Suis-je en train de devenir "polyacceptante" ? J'ai peur
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Tortue
le mercredi 19 août 2026 à 17h34
Il y a un peu plus de 6 ans je n'avais jamais entendu parler de polyamour. Mes relations (très rares) avaient toujours été exclusives, j'étais une célibataire dans l'âme, et si je faisais une rencontre c'était “chacun vit chez soi”, on se voit quand on en a envie, mais on est “fidèle“. Pas d'autres partenaires, ça n'était même pas formulé, ça allait de soi au pays de la Monogamie !
Et puis j'ai rencontré B.
Ça a été un coup de coeur immédiat. Il m'a parlé de polyamour dès nos premiers échanges, m'a dit qu'il était comme ça, m'a suggéré des livres, et m’a proposé d'aller à un café poly pour découvrir. Mon ressenti avait été bienveillant mais je lui avais dit un truc comme “je pense que ça n'est pas pour moi, trop compliqué à gérer émotionnellement !”. Et quand on avait abordé la possibilité que lui ait une autre relation, j'avais répondu à l'époque… “Bouhhh, je crois que je préférerais ne rien savoir !”.
On s'est plu tout de suite, l'un comme l'autre calmes, tendres, à l'écoute. Très attirés sexuellement l'un par l'autre, et respectueux de nos différences. Au bout d'un an, nous avons décidé de vivre ensemble. C'était la première fois que je partageais ma vie avec quelqu'un. Quel bouleversement pour moi ! Malgré des peurs profondément ancrées je choisissais cette aventure de vivre sous le même toit que la personne que j'aime.
Toutes ces années, assez peu de nuages ont menacé nos gentilles têtes. Il m'est arrivé quelquefois de questionner B sur son côté polyamoureux. Il me répondait alors qu'il n'en ressentait pas le besoin, qu'il était bien comme ça, et que de toute façon il n'y aurait pas la place dans son emploi du temps surchargé...
Nous échangeons beaucoup, partageons nos ressentis, nos frustrations, et essayons de trouver des solutions quand une difficulté se présente.
Une difficulté de taille s'est présentée depuis notre rencontre : mon entrée dans cette période dingue nommée “ménopause”. Beaucoup de bouleversements, je n'en citerai que quelques-uns : prise de poids, mal-être sous-jacent, sueurs nocturnes et, et, et … baisse de la libido ! B me soutient et fait preuve d'une patience exemplaire. Cependant il regrette beaucoup les premiers temps de notre relation où j'étais plus enjouée, dynamique et où la sexualité était très présente. Bien sûr il ne me reproche rien, mais exprime ses frustrations. Un rapport par mois ne lui suffit pas. Je peux aisément l'entendre !
Depuis l'an dernier B a un nouveau travail. Il rencontre de nouvelles personnes, je suis contente pour lui. Depuis quelques semaines il s'absente de la maison un à deux jours par semaine pour travailler sur site et rester aux soirées avec ses collègues (il y a pas mal de distance). De mon côté, le travail me permet de passer beaucoup de temps à la maison. Je suis de nature solitaire et casanière, et me réjouis qu'il fasse de nouvelles connaissances.
Je le vois changer. Je ne peux pas trop lui expliquer en quoi, mais je le vois changer.
Un soir, il y a un mois environ, B me propose qu'on discute de quelque chose d'important. Et ce que je redoutais sans me l'avouer tombe. “Comme en ce moment je m'ouvre davantage, je suis amené à fréquenter de nouvelles personnes, et il est possible qu'une rencontre survienne. Je ne veux pas te le cacher”.
Je sens ma tête se serrer. Je n'ai aucun mot. Je m'isole et m'effondre littéralement. Il a rencontré une autre femme, c'est sûr, et comme je suis devenue moche et nulle et insignifiante et dépressive il va me quitter pour elle, il prépare juste le terrain pour une rupture convenable etc.. etc.. etc .. Crise de panique, larmes incontrôlables… Jalousie. Peur. Apitoiement. Tristesse. Peur. Peur. Peur. Il revient vers moi mais je ne puis parler. J'accepte qu'il me tienne la main et il ne l'a lâchera pas.
Quelques jours plus tard, je retrouve un peu de distance émotionnelle et de lucidité. Je souhaite échanger et il me confirme qu'il s'est rapproché d'une collègue de travail. Il lui faudra beaucoup de temps pour admettre qu'ils ont passé le stade de l'apéro-papotage.
“Comme tu m'avais dit que tu préférais ne pas savoir”...
