Polyamour.info



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Et si j'avais fait entrer le loup dans la bergerie ?

Témoignage
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(compte clôturé)

le lundi 19 décembre 2011 à 13h49

Je l'ai voulu, je l'ai eu... je parle du PA bien sûr.

Bonjour à toutes et tous :)

Vous est-il arrivé de regretter d'avoir incité votre partenaire à "entrer en polyamour" ?

J'explique le pourquoi de cette question. Ca risque d'être un peu long, mais j'ai besoin de m'exprimer sur le sujet. Par contre vous n'êtes pas obligés de lire ;)

Il y a de ça environ 4 à 5 mois, je commence à me sentir à l'étroit dans ma relation, et plus généralement dans ma vie.
Ceci s'explique par mon chômage (sauf quelques missions d'intérim) et ma difficulté à aller vers les autres : mon compagnon est quasiment la seule personne que je vois en dehors de mes amis de loin en loin, et je sors de chez moi le moins possible (angoisses, et je vis en ville et je déteste ça).
Ceci est dû également au fait que dans toutes mes relations amoureuses, je m'ennuie systématiquement après deux à trois ans, la disparition de la passion amoureuse des débuts me pèse, je finis par me demander ce que je fais là, et je romps. Et je me dépêche de rechercher un nouveau partenaire... Pas très sain ni très constructif, tout ça, j'en conviens.
Mais je n'ai pas envie de quitter mon actuel compagnon, X. Pour autant, j'aimerais rencontrer d'autres gens... Je ressors des cartons de ma mémoire, le concept de polyamour, et je relis en long et en large ce site. Je suis emballée.

En Septembre je suis en stage dans une entreprise où travaillent de nombreuses personnes de ma connaissance, dont un homme en particulier, Y, que je connais depuis près de 10 ans et qui m'a toujours plu... Lorsque je l'ai rencontré j'entrais dans l'âge adulte et lui était marié et père de famille, et le voisin et ami de mon père... Autant de barrière sociales qui ont fait qu'à l'époque je ne me suis autorisée qu'un "il est génial ce mec". Depuis il a divorcé et déménagé, mais il est toujours ami avec mon père et ma petite soeur, qui le voit assez souvent (alors que moi, jamais).
Et donc pendant ce stage, patatrac, je réalise que je suis amoureuse depuis 10 ans... La passion m'emporte, je lui avoue tout... Et il m'explique très clairement et posément que ça n'a rien à voir avec moi ni ma valeur, mais qu'il ne veut pas d'une relation amoureuse pour le moment. Mais à ce moment je sais déjà que je veux vivre cet amour, et je m'imagine que je vais pouvoir le faire changer d'avis (oui très présomptueux de ma part).

Je parle donc du PA à X, qui tombe des nues, car je suis celle qui lui a demandé de choisir entre revoir son Ex qui est une proche amie à lui, et moi... Celle qui fait des crises de jalousie depuis deux ans au sujet de ses amies Facebook, qui fouille dans son pc, lui jette des regards inquisiteurs dès qu'il parle d'une femme... Ce qui traduit un profond sentiment d'insécurité et un déficit de confiance en moi, je le sais très bien depuis longtemps. Pendant quelques semaines, nous en parlons, nous nous clashons, nous n'en parlons plus, puis je relance, et nous parlons encore...

Mon stage se termine, et j'embraye sur mon déménagement : nous quittons, la région, X et moi, pour son travail.

En Novembre nous voilà installés dans notre nouvelle ville. X est absent toute la semaine pour son travail, je suis dans un village où je ne connais personne, je n'ai ni emploi, ni permis de conduire...

A force d'ennui, je m'inscris à un tchat qui n'est pas destiné aux rencontres amoureuses, mais pourtant une rencontre a bel et bien lieu, avec Z. Comme à mon habitude je m'emballe, je le trouve extraordinaire, c'est réciproque, nous tchattons des nuits entières.

Je remets le sujet du PA sur la table des négociations avec X, et il me demande si j'ai rencontré quelqu'un, pour avoir une telle envie de PA. Je lui parle donc de Y et de Z en précisant bien qu'il n'y a jamais eu contact physique avec aucun des deux, et pour Z, même pas une rencontre en vrai, mais que nous souhaitons nous voir bientôt avant son départ pour l'étranger.
Il comprend pour Y, qu'il a déjà croisé, et dont il sait qu'il m'apporte beaucoup depuis de longues années.
Il est plus dubitatif pour Z qui n'est dans ma vie (et encore...) que depuis quelques semaines. Mais il consent à la rencontre, qui doit permettre de savoir si ce "sentiment" né d'une relation virtuelle, survivra à la réalité. Cependant nous ne devrons pas nous toucher.

