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Discussion : Amitié Homme – Femme. Il me manque un mot !
Siestacorta
le jeudi 28 avril 2011 à 22h05
ornement-fleuri
Je comprends que ça t'énerve boucledoux mais si tout le monde avait l'esprit très ouvert et débridé, on serait tous pareils et franchement, la vie serait bien triste.
Débridé ? Qui ça ?
Mais aussi : si tout le monde était ouvert, non, on serait pas tous pareils. Au contraire, je revendique souvent mon individualité, des trucs sur lesquels je crois pas que la vie me changera, et le mélange de traits communs et pas communs qui me font être moi. Je revendique, au point de pas aimer qu'on me dise d'être autrement.
Pourtant, l'ouverture est là, dans le sens où même en étant "très soi-même", à dire et faire des choses qui déplairont à d'autres, on peut quand même aimer que les autres soit différents - de nous, ou par rapport à la société. Les aimer même pour ça.
"Rappelle-toi que tu es unique. Comme tout le monde." Ce paradoxe, c'est ça, l'ouverture. Peu de risque que ça se transforme en uniformité.
Discussion : Partenaire jalouse
Siestacorta
le jeudi 28 avril 2011 à 20h52
hypathie
Bonjour à tous,
Je tiens à préciser que je ce que je vis le plus mal est un immense sentiment de trahison, surtout à un moment où on essaie d'avoir un enfant.
Il y a plusieurs façon d'arriver dans un fonctionnement polyamoureux...
La votre est assez spécifique, puisque d'un côté, tu as eu "droit" à ça, mais que votre arrangement ne prévoyait pas que ta compagne puisse l'avoir aussi.
Je ne vais pas juger la question de la justice / équité dans l'histoire. C'est plus une question de contrat moral. Si on s'engage à quelque chose comme la fidélité (ou la vérité dans un cas de couple ouvert), on est censé s'y tenir. En disant "je vais fonctionner comme ça", on donne à l'autre une indication, et c'est effectivement déstabilisant de se rendre compte que ça n'a pas fonctionné comme prévu.
Maintenant... La vie est généralement plus compliquée, hein ?
Les gens ne savent pas quand ils vont avoir besoin d'amour, quand il vont rencontrer quelqu'un. En s'engageant, on ne tient généralement pas assez compte de cette relativité...
Ton sentiment de trahison est légitime. C'est pas agréable de devoir ré-estimer le temps qu'a duré le mensonge.
Toutefois, ce n'est pas parce qu'il y a un mensonge qu'il y a insincérité. C'est à dire que le reste de ce qui s'est dit et fait n'est pas nécessairement pas beaucoup falsifié parce qu'une partie était cachée. Après que l'image complète a été révélée, que dit-elle : que vous vous aimez, ou pas ?
Tu dis toi même que vos sentiments demeurent. Et tu dis justement que c'est sur eux que tu vas compter pour continuer... C'est la bonne démarche, et c'est la même qui te permet de pardonner, et éventuellement d'essayer de penser à la suite.
La suite, monogame ou polyamoureuse, ne peut pas se construire avec une condamnation et une culpabilité permanentes. Si c'est pour vivre une relation qui ne se ressent que sous forme de blessure et pénitence, c'est pas la peine...Les ressentis douloureux peuvent être là, c'est dur de l'empêcher, mais ils ne peuvent qu'être dépassés. Autant s'orienter vers ça, je crois.
hypathie
Beaucoup de posts semblent dire que la personne qui souffre d'un polyamour de la part de son compagnon doit apprendre à faire avec. Mais de quel droit imposez-vous aux autres vos opinions ?
Du même "droit" que les monogames imposent la monogamie à l'autre. Ce n'est justement pas un droit, dans un sens ou dans l'autre (même si la loi et les coutumes disent le contraire).
C'est à dire que si on veut qu'une relation amoureuse soit juste, il ne s'agit pas de s'imposer, mais de faire à deux un choix éclairé par les fonctionnements de chacun.
Ici, on dit rarement que l'autre doit faire avec. On dit comment ensemble on peut essayer de le faire pour que ça marche. En tant que polyamoureux, c'est sûr qu'on va pas essayer d'en décourager les gens.
Mais il y a très peu de prosélytisme. Il arrive de temps en temps qu'on explique aux personnes qui viennent parler qu'ils ne sont peut-être pas faits pour ça, quand vivre deux amours ou voir l'autre en vivre semble apporter plus de peine que d'épanouissement.
Le polyamour n'est pas une "meilleure voie" amoureuse, c'est juste un fonctionnement et un choix qu'on aimerait voir socialement compris. Un peu comme l'homosexualité, sur certains points...