“Oui je te l'avais dit mais c'était il y a 6 ans ! Comment peux tu avoir gardé ça comme règle, on n'a jamais eu à aborder le sujet en 6 ans !”.
Ce sera le seul reproche que j'aurai à exprimer à B, ne pas m'en avoir parlé avant. Un reproche ferme et sincère qui voudra peut-être bientôt dire “Je veux savoir”.
B est dans la bienveillance et l’attention. Je ressens énormément le besoin de parler avec lui, de toutes mes peurs et de ce que “sa rencontre” peut impliquer dans notre vie. Je lui pose des questions sur elle, il me répond quand il est sûr que ça ne poserait pas de problème à “sa rencontre” qu'il m'en parle.
Je lis sur le polyamour, j'écoute des podcasts, je visite ce site régulièrement pour voir s'il n'y a pas un café poly prochainement près de chez nous. B me dit qu'il m'aime, qu'il tient à moi, à Nous. Qu'il ne veux ni me perdre, ni renier ce qu'il est.
Je sens des bouleversements intérieurs, je suis dans l'acceptation et une heure plus tard je maudis la vie de m'imposer ce bordel dans ma tête et dans mon cœur … et dans mes tripes. Parallèlement, j'éprouve et j'exprime des désirs très forts que je n'avais pas ressentis depuis longtemps. Je m'étais endormie. Dans un canapé confortable de routine et de ronronnements quotidiens, sans questionnements, sans attente particulière, juste endormie dans une petite vie paisible et confortable. Quel réveil !!!
Je souhaite avant tout me respecter. Respecter mon rythme, les limites supportables balisées par mes émotions et mes ressentis. Jusqu'à présent c'est de moi que viennent les demandes : je veux qu'il me prévienne à l'avance - dans la mesure du possible - quand ils projettent de se voir. Je veux savoir globalement, sans entrer dans les détails, où ils en sont. Je veux du temps pour digérer et intégrer. Depuis que j'ai rencontré B, je n'ai pas souvenir d'avoir dit “je veux”. Ça ne fait pas partie de mon vocabulaire. J'aimerais, ça oui ! Mais pas “je veux”.
Ce matin, B est parti pour trois jours. Pour le travail. Il ne m'a pas dit s'il allait la voir, il pense que oui mais il n'est pas sûr, elle semble avoir une vie bien remplie. J'ai beau vouloir de tout mon être chasser les stupides idées engendrées par la peur, ça me revient en vagues successives. Je ne sais pas, à ce jour, si je deviendrai ou non “polyacceptante”. J'ai lu la notion de “consentement éclairé, enthousiaste et volontaire”. Ça, ça me parle ! J'irai sur ce chemin si mon consentement devient tout cela. Seulement, pour avoir des réponses, je dois éprouver pleinement, non ? Vivre cette expérience bouleversante et nouvelle, puisque la vie m'amène ici...
Je choisis de poser tout ça ici, maintenant, de ne pas le garder en moi, pour ne pas laisser germer les peurs. Elles sont puissantes, mes peurs. Et destructrices . La découverte et l'ouverture me paraissent une voie bien plus intéressante et vivante que l'isolement et le ressentiment. Peut-être suis-je en train de devenir "polyacceptante", j'ai peur de ne pas y arriver, je le voudrais de tout mon cœur. Merci pour votre temps, votre attention et votre bienveillance. Merci pour ce site
Message modifié par son auteur il y a un mois.
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Siestacorta
le jeudi 20 août 2026 à 13h25
Bravo pour le chemin !
Et je crois que ton côté casanier, le fait d'avoir une base que t'apprécie en dehors de ta relation, c'est un soutien.
C'est intéressant ton passage sur "je veux". Ça me parle. Chaipas si tu t'y reconnaîtras, mais j'ai une mentalité à préférer ne rien faire ou faire un truc qui seulement me dérange pas plutôt que craindre un "non" face à un "je veux". Une intolérance à la frustration que je tends à gérer en ne me permettant pas souvent de vouloir quelque chose.
Alors qu'en fait, c'est pas grave du tout, "non".
Si ça l'est, pas juste symboliquement mais concrètement, sur des décisions centrales (enfant, déménager, vivre ensemble, changer totalement de mode de vie), ok.
Mais pour des moments, des petites choses ? Ya toujours des compromis, des possibilités de chercher à préciser le besoin et la demande. Si on a un.e partenaire pas trop borné.e, volontaire pour prendre du temps à communiquer, alors "je veux"/ ok "je veux A" / pas ok parce que /alors si on fait A' qui te prend plus en compte c'est mieux " , c'est jouable.
