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Questionnements par rapport au polyamour

Poly/Mono
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E-Z

le lundi 29 mars 2021 à 07h12

Je viens ici car je suis toujours un peu perdu face à des questionnements. Je suis un père de famille de quatre enfants en bas âge, en couple depuis 13 ans, et il y a deux ans mon épouse m'a avoué être polyamoureuse suite une discussion avec un ami polyamoureux, et après avoir lu un livre sur le sujet.

Je n'ai jamais été jaloux avec elle avant, je l'ai toujours poussée à sortir de notre couple pour voir des amis ou des amies, cela ne m'a jamais dérangé qu'elle puisse aller seule au cinéma avec certains de ses amis (dont l'ami polyamoureux en question, dont je ne savais pas qu'il était polyamoureux), ou en voyage sans moi avec des amies ou dans le cadre de son métier. Une forme de confiance totale en notre couple.

De son côté, avec l'arrivée des enfants, elle a été plus stricte avec moi pendant environ 4 ans. Le devoir de rester auprès de la famille et des enfants à tout prix, Il était inconcevable pour elle qu'on ne dorme pas ensemble une seule nuit, même quand elle était épuisée en raison des pleurs de bébé. J'ai renoncé a beaucoup de sorties en raison de désapprobations de sa part (comme si j'abandonnais la famille).

Je me suis beaucoup restreint, car je l'ai suivie dans sa vision des choses. Il fallait se sacrifier pour la famille maintenant que les enfants étaient là.

Et puis, un de ses amis que je connais à peine (sans enfants, qui a continué la même carrière professionnelle que j'ai abandonnée pour prendre un poste me permettant de m'occuper de ma famille) lui a raconté avoir eu une relation polyamoureuse. Elle a lu un livre sur le sujet, qu'elle m'a fait lire. Elle m'a dit que c'était super, qu'au fond d'elle même elle aimait encore ses ex. Que c'était "qui elle est", et que c'était comme cela, et qu'elle ne s'en rendait compte que maintenant, et que je n'avais rien à dire sur le sujet.

J'ai eu du mal à digérer tout cela. Alors, je me suis renseigné. J'ai lu beaucoup. Je lui ai dit que je pouvais comprendre qu'on puisse aimer plusieurs personnes à la fois, c'est un sentiment que j'ai connu adolescent, mais que dans mon esprit, je ne me voyais pas avoir plusieurs relations (même si je peux le concevoir). Après avoir lu de nombreux témoignages et textes sur le sujet du polyamour, je me suis dit que cela pouvait être une forme de confiance totale. Qu'on se le dirait, et que j'accepterais qu'elle puisse voir un éventuel autre amoureux si cela arrivait. Beaucoup de polyamoureux racontent que c'est difficile de voir partir l'autre voir une autre personne, mais que cela renforçait le couple.

Là, elle m'a dit que non, ce n'était pas comme cela qu'elle voyait les choses. Si elle est avec quelqu'un d'autre, elle ne me dirait rien, et je devrais faire pareil si ça arrivait de mon côté.

Alors que j'avais trouvé une solution pour mieux le vivre, je suis revenu à la case départ.

Sans rien me dire, elle est allée passer une après midi avec son premier amour. Elle me le dira plus tard qu'il n'a parlé que de ses enfants à lui, et qu'elle n'a pas ressenti l'amour qu'elle avait avant pour lui. J'ai eu l'impression qu'il y avait un peu de déception de sa part, mais je n'en suis pas sur. J'ai cette impression qu'elle m'en a parlé uniquement car il n'y avait rien eu...

Puis le temps à passé, être confiné a aidé un peu, dans le sens où cela m'a permis de ne pas y penser.

Elle va parfois loger ailleurs, alors que c'était inconcevable avant sa « révélation », et à chaque fois, je passe une mauvaise soirée, même si on s'appelle quand même dans la soirée, et que je ne pense pas que c'est pour voir quelqu'un. Depuis, je vais parfois aussi dormir ailleurs pour me reposer.

Cela fait deux ans. Et, au fond de moi, j'ai comme quelque chose de cassé. Des moments de tristesse, je suis un peu désabusé, comme si j'avais l'impression d'avoir cru à cet amour exclusif plus fort que tout. Je ne sais pas si elle a quelqu'un ou non, mais j'ai comme un sentiment de trahison. J'ai ce sentiment récurrent que je suis l'homme qui a fait le choix de privilégier sa famille, qui fait du rangement, de la vaisselle, des lessives, du repassage de manière équitable avec elle, qui s'occupe des enfants, qui a même fait une vasectomie pour lui éviter la contraception, mais qu'elle ira chercher ailleurs quelque chose d'autre que je n'ai plus. Car en définitive, avec les enfants, c'est dur de trouver de l'espace pour notre couple, et elle est beaucoup plus distante depuis. Elle a changé, et les choses sont différentes depuis.

J'ai cette impression que je suis devenu "le papa", même si notre couple fonctionne très bien. J'ai cette impression qu'elle trouvera ailleurs un homme qui serait loin de tout cela, et qui me volera ces moments déjà si rares en raison de la vie de famille.

Quand je lui ai dit que ce n'était pas ce qui était prévu à notre mariage, et que j'aurais préféré être au courant plus tôt, elle me dit qu'elle ne pouvait pas le savoir et que c'est comme si elle avait fait un coming out. Et elle me répète qu'elle ne veut pas me perdre, ce qui est vrai, car notre couple et famille fonctionne bien (même si sur le plan sexuel, on ne fait plus grand chose, ce qui me frustre un peu. Mais je ne veux pas insister). Alors je fais comme si de rien n'était, et je souffre en silence, même si c'est parfois très dur pour moi.