Discussion : Amitié Homme – Femme. Il me manque un mot !
Siestacorta
le jeudi 28 avril 2011 à 13h14
Les étiquettes, c'est à la fois très utile et très insuffisant.
Comme j'ai de grandes difficultés avec le non-dit, je préfère utiliser des étiquettes "partielles", qu'on peut regrouper, agglomérer, changer, et dont on considère les désignations comme perméables.
Mettons, pour classer les animaux, tu peux dire que c'est un mammifère à sabots et sans cornes. Les trois idées désignent le même animal.
Pour les relations affectives, je crois que c'est pareil, que croire qu'il y a une place pour chaque chose et chaque chose à sa place, c'est une façon de se rassurer avec un ordre fallacieux.
Par rapport à cette amitié colorée dont tu parles, j'ai utilisé plusieurs expressions :
- le mot-valise "amantié" (le problème, c'est qu'à l'oral il y a "entier" dedans)
- l'expression "amitié sensuelle". J'aime bien, mais ça laisse un peu penser que sans la sensualité, l'amitié n'existerait pas par elle-même.
- la très proprette expression américaine "friends with benefits". On couche de temps en temps, mais pour le reste on vit en amis.
Par défaut, j'utilise le mot "amants", parce qu'il me semble le plus large. "amante" n'est pas tout à fait du bon français, mais ça me gène pas de faire un usage personnel. Pour moi, "amants", c'est des gens qui s'aiment. Au sens à la fois affectif et "actif" du mot. Actif affectivement et sexuellement. Aimer est un mot et un ressenti qui a les épaules larges... Et on peut aimer, être amants, sans être exclusivement amoureux. J'aime mes amis... J'aime mes amantes.
Discussion : Partenaire jalouse
Siestacorta
le jeudi 28 avril 2011 à 12h17
(suite)
J'espère que la soirée a pas été trop brutale et que la nuit a mis du baume sur les plaies.
J'aimerai rappeler que le côté "bureau des pleurs" d'un forum, qui plus est d'un forum ayant les sentiments pour sujet, c'est à la fois une nécessité et une limite.
Nécessité, parce que dans cet espace, on peut raconter beaucoup de choses qui ne trouvent pas de place dans notre vie quotidienne. On peut trouver des réponses empathiques, concernées, et échanger dans des temps où chacun a "décidé" de se mettre un peu au calme pour clavarder. On trouve peu de lieux réels qui ont ces qualité d'être disponibles, pas trop invasifs, potentiellement assez "riche" pour apporter quelques réponses et réactions pertinentes... et gratuits.
Donc, quand une demoiselle comme tanguy31 a quelque chose sur le coeur, l'endroit semble approprié.
La première limite de la fonction "bureau des pleurs", c'est bien sûr les gens qui y participent. Déjà, la plupart du temps, il n'y a pas un professionnel attaché à répondre tout bien et tout le temps. Donc quoi qu'il soit dit, que j'aie dit, c'est seulement de la lecture et du conseil personnel bienveillants, pas plus. Ici, les aspects psy, mais aussi l'emberlificotage avec d'autres personnes, le passé de la relation... C'est un truc sur lequel il n'y a pas d'avis "autorisé" possible. On échange donc ici d'emblée avec cette relativité de la pertinence de la réponse.
Et le côté écrit de tout ça doit vraiment être pris avec sa propre limite : à savoir que d'un côté, la "confidence" sera toujours parcellaire, on ne peut pas connaître assez l'auteur et sa vie pour être sûr d'avoir raison . Face à certains aspects d'un problème comme celui exposé ici on ne donne qu'un "point de vue de lecteur", l'opinion de quelqu'un qui ne s'implique qu'à partir de ses sentiments et expériences. Donc ses (mes) jugements ne sont que des réactions de spectateur concerné, pas de "participant" à l'histoire. Je répond, je parle, mais je ne me donne pas d'autre rôle.
L'autre limite d'une écoute de forum est le moyen terme "public/privé".
Tenir une parole qui relève en même temps
- d'un échange intime, où on dit ce qu'on ressent,
- et d'une publication qui peut être lue par des personnes concernées au premier chef par la confidence en question
... c'est un vrai jeu d'équilibriste. On a mille occasions de se casser la gueule.
Pour ne pas arriver à une autocensure permanente, où chacun perdrait l'occasion de réfléchir, s'informer, développer ses pensées, la bonne attitude c'est d'assumer et d'être responsable de ses mots.