X est profondément blessé je crois, se sent très insécure, me demande ce que je fais avec lui si j'aime aussi Y et Z, et pourquoi ne pourraient-ils pas n'être "que" des amis, et comment on va organiser le quotidien, et comment envisager un avenir commun dans de telles conditions... Questions bien légitimes. Nous parlons beaucoup. Il me dit qu'il devra faire des rencontres pour "équilibrer' notre relation, parce qu'il ne se voit pas rester mono et "assister" seul à mes départs vers d'autres.

Entre temps, Z m'annonce qu'il doit annuler notre rencontre pour des raisons de santé.
Deux jours après, toujours malade, il m'annonce qu'il a organisé, en quelques heures, un rendez-vous avec une fille, E, qui a des vues sur lui depuis un moment et qu'il a croisée par hasard sur Facebook. Je reçois comme un coup de poignard dans le coeur, j'ai chaud, envie de pleurer... Toutes ces heures de complicité écrite, balayées par une fille réelle et surtout, disponible... Le rendez-vous se passe on ne peut mieux, le lendemain Z et E sont officiellement en couple sur Facebook (je sens que vous êtes morts de rire, moi aussi du reste, mais un peu jaune quand même).
Je confie ma cruelle déception à X, qui, grand seigneur, me réconforte et me dit que Z n'était peut-être pas le bon... Incroyable !!! J'adore X.
Passés l'affolement, la déception, la colère etc... Je suis fair play et demande de temps à autres à Z des nouvelles de E. Puis Z part à l'étranger pour son travail, a rarement accès à ses mails et encore moins au tchat, alors nos discussions s'espacent et perdent de leur saveur...
Jusqu'à ce message de Z il y a quelques jours qui me dit qu'il pense toujours à moi...

Il y a deux ou trois jours, alors que je croyais la discussion en stand by, que nous étions encore au stade de l'hypothèse, que nous n'avions abouti sur aucun "accord", X me dit "j'ai un aveu à te faire".
Il m'annonce qu'il s'est inscrit sur un site de rencontres et qu'il a un contact très intéressant avec une femme célibataire et mère d'un enfant, A.
Donc je découvre qu'en fait nous avons bel et bien mis en place le PA, ou tout au moins son "esprit", dans notre couple, ce qui m'étonne car je n'avais pas compris qu'on en était là, mais qui me réjouis aussi, bien sûr, car Y et Z sont toujours dans mes pensées et au bout de mon clavier.

Je me réjouis pour X, demande des nouvelles de A, sa copine, où elle vit, etc. Lui tempère beaucoup, me dit que ce n'est pour le moment qu'un "contact", qu'ils ne parlent pas encore de se rencontrer.
Et là... l'angoisse et la jalousie me tombent dessus.
Je ne peux m'empêcher de me dire qu'elle a un enfant et qu'elle l'élève seule, ce qui ne devrait pas manquer de toucher profondément la fibre protectrice de X (nous n'avons pas d'enfant même si c'est en projet "pour plus tard") ; qu'il la trouve certainement jolie (plus que moi, évidemment, qui suis grosse et moche, bref vous connaissez le refrain) ; qu'il se pourrait qu'un jour prochain ils se rencontrent car elle vit relativement près de chez nous ; qu'ils tombent amoureux ; qu'ils partagent amour et tendresse, mots doux et sexe torride ; et pour finir, qu'il me quitte pour elle.

Hier soir, tchat avec Y qui vit maintenant très loin de chez moi. Je lui annonce notre avancée à X et moi, sur le chemin du PA, qui fait que je suis maintenant disponible s'il le souhaite (je résume beaucoup). Sa réponse ne varie pas : il ne veut pas d'une relation amoureuse avec moi (ni avec personne). Mais nous tombons d'accord sur le fait que nous avons une relation spirituelle très intime, ce qui me réjouis :D

Cette nuit j'ai fait un rêve qui illustre parfaitement mon angoisse de perdre X : je trouvais une lettre qui traînait (je n'ai pas fouillé), et dedans X y exprimait avec beaucoup d'éloquence et des mots bien choisis tout son amour pour A (chose qu'il n'a jamais faite avec moi bien sûr).