Je vous pose alors la question. Comment vivre correctement ce poly amour forcé pour lequel je n'ai rien à dire et pour lequel je ne saurai jamais rien ? J'ai déjà pensé à aller sur des sites de rencontre, pour essayer de vivre un polyamour moi même et me rassurer en me disant que c'est possible, mais je ne pense pas en avoir envie, de plus, je ne suis pas tombé amoureux de quelqu'une depuis que je l'ai rencontrée donc ca me parait peu probable, et quel serait le sens ? J'ai même eu envie à un moment de faire mes valises, et de juste partir. Je me dis que si elle avait une relation uniquement charnelle avec un autre, je m'en ficherais, mais que partager des sentiments amoureux, vivre une seconde relation, cela serait une forme de trahison.

Cette arrivée du polyamour dans ma vie me rend triste. J'ai été voir une psychologue. J'ai essayé de prendre sur moi. J'arrive à nier les faits, mais ponctuellement, je sombre. La vision de mon épouse c'est que quand on n'arrive pas à changer les choses, il faut alors s'en accommoder. En gros, selon elle, je n'ai rien à dire, et il n'y a pas à discuter. Mais cela me rend malheureux.

Je n'ose en parler avec personne, alors je me dis que j'allais poser mon histoire (fortement résumée), ici. Qu'en pensez vous ?

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alinea7

le lundi 29 mars 2021 à 08h43

L'arrivée du polyamour dans votre couple ne s'est pas faite de façon respectueuse mais imposée. Cette façon de faire rend la chose plus difficile car alors le partenaire se sent variable négligeable dont le bonheur et le consentement sont secondaires dans le nouvel ordre des chose.

Se trouver c'est s'affirmer. Ça ne te convient pas, vis le, dis le. Tu te détruis à subir et ça c'est toi qui te le fais. Tu te fais du mal à t'imposer de subir.
Tu pourrais être d'accord selon des modalités, il faut en parler. D'autant plus que l'acceptable est évolutif.

Évidemment c'est risqué, ça peut apporter plein de changements. Y compris positifs. Te choisir toi c'est un geste fort que tu fais pour pouvoir te respecter et c'est bien plus important que le respect de ta partenaire (en plus d'être potentiellement un passage obligé pour l'obtenir).

Peut-être aussi que ta partenaire tient aussi à votre relation et sera prête à reconsidérer des règles. Tant que tu sembles accepter, pourquoi le ferait-elle ?

Maintenant, les conseilleurs ne sont pas payeurs donc si tu ne te sens pas de te faire respecter dans l'immédiat il faut reconstruire ta confiance en toi. Connecte toi aux moments de bien-être que tu as dans ton quotidien sans elle, agrandis la place, fais de l'espace pour ça. Entres en contact avec des gens et redécouvres la sensation d'être bien avec d'autres personnes même sans visée amoureuse. Redécouvre la richesse de ton réseau relationnel aussi.

Je dois écourter mais je reviendrai, dans l'intervalle je t'envoie des pensées.

Message modifié par son auteur il y a 6 mois.

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bonheur

le lundi 29 mars 2021 à 10h30

E-Z
Là, elle m'a dit que non, ce n'était pas comme cela qu'elle voyait les choses. Si elle est avec quelqu'un d'autre, elle ne me dirait rien, et je devrais faire pareil si ça arrivait de mon côté.

Euh ? Elle parle de polyamour ta compagne ? J'ignore ce qu'elle a lu ou entendu dire, mais cette phrase n'entre pas dans la philosophie polyamoureuse. Pas dans la mienne en tout cas.

E-Z
Comment vivre correctement ce poly amour forcé pour lequel je n'ai rien à dire et pour lequel je ne saurai jamais rien ?

Forcé pour définir le polyamour ? Ce n'est pas du polyamour. Tu serais polyacceptant et je t'admire pour cela. Sauf que ce n'est pas du polyamour. Ce n'est même pas ce que l'on nomme "couple libre" ou "couple ouvert", car là aussi, la notion d'acceptation est requise. En fait, elle veut une liberté d'action et s'absenter à sa guise. Je suppose qu'elle serait bien au sein d'un couple ouvert. En revanche, toi, tu serais mieux si elle était poly et qu'elle te confiais ce qui se passe dans sa vie.

De ce que je lis, je trouve que vos aspirations divergent. Sont-elles "compatibles" ? Seuls toi et ta compagne peuvent le savoir.

E-Z
J'ai été voir une psychologue. J'ai essayé de prendre sur moi. J'arrive à nier les faits, mais ponctuellement, je sombre. La vision de mon épouse c'est que quand on n'arrive pas à changer les choses, il faut alors s'en accommoder. En gros, selon elle, je n'ai rien à dire, et il n'y a pas à discuter. Mais cela me rend malheureux.

Prendre sur toi ? Admettons, sauf que sans pouvoir exprimer, cela me parait compliqué.
Nier les faits ? C'est une psy qui te recommande cela ? C'est une question, simplement.
La vision de ta compagne me parait assez directive. Enfin, c'est ce que je ressens en lisant tes mots. D'autre part, si elle avait fait un coming out (vraiment fait), tu pourrais en parler librement. Car c'est ça, faire un coming out. On s'assume tel que l'on est et l'on considère n'avoir rien à cacher.