C'est à dire connaître leur portée et leur limite décrite plus haut.
Et savoir que si on vient assister ou participer à des échanges personnels, on risque forcément de tomber sur des désaccords, des malentendus et des prises à parties déplaisantes. On a pas à aimer ça, mais être le sujet d'un échange ne nous donne pas vraiment de droit dessus... A part ceux reconnus par la loi (et la charte de discussion), dans le cadre d'insulte et de diffamation.
Donc, tout ceci étant posé, j'assume le côté bourrin d'une partie de ce que je dis ici. Je n'étais pas agressif, puisque je ne discutais pas encore avec Hypathie, mais seulement avec sa compagne. Je ne suis pas sorti d'un cadre de bienveillance.
Mes mots sont sans doute excessifs et "inappropriés", et je m'en excuse encore ; mais contextuellement, et en ce qui concerne ma propre sensibilité, je les trouve encore pertinents.
tanguy , je ne sais pas si c'est souhaitable que l'échange continue, Hypathie, toi et votre relation future n'y ont pas forcément un grand intérêt. C'est à vous d'en juger les limites que vous vous donnez pour évoquer votre histoire.
Message modifié par son auteur il y a 15 ans.
Discussion : Draguer sans se faire râtisser, ou De la quadrature du cercle...
Siestacorta
le mercredi 27 avril 2011 à 20h20
Lulutine> Maîa mazaurette est inégale, mais elle avait un chouette post sur la drague/harcèlement...
Discussion : Partenaire jalouse
Siestacorta
le mercredi 27 avril 2011 à 17h59
ooooookay...
Autant je peux tenter de dire deux trois trucs et discuter, autant je ne suis pas un médiateur, pas professionnel, rien.
Mes propos et jugement sont d'une subjectivité totale : qui les lit en fait ce qu'il peut. Je suis juste un lecteur, qui cause avec ce qu'on lui donne à lire.
D'où, Hypathie, le fait que je me permette de te traiter d'emmerdeuse. C'est une prise de parti, j'ai pas de raison d'être neutre. Je ne vous connais ni l'une ni l'autre...
Peut-être que ce sont des propos exagérés, peut-être pas. Sur internet, on peut dire un peu plus que ce qu'on dirait à l'oral. J'essaie pour ma part d'être à peu près ce que je suis dans la vie, même si je cède certainement à quelques penchant de matamores.
Cela dit, je pensais plus à essayer de soulager et faire parler ta compagne qu'à vraiment t'insulter.
Si ça peut te sembler "juste" :
1) puisque tu me lis, excuse-moi. Je n'ai pas envie de blesser quelqu'un, c'était pas le but, t'imagines bien. Essaie juste de te souvenir que ces mots rudes viennent avant que ne soient mentionné le diagnostic psy. Je n'aurai pas dis la même chose avec cette info, évidemment.
2) je crois qu'emmerdeuse est quand même quelque chose que je pourrai dire. Ou chiante. D'accord, c'est blessant. Pardon. Mais c'est une façon pour moi de dire que vivre avec quelqu'un qui a de telles rigidités n'est pas facile. Moi, je le ferai pas. Ta compagne le fait. Elle en fait un choix. Mais disons que c'est pas plus mal qu'elle n'oublie pas que les conditions jouent sur ses propres réactions
3) tu es peut-être superchiante, hypersensible, mais ça n'excuse pas le mensonge de ta compagne. Ca explique pourquoi il a pu venir, mais ça ne fait pas du mensonge quelque chose de bon. Sur ce site, une valeur souvent mise en avant est l'honnêteté. Le mensonge n'est pas un Mal en soi, mais il fait souvent mal, et le but du polyamour est de l'éviter. De dire que l'autre vérité "j'aime deux personnes" n'est non seulement pas néfaste, mais souvent désirable.
Donc, dans ce récit, il y a deux problèmes distincts, si chacun des participants souhaiter continuer à construire : un mensonge à pardonner et une forme de relation à trouver.
Ca va clairement pas être du gâteau.
Je vous souhaite d'y arriver...
(je dois m'éloigner du clavier jusqu'au moins demain)
Message modifié par son auteur il y a 15 ans.
Discussion : Partenaire jalouse
Siestacorta
le mercredi 27 avril 2011 à 14h45
T'inquiète pas pour le côté inhabituel.
Le syndrome d'asperger n'est pas encore très très connu, mais quand on fréquente un peu certains milieux on va dire "ingénieurs et matheux", on commence à en entendre parler.