Tout ça pour dire que j'ai voulu le polyamour pour me permettre de vivre mes sentiments pour Y et Z. Que finalement, ni Y ni Z ne sont disponibles / intéressés, au moins pour quelques mois, voire années pour Y... Que maintenant X est en contact avec A qui est, elle, potentiellement beaucoup plus disponible pour X, que Y et Z ne le sont pour moi...
J'ai donc voulu le polyamour pour satisfaire mon besoin, mais il se pourrait bien au final, que ce soit X qui le vive... Et que je sois celle qui assiste seule au départ de X vers A...

Me voilà donc mise en face de mes contradictions, de mes faiblesses, de mes peurs... Et je me demande si je ne me suis pas jetée dans cette histoire de PA trop tôt par rapport à mon développement personnel...

Et je me demande si je n'ai pas fait entrer le loup dans la bergerie...

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Popol (invité)

le mardi 20 décembre 2011 à 23h25

Salut!

Tu veux pas venir jeter un coup d'oeil ici?

/discussion/-ur-/Polyamoureux-mais-monogame-par-ch...

ça pourrait t'intéresser... va savoir...

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(compte clôturé)

le mercredi 21 décembre 2011 à 22h47

Bonjour Popol et merci de ta réponse :)

J'ai lu tout le fil et je l'ai trouvé très intéressant :)
Quand j'ai abordé la question du PA, X m'a demandé si je pourrais le choisir lui plutôt que le PA. Autrement dit, le choisir lui, plutôt que d'être fidèle à moi-même.
Ma réponse a été "non".
Et sa réponse a été "je suis obligé de l'accepter si je ne veux pas te perdre".
Donc moi je ne crois pas pouvoir renoncer au PA, même si dans les faits je suis monogame et vais sans doute le rester encore longtemps.
Et X se force à accepter mon PA, et à devenir poly pour tenter d'équilibrer la situation.

On est donc, j'ai l'impression, à la fois dans une estimation de la valeur qu'on donne aux gens et à soi-même, et à la fois dans une "lutte de pouvoir" où je semble imposer ma volonté, et où lui choisit de la "subir" plutôt que de me perdre, et sans forcément chercher à rester fidèle à lui-même... Ce qui lui appartient sans doute, mais ça donne quand même une situation déséquilibrée.

Ensuite, X insiste beaucoup sur le fait que, en tant que femme, j'ai beaucoup plus de facilité à rencontrer des hommes, que lui en tant qu'homme n'en a à rencontrer des femmes. En effet vu notre mode de vie, je rencontre très peu de gens, et lui côtoie essentiellement des hommes. Nous privilégions donc Internet pour faire des rencontres, et effectivement, lorsqu'une femme apparaît dans le paysage virtuel, elle est bien plus sollicitée par les hommes que ne l'est un homme par les femmes.
Donc il pointe là aussi un déséquilibre (qui n'est pas de mon fait, sauf si je me déconnecte, et lui laisse quelques "longueurs d'avance", mais ça donne quand même un air de compétition à tout ça, que je n'apprécie pas du tout !).

Je me suis ouverte à X de mes peurs vis à vis de sa relation virtuelle avec A. Il me dit qu'ils ne se rencontreront pas parce qu'elle n'a pas suffisamment accroché. Finalement ça me fait de la peine pour X plus que cela ne me soulage de mes craintes (ce qui me fait penser que finalement son bonheur est plus important à mes yeux que mes craintes).
Je lui ai également dit que je suis jalouse et inquiète des sorties qu'il semble se prévoir avec ses potes dans des soirées "spéciales célibataires".
Depuis il semble ne plus avoir d'activité virtuelle, ni de velléités de sorties sans moi / pour lui. Et là... et bien je m'en veux d'avoir ouvert mon clapet, et je culpabilise aussi de voir que lui semble bien plus attentif à mes craintes, que je ne le suis avec les siennes.

Bref dans tous les cas ça me donne la sensation (peut-être pour de bonnes raison), d'être la "méchante" qui impose sa volonté et qui en plus est tellement privilégiée par les circonstances, qu'elle écrase son compagnon.