Quelles sont les livres que vous avez lu ? Je pose cette question pour connaitre vos références en la matière. Ainsi, nous parlerons le même langage.

E-Z
Je n'ose en parler avec personne, alors je me dis que j'allais poser mon histoire (fortement résumée), ici. Qu'en pensez vous ?

En résumé, tu serais polyacceptant. Tu as fait une démarche inutile car on t'a induit en erreur. Ta compagne ne se sent pas polyamoureuse. Chercher du côté du polyamour est inutile. Au mieux, tu trouveras des pistes. Peut-être plus lire sur le couple libre ou sur "l'infidélité". Toi, tu t'es trouvé dans le polyamour. Elle doit se chercher ailleurs.
Le fait de mettre tout ceci sur la table, comme tu l'as fait ici, mais en couple, pourrait vous permettre de trouver chacun-e votre "personnalité" profonde en la matière. Vous êtes comme souvent, vous avez construit une base classique, ce pour laquelle la société en général, malgré les nombreux échecs, nous pousse. Un commun qui finalement convient à peu de personnes. Un jour, on se réveille et on remet en question. Si l'on est célibataire et libre comme l'air, on se réinvente à sa guise. Si ce n'est pas le cas, la réalité nous transforme.

Il est rare que l'on soit dans la même optique toute sa vie. Si c'est le cas, alors il y a une notion soit de manque de réflexions, soit de volonté de rester figé. Ou alors, la base nous convient (ça arrive, mon chéri de vie par exemple). Le miroir de nous-mêmes est voilé. Il nous est caché, impossible de le trouver, alors on s'enlise dans la seule option mise à notre disposition. On s'enfonce doucement et on se met en mode survie. On ne réfléchit pas, c'est instinctif. Vous sortez de ce mode survie, sauf que différemment. A vous de concilier maintenant.

Ce que j'en pense ? Continue à te questionner, mais pour toi-même. Trouve toi !

Un point pour les personnes qui me titillent avec l'utilisation du "on".
https://fr.wikipedia.org/wiki/On_(pronom)

Message modifié par son auteur il y a 6 mois.

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Intermittent

le lundi 29 mars 2021 à 21h20

Il n'y a pas l'once du début de polyamour dans ton histoire.
Le "polyamour" affiché est juste un adultère qu'elle s'autorise sans le moindre consentement de ta part.

Depuis le début de ton couple, tu es sous la coupe de ton épouse, qui m'a l'air plutôt autoritaire.
Elle a manifestement une relation d'emprise sur toi.

Tant que ça passe sans vraie réaction de ta part, pourquoi veux-tu qu'elle se réfrène ?

Le jour où tu quitteras le domicile conjugal ou que tu lui déposeras une requête en divorce sur la table, je pense qu'à ce moment là, tu seras en capacité de négocier quelque chose de plus équilibré.

Et reprend les séances chez le psy, parce que la dépendance psychologique, c'est chez le psy que ça se travaille.

Sinon, tu continueras à avaler des couleuvres ....

Au fait, le polyamour, c'est réciproque. Donc, autorise toi ce qu'elle s'autorise.

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PolyPasLeChoix

le mardi 30 mars 2021 à 18h57

Je vis une situation un peu similaire d'ouverture imposée de notre couple et comme toi j'en suis arrivé à m'épancher ici et partager mon mal-être il y a quelques mois.
Par contre certains détails de ton histoire me font tiquer. Tu te présentes comme une victime de ses choix. Tu t'es plié à tous ses désirs. En te lisant à froid tu t'es effectivement transformé parce qu'elle l'a décidé en un bon colocataire, un bon père et elle t'as retiré ton statut d' amant. Tu dis que ton couple fonctionne très bien mais moi je lis que vous cohabitez très bien mais qu'elle n'a plus d'amour pour toi, n'a pas envie d'investir dans votre relation et qu'elle veut te cacher ses aventures.
Elle est peut-être polyamoureuse mais pas avec toi!
Tu dis être malheureux et je te crois, je l'ai été aussi car c'est dur d'avoir l'impression que tout ce qui a été construit s'écroule. Mais comment penses-tu pouvoir améliorer les choses ? Visiblement il n'y a pas de dialogue possible sur le sujet ou en tout cas pas de son côté. Tu dis avoir été voir un psy mais as-tu essayer de voir quelqu'un avec elle ? C'est ce que m'avait conseillé la personne que j'allais voir et même si cela ne s'est pas très bien passé, le fait de s'obliger à parler de la situation avec un tiers a permis de rouvrir le dialogue entre nous.

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bidibidibidi

le jeudi 01 avril 2021 à 12h19

E-Z
Qu'en pensez vous ?

Très honnêtement, je pense que tu te trompes de bouc émissaire.
Dans ton texte, ce qui a détruit ton couple m'est assez clair : Ce sont vos 4 enfants.
Donc, oui, comme tu le dis : Plus de sexe, tu es le "papa" et elle est obligée d'aller chercher ailleurs ce qu'elle ne peut plus trouver dans votre couple (parce que je suppose que l'escapade en amoureux est impossible sans déployer des trésors d'organisation qui rendent ladite escapade vachement moins attractive). Mais ça, ça n'a rien à voir avec le polyamour.
Alors, plutôt que de faire le deuil de sa vie, elle préfère tenter de la vivre autrement. Moi, je la comprends. Elle le fait peut-être mal, mais je serai pas étonné que ce soit un réflexe de survie.

