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Le polyamour utilisé comme caution morale

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bidibidibidi

le mercredi 07 octobre 2020 à 13h41

bonheur
@bidibidibidi : je crois que la nuance entre nous-deux, c'est que tu désires "conseiller". Je préfère offrir un regard différent, ce qui n'est absolument pas la même approche.

Oui, effectivement. Tu as une approche plus de l'ordre du soutien émotionnel que du conseil.
Le regard différent, du poly, ça n'est clairement pas ça que je critique. C'est ce regard qui justifie qu'une personne vienne ici plutôt qu'elle ne demande à quelqu'un d'autre.

bonheur
Et puis, je trouve que c'est déresponsabilisé la personne qui vient ici, que de ne pas la considérer comme "juge" (ce n'est pas le bon mot, désolée) de prendre et de laisser, nos propos. Ce qui résonne est à étudier, ce qui insupporte est à rejeté. Après tout, ce n'est pas parce que l'on offre un regard, qu'il est juste pour autrui. Et cela, seul autrui peut savoir ce qui lui convient. Non ?

D'un côté oui. Mais il faut pas non plus en venir à nous déresponsabiliser nous. En communiquant un regard, des conseils, une aide, on influence. Le nier totalement ça n'est pas non plus honnête.

bonheur
D'ailleurs, si tu reprends le sujet que tu as explicité, remarque que je n'ai pas participé.

Effectivement. Dans tous les cas, mon message n'était pas destiné à pointer quelqu'un du doigt, ce serait ridicule. Surtout que je suis largement critiquable sur pas mal de mes interventions.

artichaut
Oui, merci pour ça. Je pense que t'as pigé ce qui depuis quelques mois (années ?) me gêne sur ce forum (ou en café poly). Et ce pourquoi je m'échine à théoriser un Polyamour 2.0…

Je risque de changer ma manière de répondre sur ce forum du fait de ma prise de conscience. Je ne pense pas qu'on aura le même cheminement, même si je comprends ton point de vue. En fait, à mes yeux, si on pouvait déjà communiquer sur le polyamour 1.0 proprement, avec les notions, basiques pour nous, de compersion, de gestion de la jalousie, de prise en compte de chacune de nos relations, ce serait déjà un gros effort.

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Sophie72

le mercredi 07 octobre 2020 à 14h17

bonheur
Le rejet est lié au fait que chacun-e défend son "idéal". J'avoue avoir des difficultés, non avec les "mono" mais avec l'adultère (donc certain-e-s mono). Le mensonge et la trahison, j'ai cela en horreur. C'est ce qui m'a amené ici, autant que le fait d'aimer au plurielle.

Pour en parler autour de moi ouvertement, nous sommes très nombreux, et chez les "mono" aussi, à aimer au plurielle. Si je pose la question "as-tu déjà ressenti des chamboulements, des perturbations, des émotions amoureuses pour quelqu'un d'autre que ton-ta compagne-gnon de vie ?". La réponse est vraiment très souvent "oui". Mais en général, on m'indique que ce ne serait pas bon de "courir plusieurs lièvres à la fois". Donc, nombre de "mono" reste par choix dans la monogamie ou le monoamour. Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas de ressentis amoureux plurielles. Ils parlent alors de "jardin secret" et souvent avec un sourire qui s'affiche clairement sur leur visage. Et pourquoi on m'en parle en toute liberté ? Parce que mon statut de poly offre l'écoute et je ne demande rien sur l'aspect sexuel (donc adultère, même si l'adultère affectif existe).

Alors moi je me suis rendue compte en lisant un bouquin qu'alors que de mon point de vue e n'avais pas trompé mon compagnon, à ses yeux , le simple fait d'avoir éprouvé des sentiments sans même en plus en parler à l'autre homme, pouvait être une tromperie. J'ai au moins compris qu'alors qu'on croit avoir tous la même définition de l'adultère, il n'en est rien en fait et cela je pense est vrai aussi bien pour les couples mono que ouverts. La seule différence c'est que les second vont chercher à en donner une définition propre à leur couple alors que les premiers partent avec l'idée que c'est universel.

artichaut
Oui, merci pour ça. Je pense que t'as pigé ce qui depuis quelques mois (années ?) me gêne sur ce forum (ou en café poly). Et ce pourquoi je m'échine à théoriser un Polyamour 2.0…

Je comprends que théoriser ait un intérêt réel mais attention aussi de ne pas faire passer la polyamorie pour une approche relationnelle réservés aux intellectuels.

