Ouverture débutante d'une relation monogame
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Ame-lune
le dimanche 04 janvier 2026 à 10h16
Bonjour à tous,
Après plusieurs mois de lecture sur ce forum, je me lance enfin activement pour demander vos retours et conseils.
J’ai 35 ans et je suis mariée depuis une dizaine d’années, dans une relation monogame stable et très fusionnelle. Nous partageons des projets, une grande complicité, et beaucoup d’affection. Le point fragile de notre couple a toujours été la sexualité, surtout de mon côté.
J’ai une histoire personnelle marquée par des expériences abusives, ce qui, je pense, a rendu ma sexualité complexe. Je ne suis ni asexuelle ni sans désir, mais pour moi le désir sexuel n’existe réellement que lorsqu’il y a des sentiments, une connexion émotionnelle, et quelques “papillons dans le ventre”. Après les premières années de relation, lorsque cette phase passionnelle s’est estompée, mon désir pour mon mari a quasiment disparu. Les rapports sont alors devenus contraints, vécus par devoir plus que par envie. Une anorgasmie présente depuis toujours a aussi pesé, même si ce point s’est partiellement débloqué avec le temps et les explorations à deux.
Il y a environ un an, à la suite d’un burn-out et d’un travail personnel important, j’ai connu une sorte de réveil vital. J’ai changé mon hygiène de vie, repris le sport, arrêté les hormones, relancé des projets personnels… et dans ce contexte, un désir très fort est réapparu. D’abord sous forme d’attirance sexuelle pour les femmes, que j’ai ressenti comme un besoin d’exploration. Plus tard, j’ai dû reconnaître que cette excitation concernait aussi les hommes, pas uniquement les femmes, mais je n’avais aucune attirance pour une personne réelle.
En parler avec mon mari a été difficile. Il a beaucoup cheminé depuis, mais la non-monogamie réveille chez lui une forte jalousie et des peurs d’abandon. Il a connu une ouverture non consentie dans son ancien couple, ainsi que plusieurs trahisons. Nous avons traversé des phases de tension, d'essais de compromis mal ajustés et parfois blessants pour l'un ou l'autre, sans passages à l'acte cependant. Nous avons aussi consulté une thérapeute spécialisée dans les relations non-monogames, ce qui nous a énormément aidés à améliorer notre communication et à sortir des rapports de force.
Ce travail a permis une vraie reconstruction intime entre nous sans que l’ouverture ne se concrétise. Aujourd’hui, notre proximité physique et affective est bien meilleure qu’elle ne l’a été depuis des années. Je retrouve du plaisir à être proche de lui, à le désirer, à lui donner de la tendresse, et cela compte beaucoup pour lui, qui a longtemps souffert de ce manque. Nous sommes clairement amoureux l’un de l’autre et ne souhaitons pas nous séparer.
Malgré cela, mes désirs d’exploration en dehors du couple reviennent régulièrement. Pas uniquement sexuels, mais aussi émotionnels. De mon côté, je ressens le besoin de vivre une relation “satellite” avec une intimité partagée et des sentiments légers (amant-ami). Mon mari, qui au départ était parfaitement comblé avec moi depuis la réparation de l'intimité, s'autorise aussi des désirs et se projette plutôt dans des expériences à dominante sexuelle, éventuellement avec une relation suivie mais moins émotionnelle. Nous sommes conscients de cette asymétrie, et de mon besoin de sentiment/connexion émotionnelle pour désirer quelqu’un (demisexualité ?).
Nous avons décidé de ne pas ignorer ces envies ni de les vivre en cachette. Nous préférons tenter une ouverture réfléchie, accompagnée, plutôt que risquer l’adultère ou de souffrir de frustrations. Nous avons déjà posé quelques bases : priorité claire au couple socle, pas de rencontres dans notre domicile, pas d’échanges avec d’autres partenaires pendant nos temps de couple, mais communication honnête sur les aspects pratiques (sans entrer dans les détails intimes), transparence totale sur notre situation avec nos potentielles conquêtes, ainsi que sur nos limites avec elles.
Ce qui nous effraie le plus reste la question de la fameuse NRE et la peur d’être délaissé au profit d’un·e autre, d’autant plus que notre relation est très fusionnelle et marquée par une certaine dépendance émotionnelle mutuelle. Nous travaillons chacun à renforcer notre individualité et notre sécurité intérieure.
Nous avons du mal à nommer précisément notre démarche : couple libre, polyamour hiérarchique, ouverture progressive… Rien ne nous semble parfaitement juste pour l’instant.
Je serais très preneuse de vos retours d’expérience, conseils ou mises en garde, notamment sur :
1. La gestion de la ‘NRE’ quand le couple de base est très fusionnel, et quand on sait que si on mène chacun une recherche de nouvelle relation (ce que nous devrons faire activement via des sites de rencontre), en tant que femme je serai beaucoup plus plébiscitée que lui à priori…
La NRE est par définition incontrôlable, mais avons-nous un certain contrôle sur son envahissement ? L’auto-discipline et l’amour du couple socle suffit-il ?
2. L’ouverture avec des besoins émotionnels un peu différents
3. Vos expériences et connaissance éventuelle des erreurs fréquentes à éviter dans ce type de configuration
Merci à celles et ceux qui prendront le temps de lire et de répondre !
NB : mon mari est aussi sur ce site, en lecteur inactif. Nous sommes en transparence complète. Il lira probablement les échanges futurs.
Message modifié par son auteur il y a 4 jours.
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Perdu63
le dimanche 04 janvier 2026 à 13h25
Déjà je trouve que vous avez l'air d'avoir beaucoup échangé, d'avoir pris le temps de mûrir cette décision, et d'aller de l'avant sans vous refuser vos envies respectives, et ça c'est beau, bravo.
Mon cas est différent, et je ne pense pas être de bons conseils. Je ne suis pas spécialement pour les sites de rencontres, sans doute parce que je n'y connais rien, et/ou que j'ai peur de tomber sur des gens que je connais, et je militerais plus pour faire des rencontres dans la vrai vie.
Tous les jours on croise des gens dans la rue et sans s'en rendre compte ça peut-être le début d'une nouvelle histoire. Essayez peut-être de vous organiser des sorties chacun de votre côté, quitte à être avec d'autres amis dans un premier temps ?
Je ne sais pas s'il faut vraiment "chercher" à rencontrer quelqu'un d'autre. Mais je n'ai pas une grande expérience dans ce domaine cela dit.