Et les "je veux" nous donnent à connaître à l'autre.
Bref, avoir des demandes c'est pas risquer d'abîmer le lien, avec le dialogue c'est qu contraire le vivre pleinement.
Bon courage, j'espère que vos échanges deviendront confortables après ne pas l'avoir été.
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Tortue
le jeudi 20 août 2026 à 14h51
Merci Siestacorta pour ton retour.
Le "je veux" ne fait pas partie de mon vocabulaire dans le sens où je n'aime pas imposer à l'autre. Je préfère dire j'aimerais pour laisser la porte ouverte à d'autres propositions. Je fais attention aux mots, aux formules, et le "je veux" sonne pour moi comme une exigence. Je sais dire "je ne veux pas", je sais dire "non" (pas depuis toujours mais après un long travail sur moi), mais j'ai du mal à dire "je veux" . Et aussi par ce que je suis de nature indécise, je ne sais pas toujours ce que je veux, il me faut du temps, je suis une tortue ☺️
Ça m'a étonnée de dire à B ce que je veux et ce que je ne veux pas de façon aussi assurée et directe. En général je propose, je suggère en y mettant les formes, et il est pareil vis à vis de moi. Nos discussions peuvent durer longtemps !
Mais depuis ce tourbillon émotionnel, je me surprends à changer. Je suis beaucoup plus directe, comme si un mode "urgence de bien comprendre de quoi on parle, et bien être comprise, notamment sur mes limites". Ça, ça va être vital si nous voulons continuer ensemble ! Il n'est plus question de suggérer/proposer, il n'est pas non plus question d'imposer. Mais d'exprimer le plus clairement ce que chacun veut et ne veut pas.
Merci pour les encouragements, ça fait le grand 8 depuis hier dans mes émotions. Mais je lis les témoignages et j'entends ça revenir beaucoup dans les débuts. J'ai un gros travail à faire sur la jalousie, là aussi je trouve des pistes dans les articles et sur le net. Ça va prendre du temps pour s'apaiser... Belle journée à toustes
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Topper
le vendredi 21 août 2026 à 11h03
Bonjour @Tortue,
Je pense comme toi pour le "je veux". Je considère que c'est une exigence indiscutable qui ne laisse que deux possibilités, accepter ou refuser. Et comme le refus peut amener à la fin de relation, l'acceptation est faussée.
A l'inverse, le "je voudrais" est pour moi une information, dans l'idéal. L'autre peut faire ainsi selon cette information qui lui est utile pour prendre une décision. Cela permet aussi d'ouvrir la discussion pour déterminer si il y a une alternative possible ou une façon d'atténuer certaines craintes.
Pour revenir à ton histoire...
Je ne trouve pas que B a mal fait les choses. Disons qu'il y a tellement d'histoires où c'est bien pire que ça, que ça fait relativiser. Cela aurait pu être mieux en anticipant son envie de créer de nouvelles relations, mais parfois ce n'est pas complètement conscient et ce n'est pas forcément des questions que l'on se pose. Puis il suffit d'une rencontre pour que des envies de rapprochement surviennent. Avec un passé polyamoureux et l'absence de contrainte dans la multiplication des relations, il peut être plus facile de se laisser aller à une certaine liberté en la matière car si on a opéré une déconstruction, on ne voit plus les relations de la même manière.
Malgré ton "je préférerais ne rien savoir" que tu considères obsolète, si le cadre n'a pas été discuté depuis il reste inchangé. Cela peut expliquer le contexte délicat dans lequel s'est trouvé B. Possiblement en raison de son passé polyamoureux et son besoin que tout soit clair, transparent et consenti, il est venu te parler de ce rapprochement. Il est clairement venu te prévenir qu'il pourrait explorer une nouvelle relation, mais qu'il ne veut pas vivre cela comme un adultère.
Je ne dis pas ça pour te dire que tu as surréagi mais qu'il a fait du mieux qu'il a pu dans cette circonstance. C'est pas parfait mais même si il avait opéré autrement, je doute que ça aurait changé grand chose sur ton ressenti. Essaie donc de ne pas alimenter de la rancoeur sur cette gestion de l'annonce qui ne va pas t'aider à avancer.
Comme ce que tu présupposes, si tu veux prendre le chemin de la polyacceptante, il faut te confronter à la situation. Toutes les théories du monde ne te rendront pas prête à ça par magie. Il y a des choses qui se vivent et se travaillent en situation.
