à "monogame", car vu ce que tu racontes, tu m'a l'air en relation amoureusement exclusive certes, mais pas complétement dans le système monogame (1, 2). d'où ta présence ici, sans doute.

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Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir

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artichaut

le lundi 26 janvier 2026 à 17h09

LeGrandStyle
Concrètement c’est quoi aimer quelqu’un pour ce qu’iel est?

Je vais tâcher de répondre, en prenant la grille de lecture des besoins, que tu propose.

Que je veuille être aimé pour qui je suis, est effectivement un besoin d'acceptation. Sans acceptation, je ne me sens pas aimé. Et inversement je n'ai pas besoin de grand'chose de+ pour me sentir aimé.

Quand j'aime une personne pour ce qu'il/elle est, je ne sais pas si ça répond à un besoin.
Il peut parfois y avoir celui d'inspiration peut-être. J'aime ce que cette personne est (avec ses 'qualités et ses 'défauts'), et elle m'inspire, ce qui nourrit mon besoin. On n'a pas besoin d'être en relation pour ça. Mais +je la connais en réel, +je vais la connaître pour ce qu'elle est vraiment (avec aussi ses 'défauts', pas juste sa surface visible au premier abord), et +je vais avoir le sentiment de l'aimer pour qui il/elle est. donc si je l'aime, je vais avoir le sentiment de l'aimer encore+. Même si certes on se sait jamais qui est totalement une personne. donc on ne peut entièrement l'aimer.
D'autre fois ça peut être un besoin d'appartenance peut-être. J'aime mes enfants, et veut leur bonheur, car iels sont 'ma' famille. Et je les aime même s'ils ne m'inspirent pas et même si avec le temps je sais de moins en moins qui iels sont.

Aimer amoureusement une personne pour ce qu'il/elle est, je ne sais pas si c'est possible (en tout cas ça me semble clairement impossible en NRE, puisqu'on ne connaît pas encore l'autre). Et au delà de la NRE, et de la période d'apprentissage à se connaître en profondeur, au delà donc, perso j'apellerais ça de l'amitié, ou de l'amour-amitié. Quand on a perdu toutes nos illusions sur l'autre, et que justement l'effet miroir tend à s'estomper.

Peut-être ça peut répondre chez moi à un besoin de clarté, de sincérité, de transparence, de connaissance (de l'autre). Je ne sais pas.

En tout cas, je sais que je peux aimer quelqu'un qui ne m'aime pas, ou aimer quelqu'un sans savoir précisément ce qu'il/elle pense de moi. Pour moi ce sont des choses différentes. Même s'il y a des ponts qui se font.

Mais bon je m'écarte de l'analyse de l'amour-amoureux qui est l'objet de ce fil…

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Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir

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artichaut

le lundi 26 janvier 2026 à 16h46

LeGrandStyle
Dire que “l’amour-amoureux” c’est pour flatter notre ego etc. c’est faire des raccourcis et suppositions sur les besoins de chacun, et au final une injonction de plus.

en quoi c'est une injonction ? j'ai pas compris…

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Discussion : [Outil] Le spectre de l'amour

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artichaut

le lundi 26 janvier 2026 à 16h27

Aki
L'amour-réciproque, je ne connais que trop bien, malheureusement. :-/
C'est un amour conditionnel (parfois lié au désir).

ah oui, amour-conditionnel, c'est encore +large (et pas forcément réciproque).
amour lié à certaines conditions. si les conditions ne sont pas ou plu remplies, l'amour disparaît.

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Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir

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artichaut

le lundi 26 janvier 2026 à 14h51

Alabama
Peut-être que je me trompe, mais il me semble percevoir chez les hommes autre chose en-dessous de cela, qui est d'être totalement acceptés pour qui ils sont,

Si c'est le cas je suis totalement un mec cis sur ce point. Je veux être aimé (donc accepté) pour qui je suis pas pour ce que je fait.

Et il m'a fallu du temps pour me rendre compte que je faisais des choses pour que l'on m'aime. J'ai par exemple beaucoup fait à manger aux autres pour ça. Et donc que j'avais des attentes non assumées, non conscientisées.

Aujourd'hui je me mets beaucoup moins la pression sur ça. Je continue de faire à manger pour les autres. Mais j'essaie de le faire par plaisir de donner, sans rien attendre en retour.

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Discussion : [Outil] Le spectre de l'amour

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artichaut

le lundi 26 janvier 2026 à 14h34

merci pour vos réponses.

je trouve ce fil passionnant, et je suis ravi de l'avoir ouvert.

des réfléxions sur un autre fil me fait penser qu'il y a peut-être un amour-miroir, ou un amour-réciproque

un amour qui ne peut exister que réciproquement
je n'aime l'autre que si l'autre m'aime (et me le montre)
s'iel cesse de m'aimer, je cesse de l'aimer
et réciproquement

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Discussion : L'amour-amoureux, cette pathologie miroir

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artichaut

le lundi 26 janvier 2026 à 14h26

Lili-Lutine
là où je me sens en décalage, c’est quand tu nommes l’amour-amoureux comme une "pathologie miroir" au sens presque homogène comme si ce mouvement venait toujours d’un ego en quête de validation

Dans mon vécu, il y a une autre couche, plus archaïque, plus corporelle, moins consciente

Pour moi, beaucoup de ce qu’on appelle "amour-amoureux" n’est pas d’abord une recherche de flatter l’ego mais une tentative de réparation, un mouvement de survie, un appel du système nerveux qui cherche enfin un lieu où se poser

Quand on a grandi dans des environnements où le lien était insécurisant , intrusif, absent, ou violent, le corps ne sait pas faire la différence entre "être aimé" ET "être enfin en sécurité"

Je comprend que tu ressente ça, et vive ça comme très différent, mais je me demande si les processus en jeu ne sont pas les même.

une "pathologie miroir", une recherche de validation d'ego, qui pourrait tout aussi bien, comme tu dis, être … non pas une erreur mais une étape.