Tout avis sur la question est le bienvenu :-)

J'ai aussi une question, qui a certainement déjà été traitée ici mais je ne trouve pas de fil :
Dans une relation établie comme mono, où les partenaires vivent en couple sous le même toit, comment gérer le passage aux actes PA (annonce du premier rendez-vous, l' "abandon" du partenaire à la maison pour aller rejoindre d'autres bras, regarder partir son/sa partenaire, annoncer à son/sa partenaire que les choses deviennent sérieuses avec son amoureux/se -sexe, engagement...- etc etc etc).

Merci d'avoir lu jusque là :-)

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Profil

LuLutine

le mercredi 21 décembre 2011 à 23h13

Tu as lu le guide des amours plurielles ? Je pense qu'il répondrait sans doute à plusieurs de tes questions.

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Popol (invité)

le jeudi 22 décembre 2011 à 04h45

Etre le méchant, ou en avoir l’air… car telle est la question.

Et bien je trouve que c’est un apprentissage majeur dans la vie, ça… mais pourvu que vous restiez en questionnement sur tout ce que le PA chamboule dans votre histoire, que vous acceptiez les nouvelles dimensions de la relation auxquelles ça vous fait accéder, et surtout que vous vous le disiez, c’est l’essentiel, je trouve. Quel meilleur moyen d’avancer ensemble dans la vie ?

A quoi cela te renvoie-t-il d’autre, de te sentir la méchante ? En quoi cela te parle-t-il de toi et de tes relations avec autrui, de manière générale ? Ca vient d’où, ce sentiment ?

Pour le reste de la question, je ne suis pas la bonne personne pour te répondre (gérer le quotidien), je ne cohabite pas, amoureusement parlant.

Mais les manières de faire des autres ne seront jamais que des idées à remanier à ta sauce, à votre sauce. Il faut inventer son chemin, en quelque sorte, et prévoir que les rivières ont des crues, ou changent de parcours…

Comment tu imagines ça, déjà ? Quelles sont les difficultés ou les facilités que tu prévois, qui te font poser cette question ?

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Profil

Jak

le jeudi 22 décembre 2011 à 14h16

Si je peux me permettre :

luminita
Quand j'ai abordé la question du PA, X m'a demandé si je pourrais le choisir lui plutôt que le PA. Autrement dit, le choisir lui, plutôt que d'être fidèle à moi-même.
Ma réponse a été "non".
Et sa réponse a été "je suis obligé de l'accepter si je ne veux pas te perdre".
Donc moi je ne crois pas pouvoir renoncer au PA, même si dans les faits je suis monogame et vais sans doute le rester encore longtemps.
Et X se force à accepter mon PA, et à devenir poly pour tenter d'équilibrer la situation.

À mon avis, la question de départ ne devrait pas être qu'il l'accepte (surtout à contre-coeur), mais qu'il comprenne bien ta situation ainsi que les tenant et les aboutissants du PA. Tu sais que tu va sans doute rester dans une relation mono pendant un long moment. Tu devrais en profiter, et mettre ce temps à contribution pour éclaircir les choses en revenant peut-être au début.
Parler directement de PA, ça paraît brutal, et aussi pour celui qui en parle, parce que la personne en face réagira forcément aussi brutalement que l'annonce du PA.
Autre chose, équilibrer la situation n'oblige pas à se forcer à être PA. Des personnes monogames arrivent à vivre avec des PA, ce n'est pas incompatible. Peut-être a-t-il trop vite fait ce choix d'essayer d'être PA. Est-ce qu'il y aurait un choix qui lui corresponde plus ?

luminita
Ensuite, X insiste beaucoup sur le fait que, en tant que femme, j'ai beaucoup plus de facilité à rencontrer des hommes, que lui en tant qu'homme n'en a à rencontrer des femmes. En effet vu notre mode de vie, je rencontre très peu de gens, et lui côtoie essentiellement des hommes. Nous privilégions donc Internet pour faire des rencontres, et effectivement, lorsqu'une femme apparaît dans le paysage virtuel, elle est bien plus sollicitée par les hommes que ne l'est un homme par les femmes.
Donc il pointe là aussi un déséquilibre (qui n'est pas de mon fait, sauf si je me déconnecte, et lui laisse quelques "longueurs d'avance", mais ça donne quand même un air de compétition à tout ça, que je n'apprécie pas du tout !).