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artichaut

le mercredi 07 octobre 2020 à 15h33

Sophie72
Je comprends que théoriser ait un intérêt réel mais attention aussi de ne pas faire passer la polyamorie pour une approche relationnelle réservés aux intellectuels.

A mon sens une seule chose est nécessaire (et suffisante) pour pratiquer la polyamorie, c'est l'empathie (envers les autres et envers soi-même).
Tout le reste est facultatif.

La théorie ne sert qu'à celles et ceux qui, comme moi, ont besoin de mots, de concepts, d'idées, d'agencements… pour y voir +clair (je fais partie de ces personnes qui ont besoin d'intellectualiser le monde pour le comprendre et s'y rapporter). Mais on peut tout à fait s'en passer.

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Siestacorta

le mercredi 07 octobre 2020 à 16h58

RobotEtourdi
La raison pour laquelle j'ai demandé cela, c'est que j'ai une définition du polyamour qui est inversée par rapport à celles qui sont les plus souvent lues. La mienne serait une phrase du genre :

Le polyamour, c'est adhérer au fait qu'une personne avec qui on a une relation d'intimité entretienne une relation d'intimité analogue avec quelqu'un d'autre.

Je suis très proche de ça.
Je souligne régulièrement que ce qui différencie les envies non-exclusives d'une conception polyamoureuse des relations, c'est l'accueil de la non-exclusivité des autres. Au point de considérer cet aspect comme le plus déterminant.

Tout le monde peut aimer plusieurs personnes.
Certains essaient de le vivre.
Certains essaient de le vivre de façon assumée.
Les poly assument que non seulement eux, mais également leurs partenaires peuvent le faire.
On est pas poly sans accepter que l'autre le soit.

Et je le dis avec d'autant plus de fermeté que pour moi c'est pas un stade de qualité morale supérieur d'être poly.
La particularité sentimentale du polyamour, c'est ce rapport positif aux amours de l'autre, pas notre super cœur trop beau trop grand pour une seule personne gnagnagna - parce que ressentir de choses pour plusieurs et vivre des relations plurielles est une expérience commune (pas majoritaire - encore que - mais bien commune ).

La réciprocité de cette liberté amoureuse est vraiment cardinale dans la définition et la pratique des polyamours.
Je m'intéresse aux non-exclusifs en général, assumés, cachés, univoques... Je peux identifier leurs sentiments, avoir fait le pas de côté par rapport à la monogamie me donne ce regard différent. Ils viennent ici, je leur répond ici, ils m'intéressent, poly, poly en devenir ou juste en transit.
Et pour reprendre la remarque de @bidibidibidi, clairement, quand j'accueille la confidence de quelqu'un qui découvre le concept à la faveur d'une situation non-monogame surprise (par son existence ou par sa publicité... :-/ ), je n'hésite pas à répondre en disant que peut-être le choix poly n'est pas le bon, ou qu'il est loin d'être fait, ou que non ce partenaire qui en a fait débarquer un autre avec juste l'étiquette poly et aucun autre taf, c'est pas du polyamour.
Ça peut en devenir. Mais pas sans avoir compris ce "tu aimes qui, combien, comme tu veux et c'est pareil pour ceux que tu aimes et ceux qu'ils aiment".

(débats sur ce qu'est "aimer" dans ce contexte : pas ici. Plein de sujets ailleurs.)

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Toinou

le jeudi 08 octobre 2020 à 11h43

@bidibidibidi, après avoir lu la suite de poste de tes réponses je comprends mieux, je pense, ce que tu voulais exprimer et effectivement j'avais mal compris.

A la lueur de cela, je pense effectivement que tu n'as pas tord. Un discours moins prosélyte aurait sa place ici.
Après c'est ce qui est sencé être la beauté d'un forum : la multiplicité des avis et la discussion de ceux-ci.
@bonheur offre une littérature
@artichaut offre une "disruption"
@RobotEtourdi nous offre une très bonne définition

Et c'est ça qui est intéressant.