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Ame-lune
le dimanche 04 janvier 2026 à 16h29
Merci. J'ai lu ton histoire et mon mari aussi (pseudo: Sepharis). Nous avons effectivement la 'chance' de pouvoir discuter de cette ouverture sans brusquer les choses, hors contexte aigu.
Je te rejoins pour les applications, nous détestons cela. Je n'ai jamais testé mais mon mari bien, avant de me connaitre, et ce n'était pas une expérience plaisante. Je n'ai rencontré que dans le réel et j'apprécie la spontanéité des échanges non calculés!
Nous vivons loin de grandes villes. Nos métiers sont sociaux, et nous sommes relativement connus dans notre région. Etant donné que nous travaillons dans la même structure, nous avons établi une règle qui est de ne pas relationner romantiquement ou sexuellement dans le milieu professionnel par respect pour l'autre. Nous sommes conditionnés par la crainte du jugement des collègues et craignons l'humiliation potentielle qu'on pourrait ressentir, tout comme l'exacerbation de la jalousie si l'on venait à croiser/travailler avec une conquête. Autant limiter les émotions négatives le plus possible au départ. D'où le replis sur les applications, et d'éventuelles soirées dans une grande ville accessible.
Tu as toute ma compassion pour les épreuves que tu traverses, je pense que la communication non violente peu aider afin d'éviter que vous ne vous braquiez l'un contre l'autre (parler de ses besoins, évoquer son ressenti, sans vouloir deviner ou forcément tout comprendre des motivations de l'autre). Evoque tes propres limites et demande à ce qu'elles soient respectées. Je ne suis ni thérapeute, ni expérimentée dans ce domaine, mais un ralentissement semblerait bénéfique, si ton épouse est encline à le comprendre. Mais si tu vas vers elle en parlant de tes besoins et de ta détresse et qu'elle ne freine pas pour ton bien, je resterais vigilante.
Je plussoie pour la thérapie, un pro spécialisé dans le domaine est, je trouve, une aide précieuse.
Message modifié par son auteur il y a 4 jours.
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Perdu63
le dimanche 04 janvier 2026 à 17h07
Oui pour le coup ma femme et son nouveau chéri travaillent aussi dans la même structure, et ne disent rien par peur des réactions des autres. On a également décidé de ne pas en parler à notre famille car ils le prendraient très mal.
Et évidemment pas un mot aux enfants...ce qui est encore plus dur à vivre quand on sait que le nouveau chéri de ma femme est appelé Tonton par ces dernières (car on le connais très bien on a même passé le réveillon ensemble).
On progresse en tout cas, depuis peu, certes, mais on progresse. Il faut laisser le temps faire les choses.
Personnellement je vis à côté d'une grande ville, mais je n'ai pas trouvé de groupe qui en parle dans la mienne, que je pourrais rencontrer dans la vrai vie.
En tout cas bon courage à toi aussi pour t'épanouir dans ta(tes) relations futures !
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Topper
le dimanche 04 janvier 2026 à 20h02
Bonjour @Ame-lune,
Déjà, vous semblez placer de bonnes bases pour ouvrir votre couple à l'exploration des relations multiples : vous analysez vos ressentis, vous réfléchissez à vos envies, vous communiquez et prenez votre temps.
Ame-lune
Je serais très preneuse de vos retours d’expérience, conseils ou mises en garde, notamment sur :
1. La gestion de la ‘NRE’ quand le couple de base est très fusionnel, et quand on sait que si on mène chacun une recherche de nouvelle relation (ce que nous devrons faire activement via des sites de rencontre), en tant que femme je serai beaucoup plus plébiscitée que lui à priori…
La NRE est par définition incontrôlable, mais avons-nous un certain contrôle sur son envahissement ? L’auto-discipline et l’amour du couple socle suffit-il ?
La NRE n'est pas incontrôlable. C'est un état émotionnel qui résulte de bouleversements chimiques dans le cerveau : euphorie, enthousiasme, énergie, plénitude, sérénité, attachement.
Ce n'est pas propre aux relations polyamoureuses. Les monogames expérimentent ça lors d'une nouvelle relation. Toutefois ce n'est pas un sujet, alors que ça en est un dans les relations polyamoureuses. Mal gérée, la NRE peut créer des bouleversements provoquant de sérieux dommages dans les relations préexistantes.
Là où c'est problématique c'est lorsqu'une personne est en pleine NRE et n'en a pas conscience. Comme elle ne sait pas que son état altère sa perception de la réalité, elle peut chercher à favoriser les situations qui lui provoquent du plaisir et alimentent la NRE.
Par exemple, ça va être la personne qui devient particulièrement égoïste, veut voir de plus en plus un nouveau partenaire à une fréquence totalement déraisonnable, elle va se détourner de sa vie conjugale et/ou familiale, ne supporte pas les critiques ou alertes qui pourraient entraver cette recherche de plaisir, perd patience quant aux souffrances d'autres partenaires, fuit les conflits. Il peut y avoir d'autres conséquences comme le manque de sommeil, perte d'appétit, difficultés à se concentrer dans le travail ou d'autres tâches de la vie quotidienne.
Cela passe par une idéalisation de la nouvelle relation car elle provoque beaucoup de bien. Elle fait voir ce qu'on a envie de voir et cache ce qu'on n'a pas envie de voir comme des comportements problématiques ou toxiques. Cela peut faire en sorte qu'on se projette exagérément dans une relation car on a le sentiment de très bien connaitre la nouvelle personne alors que ce n'est pas le cas.
En d'autres termes, ça peut faire prendre des choix complètement pourris alors qu'on baigne dans une réalité alternative.
Sachant ça, il n'est pas si compliqué de faire la part des choses entre ce qu'on ressent et la réalité. Ainsi, rien n'empêche de profiter de ce qui est agréable dans la NRE sans se laisser entrainer négativement. Enfin, être toujours à l'écoute des alertes de son ou ses partenaires historiques.
Ame-lune
2. L’ouverture avec des besoins émotionnels un peu différents
La non-exclusivité est sexuelle et émotionnelle. A partir de là, chacun va trouver dans d'autres relations des choses qui lui plaisent. Il n'est pas nécessaire que les deux membres d'un couple aient des relations similaires.