Là, le problème est que, même si sur la toile, une femme peut avoir plus de chances de faire des rencontres, ça ne va pas forcément déboucher sur une relation sérieuse.
Même pour lui, je pense que tout est affaire de hasard.

luminita
Je me suis ouverte à X de mes peurs vis à vis de sa relation virtuelle avec A. Il me dit qu'ils ne se rencontreront pas parce qu'elle n'a pas suffisamment accroché. Finalement ça me fait de la peine pour X plus que cela ne me soulage de mes craintes (ce qui me fait penser que finalement son bonheur est plus important à mes yeux que mes craintes).

C'est un très bon point, parce que si tu n'étais pas attentive à cela, c'était foutu dès le départ.

luminita
Je lui ai également dit que je suis jalouse et inquiète des sorties qu'il semble se prévoir avec ses potes dans des soirées "spéciales célibataires".
Depuis il semble ne plus avoir d'activité virtuelle, ni de velléités de sorties sans moi / pour lui. Et là... et bien je m'en veux d'avoir ouvert mon clapet, et je culpabilise aussi de voir que lui semble bien plus attentif à mes craintes, que je ne le suis avec les siennes.

Ah ... être PA ça ne rend pas forcément plus facile l'acceptation du PA de l'autre. Moi-même étant PA, j'ai encore du mal à imaginer pouvoir être à l'aise si ma compagne devenait PA. Tu as quand même peur d'être abandonné, ce qui est normal. De ce côté là, c'est plutôt à X de te rassurer.

luminita
Bref dans tous les cas ça me donne la sensation (peut-être pour de bonnes raison), d'être la "méchante" qui impose sa volonté et qui en plus est tellement privilégiée par les circonstances, qu'elle écrase son compagnon.

Il faut que tu fasses attention à la façon dont tu vois les choses : à priori, tu n'impose rien, tu es PA, tu n'a pas choisi. C'est comme d'être blond ou brun, d'aimer le chocolat ou la vanille, c'est toi, ta personnalité, ce que tu es.
Tu as lu ma discussion, tu as vu qu'au début, je me culpabilisais, mais que j'ai vite compris que je ne pouvais rien y faire, sauf faire les efforts pour être franc, respectueux, compréhensif, patient ... et rester amoureux.
Les deux personnes d'un couple apprennent à se connaître jusqu'à la fin de leur vie (si ils ont la chance de rester si longtemps ensemble, ce que je te souhaite), on en apprend tous les jours sur l'autre, et c'est ce qui fait aussi qu'un couple évolue.
Le PA est une nouvelle chose à apprendre; la dimension est beaucoup plus grande, ce que je conçois, mais il ne faut pas oublier que si il t'aime, il faut qu'il s'intéresse au sujet, à toi, autant que tu t'intéresses à lui, à ce qu'il est.

Après, mes questions sont : ton compagnon, comment aborde-t-il ce sujet ? Se sent-il vraiment écrasé, ou dépassé ?
De savoir comment l'autre perçoit les choses peut t'ouvrir des portes (inattendues parfois) dans le débat.

J'espère que mon post t'aidera.

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(compte clôturé)

le vendredi 23 décembre 2011 à 14h48

Bonjour à toutes et tous et merci beaucoup d'avoir pris le temps de me répondre :-)

LuLutine
Tu as lu le guide des amours plurielles ? Je pense qu'il répondrait sans doute à plusieurs de tes questions.

Non je n'ai pas lu le Guide des amours plurielles mais je crois que ça s'impose comme livre de chevet ! Autant pour X que pour moi.

Popol
A quoi cela te renvoie-t-il d’autre, de te sentir la méchante ? En quoi cela te parle-t-il de toi et de tes relations avec autrui, de manière générale ? Ca vient d’où, ce sentiment ?

Je crois en fait que je suis incapable de lâcher prise, et de ressentir réellement que je ne suis pas responsable des sentiments et du bonheur ou du malheur des autres. Je n'arrive pas à être intrinsèquement convaincue que je ne suis ni omnisciente ni omnipotente. Oui je sais que ça sonne très prétentieux, mais je crois que ça renvoie à ce qu'on appelle un "syndrome de l'enfant omnipotent", qui croit qu'il peut tout, et se sent donc responsable de tout. Dans mon cas, je ne me sens responsable que quand ça foire. Comme pour les incessantes disputes de mes parents, leur séparation et enfin leur divorce...