Pour ceux qui connaissent pas bien, je recommande le film d'animation Mary et Max, le personnage de Sheldon dans l'excellente série The Big Bang Theory, et voir sous cet angle le fondateur de facebook Zuckerberg dans Social Network.
Le côté affectivement coupé des autres, parfois même "'intégrisme des affects", il y a quelques uns ici à qui ça peut faire un peu penser...
Par ailleurs, une piste en passant : si tu apprécies les "Aspies", c'est peut-être aussi par rapport à ton propre fonctionnement émotionnel. Ils sont parfois difficiles à décoder, mais dans un sens ils sont "prévisibles", sur le long terme. Fiables dans leur décalage... Et peut-être que ça te rassure, pour une raison ou une autre ?
Sinon, moi, pour l'instant, ça m'intéresse ce que tu dis, je le répète. Ne te soucie pas trop de mon moment de doute, je peux aussi être un peu décalé parfois.
Message modifié par son auteur il y a 15 ans.
Discussion : Alors, ce printemps ?
Siestacorta
le mercredi 27 avril 2011 à 11h17
Janis
Pourquoi une relation se termine-t-elle ? Le sait-on seulement ?
Pas toujours. Mais enfin faut pas non plus chercher l'ignorance... Ignorer, c'est rester toujours le même. Donc en venir à vivre des situations qui se répètent.
"Ce qu’on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l’extérieur comme un destin", c'est Jung qui disait ça entre la poire et le fromage.
Discussion : Partenaire jalouse
Siestacorta
le mercredi 27 avril 2011 à 10h51
Salut !
D'avance, désolé, ma réponse est looooongue.
Avant tout, félicitations pour ton style, ta sensibilité, et ta finesse. A part les sauts de ligne (qui sur notre forum sont de toute façon mal foutus), qu'est-ce que c'est bien écrit, pensé... Mûr. Je me suis même un peu demandé si c'était pas un mytho.
Te fâche pas !Je crois plutôt pas. Mais tu as en tout cas bien pensé à expliquer clairement à tes lecteurs, parce que l'enchaînement logique et les détails "utiles" sont là (contexte récent, expose des caractères...), avec une forme de point de vue déjà observateur et réfléchi ; quand souvent les témoignages "à chaud" sont parcellaires, et les mots spontanés de gens qui ont pas l'habitude de l'introspection sont pas forcément très clairs.
Bref, "construit" ou pas, c'est un témoignage très riche.
Merci donc de venir exposer tout ça ici, et de dire certaines choses vraiment bien.
Venons en à tes demandes !
Je ne crois pas qu'il y ait d'antidote précis à la jalousie. D'abord parce que comme pour l'amour, il y a presque autant de ressentis jaloux que de personnes et d'histoires. Il y a donc toujours des variations, et il y en aura sûrement dans nos réponses, j'espère que tu pourras faire ton miel avec plusieurs récoltes.
Telle que tu décris la situation, elle est très récente. La priorité ne me semble pas de traiter la jalousie, mais de savoir et faire savoir ce qu'attend chacune dans votre relation.
De ton côté, déjà : tu l'aimes, ça semble établi. Mais c'est la partie de l'histoire que tu décris le moins, en dehors de la frustration de ne pas être sur la même longueur d'onde sexuellement.
Ce serait bien de faire le point sur comment tu traduits ton sentiment amoureux, d'habitude et en ce moment.
A mon avis, il y a aussi à réfléchir sur le non-dit du tableau "critique" que tu fais d'elle : c'est à dire sur le comment/ pourquoi tu fais avec des trucs difficiles. Pas insurmontables, hein, chaque relation a ses difficultés. Mais pour savoir comment faire au mieux aujourd'hui, il faut comprendre comment tu vis d'habitude, tes leviers affectifs, qui peuvent en ce moment agir sans que tu t'en rendes comptes, et ceux qui pourraient être actionnés pour la suite.
Ces leviers ce sont sans doute déjà exprimés par le passé. Quand tu as géré d'autre difficultés. Par amour, évidemment ; mais par amour, d'autres auraient réagi autrement. Donc, tes ressentis à toi ?
- au quotidien face à son désir de controle
- les choses que tu aimes chez elle
- ce que tu penses de ses réactions avec la collègue.
- quand elle te parle du monsieur, ton rapport à la jalousie
- quand elle menace votre relation de ne pas durer
Je crois que tout cela joue, si tu pouvais en parler, ça nous en dirait plus avec quelles "bases" affectives tu devras faire.
