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Comment bien le vivre ?

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Cara

le samedi 08 août 2020 à 23h58

Bonjour,

Je vous écris car je me sens très seule par rapport à ce que je vis en ce moment.
Je suis en couple et très heureuse avec mon conjoint. Je suis tombée amoureuse de mon collègue de travail il y a un an. J'ai encore du mal à l'accepter car je ressens toujours de la culpabilité vis-à-vis de mon amoureux, de mon collègue et de la femme de ce dernier.
Dès que j'ai compris que j'avais des sentiments pour mon collègue, j'en ai parlé à mon chéri qui l'a bien accepté. J'en ai aussi parlé au collègue concerné, qui l'a bien pris également, simplement : il n'a aucun sentiment pour moi.
En fait toutes les personnes à qui j'en ai parlé ont été d'une totale bienveillance envers moi et j'estime avoir une chance incroyable ! Or je souffre beaucoup de cette situation "schizophrénique", pardonnez-moi le terme, car j'ai encore du mal à comprendre et gérer le fait que je sois à la fois si heureuse avec Lui et à la fois si triste par rapport à mon collègue... Étant très sensible et émotive de nature, j'ai du mal à gérer ma peine au quotidien, je me sens souvent totalement impuissante et abattue au travail, car j'aimerais ne plus l'aimer du tout !!
Je trouve que j'en ai perdu ma joie de vivre au travail, je me sens éteinte, et pas moi-même, surtout quand il est là car je prends beaucoup sur moi pour ne pas lui exprimer ce que je ressens, pour ne pas trouver le moindre prétexte pour lui parler, pour éviter de faire tout ce qui ravive mes sentiments pour lui, pour ne pas le mettre mal à l'aise, pour ne pas le déranger.... Je suis quelqu'un qui ne sait pas faire semblant.
Je sais bien que je n'ai à gérer qu'un simple chagrin d'amour, mais j'aimerais pouvoir lire des personnes qui ont vécu ou vivent la même situation que moi, au moins pour savoir comment vous avez géré, quelle solution vous avez trouvée pour le vivre au mieux, sachant que je songe à démissionner de mon poste mais que je ne n'en n'ai aucune envie car j'aime mon travail et que nous sommes une très bonne équipe.
Je vous remercie de m'avoir lue.

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bonheur

le dimanche 09 août 2020 à 11h30

Bonjour Cara :-) ,

Personne ne peut vivre l'identique de toi. En revanche, des similarités oui ! L'homme qui m'a fait sortir de ma zone de confort m'a tourné au sens réel du terme le dos, alors que nous étions très complices et toujours "fourrés ensemble" avant ma déclaration. Je suis également une émotive et une sensible (avec heureuse une excellente résilience). Mon chéri de vie (je n'emploie plus le terme mari) de son côté n'a pas été acceptant sur l'instant. Nous avons cheminé longtemps, plusieurs mois avant qu'il apprivoise cette facette de moi. Nous avons cheminé des années pour que j'exprime disons publiquement qui je suis (4 ans tout de même).

Non, un chagrin d'amour n'est pas anodin. Je compare à un deuil d'une personne qui est vivante et toutes les étapes du deuil se présenteront. Il faut comprendre que l'amour n'est pas obligatoirement partagé. Moi-même, quelques mois, quelques minutes même avant que je réalise être amoureuse de cet "ami", j'aurai pu jurer sur ce que j'ai de plus chère que je n'étais pas amoureuse, que c'était de l'amitié. Le fait d'avoir eu peur pour la vie de cet homme, a fait remonté en moi cette évidence : je l'aime. J'ai d'ailleurs dû déjà digéré et comprendre cette émotion, ce ressenti, finalement ancien et nouveau. Le dictat de la société, avait fait, que je m'étais fermé à tout autre amour, puisque j'aimais mon chéri de vie. Un contradiction qui n'en n'est une qu'en apparence.