Popol
Comment tu imagines ça, déjà ? Quelles sont les difficultés ou les facilités que tu prévois, qui te font poser cette question ?

Et bien moi j'imagine que je serai la première de nous deux à faire une rencontre, virtuelle ou réelle (je reviendrai au virtuel plus loin), qui me touchera suffisamment pour que j'aie envie de rencontrer / revoir cette personne avec une approche amoureuse. Il va donc falloir que je lui dise, à nouveau (puisque j'ai déjà mis le sujet de la rencontre avec Z sur la table) que j'ai rencontré quelqu'un qui me plaît, que j'aimerais le rencontrer en vrai / le revoir, pour voir comment ça évolue. Là... Je visualise l'expression désespérée et résignée de son visage, ses épaules qui s'affaissent, sa réponse "ah ok... ben écoute tu fais ce que tu veux" dans un murmure... Puis il va s'enfermer dans un mutisme faussement indifférent, voire quitter la pièce pour aller s'allonger seul dans notre chambre ou pire dans la chambre d'amis...
Alors dans ces conditions impossible pour moi d'envisager de quitter la maison pour un rendez-vous galant.
Je commence à me demander si je ne devrais pas attendre qu'il ait rencontré quelqu'un de son côté avant de rencontrer quelqu'un moi-même, mais encore faut-il qu'il en ait vraiment envie pour lui (et non pour me faciliter la vie).
Et j'en viens aussi à me dire que je vais laisser tomber... tout ça commence à me fatiguer.

Pour en revenir au virtuel :
Pour des raisons pratiques (ni permis de conduire ni emploi, dans la campagne) je ne sors jamais sans X et vois peu de monde. Comme je viens d'arriver dans la région, je ne connais encore personne.
Par ailleurs je suis une adepte des tchats, des "rencontres virtuelles", parce que c'est l'essentiel de ma vie sociale et que je ne supporte plus de n'avoir que X dans mon paysage (ce qu'il comprend).
En réaction à l'inscription de X sur un site de rencontres, je me suis sentie autorisée à faire la même chose, sur un site plus généraliste même si la plupart des membres sont effectivement là pour des rencontres potentiellement amoureuses ou sexuelles. Cette inscription a généré quelques nouveaux contacts intéressants (humainement intéressants, pas forcément "amoureusement").
Je passe donc énormément (sans doute trop) de temps à tchatter.
Bref plus j'écris sur ce sujet et plus je me rends compte que là c'est moi qui fais une erreur.
A quoi bon chercher des rencontres, surtout sur ce genre de site, alors que le PA est encore un sujet sensible à la maison et que je sens X angoissé ou malheureux à cause de ça, et peut-être aussi de mon attitude ?
Je pense qu'il se sent délaissé ou inintéressant, il me l'a fait comprendre à demi mot. "J'ai l'impression que je ne sers à rien". Cela dit une partie de ce ressenti vient aussi, à mon avis, de tout ce qu'il n'a jamais réglé avec lui-même et qu'il jugule comme il peut avec des antidépresseurs.

Cela dit en ce moment nous hébergeons un ami à lui en attendant qu'il se trouve un appartement, ce qui fait que les soirées se passent à trois devant la télé, moi comme ça me gonfle je suis sur mon PC à tchatter, et comme X bosse, il va se coucher à 23h maxi et s'endort comme une bûche... Donc pas évident pour se retrouver en amoureux ni discuter de choses sérieuses, sans que ça ressemble à une "convocation" dans notre chambre, à l'abri des oreilles de notre invité.

Jak
À mon avis, la question de départ ne devrait pas être qu'il l'accepte (surtout à contre-coeur), mais qu'il comprenne bien ta situation ainsi que les tenant et les aboutissants du PA. Tu sais que tu va sans doute rester dans une relation mono pendant un long moment. Tu devrais en profiter, et mettre ce temps à contribution pour éclaircir les choses en revenant peut-être au début.

C'est intéressant ce que tu soulèves ça. Au début iIl a réagi comme si c'était une nouvelle lubie, au même titre que le tricot ou l'aquagym (il a réagi comme ça aussi plus récemment à mon désir de devenir végétarienne / vegan).
Donc j'ai dû lui dire que hélas non ce n'était pas une lubie, mais bel et bien ce que je suis, et depuis longtemps, sans l'admettre (pour des raisons d'ignorance et de désir de rester dans la norme). Et que j'en avais assez de lutter contre moi-même, même si je n'étais pas ravie de m'apercevoir de ça en pleine relation sérieuse (et sans doute la plus équilibrée et enrichissante que j'aie eu jusque là).
Mais toi, que veux-tu dire exactement par "revenir au début" ?