Par rapport à ça, il faut avoir conscience que selon les types de relations, cela peut demander des choses différentes. Par exemple, quelqu'un qui a une relation amoureuse très prenante va avoir des envies particulières comme des séjours plus long. Quelqu'un qui multiplie les relations légères aura peut être plus besoin de faire des rencontres et de temps de discussion pour se faire de nouvelles connexions.
Vous ne pouvez pas prévoir en avance ce que sera une rencontre. On rencontre une personne et on ne peut pas calquer une envie dessus. On peut s'accorder sur le fait que ce sera un plan-cul et ça donne une relation amoureuse très intense.
Notez que vos situations ne seront jamais équilibrées. C'est quelque chose que vous devrez accepter, en particulier pour ton conjoint qui aura bien plus de difficultés à faire des rencontres.
Ame-lune
3. Vos expériences et connaissance éventuelle des erreurs fréquentes à éviter dans ce type de configuration
Ayez conscience que vos règles sont faites à un moment précis avec le vous d'aujourd'hui. C'est à dire avec vos connaissances actuelles, vos insécurités et le contexte relationnel dans lequel vous vous trouvez.
Vous allez évoluer très rapidement et ce que vous pensez aujourd'hui et les règles que vous avez dictées vous paraitront complètement caduque.
Soyez donc souples et ayez conscience que la plupart de vos règles vont sauter ou changer.
Selon le rythme de chacun, cela pourrait être toujours la même personne qui va vouloir supprimer des règles tandis que l'autre sera en résistance. Il va falloir faire preuve à ce moment là de compréhension des deux côtés, sur l'envie de l'une à vouloir plus de liberté, et l'autre à vouloir ralentir au maximum les changements.
Les règles est quelque chose de très casse-gueule car chacun peut y mettre une symbolique particulière. Lorsqu'une règle est dictée elle répond aussi à des besoins et/ou des insécurités profondes. Une règle implique aussi une attention particulière à ce qu'elle soit respectée. Cela peut amener à des comportements de contrôle sur l'autre malsains.
Lorsqu'il n'y a pas de règles, il n'y a pas de risque de les enfreindre et donc pas de problèmes. Je ne dis pas de n'avoir aucune règle pour autant, mais gardez ça en tête. Car à l'inverse, multiplier les règles augmentera les frustrations tôt ou tard, les difficultés et les causes potentielles de trahison et de rupture de confiance.
Choisissez donc bien vos règles, demandez-vous pourquoi vous les dictez (cela vous protège de quoi ?), formulez-les correctement et de manière précise afin qu'elles soient parfaitement comprises, évitez les règles trop complexes ou soumises à interprétation.
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MPB
le dimanche 04 janvier 2026 à 20h09
Hello @Ame-lune (et le mari d' @Ame-lune !)
J'ai très envie de répondre à ce message, car cette configuration fut quasiment la mienne il y a environ 4/5 ans. Si ce n'est que j'ai aujourd'hui 35 ans (bientôt 36), mariée depuis 9 ans, ensemble depuis 13, mais nous n'avons par contre jamais été dans la fusion (alors que je peux clairement tomber là-dedans, mais j'y reviendrai). Ah, et nous sommes lesbiennes aussi. Bon, je n'ai pas dit que tout était pareil 😂
Là où je nous retrouve un peu, c'est que je me considère comme demi-sexuelle, et ce n'est pas le cas de ma femme qui clairement au départ envisageait plutôt un couple libre, sans notion de polyamour.
Donc à l'époque, couple monogame, exclusif. Honnêtement je ne vais pas revenir sur toute notre histoire, cela serait bien long (cela, si vous êtes curieux.se, c'est ici /discussion/-cKa-/Un-enieme-temoignage-aka-j-aime-... ) mais chacune de nous a fait une rencontre charnière nous ouvrant finalement au polya : ma femme relationne toujours avec cette personne aujourd'hui, cela va faire 4 ans bientôt. Je crois que ce qui nous a beaucoup aidée, c'est d'être toutes les deux dans la même configuration de nouvelle rencontre et de volonté de prendre soin du couple socle par beaucoup de règles, qui ont petit à petit pu être supprimées car obsolètes (ex : ne pas dire "je t'aime à une autre personne" ou "ne pas inviter une autre personne à la maison").
Ai-je correctement géré ma NRE ? Absolument pas. Ça a été catastrophique (d'autant que la relation était toxique, l'autre personne ne respectant pas du tout mes limites ni celle de mon couple socle).
Donc, mon premier conseil : ne relationner qu'avec des gens qui cherchent réellement du polyamour et/ou des relations ouvertes. Surtout, surtout pour une première expérience.
En ce qui concerne le fait de ne parler avec personne d'autre dans l'espace du couple socle... disons que cela dépend de ce que vous entendez par là : jamais d'échange en présence de l'autre ? En habitant ensemble, cela risque vite d'être compliqué, même si évidemment l'idée n'est pas de passer la soirée à regarder l'autre flirter sur des sites de rencontre, on est bien d'accord. Mais...disons que l'équilibre peut être difficile à trouver, d'autant plus en respectant les personnes tierces, qui ne doivent pas avoir l'impression d'être là juste pour combler le vide ("je peux te parler 10 minutes sur ma pause au boulot").
Pardon, je m'égare : actuellement j'ai beaucoup de mal à être focus et à intervenir ici, justement parce que j'ai l'impression de ne pas être aussi pertinente que ce que j'aimerais. Mais c'est important que tout le monde puisse trouver sa place, notamment quand des sentiments s'invitent.
Autre conseil : rencontrer les métamours (les amoureux.se.s de l'autre) peut vraiment aider à dédramatiser les choses, voire à créer toustes ensemble un climat sécuritaire pour tout le monde ! Aujourd'hui j'ai une relation très chouette avec l'amoureuse de ma femme, et j'ai également rencontré une autre de ses relations avec laquelle j'ai pu tisser de vrais liens quasi amicaux, du moins respectueux et confiants.
Et aussi, même si c'est parfois très dur : identifier ses propres attentes et ses propres limites, tout en admettant qu'entre êtres humains nous n'avons pas les mêmes. Aussi, il est vain je pense de chercher une égalité parfaite, mais plutôt une équité. Je m'explique : si ça ne dérange pas me femme que j'écrive des messages à une autre personnes à côté d'elle, elle va me laisser faire, mais si de mon côté ça me dérange, eh bien elle évitera. Évidemment, l'idée c'est de trouver quand même l'équilibre : par exemple, peut-être que pour moi c'est ok que son amoureuse vienne dormir ici, alors que pour elle ce n'est pas possible actuellement, auquel cas j'attendrai tout en sachant qu'elle travaille dessus (ce sont des exemples fictifs).