A propos de ta compagne... je vais être abrupt : c'est une emmerdeuse de première bourre. Contrôle dans le sexe, rapports fusionnels avec les gens, apparemment elle est à fleur de peau (le genre à te dire "oui mais je suis spontanée"... Oué bin ya des meurtres spontanés...). Je ne juge pas ton sentiment amoureux, hein, comme tu le dis ça se décide pas, et puis généralement les défauts de l'autre sont des occasions pour nous de mettre nos qualités en marche, ça construit plus solidement l'amour qu'une perfection abstraite... Dans votre cas, tu as sans doute beaucoup fait pour apaiser son manque de confiance en elle. Vous vous êtes sûrement épanouies mutuellement dans ce rapport.
Mais quand même, en insistant sur son côté très chiant, je voudrais que tu mesures la part de la crise dont tu n'es pas responsable. En créant un univers contrôlé, elle crée les besoins que tu as à l'extérieur de cet univers. Plus elle est dure, plus tu peux être épuisée, plus ça semble désirable de trouver un peu d'air dans une relation avec quelqu'un de plus facile à vivre.
A chaque fois qu'elle pourra t'accuser d'aller vers quelqu'un de si différent (un homme, un vieux, un type avec qui elle est en opposition), tu peux penser que tes besoins ont été conditionnés par le comportement qu'elle a avec toi.
Ca ne t'empêche pas de l'aimer elle, hein, je le répète. Mais être "juste" avec toi-même te permet de décider mieux ce que toi tu veux.
Il faut bien sûr que tu arrives à savoir ce qu'elle veut aujourd'hui. Mais ça, tu n'as pas beaucoup de pouvoir dessus... Tu fais déjà ce que tu dois faire, tu l'as écouter, l'as accompagnée dans d'autres relations. Ca, tu continues autant que possible, autant que ça semble nécessaire... Cette générosité de coeur (que je trouve très touchante dans ton témoignage), c'est ce qui t'a rendu épanouissante pour elle. C'est ça qui fait que tu sais que tu as pas trop merdé, et qui pourrait être le terreau de meilleure entente avec elle par la suite.
Tu ne peux pas décider à sa place, mais tu peux être "prête", c'est à dire claire avec toi-même et tes attentes... D'où les questions que je posais plus haut.
Dans l'idéal, il peut y avoir une réconciliation entre tes deux amoureux. Lui semble un homme raisonnable, et elle, si vous parvenez à vous comprendre, à vous rassurer l'une l'autre sur vos sentiments mutuels, pourra sans doute être amenée à moins de conflit, à te comprendre un peu...si tu t'es comprise toi, que tu sais t'expliquer, et que tu assumes de pas être parfaite selon ses voeux (hyuper important. T'es pas un ange, t'es pas censée te sacrifier pour le bonheur. Si aimer c'est n'être qu'un, ça veut dire qu'il y en a un qui disparaît. Tout dans ton post dit que tu ne veux pas disparaître).
En fait, mon "fatalisme" naturel serait plus de croire que plus elle te cassera les ovaires, moins tu auras envie de l'écouter, et envie de prendre la tangente avec le Père Tranquille.
(Il se peut, en passant, qu'une partie du sentiment que tu as pour ton amant se soit enracinée dans le rejet qu'elle en a eu. Dans un sens, tu pouvais t'identifier à lui à travers ce qu'elle a rejeté : les difficultés que tu as avec ta compagne trouvent sans doute un écho dans les qualités de cet homme. Donc quand elle rejette les qualités de cet homme, tu ressens peut-être qu'elle cogne en même temps sur ta façon d'être avec elle. Dans ce cas, tu t'identifierais toi dans ses qualités repoussées.)
Pour terminer, je crois qu'écrire a déjà dû te donner quelques clés, avant même qu'on te réponde ici !
Si ce n'est pas assez le cas, je te conseille une petite expérience mentale de relecture, à faire en plusieurs fois, quand tu auras le temps. Elle peut marcher, parce que ton récit est assez complet.
Tu prends plusieurs bouquins que tu as déjà lu, d'auteurs que tu aimes bien, qui ont des styles différents. Si possible portant sur des histoires de crise de ce genre. Tu te les lis sur 15-20 pages, bien concentrée, le temps de bien rentrer dans l'esprit du récit. Et sans transition, tu reviens à la lecture de ton post.
Tu fais ça trois plusieurs fois. Je pense que ça fera ressortir tes propres sentiment dans l'histoire, des points que tu considères comme "neutres" pouvant du coup apparaitre plus significatifs.
J'espère que je ne t'ai pas heurtée, avec ma façon de questionner la composition du texte et tes sentiments... Je suis vraiment content de t'avoir lue, et d'avoir eu l'occasion de te répondre, parce qu'il y a plein de choses intéressantes dans ton histoire.