Avec mon chéri, nous avons énormément communiqués. Avec cet homme, la communication s'est résumé à 0. Ce fut mon premier deuil depuis tellement d'années (20 ans) qu'il fut extrêmement douloureux. Aujourd'hui, avec le développement personnel et l'évolution dans l'attention que je me porte (et aussi aux autres), j'ai enfin compris. On ne peut décider pour autrui. On ne peut imposer son amour à autrui. On n'est pas dans l'intellect, ni dans le coeur d'autrui. L'amour impossible n'est pas un mythe. Nombre de personnes se mettent des barrières, afin de refouler inconsciemment. Ne pas en vouloir à ces personnes. Nous n'avons pas tous l'envie, le courage, de chambouler sa vie, celle de nos proches. C'est complexe.

Peut-on aimer sans être aimé en retour ? Je suppose que oui. Ce n'est pas toujours une question de refoulement. Ca existe, je crois, la non réciprocité.

Je comprends ton embarras. Personnellement, j'aurai des difficultés à vivre ta situation. Moi aussi, je me sentirais "faire semblant" (donc se mentir à soi-même, ne pouvant m'éclore, m'épanouir). Oui, mettre mal à l'aise, outre le mal-être ressenti soi-même. Une forme de gène qui pourri l'existence, anéanti le climat ambiant. Cette tristesse interne, cette forme de fatalité à subir qui anéanti alors que l'on devrait exalter. C'est ainsi !

Au moins tu sais à quoi t'en tenir. J'ai vécu une relation qui oscillait entre être la 7ème merveille du monde et la distance d'amitié (je ne parle pas de sexe, je ne sexe pas) avec le rejet lié de l'amour que je ressentais. Un partage oscillant suivant son état d'esprit, l'environnement, etc... Ne jamais savoir où se situer, c'est vraiment difficile (pour moi, ne pas généraliser).

Voici un lien concernant le deuil :
/discussion/-cga-/Le-Deuil/

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Sophie72

le lundi 10 août 2020 à 16h40

Bonjour
Je n'ai pas vécu la même chose mais il y a des similitudes et de ce fait je comprends combien tu te sens mal, bien que pourtant d'une certaine manière tu as "crevé l’abcès" mais comme tu ne peux vivre cet amour, tu es encore enfermée. Si ce collègue n'a aucun sentiment pour toi, il va falloir faire le deuil de cet amour et ce n'est pas simple de faire le deuil d'un amour quand on côtoie presque tous les jours l'objet de cet amour ou quand on en espère encore un peu quelque chose. Moi j'ai beaucoup souffert pendant une année , pendant laquelle l'ex-ami dont j'étais amoureuse s'éloignait de moi sans que j'en connaisse la raison et que je me sentais impuissante et qu'en plus je me culpabilisais des sentiments que j'avais pour lui. J'ai eu un énorme chagrin d'amour quand il a décidé de rompre tout contact et il m'a fallu un an pour vraiment aller bien mais au fur et à mesure que je me libérais de cet amour , je revivais. Oui au début les sentiments apportent un souffle de liberté mais ensuite ils peuvent être une prison pour celui ou celle qui les ressent quand ils ne sont pas partagés. J'espère que très vite, tu percevras le chemin vers un apaisement.

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Cara

le vendredi 21 août 2020 à 21h56

Bonsoir,

Tout d'abord je vous remercie pour votre sincère bienveillance dans vos réponses respectives concernant mon deuil et mon histoire, ça fait beaucoup de bien. <3
J'ai pris le temps de vous lire, vous relire, parcourir le forum. Ça m'a rassurée et permis d'avancer par rapport à mon sentiment de culpabilité. Ce que je ressens pour mon collègue a bouleversé ma vie. J'ai pourtant un trouple d'amis dans mon entourage, ce qui ne m'a jamais posé problème ni grands questionnements, pour moi c'est "normal", ça va de soi, ça les regarde, simplement je n'aurais jamais cru que ça pouvait m'arriver...
J'en ressens aussi un petit peu de fierté, car je n'ai jamais voulu faire de mal à quiconque, je suis sincère envers mon compagnon et mon collègue, je ne souhaite faire de mal à personne, ni briser un mariage, car je respecte tout le monde. Même si je suis finalement la seule à souffrir et que je me demande encore comment je tiens au travail depuis un an... Mon compagnon prend très bien mes sentiments pour quelqu'un d'autre car j'ai été sincère avec lui dès le début et qu'il sait que ça ne change rien dans mes sentiments pour lui et dans mes projets de vie avec lui.
Je me reconnais en tant que polyamoureuse, cependant je ne me vois pas effectuer des démarches pour vivre d'autres relations. Probablement parce que cette année a été très difficile pour moi. Mais je sais que ça peut m'arriver.
Je suis actuellement en vacances. J'ai demandé à mon responsable les démarches à effectuer si je choisissais de démissionner. Je verrai à mon retour. Je pense que je vais bien mieux, même si l'anxiété est forte quand je sais que je vais revoir mon collègue. Mon sentiment est que cette fois ce sera différent. Je l'espère.