Tu devras passer par un lâcher-prise et une absence de contrôle sur la relation. B ne t'appartient pas. Il est avec toi, parce qu'il a envie d'être avec toi. Pas parce que tu le possèdes. Il peut très bien partir. Quand il veut. Et que vous soyez monogame ou non, ça ne change rien. C'est quelque chose que tu dois accepter et ça peut passer par une phase de deuil de la représentation que l'on avait de la relation.
Ce qui me parait positif dans cette situation, de ce que je comprends, c'est que cette autre histoire est à distance de votre quotidien à tous les deux. Donc, si c'est géré correctement, qu'il se passe quelque chose ou non avec cette autre femme, l'impact sur le temps que vous passez ensemble devrait être minime.
La principale difficulté que je vois dans ton histoire, c'est l'image négative que tu as de toi-même. Tu n'es pas bien dans ton corps, les changements hormonaux te provoquent plein de désordres, tu n'as plus envie de sexe. Cela te met dans une position de dévaluation très insécurisante. Il ne faudrait pas que tu te replis sur toi parce que tu ne te sens plus assez bien pour B. Il faut que tu sois attentive à la manière dont tu réagis et ce que tu peux renvoyer à B pour pouvoir lutter contre des réflexes de protection qui pourraient être mal interprétés. Etre polyacceptante, ce n'est pas se mettre en retrait.
Fais plutôt en sorte d'être la meilleure chérie du monde pour B, ce qui a un effet auto-valorisant.
Communiquez, beaucoup, surtout sur votre relation, sur tes insécurités et comment te rassurer. De ton côté, continue de te nourrir de témoignages, articles, podcasts. C'est une bonne initiative que tu as eu et que tu dois continuer pour t'aider dans tes réflexions.
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Tortue
le samedi 22 août 2026 à 02h53
Merci Topper
d'avoir pris ce temps pour me lire et m'apporter des conseils qui m'éclairent déjà pour certains. J'ai beau avoir le désir sincère d'essayer ce nouveau chemin d'amour, qu'est ce que c'est dur par moments ! Quand je sais qu'il voit son autre relation, j'ai des moments de perte de lucidité et mon côté obscur surgit BAAAM !! Je prends conscience de ma dépendance affective et ça fait mal ! Même si je sais que je dois passer par là ça fait super mal !! B est une personne douce et bienveillante. Depuis que je découvre le polyamour et son éthique, je reconnais certains modes de fonctionnement qui sont les siens depuis notre 1ère rencontre. Ça me rassure. J'avance sur un sentier inconnu mais je ne suis pas seule. Je lui partage mes doutes, mes peurs, mes manifestations intérieures de jalousie ... Il écoute et souhaite m'accompagner dans mon cheminement. Mais même si on communique beaucoup, je ressens également le besoin d'échanger avec d'autres personnes poly. Existe t il actuellement des cafés en ligne (zoom ou autre) ?
Merci pour votre lecture, et merci pour ce site et à celles et ceux qui le font avancer
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Groggylov
le samedi 22 août 2026 à 09h42
Toi pour qui le mot juste est important, je te souhaite de même déplacer le curseur jusqu’à polyaccueillante..
je te souhaite surtout de t’appuyer sur tout le solide, tout l’amour entre vous, toutes les belles constructions, la confiance, tout ce qui de vous s’ancre en toi
cela m’évoque l’élan que j’avais eu sur ce fil (et où j’ai reçu ce joli mot écrit plus haut)
/discussion/-dix-/Etre-amoureuse-face-a-un-monde-n...
et aussi question solidité je me demande si il y aurait des temoignages sur cette entrée dans la ménaupose, je peux voir ce qui bouscule et je me dis que c’est une transition vers un moment plus stable ensuite ? j’en parle pour dire : cela peut être rassurant d’avoir en tête que la bousculade retombe à un moment (mais je n’ai pas cette expérience depuis mon intérieur)
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emma_35
le samedi 22 août 2026 à 15h05
je me reconnais pas mal dans ce que tu decris. pas la ménopause, mais le moment ou l'autre pose le sujet et ou tu t'effondres alors que sur le principe tu te croyais ouverte.
nous on a ouvert il y a deux ans, et pendant les premiers mois j'etais persuadée que j'acceptais juste pour pas le perdre. c'était la peur qui parlait, pas moi. ce qui a changé c'est pas d'avoir été convaincu par un bouquin ou par un café poly, c'est d'avoir posé des trucs concret : ce qu'on se raconte, ce qu'on se raconte pas, et surtout le droit de dire stop sans que ca déclenche un drame. le jour ou j'ai compris que je pouvais dire non sans que tout s'ecroule, j'ai arreté d'avoir peur de dire oui.
l'autre chose, et la c'est vraiment mon ressenti perso : qu'il t'en parle AVANT qu'il y ait quelqu'un, je le lis pas comme le début d'une rupture deguisée, plutot l'inverse. quelqu'un qui prepare son départ ne vient pas demander l'autorisation.
laisse toi du temps quand meme, six ans de fonctionnement ca se rediscute pas en trois semaines....