Message modifié par son auteur il y a 15 ans.
Discussion : Attirée par un couple...
Siestacorta
le mardi 26 avril 2011 à 10h32
Bonjour...
Je n'ai pas d'avis sur la faisabilité ou non, les stratégies plausibles.
Mais je ne peux m'empêcher de lire dans le récit que tu fais (et dans la durée réelle des évènements) une part de bovarysme, l'imaginaire amoureux qui ne mène pas vraiment à l'action...
J'ai trouvé un petit paragraphe que je trouve bien vu, tu me diras si tu t'y reconnais.
Discussion : Références bibliographiques pour mon psy !
Siestacorta
le vendredi 22 avril 2011 à 11h16
>Bliss Yeah ! Content que ça t'ai plu. Moi j'ai mis beaucoup de temps à le lire, parce que malgré la simplicité des textes, ça me demandait pas mal de retour sur moi-même...
La récurrente de Krishnamurti que j'ai vraiment aimé, c'est ce parallèle
peur = passé projeté
désir = présent esquivé
bien-être = écoute au présent.
C'est d'une simplicité déconcertante, mais avec la réflexion de l'auteur, on comprend très bien comment on arrive à s'emmerder avec ce qui n'est pas là... (sans passer par la case bouddhiste / spiritualité, certes proche de la démarche et bien connue de l'auteur, mais en fai beaucoup plus limitée)
Discussion : Marriage and Morals de Bertrand Russell
Siestacorta
le jeudi 21 avril 2011 à 10h36
Il y a un petit passage en français sur le cocoricpedia :
il a l'air sympathique, ce bonhomme : un philosophe qui écrit clairement, un peu libertaire sur les bords.... (Il a écrit l'Eloge de l'oisiveté.... je sens que je l'aime de plus en plus)
Il semble considérer le mariage comme nécessaire, mais que la fidélité est une ineptie... Pour un homme issu de l'ancien régime, c'est super courageux (l'essai sur le mariage date de 1929).
Discussion : Faire évoluer son couple, du standard "socialement reconnu" au PA... patience...
Siestacorta
le mercredi 20 avril 2011 à 10h56
Ha, oui, ça avance !
Sincèrement, je suis content que tu sois dans une situation un peu moins inconfortable.
Qu'est-ce qui fait que tu te sens plus libre ? Parce que pour l'instant, les décisions ne sont pas prises, en tout cas tu n'en parles pas...
Edit : ah, si, la fin de la dernière histoire...
Donc d'un côté tu as ta femme qui décide si tu peux vivre d'autres histoires, et de l'autre une amante qui décide qu'elle ne t'attend plus. Toi, tu évites de prendre des décisions, tu es plutôt dans le pur Zen, hein ?
Combien de moines Zen faut-il pour changer une ampoule ? Un seul, mais ça mettra une année entière, le temps que le monde tourne autour de l'ampoule.
Message modifié par son auteur il y a 15 ans.
Discussion : Les plaisirs accessoires du Lutinage
Siestacorta
le mardi 19 avril 2011 à 18h07
Tiens, parmi les plaisirs accessoires du polyamour, je crois qu'il faut faire une petite place à cette occasion de ricaner bêtement :
voici un petit article de Gaelle-Marie Zimmermann (que je vous recommande de toute façon pour plein d'autres qualités) qui parle du site revelelescocus.com ...
Je brûle de vous mettre un lien direct, juste pour qu'en regardant leurs référencements, les concepteurs de ce nid à corbeaux de l'amour aient un petit vertige face à nos partis pris...
Le site commenté propose de se faire justice en révélant les infidélités de notre entourage.
Voilà.
C'est bête, mais savoir que j'ai fait un choix moral qui me met complètement hors de portée de ce genre de conneries, j'en ressens un petit peu d'orgueil.
Message modifié par son auteur il y a 15 ans.
Discussion : Les plaisirs accessoires du Lutinage
Siestacorta
le mardi 19 avril 2011 à 14h46
>Lulutine :
Aujourd'hui chui pas d'humeur à écrire boucou, mais si ça avait été moi qui avais écrit ce CR (très "vrai" pour plusieurs lignes), j'aurai parlé autant de "je pense à son bonheur" que de "c'est cool, j'ai la maison pour moi, je fais plein de trucs sans penser une seconde à "que fait l'absent", et je suis super content de ce genre de moments peinards, d'intimité solitaire".
Discussion : D'accord sur le principe, mais...
