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Je voudrais vous comprendre sans devenir Poly

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Siestacorta

le vendredi 02 juillet 2010 à 11h50

Jules,
cette partie de l'échange sur l'homosexualité ne devrait pas m'intéresser des masses, en principe.
C'est un sujet où j'ai rien à dire d'original.

Mais quand tu parles de a sexualité de ta fille, et de son avortement... Ben oui. Du coup. C'est là où je vois que tu as dû prendre sur toi à un moment pour comprendre. Je vois que ton chemin n'est sans doute pas achevé, mais que tu as assez avancé pour prendre ton parti, te montrer plus humain que pris dans tes principes. Et c'est sans doute ce genre de belle tension intérieure qui fait que tu es venu écrire et lire par ici, plutôt que de n'écouter que des gens qui donneraient raison à tes préjugés.

Ce genre de situation, les questions qui viennent derrière, ça me pousse à ne pas me jeter dans les bras pourtant accueillants d'une misanthropie totale. Quitter cette métropole que j'aime, trouver un endroit boisé avec du haut débit, et m'acheter un fusil pour tirer sur les touristes.

L'histoire de ta fille est sans doute symptomatique de ce que tu es, sans doute quelqu'un d'assez intense (pas facile à vivre pour quelqu'un comme moi), mais quelqu'un qui n'a pas un rapport aveugle au monde malgré des principes, des repères qui pourraient te boucher complètement la vue.
Mes sincères félicitations...

J'ignore si tu pourras pousser cette qualité d'humanité jusqu'à comprendre viscéralement ta fille, et jusqu'à devenir bienveillant et "compersif" avec ta femme, mais tu fais certainement plus de chemin que tu n'en as l'air.

Bien, passons au moment où j'ai envie de t'expédier sur la Lune (ou de m'y retirer moi-même...) :-)

Jules

Il y a la femme, il y a l'homme. Mâle et femelle. Conçus pour faire des enfants. Si on a décidé de vivre une sexualité différente de cette adéquation biologique, ok, et pour X raisons. Mais pourquoi contourner la biologie grâce à la science ?

Au passage, "conçus pour faire des enfants"... Ce n'est pas parce qu'on peut le faire qu'on doit le faire.

Tu parles de faits biologiques, pour ensuite récuser la science : l'étude de la nature qui aboutit à l'invention de la pillule, des enfants éprouvette.
Le paradoxe cesse d'être lorsqu'on différencie la science, la technique et, dans les cas que nous évoquons, la bioéthique.

Ce n'est pas la biologie qui est contournée par la science, mais la nature. La biologie l'étudie, et ne se constitue pas d'une liste de règles. Les connaissances en biologie aboutissent généralement au constat que dans la nature, il n'y a pas beaucoup de règles qui valent pour tous les individus...

Tu vois une aberration au contournement de la nature par l'utilisation de la biologie.
Il y a effectivement un choc à faire ce qui n'est pas naturel, mais ce choc ne se concentre pas sur la remise en cause du fonctionnement naturel de la reproduction sexuelle.
Le choc a existé pour n'importe quel progrès technique. Je ne sais pas si tu as lu "comment j'ai mangé mon père", de Roy Lewis... Plein d'ironie sur le progrès technique comme sur son refus.
Bref : le jour où l'être humain a commencé à faire cuire sa viande, il était déjà en train de contourner la nature. Le jour où il a utilisé la roue. Celui où il a compris comment éviter de mourir d'un vieux rhume, ou d'amputer un membre blessé. Le moment où il a préféré se laver.

Remettre en cause les lois de la nature, c'est ce que l'homme fait naturellement. Tout n'est pas bon dans le progrès technique, évidemment. Tu as raison de dire que le débat est philosophique... Ce qui détermine si c'est bon ou pas, si on a voix au chapitre, ce n'est pas le fait qu'une loi naturelle soit contournée, mais le but de celui qui contourne. L'éthique de ce projet.

Le but d'un homosexuel qui aurait recours à des fécondations artificielles est la parentalité. Ya pas plus humain que ce désir là. Il y a un potentiel d'amour à donner. Je ne vois pas en quoi cette parentalité-là aboutirait à plus de souffrances que la parentalité traditionnelle.
Pour qui serait-ce néfaste, concrètement ? Pour les parents qui vont donner, l'enfant qui va recevoir ?

Tu aimes ta fille. Tu sais que ce n'est pas une personne néfaste. Tu veux son bien. ET ce bien, elle ne peut le déterminer que selon... sa nature.

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(compte clôturé)

le vendredi 02 juillet 2010 à 13h14

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Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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