J'attire votre attention sur un point qui va en parti dans ton sens : la remarque de @Sophie72 à mon message : "personnellement, je me suis sentie jugée."
Alors je ne sais pas si elle parle du forum ou d'ailleurs, mais pour ma part je trouve de moins en moins de sympathie et de plus en plus de jugement sur ce forum. Et j'avoue avoir de plus en plus de mal à le conseillé aux "nouveaux" ou "intéressés" qui croisent ma route.
Peut être est-ce parce que je me contente en général de lire et que je n'intervient plus et donc je vois ça d'une façon plus "extérieur", mais peut être que la raison à cela est dû à ce que tu viens de soulever. Nous sommes de mois en moins croyant pratiquant et de plus en plus prosélytes. Et dans ce cas il faut faire attention à ne pas devenir intégristes. ;)

Dans tout les cas il est important que nous conservions une bienveillance envers ceux qui viennent ici et qui pour beaucoup sont paumé, perdu, en questionnement, etc.

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bonheur

le jeudi 08 octobre 2020 à 13h45

Personnellement, je n'interviens plus beaucoup, à part ces derniers jours. J'avais d'autres choses à entreprendre et je suis toujours en cours pour cela.

Voyant de plus en plus souvent l'amalgame se faire entre polyamour et ... je préfère ne plus intervenir. Et puis, j'en ai pris à quelques occasions un peu plein la gueule d'une façon injustifiée, mon point de vue étant relégué au rang de rien du tout, voir de la malfaçon. Donc, je n'offre plus très souvent de la littérature, un fil de discussion existe déjà et il suffit de le ramener sur le tapis.

Après, entre faire un constat ("ce n'est pas du polyamour") et entrevoir l'esquisse d'un jugement, il n'y a qu'un tout petit pas. Le jugement peut aussi venir de la façon dont on accueille. Je tente, perso, de mettre des bémols et d'adoucir, mais évidemment, cela dépend de mon état intérieur de l'instant. Il ne faut pas oublier qu'ici, les personnes qui font vivre le forum, sont des personnes vivantes et donc faillibles.

@Sophie72 et d'autres, j'espère que vous ne vous êtes jamais senti(e)s jugé(e)s par mes propos. Si c'est le cas, je m'en excuse. Je n'ai jamais cette volonté ou alors il faut vraiment que l'on m'ai provoqué. Après, ce qui se dit dans les cafés poly, cela fait un moment que je n'en n'ai ni organisé, ni participé.

Toinou
Dans tout les cas il est important que nous conservions une bienveillance envers ceux qui viennent ici et qui pour beaucoup sont paumé, perdu, en questionnement, etc.

Et demander aux participants habituels d'exprimer différemment si l'interprétation prête à confusion. Aussi, garder à l'esprit que nous ne disposons que très exceptionnellement de tous les mots de toutes les personnes concernées. Un avocat prône le doute concernant la culpabilité de son client. Ceux qui ne s'expriment pas doivent bénéficier de cela également.

@Toinou. Je te rejoins aussi sur le côté intégrisme qui peut pointer son museau. Offrir une image des monos standards (et des personnes sont heureuses ainsi) et des compatibles, aussi valorisées que possible. A une époque j'avais voulu initié un fil de discussion pour les monos et celui-ci avait été anéanti dans son fondement et pas par les personnes concernées, mais bien par des polys. J'en avais été dépité. Après, j'ai constaté dans des rencontres des comportements de polys vraiment :-/ . J'avais alors fuit les rencontres "en nombres".

Pour ce qui est de la responsabilité, chacun-e doit vivre et assumer les siennes.

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Sophie72

le jeudi 08 octobre 2020 à 14h47

Non non @bonheur, je ne me suis jamais sentie jugée par tes propos. Tu es probablement celle qui a manifesté le plus d'empathie et le plus répondu à mes questionnements. Mais quand je lis des topics comme celui-ci , des topics où vous tentez de définir certaines notions, il m'arrive fréquemment de sentir un malaise. Parfois, je me dis que c'est peut-être juste parce que je ne me sens compris ni par les personnes exclusives, ni les libertins, ni les poly mais quand même je crois qu'il y a autre chose, le fait que dans les mots employés , je perçois comme une hiérarchie: il y a ceux qui sont "bien" parce qu'ils ont tout remis en question et vivent des relations libres et les autres qui n'en seraient pas capables.