Jak
Parler directement de PA, ça paraît brutal, et aussi pour celui qui en parle, parce que la personne en face réagira forcément aussi brutalement que l'annonce du PA.

Et bien oui je réalise que je lui ai tout balancé d'un bloc ou presque, en quelques mois on est passés de mon "coming out" à mon projet de rencontre avec Z. Je crois que j'agis trop comme s'il était urgent que je rencontre quelqu'un, et lui comme s'il devait se dépêcher aussi de se trouver une copine pour ne pas rester au bord de la route. Bref, une démarche pas très naturelle.

Jak
Autre chose, équilibrer la situation n'oblige pas à se forcer à être PA. Des personnes monogames arrivent à vivre avec des PA, ce n'est pas incompatible. Peut-être a-t-il trop vite fait ce choix d'essayer d'être PA. Est-ce qu'il y aurait un choix qui lui corresponde plus ?

Oui c'est juste aussi, X m'a dit dès le départ "coucher avec plusieurs personnes, je conçois, mais aimer au pluriel, je ne crois pas en être capable, je ne vois même pas comment c'est possible". Ce n'est que mon avis, mais je ne le ressens pas fondamentalement PA, pour moi il serait mono.
Et s'il a trop vite fait le choix d'être PA, ou au moins d'en avoir l'apparence, c'est sans doute en rapport avec l'ambiance "d'urgence" que j'ai instaurée autour de tout ça (voir plus haut).
Et selon moi, le choix qui lui correspondrait le plus, serait une relation mono-mono... le modèle "classique" (sans vouloir offenser personne). Sauf que moi dans une relation mono-mono, je meurs au bout de 3 ans. Et si je reste malgré tout, pour ne pas mourir, je crois que je serais obligée d'aller voir ailleurs... et je ne veux pas mentir à l'homme avec qui je partage ma vie. D'ailleurs quand il a mal pris mon désir de PA, je lui ai dit "c'est ce que je suis, tu préfèrerais que je te le cache et que je te trompe ?" et il m'a répondu "haha non, t'amuses surtout pas à ça avec moi". Donc...

Jak
Là, le problème est que, même si sur la toile, une femme peut avoir plus de chances de faire des rencontres, ça ne va pas forcément déboucher sur une relation sérieuse.
Même pour lui, je pense que tout est affaire de hasard.

Oui je confirme, surtout que toutes les personnes que j'ai rencontrées jusque là ne sont ou pas intéressées, ou pas disponibles, ou déjà poly mais à l'étranger, ou veulent juste partager une chambre d'hôtel quelques heures :-D

Jak
Ah ... être PA ça ne rend pas forcément plus facile l'acceptation du PA de l'autre. Moi-même étant PA, j'ai encore du mal à imaginer pouvoir être à l'aise si ma compagne devenait PA. Tu as quand même peur d'être abandonné, ce qui est normal. De ce côté là, c'est plutôt à X de te rassurer.

Et bien X ne m'a pas paru décidé à me rassurer... Je crois qu'il essaye de me faire comprendre son propre sentiment d'insécurité et mon manque d'attention à son égard, en me faisant subir la même chose... Mais si c'est bien le cas, et bien ce n'est pas très constructif, voire un peu mesquin...
Mais encore une fois ce ne sont que des conjectures...

Jak
Après, mes questions sont : ton compagnon, comment aborde-t-il ce sujet ? Se sent-il vraiment écrasé, ou dépassé ?

X n'aborde pas le sujet, il le subit. Et oui il est complètement dépassé, je crois que ça va à la fois trop vite et trop loin pour lui.
Mais si je peux ralentir, en revanche je ne peux pas changer la destination...

Régulièrement je lui demande si ça va, réponse "oui oui t'inquiète pas" (argh !!!) ou s'il a envie/besoin de parler de quelque chose, réponse "non non ça va c'est bon" (re-argh !!!).
Je ne vais quand même pas l'attacher et le torturer ?!