Bonheur
Car le développement personnel m'aide beaucoup aussi. Je pense être plus "fragile" que vous. Cette année a été très douloureuse pour moi. Je n'imagine même pas à quel point ça a dû l'être pour vous, si votre ami vous a tourné le dos...:-(
J'ai la chance d'avoir eu des personnes bienveillantes et pourtant... quand je suis tombée amoureuse de mon collègue j'ai vraiment eu le sentiment qu'il y avait quelque chose. Au début j'ai vraiment cru à une réciprocité, car j'avais vraiment cette sensation que ça collait, je tombais sur lui au bon moment, des regards, des attitudes (oui je sais que c'est facile de dire ça parce qu'on travaille ensemble) mais j'ai senti, je ne sais pas comment dire, comme un aimant entre nous, une attraction particulière, des signes qui me menaient à lui, vraiment. Alors j'ai cru... Je méditais pour m'aider à comprendre, et la méditation m'amenait à lui parler, m'amenait (malheureusement ?) à l'aimer davantage, à me sentir légitime dans mon ressenti alors que j'attendais de l'apaisement. Avec du recul, je me suis dit qu'à cette période il venait de passer responsable, alors je pense qu'en fait il était dans la nouveauté, l'excitation, et que tout cela ajouté à son tempérament amical et bienveillant, j'avais carrément mal interprété sa façon d'être ! On a le droit de se tromper... C'était un message pour moi, une leçon. Je ne vais pas vous relater toutes nos conversations mais je sais que mon collègue n'a aucun sentiment pour moi et qu'il sait être "droit dans ses bottes", malgré sa gentillesse et le fait qu'il se soit senti flatté. Je pense entamer la phase d'acceptation, enfin.
Je maintiens avoir malgré tout beaucoup de chance. J'aimerais qu'il ne m'ignore plus parfois au travail, qu'il cesse de chercher des stratégies pour que je ne me sente pas trop triste. Qu'il soit lui-même.
A la fois je comprends que c'est bizarre pour lui, car je ne peux m'empêcher parfois de lui dire un mot gentil. Je lui ai dit que je ne cherchais pas à le séduire, que j'avais simplement besoin de lui dire ce que je ressens, que je prends déjà beaucoup sur moi et que je ne voulais certainement pas changer pour lui plaire ! :-) Et je lui ai demandé de dire ce que lui voulait et souhaitait au lieu de penser à ma place et à ce qui pourrait me faire le moins mal possible.
Alors oui, la non réciprocité existe bel et bien. Difficile d'en faire le deuil, il y a toujours un petit espoir bizarrement, mais j'avance je crois.

Je vous remercie pour votre témoignage.

Sophie 72
Que rajouter, c'est tout à fait ça... Merci <3

En vous souhaitant une très belle soirée.

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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bonheur

le samedi 22 août 2020 à 09h36

Bonjour Cara,

Je te sens, dans ton dernier post, posée et sereine. Une grande maturité se dégage de ton écrit. C'est bien !

Prends quelques minutes pour te rendre compte de ta "progression" et admire toi pour cela. La douleur est proportionnelle à l'amour et les deux sont, je pense, liés. Si l'on n'aime pas, on ne souffre pas.

Tu as eu ce bonheur d'avoir été aspirée dans le sillage d'une personne qui a eu cet effet vitalisant sur toi, et pas seulement cela. Le flou de la découverte de soi, et malgré tout, cette certitude qui ne lâche pas, que l'on aime d'une façon in imaginée.