Personnellement, je commencerai à faire le bilan de ce qu'ont détruits vos enfants (ta carrière, vos nuits, ses pleurs, votre sexualité, c'est pas rien tout ça). Voir ce qu'il reste de votre couple, aussi. Et à partir de là, penser à la suite.
Je pense aussi qu'il y a des ressentiments, au minimum de ton côté. Tu le dis toi-même : "J'ai ce sentiment récurrent que je suis l'homme qui a fait le choix de privilégier sa famille, qui fait du rangement, de la vaisselle, des lessives, du repassage de manière équitable avec elle, qui s'occupe des enfants, qui a même fait une vasectomie pour lui éviter la contraception, mais qu'elle ira chercher ailleurs quelque chose d'autre que je n'ai plus." Elle a peut-être aussi un tas de ressentiments. Sauf qu'il est interdit dans notre culture de dire "Je regrette d'avoir fait des enfants, ils m'ont détruit la vie." Ca rend les choses plus difficiles quand il faut que ça sorte. Mais il faudrait que ça sorte.

Le polyamour, pour moi, c'est juste la partie émergée de l'iceberg. Comme dit Intermittent, tu peux te focaliser dessus et passer en procédure de divorce, mais je suis pas sûr que ce soit la meilleure chose à faire.

Message modifié par son auteur il y a 6 mois.

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Minora

le jeudi 01 avril 2021 à 19h33

On peut vivre de façon violente le fait de devenir parent et les contraintes (en effet énorme) que ça entraîne sans pour autant regretter d'avoir eu ses enfants. Sans mauvais jeu de mot on n'est pas obligé de jeter le bébé avec l'eau du bain ;)

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Intermittent

le jeudi 01 avril 2021 à 21h28

Je doute que ces quatre enfants aient été faits sans son consentement. Il est même fort probable qu'elle ait été à l'initiative de ces grossesses.
Au postant de confirmer ou d'infirmer cette hypothèse.

Elle a trouvé le compagnon idéal à cet époque pour assumer ces enfants. Mais ce faisant, au fil du temps, il s'est totalement dévirilisé à ses yeux.

Le "polyamour" affiché ou plutôt dans les faits, le fait de s'autoriser à avoir des amants tout en gardant son mari sous sa dépendance, pour avoir toutes les facilités pour gérer la logistique familiale quand elle s'absente, est la meilleure solution pour elle.

Le beurre, l'argent du beurre et la disponibilité du crémier, le combo gagnant pour reprendre une expression qui m'avait assez agacé il y a quelque temps.

Et elle me répète qu'elle ne veut pas me perdre
Ce qu'elle ne veut pas perdre c'est son confort de vie et un mari qu'elle s'est taillé sur mesure au fil de "l'évolution" de votre couple.

A toi de voir si tu continues à accepter d'être instrumentalisé de cette façon et d'être nié en tant que personne indépendante et dotée d'une identité propre.

Mais maintenant que le pli est pris, il va être difficile d'inverser la tendance sans un acte fort.

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bonheur

le vendredi 02 avril 2021 à 10h42

Mon vécu, en guise d'exemple et seulement cela. J'ai eu trois grossesses hyper merdiques. Trois césariennes et une ligature au bout du compte. J'ai fait du diabète gestationnel à chaque grossesse et aujourd'hui, à la ménopause, celui-ci est revenu. J'ai un utérus rétroversé et un taux faible de corps jaune. Autrement dit, ado on m'avait annoncé la possibilité de ne jamais avoir d'enfants. Il n'en fallait pas plus pour que j'en veuille (lol). Aujourd'hui, je me dis que les enfants c'est comme le mariage et les antibiotiques, c'est pas obligatoire. Sur trois, les deux plus jeunes (23 et 25 ans) sont encore à la maison dont le plus jeune complètement encore dépendant de ses parents. J'envisageais pas ça au départ. Les voyants grandir, je pensais qu'en 2020 au plus tard, nous serions enfin à vivre à deux. Sauf que non, et la crise sanitaire n'y est pour rien. Je ne me suis jamais sentie "mère" telle que j'entends parfois des mères s'exprimer. J'ai élevé mes enfants malgré tout à ma façon et seuls eux peuvent parler de leurs éducations (à deux).

Les enfants c'est un engagement a très long terme, surtout quand ils ne se décident pas à quitter le foyer. Toutefois, confondre l'engagement envers ses enfants et l'engagement envers l'autre parent ? Confondre le rôle de parent avec celui d'amoureux-se ? Evidemment, l'enfant ou les enfants impactent. Au même titre qu'une relation hors couple initial impacte ce dernier. Sauf qu'il ne faut pas se tromper de bouc émissaire. S'extraire de la surcharge d'être mère peut se faire autrement qu'en prenant des amants (avec ou sans amour d'ailleurs). On peut se trouver une activité en lien avec une passion, tout simplement. Pour moi, si le constat peu s'avérer être un tout, éviter de rejeter sur un point précis l'inconfort vécu. Et puis qu'est-ce qui empêche E-Z de se trouver une activité et de mettre sa compagne de vie, mère de ses enfants, au pied du mur et à devoir aussi assumer son rôle de mère pendant que monsieur se prend une bouffée d'oxygène à l'extérieur (ne serait-ce qu'un jogging, une rando ou autre plaisir simple). Le danger dans la formation d'une famille, c'est croire que l'on se doit d'être toujours parfait et surtout que l'on devrait s'oublier au profit du commun. Cessons de vouloir être des super-mamans, des super-papas, des super-mamies, des super-papis, des super-ainés... Etre soudé, ne signifie pas être dépendant.