Siestacorta
le lundi 18 avril 2011 à 23h54
Hm, pour le coup des ressources multipliées, je crois que je suis comme les réseaux électriques, on peut mettre des multiprises, m'enfin si t'en alignes trop sur la même prise de départ, je vais avoir des plomb qui saute.
Sinon, encore une précision sur mon laïus @ lutin vert, si je dis "va voir un psy", c'est pas parce qu'il faut absolument voir un psy quand on arrive pas à accepter un contrat poly, hein...
Bon, ce serait marrant à dire quelques fois : "pfff avec tes idées mono tu dois quand même avoir un petit problème, faut que tu consultes".
Mais c'est pas ça du tout que je dis, quand même.
Je conseillais cela par rapport à la souffrance exprimée dans l'histoire de "j'ai 30, j'ai embrassé qu'une fille et je galère pour changer ça".
C'est à ce propos que je te conseillais d'aller parler avec un psy... Parce que ça saute aux yeux que derrière ça, et derrière le fait que tu préfères que Lulutine parles en ton nom plutôt que de te manifester (même pour dire "je veux pas de ce fil), derrière plein de propos de Lulutine où on devine votre relation, il y a beaucoup plus qu'une histoire de séduction maladroite et de snu-snu manquants.
Alors, en sentant ces complexes, je dis :
- ça n'ira pas mieux en "recadrant" Lulutine et en repoussant les changements possibles de votre relation. Rester "comme avant", ça ne fera que prolonger l'état actuel. Qui n'est pas bon, ça au moins tu l'as dit.
- si tu souffres, soigne-toi. Ca passera pas par magie, par un beau matin d'été, ou avec une fille tellement super qu'elle va effacer tous les coups de blues avec son sourire
- puisque constater des échecs dans ton coin n'a pas suffit à te donner une nouvelle stratégie, et a plutôt renforcé la logique de l'échec, il faut envisager de travailler dessus avec quelqu'un qui sait un peu ce qu'il fait.
Voilà.
Si je conseille ça, c'est que des psy, je suis allé en voir sans forcément estimer que j'étais bon pour la poubelle. J'y suis allé pour régler des problèmes, et j'en ai réglé certains (timidité, complexes, mélancolies). C'est loin d'être parfait, mais il y a tout un tas de situations d'aujourd'hui où je sais que je vois les choses telles qu'elles m'arrivent, pas telles que je les craignais.
Message modifié par son auteur il y a 15 ans.
Discussion : D'accord sur le principe, mais...
Siestacorta
le lundi 18 avril 2011 à 21h05
Merci Kerdekel de me dire que j'ai probablement touché juste.
Je n'ai pas peur d'avoir tort, parce que même en disant des conneries on peut faire sortir des trucs bien, et surtout apprendre les trucs juste.
Mai, j'ai beau ouvrir bien grand mon clapet, et me montrer en apparence confiant, j'y vais au culot, quand je déballe des trucs comme ça. J'ai pas tant peur de passer pour un con, un naïf ou un pédant (me suis bien habitué), en revanche, comme je bourrine un peu pour qu'un message qui me semblait pas bien pris en compte passe, j'ai toujours un bon gros doute... Ca fait "siesta, tu sais que t'es peut-être en train de dire a) une évidence b) une vraie belle preuve que tu ignores tout du sujet.
Donc, heu, parfois, merci les gens de me le dire quand je suis dans le juste, parce qu'en fait j'en suis moins sûr que j'en ai l'air. L'aspect renvendicatif, c'est aussi un effet de style...
Et merci, aussi, de me dire en face si je vous parait à côté de la plaque... Je préfère mille fois m'excuser de m'être planté que rester convaincu d'une erreur.
(même si 1) j'ai toujours raison 2) au cas où, de toute évidence, ce que je dis n'a aucun sens ou est complètement faux, voir 1) )
J'imagine bien que Lutin Vert des qualités, je ne fais que croiser Lulutine, mais à force de la lire, je serai bien étonné qu'on me dise qu'elle sort avec (8E en personne... Et j'ai croisé Le lutin une fois, il me semble bien qu'il a de l'humour, qui est cultivé, qu'il peut même se montrer tendre (envers Lulutine) (non au cas où on se demanderait à quel point j'ai vérifié).
Donc si je charge avec la douceur d'un mammouth enragé, c'est en prenant comme base que ce garçon peut être aimable. Je crois que je dirais les choses autrement, dans le cas contraire. "Tire toi ce tyrannosaure a l'air dangereux", ou quelque chose comme ça.
Non, si je dis "va voir un psy", je ne pense pas par devers moi "parce que tu as l'air d'être un fameux dérangé", mais seulement "t'as l'air d'en baver, et les psy ça sert à ça".