Lili-Lutine
Pour moi, beaucoup de ce qu’on appelle "amour-amoureux" n’est pas d’abord une recherche de flatter l’ego mais une tentative de réparation, un mouvement de survie, un appel du système nerveux qui cherche enfin un lieu où se poser

Quand on a grandi dans des environnements où le lien était insécurisant , intrusif, absent, ou violent, le corps ne sait pas faire la différence entre "être aimé" ET "être enfin en sécurité"

Alors quand un lien active cette sensation de refuge, de reconnaissance, de présence, ça ne ressemble pas à un miroir narcissique, ça ressemble à une terre après un désert

Ce n’est pas "je m’aime à travers toi" c’est souvent
"je respire enfin dans ton regard"

En fait j'ai l'impression qu'il y a une confusion entre aimer et être aimé·e.

Quand je parle d"amour-amoureux" je parle du sentiment d'être amoureux/amoureuse, pas du sentiment de se sentir aimé·e.

Et l'endroit de la "pathologie miroir" c'est peut-être justement dans le fait de croire aimer, ressentir de l'amour pour l'autre, alors qu'en réalité on se sent aimé·e par l'autre. Et là tout ce que tu dis prend alors sens.
"je respire enfin dans ton regard" n'est pas antinomique de "je m’aime à travers toi" : je t'aime pour ce que tu me donne, ce que tu me permet, pas pour qui tu es.

"je t'aime" car tu m'aimes.
et l'on retombe dans les classiques injonctions "je t'aime" / "moi aussi".
si l'autre cessait de m'aimer, alors je ne l'aimerais plu.
c'est ça que j'appelle le miroir.

peut-être que tu as besoin de le regarder non pas comme une "pathologie", mais comme une "réparation".
et en même temps pour qu'il y ai quelque chose à réparer, il faut bien qu'il y ai quelque chose qui ne fonctionne pas comme on voudrait.

ce que je cherche à questionner c'est ce sentiment d'être amoureux/amoureuse de l'autre, alors qu'on est dans la satisfaction (le terme est sans doute trop faible) d'être aimé·e par l'autre. ce qui peut fabriquer cette sensation de refuge, de reconnaissance, de présence que tu nommes.

j'aime l'autre comme j'aime le chocolat, je l'aime pour ce qu'il me fait ressentir (dans mon corps, dans mon être).
et non pas j'aime l'autre pour ce qu'iel est, et je veux son bonheur, même sans moi (comme avec nos enfants, devenus grands… enfin idéalement).

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Discussion : L'amour passe par l'amour de soi

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artichaut

le lundi 26 janvier 2026 à 12h15

Lili-Lutine
Et souvent, après coup, ce que je ressens
(…)
ça laisse aussi un arrière-goût : comment je n’ai pas vu venir plus tôt

j'ai l'impression que tu parle de cas extrêmes. qui provoquent une rupture relationnelle. et pourrait en effet provoquer un dégoût de soi. quelque chose avec de la honte de soi.

ce dont je parle je le vis au quotidien, même dans mes relations 'saines' ou chouettes.
ça a à voir avec se respecter soi.
mais tu as raison, se respecter soi est peut-être+ une conséquence (un symptôme, mais en positif), du fait de s'aimer soi.

Lili-Lutine
poser des limites peut faire partie de l’amour de soi … mais pas forcément
Ça dépend si c’est un geste arraché sous contrainte, ou un geste cohérent avec une estime de soi déjà un peu là

oui, l'estime de soi.
s'estimer avoir de la valeur.

Lili-Lutine
Je ne sais pas si ça fait sens pour vous, mais pour moi la nuance est importante : "se prioriser" n’est pas toujours un signe d’amour, parfois c’est juste un signe qu’on a été trop loin, trop longtemps

si on a été trop loin, trop longtemps, j'ai l'impression que "se prioriser" c'est justement retrouver l'amour de soi (même si ça passe par une phase de honte de soi).
dire non à l'autre, c'est se dire oui à soi-même.
il n'y a pas de non, il n'y a que des oui.

on me voit comme quelqu'un qui dit beaucoup non, en réalité je suis quelqu'un qui (me) dit beaucoup oui (à moi-même).
sans ce oui à moi-même, sans cesse renouvelé, je ne suis pas capable de dire oui à l'autre, je ne suis pas capable d'aimer (ou alors l'aimer à distance, sans interactions, par ex. vouloir tjs son bonheur, mais ne plu vouloir interagir).

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