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Siestacorta

le jeudi 08 octobre 2020 à 17h50

Sophie72
il y a ceux qui sont "bien" parce qu'ils ont tout remis en question et vivent des relations libres et les autres qui n'en seraient pas capables.

Il y a peut-être des postures qui fâchent.
A titre perso, j'aime parler de polyamour, mais j'en fais pas une promo comme d'un amour++.
Je me sens, par exemple, plus vraiment "capable" de monogamie. Pas seulement d'exclusivité, mais carrément, d'être à l'aise avec quelqu'un qui pose qu'il focalisera toujours sur moi exclusivement ses sentiments.
Parfois je me sens bête d'avoir peur d'une forme d'amour. Parfois je me dis que c'est moi. Mais je peux pas en faire une hiérarchie des façons d'aimer. Je suis pas persuadé de bien faire en étant poly, et clairement pas persuadé que les gens qui cherchent autre chose ou les monos font moins bien que moi. On fait tous ce qu'on peut, faut juste faire ce qu'on dit et dire ce qu'on fait... d'où l'importance d'utiliser le mot à bon escient.

Ce qui me gêne dans l'ordinaire "je me suis découvert polyamoureux.se ya deux semaines, je l'ai toujours été même si je suis en couple mono depuis le collège", c'est qu'en parlant à un.e partenaire de polyamour avec juste cette envie (ou cette rencontre...) non-exclusive, on fait croire et on se fait croire qu' yaka juste dire "bah je suis comme ça". Alors qu'en fait, c'est la relation qui va(peut-être !) être "comme ça".
Sans prendre en compte son/sa partenaire, le travail commun, sa propre sensibilité aux amours des autres, on sait pas encore ce qu'on fait. On est qu'au début de quelque chose...

Je veux vraiment pas juger les parcours des gens, leurs attentes, leurs besoins. Si je peux, j'aime bien donner de quoi aider et du grain à moudre. Mais je peux pas leur dire "t'es trop bien et trop comme nous ici parce que t'aimes plusieurs personnes, le reste tu verras plus tard".

Ya pas de diplôme d'amour, pas de diplôme de polyamour. Mais comme la réciprocité est déterminante, ben soit on le fait soit on fait autre chose. Et faut être clair sur ce qu'on propose, pour nos partenaires, leurs partenaires à eux, les gens à qui on parle et qui vont se faire une idée du sujet à partir de ça.
C'est pour ça que ça vaut la peine d'être carrés sur cette attente du polyamour.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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bonheur

le jeudi 08 octobre 2020 à 20h27

@Sophie72 : Non, il n'y a pas de bonnes et pas bonnes personnes. Il y a des personnes distinctes, des situations distinctes et on navigue à vue, au mieux. Pas d'annonciateurs de tempêtes ou autres. On ne connait pas la météo avec un prévisionnel. J'ai vécu des moments merveilleux que je n'aurai jamais pu croire possible. Et je me suis parfois décomposée en comprenant que rien ne va.

Tu vis ce que tu peux et tu fais tes choix. Personne n'a à remettre en question.

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artichaut

le jeudi 08 octobre 2020 à 23h17

bonheur
Voyant de plus en plus souvent l'amalgame se faire entre polyamour et ...

j'ai pas réussis a remplir la fin de la phrase…si jamais t'as envie d'expliciter…

Sophie72
dans les mots employés , je perçois comme une hiérarchie

hum… à la fois j'ai envie d'entendre ce truc de se sentir rejetée par tous les milieux (même si pour le coup ça me semble encore +prégnant pour les personnes maladroitement qualifiées de "poly-acceptantes") ; à la fois j'aurais peur que l'emploi du mot hiérarchie ici prête à confusion : si par exemple il était utilisé pour dénoncer une hiérarchie (de la langue) afin d'en défendre une autre (par exemple le poly hiérarchique)

mais peut-être que je sur-interprète grave

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bonheur

le vendredi 09 octobre 2020 à 08h48

artichaut
j'ai pas réussis a remplir la fin de la phrase…si jamais t'as envie d'expliciter…

Et bien, par tout ce qui survient dans l'imaginaire par ignorance, méconnaissance et qui n'est pas du polyamour. Cela est exprimé parfois par libertins, d'autres fois par "couple libre" ou "ouverture du couple". On peut vivre ces situations qui rendent également heureux et procurent des instants magiques, sauf que ce n'est pas du polyamour. Il existe des freins et des barrières à imaginer le polyamour. La philosophie ne peut s'imaginer, parfois. Explications succinctes. Manque de temps.