Voilà pour compléter mon laïus sur LV.
Pour ce qui est de Lulutine, je la connais bien sûr moins que toi, Kerdekel, mais elle aussi elle a pas un petit soucis de lâcher prise ? Pas un grâve qui fait qu'on arrive pas quitter sa maison sans l'avoir passée au karcher, mais juste un truc qui fait qu'on met parfois trop de temps à renoncer un peu à tout bien faire, et qu'on finit par créer un trop plein de contraintes qui nous empêchent d'agir ?
Ou, quand le mieux est parfois l'ennemi du bien, parce qu'on a déjà fait ce qu'on devait, à force de vouloir mieux on prend trop de place dans la sitaution, on participe à son blocage, et on est dépassé, on s'en veut parce qu'on s'est mis là, et on est encore plus crevé, et là où on voulait faire du bien on a juste ajouté d'autres trucs à déblayer ensuite.
"Le couple, c'est chercher à résoudre à deux les problèmes qu'on aurait pas eu tout seul"... Ca peut arriver à des poly ? C'est démultipliable, ces conneries ? merde.
(et bravo pour le travail sur l'arachnophobie)
Message modifié par son auteur il y a 15 ans.
Discussion : D'accord sur le principe, mais...
Siestacorta
le lundi 18 avril 2011 à 18h23
RIP, je n'évoque pas la situation au sens "général" ou "universalisable", parce que je crois que même si toutes les histoire amoureuses se ressemblent, c'est en tenant compte de ce qui est spécifique aux personnes impliquées, en parlant
- avec les mots qui comptent pour eux particulièrement,
- en se référant à leurs "idéaux"
- en se référant à leur Histoire personnelle,
qu'on peut vraiment toucher au plus près le sujet. Donc, en parlant d'eux, beaucoup, bien sûr dans le contexte de la situation exposée.
Pour moi, Lulutine et Lutin Vert sont des éléments de l'énoncé du problème et c'est leurs réactions qui vont faire bouger la situation. Ce sont des ressentis intimes qui, une fois nommés, peuvent avoir une chance de changer, non pas la situation, mais la façon dont elle est décrite. Et là, parfois, sort un éléments jusqu'ici pas interrogés, ou alors on finit par s'accorder sur la présence de l'éléphant dans le salon...
On remonte parfois à la source "intime" de certaines questions.
Pour prendre un exemple, il y a plein d'alcooliques... Tu peux résoudre le problème en parlant des habitudes d'alcoolisation de la personne, de ce qu'est l'alcoolisme, mais si tu commences à cerner les "moteurs" de la personne, tu mettras en évidence pourquoi l'alcool a fini par s'installer.
Donc à la fois désapprendre l'alcool, mais aussi essayer de comprendre le moteur de l'autre pour qu'il puisse tourner même sans. Donc, là, parler des personnes autant que de la question qu'ils posent.
Message modifié par son auteur il y a 15 ans.
Discussion : D'accord sur le principe, mais...
Siestacorta
le lundi 18 avril 2011 à 18h08
Merci Lulutine d'apprécier !
Pourtant comme Wazaa je peux voir un côté "mantra" dans le questionnement, même si je ne sais pas si on parle du même : "on trouve pas de solution, on arrive pas à se comprendre, c'est fou ce qu'on arrive pas à se comprendre, il ne me comprend pas, je ne comprend pas qu'il ne comprenne pas, je voudrais qu'il comprenne, pourquoi ne comprend-il pas"...
C'est circulaire, un peu comme quand je parle de prophétie autoréalisatrice. Et on se "berce" dans le sens où on envisage pas forcément des possibilités radicalement autre que celles qu'on pratique d'habitude. Se reconfronter au problème comme une mouche à la vitre peut être une façon de ne pas sortir des éléments de l'énoncé du problème, ne pas introduire d'autre direction de recherche que la façon dont regarde les choses.
Un peu comme le coup de tracer un cercle et son centre sur une feuille de papier sans traner de rayon ni lever le stylo, ça ne marche que si tu sors des données que tu as sous le nez.
Message modifié par son auteur il y a 15 ans.
Discussion : Faire évoluer son couple, du standard "socialement reconnu" au PA... patience...
Siestacorta
le lundi 18 avril 2011 à 17h49
Qu'est-ce que tu es maintenant ?
Ben comme avant. Tu as fait un voyage dans ta tête.
Si ce n'est que ça dont tu avais besoin, sois en content.
Si tu as besoin d'autre chose, bouge toi.