Oh, aussi, tout le monde n'a pas cette possibilité là, mais le fait d'avoir chacune notre chambre a changé notre vie (et même moi, en dehors du polyamour, j'adore avoir mon espace !)
Bon, pour une première j'arrête là, mais si vous avez des questions j'y répondrai bien sûr.
Ah et bravo aussi pour votre communication en amont, et pour la thérapie : ça sent les bases saines 😁
Message modifié par son auteur il y a 3 jours.
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MPB
le dimanche 04 janvier 2026 à 20h10
Ah, je me rends compte que du coup j'ai oublié cette histoire de fusion : une prochaine fois !
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Caellan
le lundi 05 janvier 2026 à 00h27
Bonjour,
@Topper a déjà pas mal répondu à vos questions, notamment sur la NRE, donc je ne vais pas faire de redite.
Pour ma part, je voulais surtout répondre à l'échange avec @Perdu63 au sujet des applications.
Je comprends que vous préfériez les rencontres dans la vraie vie. Pour autant, vous êtes dans une configuration particulière : la non-monogamie. La probabilité de rencontrer une personne dans la vraie vie avec qui on a des affinités, que ces affinités soient réciproques, qu'elles mènent à une relation amoureuse et/ou sexuelle et qu'en plus cette personne soit non monogame est assez faible. Cela arrive. Mon conjoint a rencontré son amoureuse comme ça. Mais c'est quand même rare. Donc il me semble qu'il est difficile quand on est dans une configuration non monogame d'éviter totalement les applications. On risque de rencontrer une personne pour qui l'exclusivité sera indispensable et alors d'aller au devant de difficultés importantes.
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Ame-lune
le lundi 05 janvier 2026 à 07h23
Déjà, un immense merci pour vos réponses fournies.
Elles nous apportent beaucoup d'éclaircissements des zones d'ombre, et du réconfort/apaisement.
Topper
Je me sens rassurée par tes propos sur la NRE. C'est ce qui nous angoisse le plus et c'est parfaitement humain. La peur d'être délaissé, de perdre notre investissement dans les activités communes, etc. Savoir qu'il est possible grâce à la volonté de mettre des barrières à l'envahissement de la NRE si nous en sommes conscients est rassurant. Nous avons tous deux très peu connu ce cocktail chimique en dehors du début de notre relation mono.
Message bien reçu concernant les règles. Une chose que nous ne ferons jamais : 'obligation de rentrer avant minuit', par exemple. Quel stress énorme pour lui et moi! Et si l'heure est dépassée, c'est la part belle aux interprétations et aux dérives de projection cérébrale que j'appelle le 'film d'horreur du scénario catastrophe' qui tourne en boucle : elle est bien plus belle, désirable, intelligente; je suis nulle, il va partir...
MBP
Merci pour ton témoignage! je rebondis sur le fait de ne relationner qu'avec des personnes libres ou poly. Cela me parait essentiel. C'est l'une de nos premières règles, pour éviter tout débordement du cadre. Mon mari a parfois été abusé par sa position de sauveur dans les relations romantiques: dévotion, difficultés à dire non,... Alors si les sentiments s'en mêlent, je peux aisément imaginer qu'une femme souhaite me supplanter. Et je doute parfois de sa capacité à dire stop. J'ai lu beaucoup de récits ici qui vont dans ce sens, malheureusement... Ce n'est déjà pas simple de respecter un cadre quand la NRE est là, mais si la personne avec laquelle on relationne nous pousse à franchir les limites, je n'ose imaginer. Cela pourrait arriver avec n'importe qui, mais il me semble clair que si on débute avec des personnes habituées et expérimentées avec la non-monogamie sentimentale, elles respecteront ce choix ou partiront si elles ne sont pas/plus satisfaites.
Je ne suis pas contre une souplesse du cadre avec le temps, mais cela devra rester progressif et dans le respect de tous.
J'ai aussi dit à mon mari d'être prudent avec la recherche de relations purement sexuelles. On serait tenté de se dire: je peux avec des monogames célibataires qui cherchent des plans. Mais comme ses barrières mentales sont abaissées (inconsciemment, il est ouvert à plus, même si il se dit que cette fois ce n'est que du sexe), je crains que la personne en face ne prenne cela pour une ouverture et s'y engouffre. Donc même pour les 'plans', je préfère que cela soit en milieu libertin/libre/poly si c'est souhaité.
Je vais aller lire ton histoire, je suis curieuse ---> Add: c'est fait! Je comprends mieux les allusions à la relation toxique, et c'est effectivement ma hantise, que lui ou moins tombe dans ce piège.
Si tu repasses par ici, je suis intéressée par l'histoire de fusion, sans urgence ;)
Caellan
Oui, cela rejoint mes propos en réponse à MBP. Difficile en réel, et surtout risque que cette personne ne soit pas du tout dans le même schéma, donc grande incompréhension et travail d'acceptation à faire à mon sens... qui semble hautement risqué si l'euphorie des sentiments débutants est présente!
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Une autre question me vient, elle concerne la gestion de la jalousie. Mon mari est plus enclin à ressentir ce sentiment vis-à-vis de mon ouverture. Cela vient parfois en bouffées d'angoisse. Nous travaillons sur les générateurs, notamment en thérapie, mais cela reste difficile. Avez-vous des conseils? Je le pousse à vivre un peu plus pour lui, à s'individualiser, car je pense qu'il est assez dépendant émotionnellement de moi (je le suis un peu aussi, mais moins je crois).
Nous avons discuté avec un poly de longue date, il propose de s'ancrer dans le présent, de faire de la pleine conscience, de réaliser qu'il s'agit de projections cérébrales 'catastrophes' et qu'il faut revenir au réel. Mais, concrètement, que faisiez-vous au début, lorsque vous avez été confrontés à ces premières étapes cruciales, pour mieux les vivre? Premiers verres, et, surtout, première intimité physique, car à priori nous souhaitons tous deux vivre cela avec d'autres personnes, mais c'est clairement ce qui 'blesse' le plus...