Prend soin de toi, et surtout, je crois que l'essentiel est de ne pas faire de retour en arrière. Ton amour historique est présent et t'accepte ainsi, alors soit heureuse ainsi. Ne ferme pas ton coeur et bien que les amours plurielles ne soient pas aisés, ils apportent beaucoup.

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Sophie72

le jeudi 27 août 2020 à 16h10

Bonjour
Contente de lire que tu avances. J'espère que si tu démissionnes cela ne te pénalise pas professionnellement, ni financièrement. Ce ne serait pas juste.
Personnellement je pense que j'ai besoin d'une vraie coupure des contacts pour arriver à faire le deuil d'un amour. Maintenant, si mon ex-ami revenait dans mes contacts "éloigné", je crois que je serais plus apaisée. Mais le garder comme un joli souvenir d'un moment de ma vie me va très bien, ainsi je cultive le souvenir comme bon me semble! :)

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bonheur

le vendredi 28 août 2020 à 08h02

Moi aussi. Sur l'instant j'ai besoin de couper complètement le contact. Ensuite, je peux éventuellement, après des années reprendre un contact éloigné et surtout sans s'épancher, avec "prudence"

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Cara

le mercredi 02 septembre 2020 à 01h26

Bonsoir,
Merci Bonheur, mais malgré tout, j'ai envie, ce soir "d'en finir", pour enfin trouver une solution, pardonnez-moi cette extrémité, que j'exprime en ce moment, et qui fait partie de moi depuis toujours. C'est par vagues.
C'est tellement difficile d'aimer quelqu'un sans retour, mais en plus difficile d'essayer de s'en remettre alors qu'on est déjà heureux avec quelqu'un.
Mon retour au travail a été compliqué, car mes sentiments sont toujours les mêmes, et je ne sais pas quoi faire, je me sens totalement impuissante, éteinte et pas moi-même. Sachant que je suis "trop" sensible et "trop" démonstrative, "pas dans les normes".
J'ai une faculté de résilience et du courage, mais là c'est compliqué. Je pensais vraiment avoir trouvé enfin un équilibre en rencontrant mon conjoint, la paix par rapport à ma tendance à la dépression et voilà que cette épreuve me pose beaucoup de difficultés.
J'ai beau me féliciter et m'apprécier pour ma sincérité et ma patience, c'est dur. Je fais tout ce que je peux pour aller bien, relativiser, prendre du recul, accepter ce qui m'arrive. Mais je ne suis pas si forte que ça visiblement. Je me suis offert une séance d'équithérapie il y a quelques jours, qui m'a beaucoup aidée, je me fais aider depuis longtemps, mais revenir au travail et le voir, c'est comme si ça annulait tous mes progrès.
Et il n'y a que moi qui ai la solution.

Merci Sophie72, je pense que ça ne me pénaliserait pas professionnellement, j'ai la chance de rencontrer beaucoup de bienveillance malgré beaucoup d'incompréhension de la part de mes chefs (dont mon collègue). Car je ne sais pas faire semblant et "mettre des barrières". Que ce soit au travail ou dans la vie de tous les jours, il est important pour moi de créer des liens authentiques et sincères.

Vous avez l'air tellement sereines !

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Sophie72

le mercredi 02 septembre 2020 à 12h12

Je ne sais pas pour @bonheur mais moi je ne suis pas vraiment sereine. Je me sens souvent plutôt réaliste et même si je ne suis plus dans les chagrins d'amour et les tourments de ma crise de la quarantaine, je sens bien que tout n'est pas résolu. J'espère qu'un jour je pourrais regarder toutes les amours qui n'ont pas vu le jour comme de jolies rencontres dont il ne fallait pas attendre plus mais je n'en suis pas tout à fait là. ;-) En tout cas, ton optimisme fait plaisir et est presque contagieux. ;-)

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bonheur

le jeudi 03 septembre 2020 à 19h26

Il y a 13 ans, j'étais complètement désemparée. Au bord de la faillite de moi-même.

Il y a 6 ans, j'étais mal avec ça. Quitté m'était insoutenable.

Aujourd'hui, c'est vrai que mes souvenirs me rendent sereine. Laissez-vous le temps. Autrui a aussi droit à sa vision de sa vie amoureuse.

Un point commun, je suppose, entre nous trois : les normes ne conviennent pas.

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