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E-Z

le samedi 03 avril 2021 à 12h03

Merci à tous pour vos avis et vos réflexions. J'avoue que c'est celle d'alinéa7 qui m'a le plus fait réfléchir. Désolé si j'ai pris du temps pour répondre, mais je préférais encore réfléchir. Je pense aussi que tout est plus compliqué que cela n'en a l'air, et qu'évidemment je présente les choses par rapport à mon point de vue, qui, à me relire, me donne l'impression de me victimiser (ce qui n'est pas forcément faux non plus).

Je pense qu'effectivement, les enfants, et l'organisation qui y est liée sont pour beaucoup dans les difficultés. Je ne pense pas qu'elle veuille un amant à tout prix, mais juste se réserver la possibilité, se dire qu'elle n'est pas enfermée dans une relation exclusive (elle met en évidence la relation fusionnelle qu'ont ses parents). Le problème, c'est qu'avec cette envie de tenir cela caché, c'est un peu comme le chat de schrodinger. Elle n'a peut être personne, mais au fond de moi je me dis qu'il y a quelqu'un en permanence, ou en tout cas qu'il y a eu des sentiments pour quelqu'un à un moment donné (elle m'a dit que cela lui était déjà arrivé par le passé).

Le gros problème, je pense, c'est le changement de règles imposé. Auparavant, il était interdit de parler de mes exs, et quand je le faisais, elle ne voulait rien entendre d'elles. Dès l'arrivée du "polyamour" soudainement, plus aucun problèmes. Elle me dit à présent que l'amitié et l'amour sont pareils, et je suis à la fois son amour, et à la fois son meilleur ami, et qu'elle aime toujours ses ex au fond d'elle,et que l'amour ne s'arrête pas avec la rupture. Suite à sa révélation, elle passe beaucoup plus de temps à s'isoler pour envoyer des messages à ses amies et amis. Si cela ne me dérange pas, et qu'au contraire je l'ai toujours poussée à avoir sa vie en dehors du couple, cela m'a donné l'impression d'être moins unique à ses yeux car je me sentais confiant dans le sens où ce que nous avons est très fort. Peut être que je fantasme un peu le couple, que face à toutes les difficultés j'attendais quelque chose de plus que juste "tu es mon amour et mon meilleur ami". Et qu'en fin de compte, je me sens dévalué, tout en étant trahi, car pour moi elle est "the one", et que j'ai cette impression qu'il n'y a même pas de mots pour exprimer ce que je ressens pour elle.

Après, il y a les implications par rapport à moi même. Jamais je n'aurais ne fus-ce qu'envisagé de pouvoir avoir quelqu'un d'autre dans ma vie. Ce n'est même pas une restriction de ma part, c'est juste que cela ne me passait même pas par l'esprit, car notre couple fonctionne. C'est peut être lié au fait que depuis mes 14 ans, même si j'ai eu 6 relations de couple, je n'ai jamais été célibataire très longtemps. De son côté, elle n'a eu que 1 partenaire sexuel avant moi, et à ce niveau, je lui avais déjà dit que si elle voulait une aventure d'un soir, si c'était juste un truc comme cela, je pourrais le comprendre, et que je ne voulais jamais qu'elle pense être passée à côté de quelque chose par ma faute, et qu'elle le regrette tout sa vie. Je ne pensais pas à une autre relation amoureuse, étant donné que cela ne me passait même pas par l'esprit. Nous avons déjà eu des discussions sur la liberté sexuelle, et je lui avais déjà dit que j'aurais peut être aimé dans le passé expérimenter plus (je n'ai jamais eu de relation d'un soir), mais que cela restait au stade du fantasme. Peut être que ces discussions ont pu aussi être l'amorce de ses réflexions polyamoureuses. Je m'en veux d'avoir parlé de cela, surtout que je n'ai jamais cherché à avoir des aventures.

Concernant les lectures, elle a lu tous les livres de Simpère. J'ai eu l'occasion d'en lire deux, et j'ai trouvé sa vision du polyamour, voire du monde, hyper égoïste et bien éloignée de ce que je peux lire sur le forum, et d'autres personnes que j'ai lues/écoutées sur le net (Par exemple, à la question du "mon amoureux est en couple mono et son épouse ne le sait pas, que dois-je faire ? Sa réponse était en gros "c'est son problème"). Je pense aussi qu'à la lecture du discours de simpère (qui présente les choses comme LA manière d'être sans vraiment aborder les différentes possibilités et sensibilités) elle s'est dit qu'elle pouvait se retrouver dans ce discours égoïste, face à la pression de la vie de famille. Elle m'a déjà dit - avec énervement- que quand elle était avec moi, c'est normal qu'elle me consacre son temps, mais une fois seule, elle pouvait faire ce qu'elle voulait et que je n'avais rien à dire ni à lui imposer sur le sujet. J'ai cette impression qu'on est passé d'une relation concertée à une relation individualiste. Après, on est en accord sur 90% des choses, et peut être que notre mode de vie n'était pas tellement concerté, mais qu'on a juste la chance d'avoir été jusqu'ici sur la même longueur d'onde pour la majorité de nos choix.

Pour ce qui est de me retrouver, c'est effectivement ce que j'ai essayé de faire. Je me suis inscrit à des activités, je suis sorti plus souvent, j'ai essayé de retrouver certains plaisirs délaissés en raison de la vie de famille. Mais avec le confinement, c'est un peu un retour à la case départ. Là, je me remets à faire de la musique plus intensivement, à défaut de savoir sortir, mais c'est parfois dur après une journée de travail et une soirée avec des enfants.