Sommes-nous réellement moins sensibles avec le temps? j'ai personnellement l'impression que si tout se passe bien entre lui et sa relation, que je vois qu'il est heureux, qu'il respecte nos conditions, j'en viendrais à avoir un sentiment de reconnaissance envers elle, voire même à être capable de la rencontrer. Lui pas. La durée d'une potentielle relation lui fait peur. Il ne semble pas apaisé par la constance.
Message modifié par son auteur il y a 3 jours.
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MPB
le lundi 05 janvier 2026 à 10h56
Re !
Pour répondre à la question de la jalousie, pour ma part comme je le disais, ça a été aidant de vivre la même chose au même moment : lorsqu'elle était avec son autre amoureuse, je retrouvais la mienne, et j'avoue que c'était assez idéal pour que personne ne reste seule à se morfondre. Évidemment, ce n'est pas toujours possible, et même dans notre configuration nous avons parfois été confrontées à des soucis d'emploi du temps faisant que ce n'était pas toujours réalisable. Ce qui m'a toujours aidée, c'est de me mettre à la place de ma partenaire : vouloir voir l'autre, partager du toucher, de la sexualité, de la communication virtuelle, sont des choses dont j'ai envie lorsque je tisse une relation (romantique a priori, mais pas forcément ) (disons affective), donc, je comprends ce désir chez ma femme. Je ne dis pas que ça rend toujours les choses faciles, mais ça m'aide de m'attacher à cette logique-là. J'ai également besoin de solitude : aujourd'hui, lorsque ma femme est absente, je fais mes activités ou j'en profite pour voir des gens que je ne prends pas toujours le temps de retrouver ! J'aime avoir "mon temps", dont je dispose comme je l'entends.
Mais j'en arrive donc à la fusion : ma femme et moi avons très vite été une sorte de coup de coeur l'une pour l'autre, amical d'abord (croyions-nous), puis romantique. Nous avons habité ensemble très tôt (cliché lesbien oblige haha) et nous sommes donc mariées. Cependant, nous avons toujours tenu à avoir notre espace, notre temps, nos moments : même au début, elle n'était pas toujours là lorsque je sortais avec mes amies, et vice versa. Idem, j'ai fait des voyages seule pendant qu'elle restait à la maison, ce que beaucoup de gens autour de nous ne comprenaient pas, comme si cela signifiait forcément que notre relation allait mal. Je n'ai jamais trop compris le besoin de devoir toujours tout faire en couple, mais c'est aussi que ma première relation amoureuse est arrivée assez tard dans ma vie, à mes 21 ans. Avant cela, j'ai beaucoup investi mes amitiés, et j'étais attristée déjà de cette hiérarchie amoureuse, lorsque je voyais mes amies disparaître dès lors qu'elles étaient en couple, ne parlaient qu'en "nous", etc. Je me suis promis de ne jamais agir ainsi, cela a sûrement joué. Même si par ailleurs, je suis une grande romantique, et de surcroît une personne tactile. J'ai tendance à pouvoir m'attacher très rapidement, à avoir des gros coups de coeur pour des gens, et pour peu que ces personnes soient dans cette manière d'agir, nous pouvons avoir envie de nous voir très souvent, discuter pendant des heures, nous écrire, prévoir des week-end etc, même dans un cadre amical. Sauf que maintenant, avec ma vision d'aujourd'hui et mon recul, je me rends compte que c'est justement un état que je ne veux plus retrouver : je me méfie beaucoup désormais de cette forme de "passion", à laquelle je préfère un lien profond et stable qui se crée avec le temps. L'un n'empêche pas forcément l'autre, mais disons que je ne vais plus chercher l'explosion, le clinquant, pour au contraire privilégier la construction sereine de quelque chose d'apaisant et de fiable. Je pense que j'ai beaucoup cherché à combler quelque chose, et aujourd'hui je ne veux plus ça, je veux avant tout me combler moi, par moi-même, et ensuite être assez solide pour créer des relations qui me respectent et me ressemblent, sans être éblouie par le potentiel. Je me tourne maintenant vers des liens qui me laissent être qui je suis, qui me respectent, qui cheminent à côté de moi sans entraver mon propre chemin, mais au contraire en l'embellissant. Et au final, je crois que tout ce qui a commencé par de la vraie fusion ne m'a jamais vraiment permis ça.
Et pour revenir à la jalousie, savoir que ma femme s'entoure aussi de lien respectueux d'elle et de nous apaise également toute forme de jalousie que je pourrais ressentir : comme je le disais, rencontrer ces personnes m'a beaucoup aidée à me dire "oui, finalement nous aimons toutes les deux la même personne et voulons son bonheur, en même temps c'est une personne formidable donc je comprends qu'elle l'aime aussi !". Savoir que ma place n'était pas menacée m'a aidée car nous avons pu aborder ça très tôt ! Aujourd'hui, et depuis toujours d'ailleurs, ce n'est pas tant de la jalousie que je ressens, mais des insécurités, et celles-ci parlent souvent de moi, pas de ma relation et pas de ma partenaire. Alors je pense qu'un travail sur soi pour comprendre l'origine de ses insécurités est quelque chose de très très pertinent, et rejoint le fait de se donner de l'amour à soi-même, même si ça sonne très Bisounours dit comme ça !
Message modifié par son auteur il y a 3 jours.
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Aki
le lundi 05 janvier 2026 à 12h12
C'est très chouette que vous fassiez tout ce travail sur vous pour atteindre un nouvel équilibre dans votre couple.
1. Sur les sollicitations sur les sites de rencontre, en effet, ça va etre de l'ordre de 1 pour 100. Il y a des chances que ton mari se retrouve tout simplement sans personne, alors que toi tu auras un choix énorme. Est-il pret à encaisser ça ? La NRE se controle jusqu'à un certain point, oui. Mais il est plus simple de l'éviter. Si c'est ce que tu recherches, prudence.
2. Les relations ne sont pas des produits qu'on choisi. Meme si on définit exactement ce qu'on veut, il est possible que les choses débordent du cadre pré-établi (comme tomber amoureux d'un plan-cul). Ca arrive souvent aux libertins, par exemple. Vous pouvez mettre en place des gardes-fou mais sachez que ça ne marche pas à tous les coups.