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Sophie72

le samedi 10 octobre 2020 à 13h06

Siestacorta
Il y a peut-être des postures qui fâchent.

Oui ce doit être plutôt cela en effet.

Siestacorta

Je veux vraiment pas juger les parcours des gens, leurs attentes, leurs besoins. Si je peux, j'aime bien donner de quoi aider et du grain à moudre. Mais je peux pas leur dire "t'es trop bien et trop comme nous ici parce que t'aimes plusieurs personnes, le reste tu verras plus tard".

Ya pas de diplôme d'amour, pas de diplôme de polyamour. Mais comme la réciprocité est déterminante, ben soit on le fait soit on fait autre chose. Et faut être clair sur ce qu'on propose, pour nos partenaires, leurs partenaires à eux, les gens à qui on parle et qui vont se faire une idée du sujet à partir de ça.
C'est pour ça que ça vaut la peine d'être carrés sur cette attente du polyamour.

Mais même "être carré dans cette attente du polyamour" c'est tellement difficile au départ de savoir ce qu'une personne en attend. De toute manière pour toutes les choses de la vie (choix de métier, enfants, s'investir dans une asso , etc...), ce qu'on en attend au départ est différent finalement de ce que cela nous apporté, non ? Je comprends ce que tu veux dire dans le sens où des personnes "en recherche de réponses" ou ne questionnement peuvent trop facilement croire que le polyamour est ce qui leur correspond mais seuls eux pourront finalement déterminer si c'est ce qui leur convient et même une personne qui a une approche au départ comme tu dis: "je me suis découvert polyamoureux.se ya deux semaines, je l'ai toujours été même si je suis en couple mono depuis le collège", tu ne sais pas suffisamment de choses sur son histoire pour affirmer que cette personne ne s'épanouira pas dans la polyamorie. Moi par exemple, je sais que je suis partie toute jeune sur une illusion, à savoir que tout le monde était comme moi mais que les autres géraient mieux leurs émotions et leurs sentiments que moi et que je finirais bien par pourvoir faire comme tout le monde! C'est à la quarantaine et la grosse remise en question qu'on fait à cette période que j'ai senti un vide immense que j'ai réalisé que j'avais fait des choix de vie qui n'étaient peut-être pas tant que ça les bons. Et aujourd'hui, je ne peux dire si le polyamour est fait pour moi mais il est un fait, c'est que non seulement je peux être amoureuse de plusieurs hommes mais que je sens que dans un couple monogame exclusif sans problème particulier (tout va bien tant sur le plan sexuel qu'amoureux), il me manque quelque chose pour me sentir pleinement heureuse. Et pourtant depuis le collège, je ne connais qu'une seule forme de relation amoureuse...

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Siestacorta

le samedi 10 octobre 2020 à 13h54

Sophie72


Mais même "être carré dans cette attente du polyamour" c'est tellement difficile au départ de savoir ce qu'une personne en attend. De toute manière pour toutes les choses de la vie (choix de métier, enfants, s'investir dans une asso , etc...), ce qu'on en attend au départ est différent finalement de ce que cela nous apporté, non ?

Tu touches là l'essentiel dans ce que je veux dire ici.
C'est pour ça que je pense que ça vaut le coup d'être dans un retour bienveillant mais exigeant en même temps, quand on parle de l'intérêt de choisir le polyamour... parce que cette découverte progressive, c'est très enrichissant ; mais si c'est les mains dans les poches, sans autre affirmation que "je suis comme ça", les déceptions seront plus blessantes.

Sophie72
même une personne qui a une approche au départ comme tu dis: "je me suis découvert polyamoureux.se ya deux semaines, je l'ai toujours été même si je suis en couple mono depuis le collège", tu ne sais pas suffisamment de choses sur son histoire pour affirmer que cette personne ne s'épanouira pas dans la polyamorie.