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Tortue
le lundi 24 août 2026 à 14h00
Merci à toi Groggylov, ce mot "polyaccueillante" me plaît beaucoup. Et merci pour le lien, c'était très enrichissant de lire cette discussion.
Merci à toi Emma_35, je me retrouve complètement, je pense que je suis dans ce que tu as vécu dans les débuts : accepter par peur de le perdre. Je me dis que Si je n'accepte pas la situation, nous n'aurons pas d'autre solution que de se quitter. Nous avons abordé ce sujet hier justement.
"Si je ne suis pas en capacité d'accepter la situation, qui aujourd'hui m'apporte de la souffrance, alors je n'aurai pas d'autre choix que de partir". B n'a pas bien vécu cette annonce, m'a répondu qu'il ne conçoit pas qu'on mette fin à notre relation. Je l'ai senti tellement triste.
Ce weekend, de toute façon, a été triste. Comme un lâcher prise dans le mauvais sens pour moi, comme un contrecoup, épuisée, vidée, déprimée... Loin d'être "la meilleure chérie du monde pour B" !...
J'en suis là. On verra. Merci d'être là
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Louxe
le lundi 07 septembre 2026 à 13h45
Bonjour Tortue, j'interviens deux semaines après. J'espère que tu as pu trouver l'apaisement. Je n'ai pas plus de conseils à te donner, juste de la gratitude et mon soutien.
Merci pour ton témoignage, car je suis "de l'autre côté" avec mon conjoint, et ça me rappelle des souvenirs tout ça. Je lui ai toujours dit que j'étais polyamoureuse, il l'accepte en théorie mais en pratique c'est moins simple. La peur-panique dont tu parles, il l'a ressentie quelques fois et ça me brise le cœur de le voir comme ça. Il alterne entre des périodes où il se persuade qu'il est OK avec ça, des périodes où il met l'info sous le tapis, et des périodes où il souffre de me savoir avec quelqu'un d'autre. Il arrive aussi qu'il trouve l'apaisement et la confiance dans le fait que je ne vais pas le quitter pour une autre personne. Et alors je suis si heureuse :)
Parfois je me demande si on est compatibles, si on ne devrait pas juste rompre et trouver lui une relation exclusive et moi un.e partenaire polya. Mais 6 ans de vie commune... La bienveillance, l'humour, la tendresse, les projets communs, tout ce qui marche bien entre nous... Abandonner tout ça pour une histoire d'orientation amoureuse ? Est-ce qu'on ne peut pas être plus forts que ça ?... Bref, je comprends et je compatis. Je te souhaite de trouver la réponse et de prendre la décision qui soit la meilleure pour vous. <3
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artichaut
le lundi 07 septembre 2026 à 15h28
Tortue
Merci à toi Groggylov, ce mot "polyaccueillante" me plaît beaucoup.
je trouve aussi ce terme déjà +sympa que "poly-acceptant"…
et plutôt que d'être "poly-truc" (ce qui peut revenir à capitaliser sur le nombre de relations), tu peux aussi juste te voir comme aimante et accueillante… (et que l'autre le soit aussi)
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Tortue
le mardi 08 septembre 2026 à 22h40
Deux semaines se sont écoulées, j'ai l'impression de deux mois...