Là où les choses évoluent aussi, c'est qu'avec les lectures et les réflexions, je me suis dit qu'on pourrait vivre le polyamour, en toute sincérité, ce qu'elle refuse. Je me dis que ce serait bien de parler à des personnes qui sont dans la même situation que moi, mais ma situation est en fin de compte unique et n'est pas du polyamour. J'ai hésité à plusieurs reprises à aller à des café poly (qui s'organisent à Bruxelles), mais je me dis à quoi bon ? On va juste me dire que ce n'est pas du polyamour, mais de la tromperie. J'hésite encore à m'y rendre quand tout sera ouvert à nouveau, parler de vive voix de ce dont je ne parle à personne pourrait peut être aider ? Qu'en pensez vous ?

Du coup, maintenant, je me dis que j'aurais préféré qu'elle me mente et me trompe sans rien me dire. Je n'aurais jamais tenu ce discours, car j'aime la sincérité, mais à présent, je me dis que j'aurais presque préféré garder une illusion que souffrir en silence.

Parfois, je me dis que le seul moyen de bien le vivre serait d'avoir une infidélité de mon côté aussi, juste une fois. Me dire, voila, ce n'était pas si grave, je ne suis juste pas le mari délaissé, qu'est-ce que ça change ?. Mais j'ai peur que cela fasse plus de dégats, je n'ai pas envie de "chercher" quelqu'un. J'étais à chaque fois plutôt du genre à laisser les choses se faire dans mes relations amoureuses, même si je finissais par faire le premier pas. Je me suis déjà inscrit sur un site sans convictions, mais ce n'est pas mon truc et je me suis vite désinscrit. Et si en plus je tombais follement amoureux de quelqu'un d'autre tout en me rendant compte que je n'arrive pas à avoir de relation non exclusive ?

J'ai envie aussi d'essayer de "réinventer notre couple". C'est ce qu'on a fait en faisant des city trips, en prenant des cours de danse, en essayant de sortir de l'ordinaire, et ca marchait assez bien. Le confinement m'a aidé à mettre la question de coté, mais a d'un autre côté empêché de sortir de cet ordinaire à défaut d'activités extérieures.

Je pense que j'ai fait trop de concessions pour elle, pour la famille, pour une vision commune. J'aime mon épouse et mes enfants d'un amour fou. Mais j'ai eu cette impression qu'au premier questionnement, tout cela est devenu presque accessoire. Je sais qu'elle m'aime, je sais qu'on passe des moments merveilleux ensemble, et en famille, même si elle est très stricte. Mais il y a ce "sujet" qui reste en suspens et qui me ronge.

Ma psychologue a fini par me dire qu'à ce stade, à part une thérapie de couple, elle ne savait plus rien faire d'autre. Mais qu'en l'absence de thérapie, à part essayer de s’accommoder de ce qu'on ne sait pas changer, ou si je me sentais de vivre quelque chose de similaire, il n'y a pas vraiment d'autres solutions, tout en me disant qu'elle ne me sentait pas du tout dans l'état d'esprit de m'en accommoder, ni envisageant de me séparer. Avec bien sur la question du choix de que faire par rapport à ce changement de règles. Or, la thérapie me fait peur, je lui ai déjà proposé, elle était d'accord. Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure solution non plus. J'ai eu une seule fois une thérapie avec un membre toxique de ma famille, et cela s'était très mal passé. En fait, le dialogue n'est pas rompu, c'est juste que nous avons deux visions différentes des choses, et je ne pense pas que remuer tout cela en présence de quelqu'un fera avancer quoi que ce soit. Au pire, cela créera des tensions.

A écrire tout cela, j'ai vraiment l'impression d'être passé de la personne sachant ce qu'elle veut, au type complètement paumé, désabusé. Je commence à force à éprouver un manque par rapport à ma vie de couple (je pense que la rareté de notre vie sexuelle n'aide pas non plus). Pourtant, on passe beaucoup de temps ensemble, on est fort liés.

D'un point de vue psychologique, je crois aussi que dans mon enfance, j'ai toujours été celui qui passait après les autres. C'est encore le cas dans ma famille. J'avais la certitude que ce n'était pas le cas à ses yeux. Maintenant j'en doute. Et cela me rend juste triste, et l'envie de m'isoler seul sur une île déserte, avec une guitare, des romans, et mon esprit rêveur. Mais j'aime trop mes enfants, j'aime trop mon épouse, je sais que je suis important aux yeux de mes amis, de mes proches. Et je lutte, pour ne pas juste me renfermer sur moi même.

Autre chose, j'ai lu sur le forum une femme disant qu'elle s'était révélée polyamoureuse au moment d'arrêter la pilule, ce qui est également le cas de mon épouse. Je commence à me demander si ce n'est pas également en lien (son tempérament a changé depuis l'arrêt de la pilule, décision dans laquelle je l'ai soutenue)

Enfin voila, je me rends bien compte que ce que je vis c'est un changement des règles non consenti. Qu'elle justifie cela par le fait que c'est "ce qu'elle est", comme si elle avait fait un coming out. Pour elle, ce n'est pas un choix, mais qui elle est. Quand je lui ai dit que j'aurais voulu le savoir avant qu'on se marie, elle me dit qu'elle n'en savait rien. Qu'elle l'apprend elle même (notamment avec la lecture des livres de Simpère). Elle m'a dit aussi qu'elle s'en voulait que ce soit elle qui me fasse tant souffrir, alors que justement, elle s'était toujours dit qu'elle ferait tout pour me protéger pour que les autres ne me fassent pas souffrir (ce qui n'est pas totalement vrai, vu qu'elle s'est désintéressée de mes gros problèmes familiaux que j'ai dû subir (un problème ne vient jamais seul)).