Et oui, Jak, ton post m'a aidée :-) (Popol et Lulutine aussi, hein ^^)

X est en vacances la semaine prochaine, nous allons en profiter pour passer un maximum de temps en amoureux, nous retrouver :) je coupe les tchats et autres sites de mon côté pour rester un maximum disponible pour lui, donc désolée si quelqu'un me répond et que je ne réagis pas tout de suite :-)

Joyeuses fêtes de fin d'année à vous tous, quelle que soit votre recette :-)
Et encore merci pour le temps et l'énergie et l'intérêt que vous apportez aux membres de ce forum :-) <3 (+)

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Profil

Jak

le vendredi 23 décembre 2011 à 15h06

luminita
Mais toi, que veux-tu dire exactement par "revenir au début" ?

Rien qu'avec cette question, je vais répondre à d'autre de tes réactions :
tu l'as souligné toi-même, tu as, sans le vouloir, instauré une situation d'urgence. Le souci, c'est que lui n'est pas en possibilité (dans sa tête) de pouvoir prendre le temps de comprendre ce qu'est le PA, à cause de cette urgence. Au début, comme toi, j'ai pensé que je devais prendre en main le débat sur le PA au sein de mon couple, j'avais tort.
Le sentiment d'insécurité de X vient sûrement du fait qu'il n'a aucune prise sur le sujet, et que te voir maladroitement tenter de faire avancer les choses est encore plus déstabilisant. Il faut que tu lui laisse la possibilité d'aller vers toi à son rythme à lui. Tu es PA, donc tu as déjà une avance dans la compréhension, alors que lui doit tout prendre de zero.
C'est là où j'en vient au retour au début : il faudrait que vous repreniez le débat depuis le début. Tu devrais essayer de savoir sur quoi il a besoin d'être rassuré, et à partir de cela, tu pourras le rassurer sur ta façon de voir votre relation (sur le fait qu'il ne sera pas abandonné ni moins aimé, entre autre) en fonction de ce qu'il va t'exprimer. Il faudrait que tu lui rappelle pourquoi tu l'aimes, ce que tu aimes chez lui, quitte à sortir des détails insignifiant pour lui, mais qui lui prouveront que tu fais vraiment attention à ce qu'il est et à son bonheur.

Je pense aussi que sa tentative de devenir PA vient peut-être du fait qu'il ne comprend pas encore que le PA n'est pas un choix mais un "être" (tu l'es ou tu l'es pas, mais tu ne le deviens pas). La-dessus, il faudrait aussi revenir en arrière.

La première personne à avoir besoin d'être rassurée, c'est lui, parce qu'il est perdu, à mon avis.
Pour cela, je pense qu'il faut que tu lui redonnes du poids dans le débat, en lâchant un peu de leste sur la discussion : laisse le venir un peu à toi.
Si votre débat s'équilibre, vous aurez plus de facilité à vous rassurez l'un l'autre.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Popol (invité)

le vendredi 23 décembre 2011 à 22h07

Déjà, tu cernes bien ton « problème » avec la toute-puissance, la pensée magique. Après, bon, le savoir ne règle pas tout, pour ma part, quand j’ai rencontré des choses comme ça qui semblent inscrites dans le marbre, il y a possibilité de changer la perspective avec un bon travail sur soi.

Habiter dans un endroit comme tu le décris, c’est vivre dans des conditions où vos problèmes de couple sont exacerbés. Tu dis toi-même que c’est beaucoup de choses, et de choses nouvelles à traiter ensemble.

Et si tu fais dépendre ta première rencontre de sa propre première rencontre, tu perds ton autonomie, en plus d’avoir perdu ton indépendance. Comme il n’en a pas envie, et qu’il le ferait pour que tu vives ta vie de polyamoureuse, tu vois un peu le pétrin dans lequel vous êtes… Bien ficelés en tous cas.

Même en essayant de te faire comprendre ce qu’il vit, il semble ne voir comme possibilité que de reproduire ton comportement de polyamoureuse; donc d’un côté on a toi avec la pensée magique et de l'autreX avec son besoin fusionnel, on dirait. Une manière de communiquer qui donne l’apparence de la mesquinerie non-constructive, mais intuitivement, je dirais qu’il le fait probablement pour rétablir la proximité entre vous, pensant que tu t’éloignes.

A vérifier, comme toute conjecture.

Et c’est très bienvenu cette semaine à deux pour se retrouver !

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