Merci Louxe et Artichaut pour vos réponses. Très touchée. En deux semaines, je suis allée à un café poly sur zoom, j'ai commencé un nouveau job, puis j'ai appris deux mauvaises nouvelles concernant ma santé. Ça fait beaucoup d'événements à assimiler, à digérer, à accepter. Alors, pour reprendre ton expression Louxe, j'ai "mis sous le tapis" ! B organise "ses absences" de façon à être présent pour moi à chacun des moments importants ou difficiles, les rdv et examens médicaux par exemple. De mon côté je lui dis les moments où c'est ok pour moi, où ça peut me faire du bien d'être seule. La dernière fois où nous avons discuté de polyamour remonte à+ de 8 jours je crois, et puis j'ai ressenti un grand besoin de lâcher prise, stop les discussions fatigantes, stop les ruminations intérieures et les nuits blanches ... C'est trop de choses lourdes à porter. Je sais que ça reviendra. Parfois je regarde B, je lui en veux d'avoir mis le bordel dans notre histoire. Et puis je le vois, doux et aimant avec moi, et vu mon état d'esprit et de santé en ce moment, je vois de l'amour dans ses yeux. Ça me réchauffe le cœur et c'est ok, juste pour aujourd'hui. Demain est un autre jour.
Merci d'être là
Message modifié par son auteur hier à 22h.
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Allyah148
le mardi 08 septembre 2026 à 23h54
Je suis très triste de lire que tu as des problèmes de santé. J'espère que tu vas trouver une solution à tes soucis. Je comprends que ça fasse beaucoup à gérer pour toi et qu'il est plus simple de "mettre sous le tapis" en ce moment.
Tu aimes ton compagnon et tu souhaites l'accompagner dans le polyamour, ce qui est super, mais tu as raison de préserver en priorité tes forces physiques et mentales pour toi même. N'oublies pas que le plus important, c'est toi. La santé on en a qu'une. Prends bien soin de toi.
Ton histoire est vraiment triste, je compatis. Si après 6 ans ton compagnon ne supporte toujours pas sereinement que tu fréquentes d'autres personnes, et doit encore mettre en place des stratégies de défense psychologiques pour plus ou moins tolérer le polyamour, je pense que ça signifie que ce n'est pas pour lui. Il semble qu'il ne puisse pas être poly et toi tu ne peux pas être monogame.
C'est la situation la plus difficile quand l'amour est présent mais qu'il y a en même temps des différences irréconciliables (mariage, enfants, lieu de vie, finances ou orientation amoureuse). Admettre que l'amour ne suffit pas est très compliqué mais parfois c'est malheureusement le cas. Bon courage à vous 2.
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Nounlys
le jeudi 10 septembre 2026 à 05h18
Merci pour ton témoignage Tortue.
Ce moment, cet instant, juste cet instant où B te propose "qu'on discute de quelque chose d'important". Et là tout s'effondre, une partie de toi a déjà tout compris.
Tu le sais, tu le pressens depuis 6 ans, et là, ça y est on y est !
Ce moment-là précisément où l'émotionnel prend le dessus, où ça se bouscule dans tous les sens... Je l'ai vécu des dizaines de fois.
J'ai rencontré A, il y a 16 ans. Tout de suite il m'a dit qu'il était polyamoureux. J'ai découvert, j'ai lu des tas d'ouvrages sur le sujet, super concept ! Oui j'adhère !
Et puis il y a eu la 1ère "discussion importante". Ah oui ? Ah vraiment ? Ah c'est comme ça ?
J'ai accueilli, on n'était qu'au tout début de la relation. Et j'avais l'élan moi aussi de vivre d'autres relations.
Il y en a eu. Quelques unes pour moi. Beaucoup pour A.
Et puis la ménopause. Et ce foutu constat que je suis moins regardée, moins vue, moins ceci, moins cela...
Pour A, il n'y a pas encore ça.
Alors il y a encore ces "discussions importantes", ses nouvelles rencontres. Mon coeur qui chavire, je fatigue, je m'épuise par moment. Et en même temps, il y a toujours sa main qui peut tenir la mienne aussi longtemps que c'est bon pour moi.
Et en même temps, j'observe aujourd'hui que je suis de plus en plus en capacité d'accueillir ces pics émotionnels. Je me sens plus forte et préparée à toutes sortes d'émotions qui surviennent dans ma vie. La roue tourne, beaucoup de décès dans ma famille, les "anciens", c'est l'ordre des choses, mais quand-même...
Des moins anciens, des maladies, le corps qui flanche plus souvent...
Je me suis à chaque fois sentie plus ancrée, plus en capacité de m'apaiser.
J'observe que la vie est pleine de surprises, certaines dont je me passerai bien, et d'autres beaucoup plus joyeuses.
La relation avec A est toujours active, précieuse, sacrée.
Actuellement je suis polyaccueillante, (merci pour ce nouveau mot, j'aime bien !), et c'est ok.
Je te souhaite Tortue, que ce chemin d'amour sincère, authentique et profond avec B, puisse continuer à te nourrir pleinement.