Je finis par me dire que tout est de ma faute, que ça me fatigue, avec des moments ou j'ai vraiment envie de tout plaquer, tant en sachant que je ne le ferai jamais...

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Olga Sama (invité)

le mardi 06 avril 2021 à 12h11

Bonjour E-Z,

Pour les lectures, je n'ai pas été convaincue du tout moi non plus par la lecture de Françoise Simpère, qui me semble en effet assez individualiste et, justement, qui manque d'honnêteté. Si tu lis l'anglais, je te recommande très vivement et très chaleureusement "More Than Two", qui a été une révélation pour moi. On y insiste beaucoup plus sur la bienveillance envers l'autre (et envers soi-même !) et sur l'honnêteté justement. Ce livre m'a fait énormément de bien.

Pour ce qui est de l'arrivée des enfants : je rejoins ce qui a déjà été dit. Je n'ai qu'un enfant pour ma part, et je l'aime plus que tout, mais il faut bien dire que son arrivée a fait exploser tout ce en quoi je croyais, et pas pour le meilleur. Je ne me suis plus sentie femme, après sa naissance, tout simplement. Alors bien sûr, je ne sais pas si c'est aussi ce que ressent ta femme, mais clairement, ça m'a beaucoup poussée sur le chemin du polyamour pour ma part : l'envie de séduire à nouveau, de me sentir encore belle, etc... Sans forcément "tromper" mon conjoint. La maternité est effectivement quelque chose de très délicat pour certaines femmes.

Je rejoins ce qui a été dit également sur le secret autour de vos amoureux-ses potentiel-les : que tu ne lui demandes pas les détails (où, quand, comment, avec qui, dans quelle position, et qu'est-ce qu'il t'a dit, qu'as-tu répondu...) c'est normal, ça en effet, c'est son intimité. Mais que vous ne soyez pas tout à fait au clair sur le fait qu'il y ait, ou pas, quelqu'un d'autre, ça me semble en effet assez discutable. Pour ma part, je considérerais ça plutôt comme du libertinage que du polyamour.
Cela dit, le polyamour est tellement peu conforme à la norme sociale dominante qu'il faut vraiment du temps pour s'adapter, je pense. Ta femme n'est peut-être pas encore tout à fait au clair elle-même avec ce qu'elle veut. Peut-être que le polyamour ne la tente en fait pas plus que ça, mais qu'elle a besoin d'une échappatoire à votre vie conjugale et familiale - ce que je comprends pour le vivre moi-même - auquel cas il n'y a pas grand chose à faire de ton côté, à part la quitter si c'est trop dur pour toi, ou attendre patiemment qu'elle ait fait son chemin... elle-même. Tu peux cela dit en parler avec elle sur un plan "philosophique", ça peut lui faire du bien de savoir que tu t'intéresses à ses états d'âme sans forcément vouloir la forcer à t'ouvrir un pan de son intimité qu'elle souhaite garder pour elle (ses fantasmes ou autres...)

Enfin, bon courage. Souffrir pendant aussi longtemps doit être difficilement supportable. J'espère que vous trouverez un juste milieu qui vous conviendra à tous les deux !

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bonheur

le mardi 06 avril 2021 à 13h24

La maternité est aussi une idée reçue qu'elle est obligatoirement heureuse. Comme le fait d'être mère d'ailleurs. Il faut cesser de laisser croire que ça rend par nature heureuse une femme. Tant que l'enfant est petit et qu'il est dépendant, évidemment on n'a pas le choix. Lorsque l'enfant est en âge de l'autonomie, on peut aisément couper le cordon et c'est ce que j'ai fait avec mon ainé avec lequel je suis incompatible. Il m'est toxique. Ca m'agace à chaque fois que l'on me plaint, que c'est dommage, qu'un jour ça ira mieux... Les personnes qui me disent cela indiquent un stéréotype. Pour comprendre, il suffit de se dire : et si ce n'était pas son fils, que lui dirais-je ? Qu'il faut pour sa stabilité, son bonheur, rompre ce lien toxique ? Il faut vraiment cesser de véhiculer ce type d'idées reçues.

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E-Z

le mardi 06 avril 2021 à 14h53

@OlgaSama Merci pour la recommandation. J'avoue qu'avoir eu Simpère comme porte d'entrée au Polyamour, moi qui ne connaissais à peu près rien sur le sujet, a entrainé un peu de révolte de ma part. Non pas sur le polyamour, mais sur la présentation qu'elle en donne. A savoir, un individualisme à outrance, que j'ai vraiment ressenti comme un complet égoïsme.

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E-Z

le mardi 06 avril 2021 à 14h53

Heureusement que la communauté polyamoureuse sur internet est majoritairement empathique, respectueuse, et compréhensive, même face aux personnes présentant un peu d'hostilité, ou mono. C'est pour cela que j'ai préféré ne pas lire d'autres ouvrages, si c'était pour me retrouver avec un ou une autre Simpère qui s'autoproclame presque comme étant la prêtresse du polyamour, non merci. Le vécu des gens sur les forums est ce qui m'a permis de mieux vivre la situation. (Par contre, ce n'est que depuis quelques semaines que j'ose seulement m'exprimer sur les forums, tant c'était dur).