Ah je ne lis effectivement pas l'avenir dans le marc de café virtuel :-)
Mais je pense qu'au moment de déclarer "ouahou en fait je suis poly", il y a une illusion due à une différence entre la définition du mot polyamour, ce qu'elle peut laisser imaginer, et l'expérience pratique, dont l'expérience des sentiments quand aux amours des autres, ou celle de savoir cultiver avec doublement d'attention un amour antérieur tout en profitant de la NRE...
Et donc ça vient avec plein de questions "critiques", c'est à dire : pas destructrices mais proposant de la prise de recul, pour différencier ce qui est ressenti pour plusieurs personnes et ce qu'on est en train de faire dans une relation où il y a tout ce beau monde en plus de notre simple hamour qui rézou tou suffi d'aimay.

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bonheur

le samedi 10 octobre 2020 à 14h45

De ce que je comprends, il est plus aisé de vivre le polyamour et découvrir qu'il existe un mot qui reflète le vécu, que de découvrir le polyamour et se demander si l'on est poly !? C'est cela ???

Vivre le polyamour, en comprenant qu'il est présent depuis toujours, n'est pas plus aisé que de découvrir le polyamour et en faire un choix de vie. J'en sais quelque chose. C'est une différence inacceptable dans notre société, donc se mettre en marge de celle-ci sans pouvoir exprimer sa différence, c'est difficile. Pour s'offrir le luxe du choix qui est celui du "naturel", il faut faire un comming out et ce n'est pas simple. Déjà comprendre que l'on n'est pas anormal, en guise de premier pas.

Et oui, entre l'idéal et le vécu, il y a un décalage. Et celui-ci est valable pour tout. Dans les choix de métiers, aussi, c'est vrai. A chaque fois que j'ai fais une formation pour apprendre, je n'ai jamais exercé le dit métier dans sa forme initiale, car mes valeurs m'en empêche. Je suppose que nombre de personnes n'ont pas une place fixe dans notre société, parce que les valeurs ne sont pas adaptées, quoi que l'on entreprenne. Alors on tâtonne, et on fait au mieux. Au fond, on en devient plus riche, car on expérimente et on se lance dans l'inconnu à chaque fois. Après, on tombe dans les pièges et on essuient des refus, ou des désillusions.

L'essentiel c'est que l'on devient riche, que l'on apprend, l'on comprend et que ce bagage permet d'affronter encore et encore. Et puis, il y a les rencontres marquantes, et c'est essentiel. Il y a toujours du bon à mettre dans la valise !

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Siestacorta

le samedi 10 octobre 2020 à 16h30

bonheur
De ce que je comprends, il est plus aisé de vivre le polyamour et découvrir qu'il existe un mot qui reflète le vécu, que de découvrir le polyamour et se demander si l'on est poly !? C'est cela ???

Un peu. Mais c'est surtout que découvrir qu*e le mot existe à un moment où on plusieurs envies, c'est une joie qui cache un peu beaucoup les complexités de la suite - et qui peut être confondue avec l'impression de s'être "trouvé" alors que le taf ne fait que commencer. Et qu'en fait, en annonçant "je suis poly (ou "tu es poly, rejoins la fête !" :-) ) prématurément, sans bien se représenter les situations dans leur ensemble (donc : la non-exclusivité des autres, l'attention redoublée envers une relation historique juste au moment où on a autre chose en tête) on se trompe un peu, et on induit des gens (souvent des personnes avec qui on est en relation) en erreur.

bonheur
Et oui, entre l'idéal et le vécu, il y a un décalage. Et celui-ci est valable pour tout.

Oui, mais j'insiste : ce qui sera poly, ce sera pas seulement définir ce qu'on est ou veut vivre mais aussi redéfinir (souvent notamment dans les cas dont on parle) la relation. Et encaisser soi-même des difficultés d'apprentissage, c'est pas pareil que de devoir prendre en charge le déroulement d'une relation avec quelqu'un pour passer de mono à poly. On est pas seul en cause, là est la différence majeure !

Message modifié par son auteur il y a 15 jours.

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bonheur

le samedi 10 octobre 2020 à 17h56

@Siestacorta : parfois le temps ne peut rien. D'autre fois le temps permet d'opérer une transition dans le soin du respect de chacun-e.
Et cela se retrouve dans toute forme de relation où une découverte (ou alors une avancée, une prise de conscience, etc) change à la fois l'individu, à la fois l'environnement donc l'entourage.
Il y a le brutal, car tout changement se fait brutalement, puis le temps qui fait son œuvre.