3. Je vous invite à considérer, dans votre démarche d'ouverture, les rapports avec les autres personnes avec qui vous allez interagir (les "secondaires", "relations-satellite" et autres "amis-amants") avec grande prudence. Soyez bien conscient-es que la hiérarchisation (couple socle) accorde du pouvoir relationnel. C'est potentiellement le berceau de l'objectification. Ca peut amener à se servir des autres, en négligeant leurs ressentis et leurs besoins, pour satisfaire vos propres besoins et/ou "protéger" votre couple. Alors bien sur, vous pouvez trouver des gens ("licornes", "centaures" et autres créatures fantastiques) qui seront ravi-es de respecter votre contrat de couple socle. Mais soyez prudent-es : les asymétries de pouvoir font souffrir les gens (des fois). Vous pouvez lire cet article sur les privilèges de couple.
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Topper
le lundi 05 janvier 2026 à 13h07
Ame-lune
Une autre question me vient, elle concerne la gestion de la jalousie. Mon mari est plus enclin à ressentir ce sentiment vis-à-vis de mon ouverture. Cela vient parfois en bouffées d'angoisse. Nous travaillons sur les générateurs, notamment en thérapie, mais cela reste difficile. Avez-vous des conseils?
Conseils d'urgence :
- Prendre des respirations lentes et profondes. Si c'est possible, marcher, faire un tour dehors. Ou alors avoir une activité manuelle ou physique (le ménage n'a jamais été aussi bien fait que quand je devais gérer ma jalousie).
- Accepter la sensation physique désagréable, la ressentir pleinement et se détendre pour la laisser partir. Il faut le vivre comme quelque chose qui n'est que passager.
- Prévoir quelqu'un à qui se confier ou pour simplement s'occuper la tête à autre chose.
Conseils à long terme :
- Déconstruire la monogamie et la représentation du couple, notamment en ce qui concerne la propriété de l'autre. Accepter que l'autre nous appartient pas et est libre. La captivité obtenue par le contrat monogame est relative et illusoire. Même dans ce cadre, les gens peuvent tromper leur partenaire et le quitter à tout moment. C'est un très long travail. Il ne suffit pas de se dire que "la propriété c'est nul, collectivisons les moyens de production et d'amour". On intègre énormément de façons de penser et mécanismes sans le savoir lors de notre construction. Cela influe sur toutes les réactions que l'on peut avoir. Déconstruire tout ça, ça prend du temps. Et quand on pense qu'on a fait le gros du boulot, il y en a encore. Il faut savoir être patient. Petit pas, par petit pas.
- Intégrer le fait qu'une personne ne remplace pas l'autre. Chacun a sa personnalité, ses qualités, ses défauts. Même la sexualité est singulière selon la personne avec qui on la partage.
- Apprendre à vivre et à se rassurer sans l'autre, en particulier chez les personnes fusionnelles et/ou qui ont une peur de l'abandon.
- Travailler à être une meilleure personne. En prenant conscience de ses propres lacunes et en faisant en sorte de les corriger, on améliore la confiance en soi. On réalise que l'on a de la valeur et que l'on mérite d'être aimé. Si notre partenaire s'éloigne ou nous quitte, c'est lui ou elle qui perd quelque chose.
- Intégrer le consentement à l'existence même de la relation : si l'autre veut partir, qu'il en soit ainsi. On doit valoriser l'envie de la personne d'être avec soi. Si elle devait rester par loyauté, obligation matérielle, devoir conjugale, pour les enfants, ce ne serait pas une relation désirable et qui mérite d'être poursuivie.
- Accepter la fin pour ne plus être dans l'angoisse qu'elle arrive. En se projetant dans une vie seul, on se prépare mentalement à cette perspective qui devient moins vertigineuse.
- Privilégier le bonheur de l'autre. Sans oublier ses propres besoins et envies, on doit avoir envie que l'autre soit heureux et épanoui même si ça passe par d'autres amours.
- Intégrer le fait que si l'autre est libre d'aller, venir (d'une relation à l'autre), partir, et qu'elle revient toujours, alors c'est la meilleure preuve d'amour et qu'elle se sent bien avec nous.
Ame-lune
Sommes-nous réellement moins sensibles avec le temps? j'ai personnellement l'impression que si tout se passe bien entre lui et sa relation, que je vois qu'il est heureux, qu'il respecte nos conditions, j'en viendrais à avoir un sentiment de reconnaissance envers elle, voire même à être capable de la rencontrer. Lui pas. La durée d'une potentielle relation lui fait peur. Il ne semble pas apaisé par la constance.
Non. Si on ne fait pas évoluer notre façon de penser, la jalousie perdurera indéfiniment. Même chose si on ne travaille pas sur ses insécurités.
Le temps qui passe peut avoir un effet apaisant car il peut faire en sorte qu'on réalise que la relation évolue mais que l'amour, l'affection, l'intérêt, le désir, perdure dans un contexte non-exclusif.
Ce dont tu parles (être heureux pour l'autre et reconnaissant qu'une autre personne rend notre partenaire heureux), c'est de la compersion. C'est souvent présentée comme l'opposé de la jalousie car conceptuellement, la jalousie est plutôt associée à de la défiance, de l'animosité ou de l'hostilité. Tandis que la compersion est associée à de la bienveillance et de la compréhension.
Toutefois ce n'est pas un curseur avec d'un côté la jalousie et la compersion. Il faut imaginer que chaque sentiment à son propre curseur et il est tout à fait possible de ressentir à la fois de la jalousie et de la compersion, ce qui est déroutant pour les personnes qui expérimentent ça. C'est aussi possible de passer de l'un à l'autre très rapidement en fonction des pensées qui nous traversent, ou selon notre humeur ou notre fatigue.
Comme la jalousie, la compersion ne se commande pas. C'est souvent considéré comme le graal chez les polyamoureux. Il est vrai que c'est très agréable et euphorisant à ressentir. Cela arrive sans prévenir (ou pas) et ça peut surprendre. Ce n'est pas nécessaire pour vivre le polyamour de manière épanouie.
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Perdu63
le lundi 05 janvier 2026 à 14h03
Merci pour ton message Topper qui personnellement me parle beaucoup.
J'ai énormément de mal à abandonner mon couple monogame et à basculer dans la non exclusivité.
Pas pour les gestes de tendresses ou les mots doux mais pour le passage à l’acte sexuel.
Il faut dire que je n'aime que ma femme et qu'elle a désormais 2 hommes dans sa vie. Je suis en pleine souffrance et je veux passer cette étape cruciale aussi sereinement que possible, mais c'est très dur, pour ne pas dire invivable.
J'essaie donc de combattre cet souffrance et ton message peut m'y aider alors merci beaucoup.