Pour ce qui est de la maternité, le fait de se sentir femme, c'est vrai que c'est dur pour les nouvelles mères, et les conjoints sont forts démunis. J'ai essayé d'être présent au maximum possible, de faire tout ce que je pouvais, et à un moment, j'ai eu l'impression de n'être plus que "le papa". On devient parent, et c'est dur d'exister individuellement face à leurs besoins et leurs sollicitations constantes.

Merci pour vos encouragements. Je vais essayer de lire sur le sujet, et je vais essayer de lui parler. Non pas des règles, non pas de ce qu'on peut faire (je lui en ai déjà parlé plein de fois, mais c'est non négociable), mais de ce que je ressens, de ce que je vis. J'ai toujours eu tendance à vivre mes souffrances en silence (merci mon enfance...), et je sais qu'à la fois cela l'arrange, mais qu'au fond d'elle, elle est aussi désemparée par mon désespoir...

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bonheur

le mardi 06 avril 2021 à 15h45

Pour info, j'ai lu nombres de livres sur le polyamour. Ils sont écrits par des polyamoureux, souvent. Celui dans lequel je me suis le plus reconnue est celui d'Yves-Alexandre Thalmann "vertus du polyamour". Je l'ai associé, parce que l'image d'un couple "classique" de base était mon cas à deux autres ouvrages non destinés au polyamour et qui complètent ce premier livre. Ce sont "les 10 plus gros mensonges sur l'amour et la vie de couple" ainsi que "garder intact le plaisir d'être ensemble - prévenir le désamour".

Ensuite, il existe d'autres ouvrages comme "compersion" d'Hypatia From Space et/ou "osez... le polyamour" d'Eve de Candaulie.

Le polyamour mène logiquement à remettre en question nombre de stéréotypes, voir tous les stéréotypes. L'individualisme vient de la recherche de soi. Elle est indispensable et peut se faire sans exclure ou s'isoler à tout prix. J'avoue que la notion d'avoir sa garçonnière de Françoise Simpère m'a fait tiquer. Si tu veux vivre seul, fais le. Le vivre ensemble à temps partiel me laisse interrogative sur le vivre ensemble lui-même. En revanche, savoir vivre pour soi, avec et sans l'autre (ou les autres), là oui.

Le polyamour est pour moi intrinsèquement lié au développement personnel. Je ne conçois pas l'un sans l'autre. Attention, je répète, c'est ma vision et non une généralité qui sert de cause commune. Je me reconnais pas souvent dans les descriptifs des polyamoureux. D'un côté je désire vivre au plus près de tout ce qui me rend heureuse et pour ce faire j'ai déconstruit et envoyé bouler énormément. D'un autre côté j'ai conservé, à ma façon, ma vie de couple et le vivre ensemble. Donc oui, j'accepte une individualité et je me suis désolée que celle-ci ai été perçue déjà comme de l'égoïsme (tant pis). Le fait est que l'harmonie et l'équilibre dépend plus de soi que d'autrui.

Par exemple, pour toi @E-Z, tu sais désormais les souhaits de ta compagne (qui n'est pas du polyamour). Au-delà d'elle, tu te cherches et elle est là, la finalité importante. Tu penses avoir trouvé quelque chose d'important à tes yeux, et bien étudie-le, mais pour toi et seulement pour toi. Elle sort des normes et finalement tu y penses aussi. Continue à penser !

Avec ou sans l'autre parent, tu es un père. Dissocie ce rôle de celui de compagnon amoureux.

Serge Chaumier a écrit deux ouvrages sur ce thème (c'est un sociologue, donc autre angle de vue) "l'amour fissionnel - le nouvel art d'aimer" et "la déliaison amoureuse". Ouvrages hyper intéressants.

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Intermittent

le mardi 06 avril 2021 à 23h06

La réponse est probablement sous tes yeux, dans ce que tu écris :

Ma psychologue a fini par me dire qu'à ce stade, à part une thérapie de couple, elle ne savait plus rien faire d'autre. Mais qu'en l'absence de thérapie, à part essayer de s’accommoder de ce qu'on ne sait pas changer, ou si je me sentais de vivre quelque chose de similaire, il n'y a pas vraiment d'autres solutions, tout en me disant qu'elle ne me sentait pas du tout dans l'état d'esprit de m'en accommoder, ni envisageant de me séparer. Avec bien sur la question du choix de que faire par rapport à ce changement de règles.

.../...

j'ai vraiment l'impression d'être passé de la personne sachant ce qu'elle veut, au type complètement paumé, désabusé. Je commence à force à éprouver un manque par rapport à ma vie de couple (je pense que la rareté de notre vie sexuelle n'aide pas non plus). Pourtant, on passe beaucoup de temps ensemble, on est fort liés.

Quand on a éliminé toutes les hypothèses, la vérité se niche probablement dans les choix qui restent.

Tu ne peux pas accepter, tu ne veux pas te séparer. Tu es paumé, et ta vie de couple ne satisfait plus, sans compter que ton avis n'a pas été sollicité pour ce changement de paradigme.

Il ne te reste plus comme solution que combler ces manques à l'extérieur de ton couple. Ca tombe bien, ta femme se dit "polyamoureuse" dont tu as normalement toute latitude pour essayer de trouver ton "bonheur complémentaire" ailleurs.

Si cette démarche est effective, il est possible que tu retrouves de l'attractivité dans le regard de ta femme (encore faut-il qu'elle sente que c'est une démarche non feinte de ta part).

C'est à mon avis ce que tu dois travailler avec ta psy.

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