Découvrir le mot permet d'avancer. Parfois de lire, aussi des recherches internet (sans mot clé...) et etc. Mais évidemment que le mot n'abouti pas à un résultat. C'est le cheminement qui permet d'avancer. Et puis, un résultat est "ponctuel" et il faut sans cesse, euh ? comment dire ?... "redistribuer les cartes" ?

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artichaut

le samedi 10 octobre 2020 à 20h23

Siestacorta
cette découverte progressive, c'est très enrichissant ; mais si c'est les mains dans les poches, sans autre affirmation que "je suis comme ça", les déceptions seront plus blessantes.

Siestacorta
découvrir qu*e le mot existe à un moment où on plusieurs envies, c'est une joie qui cache un peu beaucoup les complexités de la suite - et qui peut être confondue avec l'impression de s'être "trouvé" alors que le taf ne fait que commencer.

Oui, c'est bien de ça dont il est question.
J'ai le sentiment qu'il y a une manière d'entrer en polyamour qui est d'avance voué, sinon à l'échec, du moins aux affres des déconvenues à répétition. Générant souffrance inutile (pour soi-même et/ou pour les autres).
Souffrances et lamentations qui se retrouvent ensuite sur ce forum et dans les café poly.

Une des question que j'ai envie de travailler (et qui peut-être me fait offrir une "disruption" selon les mots de @Toinou) c'est : peut-on changer de paradigme ? Peut-on proposer une polyamorie qui ne soit plu « vendre du rêve, et refourguer en douce des cargaisons de cauchemars à la pelle ». Peut-on expliquer mieux la polyamorie aux personnes qui viennent ici (ou qui ne viennent pas ici) à la fois :
- pour arrêter de "cacher" la quantité de cauchemars à venir, à celle et ceux à qui « vend du rêve »
et/ou
- pour trouver une manière non seulement +honnête de dire, mais surtout qui rompt le cercle vicieux ou qui inverse la tendance du désescalator relationnel, bref qui réussisse à proposer de nouveaux paradigmes, pour de nouvelles manières de relationner

…et peut-être qu'il faudra changer le mot même de polyamour/polyamorie, pour y parvenir.


Ma tentative de "disruption" est une pierre à l'édifice peut-être. Mais j'ai bien conscience que s'en est une pierre bien coriace, bien rugueuse, bien peu malléable (intello, théorique, et tout ce qu'on voudra).
Il me semble que d'autres y arrivent mieux, en bien moins de mots.

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Siestacorta

le dimanche 11 octobre 2020 à 01h48

artichaut

Une des question que j'ai envie de travailler (et qui peut-être me fait offrir une "disruption" selon les mots de @Toinou) c'est : peut-on changer de paradigme ? Peut-on proposer une polyamorie qui ne soit plu «  vendre du rêve, et refourguer en douce des cargaisons de cauchemars à la pelle ».

C'est pour ça que j'insiste sur une définition : "être polyamoureux, c'est savoir aimer des personnes qui vont aussi aimer d'autres personnes".
C'est un peu à l'emporte-pièce, mais ça pose tout de suite l'aspect important.
Et ça permet de répondre sans compliquer à "je suis polyamoureux (céMaNâtûre)"- qui me parait, sinon, plus insatisfaisant que "nous avons une relation polyamoureuse (parce qu'on fait ce qu'il faut pour)".
Le changement de paradigme, il est là : dans ce qu'on fait du polyamour des autres, dans la façon dont on vit cette partie là. C'est vouloir accorder aux partenaires autant de choix ou parfois plus que ce qu'on s'en accorde soi dans les relations multiples, qui va dire si on est poly et pas seulement non-exclusif.
S'attacher à l'autre en refusant de l'entraver.
Amis de la formule qui pète, bonsoir :-)

Message modifié par son auteur il y a 13 jours.

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bidibidibidi

le dimanche 11 octobre 2020 à 12h24

"Je suis polyamoureux.
- Pas de chance."

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artichaut

le dimanche 11 octobre 2020 à 12h41

« - Je suis polyamoureux.
- Bon courage ! »

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