Je passe du coq à l’âne mais je voudrais aussi rebondir sur le questionnement sur les applications de rencontres, concrètement lesquelles sont les plus intéressantes ?
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MPB
le lundi 05 janvier 2026 à 15h24
Hello @Perdu63 !
Je me demande s'il ne vaudrait pas mieux ouvrir un nouveau fil pour cette question spécifique, pour éviter de perturber ou surcharger la discussion de base, parce que comme c'est une question intéressante ça peut vite partir dans tous les sens !
(Simple suggestion évidemment)
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Ame-lune
le mardi 06 janvier 2026 à 06h17
Je vous remercie à nouveau pour vos conseils.
J'y vois un grand travail que l'on doit poursuivre : diminuer nos insécurités mutuelles, et augmenter notre indépendance. Nous avons déjà pris quelques décisions.
L'idéal serait que chacun puisse se dire que si la relation se termine, le monde ne s'écroulera pas. Certes, il y aura un deuil d'une relation longue et complice, mais notre univers ne s'effondre pas.
Topper
Tes conseils sont censés et réalistes. Je vais tacher de les relire régulièrement durant le processus.
MBP
Merci d'avoir poursuivi le partage de ton expérience.
Aki
Merci pour ton intervention. Le point 3 m'angoisse, je le reconnais. je n'ai aucune envie (ni mon mari) d'instrumentaliser une personne pour en faire mon jouet, que je repousse quand le moment n'est pas opportun. J'ai l'espoir de construire une relation avec une personne engagée dans une structure un peu similaire à la notre, ou très compréhensive. J'estime que si elle reste en conscience de la situation, c'est aussi sa part de responsabilité. Ce que je trouve dangereux, ce sont les jeux de manipulation, ou les effusions mal contrôlées, avec des allers et des retours intempestifs. Ce n'est peut être pas clair... désolée ;).
Nous assisterons prochainement à un café-poly dans une grande ville, je suis motivée à l'idée de parler dans le réel avec d'autres personnes plus ou moins expérimentées dans ce domaine.
perdu63
Le sujet nous intéresse beaucoup, mais je vois que le fil que tu as créé va être supprimé par la modération.
Voici ce que j'ai trouvé : /discussion/-bWA-/-Site-sites-et-applis-de-rencont...
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Note : il est possible que mon mari (Sepharis) intervienne ici dans les jours à venir pour rebondir, ou poser ses propres questions.
Excellente journée à vous tous!
Message modifié par son auteur il y a 2 jours.
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Sepharis
le mardi 06 janvier 2026 à 09h33
Bonjour à tous,
Je suis le mari d’Ame-lune et je vous remercie pour votre message.
Je me permets à mon tour de poster ici pour la première fois.
Quand j’ai rencontré ma femme, j’étais dans une démarche d’ouverture et de polyamour suite à mon expérience avec mon ex qui était polyamoureuse. En vous lisant, je me rends compte que j’ai probablement fait beaucoup de choses de travers, notamment en cherchant du côté de personnes clairement monogames.
En réalité, ce que je recherchais surtout, c’étaient de nouvelles expériences.
Puis j’ai rencontré ma femme. Tu m’as demandé d’être exclusif. Cela ne m’a rien coûté, parce que c’était toi et parce c'est que je le voulais. Je ne regrette absolument rien.
J’essaie désormais de me rappeler l’essentiel : ne pas me demander si je suis “poly” ou “mono”, ou si je veux l'être, mais expérimenter et aimer.
Je me suis demandé si je devais changer quelque chose dans ma manière d’être avec elle : ne plus la penser comme “l’unique”, adopter une vision plus rationnelle. Mais pourquoi faudrait-il changer cela ? Est-ce qu’une ouverture implique forcément de renoncer à cette façon d’aimer ?
Ce qui me pèse le plus aujourd’hui, c’est la douleur à l’idée de la savoir avec un autre homme, dans l’intimité. Et je sais qu’elle ressentirait la même chose et même du dégout à mon égard.
Il y a cette peur de perdre le caractère “sacré” de notre relation intime. Notre histoire à ce niveau a été tellement complexe et l’intimité est tellement difficile pour elle, que j’ai parfois l’impression que, si elle parvenait à vivre quelque chose avec un autre homme, elle pourrait m’oublier, que “il” deviendrait “l’élu”, et qu’elle partirait avec.
De mon côté, j’arrive assez facilement à rationaliser. Il me paraît évident que mon attirance pour une autre femme ne changerait rien à mes sentiments ni à mon désir pour Ame-lune.
Mais comment savoir quand nous sommes prêts ? J’imagine que ça fait toujours mal...même pour les plus expérimentés. J'ai peur de ne jamais arriver à la supporter.
Comment réussir à lâcher prise et simplement accepter de vivre des expériences sans être gouvernés par la peur ?
Merci pour vos réponse et votre aide précieuse.
Sepharis.
Ce qui s'ouvre en moi, n'est pas ce qui fuit.
Message modifié par son auteur il y a 2 jours.
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Topper
le mardi 06 janvier 2026 à 14h49
Bonjour @Sepharis,
Sepharis
J’essaie désormais de me rappeler l’essentiel : ne pas me demander si je suis “poly” ou “mono”, ou si je veux l'être, mais expérimenter et aimer.
Selon-moi n'y a pas à se torturer avec ça. Je n'aime pas l'idée qu'il y ait de bon ou mauvais poly ou qu'il y ait un poly légitime ou non.
Il y a une définition claire. Pour moi, si philosophiquement tu adhères à la pensée poly et que tu mets des actions en oeuvre pour adopter ce mode relationnel, tu es poly. Si tu multiplies les partenaires en gardant ton mode de pensée et tes mécanismes monogames, tu n'es pas poly.
Il y a forcément une période de transition durant laquelle la pratique se confronte à une construction monogame. Ce n'est pas évident. On peut se considérer incompétent mais ça n'a rien de définitif. Cela ne fait pas non plus que l'on est pas poly puisque la transparence, et la non-exclusivité sexuelle et amoureuse n'est plus en vigueur.
Sepharis
Je me suis demandé si je devais changer quelque chose dans ma manière d’être avec elle : ne plus la penser comme “l’unique”, adopter une vision plus rationnelle. Mais pourquoi faudrait-il changer cela ? Est-ce qu’une ouverture implique forcément de renoncer à cette façon d’aimer ?
Oui. C'est forcément quelque chose à changer dans ta considération de la relation. Tu n'es plus l'unique. Elle n'est plus l'unique pour toi. Cette vision romantisée du couple est très fragile lorsqu'on la met face à la réalité. L'unique depuis quand ? Pour combien de temps ? Est-ce que durant une vie de couple il ne peut pas y avoir des coups de coeurs ? D'autres personnes que le ou la conjointe qui occupent les pensées ? Le plus important est d'être heureux ensemble le temps que ça dure ou le plus important est d'être ensemble même si l'on est malheureux ?
Il faut aussi se rendre compte en tant que monogame, que l'on peut avoir cette perception de l'unique ou de l'âme-soeur à chaque nouvelle histoire. Ainsi ce caractère spécial est totalement annihilé par la relation suivante qui prend le même statut. Est-ce que le ressenti lors de la relation précédente était faux pour autant ? Non. En règle générale, les gens s'imaginent sincèrement être tout pour l'autre et inversement et que ça durera jusqu'à la fin. Pourtant, c'est une illusion. Il suffit de regarder autour de soi.
Même en rejetant cette sacralisation de la relation, le caractère unique de celle-ci perdure d'une autre manière. La complexité d'une personne est telle qu'elle est unique et le lien que tu crées avec elle l'est tout autant. C'est concret et c'est ce qu'il faut valoriser.
Sepharis
Il y a cette peur de perdre le caractère “sacré” de notre relation intime.
Je comprends cette peur. C'est assez naturel lorsque l'on sort de la monogamie. Dans ce mode relationnel, la sexualité est sacralisée. On y met une symbolique extraordinaire. Forcément, puisqu'il n'est possible de s'adonner au sexe qu'avec une seule personne.
Pourtant, le sexe est la rencontre intime de deux personnes qui ont chacune leur histoire, leur personnalité, leurs fantasmes, leur sensibilité, leur façon de prendre du plaisir. On peut ajouter à cela la représentation que l'on se fait de la personne, puis le lien émotionnel. Ainsi ce lien physique, issu de ce qu'on apporte et ce que l'autre apporte, est chaque fois unique.
De ce fait, le sexe avec une personne ne remplace pas le sexe avec une autre. C'est moins flagrant lorsqu'on est monogame car la temporalité n'est pas la même mais on peut néanmoins se rendre compte (expérience mise à part) que le sexe est toujours différent d'un partenaire à l'autre.
Si ta compagne partage du sexe avec Quentin, cela n'aura rien à voir avec Anthony, et rien à voir avec toi.
C'est quelque chose qu'il est difficile à concevoir lorsqu'on ne le pratique pas. C'est pourquoi ça peut être très difficile lorsqu'un couple s'ouvre et une des deux personnes a du mal à faire des rencontres alors que l'autre est déjà engagée dans une histoire. Expérimenter soi-même que faire du sexe avec Sophie a beau être génial, cela ne remplace pas le sexe avec sa conjointe. Se rendre compte de ça aide à relativiser que celle-ci puisse avoir d'autres partenaires sexuels.
Sepharis
Notre histoire à ce niveau a été tellement complexe et l’intimité est tellement difficile pour elle, que j’ai parfois l’impression que, si elle parvenait à vivre quelque chose avec un autre homme, elle pourrait m’oublier, que “il” deviendrait “l’élu”, et qu’elle partirait avec.
Considérer qu'un homme deviendrait "l'élu" uniquement grâce au sexe et qu'elle te quitterait pour ça, c'est donner bien peu de valeur à tout ce que représente votre relation. C'est aussi très réducteur sur ce que ta compagne considère comme important dans une relation.
En outre, elle dit rechercher en priorité une connexion émotionnelle, alors que dans ton cas la priorité est axée sur du sexe avec une dynamique de domination. Ne penses-tu pas qu'elle devrait être bien plus inquiète que toi en ce qui concerne la qualité de la sexualité avec une autre personne ?
C'est moins le cas aujourd'hui, mais ma compagne rencontrait beaucoup d'hommes. Disons que c'était par période. Quand elle me parlait de ses multiples rencontres, j'ai réalisé que je devais faire le deuil d'une phase passionnelle dans laquelle j'étais resté figé dans ma tête. Elle ne peut plus vivre avec moi ce qu'elle vit avec d'autres. Plus jamais il y aura ce premier contact physique, le premier baiser, la découverte du corps, de l'odeur, de la peau, de la façon de se mouvoir. Il n'y aura plus ce premier frisson, cette première étreinte, cette vulnérabilité. C'est excitant et grisant.
Cela a débloqué quelque chose de réaliser ça. Ce ne sont pas ces autres hommes qui me retirent ça. C'était déjà plus là, plus possible. Notre relation en est à un autre stade. C'est quelque chose que je ne suis plus en mesure de lui apporter. Je ne serais jamais ce nouvel homme.
Et c'est pareil pour le reste. Tout ce qui peut l'attirer chez l'un ou chez l'autre, je ne serai jamais ça. Je ne serai jamais ce jeune homme soumis. Je ne serai jamais cet homme beaucoup plus âgé avec de l'embonpoint. Je ne serai jamais cet homme avec qui elle n'a échangé aucun mot. Je ne serai jamais cet homme qu'elle a rencontré dans une voiture. Je ne serai jamais cet homme très grand et massif. Je ne serai jamais cette femme.
Je serai toujours celui qu'elle a rencontré à 20 ans, avec qui elle a eu un enfant, qui l'accompagne au quotidien, qui lui permet de vivre toutes les histoires qu'elle a envie de vivre. Cette place, aucune autre personne ne pourra l'avoir car elle est unique.
Sepharis
Mais comment savoir quand nous sommes prêts ?
Vous ne serez jamais parfaitement préparés. Et c'est pour tout le monde pareil. Vous avez discuté longuement de vos peurs, vos règles, vos envies. Il n'y a rien d'autre à faire.
Ensuite, c'est le grand saut. Pour moi, c'est principalement une histoire de confiance en la personne qui nous accompagne dans cette aventure.
L'apprentissage ne peut se faire que par la pratique.
C'est comme apprendre le code de la route. Vous ne saurez pas conduire même si vous étudiez le code de la route pendant 5 ans. A un moment donné, il faut prendre le volant et appuyer sur l'accélérateur. De la même manière, vous pouvez commencer doucement pour ne pas finir dans le fossé.